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«Nouakchott, ville créative africaine» : le coup de pinceau a été donné

Dans une atmosphère bon enfant, Mamou Daffé, président d’Arterial Network, Kane Limam Monza, président du festival Assalamalekum et le 3ème vice-président de la Communauté Urbaine de Nouakchott (CUN), ainsi que plusieurs invités d’honneur, ont donné le vendredi 30 juin 2017, le premier coup de pinceau sur la fresque marquant le lancement du programme «Nouakchott, ville créative africaine » soutenu par Arterial Network.

C’était en marge d’une cérémonie officielle tenue dans la splendide salle des délibérations de la municipalité de Nouakchott. Une cérémonie qui a été ouverte par M.Thiam, 1er vice-président de la commune. Dans son discours, il a appelé les acteurs culturels mauritaniens à se regrouper au sein d’une structure forte et unie pour peser sur les décideurs, au lieu de partir en rang dispersé. Auparavant, le 3ème vice-président de la CUN, a présenté les excuses de Madame la présidente, Maty Mint Hamady qui devait assister à l’ouverture solennelle de cet évènement marquant pour sa ville. Il a réaffirmé la volonté ferme des élus de Nouakchott à accompagner le programme dans toutes ses dimensions, réitérant l’appui effectif qu’ils ont toujours apporté au porteur du projet, Assalamalekum Culture et son promoteur, Kane Limam Monza dont le 10ème anniversaire bat son plein.

Le président d’Arterial Network, Mamou Daffé a quant à lui fait la genèse du réseau africain des acteurs culturels qu’il préside et les objectifs visés à travers la mise sur pied du programme «Villes créatives d’Afrique», dont la phase pilote 2017-2019, concerne cinq capitales africaines, parmi lesquelles Nouakchott. Selon lui, ce projet vise à donner aux villes et à leur patrimoine historique une plus grande visibilité sur le plan régional et international, tout en contribuant à la promotion des arts et de la culture à travers un meilleur positionnement des acteurs. Mamou Daffé s’est dit heureux d’assister à cet évènement. Il a remercié la Communauté Urbaine de Nouakchott pour sa collaboration active dans ce cadre et le soutien qu’elle apporte au développement culturel de la ville.

Pour sa part, le promoteur du Festival Assalamalekum et de Assalamalekum Culture qui porte en bandoulière ce programme, Kane Limam Monza, a déroulé les principales étapes qui seront suivies dans l’exécution du projet sur les deux années, de 2017 à 2019. Il s’agira selon lui, à la fin du cycle d’exécution du programme, d’identifier un circuit historique de Nouakchott en faisant revivre ses anciens sites. A la fin du programme, Nouakchott se dotera d’une «Maison d’Afrique pour la culture », un espace pluridisciplinaire pour la production, la diffusion et la distribution des œuvres artistiques et culturelles, mais aussi pour la formation et l’apprentissage.

Cheikh Aidara


Monsieur Mamou Daffé, Président d’Arterial Network : «Il faut que la culture africaine arrive à se nourrir de ses propres ressources»

Au cours de son bref séjour à Nouakchott pour assister au lancement du projet «Nouakchott, ville créative d’Afrique » le vendredi 30 juin 2017, M.Mamou Daffé, Président du réseau africain de la culture, Arterial Network, qui finance le programme «Villes créatives d’Afrique» a bien voulu répondre à nos questions. Entretien.

Mamou Daffé, Président Arterial Nework

Le Festival Assalamalekum fête ses dix ans et lance l’un des projets phares d’Arterial Network sur les villes africaines, quelle réflexion vous inspire ces deux évènements ?

Sur le Festival Assalamalekum, je n’ai que des mots de remerciement et de satisfaction. Je parle souvent des acteurs africains conscients et engagés, qui s’affirment, s’expriment et s’émancipent et je pense que ce festival fait partie de ces acteurs de la jeunesse africaine en marche avec peu de moyens. Il a suffi à ses promoteurs de se retrousser les manches. Je crois que mon ami Monza et ses collaborateurs ont bien compris que le développement ne viendra pas du dehors mais du dedans. Je pense que leur expérience est à saluer car je connais bien la scène culturelle africaine, ses défis et ses difficultés. Croyez-moi, tenir dix ans un festival, il faut être très fort. Aussi, je tiens à féliciter Monza et son équipe pour leur engagement et leur abnégation mais aussi surtout pour leur apport à l’action culturelle en Mauritanie. Sincèrement, je leur dis bravo !

Quant au projet sur les villes, cinq capitales africaines ont été sélectionnées pour cette phase pilote,  parmi lesquelles Nouakchott  qui vient d’ailleurs de lancer son programme. La particularité de ce projet est qu’il permet de placer des capitales africaines sur la sellette internationale en ce qu’il leur offre de la visibilité, à elles, à leurs artistes et à leurs artisans, mais aussi à leur patrimoine culturel et artistique. Aujourd’hui, Nouakchott est sur la carte de la scène culturelle grâce à cet évènement. Ce projet implique un partenariat public-privé qui contribuera sans aucun doute à booster la créativité et l’innovation, avec de forts impacts sur le développement économique et social.

C’est pourquoi il est question de gouvernance culturelle, ce qui implique une étroite collaboration entre les acteurs culturels et les institutions publiques, car les uns ne pourront pas marcher sans les autres. Si difficulté, il peut y avoir, ce sera certainement liée à une différence de lecture et d’approche qui aurait pu être résorbée s’il existait dans nos pays une véritable éducation sociale, basée sur l’enseignement de l’éducation culturelle et artistique dès le primaire. Car plus il grandit, plus l’enfant prend conscience des dimensions humaines et intellectuelles que renferment l’art et la culture, ce qui peut façonner sa personnalité et le rendre moins crispé et plus ouvert.

Vous avez parlé dans votre intervention lors du lancement du programme «Nouakchott, ville africaine créative» de diplomatie culturelle et vous développer en même temps des politiques ambitieuses pour les villes, avez-vous réellement les moyens de ces politiques ?

Le continent africain regorge de ressources et il est immensément riche. L’Afrique a beaucoup d’argent. Il suffit juste que les  Africains réfléchissent ensemble et mettent en commun leurs ressources pour relever tous les défis. Je fais un clin d’œil en passant à l’Union Africaine qui a mis la culture au cœur de ses préoccupations à travers l’idée d’un financement de la culture africaine par des ressources africaines. Nous avons à Arterial Network un projet de Fonds culturel africain qui sera lancé bientôt à Abidjan. L’idée est d’arriver à pousser l’Afrique à partager et à mobiliser ses ressources, tirées du continent. Je salue au passage l’idée innovante de la Chancelière allemande et du président tchadien, de mettre en place un Plan Marshall pour l’Afrique.  Toutes ces initiatives peuvent constituer autant d’initiatives majeures pour porter des programmes comme celui lancé par Arterial Network pour les villes. Mais il faudrait que nous Africains, nous nous réorientons sur nous-mêmes, sur ce que nous avons, sur ce que nous savons et devons faire, tout en nous ouvrant à de nouvelles formes de collaboration. Nous ne sommes plus de simples observateurs sur ce qui se passe, mais des sujets. C’est pourquoi, nous devons anticiper par une coopération plus réfléchie avec les autres. Nous travaillons à Arterial Network, à impulser la volonté et l’engagement de l’homme africain d’abord.

La diplomatie culturelle est extrêmement importante. La culture est aujourd’hui une arme d’influence pour les Nations. C’est ce que les pays émergents ont compris, eux qui commencent à soutenir quelques fois le développement de la culture chez nous dans une sorte de coopération qu’ils appellent le «Soft Power ». Ne dit-on pas d’ailleurs que l’économie du futur, sera l’économie de la culture. Beaucoup de pays l’ont d’ailleurs déjà compris. Car, en termes de dimension humaine, tous ces conflits et ces crises qui secouent le continent auraient pu être évités, car leur source est purement culturelle. La culture devait ainsi être valorisée en tant que facteur de paix, d’unité et de rapprochement entre les peuples et les Nations. Les artistes ouvrent chaque jour des brèches dans le champ des possibilités et pourraient grâce à leurs actions permettre à l’Afrique de se développer. Oui, la diplomatie culturelle est aujourd’hui une arme pour le continent.

Vous avez entendu les artistes se plaindre des difficultés qu’ils rencontrent. Comment réellement promouvoir la création et la créativité artistique pour que les acteurs culturels puissent s’épanouir réellement par leur art ?

Vous savez, les difficultés que rencontrent les artistes et les acteurs culturels n’est pas un phénomène propre à l’Afrique. La culture touche à l’âme. C’est une chose très complexe et cela a toujours créé des difficultés et des incompréhensions partout dans le monde. Il faut se mettre au-dessus de ces difficultés. Nous sommes tous obligés de marcher ensemble. On dit que l’Afrique est pauvre, en réalité elle est divisée. Il faut qu’on arrive à trouver un terrain d’entente, un compromis pour construire le futur et notre destinée commune. C’est possible, car entre le contenant et le contenu, il y a toujours l’harmonie. Sur l’échelle de la pensée humaine, il faut que les plus forts soutiennent les plus faibles pour qu’ils puissent évoluer ensemble.  Je pense que nos messages ont été bien compris par les artistes mauritaniens.

En définitive, la culture est la solution pour beaucoup des maux dont souffre le continent. Nous pensons aujourd’hui que les principales difficultés en Afrique peuvent être surmontées par l’art, la musique et les autres formes d’expression culturelles qui constituent de véritables vecteurs de rassemblements.

S’il y a un bilan à tirer de votre mandat qui tire à sa fin à la tête d’Arterial Network, quelles sont les principales réalisations que vous pouvez citer ?

Je pense que j’ai vécu une aventure extraordinaire à côté de mon ami Monza et des autres membres du Comité de Pilotage d’Arterial Network. Nous sommes en gros satisfaits de tout ce que nous avons pu voir de l’Afrique, un continent qui s’affirme, s’exprime et s’émancipe. Un continent qui essaie avec toutes ses ressources d’achever la décolonisation des mentalités et la décolonisation tout court. Nous avons vu l’émergence d’un nouveau type d’Africain plus confiant, et cela est extrêmement important. Le combat, ce n’est pas seulement celui de l’argent, mais cette construction citoyenne et mentale. J’ai vu des frères qui s’engagent aujourd’hui avec leurs moyens, pour leur cité et pour leur ville. Et ils réalisent des choses extraordinaires.

Il faut dire que 80% des projets sur lesquelles nous sommes engagés sont des projets financés par nous Africains. Avant notre arrivée à la tête d’Arterial Network, nous n’avons jamais pu tenir une réunion sans l’argent des autres. Aujourd’hui, nous faisons tout nous-mêmes et nous décidons nous-mêmes des actions à entreprendre. Les réseaux sont fonctionnels, sans compter les projets et programme que nous avons lancés, dont les «Villes créatives d’Afrique». Nous avons réformé notre programme de plaidoyer dans le secteur culturel et pour le continent. Nous avons été sur toutes les scènes internationales. Aujourd’hui, nous sommes un groupe fortement engagé pour le continent.

Cette unité africaine dont on parle, nous l’avons déjà réalisé sur le plan culturel et nous sommes beaucoup plus en avance que les Etats. Aujourd’hui, je me sens mauritanien. Pour vous dire que l’intégration, nous l’avons déjà entamé à travers nos réseaux. En tant que président d’Arterial Network, je ne peux que me réjouir de la sympathie que m’ont témoignées les membres d’Arterial Network.

Propos recueillis par
Cheikh Aidara, journaliste
SG du Festival Assalamalekum et Arterial Mauritanie


Le Parquet de Paris porte plainte contre des fonctionnaires mauritaniens

Les défenseurs des droits de l’homme mauritaniens, le mouvement IRA (pour une Mauritanie juste) et ses avocats belges accusent Paris d’ignorer les nombreuses plaintes portées contre certains fonctionnaires mauritaniens accusés d’exécutions extrajudiciaires dans les années 90 et d’actes de tortures. Ces derniers continueraient ainsi à se rendre en France en mission, pour des villégiatures ou des soins, sans inquiétudes, ont dénoncé ces associations, lors d’une conférence de presse animée le jeudi 22 juin dernier au Parlement européen à Bruxelles.

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De gauche à droite : Birame Dah Abeid, Louis Michel, G.H.Beautier et W.Bourdon (Crédit photo : Aïdara)

Nouakchott est en mauvais termes avec le président de la Commission européenne, Louis Michel, pour que ce dernier charge avec autant de hargne la Mauritanie, «accusée de toujours entretenir l’esclavage», pointant du doigt l’Etat mauritanien.

On se rappelle des attaques virulentes que la presse mauritanienne avait décoché contre Louis Michel, l’accusant de corrompu, lors de sa visite à Nouakchott le 27 octobre 2006 en tant que membre de la Commission européenne sous José Manuel Barroso. A la suite de ses déclarations lénifiantes envers le CMJD (Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie), Messaoud Ould Boulkheir, président de l’Alliance populaire progressiste (APP) et farouche opposant, avait répliqué : «si les observateurs européens sont de la même trempe que Louis Michel, alors il n’y a rien à espérer d’eux».

L’UE accusée de soutenir l’extrême-droite mauritanienne

Ainsi, le 22 juin 2017, lors de la conférence de presse animée au Parlement européen par les avocats Me Georges Henri Beautier et Me William Bourdon, en compagnie de Birame Dah Abeid, président du mouvement IRA, Louis Michel s’est-il rebiffé quand l’Union européenne fut accusée de soutenir «une faction de l’extrême droite mauritanienne, esclavagiste, qui domine les franges défavorisées » ou lorsque le contribuable européen est invité à être plus vigilant car son argent servirait à «engraisser et solidifier un système politique dépositaire d’idées suprématistes et antidémocratiques en Mauritanie».

Il a répliqué sèchement «l’Union européenne finance des projets et des programmes de développement en Mauritanie mais ne soutient pas financièrement ni ne donne de l’argent directement à l’Etat mauritanien».

Cette offensive institutionnelle est enclenchée contre le gouvernement mauritanien par une approche financière et économique tendant à lui couper les cordons de la bourse européenne. Birame Dah Abeid et les deux avocats de la Fondation pour l’Egalité des Chances en Afrique, Me Beautier et Me Bourdon, ont également contre-attaqué en déposant une énième plainte contre des fonctionnaires mauritaniens auprès du Parquet de Paris. Ils comptent ainsi sur les dispositions de la loi sur la compétence universelle pour épingler des «tortionnaires » mauritaniens nommément cités dans une plainte que les avocats ont reçu des victimes. Il s’agit principalement des 13 détenus d’IRA qui avaient été arrêtés lors de l’affaire dite «Affaire Gazra Bouamatou». Cinq de ses ex-prisonniers sont d’ailleurs à Bruxelles pour rencontrer la société civile, les élus et journalistes en Europe, notamment en France, en Allemagne, en Belgique, en Hollande, en Italie et en Espagne.

Cette nouvelle plainte en France viendrait ainsi s’ajouter, selon les avocats, à celles déjà déposées auprès de la Cour africaine des droits de l’homme et auprès des Rapporteurs spéciaux des Nations Unies, notamment le Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements inhumains et dégradants.

Pour l’instant, Nouakchott accuse le coup. Selon plusieurs observateurs, la Mauritanie pourrait bénéficier encore de la «compréhension» de son allié français, notamment sous le mandat commençant du nouveau président de la République Emmanuel Macron. En effet, l’axe Nouakchott-Paris semble s’ouvrir sur un nouveau type de rapport plus pragmatique, basé sur les intérêts de Paris notamment dans le domaine de la lutte contre le terrorisme au Sahel et les prospections de la société Total.

Contrairement aux gouvernements précédents qui se sont succédé à l’Elysée, les problèmes sociaux internes à la Mauritanie pourraient bien passer en second plan. La preuve, l’accusation portée par IRA contre le consul de France à Nouakchott. Ce dernier est accusé d’avoir entravé le voyage de cinq militants d’IRA, victimes de tortures, qui devaient se rendre à Bruxelles pour témoigner devant le Parlement européen. Ce qui les a obligés à se rendre à Dakar.

Cheikh Aïdara

Depuis Bruxelles


Le FC Tevragh-Zeina revient sur la finale boycottée : « Nous ne sommes mus que par le souci de faire respecter les textes »

Le Maire de Tevragh-Zeina et présidente d’honneur du club, Mme Fatimetou Abdel Maleck est revenue sur le scandale de la finale de la Coupe du Président de la République remportée sur tapis vert le dimanche 18 juin dernier par le FC Nouadhibou après le boycott du FC Tevragh-Zeina.

Table officielle ; au milieu la maire de Tevragh-Zeina et à sa droite le président du club (Crédit photo : Aïdara)

« Nous investissons des sommes importantes de nos contribuables pour participer au rayonnement de notre football et promouvoir les jeunes pour leur permettre de s’épanouir loin des chantiers tordus de la délinquance et du terrorisme et nous ne pouvons pas accepter que les textes qui régulent le jeu soient faussés« . C’est en ces termes que la Maire de Tevragh-Zeina s’est exprimé avant de souligner que si c’est la loi de la jungle qui doit désormais régir le football dans le pays autant orienter les ressources de la commune vers d’autres sports populaires.

Lui emboîtant le pas, Moussa Ould Khairy devait revenir en détail sur la réserve portée par l’équipe de la Garde Nationale contre le FC Nouadhibou, faisant ressortir le caractère frauduleux de la licence attribuée au joueur contre lequel la réserve à été portée. « En temps normal ce jeune ne devait pas obtenir une licence de football qu’il a obtenu de manière détourné à l’insu même de la Ligue Nationale l’organe chargé de la validation des licences football« .

Pour ceux qui reprochent au FC Tevragh-Zeina son boycott de la finale trouvant qu’il n’est pas concerné par la réserve de la Garde, il répondra qu’au contraire cette affaire doit concerner l’ensemble des clubs mauritaniens. « Nous assumons toutes les conséquences de notre démarche mais l’essentiel pour nous était de frapper les esprits et tirer la sonnette d’alarme sur la pente dangereuse que notre football était en train d’emprinter » a-t-il martelé.

Les arguments étaient percutants, convainquants et inattaquables, même pour les plus sceptiques parmi les journalistes. Il n’y avait plus de doute. La réserve portée par la Garde étaient sans appel et la gestion du dossier par la fédération irrégulière. « Jouer la finale dans ces conditions, c’était tout simplement cautionner une forfaiture » assénera Moussa Khairy. Pour Mme le Maire « l’adversaire du FC tevragh-Zeina à la finale c’était la Garde » soulignera-t-elle avant de conclure « sinon, s’il n’y a plus aucun respect des règles autant réorienter nos ressources vers « Lekrour » (jeu traditionnel réservé aux femmes).

Cheikh Aidara