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Oumtounsy : un aéroport du désert sans moyen de transport

Embarquer ou débarquer à partir de l’aéroport Oumtounsy de Nouakchott est un véritable cauchemar pour les voyageurs non véhiculés. Sans aucun service de transport, le voyageur qui doit prendre son vol n’a d’autres alternatives que de louer un taxi à 10 ou 12.000 UM (20 à 25 euros) si vous en trouvez, ou quémander un ami ou un proche souvent «rechignard » pour se faire déposer ou récupérer.

Aéroport Oumtounsy

Le pire, c’est lorsque vous êtes convoqués à 4 heures du matin, ce qui est souvent le cas, ou que vous arriviez aux environs de minuit. Si vous n’avez pas quelqu’un qui va vous déposer ou vous récupérer, vous êtes à la merci des rares chauffeurs de tacots qui osent s’aventurer dans ces lieux pour vous vider vos poches.

Et encore ! Les rares voitures taxis qui viennent chasser la chance à Oumtounsy, sont de véritables cercueils ambulants. Il s’agit en général de vieilles Mercedes cabossés qui donnent au voyageur étranger qui vient de débarquer pour la première fois à Nouakchott, une mauvaise impression du pays dont il vient de fouler le pas.

Comment concevoir qu’on mette des milliards à construire un  aéroport à 35 kilomètres de la ville sans prévoir un service de transport, par bus ou taxi. Pour le train, nous ne sommes pas encore le Sénégal dont le nouvel aéroport Blaise Diagne, dont l’ouverture au trafic est prévue pour le 7 décembre prochain, sera relié à la ville de Dakar par 40 kilomètres de chemin de fer et un train pour transporter les voyageurs.

Le pire est réservé aux étrangers. Ils débarquent dans un très bon aéroport et une fois dehors, tu les vois guetter du regard un taxi flambant neuf, comme on en voit dans tous les aéroports. Ils voient souvent avancer un homme, boubou sale traînant derrière lui, qui leur propose les yeux de la tête pour les amener en ville. Une fois le prix fixé d’un commun accord, nos pendouillards se voient embarquer en général dans une vieille rimbarde aux portières défoncées, souvent sans poignet, avec un salon dégarni, sans tableau de bord et des phares à demi mortes.

Cheikh Aïdara


«RYADYA» : la future chaîne TV Sport de Mauritanie

Une nouvelle chaîne de télévision dédiée exclusivement au sport en Mauritanie va être lancée bientôt. «La Super coupe de football prévue le 28 novembre prochain à Kaédi sera le premier match qui sera diffusé en direct à partir de cette chaîne» a annoncé Ahmed Ould Yahya, président de la Fédération mauritanienne de football(FFRIM) , en marge d’une réunion de travail suivie d’une rencontre avec les acteurs du monde sportif qui s’est tenue le jeudi 12 octobre 2017 dans l’amphithéâtre de la fédération à Nouakchott.

De gauche à droite : Pape Amghar Dieng, Ahmed Yahya, Khira Mint Cheikhani et Ahmed Salem Ould Boukhreiss (Photo Aidara)

La Mauritanie aura bientôt sa propre chaîne de sport. Une demande longtemps exprimée par les acteurs sportifs. «Cette chaîne de télévision fait partie des engagements que le président Mohamed Abdel Aziz avait pris et qui se réalise enfin » a déclaré Mme Khira Mint Cheikhani, Directrice générale de la Télévision publique de Mauritanie «El Mouritania» (TVM).

Ahmed Ould Yahya, président de la FFRIM de renchérir, «cette télévision est l’expression de la volonté du président de la République et du gouvernement mauritanien face aux aspirations mille fois exprimée de la jeunesse et du monde sportif qui a toujours réclamé un tel support ». Cette annonce a été faite en marge d’une réunion de travail élargie à leur staff, entre la Directrice générale de la télévision nationale et le président de la FFRIM, le jeudi 12 octobre 2017 dans les locaux de la fédération.

Au sortir de cette réunion, la rencontre a été élargie aux présidents de club et aux journalistes. Face aux questions, la DG de la télévision a voulu recadrer les débats. «Ce n’est pas une conférence de presse mais un échange avec vous pour qu’ensemble nous puissions peaufiner les contours de ce qui va être le contenu et le format des émissions sportives qui seront réalisées » devait-elle préciser.
Certes, la chaîne concernera toutes les disciplines sportives, mais le premier partenariat conclu semble être celui ficelé avec la fédération de football, la seule qui serait activement prête à alimenter les émissions d’une manière constante, selon la directrice de la TVM.

Un draft des programmes a été esquissé par Sidi Ould Nemine, un des conseillers de la télévision publique. Ainsi, le programme phare s’articulera autour d’émissions interactives en direct avec la présence de grands analystes sportifs, avec des rétrospectives sur les anciennes gloires, des documentaires, des infos sportives, mais surtout la retransmission en direct des matchs du championnat national de football et des rencontres internationales.

La future chaîne sportive, qui sera totalement indépendante, selon Khira Mint Cheikhani, sera logée dans l’enceinte de la télévision de Mauritanie et pourra ainsi profiter de ses équipements mais aussi de ses techniciens. «L’aspect technique et logistique pour la chaîne de sport est déjà réglé » a soutenu Sidi Ould Nemine. Le studio  de la télévision de la fédération de football et son personnel seront également mi s à la disposition de la future chaîne.

La rencontre s’est déroulée en présence du conseiller du Ministre de la Jeunesse et des Sports Ahmed Salem Ould Boukhreiss et du président de la Ligue nationale de football, Pape Amghar Dieng.

Cheikh Aïdara


4ème édition Rebranding Africa Forum : promouvoir les talents et mobiliser le secteur privé

Devenu depuis trois ans un des évènements phares où l’Afrique réfléchit pour l’Afrique au cœur de la capitale belge, selon les propos ramassés du Vice-Premier ministre chargé des Affaires étrangères et européennes du Royaume de Belgique, Didier Reynders, le Rebranding Africa Forum a tenu toutes ses promesses au cours de sa 4ème édition qui s’est tenue les 5 et 6 octobre 2017. Organisée autour du thème «Enjeux et défis des systèmes financiers africains  face au dividende démographique», cette édition dont l’invité d’honneur était la Guinée, avec la présence du Premier ministre Mamady Youla, fut un laboratoire et un creuset d’expériences pour l’Afrique.

A l’ouverture du Rebranding Africa Forum

«Deux leviers doivent être activés pour le décollage de l’Afrique : le renouvellement de la philosophie de développement du continent et l’analyse de la praxis pour le bien-être de la population » a déclaré Thierry Hot, fondateur du Rebranding Africa Forum à l’ouverture de la 4ème édition de ce think thank organisé en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), les 5 et 6 octobre 2017 à Bruxelles.

L’ouverture

Plusieurs orateurs ont pris la parole à l’entame de ce grand laboratoire et formidable creuset d’influence qu’est devenu le Rebranding Africa Forum qui cherche depuis trois années d’affilée «à mettre l’Afrique en perspectives, à partir d’un diagnostic sans complaisance de son état de santé ainsi que ses atouts » selon Thierry Hot.

Parmi les orateurs, le Premier ministre guinéen, Mamady Youla, selon qui le thème retenu au cours de cette édition «Enjeux et défis des systèmes financiers africains face au dividende démographique» s’inscrit parfaitement dans la dynamique de la recherche de solutions aux nombreux défis de développement auxquels l’Afrique se trouve confrontée. «Un pays dans lequel la part des jeunes dans la population augmente et le taux de fécondité diminue, peut récolter les fruits d’un dividende démographique» a-t-il précisé.

Agriculture, services et capital humain

Trois panels ont été présentés durant l’édition 2017 de Rebranding Africa. Le premier a porté sur le «Pari agro-industriel». L’occasion pour les panélistes de rappeler l’engagement des chefs d’Etat africain à Maputo d’accorder10 % de leurs budgets nationaux à l’agriculture, tout en se demandant «comment l’Afrique peut-il réussir sa révolution verte» si les pays qui la composent ne veulent pas consentir assez de ressources au secteur agricole. D’autres parmi les panélistes trouvent que les subventions à l’agriculture ne sont pas la solution et qu’il suffit d’équilibres simples pour permettre au paysan africain de disposer de semences de qualité et de moyen pour rehausser ses rendements.

Le deuxième panel relatif aux «Opportunités du marché des services» a permis d’ouvrir un débat contradictoire entre les panélistes. Certains ont valorisé le triptyque Jeunesse-Services-Numérique, soutenant que la jeunesse africaine doit être formée à créer des applications selon les secteurs de leurs choix. Le secteur service qui occupe le tiers du PIB des pays africains, bute cependant selon les intervenants sur des problèmes de financement mais aussi de connaissances pour générer des réponses structurantes, comme un enseignement plus adapté aux réalités africains à la place de celui hérité du colonisateur.

Enfin, le troisième panel, inscrit sous le thème «Investir dans le capital humain», avait pour objectif de clarifier le débat sur la nécessité ou non pour l’Afrique de viser un dividende démographique, afin de doter le continent africain d’un capital humain à la mesure de son désir d’émergence. Il s’agissait d’évaluer l’ensemble des systèmes financiers à mettre en œuvre pour y parvenir.

Pour les panélistes, l’Afrique est le continent le plus jeune avec les taux de chômage les plus élevés au monde. Ainsi, 10 à 12 millions de jeunes diplômés arrivent, selon les experts, chaque année sur le marché de l’emploi, lequel n’offre pourtant que 3 millions d’opportunité de travail.

Mais il y a 30 millions d’autres jeunes non instruits et non formés que les statistiques semblent oublier, rappellera Mabingué NGom, directeur régional de l’UNFPA.

Les chiffres restent ainsi effrayants, avec ses 420 millions de jeunes africains âgés de 15 à 35 ans dont le tiers ne travaille pas.

Le clou

La 4ème édition du Rebranding 2017 a été aussi marquée par la présence de hautes personnalités, outre le Premier ministre guinéen et le Vice-Premier ministre belge, celle de Cécile Kyenge, Députée au Parlement Européen et André Flahaut, ministre d’Etat de la Belgique de la Fonction Publique et de la simplification administrative au sein de la Fédération Wallonie de Bruxelles.

Enfin, le clou de l’édition, la soirée gala et la remise du Prix Innovation d’une valeur de 10.000 euros à Fohla Mouftaou, un des promoteurs de Green Keeper africa, la start-up béninoise avec sa technologie qui transforme la jacinthe d’eau en filtre dépolluante.

Cheikh Aïdara


Mauritanie-Comores : le doute s’installe

L’équipe nationale de Mauritanie, les Mourabitounes se sont inclinés le vendredi 6 octobre 2017 sur le stade de Bizerte (Tunisie) en match amical international, face au Coelacantes des Comores sur le score de 1 but à 0. A Nouakchott, c’est déjà la panique, à quelques encablures d’un match Mauritanie-Burkina Faso prévu en mars 2018 pour le compte de la deuxième journée des éliminatoires de la CAN 2019.

Les Comores jubilent après leur victoire (Photo Africasport)

L’entraîneur français des Mourabitounes, Corentin Martins doit des explications sérieuses au monde sportif mauritanien, bouleversé par les dernières contre-performances de l’équipe nationale. Au vu des résultats glanés par nos équipes A et B (les locaux) lors de nos 7 derniers matchs, le doute commence à s’installer. Une seule victoire 1 à 0 contre le Mali pour une phase qualificative au CHAN, deux matchs nuls contre le Mali 2-2, et face au Kenya 1-1, et quatre défaites, 1-0 contre le Libéria, 3-1 contre le Mali au Ghana lors de la Coupe de la confédération africaine de football, 2-0 contre le Niger au Maroc, et ce 1-0 synonyme d’insulte contre les Comores, 144ème sur le classement FIFA.

Certes, il s’agit pour la plupart de matchs amicaux, comme celui joué en Tunisie contre les Comores, mais ces défaites successives, dues en partie à la mauvaise condition des joueurs, leur manque d’engagement et leurs maladresses commencent à donner un goût amer.

La déception qui se lit dans les commentaires des journalistes et observateurs sportifs font fleurir ici et là des interrogations, surtout que les Mourabitounes semblent prendre un malin plaisir à déjouer les pronostics les plus optimistes. Les Mauritaniens ont pêché sur toutes les lignes, surtout en attaque et les maladresses d’un Beigueli qui vient d’entamer une carrière internationale en Algérie.
Pendant une bonne partie de la première période, les protégés de Martins avaient même des difficultés à sortir le ballon de leur carré de terrain, selon plusieurs observateurs.

Au lieu d’une construction de jeu, les coéquipiers de Bakary Ndiaye se contentaient de longs dégagements qui occasionnaient des contre souvent fatidiques pour le portier Souleymane Diallo, obligés au cours du jeu de céder sa place à Casias.

Plus entreprenant et plus constructeur, les Comoriens qui se pensaient des outsiders commenceront à y croire, poussant les Mourabitounes dans leurs derniers retranchements. Epuisés, lessivé, sans condition physique, sans vision de jeu, les Mauritaniens succomberont à 4 minutes de la fin du match, en encaissant un but assassin signé par l’avant-centre comorien, Youssouf M’Changama.

Malgré les changements opérés par Corentin Martin, le score ne changera pas jusqu’au coup de sifflet final.

Eliminés tous les deux de la qualification à la Coupe du Monde Russie, Mauritaniens et Comoriens  préparent la reprise en cours des éliminatoires de la CAN en mars 2018.

Cheikh Aïdara