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2ème journée Super D1 : l’ordre des préséances bousculées

Les équipes de l’intérieur, Atar et Kaédi, qui viennent d’accéder à l’élite du football national confirment de nouveau qu’ils ont bien mérité leur ascension et qu’ils ne comptent pas jouer les seconds rôles. Avec deux matchs et deux victoires, le FC Teyssir trône pour l’instant à la tête du championnat national. Les Kaédiens viennent également de confirmer leurs ambitions en arrachant le nul pour leur premier déplacement à Nouakchott.

A Zouerate, derby entre la Garde et Kédia (Photo : LNF)

Vendredi 6 octobre sur la pelouse du Stade Cheikha Boydiya, le FC Teyssir a arraché sa deuxième victoire d’affilée en battant l’AS Police par 2 buts à 1, tandis que les Kaédien forçaient l’AJ Riadh au nul 1 but partout. C’est Ethmane Sidi qui a ouvert le score pour les locaux de l’AJ Riadh à la 17ème minute avant que les Kaédiens n’égalisent par l’intermédiaire de Thiam Oumar sur une belle reprise de volée en seconde période de jeu.

En deuxième heure, l’ASAC Concorde a lancé son compteur de victoire en étrillant le FC Deux sur le score de 2 buts à 0. Ce qui les compense de leur défaite 2 à 0 concédée devant le FC Nouadhibou lors de la première journée.

A Zouerate, la Garde Nationale a imposé le nul aux miniers de la Kédia, 2 buts partout. C’est la Garde qui a le premier ouvert le score à la 7ème minute. Une avance précieuse que les protégés du Capitaine Eleya conserveront jusqu’à la mi-temps. A la reprise, les miniers de Zouerate prennent le match en main et parviennent à remettre les pendules à l’heure en égalisant puis en doublant la mise. Mais c’était sans compter avec la pugnacité des Gardes qui égaliseront grâce à un coup franc repris de la tête.
Ce soir, dimanche 8 octobre, les aficionados ont rendez-vous avec un derby FC Tevragh-Zeina contre Ksar. En deuxième heure, ce sera le choc AS Tijikja contre SNIM, tandis que FC Nouadhibou et Nouakchott Kings s’expliqueront dans un autre derby passionnant le 10 octobre prochain sur la pelouse du Stade Cheikha du Ksar.

Cheikh Aïdara


Dividende démographique : experts et communicateurs africains se penchent à Bruxelles sur le devenir du continent

Experts, communicateurs et décideurs africains se sont penchés pendant deux journées, les 5 et 6 octobre 2017 à Bruxelles, sur les opportunités d’investissement pour tirer pleinement profit du dividende démographique ainsi que sur les engagements des chefs d’Etat africain à travers la feuille de route qu’ils ont adoptée à Addis-Abeba en janvier dernier. «On ne peut pas espérer la capture du dividende démographique, si on continue à faire cinq, six, sept enfants » a prévenu M.Mabingue NGom, Directeur régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Le panel : de gauche à droite, Mme Rose, Mabingué,Yambate, Coumba, Thierry (Photo Aïdara)

En marge de la 4ème édition du «Rebranding Africa Forum » qui s’est déroulée du 6 au 7 octobre 2017 à Bruxelles pour mobiliser le secteur privé autour du dividende démographique, le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) a organisé une session satellite sur «investir dans la jeunesse pour tirer pleinement profit du dividende démographique». Cette rencontre organisée en collaboration avec la Banque Mondiale, le Global Business Coalition Health (GBH) et le Réseau des Jeunes Leaders Africains (AfriYan) a mobilisé communicateurs, journalistes et hommes des médias, mais également décideurs, secteur privés et experts du développement.

La rencontre s’était déroulée en présence de la nouvelle Directrice Exécutive de l’UNFPA, Mme Natalia Kanem, qui signait sa première sortie officielle, du ministre de l’Economie et de la Planification du développement du Tchad et président en exercice du Comité régional de pilotage du projet SWEDD, M.Nguéto Tiraïna Yambaye, du Directeur régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, M.Mabingué Ngom, du Directeur fondateur du Rebranding Africa Forum, M.Thierry Hot, des parlementaires dont la présidente du Forum des parlementaires africains sur les questions de population et développement, Mme Marie-Rose Nguini Effa, de la directrice du GBH, Mme Nancy Wildfeir-Field ainsi que l’artiste musicienne sénégalaise et «Ambassadrice de bonne volonté des Nations Unies», Coumba Gawlo Seck.

La session modérée par Ibrahima Cheikh Diong, PDG Africa Consulting and Trade, a ciblé en particulier les hommes des médias et les jeunes.

Apprends-moi le dividende démographie

Sur la sensibilisation et la dissémination en langage clair et concret de la notion du dividende démographique, les médias semblent en faire peu. C’est le reproche que les experts à Bruxelles ont fait à la presse, invitée plus que jamais à s’investir davantage dans le défi qui se cache derrière un concept en apparence compliquée mais qui touche en réalité toute la problématique du développement en Afrique.

Les journalistes participants (Photo Aidara)

Mabingué NGom part de faits réels et de chiffres concrets pour donner un aperçu de la situation. «Il existe un quartier à Abidjan où l’on enregistre 300 naissances par jour. Ce qui suppose qu’il faut construire chaque jour six classes de cinquante élèves. Donc autant de collèges, de lycées, d’amphithéâtres, de centre de santé et d’hôpitaux à construire pour prendre en charge cette poussée démographique. Des charges que nul pays ne peut supporter. Tant qu’on continuera à faire cinq, six, sept enfants par femme, l’Afrique ne s’en sortira jamais » a-t-il conclu. D’une manière plus générale, l’objectif visé dans la réalisation du dividende démographique est de réduire la population dépendante (les moins de 15 ans et les plus de 64 ans) et d’augmenter la population active, tout en investissant dans la jeunesse (éducation et formation) et dans la santé (santé de la reproduction, planning familial), lutter contre les mariages précoces, assurer l’autonomisation des femmes et des filles et promouvoir la bonne gouvernance.

C’est autour de cette problématique qu’ont tourné toutes les interventions, notamment celle du Dr.Justin Koffi, Cordonnateur SWEDD-UNFPA, qui est revenu sur la position commune africaine de 2014, l’Agenda 2030 des Nations Unies et l’Agenda 2063 de l’Union Africaine ainsi que sa Feuille de route et les quatre piliers qui la sous-tendent, à savoir, l’emploi et l’entreprenariat, l’éducation et le développement complémentaire, enfin la santé et le bien-être. Il a également évoqué la contribution de l’UNFPA dans le dialogue et le plaidoyer, le renforcement de capacité des acteurs, l’offre de services et le partage des connaissances, un package qui vise depuis des années à activer les différents leviers susceptibles d’accélérer la transition démographique en Afrique.

La directrice du GBH, Mme Nancy Wildfeir-Field a quant à elle insisté sur le rôle des partenaires financiers, notamment le secteur privé et les partenaires dans l’investissement dans la jeunesse, surtout la jeune fille, pour son implication en tant qu’actrice du développement.

Pour sa part, le ministre tchadien de l’économie, M.Yambaye, a affirmé que «la forte croissance démographique en Afrique est un frein à la croissance économique» si elle n’est pas maîtrisée et transformée en opportunités. Pour cela, il a insisté sur la nécessité d’investir dans le capital humain et de contrôler les naissances. «Plus de la moitié de la population africaine a moins de 15 ans et cette forte fécondité en Afrique représente une forte pression sur les ressources et les infrastructures de base » a-t-il fait remarquer. Pour lui, les consciences commencent à s’éveiller et le dividende démographique imprègne de plus en plus les esprits, notamment ceux des décideurs politiques, mais aussi des acteurs du changement que sont les jeunes, les religieux et les autres segments de la société civile. Il a évoqué dans ce cadre la réussite du forum sur «Islam, dividende démographique et bien-être » organisé fin juillet 2017 à Ndjamena au Tchad.

Les jeunes d’abord

Fortement impliqués dans tous les problématiques du développement, en particulier dans la question du dividende démographique grâce à la volonté du directeur régional de l’UNFPA, Mabingué NGom, la jeunesse africaine s’est fortement exprimée à Bruxelles, à travers la présence de plusieurs de leurs représentants et par la voix de Pape Arouna Traoré, Secrétaire Exécutif du réseau des jeunes leaders africain ou AfriYan. Leur mouvement, rappelle-t-il, est né dans la décennie de la Charte africaine de la jeunesse célébrée en Gambie, puis formalisée suite à l’appel du Directeur régional de l’UNFPA Mabingué NGom, dans son slogan «Young people first » ou la jeunesse africaine d’abord. Leur réseau, selon lui, est le résultat de telles circonstances, soulignant que depuis sa constitution, les jeunes ont entrepris plusieurs actions, dont la vulgarisation de la Feuille de route de l’UA pour le dividende démographique, une rencontre avec les parlementaires africains et le secteur privé. Pape Arouna Traoré déclare que les jeunes africains sont cependant déçus du manque de suivi des engagements pris par les décideurs et les acteurs africains.

Tables des jeunes membres de AfriYan (Photo Aidara)

D’autres intervenants ont réclamé carrément un Plan Marshall pour l’Afrique à l’image de celui qui avait permis à l’Europe, dévastée par la seconde guerre mondiale, de se reconstruire. »Il faut une ambition et une audace politique pour changer la donne. Nous devons avoir l’ambition d’une expansion à l’échelle des actions projetées. L’engagement politique doit se traduire par une action sur le terrain » a déclaré Mabingué NGom à la fin des travaux. Cela se fera, selon lui, par les startup qui permettent de valoriser le talent et l’innovation en Afrique, le passage à l’échelle des expérience concluantes, l’accélération de la politique fiscale, l’expérience du projet SWEDD vers le modèle 2.0 et  sa mise en œuvre partout en Afrique, soulignant que beaucoup de pays ont émis le souhait de profiter de l’expérience de ce projet sous-régional qui dans sa phase expérimentale ne concernait que six pays, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Niger, Mali, Mauritanie et Tchad. En 2017-2018, le projet SWEDD entamera une autre dimension de ses activités, a annoncé Mabingué NGom, citant l’amplification de ses messages par la presse et les médias ainsi que la réalisation d’un guide des réalisations démographiques.

Ces deux sessions ont été marquées par l’intervention phare de la nouvelle directrice exécutive de l’UNFPA, Natalia Kanem, pionnière de la «Santé de la reproduction». Elle a plaidé pour la réduction du taux synthétique de naissance qu’elle trouve trop élevé en Afrique, empêchant son décollage, tout en plaidant pour la cause de la femme africaine qui doit selon elle pouvoir exprimer sa pleine potentialité.et participer efficacement au développement du continent. Déjà à Londres où elle avait participé en 2016 au sommet sur la planification familiale, elle avait annoncé, au nom de l’UNFPA, l’objectif de 2 millions d’utilisatrices supplémentaires à l’horizon 2020.

Cheikh Aïdara


Daffor complètement assiégé par des brigades de gendarmerie

Le village mauritanien de Daffor relevant du département de Ould Yengé dans le Guidimagaha est à présent complètement isolé du reste du pays. Toutes les brigades de gendarmerie du Guidimagha sont actuellement sur place, en plus de renforts venus du Brakna et de l’Assaba. Personne ne rentre et personne ne sort.

Aperçu du village de Daffor (photo archive-google)

A l’origine, une révolte des jeunes qui a vite dégénéré, suite au refus du maire de leur accorder une deuxième autorisation.
Pour en savoir plus, nous avons contacté le maire adjoint de Daffor, M.Bakary Hamadi Camara, faute d’avoir eu le maire titulaire Camara Diadié Gagny. Selon lui, «les jeunes de Daffor avaient obtenu une autorisation de se réjouir jusqu’à minuit. Mais à minuit, au lieu de s’arrêter, ils ont continué à jouer du tam-tam, refusant de s’arrêter. C’est ainsi que les notables du village, excédés par le bruit, se sont réunis vers 4 heures du matin pour protester auprès du maire. Ils ont affirmé ne plus pouvoir supporter un tel tapage, et ont accusé le maire d’être le principal responsable d’un tel fait. »

Selon lui, les notables se sont dirigés ensuite vers les jeunes pour les disperser. Ce qui provoqua des escarmouches.  Le lendemain, les jeunes récidivèrent en introduisant une deuxième demande de réjouissance. Mais cette fois, le maire titulaire, Camara Diadié Gagny refusa catégoriquement de la leur accorder. C’est ainsi que les jeunes se lancèrent dans une vendetta, arrosant le domicile du maire de jets de pierre, le blessant lui et son frère. Puis les jeunes se mirent à saccager la mairie, détruisant tout sur leur passage, avant de se diriger vers le marché pour mettre le feu à quelques hangars. Face aux troubles, les quelques éléments de la brigade locale tentèrent de s’interposer. Ils seront accueillis par une pluie de pierres qui blessèrent quelques gendarmes.

Face à de si graves incidents, des renforts sollicités arrivèrent de toutes les brigades du Guidimagha, en plus des brigades du Brakna et de l’Assaba.

«Les gendarmes ont arrêté d’abord 19 personnes, mais face à la pression des jeunes, ils en libérèrent quelques-uns et amenèrent les meneurs du trouble vers la brigade de Ould Yengé» a précisé le maire adjoint.

Aujourd’hui, après trois jours d’émeute, la situation est maîtrisée, mais Daffor reste complètement isolé, encerclé par des centaines de gendarmes. Une enquête a été ouverte.

Seulement, quelques sites d’information commencent à mettre le feu sur l’huile. Si certains évoquent déjà des problèmes raciaux en parlant dans certains réseaux sociaux «d’une armée d’occupation venue mater des populations noires » d’autres parlent d’un conflit de classe «entre la noblesse locale et des jeunes issus des castes inférieurs ». D’autres encore vont plus loin, en évoquant des «tensions politiques, et la manipulation des jeunes par des forces hostiles au pouvoir.»

En réalité, selon le maire adjoint de Daffor, Bakary Hamadi Camara, il n’en est rien. «Il ne s’agit ni plus ni moins que d’un trouble à l’ordre public causé par des jeunes qui veulent outrepasser l’autorité du maire ».

Plusieurs questions se posent ainsi face à l’attitude des jeunes de Daffor. Beaucoup lient leur révolte au désœuvrement que vit actuellement la jeunesse mauritanienne, abandonnée à elle-même sans horizon et sans espoir. Les incidents de Daffor ne seraient en définitive que l’un des aspects du malaise que vit cette jeunesse, repue de frustration et de mal être.

Cheikh Aïdara

 


Mauritania Airlines, compagnie nationale ou compagnie arnaque

Profitant de son quasi monopole sur certaines lignes aériennes, notamment l’axe Nouakchott-Dakar et Nouakchott-Tunis, Mauritania Airlines se comporte en véritable prédateurs, en plus de la qualité de ses services, de ses retards incessants et de ses annulations de vol sans prévenir.

Imaginez-vous que l’axe Nouakchott-Dakar qui dure 45 minutes coûte plus cher (149.000 UM) que Nouakchott-Tunis (140.000 UM) qui dure 3 heures de temps ! Mauritania Airlines profite de ce monopole avant le décollage d’Air Sénégal, pénalisant ainsi les Mauritaniens qui sont plus nombreux sur cet axe. Mieux, le billet sur Las Palmas est paradoxalement plus cher aujourd’hui qu’il y a un mois, bien qu’il y ait moins de voyageurs ! Quelle aberration ou quelle politique commerciale ! Pourtant, en tant que compagnie nationale, Mauritania Airlines devait appliquer des tarifs concurrentiels face aux compagnies étrangères. Elle devait faciliter les déplacements des citoyens mauritaniens qui ont été en partie saignés à blanc pour sa création.

En plus de profiter largement de cette situation, en l’absence de compagnies nationales dans les pays comme le Sénégal ou le Mali, pour plumer les voyageurs mauritaniens, Mauritania Airlines est toujours en retard. Son équipage verses quotidiennement dans des excuses plates au moment des décollages. Que dire alors des annulations intempestives de vol, qui laissent parfois en rade des voyageurs souvent désargentés et à l’étranger, ne sachant à quel saint se vouer en attendant la prochaine programmation.

Il n’est pas étrange que la compagnie mauritanienne soit actuellement sous la ligne de mire de la presse nationale. Les articles fouillés sur sa gestion chaotique, aussi bien sur le plan financier que technique, remplissent chaque jour les colonnes des sites d’informations.

La situation est d’autant plus incompréhensible que la compagnie a modernisé sa flotte et possède actuellement 2 appareils type Boeing 737-500 (dont l’un est cloué depuis des jours à Dakar), 1 Boeing 737-700, 1 Embraer 145 et 1 Boeing 737-800. Elle est même sur le point d’acquérir un deuxième Boeing 737-800 MAX aux Etats-Unis. Le problème est que Mauritania Airlines qui cherche à élargir ses horizons, après Paris et Las Palmas vers Jeddah, souffre d’un manque de personnel navigant, notamment des pilotes expérimentés, après le départ de plusieurs d’entre eux vers d’autres compagnies plus disant.

Avec une flotte aérienne de 5 appareils et trois équipages fonctionnels (7 personnes), la compagnie doit d’abord combler son important déficit en personnel, car elle a besoin d’au moins douze équipages. Elle doit nécessairement soit rappeler ses pilotes qui ont migré vers d’autres compagnies avec une bonne incitation, soit recruter des pilotes étrangers (ce qui serait difficile vu les salaires dérisoires proposés) et commencer dès à présent à former des pilotes. Sans cela, Mauritania Airlines sera obligé de clouer un de ses appareils au sol, faute de personnel navigant.

Le personnel actuel se plaint déjà de la faiblesse des revenus qui leur sont accordés et de graves accusations de malversations et de mauvaise gestion pèsent sur la direction de la compagnie aérienne nationale.

Il faut rappeler que Mauritania Airlines a été lancée en décembre 2010 sur les cendres de Mauritania Airways et d’Air Mauritanie. Elle est entièrement détenue par l’Etat mauritanien et dessert douze destinations en Afrique avec une flotte de 5 appareils, un sixième serait en route. Son capital de départ vient de plusieurs fonds d’entreprises publiques, comme la Société industrielle et minière (SNIM) ou la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss).

Cheikh Aïdara