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En préparation du Forum régional sur l’esclavage, Birame Dah Abeid loue Ghazouani et fustige la justice et la CNDH

En prélude au Forum régional sur l’esclavage prévu du 16 au 17 mars 2022 à l’ancien Palais des Congrès de Nouakchott, l’Honorable député Birame Dah Abeid, président de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA), a animé le 14 mars, une conférence de presse sur cet évènement organisé par son association avec l’appui du gouvernement mauritanien et sous la Haute présidence du Chef de l’Etat, SEM. Mohamed Cheikh Ghazouani.

Birame (2ème à partir de gauche) le représentant du Commissariat (4ème) – Crédit Aidara

Dans une salle archi-comble de l’hôtel Halima de Nouakchott et derrière une forêt de caméras, le président d’IRA, le député Birame Dah Abeid a animé le 14 mars 2022 une conférence de presse pour édifier l’opinion sur le Forum régional sur l’esclavage que son association organise les 16 et 17 mars 2022 à Nouakchott, avec l’appui du gouvernement mauritanien. Ce sera en présence d’abolitionnistes venus des pays du G5 Sahel (Niger, Mali, Burkina Faso et Tchad), en plus du Sénégal, de la Guinée, du Ghana et de délégation venant des Etats-Unis d’Amérique et d’Europe.

La conférence a cependant pris le ton du réquisitoire sur l’état de la lutte contre l’esclavage, Birame Dah Abeid ayant pointé un doigt accusateur sur deux engrenages qui freinent la volonté exprimée par le Président de la République d’endiguer ce phénomène. Il s’agit de l’appareil judiciaire resté selon lui réfractaire au vent de changement qui souffle dans le pays face aux pratiques esclavagistes et la Commission nationale des droits de l’homme (Cndh), dont le président et les membres viennent de voir leur mandat renouveler.  

Sur ce dernier point, il a rapporté l’inquiétude exprimée par les cadres et les militants d’IRA, mais aussi celle des organisations internationales des droits de l’homme, face au renouvellement de mandat d’une Cndh qui a été, dira-t-il en substance, la résonnance du déni porté par l’ancien régime qui avait nommé ses membres. « En renouvelant sa confiance aux membres de la Cndh qui ont continué à nous combattre, nous verrons si la volonté politique actuelle infléchira la ligne de conduite de ses membres à notre égard, ce qui confirmera la sincérité des promesses faites en faveur du respect des lignes directrices de la lutte contre l’esclavage et du respect dû aux abolitionnistes, ou si cette volonté a dévié de ses objectifs » a commenté Birame Dah Abeid.

S’agissant de la justice, le président d’IRA a déclaré qu’il s’agit de l’ultime bastion des esclavagistes. Selon lui, les magistrats mauritaniens continuent de traiter les cas d’esclavage avérés, en dehors des dispositions de la loi 031-2015 incriminant l’esclavage.

La forêt de caméras et une partie de l’assistance – Aidara

Il a fait dans ce cas le parallèle entre l’impunité accordée à des auteurs d’esclavage avérés, donc auteurs de crime contre l’Humanité, à l’instar de Cheikhna Chahlawi d’Aïn Verba, libéré au bout de deux mois, et la sévère condamnation de jeunes accusés à Bassiknou d’un viol non avéré sur la plainte d’une association féministe qualifiée de raciste, avec l’appui d’hommes politiques locaux pour faire payer au village dont ils sont issus leur vote lors de la présidentielle de 2019 contre un candidat attitré.

Ou encore, l’emprisonnement continu depuis plusieurs mois aujourd’hui des jeunes de R’Kiz sortis pour fustiger la médiocrité des services sociaux, ou les jeunes de NGawlé, auteurs d’agression mais dont le cas aurait relevé, selon Birame, de l’esprit de la loi et non de la lourdeur de condamnations.

Enfin, Birame Dah Abeid s’est longuement attardé sur la bonne foi du président Ghazouani d’apaiser la scène sociale et politique, citant en exemple l’ouverture de l’espace d’expression libre au mouvement IRA et à toutes les associations frappées du sceau du bannissement. Le plus fort signe d’ouverture des nouvelles autorités mauritaniennes dira Birame, c’est la levée de l’interdiction qui frappait les organisations internationales des droits de l’homme qui étaient interdits de séjour en Mauritanie sous l’ancien régime. Autre signe, l’organisation d’un forum régional sur l’esclavage avec l’arrivée attendues de plusieurs organisations régionales abolitionnistes qui n’osaient rêver fouler un jour le sol mauritanien, tellement l’exclusion dont ils étaient l’objet était systématique.

Birame Dah Abeid était entouré lors de la conférence de presse par ses collaborateurs et un représentant du Commissariat aux Droits de l’Homme, à l’Action Humanitaire et aux Relations avec la Société Civile, M. Isselmou Moustapha, Directeur de la Communication, de la Documentation et de la Formation.

Cheikh Aïdara


Mauritanie : « Nous avons suffisamment de lits, avec personnel médical d’appui, pour prendre en charge les cas sérieux de coronavirus »,

Lors d’une conférence de presse qui a duré plus de trois heures d’horloge, le ministre de la Santé, Dr. Sidi Ould Zahaf, a présenté deux ans d’efforts déployés par le gouvernement mauritanien pour juguler la pandémie Covid-19. Un bilan et des perspectives dressés lundi 14 mars 2022 à l’ancien Palais des Congrès de Nouakchott, en présence du corps diplomatique, des représentants d’organismes internationaux, des autorités administratives et des cadres de son département, ainsi qu’un parterre de journalistes.

Le ministre de la Santé (au milieu) entouré de ses collaborateurs – Crédit Aidara

« Stratégie de riposte à la pandémie Covid-19, bilan et perspectives, 2 ans d’efforts du gouvernement et ses partenaires ». C’est sous ce titre générique, que le ministre de la Santé, Dr. Sidi Ould Zahaf, entouré de ses proches collaborateurs, a dressé les résultats réalisés par la Mauritanie pour contenir la crise sanitaire qui a effrayé le monde.

Faisant un bref bilan de la pandémie, il a rappelé qu’entre le premier cas signalé en Mauritanie, le 13 mars 2020 et la situation d’aujourd’hui, les cas d’infection sont allés crescendo, avec un cumul en mars 2022 de 58. 657 cas confirmés, 981 décès et 57.650 cas de guérison.  

Il a rappelé qu’aucun pays au monde n’a été épargné par une pandémie qui a fait 485 millions de victimes, dont 7 millions de morts.

. Seulement, une étude menée par Lancet révèle que les chiffres ont été sous-estimés et parle plutôt à 18, 2 millions de morts entre 2020 et 2021 dans le monde, pour 448 millions infections.

Ses impacts sont aussi bien sanitaires, économiques que sociaux, imposant des conditions difficiles pour les populations, avec une diffusion fulgurante de la maladie qui a embrasé le monde en quelques jours, à partir de son premier foyer, la ville de Wuhan en Chine qu’elle a frappé le 11 janvier 2020.

Le ministre a déclaré que malgré les mesures de prévention que le gouvernement mauritanien a très tôt prises, le pays connaîtra son premier cas le 13 mars 2020. S’en sont suivies des mesures draconiennes qui ont commencé avec le confinement systématique des voyageurs en provenance des zones contagieuses, puis des voyageurs en provenance de l’extérieur, ensuite, la fermeture des frontières, le couvre-feu, la fermeture des commerces, des établissements d’enseignement, l’interdiction de circuler entre les villes, les mesures barrières…

De G. à Dr. Bakary Gueye et ABoubecrine (confrères) et Cheikh Aidara – Crédit Aidara

Parallèlement, l’Etat a mis en place plusieurs commissions, commission de suivi de l’évolution de la maladie au sein du Ministère de la Santé, commission interministérielle, Plan global de riposte, Fonds de Solidarité nationale de plus de 20 milliards ouguiyas (594.450.540 dollars US) financé sur fonds propres de l’Etat et la contribution citoyenne. Evidemment comme le reste du monde qui a pris des mesures similaires, dira le ministre en substance, la Mauritanie, comme les autres pays, n’a pu freiner la progression de la pandémie.

Selon Dr. Sidi Ould Zahaf, le corps médical mauritanien a su, grâce à la lutte contre la pandémie, acquérir plus de technique de containment et plus d’expertise pour freiner la maladie et amortir ses effets médicaux désastreux. Plusieurs campagnes furent initiées, certaines techniques d’autres de sensibilisation, avec l’appui de la société civile et des partenaires techniques et financiers du pays, avec un accent plus poussé sur le bilatéral. Pour amortir le choc dû aux retombées économiques et sociales de la maladie, le gouvernement a ainsi initié des mesures sociales fortes, avec la subvention des denrées essentielles, la prise en charge des frais d’eau et d’électricité et la distribution de vivres et de numéraires aux familles vulnérables.

Le ministre a beaucoup insisté dans son intervention sur l’apport considérable des partenaires au développement. Il a déclaré que le pays avait mis en place des unités de dépistage avant même la déclaration du premier cas, avec l’acquisition du dépistage par PCR et le renforcement de capacité des hôpitaux lors de la première vague avec l’ouverture du premier hôpital chargé de la prise en charge des cas de coronavirus entièrement équipé et doté du personnel technique compétent.

Le ministre de la Santé a par la suite abordé le volet vaccination, dont les premières doses ont été administrées en décembre 2020. La Mauritanie faisant partie des premiers pays à bénéficier de COVAX (ndlr: une initiative ayant pour but d’assurer un accès équitable à la vaccination contre le Covid-19 dans 200 pays) grâce au travail de la cellule de veille et de suivi du ministère. Aujourd’hui, la Mauritanie est championne de la vaccination au niveau de la sous-région, avec un taux de 12% de vaccinés, largement au-dessus du seuil fixé à 10 % par l’OMS.

C’est dans ce cadre que la Mauritanie a bénéficié d’un premier lot d’un million de doses. S’en est suivi le lancement des premières campagnes de vaccination au milieu d’une forte résistance alimentée par ceux qu’il a appelé les « ennemies du vaccin ». D’où l’initiative prise de vacciner les premiers responsables de l’Etat en commençant par le Chef de l’Etat, les ministres, les hauts cadres de l’administration, les fonctionnaires et agents publics, ce qui suscitera l’adhésion progressive de la population.

Cette campagne de vaccination avait, selon le ministre de la Santé deux objectifs : satisfaire rapidement la demande par la création de plusieurs sites en milieu urbain, semi-urbain et en milieu rural. Deuxièmement, contrer les rumeurs sur les effets négatifs des vaccins.

Le ministre a par la suite répondu aux nombreuses questions des journalistes.

Cheikh Aïdara


Sur invitation de IRA-Mauritanie, un forum régional des pays du G5 Sahel contre l’esclavage se tient à Nouakchott

Sous le haut-patronage du Chef de l’Etat, SEM. Mohamed Cheikh Ghazouani, la Mauritanie va accueillir du 16 au 19 mars 2022, à l’ancien Palais des Congrès de Nouakchott, un forum régional sur l’esclavage. Il est organisé par l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) en collaboration avec le gouvernement mauritanien et le Réseau G5 Sahel de lutte contre l’esclavage.

Village du Sahel. Crédit : Tramso / Pixabay

Les anachronismes sociaux et la persistance des pratiques esclavagistes demeurent une dominante dans une région du Sahel aux structures sociales similaires. C’est dans ce contexte que se tient le forum de Nouakchott organisé par le mouvement IRA-Mauritanie, et qui aura lieu du 16 au 19 mars 2022. Plusieurs délégations venant des 5 pays du G5 Sahel sont attendues à Nouakchott, notamment du Niger, du Mali, du Burkina Faso et du Tchad, en plus de pays invités comme le Sénégal, la Guinée Conakry et le Ghana en particulier. D’autres délégations se joindront au forum en provenance des Etats-Unis, d’Italie, d’Allemagne, de Belgique et de France.

L’esclavage au cœur de la problématique sociale au Sahel

Le forum qui se tiendra pendant trois jours, sera dominé par deux journées de conférence à l’ancien Palais des Congrès, les 16 et 17 mars 2022. Organisé sous le thème : « Faire de la lutte contre l’esclavage un combat commun et consensuel entre la société civile et les gouvernements des pays du Sahel », il comprend une ouverture officielle, des panels, des travaux de groupe et enfin des recommandations qui serviront à la rédaction d’un manuel de lutte contre l’esclavage au Sahel.

Plusieurs personnalités s’exprimeront au cours de ce forum, notamment le président de IRA-Mauritanie, l’honorable député Birame Dah Abeid, le secrétaire exécutif du Réseau G5 Sahel de lutte contre l’esclavage au Sahel, M. Ali Bouzou et le discours officiel du président de la République, SEM. Cheikh Ghazouani ou celui qu’il aura délégué.

Au total quatre panels seront au programme, dont trois le premier jour. Ils porteront sur divers sujets comme l’expérience des organisations de la société civile (OSC) dans la lutte contre l’esclavage, les aspects psycho-sociaux de l’esclavage et leurs ramifications, les causes et conséquences de l’esclavage au Sahel, les défis et perspectives de la lutte contre l’esclavage au Sahel. Enfin, le deuxième jour sera consacré essentiellement à l’enrichissement du manuel de lutte contre l’esclavage au Sahel, à partir des avis des membres du réseau à l’issue des travaux de groupe.

Le 18 mars 2022, les membres du Réseau du G5 Sahel effectueront une visite à Rosso.

Genèse du Réseau 65 Sahel de lutte contre l’esclavage

Le Réseau G5 Sahel de lutte contre l’esclavage a été créé en marge du Colloque international de Bamako sur le thème « Droit et esclavage en Afrique de l’Ouest » tenu du 16 au 18 octobre 2017, au campus universitaire de Badalabougou, Faculté des Sciences Juridiques et Politiques.

Le Réseau a organisé jusque-là 4 sommets, deux à Bamako au Mali (2017 et 2021), un à Niamey (2018) au Niger et un quatrième à Paris le 16 février 2019, à l’Ecole des Hautes Etudes en sciences sociales (EHESS), sur le thème : « esclavage et abolitionnisme africain ».

Député Birame Dah Abeid, président IRA Mauritanie – Crédit Aidara

Trois structures actives dans la lutte contre l’esclavage sont les membres fondateurs du réseau, à savoir TIMIDRIA du Niger, TEMEDT du Mali et IRA de Mauritanie. Ils ont, à travers une déclaration dite « Appel de Bamako 1 », mis en place le Réseau G5 Sahel de lutte contre l’esclavage au Sahel.

Du 18 au 20 décembre 2018, sous le Haut parrainage du Ministre de la Justice, Garde des Sceaux et du Ministre de la Renaissance Culturelle du Niger, ils ont co-organisé un Colloque international sur « L’esclavage dans l’espace saharo-sahélien » avec l’association TIMIDRIA, l’Université Birmingham de Grande-Bretagne en partenariat avec les universités de Niamey et de Tillabery. Ce colloque a connu l’extension du réseau et l’entrée de nouvelles structures, comme FESTICHAMS du Burkina Faso et Enfant ARED du Tchad, ainsi que GRAND LEKOL FILOZOFI de l’Ile Maurice.

D’autres organisations des droits de l’homme du Sahel prendront part à la rencontre de Nouakchott, en particulier, ORDH du Niger, KALTAMACHEQ IMARHAN INTIDI du Burkina Faso, AFRICAJOM CENTER du Sénégal, l’Association « La Voix des Victimes de l’Esclavage » de la Guinée Conakry, l’Association DANGOSIRA et l’Association GAN-BANAAXO du Mali.

Les grandes avancées de la question esclavage sous Ghazouani

Dans une Mauritanie où la lutte contre l’esclavage n’était connue que sous ses aspects de répression, d’exclusion et d’emprisonnement des militants et dirigeants abolitionnistes du Mouvement IRA, l’arrivée au pouvoir en 2019 du Président de la République Mohamed Cheikh Ghazouani pourrait être le début d’une grande ouverture envers les organisations de défense contre l’esclavage.

L’organisation d’un colloque régional sur le phénomène esclavagiste, comme celui prévu dans quelques jours, était impensable il y a quelques années. D’ailleurs, le président de IRA-Mauritanie, Birame Dah Abeid en avait fait mention au cours de la dernière rencontre de Bamako en 2021, lorsqu’il a entretenu les participants des progrès réalisés dans ce cadre par le gouvernement Ghazouani.

Cadres et militants de IRA-Mauritanie sont en effet aujourd’hui unanimes pour reconnaître que le gouvernement du président de la République Mohamed Cheikh Ghazouani, contrairement à ses prédécesseurs, a levé les poursuites judiciaires, les interdictions et la chasse aux sorcières qui était leur lot quotidien. Il a ouvert, avec les anti-esclavagistes de IRA-Mauritanie et toutes les autres composantes de la société civile et politique mauritanienne, une concertation permanente visant à asseoir une collaboration franche et directe entre les différents acteurs de la vie nationale, notamment sur des questions jugées sensibles et tabous comme l’esclavage par les gouvernements antérieurs

C’est sous les auspices du gouvernement du président Ghazouani que le mouvement IRA a reçu sa première reconnaissance officielle après plus de quatorze ans de lutte et de déni d’existence.

Cheikh Aïdara


Mauritanie : « Valoriser l’économie locale par l’autonomisation de la femme et le talent des jeunes »

A l’occasion de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, l’ONG ASPOM et l’initiative Mauritanie D’Abord, présidées toutes les deux par Mme Sidhe Mint Yenge Ould Khyarhoum, ont organisé jeudi 10 mars 2022 à l’Hôtel Halima de Nouakchott, une foire d’exposition avec la présence de délégations féminines venues des quinze régions de la Mauritanie et en l’absence de tout officiel.

Exposition des produits locaux – Crédit Aidara

Malgré les invitations lancées aux différentes autorités, en particulier le ministère du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme et l’Office National du Tourisme, aucun officiel n’a honoré de sa présence la foire organisée par ASPOM et Mauritanie D’Abord à l’occasion de la Journée Internationale des droits des femmes, alors même qu’elle était dédiée au tourisme, à l’artisanat et aux produits locaux.

Malgré tout, la fête fut belle et riche grâce à la diversité des participants, venues de toutes les régions de la Mauritanie, et à la variété ainsi que la richesse des produits exposés.

Des exposants venus de partout de la Mauritanie – Crédit Aidara

De cette absence, la présidente d’ASPOM et de Mauritanie D’Abord, Mme Sidhe Mint Yenge, qui dirige cette organisation de la société civile et ce mouvement citoyen présents sur l’ensemble du territoire, n’a nulle part fait mention de ce boycott non déclaré. Digne comme à son habitude, cette rebelle contre l’ordre établi est passée outre au cours de l’ambiance folklorique qui a animé la foire ainsi que lors du discours qu’elle a prononcé à l’ouverture de la cérémonie.

Sidhe (au 1er plan) lisant son discours – Crédit Aidara

« Le développement de l’économie locale permettra de mettre en valeur nos produits locaux et de dévoiler les talents cachés de notre jeunesse », a déclaré Mme Sidhe à l’entame de son discours. Selon elle, cette foire est une occasion d’offrir aux opérateurs économiques l’opportunité d’exposer leur savoir-faire et de mettre en exergue le génie créateur de nos populations dans toute leur diversité.

« Cette foire permettra surtout de développer les échanges et les expériences entre les participants, de susciter des partenariats mutuellement avantageux entre les experts et les opérateurs nationaux et ceux de la diaspora », a-t-elle souligné.

Hormis l’exposition des produits qui a eu lieu sous la gigantesque tente de l’hôtel Halima de Nouakchott, des formations sont prévues sur deux jours ainsi qu’un dîner-débat, pour cultiver entre les exposants l’esprit de convivialité, comme l’a expressément déclaré Mme Sidhe Mint Yenge.

Les quinze représentantes des coopératives et associations venues des deux Hodhs, de l’Assaba, du Guidimagha, du Brakna, du Gorgol, de Dakhlet-Nouadhibou, d’Atar, Akjoujt, Tiris-Zemmour et Trarza en plus des trois régions de Nouakchott, ont chacune prononcé un mot à l’occasion de cette foire commémorative de la journée de la femme.

Attigh, le partenaire incontournable

Attigh-Crédit Aidara

Installé au Canada depuis plusieurs années, où il a ouvert un restaurant dans lequel l’art culinaire et l’artisanat mauritanien dominent, Attigh est l’un des partenaires les plus fidèles de ASPOM et de Mauritanie D’Abord. Il a appuyé les deux organisations dans la formation des jeunes et des femmes dans le domaine touristique dans cinq régions du pays.

Il est présent à toutes les manifestations que mènent Sidhe Mint Yenge et ses camarades.

TEMOIGNAGES

Verida Habib, Mamghar (Dakhlet-Nouadhibou)

Verida – Crédit Aidara

« Je suis venue avec une délégation de plusieurs femmes du village de Mamghar, participer à cette foire pour exposer nos produits de mer, mais aussi partager notre savoir-faire dans le domaine de la transformation du poisson et de ses dérivés, y compris ses aspects curatifs. Parmi nous, certaines sont dans la vente de produits artisanaux, celle des voiles, des boissons locales et de nos mets, étant entendu que chaque Wilaya a son art culinaire. Nous, notre spécialité dont raffolent d’ailleurs les touristes, c’est le poisson que nous faisons séché salé ou grillé, avec les huiles de poisson. Nous sommes très heureuses de cette foire et nous remercions ASPOM et Mauritanie D’abord, notamment notre présidente Sidhe, pour cette initiative ».

Diary Ndiaye, Brakna

Originaire du Brakna, mais résidante à Nouakchott, Diary Ndiaye est couturière. Elle habille aussi bien les femmes, les enfants que les hommes.

Diary – Crédit Aidara

« Je suis venue participer à cette foire organisée par ASPOM et Mauritanie D’Abord que préside Mme Sidhe Mint Yenge. Nous sommes là pour célébrer la journée de la femme. Je suis fière de toutes ces femmes battantes qui sont venues de partout prendre part à cette manifestation. Elles sont venues démontrer que s’il y a des femmes qui dorment ou qui sont encore sous dépendance, il y a des femmes-debout, actives, qui se battent tous les jours pour démontrer que là où se trouve un homme qui travaille, une femme peut aussi y être. En tant que socle de la famille, la femme a en effet des responsabilités vis-à-vis de son foyer, de ses enfants, de ses parents et doit travailler pour assurer son autonomie ».

ONG ASPOM ET MAURITANIE D’ABORD

L’ONG ASPOM est l’une des premières organisations de la société civile mauritanienne. Elle a été créée en 1991 au lendemain de l’ouverture démocratique. D’abord consacrée au sport en milieu jeune, elle fut la première organisation à créer une école de football pour les enfants de moins de 15 ans. Elle a reçu à cette occasion la visite de l’ancien patron de la FIFA, Seppe Blatter lors de son passage à Nouakchott, puis celle du président de la CAF, Issa Hayatou. L’ONG a également formé plusieurs jeunes filles et jeunes garçons aux métiers artistiques (dessins, peintures, décoration, couture, etc.). ASPOM a aussi organisé deux foires internationales sur les énergies renouvelables à Nouakchott et participé activement pour l’allègement de la dette au début des années 2000.

Sa présidente, Mme Sidhe Mint Yenge, a participé à plusieurs rencontres régionales, sous-régionales et internationales. Elle a rencontré plusieurs grands dirigeants de ce monde, dont les présidents Macky Sall du Sénégal, Ibrahima Boubacar Keïta du Mali, Mahamadou Issoufou du Niger, Thabo Mbeki d’Afrique du Sud, l’ancien président du Burundi Pierre Buyoya, le Secrétaire général de l’ONU, Anthony Guiterez, l’Emir de l’Emirat des Arabes Unis, Cheikkh Zayed Ben Sultant Ali Nahiyan, pour ne citer que ceux –là.

Mme Sidhe Mint Yenge est membre active de la Plateforme de la société civile mauritanienne. Elle est vice-présidente du Réseau africain des énergies renouvelables. Elle a drainé plusieurs financements pour la Mauritanie, dont le projet lait avec l’Union européenne et un projet allemand de près de 3 millions de dollars US qui a été finalement délocalisé.

La Mauritanie D’Abord est une initiative citoyenne créée en 2014 et qui dispose de plusieurs plateformes numériques à travers lesquelles ses membres échangent. Elle compte plusieurs centaines d’adhérents et elle est implantée dans toutes les régions du pays.

ASPOM et Mauritanie D’Abord ont initié plusieurs activités dont les plus récentes sont celle organisée dans le cadre du Réseau agropastoral mondial des femmes nomades, représenté par Mme Sidhe et qui a participé en 2020 au Sommet de l’Union Africaine à Addis-Abeba. Elle y a mené un fort plaidoyer en faveur des femmes nomades pour l’égalité des sexes et l’autonomisation.

Les deux organismes ont également initié, avec l’appui de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) plusieurs séries de formation dans les régions dans les métiers artisanaux, le maraichage et la transformation. Ils ont mené également une campagne régionale de sensibilisation sur les droits de l’homme, à travers la caravane organisée au Guidimagha et au Hodh Echarghi en 2021.

ASPOM et Mauritanie D’Abord ont aussi organisé deux mini foires dans le domaine du tourisme local, à Atar et à Nouadhibou en 2021.

Cheikh Aïdara

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