aidara

Nouakchott accueille la Conférence régionale d’engagement des réseaux religieux pour l’autonomisation des femmes et des jeunes

Le Projet régional d’Autonomisation des Femmes et Dividende Démographique au Sahel (SWEDD) est une initiative conjointe des dirigeants des pays du Sahel, des Nations Unies et du Groupe de la Banque mondiale (BM), lancé en novembre 2015 à Niamey (Niger).

Il est mis en œuvre avec l’assistance technique de l’UNFPA, Fonds des Nations Unies pour la population, de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé, la Fondation Bill et Melinda Gates et le financement de la Banque mondiale pour un montant de 207 millions de dollars US sur une période de quatre (4) ans. Il couvre 6 pays, à savoir le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad.

En effet, l’échec des approches de développement dans la plupart des pays en développement et en particulier ceux du Sahel et au sud du Sahara est en grande partie dû à l’inefficacité des choix stratégiques en matière d’investissement dans le capital humain et d’intégration des questions de population dans les politiques de développement dans ces pays. Ce constat d’échec est à l’origine de l’émergence d’une approche systémique d’intégration des questions de population dite dividende démographique.

Le changement social et comportemental étant un processus incontournable à la réussite du Projet SWEDD, une distinction particulière a été donné à la stratégie de communication qui est cible le changement social et de comportement. C’est pourquoi il a été procédé à un lancement de la campagne régionale de communication pour le changement social et de comportement (CCCSC) sous le haut patronage conjoint des Premières Dames des six pays du SWEDD à Abidjan, Côte d’ivoire. La campagne nationale (CCCSC) qui a été organisée à Kiffa sous le haut patronage de la 1ere Dame a été le rendez-vous des acteurs de mise en œuvre des activités du projet et des différentes cibles (femmes, filles et jeunes adolescent(e)s et d’un parterre des chefs religieux et imams du niveau national, régional et local.

La participation des chefs et leaders religieux et des réseaux religieux a été une charnière dès les premières activités par l’élaboration d’une cartographie des religieux des six pays du SWEDD dont les membres ont contribués grandement à la mise en œuvre de la campagne nationale (CCCSC).

But de la rencontre :

A court terme, les leaders musulmans sont en mesure d’agir en tant qu’agents du changement dans la coalition active du SWEDD. A long terme, ils travaillent en collaboration stratégique avec les gouvernements et autres partenaires de développement pour la réalisation de leur politique de population et de promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes et permettra aux pays du Sahel de récolter des dividendes démographiques.

Activités préparatoires :

Pour bien préparer cet échange régional, le Projet SWEDD a mené d’importantes activités, notamment :

  • L’atelier pilote d’une formation sur la santé génésique, politiques de population et questions de genre, organisée par le Centre Islamique International pour la Recherche et les Etudes en Population, de l’Université Al-Azhar, sous le patronage du grand Imam d’Al-Azhar en avril 2018.
  • L’organisation d’un atelier national et l’élaboration d’une cartographie des acteurs religieux en 2017/2018 dans chacun des pays du SWEDD. La cartographie a examiné la situation de l’engagement religieux actuel et potentiel dans la SRMNIN, identifié des champions et des réseaux de leaders religieux et de « mourchidatts[1]» et formulé des recommandations. Des ateliers nationaux ont été organisés pour valider les cartographies dans chacun des pays et les leaders de réseaux mobilisés au niveau national, y compris des champions identifiés pour la formation d’un réseau régional.
  • L’organisation du symposium « Islam, Dividende Démographique et Bien-Etre Familial[2]» en collaboration avec la République du Tchad, le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), la Banque Mondiale et le Haut Conseil des Affaires islamiques du Tchad en juillet 2017.

Les participants :

La réunion regroupera 150 participants représentant les 6 pays du SWEDD, l’Egypte, le Benin, le Maroc et la Tunisie, la Banque mondiale et les personnes ressources.

Activités prévues

La réunion sera marquée par les moments forts suivants :

  • une cérémonie officielle d’ouverture le 7 mai 2018 à laquelle vont prendre part les plus hautes autorités de la République Islamique de Mauritanie, le corps diplomatique, les représentants d’organisations internationales, les partenaires techniques et financiers et différents acteurs impliqués dans les questions de santé de la reproduction, de population et de genre ;
  • des ateliers techniques sur des thématiques spécifiques et des échanges interactifs d’expériences entre pays;

La presse est invitée à la cérémonie d’ouverture le lundi 7 mai 2018 et à la cérémonie de clôture le 10 mai 2018.

Pour plus informations, veuillez contacter :

SWEDD/ Mauritanie : Mme siham Babana tel. 42438144 email. siham.babana2@gmail.com


Le monde de la santé en Mauritanie fête la journée de la sage-femme

Les sages-femmes de Mauritanie, à l’instar de leurs consœurs à travers le monde, ont fêté samedi 5 mai 2018 la fête internationale de la sage-femme sous le thème « ouvrons la voie à la qualité des soins« . Une cérémonie haute en couleurs, présidée par le ministre de la Santé, Pr.Kane Boubacar en présence du représentant adjoint de l’UNFPA (Fonds des Nations unies pour la population) en Mauritanie, M.Senath Aïdara, de la présidente de l’association des sages-femmes de Mauritanie, Mme Vatimetou  Mint Moulaye ainsi que de plusieurs cadres et fonctionnaires du Ministère de la Santé.

Sira Dramé, sage-femme à l’hôpital national (Photo Aidara)

Ouvrant la cérémonie festive, le ministre de la Santé s’est d’abord félicité des réalisations accomplies ces dernières années dans le domaine de la santé, citant entre autres, « l’extension et la réhabilitation de plusieurs infrastructures sanitaires, le recrutement et la formation de cadres médicaux à tous les niveaux« . Il a souligné dans son allocution, que « la mort d’une femme en donnant la vie est un drame qui ne doit plus survenir et que nous devons conjuguer les efforts pour l’éviter à travers l’amélioration des indicateurs de santé maternelle et néonatale« , précisant que ce sont là des priorités pour son département. Il a salué dans ce cadre le rôle central des sages-femmes qui ont contribué à atteindre les objectifs réalisés dans la réduction du taux de mortalité et de morbidité maternelle et néonatale.

Exposé au cours de la journée (Photo Aidara)

De son côté, M.Senath Aidara a, au nom de l’UNFPA, promis que son organisation sera toujours près des acteurs de la santé en Mauritanie, notamment les sages-femmes, pour améliorer le bien-être de l’enfant et du nourrisson. Selon lui, l’UNFPA est engagé à apporter tout l’appui nécessaire pour contribuer au renforcement du cadre organisationnel et de la pratique professionnelle des sages-femmes.

Une partie de l’assistance (Photo Aidara)

La présidente de l’association des sages-femmes de Mauritanie, Mme Vatimetou Mint Moulaye, a pour sa part remercié l’UNFPA pour le rôle qu’elle joue pour la santé de la mère et de l’enfant en Mauritanie, mais aussi pour sa contribution au renforcement des capacités des membres de son association. Selon elle, un rapport publié en 2014 exhorte à mettre à disposition les soins à la mère et à l’enfant, ce qui ne peut se réaliser, selon le document, si la sage-femme n’est pas placé au cœur des interventions.

Plusieurs exposés ont été présentés au cours de la journée, notamment sur le bilan de l’association des sages-femmes durant toutes ces années passées. A noter qu’une assemblée générale pour le renouvellement des instances de l’association est prévue incessamment.

Cheikh Aïdara


Fuite des responsables maures dans l’affaire Mkheitir : des ministres négro-mauritaniens envoyés justifier la nouvelle loi radicale…

CHEZ VLANE- L’affaire Mkheitir est d’abord une affaire entre maures. Partie de presque rien, cette affaire aurait pu être réglée très tôt avec discernement si le pouvoir avait eu d’autres conseillers en la matière que le réflexe  féodal de zwayas qui ont voulu dès le départ briser un jeune forgeron impertinent pour donner un exemple et anéantir dans l’œuf une mouvance mi-laïque mi-athée cultivée par quelques enfants de l’élite maure dont des fils de marabouts connectés à leurs semblables du monde arabo-musulman.

Ce remède féodal de pompiers pyromanes a réussi car depuis on ne les entend plus sauf ceux qui sont en exil mais au prix d’un scandale sans précédent dans les annales de la justice islamique mauritanienne toujours empêtrée dans cette lamentable affaire qu’Aziz semble vouloir refourguer à son dauphin provisoire comme le sort des condamnés à mort sous son régime car il n’ose pas prendre ses responsabilités d’homme d’Etat même s’il fut à la manœuvre chaotique depuis le début.

Affaire au cœur des fils nés dans un milieu intellectuel à l’abri du besoin : le jeune militant forgeron est un fils de préfet de la république au moment des faits.  Certains de ses acolytes fils de marabouts sont, contrairement à lui, ouvertement blasphémateurs de la pire espèce comme en témoignent des audios et des fatwas de grands marabouts maures qui ont voulu les raisonner et leur pardonner en cas de repentir pendant que rien n’a été épargné au fils de forgeron dont l’unique crime est d’avoir posé des questions impertinentes à propos d’un fait prétendument historique.

Tout le monde connaît désormais l’histoire et la lâcheté du pouvoir politique mauritanien dans cette affaire. Lâcheté qui n’est plus à démontrer dont le dernier trait est de changer la loi de la république islamique de Mauritanie pour se faire pardonner par la rue que le pouvoir a fanatisée avant de trahir quelques heures ce soutien par le dernier verdict de la justice condamnant le jeune militant à 2 ans et une amende ce qui lui permettait de sortir libre vu le temps qu’il a déjà passé en prison car l’appel de l’accusation n’est pas suspensif.

Après avoir laissé la défense et les militants des droits de l’homme jubiler, après avoir mesuré l’ampleur de l’indignation du milieu fanatisé dont les plus médiatiques ténors ont des démêlés avec la justice pour des affaires financières douteuses, ou du moins le mériteraient amplement si le pouvoir était plus juste en matière religieuse, ce pouvoir pris de terreur a fait tout d’un coup machine arrière en annonçant que finalement il gardera en détention le jeune militant forgeron en plus de changer la charia républicaine en vigueur pour en finir à l’avenir avec le repentir dans ces sortes d’affaires en condamnant sans appel à la mort.

Cela dit, un reste inestimable de conscience incorruptible a fini par faire trembler certains intellectuels devant Dieu seul témoin de cet infâme jeu politique avec la religion dont le seul but est de plaire à la rue fanatisée par des marabouts sont certains sont impliqués dans une gigantesque affaire d’escroquerie qui risque de ruiner un nombre incalculable de mauritaniens pendant que le plus médiatique avocat de cette furie a été interdit d’exercer pendant 2 ans par l’ordre national des avocats pour son implication présumée dans plusieurs affaires d’escroquerie.

Ce reste de conscience incorruptible et salvateur a commencé à faire son effet face aux véritables propos du jeune militant forgeron dont le deuxième texte avant son arrestation où il dit que nul ne respecte plus le prophète PSL plus que lui et où il rappelle qu’il n’attaque que les zwayas assurant d’avance, avec les mots les plus durs, qu’ils ne reculeront devant rien pour détourner ses propos et user de toutes les manigances pour le briser car c’est un jeune forgeron qui a osé les accuser de manipuler la religion pour leurs seuls intérêts.

La suite de l’affaire lui a-t-elle donné raison ? Qui oserait désormais y répondre sans risquer un lynchage médiatique aussi criminel que de mauvaise foi ? Pourtant il faut bien constater que tout a été fait pour ne parler que de ses questions à propos de la justice du prophète PSL en se gardant bien de médiatiser l’essentiel de ses propos à savoir ce qu’il pense des zwayas et pourquoi il pense cela.

Ce reste de conscience a commencé à faire trembler certains intellectuels et une bonne partie du milieu maure lettré devant la malédiction qui semble toucher tous ceux qui se sont servis de la religion pour accabler le forgeron au mépris des dispositions de la charia mauritanienne républicaine en vigueur jusque-là ; le tout car apparemment il ne s’agit essentiellement que d’un règlement de compte à caractère féodal entre les zwayas et le jeune forgeron impertinent.

Ce reste de conscience incorruptible malgré le degré insondable de corruption de notre société, corruption morale, politique, sociale, économique, intellectuelle, ce reste de conscience a poussé certains maures impliqués à fuir cette affaire au plus vite.

Le premier à fuir est l’ex-ministre de la justice qui est à l’origine de cette révision de la charia pour plaire à la rue. Il a fui ou on l’a libéré de cette affaire. Le pouvoir cynique a remis l’affaire à un nouveau ministre de la justice négro-mauritanien alors que c’est une affaire entre maures. Toute la lâcheté du pouvoir est dans cette nomination.

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M. Diallo Mamadou Bathia ministre de la défense

M. Diallo Mamadou Bathia ministre de la défense

On croyait en la matière avoir tout vu ! C’était sans compter sur le ministre de la défense tout aussi négro-mauritanien qui en tant que ministre de la justice par intérim est venu hier justifier maladroitement cette loi au nom de la constitution à base d’arguments chétifs.

L’histoire retiendra que les maures au plus haut niveau ne sont pas ceux qui ont porté et défendu cette révision. Ils ont fui au dernier moment…

Première bêtise du ministre de la défense dans cette affaire  : comment ose-t-il s’exprimer en s’appuyant sur la constitution alors qu’il ne parle qu’en français ? Deuxième langue de travail lâchement retirée de la constitution bancale en 1991 pendant que les pères fondateurs de cette constitution pillaient 41 articles mot pour mot à celle de la 5ème république française sans parler des 99% de son articulation générale.

Deuxième bêtise : le ministre négro-mauritanien francophone dit qu’au nom du malikisme la charia alors en vigueur se devait d’être révisée sauf que, comme nous l’avons souvent répété, cette constitution dont il parle, bien que révisée plusieurs fois sous ce régime ne mentionne toujours nulle part que la république islamique de Mauritanie est une république malikite et ne mentionne nulle part ni le mot coran, ni la sunna pas même le prophète PSL. C’est dire le degré d’hypocrisie de cette rhétorique constitutionnelle.

Troisième bêtise : alors que les oulémas  qui sont à l’origine du code pénal de la république islamique avant cette révision étaient d’une autre nature que ceux qui veulent plaire à la rue et dont la plupart ont signé une fatwa pour épargner un fils de marabout blasphémateur sans scrupules ni repentir comme l’a rappelé l’avocat de Mkheitir maître Mohamed Ould Moïne, ce ministre francophone ne pouvant pas articuler deux mots en arabe constitutionnel déclare que cette révision est pour pallier une lacune face à de nouveaux crimes inconnus jusque-là ! Oser dire que le blasphème et l’apostasie n’étaient pas connus de ces oulémas ni pris en compte est une insulte  à leur mémoire et à leur science.

https://fr.ami.mr/Depeche-44501.html

On pourrait ainsi multiplier les exemples pour montrer le degré de corruption intellectuelle dans cette affaire mais Dieu suffit comme témoin.

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Au regret d’avoir à le dire après avoir soutenu Aziz croyant avoir affaire à un courageux homme d’Etat et comme disait quelqu’un  « sans la liberté de blâmer, il n’y a point d’éloge flatteur… il n’y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits » :

je reste convaincu que face à la lâcheté politique sans précédent de ce régime dont hélas Mohamed Ould Abdel Aziz est le maestro en chef à cause de sa propension naturelle à fuir le danger politique au prix de diviser les mauritaniens pour mieux régner à l’abri des conséquences psychologique sur toute une nation, la Mauritanie plus que jamais a besoin d’hommes et de femmes d’Etat, de militaires courageux et visionnaires, de marabouts éloignés de la politique et de citoyens engagés ne craignant que d’être complices actifs ou passifs de l’injustice effrayante commise au nez de l’islam de chez nous pour le seul bénéfice d’un islam arrivage radical.

Ces femmes et ces hommes existent-ils en Mauritanie au coeur du pouvoir, loin de l’impuissance et de la résignation ?  Aziz est-il condamné à s’en passer comme l’irresponsable pour lequel un entourage médiocre est rassurant vu que ça permet de se sentir brillant ? Les 4 millions de Mauritaniens pauvres jusque-là vont-ils  après la haine les uns des autres savamment distillée entre eux, connaître régulièrement le sang et les larmes maintenant que le pays a quelques richesses minières non négligeables ?  Le sursaut ne peut venir que de l’intérieur du pouvoir le jour où ils auront un peu pitié de ce peuple mais ce n’est pas demain la veille car le carcan est psychologique et la culture est à l’exploitation, le mépris, la domination et la folie des grandeurs.

Encore un mandat ou deux de cette lâcheté politique et le pays sera parti pour un siècle d’inquisition et de misère intellectuelle pour le plus grand malheur d’un peuple pacifique, multiculturel condamné à la haine et à la division pour le seul profit de dirigeants archaïques sous leur costume moderne, prêts à tout pour que rien jamais ne vienne menacer leur stérile pouvoir même s’il faut pour cela corrompre tout ce que culturellement ce peuple avait de noble jusque-là…

Depuis 2008, Aziz est un homme qui vit dans la peur et accumule les ennemis à l’intérieur et à l’extérieur : rester au pouvoir directement ou indirectement est son assurance vie en plus de sa soif inextinguible de donner des ordres. Quiconque à sa place avec les pleins pouvoirs ferait ce qu’il fait actuellement à savoir ne penser qu’à sauver sa peau et ses biens et mettre tout le monde au pas de la compromission car il a affaire à des gens pacifiques peu nombreux contre lui et sans moyens financiers pour survivre quand se dresse devant eux la redoutable force publique entre ses mains.

Aziz n’est pas seul responsable de la malédiction d’avoir les pleins pouvoirs : les mauritaniens sont dangereux par leur cupidité et leur ambition. Ils peuvent faire d’un innocent un roi sanguinaire si cela leur rapporte quelque chose. En dix ans, voilà Aziz prisonnier de ceux qu’il a placés pour gouverner seul. Il ne s’appartient plus, il est au cœur de la pression des pleins pouvoirs en ayant échappé au sang sur les mains. Combien de temps tiendra-t-il avant de céder  à l’appel de la tyrannie totale comme celle de bien de ses amis chefs d’état ?

Pour l’instant, contre lui, toute résistance est vaine sauf si elle consiste à défendre une certaine idée de l’islam de chez nous car là le citoyen s’en remet à un témoin face auquel toute la puissance d’Aziz n’est que poussière : Dieu suffit comme témoin…

VLANE

Source : https://www.chezvlane.com/Fuite-des-responsables-maures-dans-l-affaire-Mkheitir-des-ministres-negro-mauritaniens-envoyes-justifier-la-nouvelle-loi_a7536.html


Mettre les pêcheurs artisanaux mauritaniens aux normes du marché international

Valoriser les produits de la pêche artisanale en Mauritanie et les mettre aux normes du marché international. Tel est l’objectif du projet PROMOPÊCHE, financé par l’UE et exécuté par le BIT à travers la formation qui vient d’être dispensée à une trentaine de services d’appui aux entreprises.

Vue partielle des participants (Photo Aidara)

« Nul ne peut plus vendre à l’extérieur un produit qui  ne respecte pas les normes internationales » selon le Dr.Abou Sidy Ba, docteur vétérinaire. « Au niveau de la pêche artisanale, le problème des produits locaux et traditionnels est qu’ils ne répondent à aucune norme connue » souligne-t-il. D’après lui, « ces produits ont besoin d’être travaillés et leur composition détaillée dans une fiche technique. Ils doivent en plus être traités et analysés dans des conditions d’hygiène et de fabrication standard, et faire la preuve de leur bonne qualité « .  Il ajoute qu’on ne peut pas « traiter le poisson sur le sable, dans la poussière et sous le soleil, le sécher différemment, l’emballer dans des sacs douteux et vouloir l’exporter« .

Un coup dur pour le potentiel national

De gauche à droite, Dr.Bâ et Tarbiya (Photo Aïdara)

L’exigence des normes internationales limite ainsi drastiquement la possibilité des acteurs de la pêche artisanale à accéder au marché mondial. D’où une impérieuse nécessité de mise à niveau. En effet, les 750 kilomètres de côtes les plus poissonneuses au monde, avec 350 espèces dont 200 commercialisables, restent sous-exploitées, à cause d’un manque d’infrastructures, une main d’œuvre non qualifiée et un accès quasi inexistant au crédit et au financement. Les Mauritaniens s’orientent timidement aussi vers la mer, avec seulement 55.000 emplois occupés, un marché national étroit et peu desservi et des acteurs non organisés. Pourtant, « le secteur de la pêche artisanale offre d’importantes opportunités en termes d’emplois et de revenus, avec une production qui varie entre 164.000 et 364.000 tonnes par an« , selon Mohamed Lemine Abdel Hamid dit « Tarbiya » économiste-consultant qui a déjà réalisé une analyse de chaîne de valeur du secteur. Le volet transformation reste ainsi dominé à 85% par les étrangers (Nigérians, Ghanéens, Sénégalais, Maliens…) et quelques nationaux présents  à Nouadhibou, au PNBA, au Centre de l’ONG 2000 et au PK 28.

Le chemin de la normalisation

Le chemin vers la mise aux normes de la production halieutique d’origine artisanale requiert ainsi des services d’appui aux entreprises performants. D’où l’intérêt de la formation qui a eu lieu entre le 25 et le 26 avril 2018 dans le cadre du projet PROMOPÊCHE, financé pour 4 ans par l’Union Européenne et exécuté par le Bureau International du travail (BIT). Cette formation a été menée par l’expert sénégalais Dr.Mamadou Ndiaye, docteur vétérinaire et fin connaisseur du secteur de la pêche en Mauritanie, et son promotionnaire mauritanien, Dr.Abou Sidy Ba, ainsi que l’économiste Mohamed Lemine Abdel Hamid dit Tarbiya. Elle a porté sur le contexte mondial et les exigences internationales, les filières de la pêche artisanale en Mauritanie et l’identification des dangers et risques en entreprises.

Dr.Mamadou NDiaye (Photo Aidara)

La Délégation de l’Union européenne en Mauritanie (DUE) mesure à juste titre « les efforts importants consentis dans le domaine de la pêche artisanale » même si ces résultats n’ont pas donné les résultats escomptés jusque-là.  D’où cette initiative novatrice qui consiste à travailler à l’échelle des chaînes de valeur pour identifier les maillons faibles. Et parmi ces derniers, les Services d’appui aux entreprises (SAE) considérés comme le levier capable d’impulser le changement attendu pour booster le secteur. « Cette formation, selon la DUE, vise à fédérer les SAE et leur apprendre à travailler d’une manière complémentaire et en synergie pour développer un secteur de la pêche artisanale à forte potentiel d’emplois et de revenus mais encore sous-exploité ».

Au sortir de cette formation, les trente prestataires de services d’appui aux entreprises ont ainsi acquis des capacités techniques qui les aideront jusqu’en juillet 2018 à gérer les points de débarquement qui leur sont affectés, notamment le PK 93, le PK 144, Mhaïjrat et Tiwlil. Ces capacités comprennent l’analyse des chaînes de valeur prioritaires et les contraintes auxquelles font face les acteurs exerçant au niveau de leur point de débarquement, et les solutions à dégager pour la définition d’un plan stratégique de développement de leur zone d’intervention.

Pour encadrer les opérateurs locaux vers l’adoption des règles normalisées, les services d’appui doivent également maîtriser les principes de la qualité, qui selon la définition ISO 8402, « est l’ensemble des caractéristiques d’un produit qui confèrent l’aptitude à satisfaire un besoin explicite et implicite« . Il faut également une connaissance des dangers et des risques ainsi que celle de leurs origines comme impératif à maîtriser pour assurer la qualité des produits. L’analyse de ces dangers et risques doit s’appliquer sur le Milieu de production, la qualité de la Main d’œuvre, la qualité du Matériel, celle de la Matière première et de la Méthode, ce qu’on appelle les « 5 M« .

Plusieurs évolutions ont accompagné la gestion du concept qualité, de 1945 à 2000, partant du « Contrôle Qualité », la « Maîtrise Qualité », « Assurance Qualité » et le « Management Qualité » qui a trait aux exigences nationales de qualité.

Comprendre le cadre et les exigences internationales

Il s’agit sur ce point de comprendre les normes et standards définis sur le plan international pour les produits alimentaires, notamment les Accords SPS (mesures sanitaires et phytosanitaires), les règles internationales d’hygiène, la certification HACCP (Analyse des dangers et maîtrise des points critiques), la traçabilité des produits alimentaires, les normes privées…

Vue partielle des participants (Photo Aidara)

Les participants se sont imprégnés des règles de fonctionnement des trois grandes conventions régissant le commerce international des produits alimentaires. Il s’agit du CODEX Alimentarius encadré par la FAO et l’OMS chargées de l’élaboration des règlements internationaux relatifs à la sécurité sanitaire des aliments, l’OIE (Organisation internationale des épizooties) chargée de la formulation des normes et directives pour la sécurité sanitaire des produits d’origine animale et la CIPV, Convention internationale relative à la sécurité sanitaire des produits d’origine végétale. Il faut se rappeler des grandes crises liées à la sécurité sanitaire alimentaire qui ont secoué le monde dans les années 90, comme la crise de la Vache folle, la Grippe aviaire, l’affaire du lait contaminé, pour comprendre les dangers inhérents aux alimentations nuisibles et leurs conséquences en termes de pertes humaines, de crise économique et de perturbation du commerce international..

Les problèmes de qualité des aliments étant difficilement mesurables, la Grande Bretagne avait adopté en 1990, la loi dite « Due Diligence » et l’impératif exigence de la connaissance, car « nul ne peut plus vendre un produit qu’il ne connaît pas« . La responsabilité des entreprises devient dans ce cadre soumise à l’obligation de connaissance des produits vendus, la maîtrise des moyens et la détention de preuves de bonne qualité.

Les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), créée en 1995 et qui fédère les « Trois Sœurs« , le CODEX Alimentarius, l’OIE et la CIPV, s’appliquent aujourd’hui sur 97% du commerce mondial. Dès 1994, deux accords spécifiques ont été pris à Marrakech (Maroc), l’Accord sur les mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS) et l’Accord sur les obstacles technique au commerce (OTC) qui vise à écarter les mesures discriminatoires et les obstacles non nécessaires au commerce.

De la production au marché de consommation

Tout produit répond à trois exigences : la durabilité, l’existence d’un marché et l’impact socioéconomique. Les services d’appui aux entreprises chargés d’accompagner et d’encadrer les acteurs de la pêche artisanale au niveau des points de débarquement du projet « PROMOPËCHE » doivent ainsi procéder au choix des principales chaînes de valeur au niveau de leur zone et les motiver sur la base des atouts et des faiblesses de chaque maillon de la chaîne (depuis la capture jusqu’à la consommation).

Dr.Abou Sidy Bâ (Photo Aidara)

Ce qui suppose une bonne maîtrise des « Bonnes Pratiques » dans la filière de la pêche artisanale, en termes d’hygiène et de fabrication. Il s’agit dans ce cadre, selon Dr.Abou Sidy Ba, d’identifier « les bonnes pratiques ainsi que les mesures de contrôle appropriés pour chacun des « 5 M » des différents maillons de la chaîne de valeur« .

L’expérience de « Mauritanie 2000 »

Harouna Sall (Photo Aidara)

« Notre organisation s’est lancée depuis sa création en 2000 dans l’appui des femmes actives dans la pêche artisanale. Elle a entrepris plusieurs voyages d’études, d’échanges et de partage d’expériences dans la sous-région, notamment au Sénégal, pour cueillir les bonnes pratiques pour les transmettre aux acteurs nationaux, notamment les femmes transformatrices et vendeuses de poisson. Nous avons aussi développé un réseau de partenariats et c’est dans ce cadre que nous avions bénéficié d’un appui d’Oxfam et nous avons pu ouvrir deux centres, à Nouadhibou et à Nouakchott, la « Sirène« . Aujourd’hui, les femmes exportent leurs produits sur le marché national et le marché africain. Il nous reste à améliorer la qualité pour avoir accès dans le moyen terme au marché international. C’est là que la formation actuelle nous est d’un grand apport, avec surtout les produits finis et innovants dont certaines images faites au Sénégal nous ont été montrées« , a déclaré Harouna Sall, consultant pour le compte de « Mauritanie 2000« .

Zeynabou Coulibaly (Photo Aidara)

Pour Zeynabou Coulibaly, Directrice Oxfam-Mauritanie « nous accompagnons dans nos actions les acteurs de la pêche artisanale. C’est dans ce cadre que nous avons appuyé les femmes transformatrices et vendeuses de poissons à travers notre partenaire « Mauritanie 2000 » sur financement de la coopération espagnole. Notre objectif était d’aider les  femmes transformatrices à travailler dans des conditions d’hygiène leur permettant d’améliorer la qualité de leur production et son accès au marché. Nous avons buté sur certaines contraintes, dont l’obtention d’un agrément qui aurait permis à ces femmes d’explorer d’autres marchés internationaux ou régionaux. Depuis deux à trois années, nous nous sommes désengagés du projet,  faute de financement. Nous continuons cependant à encadrer les femmes et nous les avons même mises en relation avec des institutions de microfinance, comme « Djikké » pour leur permettre l’accès au financement« .

Cheikh Aïdara