aidara

L’artiste sénégalaise Coumba Gawlo récompensée par UNFPA pour son leadership à l’endroit de la jeunesse africaine.

Actrice engagée pour la défense et la promotion de la Femme et de la Jeunesse, Coumba GAWLO s’est vu décerner un Prix par UNFPA à l’occasion de la récente rencontre, à Dakar, du Réseau africain des Jeunes et des Adolescents (AFRIYAN).

Coumba Gawlo

Une distinction annoncée par M. Mabingué NGOM, Directeur régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, qui justifie cette marque de reconnaissance par l’action et l’engagement de Coumba GAWLO pour la Jeunesse africaine. Un engagement reconnu par ailleurs par diverses institutions, notamment onusiennes, dont certaines l’ont élevée au rang d’Ambassadrice.

Coumba GAWLO a apprécié ce geste à sa juste valeur et a remercié Monsieur Mabingué NGOM, pour la remise de ce trophée. Il a remercié aussi les initiateurs du Prix et tous ceux qui lui témoignent leur affection et la gratifient de leurs prières.

Elle réitère sa volonté de continuer à servir l’Afrique et son pays, le Sénégal.


Ressources domestiques pour la planification familiale en Mauritanie, une feuille de route et une coordination à mettre en place

Cadre de coordination, table ronde des bailleurs, plaidoyer auprès des parlementaires, du secteur privé et du patronat, campagne médiatique, feuille de route…Voilà l’un des aspects du plan de bataille mis en place par les experts du ministère de la Santé et du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) aux termes de trois jours de travaux pour la mobilisation des ressources domestiques en faveur de la planification familiale en Mauritanie.

L’atelier sur la mobilisation des ressources domestiques en faveur de la planification familiale qui a réuni du 22 au 24 juin 2021 à Nouakchott, experts du Ministère de la Santé et de l’UNFPA en particulier, a débouché sur un certain nombre de propositions.

Scindés en trois groupes de travail, les participants ont planché pendant trois jours sur les axes de réflexion tournant autour du plan de plaidoyer et de communication à mettre en œuvre, la mise en place ou la redynamisation d’un cadre de coordination pour la mobilisation des ressources, et enfin, la mise en place d’un comité d’urgence pour le suivi-évaluation des actions à entreprendre.

C’est ainsi qu’une table ronde des bailleurs, avec une Charte d’engagement à la clé, est programmée durant la première quinzaine du mois d’octobre 2021 pour un budget de 150.000 MRU. Elle sera placée sous le haut patronage de la Première Dame, Mme Marième Fadet Dah, avec comme lead le Ministère de la Santé, en collaboration avec l’UNFPA et comme invités, la société civile, les acteurs du public et du privé, les leaders religieux et communautaires.

Dans ce volet plaidoyer et communication, une Journée sera consacrée au groupe parlementaire Santé de la Reproduction-Planification familiale durant la même période pour un budget de 300.000 MRU, avec la participation des cadres de l’UNFPA et sous le leadership du ministère de la Santé.

Une campagne médiatique de trente jours durant le mois d’octobre 2021 est également au programme. Elle va cibler les acteurs des médias, les leaders religieux et communautaires, la société civile et les organisations socioprofessionnelles, pour un budget de 1.500.000 MRU.

S’agissant du cadre de coordination multisectoriel à mettre en place ou à redynamiser, il s’agira d’institutionnaliser ce cadre par un acte juridique ou administratif, avec comme responsable de ce volet, la Cellule de Planification et de Coordination du Ministère de la Santé, ou la Direction de la Santé Mère et Enfant. Un budget de 4.000 dollars US est consacré à cette activité qui devra être finalisée courant août-octobre 2021.

Il s’agira par la suite de préparer au courant du mois de juillet 2021, un argumentaire efficace, efficient, pertinent et convainquant pour la mobilisation des ressources pour la planification familiale. D’autres pistes de financements domestiques doivent également être clairement identifiées en plus d’une feuille de route à élaborer.

Pour la mobilisation des ressources en faveur de la planification familiale, un comité de suivi-évaluation doit être mis en place.

Parmi les autres activités prévues, un programme de plaidoyer auprès du secteur bancaire, du patronat, de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), ainsi que les autres partenaires tout au long du mois de juillet 2021.

A rappeler que l’atelier entre dans le cadre d’une initiative lancée par le Bureau régional du Fonds des Nations Unies pour la Population pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre (WCARO) dans les 9 pays membres du Partenariat de Ouagadougou, en collaboration avec les autorités mauritaniennes et différentes parties prenantes.

Cheikh Aïdara


« Touche Pas à Mon Poisson », mouvement social mauritanien pour la bonne gestion des ressources halieutiques du pays

Des activistes de la société civile et des journalistes se sont réunis samedi 26 juin 2021 dans les locaux du groupe faitière de l’initiative, « La Mauritanie D’Abord », présidée par Mme Seyida Mint Yenge. Ils ont mis en place plusieurs commissions chargées d’élaborer un programme de travail dans le domaine de la sensibilisation et de la communication dans le secteur des pêches, notamment la  bonne gestion du secteur, en particulier les usines de transformation du poisson dites « Usines Moka ».

En présence de membres actifs de la société civile, notamment les membres du groupe « La Mauritanie D’Abord », la fédération libre des pêcheurs artisanaux, des écologistes et des journalistes, plusieurs commissions ont été mises en place pour élaborer un plan de sensibilisation et de communication pour une bonne gestion des ressources halieutiques.

En effet, face à la raréfaction des produits de mer, notamment le poisson, due à plusieurs facteurs, dont la multiplication des usines de Moka, grandes utilisatrices de ces produits qu’elles transforment et exportent, la « Mauritanie D’Abord » et ses partenaires trouvent urgent de tirer la sonnette d’alarme.

Outre leur impact environnemental très nuisible sur les côtes maritimes, en plus de leur grand degré de pollution, les usines Mokka se sont révélées source de gros ennuis pour les populations. En effet leur implantation en plein centre urbain, notamment à Nouadhibou, rend la vie impossible. Ajoutés à ces nuisances, la grosse pression exercée sur les richesses halieutiques et le caractère commercial purement tourné vers l’exportation rendent aujourd’hui le poisson de plus en plus rare et de plus en plus inaccessible pour le citoyen mauritanien.

Et pourtant, l’Etat mauritanien, à travers le ministère chargé des Pêches et de l’Economie Maritime, a mis en place tout un arsenal institutionnel et juridique pour préserver la ressource halieutique et réglementer l’activité de transformation et de commercialisation du poisson.

Pour accompagner le gouvernement mauritanien dans sa nouvelle politique de redressement du secteur de la pêche et pour encourager ses décisions qui visent à mieux gérer la composante de la pêche pélagique, la société civile mauritanienne trouve urgent d’appliquer avec plus de rigueur les lois et règlements qui ont été édictés à cet effet.

C’est dans ce cadre que « La Mauritanie D’abord » lors de sa réunion du samedi 26 juin 2021, a décidé d’entamer des démarches visant à convaincre les autorités mauritaniennes à prendre des mesures visant à réduire drastiquement le nombre de permis et agréments pour l’ouverture de nouvelles usines de Moka. Elle suggère de maîtriser d’abord la mise aux normes des usines existantes pour assurer une meilleure gestion des stocks de pélagiques.

Ainsi, une Coordination a été mise en place en plus de trois commissions : une commission de sensibilisation pilotée par la société civile, une commission communication comprenant les journalistes et une commission technique regroupant les opérateurs et la fédération libre des pêcheurs artisanaux.

Un atelier de consolidation sur les différents documents de propositions ficelés par les commissions est prévu incessamment à Nouakchott.

Cheikh Aidara


Le tournage d’un documentaire sur l’esclavage à Dakar nourrit la polémique en Mauritanie

Le député et président de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA), Birame Dah Abeid, a été convoqué samedi 26 juin 2021 par la police sénégalaise, qui s’est vite excusée en annulant la convocation qu’elle lui avait adressée. C’était par rapport à un documentaire sur l’esclavage en Afrique et sur le combat de son organisation, tourné à Dakar par Sébastien Kraft, universitaire, journaliste et chercheur américain de Penn State University. Ce documentaire nourrit actuellement la polémique en Mauritanie.

Séquence d’interview de Birame Dah Abeid dans le documentaire

Tard dans la nuit du samedi 26 juin 2021, la police sénégalaise a appelé le député et président du mouvement antiesclavagiste mauritanien IRA, Birame Dah Abeid, pour lui signifier qu’il pouvait vaquer à ses occupations et faire comme si de rien n’était. C’était suite à une convocation qui lui a été adressée des heures plus tôt, à propos du tournage d’un documentaire sur les luttes les plus importantes et les plus réussies contre l’esclavage contemporain en Afrique, avec le cas du mouvement IRA comme exemple.

En gros, la première partie du documentaire est consacrée au rôle des rois et des aristocrates africains dans la traite triangulaire des esclaves dans les siècles passés et le rôle qu’ont joué les élites africaines par la suite pour maintenir et perpétuer ces pratiques après les indépendances. La deuxième partie parle du combat du mouvement IRA en Mauritanie.

Cette information, largement reprise dans la presse et les réseaux sociaux, nourrit aujourd’hui la polémique en Mauritanie.

Un bloggeur mauritanien, à l’origine de la polémique

Reprenant l’information relative au tournage du documentaire sur l’esclavage à Dakar, le bloggeur Habiboullah Ahmed, écrit sur sa page Facebook que « le Sénégal accueille le tournage et la production d’un documentaire sur le mouvement IRA par un producteur et réalisateur américain d’origine juive ».  Selon lui, le film documentaire sensé porté sur le parcours du mouvement IRA, cache en réalité des objectifs malsains visant « la composante arabe et la cohésion nationale et sociale en Mauritanie ».

Il affirme que « le film est financé par des groupes suspects, des activistes anti-arabes et antimusulmans avec la bénédiction, la participation et le soutien de IRA et d’organisations racistes noires hostiles à la coexistence arabo-africaine en Mauritanie ».

Citant des informations de presse (non élucidées) à Dakar, Habiboullah soutient que le tournage se passe « dans le luxueux palais de Birame dans l’un des quartiers les plus prestigieux de Dakar, ainsi que sur l’île de Gorée et la maison des Esclaves, pour leur symbolisme, au service du film anti-Mauritanie ».

Le bloggeur englobe dans ce complot le Sénégal et dénonce « un acte inamical envers un pays frère et voisin », soutenant qu’il existe « des partis sénégalais qui détestent la Mauritanie et ont une longue histoire dans l’expression de cette haine ». Selon lui, cette inimitié qui intervient dans le contexte gazier entre les deux pays, a pour objectif de « frapper les intérêts mauritaniens à travers un film qui promeut l’existence de l’esclavage et des attaques contre les Arabes de Mauritanie, en utilisant des mensonges et des fabrications préparées par des racistes extrémistes de IRA et des mouvements nègres alliés au Sénégal ».

Habiboullah de soutenir que « dans les normes diplomatiques, cela nécessite une protestation officielle mauritanienne auprès des autorités sénégalaises pour les décourager d’abriter de telles activités hostiles à la République islamique de Mauritanie et à ses intérêts supérieurs et à l’avenir de son peuple et de sa cohésion ».

Pourquoi une convocation de Birame

Après le posting du bloggeur Habiboullah Ahmed, la police sénégalaise a adressé une convocation le samedi 26 juin 2021 au député et président d’IRA, Birame Dah Abeid, pour une audition le dimanche. Seulement, la police va se rétracter quelques heures plus tard en présentant ses excuses au député et annulant la convocation. En effet, l’enquête menée a prouvé le non fondement des accusations contenues dans le posting du bloggeur, parlant d’un complot juif qui vise la Mauritanie et sa composante arabe, ainsi que sur le luxueux palais que Birame aurait acheté au Sénégal.

En effet, il a été constaté que le documentaire parle de l’esclavage en Afrique, avec comme invités Birame Dah Abeid et Alioune Tine, défenseur sénégalais des droits de l’homme, ancien président du RADDHO (réseau africain pour la défense des droits de l’homme) et représentant d’Amnesty International au Sénégal. Il a été établi que la famille de Birame, installée au Sénégal pour l’étude de ses enfants, occupe en réalité un modeste appartement loué depuis cinq ans dans un immeuble à Dakar.

Les activistes des réseaux sociaux se demandent si l’enquête diligentée par la police sénégalaise autour du documentaire est le fruit d’une initiative propre du gouvernement sénégalais ou si c’est sur la demande des autorités mauritaniennes.

Le premier cas serait exclu, selon les observateurs, dans la mesure où les autorités sénégalaises seraient bien informées des tenants et aboutissants du documentaire, car ce sont elles qui ont délivré l’autorisation du tournage.

La seconde option, si elle est confirmée, serait plutôt inquiétante, dans la mesure où il traduirait une certaine légèreté de l’administration qui prendrait pour argent comptant les écrits d’un bloggeur qui à aucun moment n’a cité des sources, alors qu’elle devait se baser sur ses propres services de renseignement.  

Réactions des partisans d’IRA

Pour les partisans d’IRA, la pseudo crise que certains milieux hostiles aux abolitionnistes cherchent à créer entre la Mauritanie et le Sénégal, et entre les composantes nationales, a pour but de briser l’entente entre Birame Dah Abeid et le président Mohamed Cheikh Ghazouani. Pour eux, les milieux extrémistes et les fossoyeurs de l’unité nationale tapis dans les rouages du système politique et administratifs mauritaniens, sont hostiles au climat de paix et de concorde politique qui règne aujourd’hui dans le pays. D’où leur propension à se jeter sur n’importe quelle occasion, surtout si Birame est au centre, pour attiser les tensions et exacerber les fibres éthnoraciales.

Aujourd’hui, le bloggeur s’est rétracté en retirant l’écrit incriminé de sa page Facebook et en s’excusant auprès de Birame. Mais plusieurs voix s’élèvent face à sa non poursuite judiciaire, jugeant gravissimes ses écrits qui non seulement, selon elles, portent atteintes aux relations entre le Sénégal et la Mauritanie, mais comportent en plus une incitation à la haine entre les communautés.

Cheikh Aïdara