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4ème journée du Championnat D1 : Tevragh-Zeine déçoit et Kaédi connait sa première défaite

C’est l’inquiétude dans les rangs du FC Tevragh-Zeine. L’équipe plusieurs fois championne de Mauritanie et qui a dominé le football national ces dernières années n’est plus que l’ombre d’elle-même. Elle a été battue l’après-midi du samedi 21 octobre 2017 par la Garde Nationale sur le score de 1 but à 0 au Stade Cheikha Boydiya.

Tevragh-Zeina en noir et blanc, la Garde en rouge (Photo Aidara)

Avec une défense dominée par deux grandes citadelles, Abdellahi Bilal et Cheikhna Varajou, très bons sur les balles aériennes mais fébriles devant des attaquants véloces, un milieu de terrain avec un Sid’Amar Brahim esseulé et une attaque presqu’inexistante, les poulains de Moussa Khaïry doivent se remettre en question s’ils veulent aller loin dans le championnat.

Tout s’est joué en seconde période, après un nul vierge en première mi-temps nul sur le plan du jeu et de la conception. L’arbitre avait aussi sa partition dans le jeu décousu livré lors des premiers 45 minutes avec un pénalty non tiré en faveur de Tevragh-Zeine, sous la protestation du public. Mais d’occasions nettes de scorer il n’y en eut presque pas. N’eût été la maladresse des attaquants de Tevragh-Zeina devant les buts de la Garde, le score aurait tout autre.

C’est vers la 56ème minute, après un travail remarquable de Aboubeye Souleymane qui a presque effacé toute la défense Tevragh-Zeinoise pour piquer une passe dans l’extrême ligne de but, que Abderrahmane Sy n’eut aucune difficulté à prolonger la balle dans la cage de Mohamed Salehdine Saleck dit Casias. Plus entreprenants dans l’entre-jeu, les Rouges de la Garde se montrèrent plus incisifs, tant et si bien qu’ils obtiennent un deuxième but refusé par l’arbitre à la 66ème minute. Pourtant, ce but a été d’abord validé avant d’être transformé en coup-franc pour charge sur le gardien. Ce qui provoqua un tollé de protestation qui ne faillit s’éteindre sur les gradins.

Et c’est sur ce score de 1 bu à 0, que le match prendra fin. Le FC Tevragh-Zeina signait là sa seconde défaite en deux journées consécutives, avec celle concédée la semaine dernière devant la SNIM à Nouadhibou. Avec seulement 4 points au compteur, les protégés de Birama Gaye risquent de glisser encore plus bas sur le classement, eux qui pointaient à la 15ème place.

Avec les trois points de la rencontre, les poulains du Capitaine Eleya se rapprochent quant à eux du peloton de tête avec 7 points.

La Kédia pulvérise Kaédi 4 buts à 1

A Zouerate où le FC Kaédi, nouveau promu de la première division évoluait pour sa première sortie, les miniers de la Kédia n’ont pas fait dans la dentelle. Ils ont pris le match dès le début et n’ont laissé aucune chance aux Kaédiens. Score final, 4 buts à 1. Ce qui propulse pour le moment la Kédia à la première place du championnat aux termes de ces quatre premières journées.

Les banlieusards de Riadh surprennent Tijikja

En deuxième heure du match joué le samedi sur la pelouse du Stade Cheikha Boydiya, juste après la rencontre Tevragh-Zeine/Garde Nationale, les banlieusards de l’AJ Riadh ont pris le meilleur sur l’ASC Tijikja. Score final 1 but à 0, but inscrit à la 56ème minute par Barry Alioune sur un mauvais dégagement du gardien de but.

Pourtant, c’est Tijikja qui s’était fait menaçant avec cette belle occasion de Homoye Ould Tanji qui face à face avec l’ancien international et gardien de but des Mourabitounes, MBaye Lemine, a raté son tir.
Le vendredi 20 octobre, toujours au Stade Cheikha Boydiya, l’ASAC Concorde avait battu la SNIM sur le score de 3 buts à 0.

La 4ème journée de la D1 s’est poursuivie dimanche à Nouakchott et à Nouadhibou, avec les rencontres FC Nouadhibou contre FC Teyssir d’Atar, Nouakchott Kings contre ACS Ksar et ASC Police contre FC Deuz. Nous y reviendrons plus amplement dans notre prochaine édition.

Cheikh Aidara

 


A Abidjan, les experts au chevet d’un malade nommé Sahel

Le Sahel est une région malade et misérable, une des régions les plus malades et les plus misérables du monde.

De très nombreuses femmes y meurent chaque année en donnant la vie. Au Sahel, les enfants ont peu de chance de fêter leur cinquième anniversaire. Les jeunes, même diplômés, ont perdu toute illusion : pas de travail et pas de perspective d’avenir (avec la déception d’avoir suivi des études supérieures, pendant plusieurs années, qui ne mènent à rien).
Le Sahel, c’est aussi la région du monde où l’on fait des dizaines d’enfants avec la certitude que la Providence leur ouvrira la voie du succès et qu’Allah se chargera de leur subsistance. En réalité, beaucoup d’entre eux finissent dans la rue, ils deviennent brigands de grands chemins, quand ils ne sont pas récupérés par le premier recruteur de la région, Al Quaïda ou Boko Haram, qui les transforme en torchon ambulant ou en tueur en séries.

Crédit photo : Presse-dz

Au Sahel, plus de la moitié de la population – c’est-à-dire les femmes – est exclue du cycle de production économique. Des analphabètes, on en forme des millions. De simples mères pondeuses, des esclaves sexuelles, tout juste bonnes à faire des enfants dès le plus jeune âge, sans droit au chapitre dans la vie de la cité, y compris pour décider de leur propre sort ou de celui de leurs enfants. On les répudie souvent, vieille dès l’âge de trente ans, un paquet de marmots sur les bras, sans instruction, sans formation et donc sans travail.

Dans les pays du Sahel, qui vivent sous perfusion de la finance mondiale, règne la corruption : détournement des deniers publics, détournement de l’aide internationale et des  prêts préférentiels. Les pays du Sahel creusent ainsi, année après année, des gouffres dans leurs budgets nationaux, hypothéquant l’avenir de plusieurs générations à venir.

Les écoles des pays du Sahel forment des chômeurs analphabètes. Quant aux structures de santé, elles accueillent des malades que l’on détrousse et saigne à mort avant leur séjour à la morgue.

Dans ces pays végètent des élites corrompues, des chefs d’Etat à vie et des dictatures implacables. Ces élites ratifient tout ce qui bouge en matière de traités ou de conventions internationales. Elles affament le peuple, le paupérise et le tient parfois en joue avec des armées républicaines transformées en milices.

Ces élites bien en chair se soignent à l’étranger, loin des hôpitaux mouroirs de leur pays. Elles envoient leurs progénitures dans les plus prestigieuses écoles du monde, loin de leurs écoles à abrutir le petit peuple qui applaudit les réalisations du grand guide éclairé.

Oui, il faut le dire, malheureusement le Sahel en est encore là.

Guerres, famine, maladies, fanatisme, rébellion, contre-rébellion, drogue, prostitution, trafics illicites en tout genre, violences… tout cela fournit chaque jour de la matière à la presse internationale.

Voilà les gros mots, et les gros maux, dont souffre le Sahel.

Le Sahel, ce macchabée que l’on tente de ressusciter depuis des décennies, que ce soit à Abudja, à Nairobi, à Addis-Abeba, à Maputo, à Johannesburg, à Niamey, à Bamako, à Dakar ou encore à Nouakchott, et même à Londres, Paris ou Bruxelles. Que de sommets, que de discussions… En vain.

La rencontre d’Abidjan les 17 et 18 octobre derniers, consacrée à l’engagement des Premières dames des pays membres du SWEDD (Projet d’Autonomisation des femmes et du dividende démographique au Sahel), après les engagements non tenus de leurs maris, n’est que la toute dernière intervention du médecin avant la mort, une énième tentative de venir au secours de peuples dont le plus grand malheur vient de leurs dirigeants.

Cheikh Aidara


Abidjan, une ville sans petit déjeuner

Se réveiller le matin pour dénicher un coin où prendre un petit déjeuner dans le quartier de Cocody Palmeraie Riviera d’Abidjan semble relever de la gageüre. Même l’ami Hacen, ce Libanais dont le chic resto fait face au grand rond-point baissait ses rideaux en cette journée lourde du 17 octobre 2017.

Trois Mauritaniens perdus dans les rues abidjanaises à la recherche d’un café matinal, c’était comme des Extraterrestres perdus dans un coin de l’Afrique. Pas un cafétéria ouvert. Des centaines de mètres à déambuler dans les rues cabossées, à la merci de chauffards perdus dans cette jungle motorisée. A 8 heures déjà, c’est le grand embouteillage. De ceux qui font perdre aux plus sages leurs langages modérés. Pétarades, embardées, les chauffeurs d’Abidjan sont les plus indisciplinés du monde. Et dire qu’on se plaignait de la pagaille des «Tout-droits Nouakchottois » qui nous semblaient être les diablotins de la circulation routière.

On se rend compte qu’ils devront descendre ici à Abidjan pour des stages de formation pour un «certificat de dernière degré de chauffarisme ». Presque tous les resto avaient baissé les rideaux. A croire qu’à Abidjan, on ne déjeune pas. Les trois Mauritaniens vont d’une indication à une autre.

«Non messieurs, on ne vend pas de café, seulement des croissants » entonne d’une voix mielleuse une jeune fille derrière le comptoir d’une pâtisserie. «Allez voir chez le Roi du Poulet ».

Encore, quelques centaines de mètres plus loin, dans une ruelle encore plus cahoteuse et dégradée que toutes celles déjà empruntées. Ici et là des flaques d’eau, vestiges de la forte pluie qui s’était abattue la nuit. Dire qu’en Mauritanie, l’on rêve d’une seule goutte alors qu’ici le ciel semble si clément.

Un vide abyssal de nourriture

Au «Roi du Poulet », la place semble vide. Un jeune arabe se cache derrière un comptoir barricadé.

«Non, nous n’avons pas de petit déjeuner à vendre ».

Nos petits chasseurs de «café-chaud-le-matin » roulent des yeux pour repérer ne serait-ce qu’une gargotte. Ils reniflèrent l’air à la recherche d’une providentielle odeur de café. Ils n’humèrent que l’odeur fétide du sol trempé d’eau fade. Ils piquèrent vers une boutique à côté, histoire de se payer n’importe quoi pour se mettre dans la panse.

«On n’a pas de lait frais » susurre le boutiquier, qui  tendait trois bouteilles de lait tiré d’une caisse.

N’en pouvant plus, l’un des Mauritaniens lui lança «et pourquoi tu ne gardes pas du lait frais dans ton frigo ? »

«Ça ne se vend pas » lui répondit le vendeur.

«Alors pourquoi acheter alors du lait si ça ne se vend pas ? » Sans attendre la réponse, les trois Mauritaniens lui laissèrent ses trois bouteilles de lait sur le comptoir. Puis ils décidèrent d’aller prospecter ailleurs. Toujours à la recherche du petit déjeuner qui semblait aussi rare que la silhouette d’une sirène. Une jeune fille venait d’ouvrir sa petite échoppe. Devant, c’était écrit «Resto du coin, café chaud » avec le dessin d’une grosse tasse fumante à l’entrée. Le sourire apparut sur le visage de nos trois chasseurs de «Petit Dej ».

«Vous avez du café ? » s’enquirent-ils, en prenant déjà place comme si la réponse était évidente. «Oui » répondit-elle.  Le visage de nos amateurs de chaud se fendit de larges sourires.

«Vous avez quelque chose de prêt ? » demandèrent-ils de nouveau.

«Non, malheureusement, cela va prendre un peu de temps, je viens d’ouvrir » leur rétorqua-t-elle.

Le temps pressait et nos trois «amateurs de café matinal » avaient déjà perdu plusieurs minutes sur leur rendez-vous. La circulation, déjà trop embouteillée ne leur laissait nullement le choix. Décidément à Abidjan, en tout cas dans ce coin-ci de Cocody, vaut mieux s’abonner à la diète matinale.

Cheikh Aîdara


A Abidjan, les Premières Dames du Sahel s’engagent pour le changement social

L’immense salle de conférence de l’Hôtel Ivoire d’Abidjan a abrité le 18 octobre 2017 l’engagement des Premières Dames des pays du Sahel en faveur du changement social et comportemental dans leur pays respectif. Elles se sont engagé solennellement à encourager entre autres, l’éducation des filles, l’autonomisation des femmes et des adolescentes ainsi que leur accès à des services de santé de qualité, notamment dans le domaine de la santé reproductive, et de lutter contre les mariages précoces.

Successivement Mesdames Kaboré du Burkina Faso, Mme Keïta du Mali et Mme Issoufou du Niger ont lu leur serment d’engagement en faveur de l’autonomisation des femmes et du dividende démographique dans leur pays respectif. Le discours de la Première Dame de Mauritanie, Marième Mint Ahmed dite Tekber a été pour sa part distribué à quelques participants. Souhaitant la bienvenue à ses consœurs du Sahel et aux délégations présentes, la Première Dame de Côte d’Ivoire, Mme Ouattara, très active dans le domaine social dans son pays, a mis en exergue la symbolique de l’évènement. Elle a évalué à sa juste mesure l’engagement des Premières Dames du Sahel en faveur de la campagne de communication pour le changement social et de comportement. Elle s’est dite convaincue qu’avec cet engagement de haut niveau, le Sahel qui affiche les indicateurs sociaux les plus alarmants, parviendra à renverser la tendance.

Auparavant, plusieurs orateurs s’étaient succédé sur le podium, à l’image de la ministre ivoirienne du Plan, Kaba Nialé, qui avait lu le discours d’ouverture de la journée, le représentant de la Banque mondiale et le directeur adjoint de l’Organisation ouest-africaine de la Santé qui a déclaré que «malgré les efforts consentis par les pays du Sahel et qui se sont traduits par de fortes croissances économiques, des défis de taille subsistent, comme la mortalité maternelle et infantile élevée, la situation alarmante des adolescents et des jeunes, les mariages et les grossesses précoces, la croissance non maitrisée de l’accroissement de la population due à de forts taux de fécondité ». Selon lui, «nous cherchons à travers l’engagement des Premières Dames qu’elles participent à l’amélioration du bien-être des femmes, en usant de leur position pour booster les politiques en leur faveur ».

Mme Ouatara et Mme Aziz dite Tekber (Photo Aidara)

Quant au Directeur régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Mabingué NGom, il a déclaré qu’il «faut encourager l’accès des populations à des services de santé de qualité, notamment dans le domaine de la santé de la reproduction ». Il a remercié les Premières Dames d’avoir «accepté d’offrir leur image et exprimé leur engagement pour la réussite de la campagne de communication pour le changement social et de comportement dans leur pays respectif.». Il a cependant regretté le fait que «la femme au Sahel meurt cent fois plus que la femme en Europe Occidental » soulignant que des milliers d’enfants africains sont dans la rue, sans éducation et sans formation. «Et cela constitue une perte extraordinaire en termes d’opportunités de développement » a-t-il ajouté. Il faut réduire, dira-t-il en substance, l’important gap qui se creuse d’année en année entre la demande et l’offre social dans les pays membres du SWEDD. Pour cela, selon lui, «il faut intensifier l’investissement dans la jeunesse », soulignant que le Projet SWEDD constitue en cela un modèle de partenariat que «nous devons consolider et repiquer partout sur le continent, dans la région des Grands Lacs, dans la Corne de l’Afrique et dans le Manon River ».

Il a par ailleurs exprimé la disponibilité du système des Nations Unies et celle de l’UNFPA à accompagner les Premières Dames dans leurs actions en faveur des projets initiés par le SWEDD. «Nous sommes satisfaits de vos engagements » a-t-il conclu.

Cheikh Aïdara
Abidjan