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Mettre les pêcheurs artisanaux mauritaniens aux normes du marché international

Valoriser les produits de la pêche artisanale en Mauritanie et les mettre aux normes du marché international. Tel est l’objectif du projet PROMOPÊCHE, financé par l’UE et exécuté par le BIT à travers la formation qui vient d’être dispensée à une trentaine de services d’appui aux entreprises.

Vue partielle des participants (Photo Aidara)

« Nul ne peut plus vendre à l’extérieur un produit qui  ne respecte pas les normes internationales » selon le Dr.Abou Sidy Ba, docteur vétérinaire. « Au niveau de la pêche artisanale, le problème des produits locaux et traditionnels est qu’ils ne répondent à aucune norme connue » souligne-t-il. D’après lui, « ces produits ont besoin d’être travaillés et leur composition détaillée dans une fiche technique. Ils doivent en plus être traités et analysés dans des conditions d’hygiène et de fabrication standard, et faire la preuve de leur bonne qualité « .  Il ajoute qu’on ne peut pas « traiter le poisson sur le sable, dans la poussière et sous le soleil, le sécher différemment, l’emballer dans des sacs douteux et vouloir l’exporter« .

Un coup dur pour le potentiel national

De gauche à droite, Dr.Bâ et Tarbiya (Photo Aïdara)

L’exigence des normes internationales limite ainsi drastiquement la possibilité des acteurs de la pêche artisanale à accéder au marché mondial. D’où une impérieuse nécessité de mise à niveau. En effet, les 750 kilomètres de côtes les plus poissonneuses au monde, avec 350 espèces dont 200 commercialisables, restent sous-exploitées, à cause d’un manque d’infrastructures, une main d’œuvre non qualifiée et un accès quasi inexistant au crédit et au financement. Les Mauritaniens s’orientent timidement aussi vers la mer, avec seulement 55.000 emplois occupés, un marché national étroit et peu desservi et des acteurs non organisés. Pourtant, « le secteur de la pêche artisanale offre d’importantes opportunités en termes d’emplois et de revenus, avec une production qui varie entre 164.000 et 364.000 tonnes par an« , selon Mohamed Lemine Abdel Hamid dit « Tarbiya » économiste-consultant qui a déjà réalisé une analyse de chaîne de valeur du secteur. Le volet transformation reste ainsi dominé à 85% par les étrangers (Nigérians, Ghanéens, Sénégalais, Maliens…) et quelques nationaux présents  à Nouadhibou, au PNBA, au Centre de l’ONG 2000 et au PK 28.

Le chemin de la normalisation

Le chemin vers la mise aux normes de la production halieutique d’origine artisanale requiert ainsi des services d’appui aux entreprises performants. D’où l’intérêt de la formation qui a eu lieu entre le 25 et le 26 avril 2018 dans le cadre du projet PROMOPÊCHE, financé pour 4 ans par l’Union Européenne et exécuté par le Bureau International du travail (BIT). Cette formation a été menée par l’expert sénégalais Dr.Mamadou Ndiaye, docteur vétérinaire et fin connaisseur du secteur de la pêche en Mauritanie, et son promotionnaire mauritanien, Dr.Abou Sidy Ba, ainsi que l’économiste Mohamed Lemine Abdel Hamid dit Tarbiya. Elle a porté sur le contexte mondial et les exigences internationales, les filières de la pêche artisanale en Mauritanie et l’identification des dangers et risques en entreprises.

Dr.Mamadou NDiaye (Photo Aidara)

La Délégation de l’Union européenne en Mauritanie (DUE) mesure à juste titre « les efforts importants consentis dans le domaine de la pêche artisanale » même si ces résultats n’ont pas donné les résultats escomptés jusque-là.  D’où cette initiative novatrice qui consiste à travailler à l’échelle des chaînes de valeur pour identifier les maillons faibles. Et parmi ces derniers, les Services d’appui aux entreprises (SAE) considérés comme le levier capable d’impulser le changement attendu pour booster le secteur. « Cette formation, selon la DUE, vise à fédérer les SAE et leur apprendre à travailler d’une manière complémentaire et en synergie pour développer un secteur de la pêche artisanale à forte potentiel d’emplois et de revenus mais encore sous-exploité ».

Au sortir de cette formation, les trente prestataires de services d’appui aux entreprises ont ainsi acquis des capacités techniques qui les aideront jusqu’en juillet 2018 à gérer les points de débarquement qui leur sont affectés, notamment le PK 93, le PK 144, Mhaïjrat et Tiwlil. Ces capacités comprennent l’analyse des chaînes de valeur prioritaires et les contraintes auxquelles font face les acteurs exerçant au niveau de leur point de débarquement, et les solutions à dégager pour la définition d’un plan stratégique de développement de leur zone d’intervention.

Pour encadrer les opérateurs locaux vers l’adoption des règles normalisées, les services d’appui doivent également maîtriser les principes de la qualité, qui selon la définition ISO 8402, « est l’ensemble des caractéristiques d’un produit qui confèrent l’aptitude à satisfaire un besoin explicite et implicite« . Il faut également une connaissance des dangers et des risques ainsi que celle de leurs origines comme impératif à maîtriser pour assurer la qualité des produits. L’analyse de ces dangers et risques doit s’appliquer sur le Milieu de production, la qualité de la Main d’œuvre, la qualité du Matériel, celle de la Matière première et de la Méthode, ce qu’on appelle les « 5 M« .

Plusieurs évolutions ont accompagné la gestion du concept qualité, de 1945 à 2000, partant du « Contrôle Qualité », la « Maîtrise Qualité », « Assurance Qualité » et le « Management Qualité » qui a trait aux exigences nationales de qualité.

Comprendre le cadre et les exigences internationales

Il s’agit sur ce point de comprendre les normes et standards définis sur le plan international pour les produits alimentaires, notamment les Accords SPS (mesures sanitaires et phytosanitaires), les règles internationales d’hygiène, la certification HACCP (Analyse des dangers et maîtrise des points critiques), la traçabilité des produits alimentaires, les normes privées…

Vue partielle des participants (Photo Aidara)

Les participants se sont imprégnés des règles de fonctionnement des trois grandes conventions régissant le commerce international des produits alimentaires. Il s’agit du CODEX Alimentarius encadré par la FAO et l’OMS chargées de l’élaboration des règlements internationaux relatifs à la sécurité sanitaire des aliments, l’OIE (Organisation internationale des épizooties) chargée de la formulation des normes et directives pour la sécurité sanitaire des produits d’origine animale et la CIPV, Convention internationale relative à la sécurité sanitaire des produits d’origine végétale. Il faut se rappeler des grandes crises liées à la sécurité sanitaire alimentaire qui ont secoué le monde dans les années 90, comme la crise de la Vache folle, la Grippe aviaire, l’affaire du lait contaminé, pour comprendre les dangers inhérents aux alimentations nuisibles et leurs conséquences en termes de pertes humaines, de crise économique et de perturbation du commerce international..

Les problèmes de qualité des aliments étant difficilement mesurables, la Grande Bretagne avait adopté en 1990, la loi dite « Due Diligence » et l’impératif exigence de la connaissance, car « nul ne peut plus vendre un produit qu’il ne connaît pas« . La responsabilité des entreprises devient dans ce cadre soumise à l’obligation de connaissance des produits vendus, la maîtrise des moyens et la détention de preuves de bonne qualité.

Les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), créée en 1995 et qui fédère les « Trois Sœurs« , le CODEX Alimentarius, l’OIE et la CIPV, s’appliquent aujourd’hui sur 97% du commerce mondial. Dès 1994, deux accords spécifiques ont été pris à Marrakech (Maroc), l’Accord sur les mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS) et l’Accord sur les obstacles technique au commerce (OTC) qui vise à écarter les mesures discriminatoires et les obstacles non nécessaires au commerce.

De la production au marché de consommation

Tout produit répond à trois exigences : la durabilité, l’existence d’un marché et l’impact socioéconomique. Les services d’appui aux entreprises chargés d’accompagner et d’encadrer les acteurs de la pêche artisanale au niveau des points de débarquement du projet « PROMOPËCHE » doivent ainsi procéder au choix des principales chaînes de valeur au niveau de leur zone et les motiver sur la base des atouts et des faiblesses de chaque maillon de la chaîne (depuis la capture jusqu’à la consommation).

Dr.Abou Sidy Bâ (Photo Aidara)

Ce qui suppose une bonne maîtrise des « Bonnes Pratiques » dans la filière de la pêche artisanale, en termes d’hygiène et de fabrication. Il s’agit dans ce cadre, selon Dr.Abou Sidy Ba, d’identifier « les bonnes pratiques ainsi que les mesures de contrôle appropriés pour chacun des « 5 M » des différents maillons de la chaîne de valeur« .

L’expérience de « Mauritanie 2000 »

Harouna Sall (Photo Aidara)

« Notre organisation s’est lancée depuis sa création en 2000 dans l’appui des femmes actives dans la pêche artisanale. Elle a entrepris plusieurs voyages d’études, d’échanges et de partage d’expériences dans la sous-région, notamment au Sénégal, pour cueillir les bonnes pratiques pour les transmettre aux acteurs nationaux, notamment les femmes transformatrices et vendeuses de poisson. Nous avons aussi développé un réseau de partenariats et c’est dans ce cadre que nous avions bénéficié d’un appui d’Oxfam et nous avons pu ouvrir deux centres, à Nouadhibou et à Nouakchott, la « Sirène« . Aujourd’hui, les femmes exportent leurs produits sur le marché national et le marché africain. Il nous reste à améliorer la qualité pour avoir accès dans le moyen terme au marché international. C’est là que la formation actuelle nous est d’un grand apport, avec surtout les produits finis et innovants dont certaines images faites au Sénégal nous ont été montrées« , a déclaré Harouna Sall, consultant pour le compte de « Mauritanie 2000« .

Zeynabou Coulibaly (Photo Aidara)

Pour Zeynabou Coulibaly, Directrice Oxfam-Mauritanie « nous accompagnons dans nos actions les acteurs de la pêche artisanale. C’est dans ce cadre que nous avons appuyé les femmes transformatrices et vendeuses de poissons à travers notre partenaire « Mauritanie 2000 » sur financement de la coopération espagnole. Notre objectif était d’aider les  femmes transformatrices à travailler dans des conditions d’hygiène leur permettant d’améliorer la qualité de leur production et son accès au marché. Nous avons buté sur certaines contraintes, dont l’obtention d’un agrément qui aurait permis à ces femmes d’explorer d’autres marchés internationaux ou régionaux. Depuis deux à trois années, nous nous sommes désengagés du projet,  faute de financement. Nous continuons cependant à encadrer les femmes et nous les avons même mises en relation avec des institutions de microfinance, comme « Djikké » pour leur permettre l’accès au financement« .

Cheikh Aïdara


Parlementaires ACP-UE : la presse nationale bute sur un mur très diplomatique

Une mission d’information et d’études du Parlement paritaire ACP-UE (Afrique Caraïbes Pacifique et Union Européenne) vient d’achever sa visite en Mauritanie, après une rencontre avec le président Mohamed Abdel Aziz. Mais les journalistes conviés à la conférence de presse qui clôturait la visite de mission ont buté sur un véritable mur diplomatique qui les renvoyait au communiqué final, mille fois rabibochés en leur présence.

Photo Aidara

Une Mission d’information et d’études du Parlement ACP-UE, en visite en Mauritanie du 24 au 26 avril 2018, a animé une conférence de presse qui a été sanctionnée par un communiqué lu par M.Michel Kamono, Co-vice-Président du Bureau de l’Assemblée parlementaire paritaire (APP), après un mot d’introduction de Mme Cécile Kashetu Kyenge, membre du Parlement européen, Coprésidente de l’APP et celui de Joseph Owono Kono, Coprésident de l’APP. Le communiqué de souligner que cette mission d’information et d’étude intervient sur invitation des autorités mauritaniennes, conformément à la résolution d’urgence adoptée par l’APP au cours de sa 34ème session ordinaire tenue à Port-au-Prince (Haïti) du 18 au 20 décembre 2017.

La mission de citer toutes les parties qu’elle a rencontré au cours de son séjour, notamment le Président de l’Assemblée Nationale, le Premier ministre, le ministre des Affaires Etrangères, le ministre de la Défense, le ministre de l’Intérieur, la ministre des Affaires Sociales, le ministre de la Justice, les partis de la majorité, de l’opposition dialoguiste, de l’opposition dite radicale, de la plateforme de la société civile, des organisations non gouvernementales, l’Ordre national des avocats, le Mécanisme national de prévention de la torture, le Commissariat aux droits de l’homme, l’Agence Tadamoun, la Commission nationale des droits de l’homme, les leaders religieux, la Coordination nationale de règlement des problèmes liés à l’enrôlement. Elle affirme avoir échangé avec le Coordinateur résident du système des Nations Unies et le Bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme en Mauritanie, ainsi que plusieurs représentants diplomatiques accrédités à Nouakchott.

Photo Aidara

Le communiqué de préciser que ces différents entretiens ont porté sur les questions liées à l’état de droit, aux droits de l’homme, aux libertés fondamentales, à la non-discrimination raciale, à la démocratie, à la bonne gouvernance et la séparation des pouvoirs. Ils ont aussi porté sur la pleine mise en œuvre de la feuille de route pour l’éradication de l’esclavage, la situation du pays, tant politique que du point de vue des droits humains, y compris le traitement des opposants politiques, les manifestations lors de la campagne référendaire et les défenseurs des droits de l’homme, sur les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion publique. «Au cours de ces différentes rencontres, la Mission a entendu des points de vue très clairement exprimés sur ces différentes questions» note le communiqué de presse.

Les parlementaires africains, caribéens et européens se sont félicité «de la disponibilité, de l’esprit d’ouverture et de la franchise des autorités mauritaniennes qui ont permis des échanges constructifs et fructueux». Ils reconnaissent «les efforts soutenus déployés par les autorités mauritaniennes pour relever les défis auxquels elles sont confrontées dans la consolidation de la stabilité, la cohésion nationale et sociale, ainsi que le développement intégré du pays». Ils ont reconnu «la nécessité d’intensifier les efforts pour le renforcement de la démocratie, de l’état de droit et du respect des droits humains». La Mission ACP-UE encourage ainsi «les autorités mauritaniennes à tout mettre en œuvre pour assurer le développement d’un processus électoral inclusif sur la base d’un recensement de la population et des électeurs sans lacune».

La Mission a souligné par ailleurs le rôle de pont que joue la Mauritanie entre l’Atlantique, le Sahel et la Méditerranée d’une part, et entre l’Europe, le Maghreb et l’Afrique Subsaharienne, d’autre part ». Elle reconnaît aussi le rôle joué par la Mauritanie dans la lutte contre le terrorisme et les trafics illicites «dans un environnement régional difficile » ainsi que son rôle «d’impulsion et d’orientation au sein du G5 Sahel». La Mission de réaffirmer que «la sécurité est primordiale non seulement pour le renforcement de la démocratie, de la stabilité et du développement, mais aussi pour faire face ensemble aux défis communs comme la lutte contre le terrorisme, la permanence des Etats dans le Sahel, la lutte contre le changement climatique, la maîtrise des flux migratoires, la prévention de l’extrémisme et de la radicalisation tant communautaire qu’islamique».

La Mission a souligné par ailleurs «la nécessité d’un accompagnement dynamique des efforts en cours aussi bien par le Groupe des Etats ACP-UE que par la communauté internationale». Elle a enfin exprimé sa gratitude au Président de l’Assemblée Nationale, au Gouvernement et au Peuple mauritanien pour l’accueil chaleureux et à la Délégation de l’Union Européenne pour les excellentes conditions qui ont permis le bon déroulement de la mission.

Il faut souligner que la conférence de presse a été accompagnée d’une grande fébrilité de la part du Secrétariat et des membres de la Mission dans leur souci de rendre des copies «clean» à la presse, au risque de tomber parfois dans des situations cocasses. Le souci des membres de la mission de chasser tout atome crochu dans le communiqué, comme changer à la dernière minute l’expression «invite les autorités mauritaniennes» par «encourage les autorités mauritaniennes» dénotait de la grande précaution que les parlementaires tenaient à observer pour garder un ton diplomatique, attitude qui a frisé parfois la phobie. Cela est allé jusqu’à retirer, après deux ou trois changements, des copies déjà distribuées. Mais encore plus gênant, la correction à chaud de l’expression «processus inclusif» soulevé par un confrère qui cherchait une explication. «Ce n’est pas de processus inclusif que l’on voulait parler, mais de processus électoral » lui répondit-on, même si la première expression est restée quand même dans les copies des journalistes. Qu’à cela ne tienne ! A une question sur les préoccupations de l’opposition face au processus unilatéral déjà engagé pour les prochaines échéances électorales, CENI exclusif, liste électorale non révisée, entre autres, un membre de la Mission s’empressera de lancer «l’opposition n’a qu’à participer», semblant ignorer que la participation du FNDU ne fait plus de doute, surtout pour une mission censé avoir rencontré ses dirigeants. Quant aux échos qui avaient filtré lors de la session ACP-UE en 2017 à Haïti, relatifs à un projet de résolution qui allait épingler la Mauritanie n’eut été l’intervention de quelques pays amis qui avaient demandé de surseoir à la mesure jusqu’à l’envoi d’une mission d’information et d’étude, objet de la présente mission, les membres présents lors de la conférence de presse ont démenti de telles allégations.

Finalement, les journalistes sont restés sur leur fin. En réponse à toutes les questions relatives aux multiples violations des droits de l’homme en Mauritanie, les porte-paroles de la Mission ACP-UE se sont contentés de répéter «tout ce que nous avons à dire est contenu dans le communiqué, nous ne sommes que des mandataires et nous ne rendrons compte qu’au Bureau de l’Assemblée paritaire». Pourquoi organiser alors une conférence de presse ?

A noter que la rencontre a été rehaussée par la présence de SEM Abdallahi Bah Nagi Kebd, ambassadeur de la Mauritanie à Bruxelles, SEM.Giacomo Durazzo, ambassadeur chef de la Délégation de l’Union Européenne en Mauritanie, M.Frank Engel, membre du Parlement européen, membre suppléant de l’APP, M.Adjedoue Weidou, Co-Vice-Président du Bureau de l’APP et l’ambassadeur Leonard Emile Ognimba, Sous-secrétaire général chargé des Affaires politiques et du développement humain.

Cheikh Aïdara


De la crise alimentaire en Mauritanie au crime écologique

Faute de pâturage et d’aliments pour bétail que l’Etat était censé leur livrer pour supporter ces longs mois de soudure, les centaines de transhumants qui ont convergé vers le Guidimagha abattent les arbres de « Techtaya » pour nourrir leur cheptel. Un crime écologique qui s’ajoute à la crise alimentaire qui frappe la Mauritanie cette année.

Une famille de transhumants près de Sélibaby (Photo Aidara)

La réunion restreinte du Réseau de prévention des crises alimentaires (RPCA) qui s’est tenue à Paris du 16 au 18 avril 2018, avec la présence de 150 représentants de pays sahéliens et ouest-africains ainsi que des partenaires techniques et financiers, a dressé un bilan alarmant de la campagne agropastorale 2017-2018. En Mauritanie, la crise s’est manifestée par une longue soudure qui a poussé les éleveurs à transhumer très tôt vers les régions verdoyantes du fleuve, surtout au Guidimagha, avec une catastrophe écologique consécutive à la coupe des arbres face à l’épuisement du couvert végétal.

Les populations rurales de la Mauritanie sont aujourd’hui confrontées à la plus grave crise alimentaire que le pays ait jamais connu, avec des prix de denrées locales en hausse et un déficit fourrager qui touche 95% du territoire national. D’où des mouvements de transhumance qui se sont annoncés tôt, dès mars 2018 (au lieu de juin) et la crainte de conflits entre éleveurs et agriculteurs.

La réunion du RPCA avait déjà annoncé une situation alimentaire et nutritionnelle sévère au Sahel, et en Mauritanie, avec le risque d’élargissement du spectre géographique de la famine et de la malnutrition. Cependant, malgré l’alerte lancée à la suite des conclusions de concertation de Niamey en février 2018 sur la situation pastorale dans la région, le gouvernement mauritanien tarde encore à mettre en œuvre un plan de réponse face à la crise humanitaire. Certes, le manque de financement est évoqué, mais le monde rural ne peut plus attendre, d’autant plus que la commande annoncée de 15.000 tonnes d’aliments de bétail tarde à être livrée.

De la déforestation du Guidimagha

Des milliers de têtes de bétail ont convergé vers le Guidimagha (Photo Aidara)

Selon Idoumou Ould Ahmed Taleb, président des éleveurs du Guidimagha, «la situation est catastrophique et la pression des transhumants  venus de plusieurs régions du pays est telle que la région du Guidimagha souffre d’une crise alimentaire grave mais également d’une crise écologique née de la coupe systématique des forêts ». Selon lui, l’aliment de bétail est quasi introuvable dans les magasins du Commissariat à la sécurité alimentaire (CSA) et dans les boutiques Emel. «Le sac qui coûtait 300 N-UM (3.000 ancienne ouguiya) en temps normal, est remonté à la mi-mars à 650 N-UM puis à 850 N-UM ces derniers temps ». Il estime que si l’Etat ne réagit pas rapidement, le cheptel risque d’enregistrer de grandes pertes, soulignant que plusieurs éleveurs se sont rendus au Mali où les frais de transhumance ont été rehaussés et l’accès à l’eau difficile. «D’autres enjambent le Fleuve pour acheter l’aliment de bétail au Sénégal » conclue-t-il.

Plus à l’Est du pays, le maire de la commune de Djiguenni, fief du Premier ministre, a lancé selon des sources de presse un SOS à l’endroit du gouvernement, face à la famine qui «menace les habitants de la région et le cheptel  à cause de la sécheresse». M’Hadi Cheikhna a en outre évoqué la hausse drastique du prix des produits alimentaires, soulignant par ailleurs que la quantité de fourrage mise en vente ne suffit plus aux besoins des éleveurs, une tonne maximale pour mille vaches, soit 1 kilo par tête. La situation nutritionnelle des enfants a dépassé les seuils critiques.

La crise en quelques chiffres

Selon l’enquête FSMS (enquête de suivi de la sécurité alimentaire des ménages) d’août 2017, 28% des Mauritaniens, soit 1.076.000 personnes se trouvent en situation d’insécurité alimentaire, dont 5, 7% (218.000 personnes) en insécurité alimentaire sévère. L’enquête nutritionnelle nationale SMART dans la même période montre que 10, 9% des enfants mauritaniens âgés de 6 à 59 mois sont affectés par la malnutrition aiguë générale (MAG) dont 2,3% en situation sévère (MAS) dépassant le seuil d’urgence nutritionnel. Sur les 52 Moughatas, 23 sont dans une situation nutritionnelle critique.

Une famille de transhumants en provenance du Tagant près de Sélibaby (Photo Aidara)

 

La crise politique chasse la crise humanitaire

Pendant que décideurs et intellectuels parlent politique, implantation de l’UPR, composition de la CENI, prochaines échéances électorales, la population rurale se consume lentement, loin de la préoccupation des uns et des autres. Seuls les partenaires et la société civile mauritanienne, notamment le Mouvement SUN et ROSA, semblent s’indigner du sort du monde agropastoral. Alors que le gouvernement s’enfonce dans ses dénis, niant l’existence de toute crise alimentaire dans le pays, ils continuent à solliciter les autorités pour qu’elles assurent la coordination nécessaire dans ses actions régaliennes (analyse, plan de réponse, demande de financement, etc). L’opinion publique les convie pour sa part à asseoir une politique susceptible de répondre aux attentes de la population en termes de politiques réelles de développement et de bien-être.  Ces politiques ont été marquées jusqu’ici par un manque notoire de vision dans la priorisation des choix de développement, dans l’absence de coordination et de convergence d’actions. Sinon, comment comprendre que la Moughataa de Mbout classée comme la plus pauvre du pays reste scotchée à un programme «Takavoul » inapte à l’extirper de sa situation, alors qu’aucun plan de réponse humanitaire n’est mis en place pour sauver ses populations, à l’heure d’une grave crise alimentaire.

De la responsabilité politique

La démission du gouvernement mauritanien est d’autant plus patente qu’il a été incapable de prendre les mesures nécessaires d’assistance alimentaire et humanitaires pour protéger les moyens d’existence des populations et sauver des vies humaines, conformément aux recommandations nées de la concertation du dispositif régional de Prévention et de gestion des crises alimentaires (PREGEC) qui a eu lieu à Dakar (Sénégal) du 22 au 24 mars 2017. Rien aussi sur le plan de la veille informationnelle dans les zones à risques, comme dans le Triangle de la pauvreté, rebaptisée démagogiquement Triangle de l’Espoir avant de redevenir le Triangle de la Pauvreté puissance dix.

Face à la crise alimentaire qui frappe de plein fouet sa population rurale, la Mauritanie semble aussi oublier que les 60.000 réfugiés maliens installés dans le camp de MBerra relèvent plus de ses responsabilités en tant que pays d’accueil,  avant d’être celles des partenaires, comme l’Union européenne, qui continue d’apporter aux réfugiés aide alimentaire et assainissement, mais aussi financement du service humanitaire aérien des Nations Unies, soutien des activités de réduction des risques, grâce à des systèmes d’alerte précoce et le renforcement des capacités locales de préparation et de réponse aux multiples crises.

Groupe des Journalistes mauritaniens pour le développement (GJMD)

 


Chaîne de valeur de la sardinelle : comment aller au-delà des milliers d’emplois créés en Mauritanie

«Hier méprisée, la sardinelle est aujourd’hui prisée par les Mauritaniens, créant des milliers d’emplois directs et indirects » selon Issa Diop, Président de la Coopérative des Filets tournants. Seule une analyse méthodologique de la chaîne de valeur et du système de marché, exemple de la sardinelle et du secteur halieutique, permettra de développer les différents secteurs de l’économie nationale et créer des emplois décents. C’est l’exercice auquel ont été soumis entre le 9 et le 20 avril 2018, soixante participants travaillant dans des institutions publiques et internationales, des organisations de la société civile nationale et internationale, sous l’égide du Bureau International du Travail (BIT) avec le financement de l’Union Européenne.

Banderole annonçant la formation sur la chaîne de valeur (Photo Aidara)

La plage des pêcheurs de Nouakchott, un univers où le poisson est le lien ombilical qui lie les différents acteurs du terrain. Policiers, gendarmes, garde-côtes, vendeurs à la criée, ménagères en quête d’économie, mareyeurs aux regards torves, enfants sur chariot ou vendant des emballages, côtoient des pêcheurs aux tuniques ruisselant, des porteurs empressés, un bac de poissons sur la tête, des piroguiers dévissant à l’ombre d’une poupe à sec, le tout au milieu d’une effervescence des jours de traite et le relent fétide des entrailles de poisson disséqués sur des tables pleines d’écailles et de sang. Au loin s’élèvent les «Ho ! Hiss !» d’un groupe de marins qui vient de mouiller. Des dizaines de bras maintiennent la pirogue au cordeau, tandis que des jeunes hommes alertes, vêtus de larges camisoles vert-olive en toile, courent pieds-nus, la tête portant des bacs remplis de poissons frétillants. A pas de course, ils partent verser leurs charges dans l’arrière d’une 404 déglinguée, au milieu d’une foule de curieux et sous l’œil alerte de quelques acheteurs. La sardinelle, scintillant sous le soleil dégagé de ce mois d’avril, brille d’une couleur bleuâtre comme un joyau serti d’émeraude.

Cette pirogue vient de rentrer d’une marée de sardinelles à Nouakchott (Photo Aidara)

Jusqu’à une date récente, le yay-boy se situait au bas de l’échelle de prestige, à côté d’autres espèces jugées plus nobles, comme le Tiof, le Kibarou, le Seuk ou encore la Courbine.

Du rejet à la ruée

Issa Diop, président de la Coopérative des Filets Tournants (générique désignant les pêcheurs de sardinelle), membre de la Fédération nationale de pêche, se souvient. «Jusqu’en 2000, le Yay-Boy était le poisson le plus méprisé, celui qui faisait travailler peu de monde, nourrissait peu son homme et se bazardait à deux sous». Selon lui, les pêcheurs lui préféraient des espèces plus vendables, comme le poulpe ou les autres poissons plus comestibles. «Il fallait mener une vaste campagne pour faire goûter le Yay-Boy aux Mauritaniens, en le livrant aux coins les plus reculés du pays. A l’époque, seule une quarantaine de pirogues travaillait dans la filière » se souvient-il. La sardinelle, d’après lui, était bradée à 10 ou 20 UM le kilo. «Aujourd’hui, tous les Mauritaniens en mangent et le prix a bondi, 200 UM l’unité dans certains endroits» souligne-t-il. Selon lui, l’apparition des usines de Moka (fabriques de farine de poisson) fut une véritable aubaine. Plus d’inquiétude pour les poissons pourris, avariés ou invendus.

Issa Diop, président des pêcheurs sardinelles de Nouakchott (Photo Aidara)

«Face à la forte demande dont il était l’objet et à la cherté des autres espèces, le yay-boy a connu depuis les années 2009 un boom sans précédent», indique Issa Diop. D’après lui, la flotte a doublé, passant à quatre-vingts dix pirogues, estimant entre 10 et 15.000 le nombre d’emplois directs et indirects créé. «Les objectifs fixés ont  largement été atteints, populariser le Yay-Boy et faire travailler plus de monde» indique-t-il, juché à califourchon sur un vieux pneu. Derrière son caftan sombre et ses yeux rieurs sous le «hawli » noir, il prend sa revanche sur l’histoire, se rappelant les railleries quand une minorité dont il faisait partie allait pêcher le yay-boy. Aujourd’hui, c’est un patron comblé, qui attend le retour de sa pirogue.  «Le mérite d’un tel succès, on le doit au président Mohamed Abdel Aziz et sa vision éclairée. En nationalisant les emplois dans la pêche, il a forcé les Mauritaniens à s’intéresser à la mine d’or qu’est la mer» lance-t-il avec conviction. «Toutes les ethnies sont représentées ici, même celles dont les aïeux ignoraient la couleur de la plage» balaye-t-il d’un revers de main. Pour lui, aucune activité n’a créé autant d’emplois que le yay-boy. «Chaque pirogue fait travailler 30 à 35 bonhommes et autant à terre pour débarquer le produit» indique-t-il.

De la plage au plat du consommateur
Le poisson ramené de mer est vendu aux usines. «Ces 404 vétustes rangées là, ce sont elles qui livrent le produit aux usines et les camions-frigos des sociétés les distribuent aux quatre coins du pays» détaille-t-il. Selon lui, 300 à 500 tonnes de sardinelles sont pêchées par jour. «Nous avons livré une fois  800 tonnes aux usines moka» se rappelle-t-il.

Une 404 en charge (Photo Aidara)

Sur les prix à la plage, il indique qu’une charge de 404 (2 tonnes), se vend à 150.000 UM (ancienne ouguiya) soit 75 UM le kilo ou 25 UM l’unité. «Les femmes au marché, les revendent entre 150 et 200 UM l’unité dans certains endroits, mais au 5ème ou 6ème, il ne dépasse pas 50 UM» explique Issa. «J’ai vendu hier une caisse de 50 kilos à 2.000 UM, soit environ 13 UM l’unité» illustre-t-il.

Le transport est l’une des chaînes importantes du maillon du yay-boy. Environ une centaine de voitures de type 404 travaillent dans la filière sur la plage de Nouakchott. Une rangée de tacots, rouillés par le temps, qui ont besoin d’être renouvelés. Selon Oumar Niang, chauffeur, «nous livrons le produit aux frigos, monnayant 1.500 UM donnés par le producteur et 3.000 UM, parfois 4.000 UM versés par le commerçant». Chaque véhicule fait travailler au moins deux à trois personnes. Mais selon lui, le parc est vieillot et les chauffeurs n’ont pas de moyens pour en acheter d’autres. «Nous avons un véritable problème d’accès au crédit » se lamente-t-il.

Oumar Niang, transporteur (Photo Aidara)
Un parc vieillissant (Photo Aidara)

Beaucoup de femmes achètent et revendent le yay-boy sur place. «Combien le kilo? » demande un client en pantalon chemise. «300 UM pour toi et 50 UM l’unité», rétorque la vendeuse dans un large sourire. Ici, l’habit fait le moine. Le prix proposé peut aller du simple au triple, selon la tête du client. D’autres ajoutent de la plus-value.

Une revendeuse de yay-boy (Photo Aidara)

C’est le cas de Maïmouna Diop, coincée entre ses assiettes et ses fourneaux. Elle offre du yay-boy grillé, accompagné d’une sauce à base d’oignons et d’épices, à 300 UM le plat. Plus loin, Alioune, un jeune écailleur de poisson. A côté de lui, plusieurs autres de son âge, offrent le même service, à 50-60 UM le kilo de yay-boy disséqué, vidé de ses entrailles et découpés en fines rondelles. Quelques marmots se faufilent dans le marché, au milieu des flaques d’eau noirâtres. Ils proposent des sachets d’emballage à 100 UM l’unité.

Maïmouna entre ses fourneaux (Photo Aidara)

A l’autre bout de la chaîne du yay-boy, dans les grandes bourgades du pays, se trouvent plusieurs autres acteurs, grossistes, semi-grossistes, détaillants et revendeurs, mais aussi d’autres transporteurs, explique Issa Diop. Si au niveau de la production et de la distribution, les femmes sont quasi absentes, elles dominent le secteur de la commercialisation et constituent le dernier maillon avant que le yay-boy n’atterrisse dans le plat du consommateur.

A n’en pas douter, la sardinelle fait travailler du monde et génère des revenus considérables en Mauritanie. Une étude plus approfondie devrait offrir d’avantage d’éléments sur les opportunités d’une chaîne où les données sont quasi inexistantes.

De la théorie à la pratique sur les chaînes de valeur

Photo de famille de participants (Photo Aidara)

C’est sur ce modèle simplifié et non exhaustif du circuit économique de la sardinelle que des acteurs nationaux (fonctionnaires, ONG de développement, agents microfinance) et des représentants d’organismes internationaux exerçant en Mauritanie ont suivi en deux groupes, du 9 au 13 avril 2018, puis du 16 au 20 avril 2018, une formation sur l’étude et l’analyse de la chaîne de valeur. Selon Gilles Cols, consultant au BIT Mauritanie, spécialiste en développement du secteur privé, «l’objectif principal de cette formation était d’amener d’abord les participants à harmoniser leur compréhension par rapport à la chaîne de valeur et d’appréhender la manière dont on peut créer des emplois décents à travers elle. La chaîne de valeur c’est l’ensemble des activités nécessaires pour offrir un produit ou un service au consommateur final, de sa conception jusqu’à son élimination après usage, en passant par les phases intermédiaires de production et de distribution ».

Selon Gilles Coles, «Il fallait ensuite apprendre aux participants comment sélectionner une chaîne de valeur, en prenant en compte l’aspect genre, d’apprendre à gérer une entreprise de développement de la chaîne de valeur, en se posant les bonnes questions : quels sont les critères de sélection d’une chaine de valeur ? Quelles opportunités peut-on tirer de la chaîne de valeur ? Combien d’emplois peut-on créer ? Qui va gagner de l’argent ? Qui produit et qui achète

Gilles Cols (de dos) lors d’une présentation (Photo Aidara)

La formation a été menée par des experts du BIT, Thomas Khatal, spécialiste sénior en développement du secteur privé, Nadja Nutz, spécialiste en développement des systèmes de marché (qui est rentrée après la formation du premier groupe) en plus de Gilles Cols.

Aux termes de cette formation, la Mauritanie peut espérer désormais disposer de compétences en matière de chaînes de valeur, ce qui permettra une meilleure maîtrise des maillons de la chaîne et de ses potentialités en termes de création d’emplois décents et de richesses. Cela se fera si les différents segments de la chaîne développent des espaces de dialogue et de concertation et si les acteurs non-concurrents (Etat, partenaires) parviennent à jouer leur rôle de facilitation.

TEMOIGNAGES

Nadja Nutz, spécialiste en développement des systèmes de marché

«Quelles que soient les contextes et les particularismes liés aux secteurs économiques ou aux pays où la formation est dispensée, je pense que la méthodologie pour l’identification des chaînes de valeur et leur analyse pour les développer et créer des emplois décents, est la même partout. C’est pourquoi on a développé des exercices sur des chaînes de valeur que les participants ont eux-mêmes choisi»

Aioune Diakité, Chef de projet à ECODEV


«Aujourd’hui nous exécutons beaucoup de projets en rapport à des chaînes de valeurs. Si nous prenons l’exemple du «Progrès Lait » où on dispose d’une chaîne qui va de la collecte jusqu’à la transformation de produits, il y a des éléments que nous ne maîtrisions pas. Cette formation nous a permis de comprendre depuis les bénéficiaires initiaux, les femmes, les vendeurs et les producteurs de lait jusqu’aux industriels. Maintenant nous connaissons mieux la chaîne et les différents acteurs, ce qui nous permettra de mieux redimensionner nos projets futurs et ne pas oublier certains acteurs que nous avions tendance jusqu’ici à ignorer parce que nous ne maîtrisions pas bien toute la chaîne de valeur. Aujourd’hui, avec les outils qui nous ont été présentés, nous sommes en mesure de mettre en place une chaîne de valeur en tenant en compte tout ce qui est au niveau environnemental, notamment la règlementation, et mettre en œuvre des plans d’action»

Diaw Abou Malick, Directeur de l’Union nationale des Caisses d’épargne et de crédit «Djikké»-Mutuelle (UNCECD-M)

«Jusque-là nous n’avions que quelques bénéficiaires dans le domaine halieutique, quelques femmes et quelques coopératives qui bénéficiaient de nos services, mais en réalité nous n’avions pas une stratégie claire et adaptée au secteur. Aujourd’hui, grâce à cette formation, et aux partenaires que nous avons rencontré, nous avons découvert qu’il y a d’importants potentiels en termes de générations de revenus, de créations de richesses et d’emplois. Nous en sommes convaincus. Dans peu de temps, nous comptons investir davantage ce secteur ainsi que ses chaînes de valeur pour mieux les connaître et développer des services mieux adaptés à ses acteurs qui ont davantage besoin des services que nous offrons».

Marième Sidi Mohamed, conseillère juridique Agence nationale d’emploi des jeunes (ANAPEJ)


«En apprenant à mieux organiser une chaîne de valeur, on peut sensibiliser les jeunes à choisir les activités qui ont un meilleur impact et qui génère plus de revenus pour eux »

Ahmedou Ould Maaloum, Office national de l’inspection sanitaire des produits alimentaires (ONISPA)


«Notre institution se trouve à l’aval et en amont, mais aussi sur tous les segments de la chaîne de valeur dans le secteur de l’agro-alimentaire. Notre rôle est de nous assurer que les normes d’hygiène et de santé sont respectées tout au long de cette chaine pour veiller à la santé publique et protéger le consommateur final. D’où l’intérêt de cette formation qui nous a édifiés davantage sur les différents segments des chaînes de valeur et leurs acteurs».

Cheikh Mélaïnine, Fédération nationale de la pêche artisanale (FNPA)


«Personnellement, c’est la notion de chaîne de valeur que je n’appréhendais pas ; j’entendais toujours parler de chaîne de valeur et quand je demandais je ne trouvais pas de réponse convaincante. Cette formation m’a permis de mieux cerner la notion. Mon souhait est que nous puissions bénéficier d’une autre formation sur la chaîne de valeur pour que nous puissions mieux maîtriser la méthodologie et transmettre les connaissances aux autres membres de notre fédération»

Kane Elimane, Institut mauritanien de recherches océanographiques et de pêches (IMROP)


«Nous avions d’énormes attentes par rapport à cette formation, car au niveau de l’IMROP, nous développons aussi des chaînes de valeur sur la pêche. On voulait voir s’il y avait de nouvelles approches par rapport à ce que l’on fait habituellement, car en étudiant une chaîne de valeur, on peut identifier les maillons qui peuvent générer le plus d’emplois. Je suis satisfait, même si au départ j’avais des appréhensions, car je trouvais les cours trop magistraux. Au dernier jour, j’ai eu réponse à mes attentes»

Cheikh Aïdara