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Ce qu’on peut retenir du Sommet de l’UA à Nouakchott

Deux jours de Sommet de Chefs d’Etat et de gouvernement à Nouakchott, les 1er et 2 juillet 2018, précédés de six jours de travaux au niveau des experts et des ministres, cinq décisions capitales et un clash entre Marocains et Sahraouis. Voilà le menu d’une rencontre que Nouakchott n’avait jamais abrité et qui  a valu à la Mauritanie de passer sur le corps de sa population, tannée par la pauvreté, la longue soudure qui a endommagé son cheptel et causé des morts par famine.

Ouverture du 31ème Sommet de Nouakchott (Aidara)

Le Sommet de Nouakchott, qui a tenu en haleine les autorités mauritaniennes, sous l’indifférence totale du citoyen lambda pour qui c’est une affaire de riches, a baissé ses rideaux le 2 juillet dernier. Si d’importantes décisions ont été prises, et si les différents commissaires de l’Union africaine ont passé en revue leur département respectif sous le sceau de la corruption, thème central du sommet, des escarmouches ont émaillé cette rencontre, notamment le passe d’armes entre Marocains et Sahraouis  sur le dossier du Sahara. Au passage, la Mauritanie a cassé sa tirelire pour offrir un somptueux palais à ses hôtes, et s’est pliée en quatre pour loger, transporter, laver et cirer ses 4.000 invités, déficit en infrastructures hôtelières oblige.

Au finish, ce sont les habitants de la commune de Tevragh-Zeina, quartier chic de Nouakchott habité par le gotha de la République, qui ont le plus profité du Sommet de l’UA, avec une voirie toute neuve et des trottoirs splendides, des lampadaires et des cocotiers le long de ses avenues débarrassées, l’espace d’un Sommet, de ses mendiants, de ses embouteillages, de ses stationnements abusifs, de ses vendeurs et de ses laveurs de voitures. Tout un monde qui a été privé de son gagne-pain pendant une bonne semaine, refoulé dans ses bidonvilles et ses taudis, confiné dans ses ghettos, avec leur laideur, leurs routes cabossées, leurs ordures nauséabondes, leur misère et leur frustration. A l’intérieur du pays, les éleveurs laissés seuls face à leur sort et leurs affamés, n’ont retenu de ce « Sommet des riches » que les milliards gaspillés pendant qu’ils souffrent de chômage, de manque de services de base de qualité, de l’eau, de la nourriture…et de compassion.

Sommet de l’UA, quoi de neuf ?

Quelles décisions, l’Afrique a-t-elle prise à Nouakchott, sinon ressortir ses vieilles casseroles, plus un peu de neuf. D’abord la question récurrente du Sahara. Pour le Maroc, son retour à l’organisation après 37 ans d’absence, a permis à l’UA de recadrer son discours, en reconnaissant au seul Conseil de sécurité de l’ONU, l’exclusivité de son règlement. La nouveauté, c’est la constitution d’une Troïka, le président en exercice de l’UA, Paul Kagamé, son prédécesseur, Alpha Condé de Guinée et son successeur, Abdel Fetah Sissi d’Egypte, en plus du président de la Commission, Moussa Mahamat Faki, qui s’impliqueront dans le dossier pour faciliter le travail du Secrétariat général de l’ONU. L’UA semble toutefois maintenir le principe du référendum, là où le Maroc continue d’exiger une autodétermination sous sa coupole.

Photo de famille des Chefs d’Etat et de gouvernement à Nouakchott

Deuxième décision importante, l’intégration de cinq nouveaux pays (Burundi, Lesotho, Namibie, Sierra Leone et Afrique du Sud) à l’accord pour la Zone de libre-échange continentale (Zlec), portant à 49 le nombre d’Etats ayant ratifié cet accord. Par contre, aucun accord encore pour les 0,2% sur les importations que les Etats membres doivent lever pour financer l‘UA.

L’autre décision, c’est le soutien de la candidature de la ministre rwandaise des Affaires Etrangères, Louise Mushikiwabo, à la présidence de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

Aziz, Deby, Kagamé et Louise, la candidate à l’OIF

L’UA a également choisi le Bissau-Guinéen Carlos Lopes, ancien Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique, comme son Haut représentant pour négocier un nouvel accord post-2020  avec l’Union européenne, qui remplacera ceux de Cotonou.

Dans le cadre de ses réformes, l’UA a supprimé son traditionnel sommet de juillet, pour en faire une simple réunion pour les ministres des Affaires étrangères, les ministres des Finance et un nombre restreint de chefs d’Etat. La prochaine est prévue en juillet 2019 à Niamey. Cette nouvelle donne risque cependant d’être ajournée, car Mahamadou Issouffou, président du Niger, tient à son Sommet des Chefs d’Etat à cette date.

Clash entre Maroc et Polisario

SEM.Nasser Bourita, MAEC du Maroc face à la presse (Aidara)

Le Maroc avait baissé sa représentativité à son ministre des Affaires Etrangères, Nasser Bourita, lors du 31ème Sommet de l’UA à Nouakchott. Le 2 juillet 2018, il a animé une conférence de presse dans laquelle, il s’est félicité du nouveau recadrage au sein de l’UA, soulignant que ses membres ont compris que le règlement du dossier du Sahara est entre les mains du Conseil de sécurité. Depuis que le Maroc a repris sa place au sein de l’organisation, dira-t-il en substance, la littérature qui avait fleuri durant son absence a disparu. Selon lui, le Sommet de Nouakchott marque une avancée substantielle, car les dirigeants africains ont consacré la primauté du processus onusien dans la gestion du dossier du Sahara, en écartant tout processus parallèle.

Un avis non partagé par le ministre sahraoui des Affaires Etrangères, Mohamed Salem Ould Saleck, qui avait convoqué à son tour une conférence de presse pour répondre au Maroc. Selon lui, l’UA est bien concernée par le dossier du Sahara, soulignant que le Maroc a échoué dans toutes ses tentatives, à savoir bouter le Front Polisario hors de l’instance africaine et exclure la question du Sahara des débats.

SEM.Mohamed Salem Ould Saleck, MAE du Sahara (Aidara)

Il a dénoncé par ailleurs, le blocage par le Maroc du référendum d’autodétermination du Sahara Occidental. La France soutiendrait, selon lui, cette oppression du peuple sahraoui, par son influence au sein du Conseil de sécurité. Depuis 27 ans, dira-t-il, la région est en danger, par l’attitude du Maroc qu’il accuse de plaque tournante de la drogue dans la région, menaçant la paix et la stabilité dans ce coin du monde. Il considère que le Sahara, comme toutes les anciennes colonies, a droit selon la Charte de l’Union africaine, à son indépendance. Il n’écarte pas, si la diplomatie échoue, le recours aux armes pour arriver à cette fin.

Cheikh Aïdara

 


A Nouakchott, l’ONU dévoile sa stratégie pour le Sahel

« Le Sahel est une terre d’opportunités » dira Ahmed Ben Chambas, Chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest, lors de la réunion de haut niveau organisée le 30 juin 2018 en marge du 31ème Sommet de l’Union Africaine à Nouakchott. Mieux, le Sahel serait même l’une des plus grandes priorités des Nations Unies. Ce qui s’est traduit par le Plan d’appui au Sahel qui profite aux dix pays de la sous-région, mais surtout aux cinq pays du G5.

De G.à Dr. : P.Buyoya, Kalla A.: Ismaël Cheikh, Ahmed B.Chambas, Ibrahima Thiaw (Crédit Aidara)

La réunion de haut niveau sur le Sahel qui s’est tenue le 30 juin 2018 à Nouakchott avait pour objet de dévoiler la nouvelle stratégie des Nations Unies pour le soutien au Sahel. L’occasion pour Ahmed Ben Chambas, Chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest, de s’adresser à l’assistance au nom de Mme Amina Mohamed, Vice-Secrétaire Général des Nations Unies qui devait présider la séance et qui n’avait pas pu prendre son vol. Il a renouvelé tout l’intérêt que les Nations Unies accordent au G5 Sahel et le Processus de Nouakchott qui l’avait généré,  soulignant que la lutte contre le terrorisme constitue un levier essentiel pour les investissements et la stabilité dans cette région. Le Sahel est une terre d’opportunités, dira-t-il, avant de lire la déclaration de Mme Amina Mohamed; dans laquelle elle a réitéré la volonté affirmée de son organisation à assurer la paix dans le monde, surtout au Sahel qui reste confrontée selon elle, aux problèmes de résilience et de sous-exploitation de ses ressources, notamment dans le domaine des énergies renouvelables. Elle a renouvelé le soutien des Nations Unies à la force G5 Sahel et a affirmé son appui dans ce cadre pour la mobilisation des ressources nécessaires à son déploiement. Elle a salué par ailleurs les efforts consentis par les pays du G5 Sahel, saluant leur leadership et leur engagement. « Nous allons continuer à leur apporter notre soutien » a-t-elle insisté. Elle a mis en exergue les potentialités énormes dont regorge cette région du Sahel, sa force démographique, ses importantes ressources énergétiques, minières, halieutiques.

Une brochette de ministres mauritaniens (Crédit photo Aidara)

Parlant au nom du Niger qui préside la force G5 Sahel, M.Kalla Aukouaro, a affirmé que les Nations Unies considèrent le Sahel comme l’une de ses plus grandes priorités, soulignant qu’à cause de ses potentialités mais aussi des nombreux défis auxquels il est exposé, dont le terrorisme, le Sahel attire les regards du monde entier.

Le plan d’appui des Nations Unies intitulé «Sahel, terre d’opportunités» cible 10 pays, à savoir la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Tchad, le Sénégal, la Gambie, la Guinée, le Burkina Faso, le Nigeria et le Cameroun. Il met l’accent sur six domaines clés, y compris la coopération transfrontalière; prévention et maintien de la paix; croissance inclusive; action climatique; énergie renouvelable; et l’autonomisation des femmes et des jeunes. Il soutiendra également les efforts et les initiatives en cours des gouvernements, des organisations internationales et régionales et d’autres partenaires. Le plan met l’accent sur les jeunes, à travers l’éducation et la formation professionnelle, et les effets attendus de sa fenêtre d’opportunité pour l’atteinte du dividende démographique. Les priorités ont été bien ciblés par le plan de soutien des Nations Unies pour le Sahel qui prend en compte les besoins des populations tout comme il a impliqué dans son élaboration, les gouvernements et les partenaires régionaux, notamment l’Union européenne.

Une partie des participants

Les participants ont débattu par la suite à huis clos, loin des caméras. Avaient assisté à cette réunion de haut niveau, le ministre mauritanien des Affaires étrangères, M.Ismaël Ould Cheikh Ahmed, le Conseiller spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahel, Ibrahima Thiaw, l’ancien président burundais devenu personne ressource pour la communauté internationale, médiateur pour l’UA et l’OIF, Paul Buyoya, pas moins d’une dizaine de ministres mauritaniens, ambassadeurs et hautes personnalités ressortissants du Sahel, d’organisations internationales et partenaires.

Cheikh Aïdara


Mohamed Lemine Ould Sidi Brahim, un maire à reconduire absolument pour Kiffa

Les Mauritaniens s’apprêtent à élire de nouveaux maires. On entend déjà le cliquetis des armes électorales à l’orée de consultations qui peuvent souffler plusieurs maires, victimes collatérales de calculs de clans ou de guerres tribales.

Le maire de Kiffa

Les populations sont dans l’expectative, désorientées face au choix probables de candidats généralement parachutés par des directions de partis, tiraillés en interne par leurs batailles rangées et qui tiennent rarement compte des aspirations de leurs bases. S’il existe un maire dont les administrés souhaiteraient ardemment son maintien, ce serait bien le maire de kiffa, Mohamed Lemine Ould Sidi Brahim. L’attachement à cet homme ne relève nullement d’une sordide campagne avant la lettre ou le fruit d’une propagande gratuite, telle qu’une certaine presse a l’habitude d’en abreuver la postérité pour sa prope cause.

Le fait est que Mohamed Lemine Ould Sidi Brahim, qui préside au passage le Collectif régionale des maires de l’Assaba, est parvenu à attirer dans sa commune trois grands projets structurants qui risquent tout simplement de connaître un frein ou d’être compromis dans leur mise en œuvre s’il n’est pas là pour en assurer la pérennité. Le capital de confiance dont il jouit déjà auprès de ses partenaires internationaux pourrait tout simplement s’effriter avec un éventuel remplaçant.

Parmi ces projets, on trouve l’approvisionnement en eau de la ville de Kiffa avec l’appui de l’agence Rhône Méditerrané Corse, Montpellier Méditerrané Métropole, le gouvernement français, l’ONG mauritanienne ADIG et l’ONG française Corail. Il répond à l’une des urgences des populations de Kiffa, confrontées depuis des décennies à des difficultés d’accès à l’eau potable. Cet important travail est le fruit d’efforts déployés par la commune et le gouvernement.

Le deuxième projet est celui du Oued M’Sila qui profite à 5 communes de l’Assaba, avec le concours de plusieurs partenaires et le concours du gouvernement mauritanien. Ces partenaires sont le PNUD, le gouvernement français, l’Agence Rhône Méditerranée,  Corail, ADIG et Vonnas.

Le troisième grand projet mis en œuvre au niveau de Kiffa par la commune est le projet de traitement des ordures solides, avec le concours de l’Union européenne, du gouvernement mauritanien, la France, l’Agence métropolitaine des déchets ménagers SYCTOM, en plus des partenaires habituels, ADIG et Corail.

Le maire est déjà identifié par le Projet Bridge et le BIT, comme un solide allié dans le combat que mènent les pouvoirs publics contre l’esclavage et ses séquelles. L’engagement de Mohamed Lemine Ould Sidi Brahim en faveur de la loi 2015-031, réitéré avec force conviction durant la Journée nationale du 6 mars 2017 organisée par le collectif des maires qu’il préside, en est une parfaite illustration.

A cela s’ajoute la politique de proximité qu’il a institué dès son élection à la tête de la commune, ce qui en fait un maire proche des populations et de leurs préoccupations.

Cheikh Aïdara


Alioune Sarr, le meilleur challenge pour Boghé

L’Inspecteur des Impôts et Domaines, Alioune Sarr, titulaire d’une Maîtrise en Droit Public et qui se prépare à achever à l’Ecole Nationale d’Administration, de Magistrature et de Journalisme (ENAJM), une formation d’Administrateur des Régies Financières, est bien connu dans le milieu boghéen, surtout la jeunesse de ce département du Brakna qui lui est totalement acquis.

Alioune Sarr (Photo Sarr)

En effet, Alioune Sarr est depuis plus de vingt ans, l’un des acteurs politiques les plus en vue à Boghé par sa proximité et ses actions dans le domaine social, culturel et religieux. Pas étonnant alors, si l’Union Pour la République (UPR), dont il est membre fondateur,  lui fasse confiance en le nommant Délégué au Congrès National du parti après sa nouvelle implantation.

Si lors des législatives de 2013, l’UPR l’avait mis très loin par rapport aux têtes de sa liste nationale, la jeunesse de Boghé ainsi que ses partisans, souhaitent pour les prochaines consultations que le parti le mette dans les têtes de liste pour la députation.

« Abdallahi a la carrure et les compétences requises, mais surtout la confiance des populations de Boghé pour assurer de bons scores lors des prochaines consultations électorales. C’est la meilleure personne que nous pouvons avoir comme représentant », témoigne un jeune étudiant originaire de la ville.

Directeur adjoint des Immeubles et des Moyen Généraux de l’Etat à la Direction Générale des Domaines et du Patrimoine de l’Etat, Alioune Sarr travaille au sein de cette institution depuis près de 30 ans, notamment au service domanial, puis au service des Titres fonciers et Hypothèques. Son bureau ne désemplit pas face aux nombreux visiteurs, jeunes et vieux, qui le sollicitent à longueur de journée pour des aides sociales qu’il accorde selon ses moyens sans discrimination. Généreux, simples et affables, Alioune Sarr fait l’unanimité au sein de l’ensemble des communautés du pays, et en particulier à Boghé.

Expert agréé auprès des tribunaux dans les questions domaniales, Alioune Sarr est également un opérateur économique qui s’est investi dans les affaires en érigeant un complexe touristique à la sortie de Boghé. Il participe de ce fait à l’employabilité des jeunes et à la création de richesses pour son département, sa région et son pays.

Cheikh Aïdara