aidara

Papotage avec Boubacar Ould Messaoud, Président de SOS Esclaves

«La lutte contre l’esclavage, je suis né avec. C’est dans mon sang » a déclaré Boubacar Ould Messaoud, Président de l’ONG SOS Esclaves, lors d’un entretien informel avec quelques journalistes le mardi 12 septembre dernier à son siège à Nouakchott.

 

Photo : Aidara

Le prétexte de cette rencontre c’était bien entendu l’expulsion des douze membres de la société civile américaine, déclarés persona non grata après leur atterrissage à l’aéroport de Nouakchott.

Selon lui, c’est l’ambassade américaine à Nouakchott qui était directement en pourparlers avec les autorités mauritaniennes.  Ainsi, le calendrier de la visite a été remanié à plusieurs reprises par la partie mauritanienne et la délégation en a aussitôt pris acte. Tout était ainsi fin prêt pour la visite. Qu’est-ce qui s’est passé par la suite, entre le moment où les Américains ont pris leur vol pour Paris et leur atterrissage à Nouakchott ? Mystère et boule de neige selon le leader abolitionniste.

Boubacar Ould Messaoud a aussi, au cours de cette rencontre, récusé l’intention de son organisation de se rendre à Dakar. «Nous n’irons pas à Dakar rencontrer la délégation américaine, car nous évitons toute tracasserie » dira Boubacar.

Ce qu’il peut par contre affirmer, soulignera-t-il, «la délégation était venue sur invitation de SOS Esclaves, car en 2015, elle avait invité l’organisation à Chicago ».

Ainsi, les Américains conduits par le Pr.Jonathan Jackson, devaient certes discuter et échanger avec les organisations mauritaniennes actives sur le terrain de la lutte contre l’esclavage, mais aussi avec les autorités mauritaniennes pour s’imprégner des efforts entrepris pour éradiquer le phénomène.

Cheikh Aïdara


De retour de Dubaï, Messaoud Ould Boulkheir reçu avec tous les honneurs en Mauritanie

L’ancien plus grand opposant politique en Mauritanie, ténor de la lutte antiesclavagiste des années 90, devenu un des proches du pouvoir, a été reçu mercredi 13 septembre 2017  avec tous les honneurs, après une opération réussie à l’hôpital militaire américain de Dubaï (Emirats Arabes Unis).

Messaoud Ould Boulkheïr (turban blanc) lors de son arrivée à l’aéroport de Nouakchott -Crédit photo Aïdara

Jet privé, salon d’honneur, voiture de fonction type ministérielle, accueil populaire et défilé motorisé ouvert par la gendarmerie. Messaoud Ould Boulkheir, président du parti Alliance Populaire Progressiste (APP) et président du Conseil Economique et Social, l’un des anciens ténors de l’opposition pure et dure, rangé depuis quelques années dans l’opposition dite dialoguiste et proche du président Mohamed Abdel Aziz, a été accueilli à son retour en Mauritanie avec panache. C’était mercredi 13 septembre 2017 après plus d’un mois de soins intensifs à Dubaï.

C’est en effet un Messaoud Ould Boulkheir affaibli, soutenu par quelques proches, qui a été accueilli à la porte du pavillon présidentiel à l’aéroport international de Nouakchott par une extraordinaire foule. Chefs de partis politiques, syndicalistes, citoyen lambda de toutes les communautés ont fait le pied de grue depuis les premières lueurs du mercredi 13 septembre dernier pour accueillir l’une des personnalités les plus emblématiques de la scène politique nationale.

Messaoud Ould Boulkheïr qui s’était rendu à Dubaï pour des soins intensifs est arrivé à bord d’un Jet privé. Le salon d’honneur lui a été ouvert.

Dans la cour attenante au Pavillon d’honneur, des dizaines de personnes, femmes, hommes, enfants se bousculaient sous l’œil vigilant de quelques gendarmes en faction. Plusieurs chefs de partis politiques étaient venus à l’accueil, à l’image de Mohamed Ould Maouloud de l’UFPMohamed Borboss et sa tendance du parti Mostaghbal que lui dispute encore l’aile fidèle à Samory Ould BeyeSamba Tham des FPC et Balas d’Arc-en-ciel étaient également au rendez-vous. Plusieurs figures de la société civile étaient aussi présentes avec force, comme la présidente de l’ONG ASPOMSeyide Mint Yenge, mais aussi l’ancien maire de Zouerate Yacoub Saloum Vall ou encore Brahim Bilal Ramadan, président de la Fondation Sahel. Il y avait plusieurs militants du parti APP, dont certaines  têtes pensantes comme Corréra IssaghaSghaïr Ould Atigh ou encore Bilal Ould Bidjel.

L’évènement étant de portée nationale, car concernant l’un des plus grands acteurs de la scène politique, toute la presse nationale avait afflué à l’aéroport. Cueilli à sa descente d’avion, Messaoud Ould Boulkheïr a fait une brève déclaration, dans laquelle il a remercié les autorités émiraties pour le traitement généreux qu’elles lui ont accordé. Certains parlent de gros cadeaux que la famille émirale lui aurait accordés. Il a surtout fustigé la Chine et l’Inde qu’il a maudit, pour leur soutien aux autorités birmanes, accusées de procéder à un génocide sur la minorité musulmane des Rohinguas

C’est surtout la présence de plusieurs femmes, jeunes filles et enfants qui avaient donné le coloris à cet accueil chaleureux. Après quelques minutes d’attente qui parurent des éternités pour ses fans, Messaoud Ould Boulkheïr apparaîtra enfin sur le perron du salon d’honneur, la tête perdue sous un énorme turban blanc. Il a fallu toute l’énergie des gendarmes en faction aidés de quelques militants pour que la foule ne bouscule un Messaoud affaibli et incapable de mouvoir seul. Une voiture de fonction était à son attente.

Puis, à son sillage un formidable défilé de plusieurs dizaines de véhicules qui prirent la direction du centre-ville, sous les sirènes de la gendarmerie nationale.

Ce retour du leader emblématique de la cause esclavagiste en Mauritanie, bête noire de l’ancien régime sous Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya qui avait interdit en 2000 son parti, Action pour le Changement (AC), le remet au centre d’une lutte acharnée autour du pouvoirQue de chemin n’a-t-il parcouru depuis cet anathème qui le jeta dans les bras des nationalistes arabes, les Nasséristes, qui le hissèrent à la présidence de leur parti, APP. Depuis, le vieux baroudeur de la couche Haratine, la frange la plus oppressée en Mauritanie, a bien su s’assagir au contact de la real politik. Sa rupture avec l’opposition radicale est née d’une longue inimitié avec Ahmed Daddah, président du RFD et candidat malheureux aux élections de 2006, qui ne pardonna jamais à Messaoud sa «trahison ». Messaouad avait en effet bien négocié son revirement au second tour de cette présidentielle où plutôt que le candidat de l’opposition, il préféra négocier avec les militaires pour soutenir la candidature de Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Ce qui le mettra au cœur du pouvoir après la victoire de ce dernier aux présidentielles de 2006. Bien après le coup d’Etat qui porta en 2008 l’actuel Chef de l’Etat, Mohamed Abdel AzizMessaoud a su bien conserver cette proximité avec le pouvoir qui le portera d’abord à la tête de l’Assemblée Nationale avec seulement six députés de son camp. Son rapprochement avec Ould Abdel Aziz fera dire à ses détracteurs qu’il a vendu ses positions traditionnelles pour des postes juteux.

Son retour, après plus d’un mois d’absence, intervient ainsi dans un contexte politique marqué par une véritable chasse aux sorcières menées par le pouvoir contre des sénateurs, dont la chambre a été dissoute par référendum en août dernier, mais aussi contre des journalistes, des syndicalistes et des hommes d’affaires, notamment le milliardaire mauritanien exilé au MarocMohamed Bouamatou, accusé de financer une fronde intérieure. Les partisans de Messaoud Ould Boulkheir croient que son retour permettra peut-être d’apaiser la tension politique qui a atteint son paroxysme, en ramenant Mohamed Abdel Aziz, qui l’écoute souvent, à de meilleurs sentiments.

Cheikh Aidara

REPORTAGE PHOTOS


La foule devant le Pavillon présidentiel -Crédit photo Aidara

Au milieu en costume Mohamed Yarg et à ses côtés en boubou blanc Mohamed Borboss, tous les deux anciens ministres de la Jeunesse et des Sports pour le compte du parti APP. Les autres sont des militants APP – Crédit Photo Aîdara

Brahim Bilal Ramadhan (boubou blanc) président de la Fondation Sahel et dissident du mouvement IRA qui lutte contre l’esclavage accompagné de ses collaborateurs -Crédit Photo Aîdara

Des militants de l’APP devant une de leurs banderoles -Crédit photo Aïdara


Foule de partisans, surtout des femmes et des jeunes filles venues à l’accueil -Crédit photo Aïdara


Coupe UFOA : le Mali sort la Mauritanie (3-1) et prend sa revanche

Les Mourabitounes renouent avec la malédiction du dernier quart. A 20 minutes de la fin du match, ils encaissent deux buts, après avoir tenu (1-1) devant le Mali pendant 70 minutes. La Mauritanie sort ainsi du tour préliminaire de la Coupe UFOA (Union des fédérations ouest-africaines) et le Mali prend une précieuse revanche après son déboire devant la même équipe lors de la qualification aux phases finales du CHAN disputée récemment à Bamako.

Les Mourabitounes locaux (Crédit photo FFRIM-images d’archives)

Les Maliens tiennent enfin leur revanche, même si le nouvel entraîneur des Aigles locaux du Mali, Nouhoun Diané, avait balayé de la main toute idée de revanche. Il avait déclaré à la presse malienne avant le match, «nous n’allons pas au Ghana pour prendre notre revanche. Nous partons pour gagner ce match ». Nouhoun et sa nouvelle équipe ont succède à Djibril Dramé, limogé avec son staff, suite à la défaite concédée par le Mali devant la Mauritanie (0-1) il y a trois semaines dans le cadre du dernier tour qualificatif au CHAN 2018 prévu au Kenya.

Ainsi, les Mourabitounes sortent prématurément de la course pour la coupe de l’UFOA et devront faire leur valise pour quitter le Ghana. Les Maliens jubilent certainement après avoir pris le meilleur sur l’équipe qui les avait humiliés devant leurs spectateurs à Bamako.

C’est à la 30ème minute que Mandé va ouvrir le score pour le Mali. Six minutes plus tard, Ely Cheikh Voulany, nouveau sociétaire du FC Nouadhibou, signe son retour dans l’équipe nationale en offrant à ses coéquipiers  une précieuse égalisation sur un corner admirablement botté par Samba. A la mi-temps, les deux équipes se quittent sur cette parité 1-1.

Malgré les changements effectués en seconde période par l’entraîneur français Corentin Martins, notamment l’entrée de Youba Zeidane à la place d’El Hacen Houeibib (45ème) et celle de Mohamed Wade à la place de Djiby Diop (63ème), pour renforcer la ligne défensive, les Mourabitounes encaisseront deux buts signés par le goléador de l’équipe malienne Moussa Koné. Des buts encaissés dans les 20 dernières minutes de la fin du match. Ce qui fait craindre au retour des Mourabitoues à la malédiction du dernier quart que tout le monde avait cru définitivement vaincu.

Le nouveau coach malien, Nouhoun Diané, peut ainsi se frotter les mains. Il a réussi le pari de battre la Mauritanie. «Ce match contre la Mauritanie est très important. Il faut absolument le gagner. Ça nous permettra de continuer la compétition » avait-il déclaré avant l’entame de la rencontre.

Le Mali rejoint ainsi le Ghana, le Sénégal , le Burkina Faso et la Guinée qui ont déjà validé leur ticket pour la phase de poule. Les trois autres qualifiés pour cette phase devront être connus ce soir. Ils devront, à l’issue de cette première phase,  se répartir dans deux groupes de quatre équipes dans lesquels les deux premiers joueront les demi-finales.

Le vainqueur de cette 5ème édition de la Coupe de l’UFOA empochera la coquette somme de 60 Millions de Francs Cfa, contre respectivement 30 et 15 millions de Francs Cfa pour le finaliste malheureux et le troisième. Tous les pays qualifiés pour la phase de poule recevront 6 millions de Francs Cfa, contre 3 Millions de Francs Cfa pour les équipes éliminées au premier tour.

C’est grâce à un partenariat entre la chaine TV Fox Sports américaine et l’UFOA, que la compétition longtemps interrompue  a été relancée en décembre 2016 à Dakar. Un contrat de 12 ans a été paraphé pour un montant de 40 milliards de Francs Cfa. La compétition comprendra celle des Séniors, des U-17, des U-20, du football féminin et des compétitions de club.

Cheikh Aîdara


Après son expulsion par la Mauritanie vers la France, la délégation américaine se rend à Dakar

La délégation de la société civile américaine conduite par le Pr.Jonathan Jackson, est arrivée à Paris, le 9 septembre 2017, exténuée mais pas du tout découragée, selon des propos rapportés par des activistes qui les ont accueillis à l’aéroport. Refoulés la veille de Nouakchott sitôt débarqués, ses membres ont décidé de se rendre à Dakar, où ils rencontreront certainement les ONG mauritaniennes qui les avaient invités à Nouakchott, notamment SOS Esclaves.

Boubacar Ould Messaoud et l’ambassadeur américain lors de la table-ronde du samedi 9 septembre 2017 (Photo SOS Esclaves)

Le Professeur Jonathan Jackson, fils du Révérend Jessie Jackson et Porte-parole du «National Raimbow Push » ainsi que sa délégation sont arrivés le 9 septembre 2017 à Paris. Des activistes des droits de l’homme mauritaniens les ont accueillis à l’aéroport Charles De Gaulle. Ils semblaient éreintés après un aller-retour Paris-Nouakchott-Paris, plus quelques temps à l’aéroport, juste suffisant pour les formalités de leur refoulement par les autorités mauritaniennes qui les ont déclarés persona non grata.

Ainsi, loin de baisser les bras, la délégation américaine devrait reprendre l’avion pour se rendre à Dakar au Sénégal, à une demi-journée de route de Nouakchott. C’est là où ils rencontreront peut-être les organisations mauritaniennes des droits de l’homme qui les avaient invités pour un séjour d’une semaine pour échanger et discuter sur la problématique de l’esclavage et du racisme en Mauritanie.

L’ambassade américaine déçue

Pourtant, dans leur calendrier, les activistes américains avaient prévu de rencontrer les autorités mauritaniennes, notamment le Président Mohamed Abdel Aziz et ses collaborateurs pour évaluer les avancées enregistrées par la Mauritanie dans le domaine de la lutte contre l’esclavage et ses séquelles. C’est du moins ce qui  ressort du communiqué publié par l’Ambassade des Etats-Unis à Nouakchott, qui parle «d’efforts courageux engagés par la Mauritanie pour éradiquer l’esclavage et ses séquelles et promouvoir la cohésion sociale», efforts que la délégation était venue apprécier.
Le communiqué encense même l’Etat mauritanien car il évoque «une réussite que la délégation américaine devait promouvoir au niveau international ». Il va plus loin en applaudissant «les actions héroïques des Mauritaniens qui continuent à lutter contre les séquelles de l’esclavage et les divisions raciales dans leur pays ».

N’empêche, l’ambassade américaine à Nouakchott n’a pas caché sa déception et sa préoccupation face à la décision prise par les autorités mauritaniennes «de refuser l’entrée dans leur pays de la délégation du mouvement civique américain ».

SOS Esclaves s’insurge

«SOS Esclaves », l’organisation antiesclavagiste qui avait invité la délégation américaine à cette visite en Mauritanie, souligne dans un communiqué publié le même jour, que «cette attitude des autorités n’honore pas notre beau pays ».  Le président de «SOS Esclaves » Boubacar Ould Messaoud a fustigé l’interdiction qui lui a été faite, à lui et à sa délégation, de se rendre à l’aéroport pour accueillir la délégation, relayant les propos du Directeur général de la Sûreté qui lui disait «de toutes les façons, les militants américains ne descendront pas de l’avion », c’est-à-dire l’avion d’Air France par laquelle ils étaient venus.

Une partie de la délégation américaine accueillie à Paris par des activistes mauritaniens (Photo Activistes IRA)

Le communiqué de rappeler que les militants en question sont «les hôtes de SOS Esclaves » et qu’ils les avaient invités en 2015. De préciser par la suite que cette rencontre avec les militants du mouvement civique américain rentrait «dans le cadre de la démarche pacifique de SOS Esclaves de capitaliser toutes les expériences et approches positives afin d’apporter une contribution à la promotion de la justice sociale, des vertus de conciliation et de la garantie de la paix sociales».

A été évoquée dans ce cadre, «l’expérience américaine dans ce domaine », une expérience qui peut, selon le communiqué, «profiter à toute organisation à travers le monde », rappelant que SOS Esclaves «est une organisation patriotique qui ne s’appuie que sur des principes de justice et de démocratie». Et de souligner que «cette attitude des autorités n’honore pas notre beau pays qui doit renouer avec les valeurs cardinales de paix et d’accueil», ajoutant que «ce genre de pratiques ne sert même pas les objectifs déclarés de nos dirigeants».

Il faut dire que SOS Esclaves a maintenu la table-ronde qui était prévue ce jour, samedi 9 septembre sur le thème ««Expériences, leçons apprises dans le domaine de la lutte contre le racisme, l’exclusion et les séquelles de l’esclavage.».  A la droite de SEM.Larry André, ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique et de Boubacar Ould Messaoud, une chaise laissée vide et sur laquelle devait s’asseoir le Pr. Jonathan Jackson.

La version des autorités

Sur le plan officiel, le gouvernement vient de s’exprimer par la voix du ministre porte-parole du gouvernement. Mohamed Lemine Cheikh dans une déclaration à l’AFP a en effet déclaré que «les militants antiesclavagistes américains, refoulés vendredi soir de Nouakchott, voulaient agir contre les lois mauritaniennes». Le ministre affirme que la visite de la délégation n’a pas été concertée avec les autorités et que dans leur programme de visite, ils devaient rencontrer uniquement «des parties bien ciblées qui travaillent selon un agenda particulier».

Auparavant  quelques proches du pouvoir avaient versé dans le même justificatif, tandis que d’autres soutiennent que les activistes américains auraient dû d’abord balayer devant leur porte avant de faire la morale en Mauritanie. Selon eux, les Noirs américains souffrent de discrimination et de racisme, avec des policiers blancs canardant en toute impunité chaque jour des Noirs chez eux.

Outre le Pr.Jonathan Jackson, la délégation comprenait onze autres personnalités, dont le Révérend Mitchell Johnson, Membre du Conseil d’Administration  «The Abolition Institute », Lynda Lawrence, Membre du Conseil d’Administration, «The Abolition Institute » et Lauréate du Prix 2017 «Aichana Abeid Boilil Award » pour son plaidoyer contre l’esclavage en Mauritanie.

Cheikh Aïdara