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FP 2020, déconstruire les engagements de la Mauritanie

Le Ministère de la Santé, en collaboration avec le Partenariat de Ouagadougou et l’Association mauritanienne pour la santé de la mère et de l’enfant (ASME), a lancé mardi 22 juin 2021, un atelier de trois jours sur la déconstruction des engagements Family Planning (FP) 2020 pris à Londres en 2017 par le pays.

Gauche à Droite : Mme Marie Syr Diagne – Dr. Sidi Mohamed – Mme Zeynabou – Crédit Aidara

Avec l’appui de l’Unité de Coordination du Partenariat de Ouagadougou (UCPO), amenée par une délégation conduite par Mme Marie Syr Diagne, Chargée de liaison pays Sénégal, Mauritanie et Guinée, le Ministère de la Santé, en collaboration avec l’Association mauritanienne pour la santé de la mère et de l’enfant (ASME), a lancé mardi 22 juin 2021, un atelier de déconstruction des engagements PF 2020 de la Mauritanie. C’était en présence des intervenants dans le domaine de la santé de la reproduction et de la planification familiale (SR/PF), experts, association des religieux, membres d’organisations de la société civile et réseaux jeunes.

Tour à tour, Dr. Sidi Mohamed Ould Abdel Aziz, chef de service santé maternelle, néonatale, infantile et adolescent auprès de la Direction générale Mère et Enfant du Ministère de la Santé, Mme Zeynabou Taleb Moussa, présidente de l’ASME et Mme Marie Syr Diagne, se sont exprimés pour souligner l’importance de l’atelier et l’espoir d’en ressortir avec de nouvelles propositions d’engagements pour la SR/PF.

Les participants devront se familiariser au cours des trois jours durant l’atelier, sur l’utilisation de l’outil Motion Tracker pour le suivi des engagements, puis procéder au recensement et à l’analyse des anciens engagements FP 2020 pris par la Mauritanie en 2017 à Londres. Il s’agira ensuite de tirer les leçons apprises de cette première expérience pour formuler des recommandations pour l’élaboration de nouveaux engagements 2030 pour la Mauritanie.

Les engagements de la Mauritanie en 2017

Lors du Sommet de Londres sur la planification familiale en 2017, la Mauritanie, à l’instar des pays du Partenariat de Ouagadougou, s’était engagée à réaliser trois objectifs à l’horizon 2020. Il s’agissait de renforcer l’offre de services de planification familiale par !’introduction de nouvelles méthodes et la planification familiale du post-partum aux femmes, adolescents et jeunes mariés dans 100 % des formations sanitaires ciblées. Il s’agissait aussi de disposer d’un circuit intégré de distribution des produits en santé de la reproduction maternelle, néonatale et infantile (SRMNIN), y compris les contraceptifs afin de les rendre disponibles jusqu’au dernier kilomètre. « Ne laisser personne derrière ». Enfin, renforcer le cadre institutionnel pour un environnement favorable à la promotion de la planification familiale d’ici 2020.

Vue des participants – Crédit Aidara

Parmi les avancées enregistrées, l’adoption en 2017 d’une loi sur la santé de la reproduction et ses décrets d’application, la note circulaire du Ministère de la santé déclarant que tous les centres de soins publics, parapublics et privés disposant de personnels qualifiés pouvaient proposer diverses méthodes contraceptives, dont le Sayana Press récemment introduit, et que les consultations post-partum démarraient dès la première visite prénatale.

Les participants ont discuté au cours de la première journée des anciens engagements du pays et suivi un processus de déconstruction d’un engagement, avant d’entamer les travaux de groupes.

En marge de l’atelier, l’UCPO avait organisé lundi 21 juin 2021, une rencontre avec la société civile, notamment le réseau ENEM et les jeunes ambassadeurs.

L’atelier s’achève jeudi 24 juin 2021

Cheikh Aïdara


Mobilisation des ressources domestiques pour la Planification familiale, un problème de coordination et d’utilisation des ressources

Nouakchott a abrité mardi 22 juin 2021, l’ouverture d’un atelier de trois jours sur la mobilisation des ressources domestiques pour la planification familiale. Une initiative du Bureau régional du Fonds des Nations Unies pour la Population pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre (WCARO) dans les 9 pays membres du Partenariat de Ouagadougou, en collaboration avec les autorités mauritaniennes et différentes parties prenantes.

Table officielle – Crédit Aidara

Près d’une soixantaine de personnes, cadres de différents départements ministériels, activistes de la société civile et experts ont pris part, mardi 22 juin 2021 à Nouakchott, à l’ouverture d’un atelier de trois jours sur la mobilisation des ressources domestiques en faveur de la planification familiale en Mauritanie.

L’atelier organisé sous l’égide du Ministère de la Santé, en collaboration avec le Bureau pays du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), entre dans le cadre d’une initiative lancée par le Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre (WCARO) dans les 9 pays membres du Partenariat de Ouagadougou. L’Unité de Coordination du Partenariat de Ouagadougou était d’ailleurs largement représentée par une forte délégation conduite par Mme Marie Syr Diagne, Chargée de liaison pays, Sénégal, Mauritanie et Guinée.

Une augmentation de 33% sur le PNBA 2021-2023

A l’ouverture des travaux, la Secrétaire Générale du Ministère de la Santé, Mme Halima Bâ Yahya, a déclaré que l’espacement des naissances est d’une importance capitale pour les autorités mauritaniennes, citant la priorité qu’elle occupe dans les engagements du Chef de l’Etat, « Taahoudati ». Elle a cité dans ce cadre les avantages qu’offre une bonne planification familiale, notamment la lutte contre l’infertilité dans les couples, contre les IST et les grossesses à risques, mais aussi contre les naissances prématurées et les décès des enfants de moins de 5 ans.

« Notre département attache une importance toute particulière au financement et au renforcement du système de santé, en particulier l’offre de services de qualité en santé reproductive et en planification familiale (SR/PF) » a-t-elle précisé. Elle a ajouté que beaucoup d’efforts ont été déployés, avec l’appui de l’UNFPA et des autres partenaires techniques et financiers, pour l’amélioration des indicateurs en santé de la reproduction, notamment la disponibilité des produits et la mobilisation des ressources domestiques. Elle a noté une augmentation de plus de 33% accordés à ce volet dans le plan d’action budgétisé annuel (PNBA) pour 2021-2023, soulignant que le montant alloué à la SR/PF est passé de 1,5 millions MRU en 2014 à plus de 24 millions MRU, dont 3 millions MRU du budget de l’Etat. Et cela, malgré la crise multiforme entraînée par la pandémie Covid-19, a-t-elle ajouté en substance, évoquant l’intérêt du Maching Funds ou Fonds Incitatifs de Contrepartie (FLX2) de la Fondation Bill et Melinda Gates, pour l’achat des produits contraceptifs.

100.000 dollars US sur le budget de l’Etat pour les produits contraceptifs

S’exprimant au nom du Représentant Résident du Bureau pays de l’UNFPA, M. El Kory Ahmed Boutou, Chargé du volet santé, s’est félicité de l’engagement du Ministère de la Santé à financer pour l’année 2021, et sur son propre budget, l’acquisition des produits contraceptifs à hauteur de 100.000 dollars US. (environ 4 millions MRU). « Bien que les besoins du pays ont été comblés pour 2021 avec l’appui de l’UNFPA, toutes fois pour les années à venir, nous devons tous nous mobiliser pour que les besoins du pays en produits contraceptifs soient satisfaits » a-t-il souligné.

Il a profité de l’occasion pour faire le plaidoyer auprès du secteur privé afin qu’il contribue activement à la promotion de la planification familiale et à l’acquisition des produits contraceptifs.

Vue des participants – Crédit Aidara

La PF, un problème de coordination et d’utilisation des ressources

Présentant le dossier d’investissement sur les trois résultats transformateurs de l’UNFPA, Dr. Mohamed Lemine Mohamed El Hadj, consultant, a mis en exergue les besoins en matière de financement pour la lutte contre la mortalité maternelle, les besoins non satisfaits en produits contraceptifs et la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) pour la période 2021-2023.

Le pays, selon lui, a besoin d’environ 450 millions MRU pour réduire la mortalité maternelle, d’environ 20 millions MRU pour satisfaire les besoins en contraception et d’environ 77 millions MRU pour la lutte contre les VBG. Un montant total d’environ 550 millions MRU.

Cependant, il a souligné que la Mauritanie dispose potentiellement d’une prévision de 3 milliards MRU de ressources publiques et d’apport des partenaires techniques et financiers. « Nous avons en principes six fois plus de ressources nécessaires pour financer les trois résultats transformateurs » a-t-il fait remarquer.

Le paradoxe d’une telle situation qui fait que le pays dispose de six fois plus de ressources par rapport à ses besoins en santé reproductive et en planification familiale (SR/PF) pour des résultats encore mitigés, s’expliquerait selon lui, par l’absence de coordination entre les différents intervenants sur le terrain de la SR/PF (autorités publiques, partenaires et société civile) ainsi qu’une mauvaise allocation des ressources, ce qui nécessite selon lui, une redistribution équitable et rationnelle de ces ressources aux périphéries.

Cette intervention a été suivie de débats et de travaux de groupes. Auparavant, les participants avaient suivi plusieurs exposés, notamment sur les enjeux de la planification familiale pour le développement socioéconomique du pays et la capture du dividende démographique.

Un autre exposé a porté sur l’initiative du Fonds Incitatifs de Contrepartie double (FLX2) pour l’achat de produits contraceptifs. Latif Dramani du CREG (Consortium régional de recherche en économie générationnelle) et Jean-Pierre Manshande, Consultant international, ont présenté respectivement une communication sur le profil démo-économique de la Mauritanie et une autre sur l’intégration de la PF dans les schémas de Couverture Santé Universelle (CSU).

La rencontre s’est déroulée en présence du Secrétaire général de l’Agence Taazour à la Solidarité nationale et à la lutte contre l’exclusion, M. Samba Ould Salem, et du Directeur général de la Santé de la Mère et de l’Enfant, Dr. Moussa Salatou Diagana, de plusieurs personnels de la santé et des représentants de la société civile.

Les travaux de l’atelier vont se poursuivre jusqu’au jeudi 24 juin 2021.

Cheikh Aïdara


Communiqué de presse : Atelier d’Orientation pour la Mobilisation des Ressources Domestiques pour la Planification Familiale

Nouakchott, 22 Juin 2021 : Le Bureau de l’UNFPA Mauritanie, en collaboration avec le gouvernement de la République Islamique de Mauritanie, les partenaires techniques et financiers et les différentes parties prenantes au niveau national, organise du 22 au 24 juin 2021 à Nouakchott, un atelier d’orientation pour la mobilisation des ressources domestiques pour la planification familiale.

Cet atelier entre dans le cadre d’une vaste campagne lancée par le Bureau régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre dans les 9 pays membres du Partenariat de Ouagadougou sur le Matching Funds ou Fonds Incitatifs de Contrepartie (FLX2) de la fondation Bill et Melinda Gates.

L’atelier a pour objectifs spécifiques, de répertorier les parties prenantes dans la sécurisation des produits contraceptifs, d’identifier les obstacles liés à l’existence ou à la fonctionnalité d’un cadre de concertation, de coordination et d’harmonisation des interventions et de proposer des solutions, d’identifier les obstacles à la mobilisation des ressources domestiques pour l’achat de contraceptifs, d’identifier les activités de plaidoyer et de communication à mettre en œuvre pour la mise en place d’une ligne budgétaire pour la sécurisation et l’achat des produits contraceptifs, de définir un mécanisme de suivi-évaluation de l’utilisation de ces ressources, d’élaborer in fine un Plan d’Action Pays (PAP) pour le cadre de concertation et de coordination pour la mobilisation des ressources domestiques.

L’atelier sera animé par des experts nationaux et internationaux. Il se décline en une suite de présentations, suivie de débats et de travaux de groupes.

Les professionnels des médias et de la communication sont conviés dans ce cadre à assurer une large couverture à cet évènement.

Contacts :

Kaba M’baye|Communication & SM Specialist, UNFPA Mauritanie|28 68 00 12|dkaba@unfpa.org

Bocar M’baye|NPO SPSR/Family Planning, UNFPA Mauritanie|22 34 86 71| mbaye@unfpa.org


Pour Salah Cissé, réfugié malien en Mauritanie, le chômage perdure malgré son diplôme

Seul garçon d’une famille de 7 filles, Salah Cissé, 24 ans, réfugié malien au Camp Mberra en Mauritanie, diplômé en Sociologie de l’Université de Bamako, est obnubilé par la recherche d’un emploi. Et l’attente perdure.

Salah Cissé – Crédit Aïdara

« En tant qu’unique homme de ma famille, il est impératif que je trouve du travail, n’importe quoi, pour aider mes parents et mes sœurs. » C’est l’idée fixe qui hante l’esprit de Salah Cissé, un jeune réfugié dont les parents vivent au camp de Mberra en Mauritanie. Ils font partie des 66.000 réfugiés maliens qui ont fui la guerre au Nord du pays, depuis l’invasion djihadiste.

C’est en 2012 que la famille Cissé a quitté en extrême urgence Léré, à 70 kilomètres de la frontière mauritanienne, sans rien apporter avec elle, face à l’avancée des Islamistes qui avaient pris le contrôle de Tombouctou, plus de 100 kilomètres plus au Nord.

Entre deux séjours à Mberra, Salah Cissé est parvenu à suivre ses études au Mali, entre Léré, sa commune natale, et le cercle de Diré dans la région de Tombouctou.

Après avoir décroché son baccalauréat en 2015, il s’est inscrit à l’Université de Bamako où il a obtenu en 2019, une licence en sociologie. « Depuis, je suis à la recherche d’un emploi, après un stage de deux mois passé à la Direction nationale de protection de l’enfant et de la famille dans la capitale malienne », lâche-t-il.

Derrière sa silhouette de jeune à peine sorti de l’adolescence, Salah soupire, le regard lointain. « J’ai tenté à deux reprises d’intégrer l’Ecole Normale Supérieur (ENS) de Bamako, sans succès. Mon ambition était de devenir professeur en sociologie dans le secondaire », soutient-il.

A Mberra, Salah Cissé a poursuivi ses démarches pour décrocher un emploi auprès des nombreuses agences des Nations Unies et les organisations internationales opérant sur les lieux.

« J’attends et cela perdure. Mais je garde espoir de trouver une réponse positive après mes démarches, auprès du bureau d’enregistrement du camp de Mberra et le Centre d’accueil et de placement familial à Bamako », lâche-t-il avec tristesse.

Selon Saleh Cissé, « l’espoir est plus grand de décrocher un boulot à Mberra qu’au Mali, puisqu’ici il y a plus d’opportunités avec les nombreuses agences et organisations qui y travaillent ».

Mais, un jeune sociologue, sans expériences, a-t-il des chances de trouver du travail avec les grandes institutions ? Salah Cissé reste optimiste. « Les agences et organisations internationales qui travaillent dans le domaine social et humanitaire notamment, ont besoin d’un personnel haut qualifié pour des enquêtes sociologiques. » se défend-t-il.

Pour le moment, sa seule référence, ce sont les résultats d’un Mémoire de soutenance sur le mariage forcé à Léré, ou sa petite expérience de deux mois, dans une direction chargée de l’enfance et de la famille au Mali.

En attendant, Salah Cissé ne rejette aucune opportunité, ni type de boulot. « J’accepterai de faire n’importe quel travail honnête, l’essentiel étant de subvenir aux besoins de ma famille ». L’existence d’un centre de formation professionnel à Mberra, géré par le Bureau International du Travail, type « chantier-école » ou projet PECOBAT, pourrait être pour lui, un passage obligé vers un métier plus sollicité sur le marché du travail au niveau local.

Cheikh Aïdara