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Le Festival Hip-Hop Assalamalekoum démarre en trombe dans sa 11ème édition

Le Festival de musique Hip-Hop Assalamalekoum de Mauritanie qui a démarré le 19 juin dernier par une conférence de presse et la projection du film « Brooklyn » a inauguré ses premiers plateaux le vendredi et le samedi, 22 et 23 juin 2018, sur l’esplanade de l’Institut Français de Mauritanie (IFM) en présence de plusieurs centaines de jeunes qui ont vibré au rythme de leurs idoles.

Scoop and Kulz

L‘IFM a connu sa deuxième nuit de concert, le samedi 23 juin 2018. A l’affiche, le groupe « Scoop and J.Kulz » de France qui ont chauffé la scène, avec un Hard Rapp, dont un tube à redondance Reggae qui a enflammé les centaines de jeunes qui ont afflué dès les premières heures de la soirée en provenance des quartiers les plus lointains de Nouakchott.

Après cette prestation entrecoupée d’une entracte animée par un des jeunes rappeurs montants, ce fut au tour de JOKKO FAM et ses trois Rappeuses, Mina la Voilée du Sénégal, NDat de Mauritanie et Ami Yerewolo du Mali, de monter sur le plateau pour mettre le feu sur l’esplanade, sous la dictée digitale de DJ Zeyna du Sénégal. A regretter l’absence de Tendresse du Maroc qui n’a pas pu faire le déplacement. Les trois reines du Rapp ont enchaîné plusieurs tubes avec entrain, emphase et beaucoup de cruschs et de rushs. De quoi remplir l’IFM d’une sourde clameur qui s’est mélangé à la puissance de la sono et des images qui se sont entrecroisé dans un festival chatoyant que la régie a ajouté à l’ambiance déjà très électrique.

JOKKO FAM

La forte communauté malienne qui s’était mobilisé a littéralement soufflé l’IFM à l’arrivée de son idole, son compatriote TAL B qui a commencé très fort avec « Wari ». La ferveur fut à son comble et des centaines de voix nostalgiques accompagnèrent chacun de ses morceaux exclusivement déclinés en langue bambara. Des notes nostalgiques qui ont transporté le public, l’instant d’une féérie au cœur de Bamako.

Cette prestation a été précédée par un intermède humoristique avec BIG Baba alias Mohamed Lemine et son petit mannequin d’ami à allure de canard à qui il a donné le nom de Aberrahmane ou Abda, pour changer son nom français Yann. BIG Baba a démontré non seulement ses talents de comédien hors pair mais aussi un autre talent jusqu’ici méconnu. BIG Baba est en effet un parfait ventriloque, qui a présenté une prestation de qualité dans le dialogue sarcastique qu’il avait engagé avec son ami.

TAL B

La soirée s’est achevée sur une belle prestance de l’artiste sénégalaise Oumou Guèye OMG.
La veille, les fans du Rapp se s’étaient régalés avec Franco le Tunisien, KT Gorique de Suisse, Fou Malade du Sénégal. En première partie, le public avait savouré les prestations de Lass RT, BIG OMS, Jeunesse Haghigha J7 et Ebene.

A rappeler que le festival s’achève dimanche 24 juin par un méga concert cent pour cent mauritanien et gratuit au Stade du Ksar.

Cheikh Aïdara


Ahmed Hamza, les raisons d’un long silence

Ahmed OULD HAMZA  n’est plus au devant de la scène politique nationale depuis qu’il a quitté la présidence de la Communauté Urbaine de Nouakchott (CUN) en 2014.  Une attitude volontaire adoptée par l’intéressé qui, depuis  cette date, a préféré la politique du silence, refusant tout contact avec la presse. Un silence qui a surpris plus d’un et sur lequel nous avons, par curiosité, tenté de faire toute la lumière. Pour ce faire, nous avons approché cet ancien président de la CUN qui s’est refusé à nous accorder, dans les formes habituelles, une interview exclusive. Nous avons, néanmoins, pu avoir avec lui une longue discussion à bâtons rompus au cours de laquelle ont été abordées certaines grandes questions de l’heure au plan national. Nous vous livrons, ici, la substance de cette discussion.

Dans cet entretien sans protocole, furent, tout d’abord, évoquées les raisons de  ce que nous avons qualifié, ci-dessus, de mutisme politique volontaire de Ahmed OULD HAMZA. Un mutisme incompris et injustifié pour beaucoup de Mauritaniens dont une frange non négligeable créditerait l’intéressé d’un important courant de sympathisants parmi la jeunesse, toutes ethnies confondues. Certains  observateurs de la scène nationale verraient OULD HAMZA, à la lumière de ses brillants résultats à la tête de la CUN, candidat au prochain scrutin régional, au niveau de Nouakchott. D’autres le proposeraient à la députation et, pourquoi pas, à la Magistrature suprême au cours des prochaines élections présidentielles.

A  propos de toutes ces supputations, Ahmed OULD HAMZA, avec grand calme a, d’emblée, indiqué qu’il s’agit plus d’un  amalgame dans les esprits de nombreux Mauritaniens que d’une réalité. En effet, beaucoup oublient, comme il l’avait précisé, dans une précédente interview à la presse locale, qu’il n’est  plus un élu politique comme auparavant, lorsqu’il occupait le poste de président de la CUN et celui de président de l’Association des Maires Mauritaniens. Des responsabilités qui le plaçaient, malgré lui, au devant de la scène politique nationale. Aussi, dira-t-il, au passage, je ne suis pas le président du parti RFD, ni son porte-parole, pour être obligé d’être, régulièrement, sous  les projecteurs de l’actualité. Je reste, cependant, membre, à part entière, de cette grande formation politique et je répondrai présent à toute convocation de cette dernière. Au-delà de ces précisions, Ahmed OULD HAMZA, toujours égal à lui-même, dira que, «  pour lui, la Politique, notamment, en Mauritanie, c’est, en général, le règne du faux, pour ne pas parler du mensonge. Une attitude qui ne lui sied guère et qui lui donne, présentement, le dégoût de la politique. » . En effet, lui qui ne veut que la paix et ne demande rien à quiconque,  n’est pas obnubilé par les charges politiques

Le second grand thème abordé, au cours de cet échange libre d’idées, concerne la situation politique  et sociale actuelle dans le pays et, notamment, les prochaines élections. Un sujet qui tient, comme d’accoutumée, à cœur  notre interlocuteur qui, à cette occasion, ne dérogea pas à son habitude, celle de la franchise totale et directe. Il mentionnera, dans ce cadre, qu’en raison de la situation politique particulière actuelle en Mauritanie, les élections ne seraient pas la priorité du moment. Il faut, en effet, rappellera-t-il, assainir et apaiser, au préalable, le climat politique dans le pays. Et cela à travers le dialogue politique inclusif pour trouver un consensus général qui, comme priorité incontournable, restaure et préserve l’unité nationale.

Il est donc indispensable et urgent de dépasser les querelles politiques et politiciennes pour créer les conditions propices au bon déroulement des prochains scrutins. Une finalité qui,  nécessiterait, certainement, un report des prochaines élections à une date idoine.  Report qui ne serait, nullement,  un tabou, si c’était pour mieux faire et pour obtenir, notamment, un accord consensuel et non conflictuel. Aussi, et comme, c’est déjà une certitude, toute l’opposition mauritanienne participera aux prochains scrutins, il devient nécessaire de mettre en place une nouvelle CENI acceptée par toutes les parties concernées et à la hauteur des défis.

Poursuivant sur sa lancée et toujours dans le cadre de l’assainissement du climat social et politique en prélude aux prochains scrutins en Mauritanie, OULD HAMZA  a lancé un appel au Président OULD ABDEL AZIZ, l’invitant à la clémence à l’occasion du mois Béni du ²Ramadan pour, profiter de cette heureuse occasion, pour libérer tous les détenus d’opinion publique dans le pays, notamment, le sénateur OULD GHADA et les militants de l’IRA. Il y a lieu également, de mettre fin au contrôle judiciaire des autres sénateurs, des journalistes et syndicalistes  et clore, définitivement, le dossier judiciaire de Moustapha Limam CHAVY. Aussi, OULD MHKAITIR, malgré qu’il tient à préciser qu’il condamne vivement les propos tenus par ce dernier, mais qui, après son repentir et après avoir purgé la peine à laquelle il fut condamné, doit-t-il faire partie de ces libérés. Ould HAMZA dira, qu’il souhaite qu’il n’y est plus de prisonnier d’opinion en Mauritanie.

OULD HAMZA a, également, invité le Président OULD ABDEL AZIZ à fermer, rapidement, le dossier de OULD BOUAMATOU, car la persistance  d’un tel dossier n’est pas dans l’intérêt supérieur de  la Nation mauritanienne, ni celui des deux parties concernées. Cela  ne sert que les intérêts égoïstes de ceux qui, trouvant leurs comptes dans une telle situation, chercheraient, à tout prix, à envenimer les relations entre OULD ABEL AZIZ et OULD BOUAMATOU. Il est grand temps d’arrêter les dégâts, car tout reste réparable.

OULD HAMZA s’est, ensuite, appesanti  sur le prochain scrutin régional, mettant en exergue le caractère prématuré et improvisé de cette phase très avancée dans la décentralisation que constitue la régionalisation et pour laquelle notre pays n’était pas, suffisamment, préparé. En effet, en dépit de l’importance de la régionalisation et de la pertinence de sa mise en application, au moment opportun, le champ doit être préparé pour celle-ci par, en particulier, le renforcement des moyens et des compétences des communes pour remplir, pleinement, leur mission et  par une large décentralisation.

Sur un autre plan, OULD HAMZA s’est exprimé sur le prochain scrutin présidentiel et sur l’éventualité de sa candidature à ce scrutin. Il a, d’emblée, affirmé sa certitude  que OULD ABDEL AZIZ ne  quittera pas le Pouvoir, d’une manière ou d’une autre. Or si, jamais, une telle éventualité se confirmait, OULD HAMZA  se  déclare, à l’avance, non intéressé par de telles élections. .Au contraire, si ces élections se déroulaient autrement (ce qui serait peu probable),  tout reste possible.

Un autre grand dossier abordé par OULD HAMZA, au cours de cet entretien libre, est celui de la dernière élection du président de la Chambre de Commerce de Mauritanie et pour laquelle l’intéressé était, au départ, le candidat favori et bénéficiant du soutien  de la quasi-totalité des membres de la CCIAM, avant de se retirer, volontairement, sans sollicitation, sans pression, ni concertation avec qui ce soit, de cette course. Un retrait qualifié par les mauvaises langues comme un acte de compromission, voire une soumission à plus fort que soit et un acte de faiblesse. A ce sujet, OULD HAMZA, écartant toute langue de bois (comme, d’habitude, il se plaît à le faire), fera un rappel succinct de l’historique du déroulement de ce scrutin. Il dira, en substance, que, lors de ce scrutin, les Pouvoirs publics avait, dans un premier temps, proposé une candidature qui fut refusée par les hommes d’affaires mauritaniens. Les Pouvoirs publics durent, alors, retirer cette candidature pour la remplacer par une autre. Une candidature, certes, d’un jeune parent pour lequel il vouait un grand respect, mais qui pouvait, cependant, être refusée ou, tout au moins, contraindre l’intéressé à un vote dont l’issue n’était pas assurée. En dépit de cela et conscient que c’est sa candidature qui n’était pas désirée par les Pouvoirs publics et ne voulant pas faire de vague,  OULD HAMZA a décidé de se retirer avant même  le dépôt de la deuxième candidature parrainée par l’Etat.

Un désistement qui n’est point, selon l’intéressé,  signe de faiblesse ou de peur, mais qui se justifierait par deux motivations principales. Cela concerne, d’une part, le souci de préserver la cohésion au sein du secteur privé, et, d’autre part, par son désir de ne pas rééditer l’expérience de la CUN en ce qui concerne les rapports avec l’Etat. Il ne voudrait donc pas être un président de Chambre de Commerce, toujours,  en bras de fer avec  l’Etat et dont la mission serait, en conséquence, très difficile, voir impossible. OULD HAMZA  ne manquera pas, à cette occasion, de rappeler qu’il n’était pas du genre ayant peur d’assumer sa responsabilité  ou accepter des arrangements douteux. Son tempérament et sa culture l’en empêcheraient. Il se dit être quelqu’un qui cherche, toujours, la paix et qui veut jouer le rôle de pompier, au lieu de celui de pyromane. Il n’a pas, ajoutera-t-il, peur, sauf d’Allah.

Il ne veut rien de personne, rappelant, au passage, qu’il a, toujours, accepté, par civisme, d’encaisser les coups bas assénés par les autres (y compris l’Etat et ses relais) et tous ceux qui voulaient lui faire du mal. Il sait, cependant, pardonner et dépasser les torts qu’on lui faisait. Même si c’était au détriment de ses affaires qui ont beaucoup souffert de cet état d’esprit.  Cela lui a, certes, laissé un goût amer de dépit, mais avec, comme,  réconfort, sa volonté et sa réussite à respecter ses principes et à être en accord avec lui-même. Pour clore ce dossier de la présidence de la Chambre mauritanienne de Commerce, OULD HAMZAréaffirmera s’être retiré de la course à cette présidence par sagesse et non par peur ou par intérêt.  Il pense, dur comme le fer, que l’histoire lui donnera raison.

L’Unité nationale, fortement, altérée et fissurée et sa préservation constituent un thème qui tient à cœur OULD HAMZA et qu’il ne manquera pas de développer dans cet entretien. En effet, dira-t-il, les Mauritaniens se regardent, aujourd’hui, en chiens de faïence  et nos différentes communautés refusent de se parler, au nom de la suspicion réciproque. Aussi, ajoutera-t-il, dans ce cadre, cette Unité qui est le principal capital de tous les Mauritaniens doit, à tout prix, être conservée et raffermie. Elle doit primer sur toute autre chose fusse-t-elle la Démocratie et son corollaire le Pluralisme politique. A ce titre, l’Etat devra mettre à profit notre diversité culturelle pour assurer à chaque citoyen un mieux-être et lui garantir une meilleure Justice où chacun jouira de tous ses droits et remplira tous ses devoirs. Pour ce faire, il est nécessaire et urgent de dépasser l’épineux problème linguistique dans le pays né d’un système scolaire inadéquat qui, au lieu d’unir, a divisé, profondément. Il est indispensable, également, de conjuguer tous les efforts pour bâtir un pays soucieux de son authenticité, mais aussi, ouvert à la modernité et à la mondialisation. Un contexte où la maîtrise d’une seule langue, même si cela concernait l’Arabe, la langue de notre sainte religion, l’Islam et langue officielle, n’est plus suffisante et où l’apprentissage d’autres langues modernes (le français, l’anglais et autres) s’impose et cela pour mieux communiquer avec les autres et pour intégrer, plus facilement, les progrès technologiques. La Mauritanie appartient à tous ses fils sans exclusive  et ils doivent le sentir pleinement.

Le dernier thème abordé par OULD HAMZA, dans cet entretien, concerne la visite probable en Mauritanie du Roi du Maroc et des Présidents français et sénégalais, en dépit des zones de turbulences qui perturbent les relations entre ces trois pays et le nôtre. Dans ce cadre, OULD HAMZA se félicite, tout d’abord, du réchauffement des relations mauritano-marocaines concrétisé par l’installation des ambassadeurs des deux pays. Aussi, l’intéressé juge-t-il très positive la probable visite du souverain marocain dans notre pays dans le cadre du Sommet de l’Union africaine. Mais, une autre visite  du Roi du Maroc, cette fois, officielle, serait la bienvenue.  Et comme il l’a toujours répété, OULD HAMZA considère comme inconcevable qu’entre des pays frères et voisins ayant des liens séculiers, comme c’est le cas de la Mauritanie avec le Maroc et de la Mauritanie avec le Sénégal, il n’y ait pas des relations harmonieuses et de bon voisinage. S’agissant des relations mauritano-françaises, OULD HAMZA  dit n’être pas au courant de zones d’ombre dans les relations entre les deux pays. Relations qui, au contraire, seraient au beau fixe, si l’on en jugeait par  la nature et le volume de la coopération. Aussi,  les relations entre  les Présidents AZIZ et MACRON sont-elles excellentes.

Ainsi, ajoutera-il, en se préparant à accueillir, dans les prochaines semaines, un sommet de l’Union Africaine et, peut-être, plus tard, un sommet de l’OCI, après avoir abrité, il y’a deux ans, un sommet de la Ligue Arabe, la Mauritanie a réussi, il faut s’en féliciter, à faire une remarquable percée diplomatique lui permettant de retrouver la place d’honneur qui lui convient dans le concert des Nations libres et démocratiques.

Concluant cet entretien, OULD HAMZA, dira que ce qui compte, prioritairement,  pour lui c’est le raffermissement de l’Unité nationale, c’est, aussi, l’enracinement de la Citoyenneté,  de la Justice pour tous et de promotion de notre diversité culturelle. Aussi, ne manquera-t-il pas de demander au prochain Président de la République, si c’était OULD ABDE AZIZ, de se conduire comme Président de tous les Mauritaniens et de s’ouvrir à toute l’Opposition mauritanienne et tenir compte de ses avis et opinions pour construire, ensemble, une Mauritanie unie, prospère et réconciliée avec elle-même. Dans le cas du choix d’un autre Président, OULD HAMZA recommandera à celui-ci de tout mettre en œuvre pour, d’une part, relever le challenge du développement et de et préserver l’Unité nationale et, d’autre part,  éviter toute « chasse aux sorcières ».


11ème année d’Assalamalekoum, une édition du festival entièrement africaine

Plus que deux jours et la jeunesse mauritanienne aura rendez-vous avec le festival Hip-Hop « Assalamalekoum », qui se tiendra du 19 au 24 juin 2018 avec un programme riche en couleur et la participation d’une dizaine d’artistes africains à dimension internationale.

Le Festival Hip-Hop Assalamalekoum se drape, dans sa 11ème édition, d’une couleur toute africaine, la Mauritanie s’apprêtant à accueillir, pour la première fois de son  histoire, le prochain Sommet de l’Union Africaine (25 juin-2 juillet 2018). La programmation sera circonscrite essentiellement aux artistes du continent, avec la participation d’une dizaine de groupes de renommée, mais aussi quelques techniciens français et une grande artiste Suisse. Le festival s’ouvrira le 19 juin 2018 à l’Institut Français de Mauritanie (IFM) sur une conférence de presse suivie du film « Brooklyn » en présence de son héroïne, KT Gorique. Il s’achèvera par le grand concert de clôture, le 24 juin, au stade du Ksar avec l’inauguration du premier container du Centre culturel de ressources et de compétences, dans le cadre du programme d’Arterial Network, « Nouakchott, Ville Créative« .

Des artistes de renom

Les grands concerts débuteront le vendredi 22 juin à l’IFM de 19 h à 23 h avec le franco-tunisien, Wassim Karamati alias Franco, mais aussi KT Gorique, une jeune rappeuse suisse d’origine ivoirienne et héroïne du film « Brooklyn » qui sera projeté après la conférence de presse. Seront également présents, le Sénégalais Taijiscin alias Abdoul Aziz Sall du label C9 Records et fondateur du groupe C9soldiers,  ainsi que ses deux compatriotes, Fou Malade et Niagass du groupe Ousseynou Ak Assane.

Samedi 23 juin toujours à l‘IFM à partir de 19 heures, le public aura rendez-vous avec Jokko Fam, création musicale proposée par les festivals « L’Boulevard de Casablanca« , « Festa2H de Dakar » et « Assalamalekoum« . Elle est composée essentiellement de femmes. Cette année, le collectif regroupe Mina la Voilée et DJ Zeyna du Sénégal, Tendresse du Maroc, Ndat de Mauritanie et Ami Yerewolo du Mali.

Seront aussi présents, le groupe Djanii Alfa de Guinée, un groupe qui a été repéré par Didier Awadi, le Malien « TAL B« , premier artiste du rap malien à remplir le stade Omnisport de Bamako, élu meilleur rappeur de l’année au concours Mali Rap en 2009, mais aussi Med Lemine dit Big Baba de Mauritanie, OMG du Sénégal, avec Oumy Gueye et son puissant EP FEEM (Femmes Engagées et Entreprenantes en Musique) en duo avec Mamy Victoria. Elle figure parmi les 10 finalistes du Prix RFI.

Une soirée grandiose est programmée le 24 juin au Stade du Ksar à partir de 21 heures pour fêter la fin du baccalauréat et la clôture officielle du festival. A partir de 20 h, le public pourra découvrir le premier container inaugural du Centre culturel de ressources et de compétences Korê. Un support recouvert de graffiti animé par des artistes mauritaniens et comprenant des panneaux solaires pour éclairer l’intérieur qui sera composé d’un studio de médias numériques (Web Radio et Web TV). A 20 h 30, ce sera la finale du Tremplin Assalamalekoum Découvertes 2018 avec les 10 finalistes sélectionnés sur plus de 400 artistes. Le vainqueur de ce concours bénéficiera d’un accompagnement professionnel par Zaza Productions, la production d’un EP et d’un clip d’une valeur de 50.000 MRU (500.000 anciennes ouguiyas).

A 21 h 30, ce sera un concert 100% mauritanien, avec une première partie Musiques traditionnelles avec les artistes Ehel Nana, Walfadjiri et Cheikh Ould Lebiah. Se présenteront aussi, les groupes « Skip Ould Ennass Kaamleu », « Laye B », et « Capi King« , alias Mamadou Sall, la figure montante du hip-hop mauritanien qui avait remporté le tremplin Assalamalekoum Découvertes 2017 et vainqueur aussi du Tremplin Morocco Hip-Hop en avril 2018.

Ateliers et formations

Le Festival Assalamalekoum, ce sont aussi les Ateliers et les formations. Avec les Arts visuels, « Green Assalamalekoum » du 19 au 23 juin, un atelier de graffiti ouvert à tous avec Doxandem Squad du Sénégal et J.Keuz de France pour réhabiliter le container qui servira de première pierre et de prototype du Centre Culturel écologique des ressources et compétences Korê qui sera inauguré dans le cadre du programme « Nouakchott, Ville Créative » et le projet « Houna Nouakchott« .

Les inscriptions sont également ouvertes pour la composition Musique Assisté par Ordinateur (MAO) du 19 au 23 juin avec Ben Flow du Mali et KT Gorique de Suisse. Il y aura également un atelier de Break Dance qui débutera le 19 juin avec Desert Devil de Mauritanie et qui s’achèvera par une chorégraphie qui sera présentée le 23 juin sur la scène de l’IFM. Est également prévu un montage école des scènes de concert, un atelier de régie et techniques du spectacle vivant réservé aux professionnels du milieu en Mauritanie et dispensé par Emmetrop de France.

Entre le 18 juin et le 7 juillet 2018, il y aura un atelier de production d’un épisode pilote de la série « Chi Taari le Journal Rappé » avec discussions et restitution en Live sur la scène de l’IFM et sera animé par AMD avec le soutien de la GIZ, la coopération allemande.

En catégorie WebTV, du 18 juin au 7 juillet, il est programmé un atelier d’initiation aux outils et techniques de développement web et de fonctionnement des médias en ligne par Daouda Fall qui s’achèvera par la mise en ligne d’une webTV.

Au programme de cette 11ème édition aussi, une Conférence sur les 30 ans du Hip-Hop Sénégalais, avec « Café-Rencontre » animé par Fou Malade du Sénégal le vendredi 22 juin à partir de 11 heures.

Le Film « Brooklyn » (2015) de Pascal Tessaud sera projeté le mardi 19 juin avec un débat qui sera ouvert avec le public en présence de l’héroïne du film, KT Gorique à partir de 20 heures.

Le festival est soutenu par plusieurs partenaires dont, Arterial Network, Stichting Doen, l’Institut français de Mauritanie, la Communauté Urbaine de Nouakchott, l’Ambassade de France, Mauritanie Airlines, TV5 Monde, la GIZ, le Festival sur le Niger du Mali, Africa ArtLines, Sonoplus, Kinross Tasiast, Cenre-Val de Loire, OIM, Union Européenne, Union des Festivals de Mauritanie, Siemens, Goethe Institut, les trois opérateurs de la téléphonie (Mattel, Mauritel et Chinguittel).

Cheikh Aïdara


Femme enceinte battue à mort par un ancien policier et un jeune mort en détention à l’Anti-drogue : IRA déplore l’indifférence du Parquet

Lors d’une conférence de presse animée mercredi soir, 13 juin 2018, vers 22 heures à son domicile à Riadh, à Nouakchott, Birame Dah Abeid, président de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), a dénoncé deux cas de violation des droits humains à caractère raciste, selon lui. Il s’agit d’une femme enceinte de huit mois, battue à mort par un ex-policier et d’un jeune homme mort en détention à l’Antidrogue. Ces deux cas ont eu lieu entre le 7 et le 12 juin dernier.

Birame Dah Abeid relate les faits (Crédit Aidara)

En présence de quelques correspondants de presse étrangère et locaux et d’un parterre de militants, Birame Dah Abeid, président du mouvement IRA a déploré le refus des deux Parquets de la République, celui de Nouakchott Nord et de Nouakchott Est, d’ouvrir une enquête ou de recevoir la plainte de deux familles dont des membres ont subi des violations grave des droits humains.

Marième Mint Mohamed Sidi, 33 ans

Selon lui, le premier cas est celui de Marième Mint Mohamed Sidi, enceinte de huit mois. Sortie pour jeter sa poubelle dans un dépotoir public à Toujounine, le jeudi 7 juin 2018 vers 18 heures, elle a été agressée par un ancien policier qui l’aurait battue à mort avant d’appeler la police. Des éléments du commissariat de Toujounine seraient venus récupérer le corps inerte de la femme pour la conduire au poste. Sur place, une réquisition médicale lui aurait été délivrée. Lorsque les membres de sa famille l’ont conduite à l’Hôpital Cheikh Zayed, le frère du policier, un garde qui les avait suivis aurait menacé les médecins si jamais ils l’examinaient. Devant le refus du corps médical de se pencher sur le cas de leur fille, la famille s’est rendue  à l’Hôpital « Mère et Enfant » où le même scénario s’est produit. Voulant déposer une plainte contre le policer et exigeant l’ouverture d’une enquête, la famille se serait heurtée au refus du Parquet.

La soeur de la victime secouée par les sanglots (Crédit Aidara)

Cette version de la famille aurait été, selon Birame, confirmée par la police qui aurait souhaité à ce que le coupable soit déferré et traduit devant la justice. Mais tel n’a pas été le cas. La victime est actuellement chez elle, sans soins, entre la vie et la mort, selon sa déclaration.
La sœur de la victime, Vatimetou Mint Mohamed Sidi, présente lors de la conférence de presse n’a pas pu s’exprimer, tellement elle était secouée par de violents sanglots.

Mohamed Ould Brahim, 37 ans, charretier

Le deuxième cas est celui d’un charretier, Mohamed Ould Brahim, 37 ans. Il a été arrêté le mardi 12 juin 2018 sur son lieu de travail au marché par des policiers en civil. Conduit au Commissariat de l’Anti-drogue, il a été ramené chez lui, où les policiers ont procédé à la fouille de la modeste bicoque où le jeune homme habite avec ses parents. Puis, retour au commissariat. Le lendemain, le père du jeune homme, Brahim Ould Maatalla reçoit un appel téléphonique du commissaire de l’Anti-drogue qui lui demande de venir récupérer le corps de son fils à la morgue de l’hôpital. Une fois sur place, le Procureur lui demande de signer un papier attestant de la « mort naturelle » de son fils. En contre-parti, lui aurait-il dit, la famille n’aura aucun frais à dépenser pour ses funérailles.

La mère et la soeur de Mohamed Brahim (Crédit Aidara)

Le père, qui estime que son fils est mort sous les tortures, aurait refusé de signer le papier et de récupérer le corps de son fils qui serait jusqu’à l’heure où ces lignes sont écrites, encore à la morgue de l’hôpital National. Selon Birame, cette version de la famille, qui était venue le voir chez lui pour lui soumettre le cas de son fils, a été démentie par les autorités qui soutiennent que le jeune homme est mort de crise lors de sa détention en cellule. La mère du jeune homme et sa sœur étaient toutes les deux présentes à la conférence de presse.

Violations à caractère raciste

Commentant ces deux faits, Birame estime que ces deux cas sont des violations très graves des droits humains à caractère raciste, car les victimes sont tous Harratines, et les coupables des Arabo-berbères protégés par de puissantes tribus et un régime esclavagiste et raciste qui assure l’impunité totale à ses membres. Si dans le premier cas, celui de Marième Mint Mohamed Sidi, le constat des autorités sécuritaires rejoint, selon Birame, la demande des parents de la victime pour une poursuite judiciaire contre l’ancien policier auteur de l’agression, dans le deuxième cas, celui du jeune homme, il réclame un éclairci par voie de communiqué des autorités sur leur version des faits. Dans tous les cas, il a souligné que si l’aile politique d’IRA, le parti RAG, s’est investi pour les prochaines élections, cela n’entrave nullement le mouvement IRA dans sa mission première et la primauté de son action qui consiste à défendre le droit des victimes de l’arbitraire, du racisme et de la discrimination raciale. Des séries de manifestations, sit-in et marches de protestation seraient programmés dans les prochains jours par IRA pour dénoncer ces deux.

Cheikh Aïdara