aidara

Esclavage : la cour criminelle de Nouadhibou prononce des peines de dix et vingt ans de prison

La Cour criminelle de Nouadhibou a condamné, aux termes de son audience du mercredi 28 mars 2018, le nommé Saleck Ould Amar et son fils, Hamoudi Ould Saleck à une peine de 20 ans de prison et une amende de 500.000 MRU (soit 5 millions anciennes ouguiyas) pour pratiques esclavagistes. Par contre, la nommée Ravea Mint Mohamed a écopé de 10 ans d’emprisonnement et 250.000 MRU (2,5 millions anciennes ouguiyas) d’amende pour le même crime esclavagiste.

Tribunal de Nouadhibou

Le site atlasinfo.info qui rapporte l’information précise que les assises se sont déroulées au milieu d’un dispositif sécuritaire renforcé. Toutes les voies menant au tribunal étaient quadrillées par les forces de l’ordre et une fouille systématique montée à l’entrée de la salle d’audience.

Cette session de la Cour criminelle de Nouadhibou chargée de juger les faits d’esclavage et de ses pratiques est la deuxième qui se tient en Mauritanie depuis l’adoption de la Loi 2015-031 criminalisant ces faits. La première session s’est déroulée le 16 avril 2016 devant la Cour criminelle de Néma. Elle mettait en cause les nommés Hanena Ould Bouna et Ikhalihina Ould Haimad et leurs esclaves Bouta Mint Hemedi et Vatma Mint Zaida. Le juge avait condamné en première instance les deux mis en cause à 5 ans de prison dont une année ferme et 1 million d’amende. Des peines que les antiesclavagistes avaient dénoncé pour son laxisme et pour sa violation des dispositions de la Loi 2015-031 qui prévoit une peine minimum de dix ans et une amende de 250.000 à 5 Millions d’anciennes ouguiyas (25.000 MRU et 500.000 MRU) et 1 million UM de dommages et intérêts pour les victimes. Les avocats de la partie civile feront appel et les dommages et intérêts accordés  aux victimes ont été relevées. L’une d’elle, Bouta Mint Hemedi,  6 millions d’UM, alors que Vatma Mint Zaida et son frère se sont suffis de l’accord passé avec leurs anciens maîtres, en percevant la moitié du montant (déjà perçue) et le reste en août 2016.

Plusieurs autres dossiers sont en instances, dont plusieurs enrôlés auprès des tribunaux ordinaires avant la nouvelle loi sur l’esclavage, mais sous l’emprise de l’ancienne Loi 2007 dont les dispositions étaient plus flexibles, car l’esclavage y était érigé comme un simple délit et les dossiers susceptibles d’être soumis aux transactions pénales.

Tous ces dossiers en instances devront être transférés auprès des nouvelles cours criminelles. La prochaine séance de jugement est prévue fin mars début avril à Néma.

Cheikh Aïdara


La caravane des bailleurs du Partenariat de Ouagadougou est de retour avec des étapes au Sénégal, en Guinée et en Mauritanie

PLANIFICATION FAMILIALE
PARTENARIAT DE OUAGADOUGOU

Communiqué de Presse

Dakar, le 25 Mars 2018

 

La caravane des bailleurs du Partenariat de Ouagadougou est de retour avec des étapes

au Sénégal, en Guinée et en Mauritanie

 

La caravane des bailleurs du Partenariat de Ouagadougou (PO), répond à la demande des pays,

d’élargir, au-delà de la Réunion Annuelle, les moments d’échanges entre les parties prenantes

du PO. Elle constitue une opportunité pour soutenir les équipes techniques dans leurs efforts de

mise en oeuvre des plans et faire un plaidoyer auprès des autorités pour le respect des

engagements pris.

Cette édition sera la 4ème après celle de 2015 où les pays visités étaient le Sénégal, le Burkina

Faso, le Mali et le Niger, celle de 2016 qui a concerné la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Togo et

celle de 2017 où le Niger, le Burkina Faso et le Bénin ont accueilli les caravaniers.

Pour cette année, la tournée commencera par le Sénégal du 09 au 11 Avril, puis la Guinée du 12

au 16 Avril et enfin la Mauritanie, du 17 au 20 Avril. Le groupe des bailleurs composé des

représentants des principaux partenaires et bailleurs de fonds du PO (UNFPA, Canada,

Fondation Bill & Melinda Gates, Fondation William et Flora Hewlett, le Ministère de l’Europe et

des Affaires Etrangères de la France, l’Agence Française de Développement, l’USAID, le

Royaume des Pays Bas et l’Organisation Ouest Africaine de la Santé séjournera pendant 3 jours

dans chacun des 3 pays pour y avoir de larges concertations sur les progrès, les défis et

perspectives dans la mise en oeuvre des diverses composantes des Plans d’Action Nationaux

Budgétisés de PF.

Il s’agira pour eux d’échanger sur les activités en cours et des progrès réalisés par chaque pays

au regard des recommandations issues de la réunion ministérielle de 2015 relatives à la phase

d’accélération, celles du Sommet de Londres de Juillet 2017 et de la Réunion Annuelle du PO de

Décembre 2017. La délégation rencontrera plusieurs ministres, un large éventail d’acteurs de la

santé reproductive et de la planification familiale (SR/PF) dans les pays, et visiteront des projets

sur le terrain, pour apprécier l’adéquation entre les politiques et les activités de mise en oeuvre et

évaluer la coordination. Elle fera également le plaidoyer pour une plus grande prise en compte

de la PF dans les stratégies et politiques multisectorielles des gouvernements ; pour la

mobilisation de ressources internes pour la PF et pour davantage d’alignement des ressources

disponibles sur les priorités définis dans les PANB. Enfin, ces visites permettront de renforcer la

collaboration entre acteurs pour refléter l’esprit et les principes du PO au niveau pays.

Près de 50 personnes participeront à cette caravane parmi lesquelles des représentants des

bailleurs de fonds, des partenaires techniques, des organisations de la société civile et des

représentants des gouvernements.

A propos du Partenariat De Ouagadougou

Le Partenariat de Ouagadougou a été lancé lors de la Conférence Régionale sur la Population,

le Développement et la Planification Familiale tenue à Ouagadougou au Burkina Faso en février

2011 par les 9 gouvernements des pays francophones de l’Afrique de l’Ouest et leurs partenaires

techniques et financiers pour accélérer les progrès dans l’utilisation des services de planification

familiale au Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Togo.

Le Partenariat de Ouagadougou est basé sur deux principes. Il mise sur une meilleure

coordination entre les bailleurs de fonds pour optimiser leurs soutiens aux pays et également sur

une collaboration et coopération aux niveaux national et régional pour remédier au taux élevé des

besoins non satisfaits en matière de planification familiale.

L’Unité de Coordination du Partenariat de Ouagadougou (UCPO), basée à Dakar (Sénégal),

facilite la communication entre les pays et les bailleurs actuels et potentiels, aide à suivre les

progrès par rapport aux objectifs du PO, et partage des informations entre les parties prenantes

du Partenariat et d’autres publics.

 

Contact Presse

Marie Ba, Chargée du Plaidoyer et des Relations Externes
Tel : (221) 33 869 70 29
Email: mba@intrahealth.org
Rodrigue Ngouana, Chargé de Relations avec les pays du PO
Tel : (221) 33 869 74 70
Email : mailto:rngouana@intrahealth.org


Bouillonnement pré-électoral : le pouvoir prépare une sale mayonnaise

Alors que la succession de Mohamed Abdel Aziz, auto-succession ou par défaut, continue de s’entourer d’un lourd mystère, la majorité prépare une sale mayonnaise, sous couvert de restructuration du parti Union Pour la République (UPR) avec un grand marché à ciel ouvert de vente et d’achat de conscience, tandis que timidement, l’opposition tente de se réorganiser.

Aziz lors de sa dernière campagne référendaire

Le cas Mohamed Abdel Aziz n’est pas encore totalement soldé. Partira, partira pas ? La question reste d’actualité, malgré les nombreuses sorties de l’intéressé, déclarant à tout vent qu’il ne briguera pas un troisième mandat. Pour nombre d’observateurs, cette profession de foi de Mohamed Abdel Aziz ne peut convaincre que les crédules, tellement elle sent à plein nez le venin du cobra, destiné à endormir la postérité pour frapper au dernier moment. A ce propos, les analyses et suppositions vont bon train.

1er scénario : Aziz ne partira pas en 2019

Alors qu’une nouvelle structure dénommée «Awviya Al Watan» ou littéralement «Les Loyaux de la Nation» formé par les partisans de Mohamed Abdel Aziz qui œuvrent pour un 3ème mandat s’implante peu à peu dans les régions du pays, l’idée d’une alternance en 2019 semble de plus en plus improbable.

Beaucoup d’analystes pensent ainsi que Mohamed Abdel Aziz ne quittera pas le pouvoir. A voir les actes qu’il pose à tout bout de champ chaque jour, à travers  notamment cette perfide émergence d’une pseudo «Nouvelle Mauritanie», hymne nouveau, drapeau nouveau, monnaie nouvelle, hommes d’affaires et hommes politiques nouveaux, la question se pose sur son départ, pensent-ils en substance. «On ne pose pas une telle architecture pour rien» avancent ses plus virulents détracteurs.

Jusque-là, c’était la peur d’un Occident pourvoyeur d’aides et banques à ciel ouvert des finances, mais aussi traqueur des présidences africaines à vie qui poussait insidieusement certains candidats-dictateurs à céder le fauteuil à contrecœur, selon leurs arguments. Et de soutenir qu’aujourd’hui que  ce même Occident semble avoir baissé les bras et fermé les yeux devant la dérive autoritaire de certains présidents africains et leur forcing anticonstitutionnel, citant à ce titre Sassou Nguessou du Congo, Nkurunziza du Burundi, Kagamé du Rwanda ou un Eyadema du Bénin, ils croient qu’un Ould Abdel Aziz peut bien brûler lui-aussi les verrous constitutionnels des deux mandats. Ainsi, beaucoup de Mauritaniens trouvent incongru que le double tombeur de Taya et de Sidioca, puisse se faire bâtir un empire économique et politique sur un terrain conquis, puis laisser les fruits de ces deux décennies d’efforts à son effigie s’effriter, alors qu’en face, nulle résistance ne se dresse.

La refondation de l’UPR, suite à une restructuration menée ces derniers temps, est suivi ces jours-ci par une réimplantation du parti sous fond de fraude à ciel ouvert, avec un marché des cartes d’identité qui en dit long sur le respect des règles démocratique et de la morale tout court. Cela avec la complicité d’une partie des ténors de l’UPR et d’une administration domestiquée. Un de ces trafiquants arrêté à Rosso par la gendarmerie,  avec en sa possession plusieurs centaines de cartes d’identité appartenant à des Mauritaniens résidant en Guinée Bissau, a été tout simplement relâché sur intervention, alors que l’acte qui lui est reproché est pénalement réprimé par la loi.

Ce toilettage du parti-Etat, accompagné d’un vil commerce des consciences, sous l’appât du gain, de pressions tribales ou de chantage économique sur les plus pauvres, annonce déjà les couleurs d’une triple  consultation électorale en vue, courant 2018-2019, notamment les municipales, les législatives et les conseils régionaux. Qui se dressera devant cet empire du milieu, si l’on sait que l’administration civile et militaire, chargée de réguler le jeu démocratique et de veiller à la transparence des scrutins à venir, est toute acquise à l’UPR. En effet, les administrateurs, les magistrats et les corps constitués confondent Etat et Parti-Etat, leur promotion étant tributaire de leur dévouement à ce dernier. C’est donc l’UPR, sous sa forme englobant le parti et l’administration publique, qui fera face à une opposition fragilisée par cet accaparement des instruments de l’Etat par son principal adversaire. Elle aura en face d’elle une entité politique qui sera à la fois juge et parti, sans compter cette Commission électorale nationale indépendante (CENI) déjà fin prête sans que l’opposition ait eu son mot à dire sur sa composition et son fonctionnement. En Côte d’Ivoire, l’opposition démocratique s’est dressée contre une CENI montée selon le même modus vivendi, dans un marché africain de la duperie électorale, où les règles de la démocratie ont partout épousé les contours de la dictature.

Une fois que l’UPR aura achevé sa mainmise sur le corps électoral, d’une manière virtuelle plus que réelle, les scénarios pour la pérennité du pouvoir actuel s’ouvriront. La machine sera assez puissante pour devenir soit un tremplin pour la réélection de Mohamed Abdel Aziz ou un cheval de Troie qui lui permettra de contrôler l’exercice du pouvoir à travers un dauphin qu’il se sera lui-même choisi.

2ème scénario : Aziz hors du pouvoir

Si malgré tout, Mohamed Abdel Aziz,  respectant sa parole donnée, décide de quitter le pouvoir en 2019, plusieurs scénarios s’offrent, celui d’un Ould Abdel Aziz gouvernant par procuration à travers un dauphin, ou Abdel Aziz chef du gouvernement après révision de la Constitution qui lui donnerait les pleins pouvoirs d’un Premier ministre dans un régime parlementaire, ou un Abdel Aziz définitivement éjecté hors du pouvoir.

Aziz a répété à plusieurs reprises qu’il ne briguera pas un troisième mandat, mais qu’il restera dans les rouages du jeu politique, allant jusqu’à affirmer qu’il soutiendra le candidat qui lui succédera. L’expérience de Sidi Ould Cheikh Abdallahi qu’il avait soutenu en 2007 et qu’il renversera quelques mois plus tard est encore présente dans les esprits. Tout le monde sait qu’au cours de la présidence de Sidi, les bureaux de Mohamed Abdel Aziz étaient contigus aux siens, qu’il contrôlait ses moindres gestes, ses courriers, ses visiteurs et avait même installé un système d’écoute qui lui permettait de suivre les audiences du président de la République. Cela donne un aperçu de ce que sera le calvaire du dauphin que Mohamed Abdel Aziz décidera de choisir au cas où il se prêtera au jeu de l’alternance politique en 2019. Un président entièrement sous contrôle et qui viendra certainement prendre ses consignes auprès de lui. Il faut se rappeler que le BASEP reste un butin de guerre qui lui est entièrement dévoué et qui lui permettra en cas de coups foirés, de s’en servir pour reconquérir le pouvoir sous prétexte d’un complot qui vise la pérennité de l’Etat, Ould Abdel Aziz ayant fait depuis longtemps de sa personne, l’incarnation personnifiée de l’Etat et du peuple mauritanien.

Sur le choix de ce dauphin, certains avancent le nom du maire de Zouerate, cet ancien colonel de l’armée qui s’est illustré par la vidéo où il affirme gagner chaque année des milliards d’ouguiyas sur le dos de la direction de pêche qu’il contrôlait et qu’il contrôle toujours malgré sa mise à la retraite, avec en prime sa mission informelle de ministre de la Pêche et négociateur en chef des accords de pêche de la Mauritanie. C’est aussi l’un des complices attitrés de Mohamed Abdel Aziz, son confident et l’ami auprès de qui, il passe ses vacances dans ce vaste Bir-Moghreïn où les deux hommes, dit-on, possèderaient de vastes champs d’or, gardés par l’armée. Un Ould Baya à la présidence, ce sera comme si lui-même y était toujours.

A côté de Ould Baya, le nom qui revient souvent est celui du général Ould Ghazwani, un fidèle ami de Mohamed Abdel Aziz, celui qui risque le moins de le trahir un jour. N’a-t-il pas conservé intact et pendant trois mois de convalescences, le fauteuil présidentiel alors que Mohamed Abdel Aziz était en France entre le vie et la mort suite à la fameuse balle de «Twela» ? Ould Ghazwani n’a-t-il pas été sollicité pendant cette période de vacuité du pouvoir par certaines puissances pour la succession de Mohamed Abdel Aziz et qu’il a fermement refusé de telles propositions, refusant de trahir un ami ?

Dans les rangs des civils, certains ont cité Mohamed Ould Laghdaf, l’ancien Premier ministre tombé un moment en disgrâce mais repêché par la suite pour redevenir un des confidents de Mohamed Abdel Aziz. A part lui, les civils semblent peu probablement visés par les militaires qui semblent vouloir encore garder la main sur le pouvoir politique en Mauritanie.

Cette persistance des analystes à fixer le choix du futur président de la Mauritanie au sein du corps de l’armée en dit ainsi long sur la mainmise de la Grande Muette sur les rouages de la politique. Depuis qu’elle s’est emparée du pouvoir en 1978, l’armée mauritanienne ne compte pas ainsi lâcher les rênes de la gouvernance aux civils, d’autant qu’à l’heure de la lutte antiterroriste au Sahel, les grandes puissances y semblent entièrement favorables.

Ce qui laisse peu de chance à l’accession d’un civil au pouvoir en 2019 dans un contexte international marqué par la chute des valeurs qui ont fondé le mythe de la légalité et du droit, sous le coup de boutoir de ces plus grands défenseurs, les grandes démocraties occidentales.

Et le FNDU dans tout ça ?

En effet, l’opposition au pouvoir de Mohamed Abdel Aziz, symbolisé par un conglomérat de partis politiques réunis au sein d’un Front national pour la démocratie et l’Unité (FNDU), boycottiste à l’envie et peu combative sur le terrain des revendications, semble constituer un faible rempart face à l’ambition démesurée d’un régime qui compte encore bien perdurer au pouvoir.

Ainsi, l’implantation en cours de l’UPR, après une restructuration qui rappelle celle de son ancêtre, le PRDS de Ould Taya qui lui a légué toutes ses têtes pensantes, supplante par son ampleur, les moyens limités du FNDU.

Jusque-là confinés dans des manifestations annuelles, entrecoupés de communiqués d’indignation par moment, le FNDU semble vouloir cependant récupérer la grogne sociale de plus en plus importante qui se lève le pouvoir actuel. En effet, jamais la masse de colère populaire n’a été aussi grande face au désastre social, à l’injustice, à la corruption généralisée, au népotisme, au racisme et à la discrimination raciale, à la spoliation des biens publics et aux détournements tous azimuts des bien sociaux, ajoutés à la paupérisation galopante, à la misère grandissante. Ce capital de mécontentement qui ferait baver toute opposition à travers le monde, est cependant peu exploité par le FNDU qui a débuté ces derniers jours une tournée régionale pour faire entendre son discours.

Mais il faudrait encore plus, selon plusieurs observateurs, pour que le FNDU parvienne à contrer la grosse machine du pouvoir. Parmi ces choix techniques, la possibilité d’une double ou triple candidature qui pourrait donner une chance à un second tour et une coalition contre le candidat du pouvoir. Le combat s’annonce déjà rude et tout pourrait se joueur dès les  élections partielles qui se dérouleront probablement au courant de 2018.

Cheikh Aidara


Semaine de la Francophonie : Ahmed Hamza répond aux ennemis du français

Lors de la clôture de la Semaine de la langue française et de la francophonie dont les rideaux sont tombés ce dimanche 25 mars 2018 au Centre culturel marocain, le président de l’Association mauritanienne pour la francophonie (AMF), M.Ahmed Ould Hamza a répondu aux détracteurs de la langue française, en précisant que le français n’est pas venu pour remplacer l’arabe, qui est la langue officielle et la langue de notre religion, mais que n’en déplaise aux unilinguistes qui cherchent à ostraciser le français en Mauritanie, «cette belle langue est en forte progression dans le pays».

Cérémonie de remise de prix (Photo : Me Diallo Moctar)

La 32ème édition de la Semaine de la langue française et de la francophonie s’est achevée comme elle avait débuté, le 17 mars 2018 à la Chambre de commerce de Nouakchott. Dans l’ambiance,  l’allégresse, de belles prestations et beaucoup de récompenses, aux élèves, aux partenaires et aux sponsors, cette édition a été clôturée dimanche 25 mars au Centre culturel marocain. C’était en présence de hautes personnalités, dont le nouveau président du Patronat mauritanien et plusieurs de ses membres, des diplomates, des écrivains, et un public scolaire jeune.

La cérémonie de clôture a été marquée par le mot de bienvenue prononcé par le Directeur du Centre culturel marocain, M.Jawad Ramoni, qui s’est réjoui de l’honneur fait à son institution pour abriter un tel évènement et surtout devant un parterre aussi relevé.

Puis, place à deux pièces de théâtre scolaire. Le premier, présenté par les élèves de l’école «Les Sablettes» a particulièrement  séduit l’assistance, par le talent de ses acteurs, surtout de ses actrices, qui ont raconté dans une fresque inédite, «La Voix de Toumbarma». Il s’agit de l’histoire d’une femme dont le vent a volé la voix mélodieuse et que son fils va tenter de faire retrouver à travers un périple qui va le conduire auprès d’un sage à Atar, d’un érudit à Chinguitty, d’un griot dans une autre contrée et d’une vieille femme. Le tout, en chevauchant un nuage à qui il a promis de le sauver du souffle du vent. Chacun lui confiera une partie du remède qui l’aida enfin à faire retrouver à sa mère sa belle voix. Cette pièce a été introduite par l’élève Zeinebou Mint Brahim, et la scène jouée par une dizaine de jeunes élèves de l’établissement, dans un décor magnifique.

Une partie du public (Photo : B.M.Coulibaly)

La deuxième pièce est un solitaire, présenté par MBarka Ndiaye de l’Ecole Diam Ly. C’est l’histoire d’un homme qui avait épousé une ogresse et qui, malgré les avertissements de son père, choisira de s’exiler avec elle, plutôt que de s’en séparer à cause de ce qu’il prenait pour des ragots. Mal lui en sera pris, car découvrant que sa femme est réellement une ogresse, décida de fuir. Mais elle le pourchassa et il se réfugia sur un arbre, alors que sa femme persuadée qu’il descendra tôt ou tard, promettait de le manger. Finalement, c’est un oiseau qui portera son message de secours à ses parents, et c’est comme cela qu’il fut sauvé.

Ces deux spectacles ont été longuement ovationnés, ajoutant du ludique dans une cérémonie où les discours furent relégués au second plan.

D’ailleurs, le public était loin des speechs ennuyeux et emplis de solennité. La première qui détendra l’atmosphère fut Mme Aîssata Kane, Invité d’honneur de la Semaine, présidente de l’Association internationale des femmes francophones et ancienne ministre. Son association dira-t-elle, est ouverte aux hommes qui le désirent, avant de lancer dans une boutade, «je sais que les hommes aiment les femmes, et j’espère qu’ils aimeront aussi mon association».

M.Ahmed Ould Hamza prendra ensuite la parole pour remercier d’abord l’assistance qui a bien voulu faire le déplacement, mais aussi les sponsors de la Semaine, notamment le Patronat mauritanien, le Service culturel de l’ambassade de France (SCAC), Mauritel, entre autres. Les partenaires ne furent pas en reste, mais aussi les établissements scolaires qui ont participé activement à cette semaine de la langue française et de la francophonie.

Ahmed Ould Hamza, avec son franc parler habituel, n’a pas manqué de répondre à cette flambée d’hostilité qui a fleuri dans la presse mauritanienne contre la langue française, précisant que la langue française n’est pas en concurrence avec la langue arabe et n’a nulle prétention de la remplacer. Selon lui, l’Arabe est la langue officielle de la Mauritanie et la langue de notre religion, mais que le français est la deuxième langue la plus parlée en Mauritanie. Il prônera d’ailleurs que l’ambition est d’élargir cette fourchette de langues. Selon lui, ceux qui cherchent à ostraciser la langue française en Mauritanie doivent savoir que cette langue est en pleine progression dans le pays.

Beaucoup de récompenses ont été distribuées au cours de la soirée, des livres, des chèques et plusieurs cadeaux de valeurs.

Ainsi, deux lauréats du Prix Yahya Ould Hamidoun, Ahmed Mohamed Moctar en Mathématique et Ahmed Mohamed Yahya Abd Sid’Ahmed en Informatique ont gagné un séjour de deux mois à l’Ecole Polytechnique de Paris. Leurs prix leur ont été remis en présence du Pr.Toka Diagana.

«Vivement la 33ème édition !» ont lancé en écho les nombreux invités qui avaient fait le déplacement.

Cheikh Aidara