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Visite à Nouakchott de de M.Gianni Infantino, président de la FIFA : «la FFRIM est un exemple que nous montrerons aux autres fédérations africaines comme exemple de bonne gestion d’une association sportive »

Le Président de la FIFA, Gianni Infantino, est arrivé ce mardi 28 février à Nouakchott pour une visite de quelques heures. Après une entrevue avec le Premier ministre, il s’est rendu au siège de la Fédération mauritanienne de football (FFRIM) où il a visité les différentes ailes du site avant d’animer une conférence de presse.

Le président de la FIFA, entouré du président de la FFRIM (à gauche) et du ministre de la Jeunesse et des Sports (à droite) derrière les enfants d’écoles de football (crédit photo : Aïdara)

Annoncée depuis plusieurs jours, la visite en Mauritanie du président de la FIFA a tenu toutes ses promesses. Arrivé à Nouakchott l’après-midi de ce mardi 28 février, le premier responsable de l’institution faîtière du football mondial a été reçu par le Premier ministre, M.Yahya Ould Hademine.

Accueil en panache
A son arrivée au siège de la fédération mauritanienne de football, un accueil haut en couleur a été réservé au président de la FIFA, avec la présence des pupilles et cadets des différentes écoles de football masculines mais aussi féminines de Nouakchott, avec des éclats colorés et l’innocence de la jeunesse en bandoulière. Sous la tente dressée en face du siège de la FFRIM, un parterre d’invités de haut niveau, notamment le ministre de la Jeunesse et des Sports, M. Ahmed Ould Jibril, la présidente de la Communauté Urbaine de Nouakchott (CUN), l’ambassadeur d’Afrique du Sud, le maire et le préfet de Tevragh-Zeine, ainsi que le directoire de la FFRIM au grand complet, sans compter les membres de la Ligue nationale et les présidents de clubs.

Le président de la FFRIM présentant l’ambassadeur d’Afrique du Sud (de dos) au président de la FIFA ( Crédit photo : Aïdara)
La présidente de la CUN, entourée du préfet, du maire et du directeur du Stade Olympique (Crédit photo : Aïdara)

Le président de la FFRIM, M. Ahmed Ould Yaya, a fait faire à son hôte ainsi que la délégation qui l’accompagne le tour du propriétaire, les entraînant dans les différentes ailes de la fédération, en l’occurrence l’ancien et le nouveau siège de la fédération, les bureaux techniques, l’académie et les terrains annexes.

Pendant tout ce circuit, les journalistes étaient parqués sous la tente derrière les invités, empêchés de suivre les péripéties de cette mini-tournée, ce qui a soulevé bien des grognes et même de vives protestations. Selon le protocole de la visite, telle que définie par la cellule de communication, la presse n’avait accès qu’à la tente ou la salle de conférence.

Echanges de discours
L’arrivée des deux présidents et leur suite sous la tente permettra aux photographes reporters sportifs d’étancher leur soif d’images. Les poignées de main avec les autorités et les sponsors, suivies des échanges de discours, seront couverts par les lumières des flashs et les ronrons silencieux des dizaines de caméras de télévision conviés à la cérémonie.

Le président de la FFRIM lors de son discours (crédit : Aïdara)
Le président de la FIFA lors de son discours (crédit : Aïdara)

Dans son discours de bienvenue, M. Ahmed Ould Yahya dira toute sa satisfaction de recevoir le président de la FIFA, soulignant qu’en une année de fonction, l’instance du football mondial a complètement changé sa vision stratégique, notamment dans le domaine de la diplomatie et de la bonne gouvernance du football. Parmi les avancées considérables, il citera l’intérêt porté désormais au continent africain, l’accroissement des subventions accordées aux fédérations, l’intérêt porté pour le football féminin, ainsi que la restructuration administrative et financière de la FIFA, notamment dans son aspect diversité et caractère unificateur.

Prenant à son tour la parole, le président de la FIFA a déclaré que parmi ses promesses de campagne, au temps où il briguait le poste, donner plus à l’Afrique, un continent où il avait justement lancé sa campagne électorale en 2016. Première décision de taille, la nomination pour la première fois en 116 ans d’existence de la FIFA, d’une Africaine au poste de Secrétaire général, en l’occurrence, la Sénégalaise Fatma Samoura, ancienne diplomate à l’ONU et personne hors du sérail du football, comme il le voulait. Deuxième décision, la multiplication par quatre de la subvention accordée à l’Afrique qui est passé de 27 milliards à 94 milliards de dollars. Last but not the least, l’augmentation du nombre d’équipes africaines qui seront qualifiées à la coupe du monde. De 6 sous le format actuel de 36 pays qualifiés, la FIFA compte porter le nombre d’équipes au Mondial à 48, ce qui devra porter selon lui le nombre d’équipes africaines à 9 ou 10.

La conférence de presse
Par la suite, les deux présidents se sont soumis aux questions des journalistes. Par rapport au quota des journalistes africains accrédités au cours des compétitions FIFA, et qui serait le plus restreint au monde, M.Gianni Infantino a déclaré que c’est la deuxième fois que cette question lui est posée au cours de sa tournée africaine. Il a promis de s’enquérir du problème, soulignant le rôle important que la presse sportive peut jouer dans le développement du sport, d’où l’intérêt qu’il y a d’accréditer davantage de journalistes sportifs africains.

Conférence de presse des deux présidents (Crédit photo : Aïdara)

Il a aussi promis que la FIFA financera l’élargissement du Stade Cheikha Ould Boïdiya du Ksar, pour en faire un deuxième terrain aux normes internationales pour le pays, ce qui permettra à la Mauritanie de disposer, selon lui, de deux grands airs de jeu et partant d’organiser une compétition africaine.

D’après le président de la FIFA, la FFRIM est un exemple de réussite qu’il montrera aux autres fédérations africaines lors d’un colloque qu’il fera organiser ici à Nouakchott. «Le football mauritanien a fait des progrès importants » dira-t-il, rappelant qu’en 2012, la Mauritanie était classée 206ème mondial et qu’actuellement elle est 107ème après avoir, il y a deux ans, flirté avec le Top 80.  «L’avenir du football est en Afrique, disait-on quand j’avais 12 ans. Maintenant, je dis que le présent du football est en Afrique et que le présent du football est en Mauritanie » a-t-il souligné.

A la fin de la conférence de presse, le président de la FFRIM a offert à M.Gianni Infantino un  maillot de l’équipe nationale de Mauritanie, les Mourabitounes signé de sa main. Un deuxième maillot de l’équipe portant la signature du président de la FIFA sera accroché à la fédération.

Le maillot de l’équipe nationale de Mauritanie offert au président de la FIFA (Crédit photo : Aïdara)

A noter que le président de la FIFA et sa délégation sont invités le soir à un dîner-gala au restant «Les Ambassadors » de Nouakchott avant de s’envoler à l’aube.

Cheikh Aïdara


Idriss Deby Itno-Mohamed Abdel Aziz / UPR-MPS : des similitudes sur les deux rives du Sahara

Le Tchad comme la Mauritanie sont des pays trait d’union, entre l’Afrique du Nord et l’Afrique noire. Ils font plus d’un million de kilomètres chacun. L’un s’ouvre sur la mer et l’autre tire son nom d’un lac. Ils ont la même configuration  géographie, région désertique, espace semi-aride et savane soudanaise. Les deux pays ont été le berceau de grands empires. De tradition bédouine et agropastorale, ils ont abrité des circuits commerciaux transsahariens vieux de plusieurs millénaires.

Tous les deux ont été colonies françaises et ont accédé la même année à l’indépendance en 1960. Tous les deux sont devenus pays pétroliers presqu’en même temps, au début des années 2000. Ils partagent le même niveau de pauvreté, parmi les pays les moins développés du continent et comptent chacun autant de coups d’état militaire. Tous les deux pays ont des populations arabes et des populations d’origine africaine. Le Tchad compte des dizaines d’ethnies et de langues parlées pour 11, 63 millions d’habitants, alors que la Mauritanie n’abrite que quatre communautés linguistiques pour une population d’environ 4 millions d’habitants. Si la Mauritanie est à cent pour cent musulmane, le Tchad compte des minorités chrétiennes et païennes.

Tous les deux sont arrivés au pouvoir par coup d’Etat. Mais si Idriss Deby Itno est au pouvoir depuis vingt-sept années, et qu’il cumule cinq mandats après avoir fait sauter le verrou des deux mandats fixés par la Constitution de 1996, son cadet de quatre années, Mohamed Abdel Aziz lui n’est effectivement président de la Mauritanie que depuis huit années. Et il a juré de ne pas modifier la Constitution, ce qui lui aurait permis de se présenter pour un troisième mandat. Ainsi, si Idriss Deby itno ne pense pas encore à un remplaçant, Mohamed Abdel Aziz a promis de céder le pouvoir en 2019.

Idriss Deby tout comme Mohamed Abdel Aziz se considèrent comme les gendarmes du Sahel et se sentent irremplaçables dans la lutte contre le terrorisme dans la région. Ils ont tous les deux la confiance des partenaires africains et européens.

Mais à NDjaména tout comme à Nouakchott, la voix des chefs de file de l’opposition, Saleh Kebzado du Tchad et Ahmed Ould Daddah de la Mauritanie ne sont pas écoutés quand ils martèlent à coups de saison aux partenaires économiques des deux pays, en particulier la France, «d’être de plus en plus exigeants sur la gouvernance économique, le respect des droits humains face à un régime qui a acculé la population à une paupérisation croissante et excelle dans la gestion patrimoniale de l’État ».

Mais en Mauritanie comme au Tchad, Mohamed Ould Abdel Aziz et Idriss Deby continuent d’être adulés par leurs alliés qui les décrivent comme des «guerriers », vantant leur bravoure et leur témérité face aux épreuves. Si au Tchad, Deby s’est entouré des membres de sa tribu, les Zagawas, le même reproche est fait à Mohamed Abdel Aziz accusé d’avoir tout confié à ses proches, de la tribu des Oulad Besbâa, en particulier la faction de sa famille.

Mais dans l’exercice du pouvoir politique, les deux hommes se ressemblent comme deux frères siamois, tout comme se confondent les deux partis au pouvoir, le Mouvement Patriotique du Salut (MPS) au Tchad, parti né d’une rébellion armée, et l’Union Pour la République (UPR) issu de l’ancien PRDS, de Mauritanie.

En Mauritanie, il est reproché à Mohamed Abdel Aziz d’exercer un pouvoir personnel et de gérer le pays d’une manière patrimoniale, avec une armée de  proches et de laudateurs. Pareil au Tchad où l’Etat vient d’interdire un mouvement citoyen dénommé le MECI qui se veut le pendant tchadien du «Balai citoyen » au Burkina Faso ou du mouvement «Y’en a marre » au Sénégal.

Ce rassemblement de l’ensemble des forces vives du Tchad, qui regroupe des syndicats, des partis de l’opposition, les organisations de défense des droits de l’homme les plus représentatifs, les intellectuels et les journalistes fait peur au pouvoir tchadien. Le Mohamed Ould Maham du Tchad, qui s’appelle Mahamat Zen Bada, Secrétaire général du parti au pouvoir, le MPS, versus UPR,  de monter au créneau en fustigeant les fondateurs du MECI, accusés de «chercher à déstabiliser le régime ». Le couperet ne tardera pas à tomber. Le ministre de l’Administration du territoire et de la gouvernance locale, le pendant de notre Ministre de l’Intérieur, Bachar Ali Souleymane, de décréter l’interdiction de toutes les activités du MECI sur l’ensemble du territoire national, trouvant illégal l’attelage entre «des personnalités et des organisations dont les champs d’action sont différents ».
Les protestations de la classe politique et de la société civile tchadiennes ressemblent à s’y méprendre à celles de notre propre classe politique et de notre société civile, dans leur dénonciation de ce qu’ils considèrent être les manifestations d’un «recul de la démocratie » et la consolidation de la «dérive du pouvoir ».

Le président de la Ligue tchadienne des droits de l’homme, Dobian Assingar dans une sortie de fustiger le pouvoir qui interdit «aux organisations de la société civile de se réunir, de manifester et de tenir des réunions, alors que des organisations acquises à sa cause, comme le MPS, peuvent tenir réunion et organiser des conférences sans être inquiétés ».
Pour les opposants, la décision du ministre «est nulle et de nul effet » par rapporté aux textes de loi qui garantissent la liberté d’association. Tiens, comme nous, ils ont un texte datant de 1962 instituant les associations. Suite à cette réplique, Dobian Assingar est interpellé, interrogé par quatre commissaires de police et un inspecteur sur deux griefs : rébellion contre la puissance publique et atteinte à la cohésion nationale. On pense entendre nos propres autorités. Puis, comme chez nous, les membres du MECI sont pris en filature, débauchés et harcelés.
Comble de toutes les similitudes, le président Idriss Deby Itno, réunit son clan, et menace d’interdire les syndicats membres de MECI.
A rappeler, pour conclure, que tous les deux présidents, Mohamed Ould Abdel Aziz et Idriss Deby Itno, ont  présidé aux destinées de l’Afrique en assurant la présidence de l’Union Africaine. Mais si Mohamed Ould Abdel Aziz adore les bolides et s’émeut devant les accélérations d’une Benne 19/24 massacrées de loin, Deby Itno languit devant un chameau bien racé.

Cheikh Aïdara

 


FC Tevragh-Zeina Vs Al Merrikh : une amère défaite

Les Soudanais regagnent les vestiaires après leur victoire

Le FC Tevragh-Zeina a perdu son match Aller comptant pour le deuxième tour qualificatif de la Coupe Arabe. Une défaite non méritée face au Merrikh du Soudan, sur le plus petit des scores, 0 à 1. Et le comble, un pénalty raté à la 91ème minute par Takhyouyllah Denne, pourtant spécialiste des coups de pied arrêtés. Tout est à refaire et déjà, Birama Gaye, le doyen des entraîneurs mauritaniens et coach du FC Tevragh-Zeina, voit le poids de ses soucis dans quatre jours à Khartoum, alourdis par cet handicap de départ.

Finalement, l’équipe championne du Soudan ne se révéla pas être cette foudre de guerre tant galvaudée. Elle était prenante par un FC Tevragh-Zeina diminué de quatre de ces meilleurs éléments mais qui a dominé son sujet durant la presque totalité de la première mi-temps.

Les Soudanais avaient jeté toutes leurs forces dans la bataille. Les supporters soudanais dans les gradins de la tribune latérale droite, ont soutenu leurs poulains pendant toute la durée du match en brandissant les drapeaux rouges or de leur pays. De l’autre côté de la barrière, le club des supporters de FC Tevragh-Zeine ont également poussé leur équipe jusqu’à la dernière minute.

Après une première mi-temps vierge, le FC Tevragh-Zeina et Merrikh continueront à se neutraliser. A la 61ème minute, les Soudanais ouvrent le score sur une banale balle que Salahdine, le portier de Tevragh-Zeina ne put négocier.

Dans le dernier quart du match, Birama Gaye a jeté toutes ses cartes, en procédant à trois remplacements, dont le Brésilien Vidal qui céda sa place.

Malgré les assauts répétés de ses attaquants, les protégés du président du club, Moussa Ould Khairy ne parviendront pas à trouver la faille. A la 91ème minute, le FC Tevragh-Zeine obtient un pénalty. Le but de l’égalisation sera raté par le tireur de l’équipe nationale, Takhyoullah Denna.

le coach soudanais durant la conférence de presse

Le coup de sifflet final de l’arbitre tunisien viendra ainsi mettre fin au rêve de l’équipe mauritanienne.
Lors de la conférence de presse d’après-match, le coach soudanais, Garzito devait exprimer sa satisfaction. «J’étais venu pour obtenir un résultat, je l’ai. Maintenant, j’attends de négocier le match retour sur mon terrain et devant mon public». Selon lui, l’état du terrain du Stade Olympique et la chaleur qui régnait ont rendu la tâche un peu difficile pour ses joueurs, mais «l’essentiel a été fait ».

Le coach de Tevragh-Zeina en conférence de pressse

A son tour, Birama Gaye, l’entraîneur de FC Tevragh-Zeine, soutient que l’équation actuelle de son équipe réside  dans ce retard concédé à Nouakchott. Simple consolation, «sur le plan du contenu, l’équipe soudanaise n’était pas supérieure à notre équipe » a soutenu Birama Gaye.

Le milieu de Tevragh-Zeina, Sidi Brahim Amar, élu meilleur joueur du match

Le trophée du meilleur joueur du match, prix décerné par Chinguittel, sera attribué au milieu de terrain offensif de FC Tevragh-Zeina, le jeune Sidi Brahim Amar.


Les amours cachés de la Mauritanie et Israël : l’ambassadrice Mint M’Heiham dévoile tout

 

L'ambassadrice mauritanienne entouré du président du CRIF et l'une de ses collaboratrices
L’ambassadrice mauritanienne (en voile) entourée du président du CRIF et l’une de ses collaboratrices

En acceptant l’invitation du Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF), l’ambassadrice de la Mauritanie en France, Aïchetou Mint M’Heiham, vient confirmer des rumeurs qui ont toujours couru sur les relations cachées de la Mauritanie avec Israël, via des rencontres secrètes dans la capitale sénégalaise, Dakar.

L’ambassadrice mauritanienne en France était sans nul doute l’invitée surprise, pour le Mauritanien lambda, du Conseil Représentatif des institutions juives de France (CRIF), le lobby attitré d’Israël dans l’Hexagone. Sa générosité débordante qui lui fit claquer 900 euros au bénéfice de cette invitation était à la hauteur des bonnes relations entre Benyamin Netanyahou et le pouvoir mauritanien. Ainsi, la rupture diplomatique de 2009, ne fut qu’un geste populiste d’un général qui venait d’accéder au pouvoir par une révolution de palais et qui cherchait un hameçon assez consistant pour gagner la sympathie d’une rue mauritanienne assez crédule et peu avisée.

Depuis, des rumeurs sourdaient sur des apartés secrets entre des émissaires du pouvoir mauritanien et l’ambassadeur israélien à Dakar. Certains observateurs soutiennent même que l’ambassade d’Israël, détruite pour faire plaisir à l’époque à Mouammar Kadhafi et à ses machines à sous, s’était juste déplacée dans une des ambassades occidentales à Nouakchott. Les relations ne furent ainsi jamais rompues.

Il a fallu ainsi cette invitation où l’ambassadrice mauritanienne,  Aïchetou Mint M’Heiham, sur instruction de la présidence de la République, se rende à visage découvert à l’invitation du CRIF pour faire étaler au grand jour cet amour longtemps caché.

Les nationalistes arabes et les Salafo-wahabistes qui tiennent aujourd’hui le haut du pavé en Mauritanie, ont à peine réagi, eux qui ne manquent pas une occasion pour crier haro sur le baudet, lorsqu’Aminetou Mint Mokhtar, Birame Dah Abeid ou tout autre activiste reçoit un prix ou se fasse photographier en Europe. «Ennemis de l’Islam ! Complices des judéo-chrétiens ! Mangeurs de l’argent des juifs ! Amis des juifs ! » Des invectives qui leur sont accolés à tout bout de champ et qui par miracle, évitent d’éclabousser le flirt honteux entre une République qui vilipende le jour Israël pour faire plaisir à ses radicaux islamistes et l’adule la nuit, dans le secret des limbes diplomatiques.

Plusieurs fois, des diplomates israéliens utilisant des passeports d’autres pays se seraient ainsi rendus en mission à Nouakchott, dans l’incognito.

Pour Israël, qu’importe que ces relations avec la Mauritanie s’étalent au grand jour ou soient maintenues dans le secret. L’essentiel est de continuer à conserver un pied dans ce pays et conforter sa présence géostratégique dans cette partie du Nord-Ouest africain. Mais en retour, la Mauritanie ne perçoit aucun dividende de cet amour secret, les Israéliens exigeant un retour au grand jour des relations diplomatiques entre les deux pays. En effet, la pression internationale, celle du lobby juif bien introduit dans les rouages du système mondial, continue de peser sur le pays. Accablement dans le domaine des droits de l’homme, mort décrété du tourisme, refus des capitaux étrangers à investir dans le pays, départ de plusieurs d’entre eux dans le sillage de la crise du fer. Résultat, l’économie mauritanienne est aujourd’hui exsangue, la plupart des projets publics étant désormais financés sur ressources propres, c’est-à-dire en saignant le pauvre contribuable mauritanien déjà essoré par une crise financière sans précédent.