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La Ligne régionale de Hand-Ball de l’Assaba élit ses dirigeants

L’Assaba a installé vendredi 13 juillet 2018 les membres du Bureau Exécutif de sa ligue régionale de handball sous la supervision de deux hauts cadres de la fédération nationale.

Le premier vice-président de la Fédération nationale de Hand-Ball, M.Amadou Sarr et son Directeur technique, M.Mohamed Vall Bababa ont supervisé vendredi 13 juillet 2018 à Kiffa, l’élection de la Ligue régionale au niveau de la Wilaya de l’Assaba.

Dans le mot qu’il a prononcé à l’occasion, le premier Vice-président de la Fédération mauritanienne de handball a indiqué que son institution poursuit son programme d’installation des ligues régionales dans toute l’étendue du territoire national pour promouvoir la pratique du handball chez les jeunes, dans un programme plus vaste du Ministère des Sports qui tend à développer la pratique de ce sport collectif.

Pour sa part, le Directeur technique de la Fédération nationale de Handball, M.Mohamed Vall Babana a souligné que ce sport est déjà très implanté à Nouakchott et dans certaines grandes villes. Il a évoqué dans ce cadre la volonté politique clairement affichée de promouvoir la pratique sportive dans le pays, notamment l’intérêt qu’y attache le président de la République Mohamed Abdel Aziz, et les efforts inlassables déployés par le Ministère des Sports pour concrétiser cette volonté, mais surtout les actions de terrain menées par la Fédération nationale de handball pour relever le niveau de sa pratique sur toute l’étendue du pays. « Les jeunes de Kiffa profiteront largement de cette opportunité, par une formation de six jours  qui portera sur des communications orales et sur des exercices pratiques, pour qu’ils s’imprègnent des règles de base et des règlements de la pratique du handball » a-t-il indiqué. Il a ajouté que la fédération nationale affectera à la ligue régionale un entraîneur qu’elle mettra à sa disposition d’une manière fixe. Il a enfin invité la jeunesse de Kiffa à profiter de cette occasion pour faire éclore ses talents.

Au final, le bureau exécutif de la Ligue régionale de handball de l’Assaba a été élu, et ci-après les membres désignés :

  • Président : Sidi Mokhtar Mohamed Salem
  • Vice-Président : Houceine Mboirick
  • Secrétaire général : Youssouf Abdalaye Sy
  • Secrétaire général adjoint : Amadou Diarra
  • Trésorier : Amadou Tahardine Sarr
  • Adjoint Trésorier : Zouleikha Wane

Cheikh Aîdara et Ahmed Baba Ahmed Baba

 


Processus électoral, le Ministre de l’Intérieur démontre qu’il est le patron et non la CENI

Les masques sont vite tombés.  Les élections municipales, législatives et régionales prévues en septembre prochain seront contrôlés du début jusqu’à la fin par le Ministère de l’Intérieur.

Elections en Maurianie (photo d’archives RFI)

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) qui était sensée contrôler l’organisation et le suivi des élections municipales, législatives et régionales de septembre 2018 ne sera qu’un simple décor pour la consommation extérieure et un leurre jeté aux acteurs politiques. Le vrai patron de ce processus électoral est le Ministère de l’Intérieur. La démonstration vient d’en être faite : le Ministre a refusé d’entériner la décision prise par la CENI, pour répondre à une demande des partis politiques, de reporter de quatre jours le délai des dépôts de candidatures.

Ce premier scandale vient s’ajouter à la restriction des délais d’enregistrement sur les listes électorales. Initialement prévues pour deux mois, ils se sont finalement réduits à un seul. Autre élément troublant du micmac électoral qui se dessine et dans lequel tous les acteurs se sont jetés tête baissée, la nature non consensuelle de la composition de la CENI et la suppression unilatérale de l’ancienne liste électorale, remplacée par une nouvelle liste aux contours encore flous. Les résultats publiés suite à la dernière implantation du parti-Etat, l’UPR, affichent une liste présumée d’adhérents dépassant le million de personnes. C’est probablement elle qui servira à la confection de la liste électorale pour les prochaines élections, s’ils ne se greffent sur la nouvelle liste qui ne provoque guère d’engouement.

En effet, les déboires prévisibles de l’UPR, face aux nombreuses défections qui saignent ses rangs, à cause des mauvais choix portés sur des candidats souvent parachutés et rejetés par les bases du parti, pourraient être compensés par la machine de la fraude qui s’est déjà installée en aval, notamment cette mainmise déclarée du Ministère de l’Intérieur sur l’ensemble du processus électoral à venir. Cela pourrait peut-être expliquer la désinvolture avec laquelle l’UPR a choisi ses candidats, qu’ils plaisent ou pas à leur électorat de base ou à leurs cadres. Il est étonnant en effet de voir un parti s’engager dans des élections aussi cruciales et faire aussi peu cas de l’avis de ses adhérents. La seule raison envisageable à ce dédain, c’est que le parti se base sur des cartes occultes, en l’occurrence le soutien de l’administration territoriale qui aura sans doute le contrôle des élections. Dans ces conditions d’absence totale de transparence, doublée du refus déjà déclaré de la présence du moindre observateur international, les partis politiques risquent au finish d’être les dindons de la farce d’élections réglées d’avance au profit d’un système qui n’est pas prêt de lâcher le morceau ou de garantir une quelconque alternance politique au pouvoir.

Cheikh Aïdara


La Mauritanie célèbre la Journée mondiale de la Population sous le thème de la planification familiale

« La planification familiale est un droit humain ». C’est sous ce thème que la Mauritanie et le système des Nations Unies, notamment le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), ont célébré le 11 juillet 2018 la Journée mondiale de la Population, à l’heure où une nouvelle Politique nationale de la population est en cours d’élaboration pour répondre aux objectifs de la Stratégie de la croissance accélérée et de la prospérité partagée (SCAPP) qui définit la vision de la Mauritanie à l’horizon 2030.

Le Représentant de l’UNFPA et le SG du Ministère des Finnances, 2ème et 3ème à partir de la droite (Photo Aidara)

Nouakchott a abrité mercredi 11 juillet 2018 la cérémonie commémorative de la Journée mondiale de la Population, célébrée cette année sous le thème « la planification familiale est un droit humain« , et par laquelle l’Etat mauritanien, avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), fait de la dimension démographique un levier incontournable pour la capture de son dividende démographique.

Bientôt une révision de la Politique nationale de population

Vue d’ensemble des participants (Photo Aidara)

Cette cérémonie a été émaillée par plusieurs communications, dont trois en étroite relation avec les questions de population. La première a été présentée par le Directeur des stratégies politiques au Ministère de l’Economie et des Finances, M.Mohamed Taghra qui a rappelé la vision générale de la SCAPP et ses objectifs, en lien avec la Politique nationale de population en cours de révision, après celle de 2005 et de 2012. Il s’agit selon lui de tirer profit de la fenêtre d’opportunités qui s’est ouverte depuis 1988 pour la capture du dividende démographique, et dont la réalisation passera nécessairement selon lui par l’amélioration de la qualité de l’éducation, notamment celle des filles, l’autonomisation des femmes et des jeunes, l’amélioration et la disponibilité des services de santé, faisant ressortir le taux très élevé de la mortalité maternelle et infanto-juvénile, ainsi que du taux synthétique de fécondité. D’où, dira-t-il en substance, l’intérêt à intensifier les campagnes de sensibilisation en faveur de l’espacement des naissances, pour réduire de 25 à 30% le taux de mortalité maternelle. Il a indiqué dans ce cadre la création attendue d’un Observatoire du dividende démographique qui va assurer la veille sur les variables à prendre en compte.

La deuxième communication sur la « Planification familiale ou espacement de naissance en Mauritanie, avancées et perspectives » par M.Sidi Mohaled Abdel Aziz, Coordinateur du Programme national de la santé de la reproduction (PNSR), qui a fait ressortir les chiffres effrayants du taux de mortalité maternelle (582 pour 100.000 naissances vivantes), de la mortalité néonatale (29 pour 1.000) et de la mortalité infantile (52 pour 1.000). Selon lui, la prévalence contraceptive reste encore faible en Mauritanie, 17,8%, alors que les besoins non satisfaits en planification familiale sont de 33,6%, et l’indice synthétique de 5,1 enfants par femme.

Il a plaidé dans ce cadre pour le rétablissement de la ligne budgétaire allouée à la planification familiale, interrompue depuis 2015, ce qui prive selon lui la Mauritanie des financements extérieurs. Le Ministre des Finances aurait cependant promis, selon lui, de rétablir cette ligne budgétaire qui s’élevait avant sa suppression à 3 milliards UM. M.Sidi Mohamed Abdel Aziz a indiqué par ailleurs que malgré cette situation, la Mauritanie reste le seul pays de la région à offrir gratuitement les produits contraceptifs, soulignant que 60% des services de santé dans le pays offre une telle prestation, regrettant toutefois que les pilules représentent 50% des demandes au détriment des méthodes de longue durée, plus efficaces, mais qui intéressent moins de 10% des utilisatrices. Il s’est cependant félicité des efforts fournis par l’Etat, à travers des interventions ciblées et périodiques dans le domaine de la santé de la reproduction, l’institution de journées spéciales de planification familiale, l’adoption d’une loi sur la santé de la reproduction, les nombreuses formations du personnel médical, notamment les sages-femmes et les prestataires, et tout récemment la formation avec Track20 pour la coordination et le suivi. Il a également annoncé la mise en œuvre d’un Plan d’action 2019-2023 pour le repositionnement de la planification familiale, avec l’implication des hommes, des jeunes et des adolescents.

Le DD et cette insaisissable fenêtre à capter

Autre plan de la salle (Aidara)

La troisième communication, « Profil démographique de la Mauritanie et la contribution du SWEDD dans la capture du dividende démographique (DD) » a permis au Coordinateur du Projet SWEDD, M.Mélaïnine Ould Eyih, d’indiquer le déséquilibre entre le nombre de consommateurs et le nombre de producteurs actifs, avec une consommation de la population improductive (les moins de 29 ans), dépassant 26,7% du PIB. Il a également mis en exergue les disparités genre en termes de consommation et de part dans le Revenu national, entre les femmes et les hommes, mais aussi des disparités spatiales entre ruraux et citadins. Le SWEDD a contribué selon lui à encourager la scolarité des filles, avec le soutien apporté à 49.000 filles en classe d’examen (Brevet et Baccalauréat) en termes de cours de rattrapage, et les 2.600 bourses octroyées ainsi que les bus de transport mis à la disposition des élèves, mais aussi les 270 espaces sûrs en faveur de 6.500 femmes et jeunes filles.
Plusieurs autres communications ont été présentées, dont celle du Ministère des Affaires Islamiques qui trouve que l’ensemble des questions relatives à la santé de la reproduction, dont la planification familiale, trouve sa justification dans l’islam.

A noter que la cérémonie officielle de cette journée a été marquée par le discours du Secrétaire général du Ministère de l’Economie et des Finances, M.Mohamed Salem Ould Soueilem, qui a rappelé l’intérêt accordé par l’Etat mauritanien aux questions de population, citant la priorité qui lui est accordée dans la SCAPP et les efforts déployés depuis plus d’une décennie pour assurer le bien-être des citoyens ainsi que leur égal accès aux services sociaux de base, notamment l’éducation et la santé.

Auparavant, le Représentant de l’UNFPA en Mauritanie, M.Saidou Kaboré avait rappelé l’état alarmant des indicateurs démographiques (mortalité maternelle et infanto-juvénile), ainsi que les besoins non satisfaits en PF (+ de 33%), saluant au passage la volonté forte des pouvoirs publics mauritaniens de renverser la tendance, avant de livrer l’intégralité du message de la Directrice Exécutive de l’UNFPA, Mme Natalia Kanem, à l’occasion de la journée.

Cheikh Aïdara


Migration en Mauritanie, du sécuritaire vers une vision de développement

Jusque-là parents pauvres des politiques migratoires, notamment dans la Stratégie nationale de gestion de la migration de 2010 taxée de trop sécuritaire, la diaspora mauritanienne à l’étranger et les étrangers résidant en Mauritanie prennent de l’intérêt pour les autorités, grâce à leur apport dans le développement socioéconomique du pays. Une réflexion qui a mobilisé, du 4 au 6 juillet 2018, experts nationaux et internationaux, sur la base d’une recherche-action sur les mobilités ouest-africaines initiée par le Groupe de Recherche et de Réalisations pour le Développement Rural (GRDR), l’Union européenne, Alianza Por la Solidaridad et l’Université Al Asriya de Nouakchott.

Table des panélistes (Photo Aidara)

Entre une journée de visite à l’Université Al Asriya et deux jours de débats à la Chambre de Commerce, les invités du « Forum sur les migrations au service du développement des territoires » ont abordé la question de la mobilité humaine dans l’espace ouest-africaine.

M.Boubou Camara, président du Conseil Représentatif des Mauritaniens en Espagne (CRME) et Mme Haya Diarra, membre de l’association ont fait entendre la voix de leurs concitoyens confrontés à de multiples problèmes, au Maroc avec un visa de transit de trois jours au lieu de sept, la double nationalité, la confiscation des cartes de séjour aux frontières, la question du transfert des pensions et allocations familiales des émigrés, les taxes de douane sur les biens des retraités et migrants de retour définitif au pays.

Aux premiers plans Haya Diarra et Boubou Camara (Photo Aidara)

L’Europe ne reçoit que 0,07% de la migration mondiale

Les problèmes liés à la migration ont été abordés au cours du forum où les experts conviés à la réflexion ont tenté de trouver des réponses, sur la base de l’étude menée par le GRDR, l’Union européenne, Alianza Por la Solidaridad et l’Université Al Asriya.

Pour M.Christophe Christodoulides de l’OIM, la migration n’a pas seulement des aspects négatifs. Il trouve par ailleurs que la nature humaine du migrant devrait primer sur son statut, avant de mettre l’accent sur l’importance de l’intégration entre pays d’origine et pays d’accueil.

M.Pierre Kamdem, Chercheur, a pour sa part, mis en exergue les apports positifs de la migration dans le développement socioéconomique des pays d’accueil et d’origine. Selon lui, la migration interafricaine représente plus de 75% de la migration africaine, et la part vers l’Europe de 9 %, s’étonnant des discours alarmistes face au phénomène.

M.Mohamed Bouguidou du Maroc et Pape Demba Fall de l’Université Cheikh Anta Diop, qui a fait le parallèle entre migration et ressources, ont chacun donné leur propre expérience et celui de leur pays.

M.Serge Maraite est revenu quant à lui sur les projets européens en Mauritanie dans le domaine de la migration, citant la Stratégie nationale dont le volet sécuritaire a connu, selon lui, plus de succès que les autres aspects, la gouvernance, le genre, la radicalisation, la protection des enfants. La question migratoire, avouera-t-il, est par sa sensibilité confinée dans sa dimension politique, rappelant le débat qu’elle suscite en Europe, bien que la part des migrants n’y représente que 0,07% sur la migration mondiale. Il a souligné que les autres aspects sur les causes profondes de la migration, sur la protection de l’enfance ou encore la lutte contre la migration clandestine financés sur le Fonds fiduciaire pour le Sahel à hauteur de 50 millions d’Euros pour la Mauritanie,entre dans le cadre d’une nouvelle orientation des politiques migratoires en Mauritanie.

Diaspora et territoires d’origine

Le maire de Sélibaby, M.Hadrami Weddad, a présenté sa commune, évoquant l’historique d’un peuplement né de la migration en provenance des autres communes proches. Il a mis en exergue la position stratégique de Sélibaby, plaque tournante d’un commerce transfrontalier avec le Mali et le Sénégal, et les importants flux financiers drainés par mois, environ 300 millions UM, qui ne profiteraient qu’aux huit banques commerciales. Evoquant le rôle de la diaspora basée en Europe, il a souligné qu’elle s’investit depuis des générations dans la construction d’écoles, de structures de santé, de forages, de bâtiments publics, dont la « Maison du Guidimagha » qui comble un vide sur le plan de l’accueil. Il a également évoqué la présence de communautés étrangères à Sélibaby, Ivoiriens, Burkinabés, Sénégalais et Maliens, et leur apport dans l’économie locale. Le maire de Riadh, M.Cheikh Ould Maata, s’est livré au même exercice.

Aperçu sur une partie de l’assistance (Photo Aidara)

A noter que l’ouverture officielle de ce forum, qui s’inscrit dans le cadre du projet Migration et Développement en Mauritanie (MIDRIM) a été marqué par le discours du Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, M.Sidi Salem qui a mis l’accent sur le leadership de la Mauritanie sur les questions migratoires en Afrique, soulignant que ce pays a toujours été une terre d’accueil, de transit et de brassage, et que le nombre d’étrangers en Mauritanie représente 2,5% de la population.

Auparavant, l’Ambassadeur de l’Union européenne en Mauritanie, SEM.Giacomo Durazzo, avait salué un projet MIDRIM lancé en 2016 pour un budget de 750.000 euros et qui arrive à son terme, soulignant qu’il s’inscrivait dans le cadre de la Stratégie nationale de la migration, en tant que projet pilote dans une thématique peu connue, à savoir les enjeux entre les formes de migration et le développement local. Il visait, selon lui, à valoriser l’apport des migrants dans le développement du pays, grâce à une cartographie de la diaspora mauritanienne en Europe (Belgique, France, Espagne) basée sur les compétences et la production de profils migratoires dans 4 communes pilotes (Kaédi, Nouadhibou, Sélibaby et Riadh).

A son tour, le Président de l’Université de Nouakchott, M.Ahmedou Ould Haouba avait évoqué la position géographique de la Mauritanie, aux portes de l’espace Euro-méditerranéen, ce qui en faisait pendant des années un territoire de passage avant le maillage territorial par un verrouillage frontalier qui a permis de freiner les flux migratoires vers l’Europe.

A rappeler que la télévision nationale, Al Mouritaniya, a consacré le lundi 9 juillet 2018 une page spéciale dans son édition de 22 heures à ce forum sur la migration.

Cheikh Aïdara