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Festival des Villes Anciennes : Ouadane sous le sceau du communautarisme

De l’avis de plusieurs observateurs, le Festival des Villes Anciennes dans sa 6ème édition qui vient de s’achever à Ouadane, s’est drapé d’un dangereux vernis communautariste. Maures du Sahara, du Mali et de Mauritanie dans une réelle et exclusive communion.

Sans que le pouvoir ne s’en rende peut-être pas compte, certains dans l’entourage des hautes autorités tirent de plus en plus insidieusement sur la ficelle communautariste. La preuve, la 6ème édition du Festival de Ouadane, qui a eu lieu du 12 au 16 décembre 2016, fut une véritable communion entre les Maures du Sahara Occidental, ceux du Mali et de Mauritanie. Selon certaines confidences, l’accent a été mis sur l’aspect communautaire en ce qui concerne les artistes qui devaient représenter les pays invités. Au lieu de convier des Touarègues ou des troupes bambaras du Mali, l’exigence porta sur des Maures de Tombouctou. Certains se sont aussi demandés pourquoi ne pas avoir invité des troupes folkloriques du Sénégal, même au sein de la communauté maure, avant que l’on se rende compte que cette dernière est quasiment composée de harratines. D’où ce raisonnement presque raciste ou raciale que d’aucuns ne manqueront de relever avec indignation, mais la donne communautariste semble hélas, dans cette Mauritanie de la dernière décennie, être érigée en mode de gouvernance politique.
Sinon, comment expliquer la reconnaissance officielle d’un parti politique aussi communautariste, raciste et raciale, que celui de Daoud Ould Ahmed Aïcha qui ne se cache pas d’avoir crée «un parti pour les Maures » pour contrer selon lui les discours extrémiste des Flams et de l’IRA, qui eux butent sur un systématique refus de reconnaissance.
Cette velléité de plus en plus forte de la communauté maure à s’affirmer comme composante majeure de la population mauritanienne et à laquelle doivent s’assimiler toutes les autres composantes du pays ou disparaître, trouve ainsi toute sa quintessence dans le propos de Mohamed Ould Abdel Aziz, le Président de la République, selon lequel «les Maures forment la majorité en Mauritanie ». Voir sa dernière interview avec le journal français «Le Monde».
Ainsi, si en France, le repli identitaire autour du «Français pure souche » fait le lie du radicalisme politique, en Mauritanie, l’identité maure menacée par le «péril noir » avec la jonction tant redoutée entre «Harratines et Négro-mauritaniens» qui se dessine de plus en plus, fait germer un sentiment de peur. D’où l’option de rassembler la grande fratrie éparpillée, du Sahara algérien au Sahara marocain jusqu’aux confins de l’Azawad (Trab el bidhane), approche prônée par un certain Ould Breidelil, mais aussi à réinventer «une résistance maure contre l’envahisseur français» comme socle unificateur de la communauté autour d’un vécu commun.
Vu sous cet angle, l’on comprend tout le machiavélisme qui se cache derrière l’enrôlement biométrique, qui ne sert pas seulement à viabiliser les pièces d’état-civil en réalité, mais à procéder à des purges raciales dans les rangs des négro-mauritaniens et surtout des harratines, accusés de se «reproduire dans tous les coins de rue». Dixit, le discours de Mohamed Ould Abdel Aziz à Néma.
Ainsi, d’un festival culturel qui était sensé ressouder les liens intercommunautaires, les chauvins aujourd’hui au pouvoir cherchent à en faire le symbole de la suprématie d’une communauté au détriment de toutes les autres. D’où, l’anachronisme d’un pays supposé multiethnique, où la quasi-totalité des hiérarchies militaires et civils est à une seule dominance ethnique.
D’où ces images en apparence inoffensives de civils armés qui fleurissent le plus normalement du monde sur les réseaux sociaux, ou encore ces menaces d’assassinat proférées  sur la place publique en toute impunité, alors qu’émanant des autres communautés, de telles attitudes auraient débouché sur des arrestations, des répressions et des procès tous azimuts.
Sinon encore une fois, pourquoi ni le Président de la République, ni son Premier ministre, n’ont daigné honorer de leur présence la plus grande manifestation de la communauté Soninké, celle qui a regroupé tous les Soninkés du monde ici à Nouakchott ? Pourquoi, les manifestations culturelles chapeautées par des membres des autres communautés sont systématiquement séchées par le ministre de tutelle et le moins gradé de son département, alors qu’ils se bousculent au portillon du moindre évènement organisé par la plus obscure association dirigée par quelqu’un de leur fratrie ?
Nonobstant les accusations qui ne manqueront pas de pleuvoir sur ce constat de notre amère et désolante réalité et que d’aucuns pourraient traiter de raciste ou d’hostile à la Nation, bref tout ce terrorisme intellectuel mis en branle dès que l’on touche la plaie qui ronge le pays, nous appellerons un chat un chat.
La Mauritanie est hélas tombée aujourd’hui entre des mains chauvines, celles qui ont toujours tripatouillé dans la fange anti-noire et anti-harratine et qui disposent maintenant de l’arsenal politique, prêtes à dégainer pour faire prévaloir sa funeste idéologie.


Birame Dah Abeid, président de l’IRA : «Je rentrerais bientôt en Mauritanie »

Lors de sa dernière conférence tenue le 17 décembre dernier à Paris, le président de l’initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), Birame Dah Abeid a annoncé son retour imminent en Mauritanie, après plusieurs mois d’absence et de tournées à l’étranger. Un retour à risque selon certains observateurs.

Absent du pays depuis le mois de juin 2016, Birame Dah Abeid a annoncé son retour dans quelques semaines en Mauritanie. C’était au cours d’une conférence de presse animée à Paris samedi 17 décembre 2016 en présence des militants de l’IRA-France, d’organisations de défense des droits de l’homme et de plusieurs hautes personnalités.
Au cours de son intervention, le président de l’IRA a fait le bilan de sa tournée en Afrique, en Europe et aux Etats-Unis. Selon lui, la diplomatie active de son organisation lui a permis de marquer des points importants sur le plan international, infligeant au régime mauritanien des défaites cuisantes.
«Chaque fois que nous engrangeons des points au niveau international, le pouvoir mauritanien panique et procède à des arrestations dans les rangs de notre mouvement ». La dernière défaite sanglante infligée au gouvernement mauritanien selon lui, est cette tentative de démanteler IRA en arrêtant, torturant et condamnant lourdement les membres de son bureau exécutif avant de faire machine arrière sous le coup de boutoir de la pression internationale.
«Cette stratégie des coups d’éclats nous a permis de marquer partout des points » dira Birame qui a prôné l’union de tous les démocrates mauritaniens pour déboulonner le système en place.
«Seule l’union de toutes les forces progressistes permettra de changer la donne » ajoutera-t-il. Selon lui, IRA qui est une organisation non violente, est contre la vengeance des vainqueurs, trouvant que toute bataille peut mener à la victoire ou à l’échec. «Donnons aux thuriféraires du pouvoir qui ont tué, déporté et pillé, une porte de sortie, une sorte de paix des braves » a-t-il lancé, mentionnant l’exemple irréfléchie de l’opposition gambienne qui aux lendemains de sa victoire électorale avait commencé à menacer de représailles un pouvoir encore en place.
Pour Ahmed Baba, professeur à l’Université de Clairmont-Ferrand et membre du bureau exécutif d’IRA, «le mouvement s’est distingué par son apport qualificatif à la lutte pour les droits de l’homme en Mauritanie ». Selon lui, l’organisation ne fait qu’exiger l’application de lois que le législateur mauritanien avait votées sans penser qu’il y aura des Mauritaniens déterminés à en suivre la stricte application. Un exercice périlleux qui a valu et continue de valoir selon lui aux militants d’IRA des emprisonnements, des arrestations et des jugements tous azimuts.
Mais selon plusieurs observateurs, le retour annoncé de Birame Dah Abeid en Mauritanie est à risque. Bien que n’ayant commis aucun délit, certains craignent qu’ils ne fassent l’objet d’une interpellation par la police politique. Un risque que le président de l’IRA semble assumer entièrement.


Les Oscars de toutes les complaisances : à FC Nouadhibou, ce qu’elle ne mérite pas !

Je n’ai pas l’habitude de tirer sur la Fédération Mauritanienne de Football et surtout sur son Président Ahmed Ould Yahya à qui je voue un immense respect pour tout ce qu’il a fait et continue de faire pour le football mauritanien. Mais franchement, il y a des dérapages et des injustices qu’on ne peut passer sous silence.

Or, les Awards 2016 qui viennent de se dérouler sont un paquet d’enfantillages ridicules et d’injustice flagrante.

En effet, le Président de la FFRIM ne parvient pas à s’ôter de la tête qu’il n’est plus dirigeant du FC Nouadhibou, mais qu’il est devenu le patron de tout le foot mauritanien et par là doit se tenir à égale distance de tous les clubs. Ce qui n’a pas été le cas.

Les Awards 2016 qui viennent de se dérouler à grands frais, avec des invitations lancées à d’anciennes gloires africaines et mondiales du ballon rond, a ravi à César, au FC Tevragh-Zeina, ce qui lui appartient. Et la fête s’est transformée en un plébiscite pour un FC Nouadhibou qui n’a rien gagné au cours de la saison 2015-2016.

Non seulement, le trophée de la meilleure équipe n’a pas été attribué, pour coincer le FC Tevragh-Zeina qui a tout raflé en 2015 (Championnat, Coupe Nationale et Super Coupe), mais les plus méritants ont été coiffés sur le poteau par d’autres qui le sont moins.

A titre d’exemple, Mohamed Salahdine, le portier de Tevragh-Zeina qui a joué toute la saison 2015 et a tout raflé avec son équipe a été coiffé au poteau pour le trophée du meilleur gardien par un Souleymane Diallo qui a passé plus de la moitié de la saison passée aux Etats-Unis, et son équipe le Ksar a fini 7ème au classement.

Deuxième exemple, le cas de Pallaye, qui n’a rejoint le FC Nouadhibou qu’en 2016 et qui reçoit le Trophée du meilleur joueur local au nom du FC Nouadhibou, alors que cette performance, il l’avait réalisé pour le compte du FC Tevragh-Zeine. Ce que son honnêteté lui a d’ailleurs soufflé, lui qui a recadré les choses, en soulignant que le Trophée lui est remis en tant que joueur de Tevragh-Zeina et non de FC Nouadhibou.

Plus ridicule, le Trophée du Meilleur buteur, qui a été attribué à Hamoudi du FC Nouadhibou, devancé jusqu’à la 11ème journée par le jeune Ronny, avec 13 réalisations contre 5. Pour cela, On lui a offert l’occasion de marquer 9 buts en une seule rencontre. Ce qui fut le comble du ridicule.

Autre injustice, le trophée du meilleur axe central de la défense a été attribué à Mangane de FC Nouadhibou alors qu’il ne figure même pas dans l’équipe nationale ou locale. Il prend une récompense qui revenait donc de droit à Oumar Ly de Tevragh-Zeina.

Tout cela n’est pas sérieux, et il est temps de revenir aux fondamentaux de la justice, de l’équité et de la probité. On peut se venger d’un concurrent qui ne te laisse rien gagner, sur le terrain de la vérité, mais de là à chercher des revanches virtuelles par Awards interposés, ce n’est pas honnête.

Cheikh Aidara


Mauritanie-Sénégal : une guerre froide nécessaire et des intérêts communs permanents à protéger

Permettez-moi de partager avec vous la réflexion du Pr.Hamahoullah Ould Salem (photo ci-dessus), historien et universitaire, panarabiste engagé, défenseur invétéré de la langue arabe et anti-français notoire.
Dans un article publié sur le site «Aqlam», il développe sa vision sur la nature des relations qui doivent lier la Mauritanie au Sénégal, mais aussi à la France, et les enjeux militaro-politiques qui sous-tendent à ses yeux la construction du Port naval de NDiago, inauguré il y a quelques jours par le président Mohamed Ould Abdel Aziz.

S’il n’est pas possible selon lui de changer la géographie des lieux ni l’histoire pluricentenaire qui lie la Mauritanie et le Sénégal, les Mauritaniens devraient à ses yeux supporter un voisin aussi dérangeant que le Sénégal à travers un partenariat souple pour affronter les défis géopolitiques complexes sur nos frontières Sud, qui vont du Fleuve Sénégal jusqu’au Fleuve Niger et qui s’ouvre sur un espace qui s’étend jusqu’aux rives du Tchad, du Soudan et de l’Ethiopie, avec des intérêts certains pour la Mauritanie.

Seuls ceux qui ignorent la géographie et l’histoire, mais aussi les intérêts communs entre le Sénégal et la Mauritanie, parmi les citoyens des deux pays peuvent, selon lui, croire à une guerre possible entre les deux Etats. Et le Pr.Hamahoullah Ould Salem de souligner que les relations avec le voisin sénégalais doivent rester dans les limites du partage d’intérêts et de bon voisinage. Ces relations ne doivent jamais, selon lui, être bâties sur une confiance qui n’existe plus. Ces relations doivent toujours rester des relations normales mais dans un climat de «guerre froide» permanent, une «réelle guerre froide qui se poursuit d’ailleurs, dira-t-il, depuis les indépendances, sans que jamais elle ne s’enflamme ni se refroidisse, et sans qu’elle ne puisse connaître une fin».

Le Pr.Hamahoullah de reconnaître que le Sénégal dispose d’une véritable élite qui participe à la prise de décision et apporte son aide par ses recherches et par ses réflexions, mais aussi d’une respectable opinion publique active dont les positions pèsent dans l’orientation de ses politiques générales. Selon lui, le Sénégal ne connaît pas de crise identitaire, étant parvenu par un large consensus tacite à régler définitivement la question culturelle et la question identitaire. Le Sénégal, dira-t-il en substance, ne cache pas ses positions vis-à-vis de son voisin du nord, la Mauritanie Il la critique très souvent, lui impose ses exigences parfois et lui a toujours arrachés des intérêts dans les projets communs liés à la gestion du Fleuve. Ainsi, selon le Pr.Hamahoullah, le Sénégal engrange au détriment de la Mauritanie un développement agricole et hydroélectrique équilibré, et la supplante dans le domaine de l’enseignement, de l’éducation et des infrastructures essentielles de base.

La situation générale a toujours été ainsi favorable au Sénégal, fait-il remarquer, et cela continue encore aujourd’hui, même partiellement. La situation se serait compliquée lorsque le pouvoir sénégalais tomba dans une erreur fatale et historique, en faisant assassiner des Mauritaniens et spolier en toute impunité leurs biens. Et il ne s’en excusa point. Il incombait au régime mauritanien d’alors, souligne le Pr.Hamahoullah, de n’accepter aucun arrangement avec le Sénégal sans des excuses solennelles et publiques et sans compensation intégrale. Au lieu de cela, le régime mauritanien a accepté un accord à minima sous la pression de la France et tout fut effacé au détour d’une réunion de routine entre les délégations des deux pays sous la bénédiction de la direction de la sûreté extérieure et de l’anti-espionnage français. Le sang des Mauritaniens et leurs biens furent ainsi classé dans la rubrique pertes et profits, leur dignité et leur honneur avec, sous le règne de Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya malgré ses positions radicales au début de la crise. Le Pr.Hamahoullah trouve que le Sénégal s’en sortit finalement sans perte économique ni diplomatique, à cause justement de la médiocre diplomatie mauritanienne, de la concentration excessive des pouvoirs entre les mains du président et de l’ignominie de certains régimes arabes ainsi que l’hypocrisie de certains Mauritaniens beïdanes. Mais le Sénégal, selon lui, perdit définitivement la confiance des Mauritaniens, tant au niveau étatique que populaire. Beaucoup de Mauritaniens eurent cependant la mémoire courte, regrette le Pr.Hamahoullah, faisant remarquer que plusieurs d’entre eux sont retournés à leurs habituelles transhumances et commerces au Sénégal dont les terres regorgeaient encore de leur sang et d’où fusaient encore leurs cris de détresse. Le tout en l’absence du moindre sursaut de leur gouvernement dans leur protection.

Ce qu’il faut aujourd’hui, selon Hamahoullah Ould Salem, c’est briser le cercle infernal qui impose depuis des siècles aux habitants du Sud de la Mauritanie de transhumer au Sénégal et au Mali, de dépendre pour leur survie des mils qui sont importés de ces pays. Il prône surtout l’élimination totale du Français dans l’administration et dans l’enseignement en Mauritanie, trouvant anormal que le pays signe un accord qui lui impose une concordance de diplôme au sein de la CEDEA dont elle s’était pourtant retirée depuis des décennies. Pour le Pr.Hamahoullah, une telle décision constitue une atteinte à la souveraineté du pays et consolide son ancrage dans le giron sénégalais et français.

Tout cela, souligne-t-t-il, se déroule sous l’actuel régime qui fait pourtant l’apologie de la résistance, en accointance avec quelques collabos foncièrement ennemis à tout ce qui est arabe ou maure, persifle-t-il. Des gens qui selon lui, rêvent d’un avenir radieux en s’appuyant sur l’aide étrangère et dans une provocation effrontée des exclus de la société mauritanienne et devant un gouvernement qui se débat. Pour le Pr. Ould Salem, assurer l’indépendance alimentaire, culturelle et administrative de la Mauritanie est la démarche la plus raisonnable. Elle est selon lui plus importante que la possession de la bombe atomique.

Le Pr.Hamahoullah estime que le retrait stratégique vers l’Afrique du Nord pour compenser les échecs au Sud comme solution est tout simplement inacceptable et suicidaire.

L’universitaire en vient ainsi au Port naval de NDiago, que le président Mohamed Ould Abdel Aziz a inauguré il y a quelques jours. Selon lui, la construction de cette importante infrastructure militaire à vol d’oiseaux du Sénégal est un choix stratégique et souverain, pour la défense des frontières fluviales et maritimes du Sud. Il ne remet nullement en question, selon lui, le principe de bon voisinage avec le Sénégal, principe basé sur la paix et l’échange réciproque. Le Pr.Hamahoullah trouve cependant nécessaire le maintien de cette «guerre froide» comme base des relations avec le voisin sénégalais, un voisin qui serait passé à ses yeux maître en la matière. Il évoque ses pions installés en Mauritanie qu’il manipule selon les circonstances, ses anciennes prétentions territoriales sur la rive gauche qu’il brandit à l’occasion, étant entendus que la donne démographique selon le Pr.Hamahoullah peut pousser à cette «guerre froide» qui pourrait devenir à la longue une constance incontournable.

Et le Professeur de souligner qu’un affrontement militaire avec un pays où l’accroissement démographique est plus rapide peut pousser à la recherche d’un espace plus spacieux qui ne peut être trouvé que dans une Afrique du Nord arabe dérangeante, malgré le fait que la Mauritanie trouve mieux son bien-être géographique et politique dans son domaine fluvial. Une donne à méditer, conseille-t-il.

Selon le Pr.Hamahoullah Ould Salem, le financement du Port naval de NDiago ne peut en aucun cas être sur fonds propres, soulignant que la Mauritanie qui a été incapable de débourser 199 millions de dollars pour l’assainissement vital de la ville de Nouakchott, ne peut pas avoir dans ses fonds propres la bagatelle de 350 millions de dollars pour construire une telle infrastructure. Il pense que la Chine n’est pas étrangère à cette réalisation et que le Port de NDiago pourrait en définitive se transformer en une base militaire avancée de la Chine sur l’Océan Atlantique. Et cela, les Mauritaniens devraient s’en réconforter, selon le Pr.Hamahoullah, car dans ce monde des puissants, il ne resterait comme véritable allié de confiance à la Mauritanie que la République Populaire de Chine. La Russie fédérale aurait déjà un allié régional de taille, l’Algérie. Quant aux relations avec les Etats-Unis, la Mauritanie devait les renforcer, mais pas au détriment de la Chine, selon le Pr. Ould Salem.

S’agissant des relations avec la France, il trouve qu’elles doivent régresser considérablement pour être ramenées à des relations normales comme celles que nous avons avec d’autres pays européens dont certains seraient d’ailleurs plus importants et plus significatifs, comme l’Espagne, l’Allemagne et même la Norvège.

Enfin, le Pr.Hamahoullah trouve que la manière avec laquelle l’armée mauritanienne poursuit son armement est anormale et que nos plus grands malheurs viennent des régimes qui nous dirigent, des régimes qui méprisent leur élite et leurs citoyens, qui ne disposent pas d’assez de souffle ni en tant de paix ni en tant de crise, ni de position claire basée sur une identité nationale et une histoire commune, mais des gouvernements qui prennent tous ses facteurs comme cheval de Troie pour des objectifs temporaires et passagers.