aidara

Affaire du transfert des joueurs de la Concorde : le président de la FFRIM condamné à rembourser 75.000 Euros

La Cour d’Appel de Nouakchott, dans son rendu en date du jeudi 22 févier 2018, vient de rejeter l’appel du Président de la Fédération mauritanienne de football (FFRIM) qui avait attaqué la décision de justice du 27 février 2017 le condamnant à rembourser les 75.000 Euros dus aux dirigeants de l’ASAC Concorde, les camarades du Dr.Bâ. Ces derniers continuent à se considérer comme les dirigeants légitimes du club et estiment que l’Assemblée générale forcée à l’époque par le Président de la FFFIM avait pour seul objectif de détourner les 75.000 Euros tout en arrachant le club à son profit personnel en le confiant à des seconds couteaux.

Le président de la FFRIM

En effet, cette affaire qui dure depuis deux ans avait commencé par une plainte déposée par les dirigeants de l’ASAC Concorde contre la FFRIM, suite au détournement des 75.000 Euros, fruits du transfert de deux joueurs du club à LEVANTE UD d’Espagne, Hacen El Id et Aly Abeid. La Chambre civile du tribunal de Nouakchott avait d’abord émis depuis le 27 octobre 2016 une ordonnance de détention des fonds issus de ces transferts. Puis, une décision de justice rendue le 27 février 2017 obligea le Président de la FFRIM à rembourser la totalité du montant qu’il a détourné aux dirigeants de l’ASAC Concorde représentée par Dr.Bâ.

Cheikh Aïdara


Service Internet : Sélibaby coupé du monde

L’ONG ADIG (Association pour le développement intégré du Guidimagha) a adressé le 20 février 2018 une lettre de protestation à l’Autorité de Régulation des télécommunications dans laquelle elle se plaint de l’absence de toute connexion Internet au niveau des trois opérateurs nationaux, MATTEL, CHINGUITEL et MAURITEL  Se trouvant dans la région pour une mission avec le BIT, l’organisation déclare qu’il est impossible d’envoyer de Sélibaby un simple mail sans attache. La situation de déconnexion de la région dure depuis plus de 3 mois. L’absence d’un tel service qui continue cependant de générer des revenus substantiels à ces trois opérateurs est une véritable arnaque pour les populations et les organisations travaillant dans la région.

«Nous vous saisissons en tant qu’autorité compétente en matière pour remédier à cette situation qui enclave toute une région déjà meurtrie par plusieurs obstacles » souligne l’ONG dans sa lettre, citant les dommages portés à des usagers qui se font escroquer par l’achat d’un service inexistant.

L’Etat, à travers l’Autorité de Régulation, doit ainsi cesser de se suffire seulement des pénalités qui lui rapportent un argent que les opérateurs s’empressent de payer, car empochant le double en vendant du vent. Il doit obliger les opérateurs à rendre le service Internet opérationnel dans toutes les régions du pays conformément à leurs cahiers de charges ou leur retirer leur licence. Pour des opérateurs qui opèrent pour certains depuis plus d’une quinzaine d’années, une telle situation est tout simplement insupportable et impardonnable selon les usagers du Guidimagha.

Cheikh Aidara


Marche et répression contre IRA : le président Birame Dah Abeid interpellé par la police

Nullement habitué à une telle frénétique campagne de dénonciation que les militants d’IRA ont soutenu pendant trois jours d’affilée contre la hausse des prix, la dévaluation de la monnaie et les souffrances du monde rural frappé par la sècheresse, dans les Moughtaas d’El Mina, Dar Naim, Arafat et Tevragh-Zeina, avec des dizaines de blessés dont certains graves et autant d’incarcérés dans les différents commissariats de Nouakchott, la Direction régionale de la Sûreté d’Arafat a envoyé ce mardi 20 février 2018, un officier et un sous-officier de la police pour cueillir vers 22 heures à son domicile, le président du mouvement, Birame Dah Abeid.

Les militants d’IRA sont les seuls à ne pas fuir devant la police d’où les blessés et les arrestations

Pour la énième fois, le militant anti-esclavagiste et président de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA),Birame Dah Abeid, candidat déclaré à la Présidentielle de 2019 et lauréat de plusieurs prix internationaux dont le Prix des Nations Unies 2013 pour les droits de l’homme, vient d’être interpellé par les services de police. C’est à 22 heures que la Direction régionale d’Arafat lui a envoyé à son domicile, un officier et un sous-officier.

Cette interpellation fait suite à trois manifestations particulièrement musclées que les militants d’IRA ont mené pacifiquement dans quatre grands départements de Nouakchott. La répression policière a été sauvage, brutale et disproportionnée avec ses lots de blessés graves et d’incarcérations accompagnés de tortures dans les commissariats, selon le témoignage des militants.

Militants d’IRA face à la Police près du marché de la Capitale

Toutes ces marches dénonçaient la hausse vertigineuse des prix des denrées de première nécessité qui affichent depuis le début de la démonétisation en janvier 2018 des seuils intolérables pour les ménages mauritaniens. Elles dénonçaient également une démonétisation qui cacherait une dévaluation non déclarée mais également la situation particulièrement difficile du monde rural confronté à une sècheresse sans précédents et des risques de famine.

La journée du 20 février 2018 qui a eu pour théâtre d’opération le département d’Arafat a été particulièrement féroce, avec des instructions qui auraient été données tôt le matin par le Directeur général de la police, le Général Ould Meguett, à ses troupes, pour mater avec toute la violence requise les manifestants. Résultat, plusieurs blessés graves détenus au commissariat d’Arafat et à qui les policiers auraient refusé tout soin. Ces blessés dans les rangs d’IRA s’ajoutent aux dizaines d’autres blessés recensés au cours des deux jour précédents à Dar Naïm, El Mina et à Tevragh-Zeina, avec des dizaines sous les verrous.

La manif d’IRA à Dar Naïm

L’escalade déclenchée par le mouvement IRA  intervient dans un contexte marqué par un caractère particulièrement répressif du régime de Mohamed Abdel Aziz qui ne tolère aucune manifestation sauf celle destinée à le glorifier. Ainsi, si les étudiants, les médecins, et même de pauvres populations réclamant la réfection de routes devenues des hécatombes où de l’eau à boire sont battus et traînés sur les macadams de la Capitale sans aucun ménagement, le rassemblement organisé par des sympathisants demandant un 3ème mandat devant les grilles de la présidence n’a  subi aucun acte répressif. Il n’y avait même pas de forces de l’ordre.

Militant férocement tabassé à Arafat

Les Mauritaniens n’ont plus le droit de manifester leurs souffrances ni de réclamer le moindre droit à un régime politique militaro-affairiste qui compte bâillonner les consciences et neutraliser toute opposition, à quelques encablures de consultations électorales décisives pour sa survie. Après la guerre menée contre la presse, celle menée contre les étudiants, les médecins, les riverains de routes nationales devenues des routes de la mort, contre les populations rurales tannées par la pauvreté et la misère, le régime de Mohamed Abdel Aziz tire sur tout ce qui bouge, même contre ses alliés d’hier, à l’image du parti APP, dialoguiste et complice de ses dernières manœuvres qui a permis l’émiettement de l’opposition et sa balkanisation.

Aujourd’hui, ce régime compte museler l’un de ses plus coriaces ennemis, Birame Dah Abeid, dont le mouvement est la seule force contestataire populaire capable de tenir tête à ses bataillons, et qui jouit d’une forte assise internationale.

Cheikh Aïdara


Caravane médicale d’Atar : l’équipe du Dr.Sneiba du CHU Ibn Rochd de Casablanca au secours des malades mauritaniens

Ils sont des centaines de malades indigents venus de plusieurs régions de la Mauritanie (Nouakchott, Aïoun, Atar, Bababé, Kiffa…) qui se sont donné rendez-vous dans la Wilaya de l’Adrar. Ici, une équipe composée d’une vingtaine de médecins spécialistes marocains, sous la houlette du Dr.Sneiba, chirurgien au Centre hospitalier universitaire (CHU) Ibn Rochd de Casablanca, les prend en charge depuis le 19 février 2018. Ils y subissent une série d’opérations chirurgicales, allant des plus simples aux plus compliqués, en cardiologie, urologie, ophtalmologie, ORL, gynécologie, pédiatrie, etc. D’où une forte affluence de malades pauvres laissés en rade par un système médical public aux coûts élevés.

Dr.Sneiba et son équipe à leur départ de Casablanca

Ces malades ont été convoyés par bus et pris en charge dans des sites à Atar, grâce à l’action conjuguée de l’ONG ASPOM et sa président Seyide Mint Yengé, ainsi que ses jeunes volontaires de l’initiative «La Mauritanie d’Abord » et ceux du Réseau de la Jeunesse à l’Heure d’El Mina dirigée par Moussa MBareck. Plusieurs hommes, femmes et enfants souffrant de diverses pathologies et qui n’ont que peu d’accès aux hôpitaux publics ont ainsi bénéficié de cette caravane et de l’action des ONG sur le terrain.

L’hôpital d’Atar offre ainsi à l’équipe médicale marocaine son plateau technique, pour les opérations de chirurgie, alors que les autres services (consultations, radiologie, médecine générale…) sont effectués au Centre médical de la ville.

Une forte affluence de malades à Atar

Ces opérations chirurgicales, ainsi que les autres services, soins médicaux, analyses et médicaments se poursuivront jusqu’au 24 février et sont  totalement gratuits. Un geste humanitaire qui a été saluée par les populations bénéficiaires. Ainsi, quelques témoignages audios ont été envoyés par Ismaëla, l’un des jeunes bénévoles de «La Mauritanie d’Abord». Dans l’un d’entre eux, la mère de la petite Roghaya Mint Mouhamane, 11 ans, venue de Zrayib à Atar pour se faire opérer, s’est dit satisfaites des soins subis par sa fille, elle qui n’espérait pas une telle providence. «Nous n’avons rien déboursé, même pour les médicaments » témoigne-t-elle. Même témoignage de la part de Sultana Mint Kaber, 39 ans, qui est venue de Nouakchott avec sa petite fille qui souffre d’oreillons. Moyah Mint Jidou, 9 ans, est une autre enfant  en provenance de Nouakchott qui souffre d’une complication au pied

La petite Moya souffre du pied

Pour le Dr.Soufiane Harbi, cardiologue, il s’est dit honoré d’avoir participé à cette expédition médicale et que tout se passait bien. Il a tout simplement relevé quelques moyens techniques non disponibles, telle présence d’un échographe. A part cela, il déclare que tout va bien et que la plupart des malades souffrent d’hypertension

A noter que c’est la 12ème année consécutive que le Dr.Sneiba, convoie des équipes médicales marocaines qu’il prend totalement en charge (billets, hébergements, nourritures) pour soulager la souffrance des malades mauritaniens.

Cheikh Aïdara

PHOTOS REPORTAGES

L’équipe de l’initiative La Mauritanie d’Abord en réunion avant le voyage d’Atar
L’équipe de jeunes bénévoles avec un chirurgien marocain
Un enfant malde transporté par sa mère
Les patients dans un site d’hébergement assuré par l’ONG ASPOM