aidara

ROSA et SUN-Mauritanie inquiets face à la situation sylvo-agro-pastorale et nutritionnelle en Mauritanie

Dans une déclaration communie faite à Nouakchott le  lundi 12 février 2018, le Réseau des Organisations sur la Sécurité Alimentaire (ROSA) et le Forum Société Civile Scaling Up Nutrition Mauritanie ((SUN) constatent qu’une fois de plus, la Mauvaise connait une campagne agricole 2017-2018 particulièrement difficile.

En effet, il est constaté :

o             une répartition spatio-temporelle des pluies au niveau de toutes les wilayas du pays avec un important déficit : 52% des stations suivies sont déficitaires par rapport à l’année dernière et 39% par rapport à la normale (1981-2010) ;

o             un taux de remplissage des barrages et des cuvettes à majorité faible à moyen, qui pourrait conduire à une baisse des superficies exploitées en bas-fond;

o             des longues pauses pluviométriques entrainant une mauvaise croissance des pâturages qui, dans l’ensemble, peu développés et hétérogènes suivant les wilayas;

o             une forte pression animale déjà constatée dans les zones relativement bien fournies en pâturages risquant ainsi de limiter leur durée d’exploitation;

o             des difficultés d’abreuvement du cheptel, par endroits, à cause du tarissement rapide des marres;

Sur le plan de la nutrition, les résultats de SMART d’août 2017 avaient déjà montré que la situation nutritionnelle était préoccupante. La moyenne nationale du taux de MAG restait à 10.9 %.  Il ressortait que 06 Wilayas étaient en situation d’urgence (MAG >15 et/ou MAS >2%): Hodh Echarghi; Hodh El Gharbi; Assaba; Gorgol; Brakna; Guidimagha),   02 Wilayas en situation d’alerte (MAG comprise entre 10 et 15%): Tagant; Trarza et 04 Wilayas en situation précaire (MAG comprise entre 5 et 10%): Adrar; Inchiri; Traraz; Nouakchott ;

Du point de vue sécurité alimentaire, les résultats de l’enquête FSMS (enquête de suivi de la sécurité alimentaire des ménages) d’août 2017 faisaient ressortir que de la population en insécurité alimentaire avait connu une légère hausse par rapport à la même période des trois dernières années.

Par ailleurs, les prévisions des productions agricoles pour l’année 2017-2018 font état d’une production brute de 290.598 tonnes toutes spéculations confondues contre 333.936tonnes pour la moyenne des 5 dernières années et 306.448tonnes en 2016-2017,  soit respectivement une baisse de 13 % et 5 %.

La situation décrite est bien corrobore avec les résultats consensuels du Cadre Harmonisé d’Identification des Zones à Risque et des Personnes en Insécurité Alimentaire élaboré en novembre 2017. Déjà dans la période d’Octobre-Décembre 2017,  378.000 personnes étaient en situation de «sous pression» (Phase 2 de l’IPC et 602.000 personnes attendues en situation «crise et d’urgence» (phase 3 et 4 de l’IPC) pour la période projetée de juin à août 2018 (soit lors du pic de la période de soudure à venir).

Au regard de la détérioration significative de la situation alimentaire et nutritionnelle consécutive aux avatars agro climatologiques cités ci-haut,  Nous Organisations de la Société Civile actives dans les domaines de la Sécurité alimentaire et nutritionnelle, et signataires de cette déclaration :

Nous nous félicitons de la pro activité des Autorités nationales qui ont volé très tôt au secours des éleveurs en prenant l´Arrêté N° 0825 du 28 Septembre 2017 portant création d’un Comité Technique Interministériel chargé du Programme d’Assistance au Cheptel.

Manifestons notre inquiétude face à cette situation qui mérite une intervention urgente de la part des détenteurs d´obligation (Etat, partenaires, PTFs…);

Attirons particulièrement l´attention des pouvoirs publics sur les conséquences directes de cette soudure qui a  commencé plus tôt que d’habitude et ce depuis fin décembre dans plusieurs zones agropastorales plongeant ainsi nos populations dans une  grande inquiétude.

Exhortons les Autorités et partenaires à prendre les mesures rapides pour atténuer les conséquences  de cette situation sur nos populations rurales et ce à travers:

  1. l´opérationnalisation d´un système d´alerte précoce (SAP) qui couvre toutes les Moughataas du pays permettant d’apprécier en temps approprié les situations alimentaires et nutritionnels aux fins de prises de décisions contribuant à anticiper sur des chocs aux conséquences négatives tant sur les populations que les animaux.
  2. l´organisation du système de référence (CRENIS, CRENAS,CRENAM) pour une meilleure prise en charge des enfants malnutris;
  3. l´appui aux personnes vulnérables par le biais d’actions multiples à effets immédiats tels que:

             La distribution de vivres y compris des produits nutritionnels pour les enfants, les femmes enceintes et allaitantes,

             Le renforcement des programmes de transferts monétaires bien ciblés visant les ménages en insécurité alimentaire ;

             Le renforcement de la résilience à travers la création des activités génératrices de revenus et d´emplois pour les populations vulnérables en particuliers les femmes et les jeunes;

             Et le développement des assistances conditionnelles à savoir les activités à Hautes Intensité de Main d´Œuvre (HIMO).

Recommandons la mise en place d’une coordination Globale et inclusive de tous les acteurs travaillant dans les domaines de la Sécurité Alimentaire et nutritionnelle afin d’endiguer les  conséquences qui peuvent découler de cette situation exceptionnelle.

 


Conférence de presse de Human Rights Watch : les «Taupes» ont réussi à faire capoter la séance

Interdits d’accès dans les lieux publics, tels les hôtels de Nouakchott, faute d’autorisation, Eric Goldstein, Directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de Human Rights Watch et son collègue Candy Ofime, Titulaire d’une bourse Sandler au sein de l’organisation internationale basée à New York, ont finalement trouvé refuge dans l’exigüe salle de conférence du FONADH (Forum national des droits de l’homme). Une salle qui n’a pas pu finalement contenir  activistes des droits de l’homme, avocats, journalistes et simples curieux venus écouter l’accablant réquisitoire dressé contre le régime mauritanien.

Eric Goldstein entouré de Candy Ofime à sa gauche et Lalla Aicha du Fonadh

L’erreur monumentale commise par les organisateurs, selon les journalistes présents, est d’avoir justement ouvert la porte à un public contrasté aux sensibilités différentes. Réunir dans une même salle un tel cocktail Molotov de personnes qui se haïssent allègrement et dont les démêlées ont dépassé les frontières de la Mauritanie pour se répandre chaque année dans les allées huppées de Genève, Banjul ou encore New York, fut une véritable gageure.

Résultat, la conférence de presse organisée dans ces conditions, le lundi 12 février 2018, se termina dans le chaos, quelques minutes après son ouverture.  Ce fut juste après les exposés présentés par Eric Goldstein et Candy Ofime sur le contenu du Rapport, le contexte dans lequel les enquêtes ont été menées ainsi que  les conditions de leur réalisation. Le clash éclata dès les premières remarques jugées provocatrices qui mettaient en doute le sérieux du rapport et son impartialité. La question qui fâcha se rapportait en effet sur les Harratines dont les intervenants niaient le caractère majoritaire que le rapport voulait leur donner.

Le reste de la conférence sera ainsi noyé dans une pluie d’invectives avant de s’achever dans un pugilat verbal entre les activistes présents, notamment ceux de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) et certaines organisations  accusées d’être à la solde du gouvernement mauritanien et dont l’objectif serait justement de saborder la conférence. Ce qu’elles réussirent de forts bruyantes manières, alors que pour les activistes d’IRA, «le message était passé», à savoir l’image étalée d’un régime qui non seulement se complait dans la violation des droits de l’homme et dans la répression de ses défenseurs, mais qui saborde aussi le travail des organisations internationales comme Human Rights Watch.

Cheikh Aïdara


Coupe de la CAF : FC Nouadhibou réalise un bel exploit face à Africa Sport (1-1)

En déplacement au Stade Houphouët Boigny d’Abidjan dans le cadre du tour préliminaire de la Coupe de la CAF disputée dimanche 11 février 2018, FC Nouadhibou a réalisé une belle entrée en matière en terre ivoirienne en neutralisant Africa Sport, sur une parité 1 but partout.

FC Nouadhibou
Africa Sport d’Abidjan

En se rendant à Abidjan, pour sa toute première participation à la Coupe de la CAF, le FC Nouadhibou, club créé en 1999, avait l’ambition de croiser le fer avec l’une des deux équipes phares de Côte d’Ivoire, l’Africa Sport, un club créé en 1947 sur les cendres du Club Sportif Bété, 18 fois champions de Côte d’Ivoire, 15 Coupes de Côte d’Ivoire, 10 Coupes Félix-Houphouët-Boigny, 2 Coupes d’Afrique des vainqueurs et 1 Supercoupe d’Afrique.

Au finish, une belle performance qui a permis aux poulains de Njoya Mauril de revenir au bercail avec un nul et un but marqué à l’extérieur qui vaudra son pesant d’or, le mercredi 21 février prochain, lors de la manche retour.

Pourtant, ce sont les Ivoiriens qui ont été les premiers à ouvrir le score à trois minutes de la fin de la première mi-temps, par l’intermédiaire de Gonazo Biya Thomas. Diomandé Mamadou avait d’ailleurs, dès la 30ème minute annoncé la couleur pour l’Africa Sport sur un tir qui viendra se heurter à la barre des cages gardées par Brahim Souleymane.

A la reprise, le même Diomandé se fera encore plus dangereux lorsqu’il se retrouva à la 52ème minute seul face au portier de FC Nouadhibou et de l’équipe nationale les Mourabitounes, mais ce dernier remporta le duel.

Loin de se décourager, les protégés du président Aziz Boughourbal pèseront sur l’excellente défense ivoirienne et à la 53ème minute, Ely Cheikh Voulany offrit à ses coéquipiers le but de l’égalisation, grâce à un excellent travail du milieu de terrain Cheikh El Weli Yacine.

FC Nouadhibou vient ainsi de signer une bonne sortie et rehausse davantage l’image du football mauritanien face à une emblématique équipe d’Africa Sport, après l’excellente performance de l’ASAC Concorde, vingt-quatre heures plus tôt, face à un autre géant du football africain, l’Espérance de Tunis.

Pourvu que FC Nouadhibou ne retombe sur la même malédiction que celle qu’il avait connue en 2014 face au Horoya de Guinée, dans le cadre des éliminatoires de la Ligue des Champions où après un match nul 1 but partout à l’aller, avait perdu au retour par 3 à 0.

Cheikh Aidara

 


ASAC Concorde-Espérance de Tunis (1-1) : Les Concordiens sauvent l’honneur du foot mauritanien

En affrontant samedi 10 février 2018, pour le compte du tour préliminaire de la Ligue Africaine des Champions et sur la pelouse du Stade Cheikha Ould Boidya de Nouakchott l’Espérance de Tunis, un club créé en 1919 et qui a remporté tous les titres au niveau de la Tunisie (27 fois champion de Tunisie, 15 coupes de Tunisie, 2 Super Coupe de Tunisie) et au niveau Africain (2 Ligues des Champions, 1 Coupe d’Afrique des vainqueurs de coupe, 1 Coupe de la CAF, 1 Super Coupe Africaine, 1 Coupe Afro-Asiatique, 3 Ligues des Champions Arabes, 1 Super Coupe Arabe, 1 Coupe Nord-Africaine des vainqueurs de Coupe), l’ASAC Concorde (créé en 1979) défendait non seulement les couleurs du club, mais aussi le foot mauritanien sérieusement mis en mal au sortir du Total CHAN 2018 au Maroc, avec trois matchs trois défaites, zéro but marqué et six encaissés. Oser mener au score, 1 but à 0, devant le 5ème meilleur club africain durant toute une première mi-temps, est une performance à mettre certes sur le compte des excellents joueurs de l’ASAC Concorde, mais surtout sur l’extraordinaire coaching de Babacar Diop dit NDiobo.

«Si la Concorde avait encaissé durant ce match un 4 ou un 5 à zéro, juste après la débâcle du Maroc, ç’aurait été un coup dur pour le foot mauritanien» avait d’ailleurs déclaré NDiobo au cours de la conférence d’après-match.

Une belle première mi-temps

Les Tunisiens sont arrivés jeudi soir à Nouakchott avec 18 joueurs et pas moins de 10 encadreurs, dont l’entraîneur Khaled Ben Yahya, dont l’arrivée récente au club avait créé quelques remous dans le milieu des supporters, mais aussi des adjoints, des préparateurs physiques, un médecin, un kinésithérapeute et le staff du club. Alignés sur la tribune centrale, avec quelques supporters de la colonie tunisienne résidente à Nouakchott et arborant le rouge et jaune, couleurs de l’EST, la délégation des Mkachkha, l’un des surnoms du club créé dans le quartier Bab Souika à Tunis, s’attendaient sans doute à une belle victoire de leurs poulains, habitués qu’ils sont à humilier les équipes africaines sur leur propre terrain et devant leur public.

Mais d’emblée, les Concordiens, débarrassés de tout complexe, avaient entamé le match avec un système tactique imparable, NDiobo ayant opté pour le 4-3-3. Touré Boubacar dans les cages, avait démontré toute la classe d’un grand gardien de but et ne laissa aucun espoir aux véloces attaquants de l’Espérance, à l’image de Maher Ben Sehaief ou encore du redoutable Haithem Jouini, pour concrétiser leurs rapides percées. Excellents sur les deux flancs de la défense, Rachid Sidi Ahmed et Samba Moussa enrayèrent toutes les envolées des rapides attaquants tunisiens, Frank Kom et Maher en particulier, alors qu’au milieu du dispositif tunisien, l’Ivoirien Fousseny Coulibaly eut du mal à jouer sa partition face au trio concordien, en l’occurrence, Diop Djiby, Niang et MBareck El Id.

La pression de l’excellente attaque de l’ASAC Concorde finira par payer à la 25ème minute, quand sur un centre lumineux de Sané Amadou, MBareck El Id, ouvrit le score en battant l’inégalable gardien de l’Espérance, Moaz Ben Cherifia. Le délire fut total dans le stade.

Les Concordiens tiendront bon le restant des quarante-cinq premières minutes, jusqu’au sifflet final de l’arbitre guinéen. Peu avant, les Tunisiens avaient inscrit un but refusé pour coup franc sur le gardien Touré. C’est sur cette avance d’un but à zéro, véritable surprise, que les deux équipes iront aux oranges. Sur les tribunes, les supporters mauritaniens qui étaient venus en nombre important, soufflaient sur d’énormes vuvuzela, cet instrument-fétiche rendu célèbre lors la Coupe du monde Afrique du Sud 2010.

Les supporters tunisiens

Une deuxième mi-temps tunisienne

A la reprise, l’Espérance reprit du poil de la bête, tandis que les Concordiens, épuisés par l’énergie fournie en première mi-temps, baissaient d’intensité de jeu. Repliés sur leur propre moitié de jeu, ils laissèrent l’initiative des attaques aux Tunisiens avec de timides contre-offensives dont la plupart se perdaient dans la nature. Cela ressemblait plus à «dégager le plus loin possible hors de notre camp». Et les Tunisiens tissaient inlassablement leur attaque à partir de la défense et du milieu, Sameh Derbali, Khalil Chammam, Chemsedine Nhaouadi, puis ça repassait par Fousseny Coulibaly et Ali Machani, qui redistribuaient à l’avant, provoquant plusieurs fois le danger dans le camp de la Concorde, avec des percées dans une défense devenue de plus en plus souple comme du beurre.

le banc de touche tunisien

Les Tunisiens procèderont dans la foulée à leur premier remplacement, avec l’entrée du N°9, Bilal Mejri à la place de Maher. Un choix qui sembla judicieux car l’Espérance allait égaliser à la 67ème minute par le redoutable Heithem Jouini sur un centre venu de la droite.

Pour freiner la redoutable machine de l’Espérance qui commençait à marcher à fort turbo, Ndiobo procéda à son premier remplacement, avec la sortie du Sénégalais, Niang El Hadj Thierno et la rentrée de Fodé Traoré. Sur une contre-attaque, les Concordiens inscrivirent un 2ème but refusé pour hors-jeu. Puis un autre, quelques minutes plus tard, refusé lui aussi.

Les tribunes, pleines à craquer

Le coach de l’ASAC fit entrer son deuxième jocker, Thiam Idrissa à la place de Saidou Amady Barry. Loin de se laisser abattre, NDiobo cherchait à marquer ce but libérateur avant la manche retour qu’il savait difficile en terre tunisienne.  Le coach tunisien jeta lui aussi dans la mêlée, un deuxième jocker, Amine Meskini à la place de Franck Kom.

Mais malgré les changements opérés de part et d’autre, le score en restera là jusqu’au coup sifflet final de l’arbitre.

Les Tunisiens étaient visiblement déçus, eux qui étaient venus, sûrs de remporter les trois points et un bonus de buts d’avance. Fair-play, ils allèrent cependant féliciter les joueurs de la Concorde pour qui le nul concédé devant l’Espérance avait un goût de victoire.

Conférence après-match

Khaled Ben Yahya (extrême gauche) et NDiobo (extrême droite) et au milieu Brahim Sow Deina chargé de com.de la fédération

Pour Boubacar Diop, coach de l’ASAC Concorde : «Il y a des leçons à apprendre sur chaque match et si on faisait le diagnostic des prévisions, tout le monde donnait Espérance vainqueur de la confrontation. Cette rencontre m’a beaucoup appris sur le club tunisien et j’envisage le match retour avec sérénité et sans pression. Nous avons joué contre l’une des meilleures équipes du continent mais malgré cela, je vais en Tunisie pour gagner le match retour».

Khaled Ben Yahya, coach de l’Espérance de Tunisie : «J’ai trouvé une équipe de la Concorde bien organisée et qui a préparé toutes nos offensives. En première mi-temps, on s’est créé beaucoup d’occasions, mais la concrétisation manquait au bout. Dans l’ensemble, mes joueurs ont fait un bon match. J’aurais souhaité cependant qu’on marque plus de buts. Je suis content du rendement de l’équipe et j’espère qu’on va compenser au match retour»

Cheikh Aïdara