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Assalamalekum Découverte 2018 : 433 jeunes rappeurs issus de 10 villes mauritaniennes en compétition pour le sacre

Initié depuis 2010 sous une ancienne formule «Assalamalekum Tour», le tremplin «Assalamalekum Découvertes» fête sa 9ème édition cette année. L’objectif est la détection de jeunes talents du Hip-Hop Mauritanien. Le tremplin réunit 433 candidats issus de 10 villes mauritaniennes et crée de plus en plus d’engouement au sein de la jeunesse mauritanienne.

Les jeunes rapports et les journalistes (en face) lors de la conférence de presse (Photo Aidara)

Année après année, le tremplin «Assalamalekum Découvertes», prend de l’ampleur. Cette année, trois nouvelles villes, Boghé, Maghama et Zouerate se sont jointes à la liste des cités Hip-Hop couvertes depuis des années par les activités de «Assalamalekum Culture», Nouakchott, Rosso, Nouadhibou, Kaédi, Kiffa, Sélibaby et Atar. La sélection qui sera effectuée au niveau de chaque ville par un jury constitué d’experts locaux s’annonce rude. En tout, 433 candidats, âgés entre 15 et 25 ans vont postulé et seuls 16 candidats par ville seront choisis pour des compétitions au niveau local. Les activités se dérouleront du 20 avril au 10 mai 2018 pour les phases éliminatoires. Seuls 64 candidats seront retenus pour des phases live, à l’issue desquelles les artistes sélectionnés participeront à différentes sessions sous la forme de concert live de 15 mn devant un jury et un public. Le groupe ou l’artiste vainqueur bénéficiera d’une enveloppe de 50.000 N-UM (500.000 anciennes ouguiyas), plus un accompagnement professionnel et une programmation lors du Festival «Assalamalekum» et du Festival Hip-Hop Festa 2H du Sénégal. Le lauréat sera également invité à d’autres festivals en réseau avec le Festival «Assalamalekum» pour des résidences et des formations.

Banc de quelques journalistes (Photo Aidara)
Des journalistes (Photo Aidara)

Lors d’une conférence de presse de lancement, organisé jeudi 12 avril 2018 au siège du Festival «Assalamalekum » à Nouakchott, le président Limam Kane dit Monza, figure de proue du Hip-Hop mauritanien, cerveau et concepteur du Label «Assakamalekum » et Zaza Production dont l’aura a dépassé les frontières nationales, a déclaré que l’objectif du tremplin est de «montrer que les régions de l’intérieur du pays renferment de jeunes talents qu’il faut accompagner et encadrer» ; citant à ce titre, le rappeur Ziza, fruit d’un tel processus et qui aujourd’hui est devenu un artiste professionnel de haut niveau. C’est pourquoi, dira Monza, «la récompense accordée au lauréat du tremplin «Assalamalekum Découvertes » a atteint aujourd’hui la somme de 500.000 UM (50.000 nouvelles ouguiyas ou N-UM) ». Il a précisé que les inscriptions au concours du tremplin sont gratuits et que les comités de sélection sont autonomes, indiquant que les candidats sont soumis à quatre phases de pré-sélection devant un jury qui étudie les dossiers des postulants, lesquels seront soumis à des tests vocaux ou artistiques, en sus de la qualité des textes proposés et des résultats des échanges avec le jury. Deux jours avant les prestations, les concurrents suivent un atelier sur une thématique.

A noter que le tremplin «Assalamalekum Découvertes 2018 » est sponsorisé par l’Organisation internationale de la Migration (OIM).

Une partie des concurrents (Photo Aidara)

Lors de la conférence de presse organisée jeudi dernier, les jeunes artistes sélectionnés au niveau de Nouakchott ont été présentés à la presse. Il s’agit de Mohamed Lemine Tourad dit M-Elkalach, jeune rapper qui joue en solo depuis 2015, Moussa Sall et Abderrahmane Kane du groupe EYCI, Abdallahi Kébé du groupe Génération MD qui joue en duo, Bakary Diallo dit Bakro du groupe K.I.B, Papy ou Dady T, Ablaye Tall du groupe Kami Tupak et son manager Alassane Kébé, Mamadou Sall du groupe WM, Mohamedou Ndiaye TREKI du groupe Yakari Africa, Moulaye Haidara du groupe PROUF, Abdoulaye Diaw du groupe Flam Game Doul All, Al Houssein Samba Saly du Groupe Founebe Nguendi.

Cheikh Aïdara

 

 


Accords de pêche Mauritanie-Sénégal : poissons contre opposants

Les accords de pêche entre la Mauritanie et le Sénégal, suspendus depuis 2015, ne sont pas prêts d’être signés, sauf si Macky Sall accepte d’extrader les opposants mauritaniens installés sur son sol. C’est la condition sine qua none et non écrite qui empêcherait encore les pêcheurs de Guet Ndar de plonger leurs filets dans les eaux mauritaniennes, selon plusieurs analyses.

Pêcheurs sénégalais

La Mauritanie a fermé depuis 2015 ses eaux maritimes aux Sénégalais, surtout aux pêcheurs de Guet Ndar, habitués depuis des siècles à jeter leurs filets jusqu’aux confins de la Langue de Barbarie, comme les Mauritaniens ont depuis des siècles coutume de faire paître leurs troupeaux dans les prairies sénégalaises dans les moments de soudure. Depuis, les incidents entre pêcheurs Guet Ndariens et garde-côtes mauritaniens sont devenus monnaie courante, avec parfois des pertes d’hommes dans les rangs des pêcheurs de Saint-Louis. Cette situation de crise permanente crée ainsi une forte pression sur les autorités sénégalaises qui, année après année, usent leurs souliers dans des allers-retours infructueux entre Dakar et Nouakchott pour décrocher des accords de pêche de plus en plus liés aux humeurs du président Mohamed Abdel Aziz.

En février 2018, le président Macky Sall s’est rendu auprès de son homologue mauritanien avec qui il a signé un certain nombre de conventions, dont de nouveaux accords de pêche qui devaient être finalisés puis signés depuis le mois de mars 2018 après études par les départements concernés des deux pays. Cette bouffée d’oxygène politique accordée à Macky Sall intervenait après la mort d’un pêcheur sénégalais sous les tirs des garde-côtes mauritaniens et les incidents visant des boutiquiers mauritaniens qui s’en étaient suivis. Ce qui donnait un sursis au pouvoir sénégalais et lui permettait d’absorber la colère de la rue.

Mais ces accords n’ont pas encore été signés. Pour apaiser l’impatience des pêcheurs de Guet Ndar, le ministre sénégalais des pêches, Omar Guèye, est monté de nouveau au créneau pour justifier le retard, indiquant que les Mauritaniens disent attendre des précisions sur les délais de construction des points de débarquement, car selon la loi mauritanienne, les pêcheurs sénégalais ont l’obligation de débarquer leur prise en Mauritanie.

En réalité, les observateurs trouvent que le retard constaté dans la signature des accords de pêche est dû essentiellement aux exigences non déclarées des autorités mauritaniennes relatives à l’extradition de leurs opposants installés au Sénégal. Depuis quelques jours, l’Etat sénégalais aurait dressé une liste d’opposants mauritaniens en vue de les livrer à Mohamed Abdel Aziz. Cette liste renfermerait des artistes, des journalistes et des politiques qui ne cessent d’attaquer le pouvoir mauritanien par leurs musiques, leurs déclarations publiques ou par leurs écrits. C’est dans ce cadre que s’inscrirait l’arrestation du manager du groupe de rap «Ewlad Leblad », Ishaq. Un chantage « poissons contre opposants » contre lequel Macky Sall serait impuissant, tenaillé entre ses engagements internationaux et la pression de son opinion publique à qui il a déjà vendu l’idée que la Mauritanie signera de nouveaux accords de pêche.

Il faut dire que Mohamed Abdel Aziz est un habitué de ce genre de chantage dans ses relations internationales. Le Maroc en a déjà payé les frais, en abdiquant devant ses exigences d’expulser l’homme d’affaires Mohamed Bouamatou. Il avait brandi, en sus de son refus de nommer pendant des années un ambassadeur au Royaume, d’autres armes comme le rapprochement avec le Polisario et l’Algérie, la construction de la route Tindouf-Atar pour concurrencer la Transnationale reliant le Maroc à l’Afrique Noire via Nouakchott, et même la possibilité de bloquer le trafic marocain sur cet axe primordial pour le Royaume.

Cheikh Aïdara


Birame Dah Abeid : «cette condamnation d’esclavagistes à Nouadhibou est le fruit de plusieurs facteurs internes et externes »

Les dernières condamnations prononcées à Nouadhibou contre trois individus dont une femme pour crimes esclavagistes et qui ont abouti à des peines de dix à vingt ans, ont été unanimement saluées aussi bien en Mauritanie qu’à l’étranger. Birame Dah Abeid, président de l’initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) donne sa propre lecture.

Birame Dah Abeid

«Cette subite condamnation contre des criminels d’esclavage à Nouadhibou fait partie des victoires remportées par les tenants de l’application de la loi, une position intrinsèque d’IRA Mauritanie qui s’est toujours battu, sans concession, pour l’application totale de la loi incriminant l’esclavage. Je pense que cette victoire peut s’expliquer en termes d’hésitations, de tergiversations, de contradictions et de perdition du pouvoir qui a posé un acte diamétralement opposé à sa position officielle. Même dans les discours du Chef de l’Etat qui ont toujours été des discours de déni du fait esclavagiste en Mauritanie. Ce qui dévoile un manque de vision et de crédibilité du pouvoir » a-t-il déclaré.

Pour Birame Dah Abeid, il faut mettre les récentes condamnation d’esclavagiste à Nouadhibou dans un contexte national et international où les pressions sur le pouvoir mauritanien étaient si énormes qu’il fallait un coup d’éclat capable de lui ouvrir une petite fenêtre de sortie, même temporairement. Il a cité dans ce cadre, les différentes condamnation dont la Mauritanie fait l’objet ces dernières années, partant de celles prononcées par l’ONU et ses différents rapporteurs, mais aussi celles découlant de la 34ème session de l’Assemblée parlementaire paritaire Afrique Caraïbes Pacifique-Union Européenne (ACP-UE), qui s’est déroulée du 18 au 20 décembre 2017 à Port-au-Prince (Haïti), sans compter les récents rapports d’ONG internationales des droits de l’homme comme Human Rights Watch et Amnesty International qui ont sévèrement épinglés la Mauritanie pour ses multiples violations des droits de l’homme, notamment les poursuites incessantes contre les défenseurs des droits de l’homme et la persistance de l’esclavage ainsi que l’impunité qui entoure les auteurs de ces crimes

Il a salué dans ce cadre les efforts menés par SOS Esclave, notamment dans cette dernière affaire.  Pour Birame Dah Abeid «cette conscience retrouvée des autorités et des juges mauritaniens est feinte, car il y a l’organisation imminente d’une session de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples qui doit se tenir du 22 au 30 avril 2018 à Nouakchott ». Pour lui, le pouvoir mauritanien a tout fait pour accueillir cette session dans le but de l’instrumentaliser dans le cadre de sa politique de déni, de diversion et de saupoudrage, du fait esclavagiste et de la discrimination. «L’Etat mauritanien compte même fêter Mandela ici mais pour cela il faut d’abord éradiquer l’esclavage et le racisme» a-t-il affirmé.

Selon lui, toutes ces tentatives sont vouées à l’échec. «Comme je l’ai déjà dit depuis plusieurs années, IRA est là, plus forte et plus déterminée que jamais, pour déjouer toutes les manœuvres du pouvoir mauritanien et de sa féodalité qui ont toujours bâti depuis des siècles, leur mode de domination sur l’esclavage. Je leur dis qu’ils doivent tout simplement mettre fin à ces pratiques. Il n’y a pas d’autre issue » a-t-il conclu.

Cheikh Aïdara


Urgent OMVS : Après SSF le ministère de la santé tombera-il dans le piège de l’opacité dans la distribution des moustiquaires ?

Plusieurs organisations de la société civile nationale craignent que le Ministère de la Santé tombe dans le piège des distributions des moustiquaires de l’Organisation de la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS) de façon peu orthodoxe, mettant toute les instances mises en place par l’OMVS en marge de son circuit.

Un lot de moustiquaires imprégnés

La Mauritanie à l’instar des autre pays membres de l’organisation sous-régionale bénéficie du soutien de son programme de santé.  Ce projet envisage d’aider les populations du bassin du Fleuve Sénégal à travers des activités d’Information Education Communication (IEC), de traitement des Maladies Tropicales Négligées et de distribution de 4.500.000 Moustiquaires Imprégnés à Longue Durée d’Action (MILDA). Les organes de surveillances et de coordinations sont en premier lieu les comités nationaux de pilotage du volet santé, mis en place dans le cadre de la deuxième phase du Programme de Gestion Intégrée des Ressources en Eau et de Développement des Usages Multiples (PGIRE2), et qui ont joué pleinement  leur rôle pour assurer le suivi de la mise en œuvre des activités par les Agences d’exécution communautaires (AEC) sauf en Mauritanie.

Le recrutement n’a pas suivi les critères de qualité et le choix s’est fait sur le moins disant selon le tableau suivant établi le 16 juillet 2016 :

Structure

 

Montant

 

PRAD  

 

                           522 778 415

 

RNLPVG/BAC SANTE

 

                           805 537 044

 

SSF                           394 616 385

 

Plus d’une année après, l’Agence  d’exécution communautaire  s’est vue retirer le marché et la distribution complémentaire confiée au Programme national de lutte contre le Paludisme PNLP.

Une grande opacité autour de ce sujet inquiète plusieurs organisations communautaires sur la suite de ce programme dont le perdant reste les populations vulnérables. Le PNLP  et les responsables du département de la santé doivent être vigilants et œuvrer à ce que cette distribution puisse suive les mécanismes mis en place, à savoir, les Comités Régionaux de Développement (CRD) les Comités départementaux (CODEP) et les Comités de Concertations Communaux (CCC).

La cellule nationale de l’OMVS doit suivre et superviser les distributions et s’assurer des listes des bénéficiaires et de leur validation par l’ensemble des structures CRD, CODEP et CCC. Seulement dans un climat d’effervescence politique la transparence doit être une  revendication légitime de chaque citoyen.

A ce moment aucun communiqué expliquant cette situation n’a été rendu public pour clarifier l’opinion publique sur cette situation. Aucune information n’a été communiquée également pour expliquer comment le Ministère de la Santé va entamer cette distribution en attendant le recrutement d’une Agence  d’exécution communautaire.

A suivre