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Dîner-gala très coloré de Coumba Gawlo avec une symbiose nationale inégalée

« C’est la première fois, depuis des décennies où je côtoies les manifestations culturelles en Mauritanie, que je vois toutes les communautés nationales, maures et négro-africains, dans une telle symbiose » a avoué un très grand connaisseur du milieu culturel mauritanien. Le dîner-gala organisé par Coumba Gawlo la nuit du vendredi 20 juillet 2018 à l’hôtel Azalaï de Nouakchott restera encore gravé pendant longtemps dans les mémoires, de l’avis de plusieurs invités.

Une partie du personnel de l’UNFPA et du Projet SWEDD (Photo Aidara)

Les tables réservées pour le dîner-gala de l’artiste sénégalaise et ambassadrice de bonne volonté des Nations Unies, Coumba Gawlo, ont été toutes occupées et très colorées. Maures et Négro-africains, chose très rare depuis la fracture communautaire née des évènements de 89-91, ont communié ensemble au cours d’une soirée de haute facture. « C’est la première fois que je vois des Maures bon teint, assister et danser d’une manière très décontractée, dans une soirée organisée par une Kowriya (négro-africaine Ndlr) et cela m’a ému jusqu’aux larmes » avoue une grande personnalité du milieu culturel mauritanien. Il faut dire que Coumba Gawlo est parvenue à faire danser, au cours de sa chanson fétiche, « Kouye Feug » toutes les personnalités présentes. De hauts cadres de la communauté maure, y compris des représentants de haute institution onusienne, gouvernementale et de grosses boîtes privées partenaires de l’artiste, se sont trémoussé au son du mbalax. Il faut dire que cette chanson, par laquelle Coumba lance une véritable compétition aux prétendants à sa main, a été l’instant le plus humoristique de sa prestation, où sa voix de stentor, a remué plus d’une âme. L’ambassadeur de France, SEM.Joël Meyer et son épouse, le Représentant de l’UNFPA en Mauritanie, SEM.Saidou Kaboré, ont été transposés très loin, tellement le timbre fort de Coumba rappelle les profondeurs de l’Afrique et ses racines millénaires.

Le Représentant de l’UNFPA prononçant un discours lors du gala (Photo Aidara)

La soirée a été marquée par la belle prestation de la jeune Khoudia (15 ans), ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF, déjà au timbre lourd et un back-ground riche, depuis sa victoire éclatante à Dakar lors du concours « Petit Gallé » dédié aux jeunes artistes. Elle a ému l’assistance et créé de l’ambiance.

Le jeune Seydou Nourou Guèye, la voix d’or et star montante de la musique halpulaar, a aussi transposé l’assistance aux berges du Fleuve Sénégal et aux senteurs du Fouta des Torodos et des Halaybé. Les trois chansons qu’il a enchaîné ont également nourri l’ambiance et fait danser plus d’une jeune fille au son du « Wango ».

De son côté, Mouna Mint Dendenni, dont les prestations ont dépassé les frontières du pays, notamment au Liban où elle s’était produite mais aussi à Dakar, a puisé dans le patrimoine culturel maure, pour chanter de sa voix d’Elf des chansons modernes mêlés d’un fond traditionnel. Elle a ébloui l’assistance qui a communié par des applaudissements et des déhanchements chacune de ses trémolos.

Il faut rappeler que ce dîner-gala de Coumba Gawlo fait suite à un Forum que l’artiste avait organisé la veille sur le thème de l’autonomisation de la femme et le dividende démographique au Sahel, où elle a mis particulièrement l’accent, face à plus de 600 invités, sur l’indépendance économique et financière de la femme, la scolarisation des filles, le mariage des enfants et l’espacement des naissances.

Ces activités, ouvertes par une conférence de presse animée le mercredi 18 juillet dernier et qui se sont achevé par un concert au Stade de Sebkha, entrent dans le cadre de la tournée qu’a effectué Coumba Gawlo dans le cadre de la 12ème édition de l’African Tour 2018 entre le 17 et le 21 juillet 2018 en Mauritanie, sous le haut patronage de SEM. Le président de la République, Mohamed Abdel Aziz, avec le soutien du Ministère de la Fonction Publique, le Ministère des Affaires Sociales et le Ministère de la Jeunesse et des Sports et l’appui d’agences des Nations Unies (UNFPA, OIM, OMS, ONUSIDA, UNICEF, HCDH), de la Banque Mondiale, de l’USAID, de quelques partenaires privés, Tasiast, MCM, Mauritel, Orabank, entre autres.

Cheikh Aïdara

 


Concert à Nouakchott, Coumba Gawlo fait le plein au stade de Sebkha

Alliant rencontres intellectuelles et détentes musicales, Coumba Gawlo en tournée en Mauritanie dans le cadre de »African Tour 2018″, du 17 au 21 juillet dernier à Nouakchott, a satisfait l’attente du public mauritanien en termes de sensibilisation sur des thèmes liés aux objectifs du Projet Autonomisation des femmes et dividende démographique au Sahel (SWEDD), avec des messages forts, et en termes de spectacles. Le dernier concert qu’elle a animé à Sebkha samedi 21 juillet, avait attiré une foule en majorité jeune, estimée entre 2.500 et 3.000 personnes.

Une partie du public (Photo Aidara)

Clou de sa tournée à Nouakchott, dans le cadre du « Coumba Gawlo African Tour 2018« , l’artiste sénégalaise et ambassadrice de bonne volonté du Système des Nations Unies a rempli le Stade de Sebkha, au cours d’un méga-concert gratuit qui a réuni environ trois milliers de personnes, en majorité jeune.

Le choix du département de Sebkha, l’une des zones les plus difficiles de Nouakchott, ne serait pas fortuit. Ici, la scolarisation des filles, les mariages des enfants, l’insertion professionnelle et l’emploi des jeunes, l’immigration clandestine, l’indépendance financière des femmes et les violences basées sur le genre, des thèmes développés par Coumba Gawlo durant ses différentes activités, sont d’actualité. En effet, Sebkha est réputé être l’un des départements les plus populeux et les plus dangereux de Nouakchott. La déperdition scolaire, l’extrême pauvreté des ménages à dominance noirs, négro-africains et Harratines essentiellement, avec d’écrasantes communautés étrangères représentant les différents pays de la sous-région, constituent un coktail-molotov où prolifèrent prostitution, maisons closes, commerces de stupéfiants et de soumsoum, délinquance urbaine et violences à la chaîne. Aussi, les messages pertinents que Coumba Gawlo a distillé, au cours du concert musical qu’elle a organisé à Sebkha, a trouvé preneur.

Coumba Gawlo haranguant les jeunes avant de monter sur scène (Photo Aidara)

« Restez ici dans votre pays, ne partez pas ailleurs, travailler chez vous au lieu de vivre la déperdition à l’étranger, construisez votre avenir et celui de votre pays » a-t-elle scandé, emportée dans sa ferveur par des milliers de bras levés au ciel, dans un décor féérique décuplé par les néons qui ont éclairé l’obscur stade de Sebkha, plusieurs fois plongé dans le noir à cause de délestages intempestifs qui ont fini par être maîtrisés.

D’ores et déjà, les jeunes de Sebkha pourront profiter dès lundi 23 juillet, d’un centre culturel rénové et équipé, don de l’OIM, où ils pourront développer leurs prédispositions sportives et culturelles. L’annonce en a été faite au cours de la soirée.

Quoiqu’il en soit, le discours de Coumba Gawlo a sans doute plu à ses partenaires qui la suivent depuis des jours dans ses activités, notamment l’Organisation internationale de la Migration (OIM) et l’UNFPA, mais aussi l‘OMS, l’UNICEF, l’ONUSIDA, l’USAID, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, et également ses partenaires du privé, Tasiast, Mauritel, MCM, SOBOMA, et SEMEGA qui l’avait habillée, elle et son orchestre. Il faut dire que l’artiste a fait déplacer une trentaine de personnes qui ont rejoint Nouakchott à bord d’un bus, sans compter les membres de son staff.

La petite ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF, Khoudia (15 ans), la coqueluche des jeunes, Seydou Nourou Guèye, et Mouna Mint Dendeni, des artistes locaux, avaient ouvert le concert, chauffant la scène, avant la prestation de la Diva de la musique sénégalaise, Coumba Gawlo, dont les tubes fétiches ont enflammé le stade jusqu’à une heure avancée de la nuit.

Cheikh Aïdara

REPORTAGE PHOTOS


Coumba Gawlo délègue sa maman et sa tante pour présenter ses condoléances à la famille de Django

L’artiste et ambassadrice de bonne volonté des Nations Unies, Coumba Gawlo, a délégué ce vendredi 19 juillet 2019, sa maman et sa tante, arrivées hier de Dakar, pour présenter ses condoléances à la famille de Django, ce jeune mauritanien qui avait illuminé un spectacle qu’elle avait animée à Nouakchott et qui est resté gravé dans les mémoires grâce à son rôle remarqué dans le vidéo-clip de l’artiste  » Kouye Feugueu ».

A l’accueil la famille de Django et la maman de Coumba (Photo : Groupe Coumba Gawlo)

Moment d’intenses émotions au cours duquel, la maman et la tante de Coumba Gawlo ont communié avec la famille du disparu, quelque part dans la zone périphérique de Nouakchott. Elles ont été accueillies au pas de la modeste demeure des parents de Django par sa maman, ses sœurs et ses frères. Ce geste de forte humanité les a remués et c’est avec une intense émotion qu’ils ont exprimé leur gratitude et leur reconnaissance envers Coumba Gawlo qui jamais n’a oublié la mémoire de leur fils. Le geste est d’autant plus empli de grandeur que l’artiste a choisi des personnes honorables, à l’image de sa maman et de sa tante pour accomplir cette démarche, en un jour saint de la semaine.

C’est le lieu ici de faire une mise au point par rapport à la lettre ouverte que M.Khally Diallo a adressé à Coumba Gawlo (voir Cidem https://cridem.org/C_Info.php?article=713644) lui faisant le reproche de n’avoir pas présenté ses condoléances à la famille de Django depuis sa disparition. Nous estimons qu’un journaliste professionnel doit toujours recouper ses informations, les vérifier avant de les publier. M.Khally Diallo aurait pu contacter Coumba Gawlo, présente à Nouakchott, dans la même ville que lui, pour lui demander pourquoi elle ne s’est pas rendue chez la famille de Django pour présenter ses condoléances? Nous pensons que si M.Khally Diallo avait effectué cette démarche déontologique minime, il n’aurait pas publié sa lettre ouverte.

En effet, et sous le contrôle de M.Ahmed Ould Hamza, ex-président de la Communauté Urbaine de Nouakchott dont le témoignage ne peut être mis en cause, Coumba Gawlo et lui s’étaient rendus l’année dernière dans le quartier où réside la famille de Django pour présenter ses condoléances. Ils avaient délégué une personne qui devait jouer à l’éclaireur, retrouver la maison, puis avertir la famille qu’une délégation était en route pour leur rendre visite, pour éviter une arrivée non préparée qui risquerait de la mettre mal à l’aise, puis guider Coumba et Hamza vers la demeure. C’était la nuit, aux environs de 20 heures et Coumba devait voyager le lendemain à l’aube. Elle tenta de contacter l’éclaireur pour savoir où il en était, mais son téléphone s’était éteint. Elle l’apprendra plus tard, lorsque las d’attendre, elle rebroussa chemin. Le monsieur qui était parti en éclaireur la contactera au téléphone vers 23 heures pour lui dire que son téléphone s’était déchargé. Et c’est comme ça que Coumba Gawlo n’a pas pu, lors de son passage en 2017, présenter ses condoléances à la famille de Django. En venant cette année en Mauritanie, c’était l’une de ses priorités et tout avait été planifié avec sa maman et sa tante. En fait, tout était déjà réglé pour cette démarche.

La cellule de communication de Coumba Gawlo


Sélibaby créé son Comité de défense du droit de l’Enfant

Aux termes de deux jours d’atelier sur le travail des enfants dans la Wilaya du Guidimagha, les 16 et 17 juillet 2018, sous l’égide des autorités régionales avec l’appui du Bureau International du Travail (BIT), un Comité régional  de 20 membres pour la mise en œuvre du Plan d’Action Nationale pour l’Elimination du travail des enfants en Mauritanie (PANETE-RIM) a été créé.

Pendant deux jours, et avec l’appui technique du BIT,  les acteurs étatiques du Guidimagha, société civile et patronat, ont planché sur les problèmes des enfants dans la région, à la lumière du Plan d’Action Nationale pour l’Elimination du travail des enfants en Mauritanie (PANETE-RIM). Cet atelier organisé par le Ministère de la Fonction Publique et les débats qu’il a suscités, ont poussé les autorités locales à mettre en place par Arrêté en date du 17 juillet 2018, un Comité régional inclusif, dont la mission sera de renforcer le dispositif législatif, réglementaire et institutionnel pour une meilleure connaissance et application des textes juridiques en matière de lutte contre le travail des enfants, informer les acteurs à travers la sensibilisation, la communication et la mobilisation sociale et communautaire autour des actions engagées contre le travail des enfants et ses pires formes, renforcer le cadre partenarial de collaboration et de coordination au niveau régional, pour favoriser une implication effective de tous les intervenants dans le domaine de la protection et de la promotion des droits de l’enfant en général, et de la lutte contre le travail des enfants en particulier.

Le Comité sera chargé également de renforcer les actions au niveau régional contre l’exploitation des enfants victimes de travail et de ses pires formes, d’appuyer la réalisation d’activités génératrices de revenus (AGR) au profit des familles et des parents d’enfants victimes ou à risque.

Le Comité est composé de vingt membres présidés par le Wali, assisté par un vice-président, son conseiller chargé des Affaires sociales. Il s’agit de représentants des syndicats, du patronat, des directions régionales des Finances, des Affaires sociales, de la Jeunesse et Sport, de la Culture, de la Santé, de la Décentralisation, des Affaires islamiques, du Travail, de l’Association des maires, deux coopératives et de quatre ONG, dont ADIG.

Ce comité qui se réunit une fois par mois, sauf exception, devra élaborer un Plan d’action annuel de travail, faciliter le partenariat local, veiller à la coordination des actions, organiser des ateliers de formation, assurer le suivi de l’exécution du plan d’action et appuyer à la mobilisation des ressources.

Selon les chiffres avancés par le BIT, environ 200 millions de personnes sont touchées chaque année par des catastrophes et plus de 1 milliard d’individus dans le monde vivent dans des pays touchés par les conflits, dont un tiers sont des enfants. Ce sont ainsi des millions d’enfants qui sont astreints au travail.

En Mauritanie, 37 % environ des enfants sont concernés par des formes de travail, selon l’enquête MICS, avec des prévalences fortes dans les régions orientales du pays, notamment dans les deux  Hodhs et en Assaba, en particulier dans les zones rurales. Le PANETE-RIM 2015-2020, a été conçu dans ce cadre pour contribuer à l’élimination du travail des enfants sous toutes ses formes, malgré les problèmes financiers qui bloquent encore la mise en œuvre de cette initiative. En mettant en place un Comité chargé du suivi de l’application de ce plan d’action, le Guidimagha se distingue ainsi comme pionnière dans la lutte contre le travail des enfants en Mauritanie.

La persistance du travail des enfants en Mauritanie poussera ainsi M.Federico Barroeta, Point focal du BIT en Mauritanie, lors de la célébration de la Journée mondiale contre le travail des enfants le 12 juin 2017 à Nouakchott, à recommander la nécessaire mise en œuvre des textes nationaux et des conventions ratifiés par la Mauritanie, l’implication des acteurs déconcentrés de l’Etat, notamment les Inspections du travail, et l’amélioration des conditions économiques des familles, ainsi que la mise à disposition des ressources pour la mise en œuvre des plans et politiques nationales, notamment au niveau du Ministère de la Fonction Publique.

Cheikh Aïdara