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L’après-Aziz enflamme déjà la lutte successorale

dialogue

Depuis que le président Mohamed Abdel Aziz a déclaré qu’il compte délaisser le pouvoir conformément à la Constitution dès la fin de son dernier mandat en 2019, les cartes se sont embrouillées au sein de sa majorité. Le départ du «protecteur et pourvoyeur des privilèges indus» sème déjà la panique au sein d’une constellation de satellites dont la chute galactique pourrait être provoquée par l’extinction quasi certaine du «Pôle» gravitationnel. La guerre fait ainsi rage au sein du cercle du pouvoir, pour la succession au trône, si ce n’est la course divinatoire vers le probable prochain maître à suivre.

Le bras-de-fer entre les Sénateurs frondeurs et le pouvoir en place revêt un caractère assez inédit pour ne pas attirer l’attention des éditorialistes. Cette situation serait tout simplement inimaginable si la fin inéluctable du pouvoir de Mohamed Abdel Aziz ne constituait pas un fortifiant assez puissant pour signer déjà les prémisses d’un désarrimage latent. Ainsi, ce ne serait pas tout simplement la déclaration de Néma sur la suppression de leurs charges qui serait directement en cause dans la fronde persistante des sénateurs de l’UPR et de toute la majorité, encore moins la sortie assez gauche de leur propre camp à leur égard. Mais bel et bien, le fait que d’ici trois ans au maximum, ils n’auront plus de compte à rendre aux cercles de ce pouvoir-là, mais probablement à leurs successeurs. Si l’opinion semble jusqu’à présent indifférente aux intrigues de palais qui se déroulent dans les coulisses, si ce n’est pas pure ignorance, les spécialistes des croche-pieds politiques ainsi que les proches des hautes sphères ne sont pas dupes. Le compte à rebours pour la prise de la «Bastille présidentielle » aurait bel et bien commencé, sans que les cartes des jeux n’échappent ni totalement ni en partie à Mohamed Abdel Aziz, ni à l’armée qui veille au grain.
Beaucoup au sein du pouvoir reste ainsi persuadé que la distribution des prochaines cartes se concoctera dans les cuisines intérieures du palais présidentiel. La fronde actuelle des sénateurs ne serait dans ce cadre que l’une des facettes de cette bataille de positionnement. Nombreux sont ceux qui sont aujourd’hui persuadés que, derrière cette fronde se cache des «tireurs de ficelles invisibles». C’est ce que certains éditorialistes Outre-mer appellent déjà la «guerre des tendances» au sein du pouvoir. Les Sénateurs viennent ainsi de déclarer dans un communiqué que leur fronde n’est pas prête de s’éteindre, «sauf si les causes qui les ont créées sont résolues ». Les exigences semblent énormes pour des parlementaires habituées jusque-là à obéir au doigt et à l’œil. D’où leur vient ce courage soudain, qui les pousse ainsi à demander à Mohamed Abdel Aziz de revenir sur sa décision de dissoudre le Sénat et de limoger les responsables du parti-Etat, dont des membres du gouvernement, qui ont osé battre campagne pour les dénigrer publiquement ? Téméraire est aussi leur refus de rencontrer le président du parti, Sidi Mohamed Maham, malgré son insistance, poussant l’audace jusqu’à boycotter pendant plusieurs jours, les lois présentées par le gouvernement, avant qu’ils ne sursoient à cette démarche, au nom selon eux «de l’intérêt supérieur du peuple mauritanien ».
Mais les observateurs sont persuadés que derrière les prétextes apparents des Sénateurs se cachent en réalité une sourde bataille des courants antinomiques qui minent la majorité dont l’unité apparente ne serait que pure façade. Une sorte de chantage fomentée par les tenants de la Chambre des «Lords mauritaniens », pour garantir leur pérennité après l’ère Aziz ou leur recasement spatio-temporel dans les arcanes du pouvoir une fois leur planque douillette rangée aux oubliettes de l’histoire.
L’idée dominante reste cependant cette frénétique bataille des héritiers qui met à nu la fragilité du système politique mauritanien relatif à la conservation et à la transmission du pouvoir. Ce système rédempteur qui explique les intrigues par lesquelles se font et se défont les partis au pouvoir en Mauritanie lesquels, sitôt leur fin annoncée, voient leurs ouailles s’éparpiller aux quatre vents à la recherche de la prochaine prairie aux opportunités. Le dilemme est assez profond entre les jeteurs de cauris qui ne savent s’il faut encore faire plus d’allégeance à Mohamed Abdel Aziz, persuadé qu’ils sont, qu’il détient les cartes de la distribution politique à venir, ou s’il faut chercher dans le cercle de l’opposition radicale, le prochain successeur, en cas de transparence forcée qui accompagnera l’élection présidentielle en 2019.
La présente bataille politique occupe si intensément le pouvoir et sa majorité, qu’elle semble avoir rejeté dans les ornières un dialogue politique national que Mohamed Abdel Aziz avait pourtant prévu d’organiser au plus tard à la fin du mois de mai début juin passé.

 

 


Solidarité islamique : doit-on continuer à coopérer avec la Chine ?

OUIGHOURS

La Chine Populaire interdit à sa population musulmane, notamment dans le Xinjiang où vivent 10 millions de musulmans ouïghours, de jeûner le Ramadan et de fréquenter les mosquées. La fraternité confessionnelle islamique étant plus sacrée que la fraternité sanguine, certains se demandent si des pays musulmans comme la Mauritanie, ont le droit de commercer avec des pays comme la Chine qui persécutent leur population musulmane et leur refusent le droit d’exercer leur culte.

Cela fait des années que les dix millions de musulmans Ouïghour de la province chinoise de Xinjiang vivent sous la persécution d’un régime communiste qui ne leur reconnait pas la liberté de culte. Le jeûne du mois de Ramadan est le pilier le plus visé par les interdits du pouvoir central. Des fonctionnaires font le tour des foyers et forcent les populations musulmanes à consommer aliments et boissons sous la coercition.
Pourtant, la Chine entretient des relations privilégiées avec le monde musulman, et ce dernier, selon quelques observateurs, semble jusqu’à présent indifférent au sort de ses frères persécutés en Chine. Mais de plus en plus, les pressions s’exercent sur Pékin par quelques pétromonarchies du Golfe dont l’influence est loin d’être négligeable. C’est ainsi que cette année, un léger fléchissement semble être observé, car l’interdit au jeûne ne semble toucher que les fonctionnaires, les étudiants et les mineurs. Interdit a été aussi lancé aux restaurateurs de la région de fermer leur échoppe pendant le jour.
Il faut dire que les tensions sont chaudes entre Pékin et le Xingjiang. Plusieurs attentats perpétrés dans la capitale sont toujours imputés aux Ouïghours qui luttent depuis des années pour l’indépendance de leur province. Plusieurs organisations des droits de l’homme ne cessent également de condamner les restrictions religieuses et culturelles exercées contre les minorités musulmanes en Chine.
Ainsi, avant même l’entame du mois de Ramadan, des circulaires administratives ont intimé l’ordre aux musulmans chinois de ne pas jeûner. Une de ces circulaires, en date du 2 juin 2016, stipule que « les membres du parti, les responsables publics, les fonctionnaires du secteur public, les étudiants et les mineurs musulmans sont interdits de jeûne de Ramadan et de toute manifestation à caractère religieux. Les restaurants ne doivent pas fermer leurs portes ». Il leur est aussi interdit pendant ce mois béni de fréquenter les mosquées pour la prière collective.


«Mohamed Ould Abdel Aziz va-t-il lâcher réellement le pouvoir ?»

Mhd Abdel Aziz

 

Malgré les dispositions claires de la Constitution mauritanienne qui verrouillent définitivement toute possibilité pour Mohamed Ould Abdel Aziz de briguer un troisième mandat et malgré ses récentes déclarations (par presse internationale interposée) dans lesquelles il affirme n’avoir pas l’intention d’aller au-delà de son deuxième mandat, l’opposition radicale reste sceptique. Elle soupçonne des subterfuges, quelques entourloupettes et des fenêtres dérobées. Pourtant, certains de ses partisans proposent de l’aider à quitter le pouvoir et à réaliser un exploit dans l’alternance pacifique, ce qui porterait son nom au panthéon de la démocratie mauritanienne.

Avant-même les incidents provoqués par quelques ministres de la République et qui avaient provoqué un tollé généralisé sur la possibilité d’un troisième mandat, le président Mohamed Abdel Aziz n’a eu de cesse, selon ses alliés, de proclamer sa ferme intention de respecter la Constitution mauritanienne et de s’en tenir à deux mandats, c’est à dire à quitter le pouvoir en 2019. Dans une interview accordée à AFRIKA 24, le président il avait déclaré sans ambages qu’il «ne briguera pas de troisième mandat » et qu’il «quittera le pouvoir à la fin de son second quinquennat».Il le répète à nouveau dans deux entretiens récents, dont l’un est à lire dans le journal français l’Opinion, il affirme que l’idée du troisième mandat n’est que le fruit de l’imagination de l’opposition et qu’il n’a jamais eu l’intention d’aller au-delà de 2019, terme de sa dernière législature.

Ses détracteurs soutiennent cependant qu’entre-temps, il y a eu la pression du mandat finissant et l’idée intenable de lâcher un pouvoir chèrement acquis, au prix de deux coups d’Etat successifs. Selon eux, il y a surtout la peur de devoir rendre des comptes. Il a exercé au cours des dix dernières années un pouvoir unilatéral et centralisé au cours duquel des abus pourraient lui être reproché. L’opposition le soupçonne d’avoir profité de ses charges pour bâtir une fortune considérée comme l’une des plus importantes du pays, elle lui reproche aussi d’avoir aidé ses proches à s’enrichir et à investir tous les segments de l’économie nationale, sans compter des dossiers énigmatiques, non encore dépoussiérés, qui pourraient bien l’être une fois qu’il serait hors du pouvoir.

Plusieurs ministres de la République ont évoqué la nécessité pour le président d’achever des chantiers à long terme, au-delà de son deuxième mandat. D’autres ministres insinuent la possibilité pour le peuple, seul détenteur de la souveraineté, de changer la Constitution pour permettre au président de faire un troisième mandat. L’opposition pense que ces paroles sont des ballons d’essai commandités directement par Mohamed Ould Abdel Aziz pour tâter la réceptivité d’une telle idée au sein de l’opinion. Constitutionnalistes chevronnés, juristes jongleurs, commentateurs et analystes se succèderont ainsi pendant des semaines sur les différents plateaux de télévisions et dans les studios de radio, remplissant des pages dans les journaux et les sites, pour décortiquer le «pourquoi et le comment d’une possible révision constitutionnelle qui pourrait permettre ou empêcher Mohamed Abdel Aziz à briguer un troisième mandat ».

Ainsi, les pronostiqueurs et autres prospecteurs politiques n’ont pas hésité à prédire que le président allait couper la poire en deux et annoncer sa décision de briguer un troisième mandat. Il n’en fut rien mais l’idée qu’il lança à propos de la dissolution du Sénat fut interprétée par l’opposition comme une alerte confirmative de son intention d’attaquer le mandat présidentiel par le plus subtile des subterfuges. Car, paroles de constitutionnalistes, cette mesure allait toucher plus d’une vingtaine d’articles de la Constitution, y compris ceux qui sont relatifs au mandat justement. En réponse à cette velléité détournée de piper les cartes, l’opposition organisa une manifestation monstre, la plus imposante dans l’histoire politique du pays, tandis que des boucliers se dressèrent aussi bien au niveau national qu’international. Et, comme pour mettre fin à toute cette polémique, Mohamed Abdel Aziz s’adressa alors à la presse internationale, pour déclarer son intention de lâcher le pouvoir à la fin de son présent mandat.

Mais des hommes politiques comme Moustapha Ould Bedredine de l’Union des Forces du Progrès (UFP) restent encore non convaincus. Dans une interview à la télévision, Ould Bedredine déclare que l’opposition est septique par rapport aux propos de Mohamed Abdel Aziz relatifs à son intention de ne pas briguer un troisième mandat. L’argumentaire avancé est qu’il est difficile de concevoir qu’un homme qui a tout sacrifié pour arracher le pouvoir en 2007 par la force, et qui a démontré une hargne sans précédent pour le conserver, puisse décider tout bonnement de tout lâcher aussi aisément. Selon Ould Bedredine cette attitude pourrait cacher des scénarios occultes par lesquels Ould Abdel Aziz tenterait de contrôler le pouvoir qui lui succédera à distance, ou de revenir par une porte politique dérobée.Il s’est toutefois déclaré soulagé d’entendre Ould Abdel Aziz affirmer qu’il ne briguerait pas de mandat supplémentaire et qu’il partirait en 2019.

Il y a surtout ceux, côté majorité présidentielle, qui pensent qu’il faudrait aider Mohamed Abdel Aziz à quitter le pouvoir. C’est l’avis de Mohamed Ould Babana, député du parti Union Pour la République (UPR parti au pouvoir), dans une interview qu’il avait accordée la semaine dernière à un périodique local, il a en effet affirmé que la priorité aurait dû être de profiter de la situation actuelle pour aider le président de la République à quitter le pouvoir. Il a évoqué ce moment crucial où il a eu le courage de donner la chance à la Mauritanie de vivre à la fin de son mandat une alternance pacifique au pouvoir qui restera sans nul doute dans les annales du pays mais aussi du monde démocratique libre.

 


Dialogue politique: périlleuse transition démocratique en Mauritanie

Aziz inaugure l'usine de lait

Certains se demandent pourquoi Mohamed Abdel Aziz tient-il au dialogue politique, alors qu’il se prépare dans moins de trois ans à quitter le pouvoir. Si ces mêmes voix trouvent qu’il y a anguille sous roche, d’autres par contre la trouvent nécessaire, ne serait-ce que pour assurer une transition qui ne mettrait pas en péril le processus démocratique en construction ou l’avenir du pays, eu égard aux nombreux problèmes que Mohamed Abdel Aziz risque de laisser derrière lui. D’où le caractère obligatoirement consensuel du prochain dialogue qui ne devra laisser personne en rade, surtout le RFD d’Ahmed Ould Daddah sans qui, semble-t-il, la communauté internationale n’accorderait aucun crédit  à tout dialogue politique en Mauritanie.

Le délai donné par Mohamed Ould Abdel Aziz, dans son discours de Néma du 3 mai 2016, pour entamer le dialogue politique en Mauritanie est aujourd’hui largement dépassé. «Dans trois ou quatre semaines » avait-il déclaré. Une certaine opinion soutient qu’à part quelques acteurs bien connus des jeux de rôle d’opposants dans ce genre de débat , notamment Messaoud Ould Boulkheïr et Boïdiel Ould Houmeïd assimilés désormais au pouvoir, peu de partis qui comptent sur la scène nationale ont jusque-là donné leur accord pour le dialogue convié par le pouvoir. Ni le RFD d’Ahmed Ould Daddah, encore moins le FNDU (Forum national pour la démocratie et l’unité) qui sont réellement concernés par ce énième round ne compte y participer dans son format actuel. Or, sans le pôle de l’opposition dite radicale, tout dialogue politique en Mauritanie ne serait considéré par les partenaires de la Mauritanie et par une large part de l’opinion nationale que comme un monologue sans impact sur la situation générale du pays.

Inextricable dialogue
Au niveau national, la polémique bat son plein, entre les partisans du minimum consensuel qui se débine de l’opinion internationale et les partisans du dialogue inclusif qui veulent d’un débat national, celui que les Mauritaniens attendent depuis les fameux Accords de Dakar de 2009.
Pour les tenants de la première thèse, que certains qualifient de partisans du colmatage politique, «le dialogue doit être  convoqué avec ceux qui accepteront d’y prendre par ». Mis à part les partis de la majorité, il s’agira d’un plateau adverse sans beaucoup de consistance qui ne serait qu’un faire-valoir aux yeux d’une certaine opinion. Ce serait un remake du dialogue de novembre 2011, quand le pouvoir avait en face de lui l’APP de Messaoud Ould Boulkheïr, El Wiam de Boïdiel Ould Houmeïd et Sawab d’Abdessalam Ould Horma. Des concessions ont été consenties mais la crise politique n’a jamais été résorbée. Aussi, les observateurs croient qu’un dialogue politique colmaté de la même manière aboutirait au même résultat et que la crise insidieuse qui sévit depuis les Accords de 2009 continuera à s’exacerber. Résultat, le passage de témoin en 2019 risque de se faire dans une instabilité politique et sociale préjudiciable.

L’après-2019

Conscient du danger qui plane sur cette périlleuse transition démocratique que vit actuellement la Mauritanie, beaucoup pensent que le changement de régime en 2019 doit intervenir dans une scène mauritanienne apaisée et sans danger pour le processus démocratique et l’avenir du pays. Aussi, préconise-t-on d’ores et déjà que le dialogue politique envisagé actuellement et qui pourrait être le dernier, prenne en compte les paramètres liés aux facteurs de déstabilisation créés par la situation  économique, politique et sociale catastrophique que vit la Mauritanie.
«Mohamed Abdel Aziz, puisqu’il quittera le pouvoir en 2019, doit à présent se situer au dessus de la mêlée partisane et se comporter comme le président de tous les Mauritaniens, soucieux de leur avenir et de leur stabilité, soucieux surtout de l’héritage qu’il va laisser derrière lui » a soutenu récemment au cours d’une entrevue télévisée, Mohamed Ould Maouloud, président de l’UFP.
En déclarant sans ambages qu’il respectera la Constitution, dira-t-il en substance, il a satisfait à l’une des exigences de l’opposition. «Maintenant il appartient au pouvoir de répondre par écrit aux points contenus dans la Feuille de route que l’opposition avait présentée en 2015, entre autres, la préparation du dialogue sur une base consensuelle et non unilatérale comme c’est le cas aujourd’hui » a-t-il poursuivi.
Par delà les soupçons soulevés quant à l’intention de Mohamed Abdel Aziz à négocier son départ, ou à piper les cartes pour le maintien de son «Système » dans son intégralité pour barrer le chemin de l’alternance pacifique au pouvoir à l’opposition, il y a ceux qui redoutent en effet, le scénario de 2007. Tirant les ficelles dans l’ombre, Mohamed Abdel Aziz et l’appareil militaire qui ne compte pas lâcher le pouvoir politique en Mauritanie, auraient provoqué à l’époque l’élection de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi au détriment du leader historique de l’opposition, Ahmed Ould Daddah. Ce même scénario pourrait se reproduire en 2019, avec un Mohamed Abdel Aziz qui quitterait le pouvoir formellement sans le quitter réellement.
Il y a ainsi ceux qui pensent qu’il envisage de réviser la Constitution pour changer la nature du régime politique. Les tenants de la thèse avancent déjà qu’à travers le dialogue envisagé, Mohamed Abdel Aziz pourrait proposer le régime parlementaire, avec un Premier ministre fort issu de la majorité parlementaire avec des pouvoirs largement amoindris du Président de la République. Dans ce cas de figure, même si un ténor de l’opposition accédera à la Magistrature Suprême, il se retrouvera dans un régime où tous les pouvoirs de l’Exécutif sont en réalité détenus par le Premier ministre. Certaines voix soutiennent que Mohamed Abdel Aziz serait même prêt à négocier avec Ahmed Ould Daddah pour la présidence de la République si ce dernier le veut.
Des scénarios aussi improbables tel un choix qui portera sur Messaoud Ould Boulkheïr pour jouer au dauphin de Mohamed Abdel Aziz sont même envisagés, aux termes de négociations dont les termes ne seraient pas totalement défavorables à la nomenklatura militaire ni au système dominant.
Une telle complexité dans les analyses dénote du chaos intellectuel et politique dans lequel se dessine le mandat finissant de Mohamed Abdel Aziz. Un nid de difficultés sans la résolution desquelles l’après-Aziz risque d’être explosif.