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Le Ministre de l’Enseignement Supérieur, Niang Mamoudou, des vacances qui profitent aux populations de Maghama

Les témoignages pleuvent sur les vacances du ministre de l’Enseignement Supérieur, Niang Mamoudou, dans ses fiefs à Maghama, dans la Wilaya du Gorgol. Le ministre loin de profiter de l’hivernage pour passer d’agréables moments en famille, a plutôt entamé une tournée dans les localités avoisinantes. A l’assaut des populations, il a discuté avec les jeunes hommes et jeunes filles, échangé avec les femmes et les notables sur les problèmes de l’heure.

L’occasion a surtout été donnée au ministre pour aborder de grands thèmes comme l’unité nationale, la cohésion sociale, la sécurité et la paix, mais surtout le rôle des communautés rurales dans le développement économique et social.

Le ministre a profité de ses contacts avec les populations dans les différentes localités de Maghama pour parler du programme politique du gouvernement. Il a surtout insisté sur la nécessité de s’enrôler sur les registres de l’état-civil, soulignant la volonté des pouvoirs publics à enrôler tous les Mauritaniens.

En plus des tournées qu’il a effectuées dans la commune de Maghama, le ministre de l’Enseignement Supérieur, avait également ouvert les audiences pour écouter les doléances de ses compatriotes. Ses audiences ont duré parfois plusieurs heures de suite.

De Wompu à Ajar de l’autre côté au Guidimagha, et de Tagoutalla à Winde Ndjibi au fin fond du Gorgol, Niang Mamoudou, a multiplié les conseils et les informations sur les politiques du gouvernement, notamment ses politiques en matière d’agriculture, d’élevage et d’infrastructures, tels que les barrages, les digues, les forages, etc.

A leur tour, les populations de Maghama et des localités frontalières de part et d’autre du Guidimagha, se sont dits satisfaits de la visite du ministre. Certains trouvent qu’il n’était nullement obligé, car il était en vacances et non en mission officielle. « Il aurait pu venir chez lui, comme tous les autres fonctionnaires, passer d’agréables vacances tout tranquille, puis rentrer à Nouakchott. Mais il a préféré aller rendre visite à tous ses compatriotes de Maghama pour s’enquérir de leur situation, échanger avec eux, les écouter et les orienter » témoigne un notable local, qui ajoute « pour cela, nous lui sommes reconnaissants ».

Le ministre a également profité de son séjour pour présenter ses condoléances à plusieurs familles dont le décès d’un proche ne l’avait pas trouvé sur place.

Cheikh AIdara/Abou Sy


Femmes Leaders pour le Développement : « nous avons aidé une quarantaine de familles à se déplacer pour s’enrôler »

Dirigée par Mme Anna Aïdara, l’ONG « Femmes Leaders pour le Développement » a entamé depuis le 18 août 2023 une vaste campagne de sensibilisation pour amener les familles mauritaniennes non encore enrôlées sur les registres de population et titres sécurisés à régulariser leur situation. Ceci, à la faveur de l’ouverture par les autorités publiques de nouvelles opportunités tendant à faire enregistrer tous les Mauritaniens auprès des centres d’état-civil du pays.

Mobilisation sociale – Crédit Aidara

Cette campagne de sensibilisation a débuté le 18 août aux environs de 16 heures dans les quartiers excentriques de Nouakchott, tels que Mesjid Nour, Mosquée Thierno Bamba et les environs d’Arafat.

séances de causeries – Crédit Aidara

Au total, plusieurs dizaines de familles ont été aidées à s’enregistrer à Nouakchott, dont une quarantaine que l’ONG a aidée à se déplacer vers leurs localités, notamment dans la Vallée pour profiter de l’enrôlement biométrique.

Séance d’explication sur le processus d’enrôlement – Crédit Aidara

Le 28 août 2023, l’ONG « Femmes Leaders pour le Développement » s’est déplacée à Kouva et à Neteg, avec l’appui de World Vision pour une journée entière de sensibilisation qui a débuté à 16 heures et s’est poursuivie jusque tard dans la soirée.

Entre deux pauses, l’équipe de Anna (2ème à partir de la gauche) revient sur ses documents – Crédit Aidara

L’occasion pour la présidente, Anna Aïdara, d’interpeller les autorités sur ce qu’elle considère être des anomalies constatées dans le processus d’enrôlement des citoyens, ainsi que les difficultés qui entourent l’opération, non sans relever l’ignorance de la plupart des citoyens par rapport aux critères et modalités de l’enrôlement.


APEFAS pour l’éducation, l’enfance et la femme, une 5ème édition sous le thème de l’unité nationale et une première action dans 5 régions de l’intérieur

Distribuer des kits scolaires pour les enfants issus de milieux défavorisés ! C’est le combat que mène depuis cinq ans un groupe de jeunes à travers l’Association pour la Protection de l’Enfant, de la Femme et de l’action Sociale (APEFAS). La cérémonie de lancement de l’édition de cette année, en partenariat avec l’association « La valeur des mots », a eu lieu samedi 26 août 2023 au Conseil régional de Nouakchott.

Le président de APEFAS entouré de Marième Lo et Yahya Mbodj – Crédit Aidara

Ils sont jeunes et leur ambition est de contribuer à relever la qualité de l’enseignement en fournissant des kits scolaires aux élèves du primaire et du secondaire issus de familles nécessiteuses. Active depuis 2019, leur association, APEFAS, a déjà distribué des centaines de kits. Ils en ont offert en 2022, 321 dans différents établissements scolaires à Nouakchott.

Une 5ème édition plus ambitieuse

La 5ème édition de collectes de kits scolaires s’ouvre avec un hommage à Moulaye Cheiguer, jeune entrepreneur décédé le 18 novembre 2020. Son décès avait affligé le milieu associatif qui le décrit comme un jeune jovial qui incarnait l’unité nationale.

Vue partielle des participants, au 1er rang l’Honorable député Khally Diallo (en bleu) à côté du confrère Aboubekrine Sidi – Crédit Aidara

Cette année, APEFAS table sur 1.000 kits scolaires, doublant ainsi ses ambitions par rapport à la dernière édition. Alors que l’association a travaillé durant ces quatre dernières années uniquement à Nouakchott, elle prévoit en 2023 d’élargir ses actions dans cinq Wilayas du pays, Trarza, Brakna, Gorgol, Guidimagha et Adrar, soit 200 kits par région.

Outre la présente cérémonie de lancement qui a eu lieu samedi 26 août, les autres activités comprennent une campagne de communication avec jeux, prestations artistiques et débats directs sur les réseaux sociaux, une cérémonie de collecte de fonds le 23 septembre à l’Ambassador avec vente de tickets de parrainage, un concours de plaidoirie prévu le 2 septembre prochain, un match de gala, un voyage de distribution et une cérémonie de remerciements le 7 octobre.

De pertinentes interventions

L’adage dit que « la modestie et l’effacement sont même des conditions nécessaires au succès des hommes qui le méritent ». Plus que Ahmed Tijane Tall, président de APEFAS ne l’incarne, lui qui n’a eu aucun complexe à reconnaître que malgré qu’il soit le moins instruit du groupe, ayant suivi le cursus coranique, ses camarades (des maîtrisards, des licenciés et des masters) ont tenu à le maintenir à la tête de l’association.

Vue partielle des participants, des présidents d’association et des artistes – Crédit Aidara

Pourtant, à entendre ce jeune homme s’exprimer dans un français que rares parmi les actuels étudiants maîtrisent, on aurait du mal à croire qu’il a fait ses études dans une mahadra et non sur les bancs de l’école moderne. Une raison supplémentaire qui l’a poussé à s’intéresser à l’éducation des enfants, déplorant ces nombreux gosses qui trainent dans les rues, et qui n’ont pas eu la possibilité de fréquenter l’école. C’est de là qu’est parti son combat pour permettre à tous les enfants de ce pays de recevoir une éducation scolaire.

D’où l’appel qu’il a lancé au cours de la cérémonie à l’endroit des parents et de la société pour que tous ensemble, ils mettent leur curseur sur la qualité de l’éducation scolaire et l’enseignement pour tous.

 A son tour, le jeune Yahya Mbodj, président de l’association « La valeur des mots », a mis en exergue le difficile chemin que celui qui mène au cœur de l’action sociale dont les objectifs ont besoin, selon lui, de l’appui des bailleurs et celui des bonnes volontés.

Il a salué le thème retenu pour cette 5ème édition, « l’unité nationale et l’éducation des enfants, une voie vers un avenir brillant et solidaire ». Il a également salué l’ambitieux programme mis en place cette année par APEFAS qui table sur 1.000 kits scolaires.

Rétrospective 2022

La Secrétaire générale de APEFAS, Marième Lô, a présenté la moisson de la dernière édition, avant de présenter les grandes lignes de celle en cours.

Vue partielle des participants – Crédit Aidara

En 2022, quelques 321 kits scolaires ont été distribués, selon elle, dans différentes écoles à Nouakchott, notamment dans les quartiers déshérités de Leghreïga à Dar Naïm, El Mina, Dar El Beyda, Tarhil, Ryadh et Sebkha, soit un taux de réussite de 64, 2%. Elle déclare que l’association compte cette année relever le niveau, avec l’aide des bonnes volontés.

La soirée s’est terminée par la session question-réponse et contributions de la part des journalistes et de l’assistance. Plusieurs responsables d’associations et artistes avaient assisté à la cérémonie de lancement de la présenté édition.

Cheikh Aïdara


Pacte RFD-UFP-INSAF, prolonger le mandat de Ghazouani jusqu’en 2033

Le Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD) et l’Union des Forces du Progrès (UFP) ont signé avec le parti au pouvoir INSAF, un pacte qui aurait été validé par le président Ghazouani. Il prévoit dans ces grandes lignes un septennat à partir de 2026, selon des échos parvenus à Birame Dah Abeid, député et président du mouvement IRA qui a bien voulu nous accorder cette interview autour de cet accord. 

Dans l’entretien qui suit, le président de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), Birame Dah Abeid, député et deux fois dauphin aux présidentielles de 2014 et 2019, revient sur l’accord signé entre le parti au pouvoir, INSAF, et deux parmi les partis d’opposition les plus emblématiques du pays, le RFD et l’UFP.

L’Authentique : quels sont les principaux points que vous avez relevés dans le pacte signé entre le RFD, l’UFP et INSAF ?

Birame Dah Abeid : les principaux points que j’ai relevés dans ce pacte validé par le Président Mohamed Cheikh Ghazouani, signé entre le RFD, l’UFP et le parti INSAF, c’est qu’il n’y a rien de nouveau par rapport à la rhétorique des partis convenants, qui représentent en réalité les milieux proches du pouvoir et dont l’objectif est le maintien de ce dernier. C’est presque une rhétorique de laudateurs qui magnifient ce qui n’existe pas et qui s’en prennent à des boucs émissaires, des forces intérieures qui sont taxés d’ennemis de la paix. Il s’agit d’une vieille rengaine aussi vieille que cette démarche initiée par ces laudateurs, qui pour les besoins du moment, se sont transformés en chasseurs de primes. Déjà, un haut cadre du RFD vient d’être nommé dans un poste de sinécure et un autre, cadre à l’UFP, empêtré dans une sordide affaire vient de voir son calvaire terminé.

C’est étonnant que cette plateforme puisse déclarer que le président Ghazouani a satisfait toutes les doléances de l’opposition. Parce que je n’en connais pas une. Au contraire, il a fait des promesses alléchantes qui ont envoûté le peuple mauritanien, mais il s’est avéré que c’est quelqu’un qui ne tient pas sa parole.

D’autre part, j’ai pu lire dans ce document qu’il y a des forces intérieures qui menacent la stabilité et que l’opposition « clairvoyante » doit s’arrimer au pouvoir pour défendre la paix civile et l’unité nationale. Je me demande qu’elle est cette « opposition clairvoyante » et qui décide de la clairvoyance ou non de telle ou telle opposition.

L’Authentique : est-ce que ces accords engagent l’opposition ?

Birame Dah Abeid : non pas du tout. C’est une charte qui engage l’opposition chauvine, l’opposition dans le système, pour être plus précis, l’opposition beidane chauvine qui est à l’image du ministre de l’Intérieur, Mohamed Ahmed Mohamed Lemine dit Ould Lehweirzi qui avait déjà dit que l’opposition naturelle doit être celle du RFD et de l’UFP, une opposition maure bon teint et bien née. Selon lui, la plèbe constituée des Harratines et des Négros mauritaniens ne mériterait pas d’y figurer.

L’Authentique : aujourd’hui, l’UFP et le RFD, eu égard à leur représentativité politique, peuvent-ils négocier au nom de toute l’opposition ?

Birame Dah Abeid : c’est en réalité paradoxal puisque le RFD et l’UFP dans leur coalition présidentielle de 2019 n’ont obtenu que 2% des voix. Ils sont à la queue, totalement laminés. Lors des élections locales de mai 2023, municipalités, régionales et législatives, ces deux partis n’ont également rien récolté et ils ont été complètement effacés du parlement, des mairies et des conseils régionaux. Il est ainsi étonnant que le pouvoir puisse s’appuyer sur une opposition en désuétude. C’est une manœuvre des milieux chauvins qui cherchent à contrer l’opposition antisystème, droits de l’hommiste, populaire et sociale qui est matérialisée par le RAG/IRA, le FPC, la CVE, le FRUD, etc. Mais aussi par autant de mouvements formés par de jeunes maures qui s’activent sur la scène politique et s’opposent à la gouvernance actuelle.

J’ai vu aussi entre les lignes dans cette charte raciste et exclusiviste, que l’objet réel de la charte reste encore caché, qu’elle relève du domaine du non-dit et du secret. On m’aurait dit que le pouvoir veut procéder à un saupoudrage et passer un vernis sur la constitution, en connivence avec le RFD et l’UFP. L’idée est de rajeunir le pouvoir pour qu’il reprenne une nouvelle virginité, afin que le parti INSAF dans son dialogue avec ces deux partis, puisse repousser les prochaines élections présidentielles de 2024, pour 2026, qu’il puisse reprendre les élections générales locales afin de permettre à l’UFP et au RFD de revenir au parlement ainsi que dans les conseils municipaux et régionaux.

Ainsi, dans ce plan, la Constitution sera tripatouillée avec un nouveau mandat de 7 ans qui permettra à Ghazouani de faire deux septennats. Donc, de 2026 à 2033, plus son actuel mandat. Il s’agirait ainsi, avec le temps, d’emménager une porte de sortie à Ghazouani pour lui éviter le sort de son ancien ami, Mohamed Abdel Aziz.

Pour mener à bien cette machiavélique feuille de route, le pouvoir a ainsi besoin de la caution d’une opposition qui accepte de jouer le jeu, comme le RFD et l’UFP. Un bon alibi pour le pouvoir qui peut se targuer d’être accompagné dans cette « réforme » par deux partis historiques, tant bien même qu’ils n’ont plus d’électorat.

L’Authentique : quelle est actuellement la réaction de l’autre opposition ?

Birame Dah Abeid : tous les partis de l’opposition antisystème, les FPC, le FRUD, RAG, entre autres, se sont vigoureusement prononcés contre ce pacte. Nous pensons que c’est une manœuvre visant à semer la diversion au sein de l’opinion publique nationale et internationale ainsi qu’au sein de la classe politique. Tout cela montre en réalité que le parti INSAF est acculé, ce qui l’oblige à se tourner vers des alliances monocolores de partis maures pour contrer la montée menaçante des laisser pour compte, que cela soit les Harratines, les Négro-mauritaniens, mais aussi une écrasante majorité de la jeunesse maure qui a constaté qu’on lui a toujours agité au nez depuis toutes ces décennies la peur du péril noir harratine sous les différents régimes qui se sont succédés. Cette jeunesse maure consciente tient aujourd’hui à prendre le taureau par les cornes et s’oppose systématiquement à ce pouvoir.

Au niveau de l’opposition, nous allons nous concerter pour nous opposer à cette tentative de conservation du pouvoir, d’autant plus que ce plan s’il se réalise va creuser le fossé entre les communautés, entre le pouvoir et la jeunesse maure qui était massivement représentée au sein de l’UFP et du RFD et qui a pris son indépendance en ralliant des partis comme le FRUD, ou des mouvements comme KAVANA, connus pour leur verve contestataire et qui font tout pour marquer leur opposition au système actuel.

Il faut impérativement annihiler cette tentative de reproduire l’actuel pouvoir sous un faux habillage et dans une alliance avec une fausse opposition. Nous allons commencer dès à présent à constituer un front de résistance. J’en ai déjà parlé à Samba Thiam, président des FPC, mais aussi au parti FRUD et nous allons élargir le cercle des concertations.

Propos recueillis par CHEIKH AIDARA