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Adhésion du Canada au Partenariat de Ouagadougou : 650 millions de dollars injectés dans la santé reproductive

L’adhésion du Canada au Partenariat de Ouagadougou (PO) est une bonne nouvelle selon les observateurs. Cette adhésion serait le fruit d’un intense effort fait par l’Unité de coordination du PO (UCPO) et les autres parties prenantes. Le Canada, par la même occasion, a annoncé un financement de 650 millions de dollars sur trois ans pour la santé sexuelle et reproductive à travers le monde.

Dr Joannie BEWA, CEO de Young Beninese Leaders et la Ministre du Développement International et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau

L’Unité de Coordination du Partenariat de Ouagadougou, basée à Dakar, a publié le 10 mars 2017 un communiqué de presse  relative à l’adhésion du Canada au Partenariat de Ouagadougou. Cette adhésion intervient, selon les termes du communiqué, à l’occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes et a été annoncée par la Ministre canadienne du Développement International et de la Francophonie, Mme Marie-Claude Bibeau, en présence de son Premier Ministre, Justin Trudeau. Le Canada a annoncé un financement de 650 millions de dollars sur trois ans pour la santé sexuelle et reproductive à travers le monde.

Le Partenariat de Ouagadougou qui regroupe 9 pays d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Togo) a exprimé ainsi sa satisfaction de cet engagement canadien qui, selon le communiqué «aidera à propulser ses avancées dans sa phase d’accélération actuelle qui consiste à atteindre 2,2 millions d’utilisatrices additionnelles d’ici 2020».

Quel apport pour le Partenariat ?

Le Canada s’engage à appuyer l’égalité entre les sexes et contribuer au renforcement socio-économique des femmes et des filles partout dans le monde, en travaillant à combler les lacunes en matière de santé sexuelle et reproductive et des droits connexes. Il s’agit plus spécifiquement d’offres «de services complets d’éducation sexuelle, de renforcement des services de santé reproductive, et d’accès à la planification familiale et aux moyens de contraception »

Selon le Premier Ministre canadien, Justin Trudeau, «l’annonce faite aujourd’hui démontre que le Canada est un chef de file en ce qui concerne le renforcement socioéconomique des femmes et des filles ainsi que la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes partout dans le monde. Cet investissement donnera à des millions de femmes et de filles la possibilité d’être des leaders dans leurs collectivités et de mener une vie saine et productive».

Pour la Ministre du Développement International et de la Francophonie, « le Canada est résolu à mener une action mondiale pour soutenir la santé et les droits sexuels et reproductifs des femmes et des filles. Les droits des femmes commencent par le droit de chaque femme et de chaque adolescente de disposer de son corps et de prendre ses propres décisions».

A propos du Partenariat De Ouagadougou

Le Partenariat de Ouagadougou a été lancé lors de la Conférence Régionale sur la Population, le Développement et la Planification Familiale tenue à Ouagadougou au Burkina Faso en février 2011 par les 9 gouvernements des pays francophones de l’Afrique de l’Ouest et leurs partenaires techniques et financiers pour accélérer les progrès dans l’utilisation des services de planification familiale au Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Togo.

Le Partenariat de Ouagadougou est basé sur deux principes. Il mise sur une meilleure coordination entre les bailleurs de fonds pour optimiser leurs soutiens aux pays et également sur une collaboration et coopération aux niveaux national et régional pour remédier au taux élevé des besoins non satisfaits en matière de planification familiale.

L’Unité de Coordination du Partenariat de Ouagadougou (UCPO), basée à Dakar (Sénégal), facilite la communication entre les pays et les bailleurs actuels et potentiels, plaide pour la mobilisation de ressources en faveur des pays membres, aide à suivre les progrès par rapport aux objectifs du PO, et partage des informations entre les parties prenantes du Partenariat et d’autres publics.

Cheikh Aïdara


JOURNÉE NATIONALE CONTRE L’ESCLAVAGE : L’ASSABA SE MOBILISE AUTOUR DE LA LOI D’INCRIMINATION

Sous l’égide du Bureau International du Travail (BIT), l’Association des Maires de l’Assaba s’est mobilisé le 6 mars dernier, Journée internationale de lutte contre l’esclavage, pour s’informer sur la Loi 2015-031 incriminant le phénomène et ses pratiques, afin de la faire connaître auprès de leurs administrés.

L’hôtel de Ville de Kiffa a commémoré lundi 6 mars 2017, la Journée nationale de lutte contre l’esclavage. C’était sous la présidence du Commissaire aux Droits de l’Homme et à l’Action Humanitaire, en présence du Secrétaire Général du Ministère de la Fonction Publique, du Wali de l’Assaba, du Directeur Général de l’Agence Tadamoun ainsi que les partenaires, notamment le BIT, l’ambassade des Etats-Unis en Mauritanie, le Bureau du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme, entre autres.

La journée a été marquée par les discours officiels, celui du Commissaire aux droits de l’homme et à l’action humanitaire, Cheikh Tourade Ould Abdel Maleck qui a cité les avancées institutionnelles et juridiques réalisées par la Mauritanie dans le domaine de la lutte contre l’esclavage et ses séquelles. C’était lors de l’ouverture officielle des travaux. Auparavant, les participants avaient suivi le discours de bienvenue du maire de Kiffa et président de l’Association des maires de l’Assaba, Mohamed Lemine Ould Sidi Brahim.

S’exprimant au nom du Bureau International du Travail (BIT), Sidi Mohamed Ould Deh dira tout l’engagement de son institution à appuyer les autorités locales, notamment les élus les plus proches des populations, en l’occurrence les maires, pour la compréhension de la Loi 2015-031 incriminant l’esclavage afin de mieux la diffuser au sein de leurs administrés. Il faut noter que cette journée nationale organisée à Kiffa a été initiée et financée par le BIT, à travers son Projet Bridge qui est une passerelle entre le Protocole à la Convention n° 29 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et l’action mondiale pour l’élimination du travail forcé ratifié par la Mauritanie. Le Projet Bridge en Mauritanie, dirigée par Marc Ninerola, appuie la mise en œuvre de la loi 2015-031 portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes.

La journée nationale de lutte contre l’esclavage a été surtout marquée par quatre communications. La première, portant sur les « Concepts, définitions et évolution de l’esclavage » présentée par Dethié Sall du Bureau de Nouakchott du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme des Nations-Unies. La deuxième communication a été présentée par Me Cheikh Abdallahi Ould Babou, avocat, sur « Convergence et divergence du droit humanitaire international et du droit mauritanien sur le traitement de l’esclavage ». La troisième communication relative aux « Défis de la mise en œuvre de la Loi 2015-031 » présentée par le juge Bâ Aliou, président de la Cour criminelle spéciale de Néma chargée des affaires d’esclavage. Enfin, quatrième communication, celle présentée par Mohamed Ould Bneïjara, président de l’ONG ADIG partenaire du BIT sur le « Rôle des maires dans la vulgarisation de la Loi 2015-031 ».

Au cours de leurs interventions, les représentants des associations des droits de l’homme et des syndicats, notamment SOS Esclaves et l’Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (AMDH), ou encore le FONADH et la CLTM, ont fustigé la non application des textes de loi condamnant et incriminant l’esclavage en Mauritanie.

A la fin des travaux, les participants ont approuvé les recommandations qui se sont articulées autour de trois cibles, les autorités administratives et la justice, les maires et les élus, puis la société civile.

La journée nationale du 6 mars consacrée à la lutte contre l’esclavage s’est achevée par le discours de clôture du Wali de l’Assaba, Mohamed Hacen Ould Mohamed Saad.

Cheikh Aïdara
Envoyé Spécial à Kiffa

ENCADRE 1

Projet Bridge en Mauritanie ; Appuyer les autorités dans la mise en œuvre de la loi 2015-031

Le Projet Bridge en Mauritanie est un projet d’appui à la mise en œuvre de la loi portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes. C’est une composante du Projet Bridge du BIT intitulé « Du Protocole à la pratique : une passerelle pour une action mondiale sur le travail forcé ». Ce projet est justifié par la ratification en 2016 par la Mauritanie du Protocole de 2014 relative à la Convention sur le travail forcé n°29 de 1930 (c’est le deuxième pays africain à l’avoir ratifié). Il intervient surtout dans un contexte marqué par de fortes avancées réalisées par la Mauritanie dans la lutte contre l’esclavage, à travers l’adoption de la Loi 2015-031 incriminant l’esclavage à la place de la loi de 2007, l’adoption en 2014 de la Feuille de route pour éradiquer les vestiges de l’esclavage et la constitution d’un Comité ministériel pour l’accompagner, ainsi que la création de l’Agence Tadamoun pour la lutte contre les séquelles de l’esclavage, sans compte la criminalisation de l’esclavage élevé au rang de crime contre l’humanité dans la Constitution de 2012 et la création de tribunaux criminels spécialisés chargés de juger les affaires d’esclavage.

Le BIT a dans le cadre du Projet Bridge Mauritanie procédé à la formation des maires sur la Loi 2015-031 et organisé la célébration de la Journée nationale sur l’esclavage du 6 mars dernier à Kiffa. L’objectif est de permettre aux maires de l’Assaba de bien s’imprégner de ce texte pour pouvoir la diffuser et la faire connaître à leurs administrés. Cette initiative pilote, le BIT compte la dupliquer dans toutes les communes de la Mauritanie, en plus de la formation des élus, de la société civile et des journalistes, avec en prime la traduction de la Loi 2015-031 dans toutes les langues nationales.

ENCADRE 2

Témoignages : les maires de Kiffa peu informés sur la loi 2015-031

Aux 26 communes de l’Assaba s’étaient ajoutées, au cours de la Journée nationale sur l’esclavage célébrée à Kiffa, sept autres communes, dont Atar (Adrar) et Toujounine (Nouakchott) mais aussi l’association des maires du Tagant.

Le maire de Kiffa et président de l’Association des maires de l’Assaba, Mohamed Lemine Ould Mohamed Sidi, a dit toute sa satisfaction à l’issue des travaux qui ont marqué la Journée nationale de lutte contre l’esclavage. « La qualité et la quantité des participants, la présence du Commissaire aux droits de l’Homme et du Directeur Général de l’Agence Tadamoun, celle des autorités administratives dont le Wali de l’Assaba, des partenaires, notamment le BIT, le Bureau des Nations Unies pour les droits de l’homme, l’ambassade des Etats-Unis, ajoutés à la présence de plus d’une trentaine de maires dont certains venus de l’Adrar, de Nouachott et duTagant…Tout cela prouve, si besoin en est, l’intérêt qu’accordent les Mauritaniens à un phénomène que tous veulent prendre à bras le corps. Il ne s’agit pas d’une affaire strictement réservée à quelques associations, voire à certains individus qui l’utilisent pour des causes personnelles inavouées. Il s’agit d’un problème national à résoudre dans un consensus général, entre Mauritaniens mais aussi avec l’aide de nos partenaires ».

Pour le maire de Boumdeid, Mohamed Abdallahi Ould Khaye, « pratiquement peu de maires ont connaissance de cette Loi 2015-031 car personne ne l’a reçu encore de manière officielle. Certains en ont parcouru quelques articles et l’écrasante majorité n’en ont qu’entendu parler. D’où l’importance de cette journée qui a permis d’en savoir plus sur cette loi, dans l’espoir qu’une connaissance détaillée de ce texte de loi soit fournie. D’ores et déjà, je signale qu’au niveau de l’Assaba, aucun cas d’esclavage n’a jamais été signalé. On croit dur comme fer que ce phénomène a pratiquement disparu dans notre région ».

Pour Sidi Mohamed Ould Mohamed Vall dit Ghriny, président des Maires du Tagant, « la Journée nationale contre l’esclavage telle qu’elle est organisée ici à Kiffa est une initiative louable à saluer. La lutte contre l’esclavage et ses séquelles requiert la conjugaison de tous les efforts. L’Etat a mis en place tous les mécanismes tendant à l’amélioration des conditions de vie des populations »

ENCADRE 3

Alliance Française : Théâtre, chanson Rap et folklore contre l’esclavage

L’Alliance Française de Kiffa avait abrité dans la soirée du dimanche 5 mars 2017, une manifestation en prélude à la Journée nationale du 6 mars consacrée à la lutte contre l’esclavage dont la capitale de l’Assaba préparait les festivités.

Les jeunes de Kiffa ont présenté une pièce de théâtre en cinq actes intitulée « Le Cheval et la bride » de Diallo Taha Sow, puis un jeune Rappeur local a interprété une chanson conçue par l’écrivain Bios Diallo « Haram ! Haram ! ». La soirée riche en couleurs a été couronnée par une remise de prix aux lauréats d’un concours Quiz sur la loi de 2015 incriminant l’esclavage.

La soirée s’est déroulée en présence d’une délégation du BIT comprenant Setty Durand-Carrier, Sidi Mohamed Ould Deh et Seydina Alioune Diallo, ainsi que le président de l’Alliance et son staff, une délégation de l’ambassade des USA, plusieurs autres personnalités et un public jeune.

ENCADRE 4

Journée nationale de lutte contre l’esclavage : clash entre certains activistes et le maire de Kiffa

La célébration de la Journée nationale de lutte contre l’esclavage célébrée à Kiffa le 6 mars 2017 sous l’égide du BIT en collaboration avec l’Association des Maires de l’Assaba, a été marquée par un clash entre les organisateurs, accusés de vouloir faire « passer un message unilatéral pour redorer le blason du régime » et les antiesclavagistes de SOS Esclaves.

Ces derniers ont protesté vivement lorsque le président de séance, le maire de Kiffa et président de l’Association des maires de l’Assaba, a donné la parole pour la deuxième fois, au maire d’Atar, Ould Hmeimed, qui préside une association de maires mauritaniens contre l’esclavage. Ce dernier, invité à faire un discours lors de l’ouverture, avait en effet disserté pendant plus de quarante minutes sur la déclaration très controversée de son association, la déclaration dite d’Aleg, jugée unilatérale et dangereuse aussi bien par plusieurs activistes des droits de l’homme que par certains partenaires.

Très remonté contre cette prise de parole non programmée dans l’agenda de la soirée, l’avocat de SOS Esclaves, Me El Id avait en effet interpellé le maire d’Atar en lui lançant : « avant de venir ici pour parler esclavage, tu ferais mieux de régler d’abord le problème de l’esclavage largement répandue dans ta vile Atar et dans ta région. L’Adrar est le plus grand creuset d’esclavagistes en Mauritanie et il existe des dizaines de dossiers pendant devant vos tribunaux » s’est-il ainsi insurgé.


Journée nationale contre l’esclavage : L’Assaba se mobilise autour de la Loi d’incrimination

Sous l’égide du Bureau International du Travail (BIT), l’Association des Maires de l’Assaba s’est mobilisé le 6 mars dernier, Journée internationale de lutte contre l’esclavage, pour s’informer sur la Loi 2015-031 incriminant le phénomène et ses pratiques, afin de la faire connaître auprès de leurs administrés.

Marc Ninorola et Sidi Mohamed Deh (en cercle rouge) du BIT lors de la journée (Photo Aidara)

L’hôtel de Ville de Kiffa a commémoré lundi 6 mars 2017, la Journée nationale de lutte contre l’esclavage. C’était sous la présidence du Commissaire aux Droits de l’Homme et à l’Action Humanitaire, en présence du Secrétaire Général du Ministère de la Fonction Publique, du Wali de l’Assaba, du Directeur Général de l’Agence Tadamoun ainsi que les partenaires, notamment le BIT, l’ambassade des Etats-Unis en Mauritanie, le Bureau du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme, entre autres.

La journée a été marquée par les discours officiels, celui du Commissaire aux droits de l’homme et à l’action humanitaire, Cheikh Tourade Ould Abdel Maleck qui a cité les avancées institutionnelles et juridiques réalisées par la Mauritanie dans le domaine de la lutte contre l’esclavage et ses séquelles. C’était lors de l’ouverture officielle des travaux. Auparavant, les participants avaient suivi le discours de bienvenue du maire de Kiffa et président de l’Association des maires de l’Assaba, Mohamed Lemine Ould Sidi Brahim.

S’exprimant au nom du Bureau International du Travail (BIT), Sidi Mohamed Ould Deh dira tout l’engagement de son institution à appuyer les autorités locales, notamment les élus les plus proches des populations, en l’occurrence les maires, pour la compréhension de la Loi 2015-031 incriminant l’esclavage afin de mieux la diffuser au sein de leurs administrés. Il faut noter que cette journée nationale organisée à Kiffa a été initiée et financée par le BIT, à travers son Projet Bridge qui est une passerelle entre le Protocole à la Convention n° 29 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et l’action mondiale pour l’élimination du travail forcé ratifié par la Mauritanie. Le Projet Bridge en Mauritanie, dirigée par Marc Ninerola, appuie la mise en œuvre de la loi 2015-031 portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes.

Tribune officielle

La journée nationale de lutte contre l’esclavage a été surtout marquée par quatre communications. La première, portant sur les «Concepts, définitions et évolution de l’esclavage » présentée par Dethié Sall du Bureau de Nouakchott du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme des Nations-Unies. La deuxième communication a été présentée par Me Cheikh Abdallahi Ould Babou, avocat, sur «Convergence et divergence du droit humanitaire international et du droit mauritanien sur le traitement de l’esclavage ». La troisième communication relative aux «Défis de la mise en œuvre de la Loi 2015-031» présentée par le juge Bâ Aliou, président de la Cour criminelle spéciale de Néma chargée des affaires d’esclavage. Enfin, quatrième communication, celle présentée par Mohamed Ould Bneïjara, président de l’ONG ADIG partenaire du BIT sur le «Rôle des maires dans la vulgarisation de la Loi 2015-031».

Au cours de leurs interventions, les représentants des associations des droits de l’homme et des syndicats, notamment SOS Esclaves et l’Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (AMDH), ou encore le FONADH et la CLTM, ont fustigé la non application des textes de loi condamnant et incriminant l’esclavage en Mauritanie.

A la fin des travaux, les participants ont approuvé les recommandations qui se sont articulées autour de trois cibles, les autorités administratives et la justice, les maires et les élus, puis la société civile.

La journée nationale du 6 mars consacrée à la lutte contre l’esclavage s’est achevée par le discours de clôture du Wali de l’Assaba, Mohamed Hacen Ould Mohamed Saad.

Cheikh Aïdara
Envoyé Spécial à Kiffa

ENCADRE  1

Projet Bridge en Mauritanie ; Appuyer les autorités dans la mise en œuvre de la loi 2015-031

Marc Ninerola (encerclé de rouge) Chef du Projet Bridge Mauritanie

Le Projet Bridge en Mauritanie est un projet d’appui à la mise en œuvre de la loi portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes. C’est une composante du Projet Bridge du BIT intitulé «Du Protocole à la pratique : une passerelle pour une action mondiale sur le travail forcé ». Ce projet est justifié par la ratification en 2016 par la Mauritanie du Protocole de 2014 relative à la Convention sur le travail forcé n°29 de 1930 (c’est le deuxième pays africain à l’avoir ratifié). Il intervient surtout dans un contexte marqué par de fortes avancées réalisées par la Mauritanie dans la lutte contre l’esclavage, à travers l’adoption de la Loi 2015-031 incriminant l’esclavage à la place de la loi de 2007, l’adoption en 2014 de la Feuille de route pour éradiquer les vestiges de l’esclavage et la constitution d’un Comité ministériel pour l’accompagner, ainsi que la création de l’Agence Tadamoun pour la lutte contre les séquelles de l’esclavage, sans compte la criminalisation de l’esclavage élevé au rang de crime contre l’humanité dans la Constitution de 2012 et la création de tribunaux criminels spécialisés chargés de juger les affaires d’esclavage.

Le BIT a dans le cadre du Projet Bridge Mauritanie procédé à la formation des maires sur la Loi 2015-031 et organisé la célébration de la Journée nationale sur l’esclavage du 6 mars dernier à Kiffa. L’objectif est de permettre aux maires de l’Assaba de bien s’imprégner de ce texte pour pouvoir la diffuser et la faire connaître à leurs administrés. Cette initiative pilote, le BIT compte la dupliquer dans toutes les communes de la Mauritanie, en plus de la formation des élus, de la société civile et des journalistes, avec en prime la traduction de la Loi 2015-031 dans toutes les langues nationales.

 

ENCADRE 2

Témoignages : les maires de Kiffa peu informés sur la loi 2015-031

Une partie de l’assistance des maires

Aux 26 communes de l’Assaba s’étaient ajoutées, au cours de la Journée nationale sur l’esclavage célébrée à Kiffa,  sept autres communes, dont Atar (Adrar) et Toujounine (Nouakchott) mais aussi l’association des maires du Tagant
Le maire de Kiffa et président de l’Association des maires de l’Assaba, Mohamed Lemine Ould Mohamed Sidi, a dit toute sa satisfaction à l’issue des travaux qui ont marqué la Journée nationale de lutte contre l’esclavage. «La qualité et la quantité des participants, la présence du Commissaire aux droits de l’Homme et du Directeur Général de l’Agence Tadamoun, celle des autorités administratives dont le Wali de l’Assaba, des partenaires, notamment le  BIT, le Bureau des Nations Unies pour les droits de l’homme, l’ambassade des Etats-Unis, ajoutés à la présence de plus d’une trentaine de maires dont certains venus de l’Adrar, de Nouachott et duTagant…Tout cela prouve, si besoin en est, l’intérêt qu’accordent les Mauritaniens à un phénomène que tous veulent prendre à bras le corps. Il ne s’agit pas d’une affaire strictement réservée à quelques associations, voire à certains individus qui l’utilisent pour des causes personnelles inavouées. Il s’agit d’un problème national à résoudre dans un consensus général, entre Mauritaniens mais aussi avec l’aide de nos partenaires ».

Pour le maire de Boumdeid, Mohamed Abdallahi Ould Khaye, «pratiquement peu de maires ont connaissance de cette Loi 2015-031 car personne ne l’a reçu encore de manière officielle. Certains en ont parcouru quelques articles et l’écrasante majorité n’en ont qu’entendu parler. D’où l’importance de cette journée qui a permis d’en savoir plus sur cette loi, dans l’espoir qu’une connaissance détaillée de ce texte de loi soit fournie. D’ores et déjà, je signale qu’au niveau de l’Assaba, aucun cas d’esclavage n’a jamais été signalé. On croit dur comme fer que ce phénomène a pratiquement disparu dans notre région ».

Pour Sidi Mohamed Ould Mohamed Vall dit Ghriny, président des Maires du Tagant, «la Journée nationale contre l’esclavage telle qu’elle est organisée ici à Kiffa est une initiative louable à saluer. La lutte contre l’esclavage et ses séquelles requiert la conjugaison de tous les efforts. L’Etat a mis en place tous les mécanismes tendant à l’amélioration des conditions de vie des populations »

 

ENCADRE 3
Alliance Française : Théâtre, chanson Rap et folklore contre l’esclavage

L’Alliance Française de Kiffa avait abrité dans la soirée du dimanche 5 mars 2017, une manifestation en prélude à la Journée nationale du 6 mars consacrée à la lutte contre l’esclavage dont la capitale de l’Assaba préparait les festivités.

Le président de l’Alliance (au milieu en boubou bleu) entouré de ses invités

Les jeunes de Kiffa ont présenté une pièce de théâtre en cinq actes intitulée «Le Cheval et la bride » de Diallo Taha Sow, puis un jeune Rappeur local a interprété une chanson conçue par l’écrivain Bios Diallo « Haram ! Haram ! ». La soirée riche en couleurs a été couronnée par une remise de prix aux lauréats d’un concours Quiz sur la loi de 2015 incriminant l’esclavage.

La soirée s’est déroulée en présence d’une délégation du BIT comprenant Setty Durand-Carrier, Sidi Mohamed Ould Deh et Seydina Alioune Diallo, ainsi que le président de l’Alliance et son staff, une délégation de l’ambassade des USA, plusieurs autres personnalités et un public jeune.

ENCADRE 4
Journée nationale de lutte contre l’esclavage : clash entre certains activistes et le maire de Kiffa

La célébration de la Journée nationale de lutte contre l’esclavage célébrée à Kiffa le 6 mars 2017 sous l’égide du BIT en collaboration avec l’Association des Maires de l’Assaba, a été marquée par un clash entre les organisateurs, accusés de vouloir faire «passer un message unilatéral pour redorer le blason du régime » et les antiesclavagistes de SOS Esclaves.

Sneiba Kori et Aïcha Fall de SOS Esclaves

Ces derniers ont protesté vivement lorsque le président de séance, le maire de Kiffa et président de l’Association des maires de l’Assaba, a donné la parole pour la deuxième fois, au maire d’Atar, Ould Hmeimed, qui préside une association de maires mauritaniens contre l’esclavage. Ce dernier, invité à faire un discours lors de l’ouverture, avait en effet disserté pendant plus de quarante minutes sur la déclaration très controversée de son association, la déclaration dite d’Aleg, jugée unilatérale et dangereuse aussi bien par plusieurs activistes des droits de l’homme que par certains partenaires.

Très remonté contre cette prise de parole non programmée dans l’agenda de la soirée, l’avocat de SOS Esclaves, Me El Id avait en effet interpellé le maire d’Atar en lui lançant : «avant de venir ici pour parler esclavage, tu ferais mieux de régler d’abord le problème de l’esclavage largement répandue dans ta vile Atar et dans ta région. L’Adrar est le plus grand creuset d’esclavagistes en Mauritanie et il existe des dizaines de dossiers pendant devant vos tribunaux» s’est-il ainsi insurgé.


mars 2007-mars 2017 : Arterial Network fête ses 10 ans à Abidjan

Le réseau continental de la culture, Arterial Network, va souffler ses dix bougies, avec une réunion à Abidjan en Côte d’Ivoire, entre le 10 et le 11 mars 2017.

Membres d’Arterial Network (photo : AG Harare 2016)

Cet anniversaire vient couronner un revirement spectaculaire du réseau sous la houlette de son président, le Malien Mamou Daffe qui non seulement a insufflé une nouvelle dynamique de professionnalisme, d’autonomisation et de collaborations créatives à l’organisation, mais a consacré ce revirement dans les faits en déplaçant le siège de l’organisation du Cap en Afrique du Sud vers Abidjan en Côte d’Ivoire.

La manifestation prévue à la Rotonde des Arts en présence des membres du Secrétariat Continental et des présidents de Chapitres nationaux sera marqué par un discours attendu du président Mamou Daffe, qui dressera le bilan de l’organisation depuis sa création en 2007 à l’Ile de Gorée au Sénégal.

L’occasion sera également marquée par une réunion du Secrétariat Continental et comportera des amendements et des réformes des chapitres nationaux. Conférences, cocktail, théâtre et music seront aussi au menu.

Il faut dire qu’Arterial Network a été créé pour soutenir le secteur des arts et de la culture en Afrique. L’organisation a surmonté plusieurs défis, financiers, politiques et logistiques. Mais a connu aussi de grands succès. Il a su s’imposer comme un creuset multiculture et multilangue avec une grande capacité de mobilité sur le continent.

Aujourd’hui, Arterial Network est parvenu à surmonter ses difficultés de début, un faible ancrage et un faible réseautage, avec de faibles échanges et de mutualisation entre ses membres. D’où le virage décisif opéré en 2015 à Yaoundé au Cameroun, lorsque le Comité de Pilotage sous la présidence de Mamou Daffe décida d’orienter le réseau vers une nouvelle dynamique qui a permis de mettre la culture au cœur des politiques de développement en Afrique. Résultat, une plus grande interaction est née entre ses membres, consacrant l’ancrage du concept des collaborations créatives et le renforcement du réseautage.

Quatre grandes plateformes ont ainsi vu le jour sous l’impulsion de cette nouvelle dynamique. La première plateforme a porté sur les «Rencontres régionales » pour créer une meilleure dynamique entre les acteurs et un meilleur partage des pratiques.

La deuxième plateforme, ce sont les «Hubs de formation » mis en place par Arterial à travers sa politique de renforcement des capacités. Trois Hubs ont été identifiés, Nairobi, Harare et Abidjan pour les trois régions africaines, l’Afrique de l’Est et du Centre, l’Afrique Australe et l’Afrique de l’Ouest-Afrique du Nord.

La troisième plateforme, ce sont les «Villes créatives africaines » avec le choix porté pour la période 2017-2019 sur les villes de Harare, Pointe-Noire, Ségou, Nouakchott et Mahé.

Enfin, la quatrième plateforme, celle du «Salon des industries culturelles et créatives africaines SICCA » qui se veut une plateforme d’expositions, d’échanges, de partage et de rencontre entre professionnels du secteur créatif. Le but est de stimuler les échanges et la collaboration entre les acteurs. La première édition de ce salon est prévue en Novembre 2017.

A rappeler que le Secrétariat Continental d’Arterial Network est composé de Mamou Daffe (Mali), George Camille (Seychelles), Daves Guzha (Zimbabwe), Jahman Anikulapo (Nigeria), Ma Gloire Bolunda (RD Congo), Limam Kane dit Monza (Mauritanie), Nathan Kiwere (Uganda), Pierre Claver Mabiala (Congo), Muzi Ntshangase (Swaziland) et Ghita Khaldi (Maroc).

Cheikh Aïdara

Assalamalekum Arterial Mauritanie a fêté les 10 ans d’Arterial Network

C’est dans son siège sis à Tevragh-Zeine, en face de la Clinique Chiva, qu’Arterial Mauritanie a fêté les 10 ans d’Arterial Network.  L’évènement, porté par le Festival Assalamalekum, a été organisé le 6 mars 2017, drainant tout le gotha du monde culturel de Nouakchott, avec la présence de l’ancien Maire et Président de la Communauté Urbaine de Nouakchott, Ahmed Ould Hamza, qui préside aujourd’hui l’Alliance Française de Mauritanie.

Célébration de 10 ans d’Arterial à Nouakchott

Artistes, musiciens, monde du cinéma et du théâtre ainsi que plusieurs autres invités ont ainsi pu suivre une exposition d’arts, un défilé de mode et apprécié quelques sonorités locales. Auparavant, le président du Festival Assalamalekum, Limam Kane, membre du Secrétariat Continental d’Arterial Network et président d’Arterial de la Zone Afrique du Nord, avait souhaité la bienvenue aux invités à qui a il exposé l’historique d’Arterial Network, ses objectifs, ses réalisations et ses projets futurs.