aidara

Les sages-femmes mauritaniennes approfondissent la réflexion sur leur profession

Après avoir célébré en grande pompe la Journée internationale de la Sage-femme  le 5 mai 2018, les membres de l’association des Sages-femmes de Mauritanie ont récidivé le 13 et le 14 mai dernier, pour approfondir la réflexion sur la situation de leur profession à travers la synthèse de trois études qui ont porté sur les besoins en formation initiale des acteurs et l’évaluation de la pratique sage-femme.

Ouverture de la journée (Photo ASFM)

Les membres de l’association des sages-femmes  de Mauritanie ont organisé dimanche13 et lundi 14 mai 2018 à l’hôtel TFeïla de Nouakchott deux journées de réflexion sur la  « pratique de la profession sage femme« , en partenariat avec le Ministère de la Santé et l’OMS, mais surtout de l’UNFPA qui les appuie dans toutes leurs activités.

Ces journées ont été marquées par le discours d’ouverture prononcé au nom du Directeur des ressources humaines du Ministère de la Santé, par la Directrice de l’Ecole Nationale de la Santé Publique, Dr.Zeynabou Mint Haidy, dans lequel elle a souligné que les recommandations qui seront formulées contribueront sans nul doute à réduire le nombre de décès maternel et infantile ainsi que celui des nouveau-nés, « une priorité pour les autorités nationales » a-t-elle précisé.

Auparavant, la présidente de l’association des sages-femmes de Mauritanie, Mme Vatimetou Mint Moulaye avait déclaré que toute politique ou stratégie visant la lutte contre la mortalité maternelle, infantile ou néo-natale doit impliquer la sage-femme pour accélérer la réduction des taux déjà élevés de ces indicateurs. « Les sages-femmes comptent dans ce cadre sur l’appui du Ministère de la Santé, mais aussi de leurs partenaires » a-t-elle ajouté.

Travaux de groupe (Photo ASFM)

A son tour, Pr.Ahmed Baba Ould Abdel Jelil avait insisté sur la nécessaire complémentarité des efforts, entre tous les professionnels de santé, notamment l’association des gynécologues qu’il représentait lors de ces journées de réflexion et celle des sages-femmes, pour vaincre ensemble le défi persistant de la mortalité maternelle et infanto-juvénile en Mauritanie.

Les sages-femmes ont suivi par la suite plusieurs communications dont une présentation  sur les directives de l’OMS relatives à la prise en charge de la grossesse et du suivi postnatal. Elles se sont scindées ensuite en trois groupes de travail autour de la formation initiale, la formation continue et les ressources humaines.

Des discussions pleines d’enseignements ont animé la plénière au cours de laquelle les groupes ont restitué les résultats de leurs travaux, donnant lieu à des recommandations qui ont été jugées de pertinentes par les participantes.

A noter que les sages-femmes avaient organisé trois jours de consultation prénatale et postnatale, de sensibilisation sur l’espacement des naissances, d’animations de séances éducatives et de distributions gratuites de médicaments. Ces journées portes-ouvertes qui ont eu lieu entre le 8 et le 10 mai 2018, se sont déroulées dans les centres de  santé de Kissal à El Mina, de Sebkha et d’Arafat, siège de l’association. Elles ont profité à des centaines de femmes et d’enfants.

Cheikh Aïdara

 

 

 


A Nouakchott, les religieux du Sahel engagés pour l’autonomisation des femmes et le dividende démographique

Les rideaux sont tombés jeudi 10 mai 2018 sur la Conférence régionale des pays membres du Projet SWEDD qui avait pour thème « Engagement des réseaux religieux en faveur de l’autonomisation des femmes, des jeunes et du dividende démographique ». Cette rencontre internationale avait réuni plus d’une dizaine de délégations pendant quatre jours à Nouakchott.

Photo cérémonie de clôture (Photo BAS)

Clôturant les travaux de la Conférence régionale « Engagement des réseaux religieux en faveur de l’autonomisation des femmes, des jeunes et du dividende démographique » qui s’est tenue du 7 au 10 mai 2018 à Nouakchott, le Secrétaire général du Ministère des Affaires Islamiques et de l’Enseignement Originel, M.Idrissa Kébé, avait félicité les réseaux religieux des pays du Sahel pour les résultats obtenus aux termes de leurs rencontre, notamment l’élaboration d’une ambitieuse Feuille de route pour la mise en œuvre des plans d’action visant l’autonomisation des femmes, des jeunes et du dividende démographique. En tant que leaders d’opinion et acteurs d’influence, il s’est dit convaincu de la capacité des religieux à impulser les changements sociaux et de comportement nécessaires à l’atteinte des objectifs visés par le Projet SWEDD, dans le domaine de la scolarisation des filles, de la lutte contre les mariages précoces et des pratiques traditionnelles néfastes, de l’accès des femmes aux services de santé, de leur autonomisation, entre autres préoccupations.

L’engagement des Partenaires

Mme Margarita de la Banque Mondiale (Photo BAS)
M.Saidou Kaboré, Représentant UNFPA-Mauritanie (Photo BAS)

Le Représentant Résident en Mauritanie du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), SEM.Saidou Kaboré a évoqué le fort soutien politique, l’enthousiasme et l’engagement des différentes délégations et la qualité des interventions et des discussions qui ont eu lieu pendant les quatre jours de la conférence. Il a remercié le gouvernement mauritanien pour la qualité de l’organisation de la conférence et le Groupe de la Banque Mondiale pour le soutien qu’il apporte au Projet SWEDD et l’organisation de cette rencontre régionale.

Quant à la Banque Mondiale qui assure le financement du Projet SWEDD à hauteur de 205 millions de francs Cfa pour une durée initiale de quatre ans, mais qui vient d’être rallongée de deux ans avec l’ambition de couvrir d’autres pays, elle s’est dit satisfaite de la rencontre de Nouakchott et de l’engagement des réseaux religieux à accompagner les thématiques du projet, notamment l’axe relatif à la mise en œuvre de la Composante 1 (améliorer la demande pour les services de santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et nutritionnelle en favorisant les changements sociaux et comportementaux et l’autonomisation des femmes et des adolescentes) et l’Axe 2 relatif au renforcement des capacités.

L’onguent religieux sur des problèmes de société

Religieux et Religieuses du Tchad (Photo BAS)

Pendant quatre jours, les participants venus des six pays membres du SWEDD (Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Niger, Mali, Mauritanie et Tchad) ont suivi plusieurs communications portant sur les problématiques qui entravent encore le développement socioéconomique de ces pays. D’autres pays non membres avaient participé à la rencontre, soit comme candidat postulant à intégrer le SWEDD, à l’image du Bénin, et d’autres pour apporter leurs expériences, comme le Nigéria avec ses « Espaces sûrs pour adolescentes« , le Maroc et la Tunisie avec l’expérience de la Rabita Mouhammadia des Ulémas et l’Université Zaitouna.

A noter que l’objectif de cette rencontre avec les religieux du Sahel était d’harmoniser les objectifs clés du Projet SWEDD avec les enseignements tirés de l’Islam sur des thèmes jugés critiques dans un espace où les croyances religieuses et culturelles restent fortes, comme le problème de l’enseignement des filles, les MGF, les mariages des enfants, le travail de la femme, l’espacement des naissances, etc.

A la fin de leurs travaux, les réseaux religieux ont déroulé une ambitieuse Feuille de route avec un plan d’action Pays qui sera soutenu par le projet pour de larges campagnes de formation d’Imans et de prédicateurs et de sensibilisation pour des changements sociaux et de comportement.

A rappeler que la cérémonie d’ouverture de la conférence avait été marquée par la présence du ministre des Affaires Islamiques, M.Ahmed Ould Ehl Daoud.

Cheikh Aïdara


La Mauritanie épinglée pour non-application des dispositions de la Convention contre la discrimination : une victoire des ONG des droits de l’homme

Les Rapporteurs des Nations Unies chargés de veiller à l’application de la Convention pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) et qui ont épluché les rapports présentés par l’Etat mauritanien les 1er et 2 mai, puis les 9 et 10 mai 2018 à Genève, ont rendu un rapport très critique sur le non-respect de la Convention par la Mauritanie. Une belle victoire des ONG des droits de l’homme.

Le CERD se dit satisfait des rapports périodiques soumis par la Mauritanie dans le cadre de la Convention pour l’élimination de la discrimination raciale, malgré un retard de 9 ans dans leur présentation. Comme note positive, le Comité a salué l’adoption de mesures législatives et politiques importantes, telles la Loi 031-2015 incriminant l’esclavage, la loi contre la torture, la loi instituant la Commission nationale des droits de l’homme, la loi contre le trafic illicite de migrants, la création de l’Agence Tadamoun, l’adoption de la Feuille de route de 2014, mais aussi la ratification par la Mauritanie des conventions contre les disparitions forcées en 2012, le Protocole facultatif contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, la convention relative aux droits des personnes handicapées et son protocole de 2010. Mais, le Comité a constaté beaucoup d’insuffisances, de manque de clarté ou d’absence de données pouvant priver certaines franges de Mauritaniens à jouir pleinement de leurs droits au titre de la Convention, notamment leurs droits économiques, sociaux et culturels. Ces remarques ont été formulées sous formes de recommandations adressées à l’Etat mauritanien,  autrement dit, un renvoi de copies à corriger.

La Mauritanie devra fournir une statistique de ses composantes nationales
Le CERD a sommé la Mauritanie de lui fournir « des indicateurs socioéconomiques de qualité et des statistiques selon l’origine ethnique ou nationale, la couleur ou l’ascendance, y compris les non-ressortissants pour permettre au Comité de mieux évaluer comment ces différents groupes jouissent de leurs droits au titre de la Convention« .

Une loi sur la discrimination à revoir
La Mauritanie est également sommée de revoir sa loi relative à l’incrimination de la discrimination adoptée le 18 janvier 2018. Les Rapporteurs indexent l’absence d’une définition claire de la discrimination conforme à la Convention, mais aussi de plusieurs dispositions de cette loi, ce qui peut ouvrir, selon les Rapporteurs, la voie à des interprétations pouvant conduire à des restrictions dans la jouissance de certains droits de l’homme.

Clarifier la référence à la « Charia » dans la Constitution
Le Comité se dit préoccupé par la référence à la « Charia » dans la Constitution en tant que seule source du droit, ce qui pourrait conduire à des dispositions législatives contraires à celles de la Convention.  Il recommande à l’Etat de s’assurer que cette référence n’empêchera pas la pleine application des dispositions de la Convention ou n’aboutira pas à une interprétation ou à une application pouvant faire obstacle à la jouissance des droits qu’elle prévoit.

Haratines et Négro-africains discriminés


Il est question dans le rapport de « survivances de certaines structures sociales traditionnelles et des préjugés culturels » qui alimentent la discrimination raciale et la marginalisation des Haratines, comme il est question de préoccupations par rapport à la sous-représentation des Négro-africains (Halpular, Soninké et Wolof) et des Haratines dans divers domaines.
A ce titre, le Comité recommande à l’Etat mauritanien de vulgariser ses lois contre la discrimination, de veiller à une meilleure représentation des Négro-Africaines et des Haratines dans toutes les sphères de la vie politique et sociale, dans le secteur privé, à des postes électifs, dans l’administration, l’armée, la police, les médias…Et de fournir des statistiques dans ce sens dans son prochain rapport.

Lutte contre l’esclavage
Le Comité demande à l’Etat de lui fournir des statistiques sur le nombre de personnes soumises à l’esclavage, de veiller à l’application de la loi l’incriminant, d’intensifier les campagnes de sensibilisation autour de cette loi auprès des populations, des juges, des avocats, des agents de sécurité, des religieux et chefs coutumiers. De veiller à ajouter dans ces manuels d’histoire, la contribution des populations victimes de l’esclavage et de la pleine réalisation de la Feuille de route et en évaluer la mise en œuvre.

Fournir des indicateurs sur la situation des esclaves
Le Comité demande à l’Etat de s’assurer que les victimes de l’esclavage peuvent porter plainte sans subir de pression, que ses plaintes sont enregistrées, les enquêtes dûment diligentées, les poursuites engagées et les responsables condamnées à des peines proportionnelles à leurs actes. Que les tribunaux spéciaux sont dotés de moyens financiers et humains. Il est demandé à l’Etat d’apporter au Comité des informations sur les affaires pendantes devant les tribunaux.

Langues nationales
Il est recommandé à l’Etat mauritanien, en consultation avec ses populations, d’ériger le Pular, le Soninké et le Wolof en langues officielles, d’inclure ses langues dans l’éducation des enfants désireux de les apprendre, afin que l’usage des langues ne soit un facteur d’exclusion d’un groupe donné.  Il est aussi demandé à l’Etat de promouvoir l’utilisation des langues nationales, autres que l’Arabe, dans les administrations, les services sociaux et le système judiciaire et de police, afin que les personnes ne parlant pas l’Arabe, ne soient discriminées dans l’exercice des droits prévus dans la Convention.

Genre et discrimination
Le Comité recommande à la Mauritanie de prendre des mesures afin que les pratiques coutumières n’empêchent les femmes et les filles d’avoir accès à la propriété de la terre ou son héritage. De réviser le Code du Statut personnel et de sensibiliser les religieux sur l’égalité des droits entre les hommes et les femmes, d’intensifier la promotion de l’enseignement des filles Haratines et Négro-africaines pour réduire l’analphabétisme et l’abandon scolaire répandue chez ses deux franges et de fournir des donnés à ce sujet dans le prochain rapport.

Le Code de la Nationalité
Le Comité se dit préoccupé par la discrimination du Code de la nationalité qui établit des règles différentes entre homme et femme, en matière de transmission de la nationalité aux enfants nés à l’étranger et aux époux d’origine étrangère. Il recommande à l’Etat de s’assurer que les hommes et les femmes mauritaniens aient des droits égaux en matière de transmission de la nationalité aux enfants et aux époux.

Les rapatriés du Sénégal
Face aux difficultés rencontrées par les rapatriés mauritaniens, le Comité recommande de trouver des solutions durables pour leur réinstallation dans la vie économique et sociale, par l’accès à l’emploi, à l’éducation, à la santé, à la réintégration dans l’administration, l’accès à la propriété foncière, l’obtention de documents d’état-civil, y compris pour les enfants.  Il est demandé à l’Etat mauritanien de ratifier la Convention de 1954 relative au Statut des apatrides et la Convention de 1961 sur la réduction des cas d’apatridie, ainsi que l’accélération de l’adoption du projet de loi relatif au droit d’asile en Mauritanie.

Evènements 89-91
L’Etat mauritanien est invité à solder de manière définitive le passif humanitaire, en abrogeant la loi d’amnistie de 1993, d’établir la vérité et les responsabilités sur ces évènements, et pouvoir à une réparation des victimes et leurs ayants-droits.

Cas de discrimination raciale
Une recommandation faite en 2005 par le Comité relative à la discrimination raciale dans l’administration et le fonctionnement du système judiciaire a été rappelé à l’Etat mauritanien par le Comité qui note que l’absence de plaintes à ce sujet peut être due à l’absence d’une législation spécifique, une mauvaise connaissance des recours existants, une volonté insuffisante de l’Etat à poursuivre les auteurs, une absence de confiance dans le système pénal ou la peur de représailles. D’où la recommandation faite à la Mauritanie de veiller à ce que la législation contienne des dispositions appropriées, que les populations soient suffisamment informées sur les lois.

ONG des droits de l’homme


Au régime de l’autorisation qu’il trouve discriminatoire, le Comité recommande à l’Etat d’adopter un régime déclaratif pour la reconnaissance des ONG et associations de défense des droits de l’homme, y compris celles travaillant dans le domaine de l’esclavage et de la discrimination, de les protéger contre tout arbitraire dans l’exercice de leurs activités, toute intimidation ou harcèlement les visant, et d’enquêter dans de tels cas s’ils ont lieu. Le comité recommande à l’Etat de s’assurer que ses lois n’empêchent toute critique.  Il s’est dit préoccupé par le cas de Mohamed Cheikh Ould MKheitir et de Oumar Ould Beibacar.

Autres recommandations
Le Comité encourage la Mauritanie à ratifier la Convention n°189 de l’OIT sur les travailleuses et travailleurs domestiques, de donner effet à la Déclaration et au Programme d’action de Durban de 2001 adoptés par la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée, en tenant compte du document final de la Conférence d’examen de Durban d’avril 2009 à Genève. L’Etat est aussi encouragé à nouer le dialogue avec la société civile travaillant dans le domaine de la protection des droits de l’homme, notamment la discrimination raciale.

Cheikh Aïdara


L’Europe à la rencontre des étudiants de l’Université Al Asriya de Nouakchott

L’ambassadeur Chef de la Délégation de l’Union Européenne en Mauritanie, SEM.Giacomo Durazzo, était, le vendredi 11 mai 2018, l’hôte du recteur de l’Université Al Asriya de Nouakchott, Pr.Ahmedou Haouba, avec ses étudiants, ses doyens de faculté et son corps professoral. Cette visite s’inscrivait dans le cadre de la célébration de la Semaine de l’Europe dont les festivités qui s’achèvent samedi, avec le point d’orgue du 9 mai, Journée de l’Europe, avait débuté le 7 mai sur les plateaux de la télévision Al Mouritaniya qui avait consacrée toute une soirée sur les relations entre l’Union Européenne et la Mauritanie.

SEM.Giacomo Durazzo durant sa présentation (Photo Aidara)

Accompagné par les conseillers des ambassades de France, d’Allemagne et d’Espagne ainsi que de leurs chargés d’affaires culturelles, le Chef de la Délégation de l’UE est revenu sur l’historique des 60 ans de l’Europe, avant de donner un aperçu général sur les différents programmes de bourses d’études et de recherches qui pourraient profiter non seulement aux étudiants mauritaniens, mais aussi à leurs enseignants. C’est le cas du Programme Erasmus + qui offre des Masters conjoints en plus de bourses d’études dans deux universités et plus, du Programme Erasmus Mundus qui offre aussi un programme d’études complet, mais aussi le Programme  Intra Afrique dans tous les pays francophones et dans tous les domaines d’études. Pour tous ces programmes, SEM.Giacomo a donné aux étudiants et professeurs qui avaient rempli l’amphithéâtre où se tenait la rencontre, les liens et adresses électroniques pour ceux qui aimeraient postuler à ces différents programmes d’études.

Pour les chercheurs, le Programme Horizon 2020 doté d’un budget de 80 milliards d’euros pour la période 2014-2020 finance, selon le Chef de la Délégation, des travaux de recherches dans tous les domaines de la science et de l’innovation. Dans le même domaine de la recherche, il a cité l’Initiative Marie Curie qui soutient aussi les chercheurs à tous les stades de leur carrière.

Les Universités européennes étalent leurs offres
Ce fut par la suite, le tour des différents conseillers des ambassades de pays membres de l’Union européenne accrédités en Mauritanie de présenter les opportunités qu’offrent leurs universités.

Allemagne

M.Andras Dauth (Photo Aidara)

C’est ainsi que M.Andreas Dauth, Conseiller à l’ambassade d’Allemagne, qui était accompagné de M.Silèye Bâ, a présenté les offres en études et bourses qu’offrent l’Institut Goethe, l’Office allemand d’échanges universitaires et la Fondation Alexander Von Humboldt, ainsi que les 18 centres de recherches.

Sileye Ba (Photo Aidara)

L’ambassade d’Allemagne en plus des aides qu’elle apporte aux étudiants désirant poursuivre leur scolarité dans les universités et instituts allemands, offre aussi des cours d’allemand depuis une dizaine d’années en Mauritanie, à raison de deux cours par an, dont une session qui s’ouvre au mois d’octobre 2018.

Espagne

M.Alexandro Fernandez Mazaranboz (Photo Aidara)

M.Alexandro Fernandez Mazaranboz, Chargé des Affaires administratives, consulaires et culturelles de l’ambassade d’Espagne, accompagné de Mme Martha, lectrice au Département des Langues de l’Université Al Asriya de Nouakchott, a également présenté les offres des universités espagnoles, notamment le Programme Erasmus, notant que l’Université de Las Palmas est liée par une convention de partenariat avec l’Université de Nouakchott. En plus de bourses d’études que l’Espagne octroie aux étudiants mauritaniens, l’ambassade dispose aussi de bourses de recherches dans le domaine des sciences. Il a cependant recommandé aux étudiants de faire des recherches personnelles dans les universités régionales espagnoles qui offrent plus d’opportunités que les bourses nationales très limitées, comme les bourses d’études à l’Université de Barcelone pour les Masters en Relations Internationales. Il a également informé les étudiants de bourses qu’offrent des centres privés ainsi que les banques.

Mme Martha, Lectrice Espagnol Université Al Asriya (Photo Aidara)

Sa collaboratrice, Mme Martha a expliqué que l’Espagnol n’est pas une langue très étrangère en Mauritanie, rappelant l’influence des Canariens il y a de cela des siècles déjà dans la Baie du Lévrier (Nouadhibou), mais aussi son insertion dans le système éducatif mauritanien depuis les années 80. Cela a été renforcé surtout en 2015, dira-t-elle, avec le Programme pilote multilangue du Ministère de l’éducation nationale qui a inséré l’enseignement de l’Arabe, du Français et de l’Espagnol dans 4 collèges d’Excellence. A partir de 1990, l’Espagnol a été introduit dans le département de la traduction. Aujourd’hui, l’Université Al Asriya offre des études de Licence Espagnole (3 ans d’études), même si la demande est encore faible (environ une quarantaine d’étudiants en 1ère année et une dizaine en 3ème) regrette-t-elle. En plus des cours de langue que l’ambassade dispense, elle a cité aussi quelques centres privés qui enseignent l’Espagnol, comme le FESAC, l’ENA.

France

M.Raphaël Malara du SCAC (Photo Aïdara)

M.Raphaël Malara du Service de la Coopération et de l’Action Culturelle (SCAC) de l’Ambassade de France, accompagné de M.Pierre Thermes, a présenté un focus sur la recherche scientifique qui semble constituer la principale priorité d’études pour l’Etat mauritanien, souligne-t-il en substance. M.Raphaël a cité dans ce cadre 3 programmes de bourses de recherches en France ou dans l’espace francophone.

Les Bourses de doctorat dans le domaine des sciences dures (Maths, Physiques, etc.) Il s’agit selon lui de bourses de 3 ans d’études avec 6 mois de mobilité offert aux étudiants âgés de moins de 32 ans. Seules deux bourses ont été octroyées dans ce domaine en 2017 contre quatre en 2016, selon lui.

Deuxième type, les Bourses juniors de doctorants pour enseignants-chercheurs, avec une mobilité de quatre mois par an d’études en France ou dans l’Espace francophone. Age maximum, 32 ans.

Enfin, les Bourses de recherches Séniors avec mobilité de deux mois par ans pour les détenteurs d’un Doctorat avec un âge maximum de 45 ans. Cinq bourses ont été accordées en 2017 contre 7 en 2016. M.Raphaël a annoncé le lancement en 2018 d’un nouveau programme d’incubation labo de recherche à l’Université de Nouakchott pour stimuler la recherche scientifique, ainsi que la mise en place d’un diplôme universitaire en Français et Arabe pour former des enseignants dans ces deux langues. Il  a aussi mentionné les bourses d’études en spécialités médicales, le DFMS et le DFMSA en collaboration avec l’Université de Strasbourg.

M.Pierre Thermes (Photo Aidara)

M.Pierre Thermes a évoqué pour l’apprentissage de la langue française, les Alliances de Nouakchott, Nouadhibou, Kiffa, Kaédi et Rosso qui délivrent des diplômes, DELF A 1 à A 4 et les DALF C1 et C2;

Les Alumni

Par la suite, les étudiants ont suivi l’expérience de trois Mauritaniens qui ont fait leurs études supérieures en Europe (alumni), Mlle Jemila Abdel Vetah, qui a fait Sciences Po à Paris, M.Saleh Sidi Mohamed Khalifa qui a fait des études en Relations Internationales en Espagne et M.Mohamedou Ould Salahi qui a fait des études en Micro-électronique en Allemagne.

Mlle Jemila Abdel Vetah (Photo Aidara)
M.Mohamedou Ould Salahi (Photo Aidara)
Sidi Mohamed Khalifa (Photo Aidara)

30 convention entre Nouakchott et les universités d’Europe
A noter que le Recteur de l’Université Al Asriya de Nouakchott, Pr.Ahmedou Ould Haouba avait, dans son mot de bienvenue, remercié la Délégation de l’UE pour l’intérêt qu’elle accorde à l’enseignement supérieur en Mauritanie, soulignant que la « Jeunesse« , thème de la Semaine de l’Europe cette année ne pouvait connaître meilleure quintessence que cette journée accordée aux étudiants.  Il a souligné que l’Université Al ASriya de Nouakchott est liée par une trentaine de conventions de partenariat avec des universités et instituts européens dans le domaine des études, de la formations et de la recherche, mais aussi dans le domaine de programmes d’appuis à la professionnalisation et à la mobilité. Avec l’Espagne, il a cité les programmes de renforcement dans le domaine des études  en Médecine, l’enseignement de la langue (Licence Espagnol), l’ouverture incessante du Centre Awla pour l’extension de la connectivité en collaboration avec l’Université de Las Palmas.

Le Recteur M.Ahmedou Ould Haouba (Photo Aidara)

Avec l’Allemagne, il a évoqué les bourses mises à la disposition des étudiants et des chercheurs mauritaniens à travers divers programmes universitaires. Avec la France, les relations sont encore plus diversifiées et anciennes.

Le recteur a également annoncé l’élaboration d’un Plan stratégique de l’Université Al Asriya qui vise le renforcement de la qualité de l’enseignement supérieur, la professionnalisation du corps enseignant, l’employabilité, la recherche, l’innovation. Dans le domaine du numérique, il a appelé à un partenariat plus solide pour une plus grande mobilité des enseignants et du personnel de l’Université.

Cheikh Aïdara