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Faire revivre l’aéropostale de Saint-Exupéry : la Mauritanie, une étape décisive

L’équipe de «CITADELLE, l’aéropostal du cœur et de l’esprit» sera demain, lundi 19 février 2018, l’hôte de la Mauritanie. Parti de Toulouse, un groupe de pilotes français compte revivre et ressusciter l’esprit du grand navigateur Saint-Exupéry, ce pilote et écrivain dont les histoires se sont beaucoup inspirés de la Mauritanie, notamment «Le Petit Prince» et «Terre des hommes ».

Une soirée riche et dense est prévue à cet effet à l’Espace Diadié Camara, sis à la Socogim PS. Un groupe de jeunes mauritaniens y réciteront quelques passages des titres fétiches de Saint-Exupéry dont ceux déjà cités plus haut, mais aussi «Vol de nuit» ou encore «Courrier Sud », des récitals en solo et en duo, le tout entrecoupé de sketchs et de poèmes.

L’évènement est encadré par plusieurs institutions et organisations, l’Institut français et l’Ambassade de France, Traversées Mauritanides, Globe, Festival à Sahel Ouvert, Espace Camara, notamment.

Comme à l’époque de l’aéropostal, les pilotes emporteront avec eux, du courrier que les jeunes mauritaniens adresseront à leurs camarades de Saint-Louis, l’une des nombreuses escales que Saint-Exupéry et son équipe, Jean Mermoz et Henri Guillaumet en particulier, ont sillonné tant et tant de fois de 1927 à 1932 pour le compte de la compagnie Latécoère, entre Toulouse (France), Casablanca et Cap Juby (Tarfaya, Maroc), Port-Etienne (Nouadhibou, Mauritanie), Saint-Louis et Dakar.

Cheikh Aidara


Sommet Exécutif de la FIFA à Nouakchott : aucune décision prise mais d’importants chantiers pour le football mondial

Même exténué par un emploi du temps super chargé lors de son séjour à Nouakchott dans le cadre du Sommet Exécutif de l’instance faîtière du football mondial, qui a eu lieu le 18 février 2018, Gianni Infantino, président de la FIFA, accompagné par Ahmed Yahya, président de la Fédération mauritanienne de football (FFRIM), a répondu aux questions des journalistes nationaux et étrangers présents à la conférence de presse qu’il a animée à la fin des travaux.

Gianni Infantino et Ahmed Yahya lors de la conférence de presse clôturant le Sommet Exécutif de la FIFA à Nouakchott (Crédit Aidara)

La première question était relative à l’organisation de la Coupe du Monde Qatar 2022. Le président de la FIFA s’est dit satisfait de l’avancement des travaux, soulignant que le gouvernement qatari et les organisateurs sont à pied d’œuvre depuis 2010 pour préparer l’échéance. Selon lui, les travaux avancent bien et vite. «Je suis satisfait» a-t-il précisé.

Une autre question portait sur les projets futurs que la FIFA envisagerait de planter en Mauritanie. Gianni Infantino a tenu d’emblée à remercier le président de la FFRIM et son staff ainsi que le gouvernement mauritanien pour la réussite de l’organisation du Sommet Exécutif de la FIFA à Nouakchott qui a réuni vingt présidents de fédérations et leurs secrétaires généraux issus de trois continent (Europe, Amérique du Sud et Afrique). Il a jugé d’exceptionnel le travail abattu par la FFRIM. Pour lui, c’est un exemple à suivre non seulement sur le plan local ou africain, mais aussi sur le plan mondial. «C’est pourquoi j’ai tenu à venir ici  et amener les autres fédérations à voir ce qui se fait au niveau de la FFRIM», a-t-il ajouté.

Pour les projets que la FIFa mène et compte mener encore en Mauritanie, il a cité les travaux en cours pour l’agrandissement de la capacité d’accueil du Stade Cheikha Ould Boidiya et le Centre technique ainsi que l’organisation des compétitions. Il a aussi évoqué son entretien avec le Premier Ministre, Yahya Ould Hademine qui l’a informé de la construction par l’Etat mauritanien de 9 stades régionaux. «Ce fait remarquable pour le développement du football se poursuit depuis quelques temps » a-t-il ajouté.

Sur une question relative à une déclaration choc qu’il aurait prononcé et selon laquelle, la FIFA compte mener une opération «Zéro tolérance en matière de corruption et de détournement des fonds du football », Gianni Infantino signe et persiste. «C’est une déclaration que j’ai toujours faite et les tribunaux dans les différents pays ont commencé à sanctionner » a-t-il souligné, précisant que tout le monde au sein de la FIFA et des fédérations membres sont aujourd’hui conscients qu’on ne peut plus continuer à agir comme avant. Il a promis la tolérance zéro en matière de gestion financière du football mondial.

Sur l’organisation de ce sommet FIFA, Ahmed Yahya a reconnu que c’est la 1ère fois que la Mauritanie accueille une  rencontre de haut niveau de la FIFA. «On a essayé avec nos modestes moyens d’être à la hauteur » a-t-il affirmé, tout en renouvelant ses remerciements aux dirigeants de la FIFA pour avoir choisi la Mauritanie pour cette rencontre. «Mais ce n’est pas fini, car en mars prochain, Nouakchott va également abriter un Séminaire FIFA sur le développement » avec la présence de plusieurs présidents de fédérations. On veut également gagner des challenges sur le terrain » a-t-il conclu.

Les journalistes nationaux et étrangers (14 pays) Crédit Aidara

Est-ce que des décisions ont été prises aux termes du Sommet de Nouakchott ? Aucune décision n’a été prise, selon le président de la FIFA. «L’objectif était d’écouter les présidents des fédérations sur leurs préoccupations et par rapport à leurs opinions quant aux décisions envisagées par la FIFA, car nous ne comptons plus prendre de décisions sans avoir écouté les membres » a-t-souligné. Pour lui, c’est là, la nouvelle politique de la FIFA dont les décisions passent d’abord par la base avant d’être tranchées au niveau du Bureau Exécutif.

Par contre, a-t-il ajouté en substance, de quoi a-t-on discuté à Nouakchott ? Selon lui, le conclave de Nouakchott a abordé plusieurs sujets, dont les compétitions des petites catégories en filles et en garçons. Outre des propositions pour l’augmentation du nombre d’équipes participantes chez les garçons qui devra  passer de 24 à 48 et chez les filles de 16 à 32, les fédérations auraient aussi proposé d’organiser les coupes du monde de ces deux catégories au lieu de deux ans, tous les ans. Il s’agira aussi de ne plus organiser qu’une seule compétition pour une seule catégorie d’âge au lieu de deux.

L’accent a également été mis selon lui sur le football féminin, avec la proposition d’organiser une Ligue mondiale du football féminin qui permettrait à toutes les fédérations de participer avec les équipes ayant le même niveau.

Le président de la FIFA a aussi parlé du Programme Forward de la FIFA dans le futur avec des aménagements à faire.

Le Sommet a aussi abordé le calendrier des matchs internationaux et l’éligibilité des joueurs, notamment le problème des binationaux pour voir comment un joueur qui s’est engagé pour une équipe nationale pourrait changer d’avis. «Des dispositifs comme ça sont difficile à changer » a déclaré le président de la FIFA. C’est également vers une révision du marché des transferts que le sommet a débattu, avec une réglementation stricte surtout pour les agents des joueurs, des indemnités à prévoir dans l’avenir pour ceux qui sont à la base de la formation des joueurs qui sont récupérés par les clubs européens notamment. «La fenêtre relative aux transferts des joueurs doit être revue pour protéger la régularité des compétitions et préserver les valeurs du football » a-t-il conclu.

Cheikh Aïdara


Sommet de la FIFA Nouakchott : la presse sportive OUT !

Les journalistes sportifs nationaux, mais aussi ceux venus du continent, comme le Sénégal, le Cameroun, la Guinée, la République Démocratique Congo, entre autres, n’ont pas été conviés au Sommet Exécutif de la FIFA dont les travaux battaient leur plein au Centre des Conférences (Palais de Congrès) de Nouakchott, ce dimanche 18 février 2018.

Arrivée des deux présidents, FIFA et CAF à Nouakchott,accueillis par le Ministre des Sports et le président de la FFRIM (Crédit FFRIM)

Tous se morfondaient à l’Hôtel Mauricentre de Nouakchott, s’ils ne profitaient de leur oisiveté pour faire des courses au marché de la Capitale. Une conférence de presse animée par la Secrétaire Générale de la FIFA, la Sénégalaise Fatma Samba Diouf Samoura était programmée aux environs de 14 heures au siège de la Fédération mauritanienne de football (FFRIM).

La veille, le Stade Cheikha Ould Boidiya avait abrité un match entre la FIFA et la FFRIM. Ils étaient tous en maillot et l’avaient bien mouillé, le président de la FIFA, Infantino, le président de la CAF, Ahmad Ahmad, plus les vingt présidents de fédération conviés au Sommet de Nouakchott, sans compter le staff de la FFRIM, avec son président, Ahmed Ould Yahya en tête. Ce match dont le résultat n’a pas été communiqué, s’étant joué à guichet fermé et portes closes, avait cependant enfreint toutes les règles élémentaires du football, un joueur pouvant sortir puis rentrer de nouveau après avoir recouvert son souffle. C’est vrai que l’enjeu n’était pas de disputer un vrai match de foot, mais de se faire plaisir.

En attendant d’avoir les résultats de la rencontre de Nouakchott, la 3ème à avoir lieu en Afrique, rappelons que les débats porteront essentiellement sur les compétitions des jeunes, des filles et des femmes, du programme de développement de la FIFA et d’autres sujets d’actualité, tels que le calendrier international et les transferts de joueurs à travers le monde.

Quelques journalistes ont pu cependant approcher le président de la FIFA, Gianni Infantino lors de sa présence à la FFRIM pour lui poser quelques questions. Parmi celles qui ont retenu l’attention, l’intérêt que le patron de l’institution faîtière du football mondial dit accorder aux préoccupations des fédérations nationales. ‘’Nous voulons, à travers ces sommets, entendre la voix des autres, puisque nous sommes souvent amenés à faire des réformes des compétitions. Dans l’administration, il est important d’avoir le point de vue de ceux qu’on gouverne’’ a-t-il déclaré. Il avait également interpelé les responsables de la Concacaf (Amérique Latine et Centrale) ainsi que ceux de l’UEFA pour leur dire que la rencontre de Nouakchott doit permettre à la FIFA d’être à l’écoute des préoccupations des fédérations membres.

A noter qu’après la Mauritanie, deux autres sommets de la FIFA sont prévus au Nigéria et en Tanzanie.

Cheikh Aïdara


Rencontre sur la Migration à Nouakchott : les syndicats méditerranéens et subsahariens planchent sur leurs stratégies et plans d’actions

La 4ème Assemblée Générale du Réseau Syndical Migration Méditerranéennes/Subsahariennes (RSMMS), avec le soutien de la Fondation Friedrich Ebert, s’est ouverte jeudi 15 février 2018 à Nouakchott, en présence de plusieurs syndicats et centrales venus du Maghreb, de l’Afrique de l’Ouest et du pourtour méditerranéen. Pendant deux jours, les congressistes hôtes de la Confédération générale des travailleurs de Mauritanie (CGTM) ont fait le point sur leurs activités en 2017, présenté les orientations stratégiques de leurs actions pour la période 2018-2019, avant de faire le focus sur des projets pilotes et procéder à un partage d’expériences, cas du Niger et de la CSI Afrique/FGTB.

De gauche à droite : Sami Adouani, Naimi Hammami et Mohamed Abdallahi Naha (Crédit Aidara)

Une communication sur le thème «Migration en Afrique de l’Ouest : enjeux de la coordination intersyndicale» a été présentée par M.Mamadou Niang de la CGTM (Mauritanie) avant que M.Isselmou Salihi, expert-consultant, ne développe un focus sur la Mauritanie en rapport avec la migration inter-régionale en Afrique de l’Ouest.

La rencontre qui s’achève le vendredi 16 février sera circonscrite aux débats sur le Plan d’action du RSMMS pour 2018, avec une fenêtre sur la stratégie de financement à adopter ainsi que la synergie avec les partenaires techniques et financiers. Ces débats seront suivis par le travail de groupes sur trois axes, la fonctionnalité du site web du réseau, les services destinés aux travailleurs migrants et enfin, les mécanismes de dialogue social au niveau de chaque pays.

La clôture de l’Assemblée sera marquée par une déclaration, qui sera précédée par l’adoption du Plan d’action 2018 avec la définition des instruments et responsabilités pour la mise en œuvre, entre autres points inscrits à l’ordre du jour.

La cérémonie officielle d’ouverture a été marquée par un mot de bienvenue prononcé par M.Mohamed Abdallahi dit Naha, Secrétaire général de la CGTM, suivi du discours de Mme Naima Hammami, Secrétaire générale adjointe chargée des relations internationales et migrations, Coordinatrice du RSMMS et celui de Sami Adouani, Chef de Projet régional Migration pour le compte de la Fondation Friedrich Ebert à Tunis.

Les syndicats et les travailleurs migrants

C’est en août 2014 que 17 centrales et organisations syndicales du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie, Mauritanie + Egypte), du pourtour Méditerranéen (Italie, France) et de l’Afrique Subsaharienne (Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal), ont mis en place le Réseau Syndical Migration Méditerranéennes/Subsahariennes (RSMMS), avec comme acte de naissance, la Déclaration dite de Casablanca, et comme siège, l’UGTT de Tunis.

Vue de la salle et des participants (crédit photo Aidara)

Ce réseau est le fruit d’une longue réflexion entamée en 2009 à Hammamet en Tunisie. Elle s’est prolongée à Dakar au Sénégal en 2013, puis la même année à Turin en Italie. Les syndicats membres du réseau avaient été alertés par l’ampleur de la détérioration de la situation des travailleurs migrants et de leurs familles dans la plupart des pays de la région méditerranéennes et subsahariennes, avec des violations systématiques des droits humains en dépit des conventions internationales ratifiées par les pays concernés.

Conscients de leurs responsabilités syndicales et l’urgence de l’assumer du point de vue de leurs missions historiques et de l’éthique liée à la violation permanente des droits des migrants, les membres du réseau qui se sont alliés au Bureau International du Travail (BIT) et à la Confédération syndicale internationale (CSI) notamment, avec l’appui de la Fondation Friedrich Ebert en particulier, ont ainsi à travers la Déclaration de Casablanca, exhorté l’ensemble de leurs membres à promouvoir les droits des migrants dans leur zone de travail et à se doter de structures dédiées exclusivement à la gestion de la question migratoire.

Ils ont ainsi lancé un appel aux Etats de la région méditerranéenne et subsaharienne à ratifier les conventions relatives à la migration, notamment les Conventions 97 et 143 de l’Organisation internationale du travail (OIT) ainsi que la Convention des Nations Unes de 1990, à harmoniser leurs législations nationales avec le contenu de ces conventions et veiller à leur bonne application.

Les organisations signataire de ce pacte sont l’UMT et la CDT du Maroc, l’UGTT de Tunisie, le SNAPAP d’Algérie, l’EFITU d’Egypte, la CGTM de Mauritanie, la CGIL d’Italie, la CFDT et la CGT de France, la CSTM du Mali, l’USTN du Niger, l’UGTCI de Côte d’Ivoire et la CARISM (Comité d’actions et de réflexions intersyndicales sur la Migration) qui regroupe 5 syndicats du Sénégal (CNTS, CSA, CNTS-FCI, UDTS ET UNASI)

Cheikh Aïdara