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RWANDA, l’autre vérité

Oui le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994 par des extrémistes Hutus fût une horreur absolue. Mais oui aussi, d’autres Hutus ont sauvé des Tutsis, souvent au péril de leur vie, lors du génocide, comme en témoigne Jean Hatzfeld dans son dernier ouvrage « Là où tout se tait » (Gallimard Janvier 2021).

C’est l’honneur du Tribunal Pénal International pour le Rwanda siégeant à Arusha (Tanzanie), d’en avoir tiré de justes conclusions en acquittant certains responsables Hutus accusés à tort.

Tel fût le cas pour l’accusé Ignace Bagilishema, ancien Bourgmestre (Maire) de la Commune de Mabanza dans l’Ouest du Rwanda, bien loin de Kigali la capitale. Avec le Bâtonnier Maroufa Diabira (Mauritanie) nous avions été commis d’office à sa défense en Avril 1999.

Ignace Bagilishema était le cinquième accusé à être jugé par le TPIR.

Comme le permettait la procédure anglo-américaine utilisée devant ce Tribunal international, il était de notre responsabilité de mener nos propres enquêtes et de vérifier les accusations portées par le Procureur, notamment en nous rendant sur place au Rwanda.

Après plusieurs mois d’enquêtes sur le terrain avec notre assistante Héleyn Unac (alors jeune avocate languedocienne, ayant depuis poursuivi une belle carrière aux Nations Unies) et nos deux enquêteurs (l’un Hutu, l’autre tutsi), nous avions acquis la conviction que notre client n’avait pas participé aux crimes dont le Procureur l’accusait.

A notre demande, la Chambre de première instance, présidée par le Juge Norvégien Erik Mose, acceptait d’organiser pour la première fois un transport sur les lieux au Rwanda.

Pendant 3 jours, Juges, Procureur et Défense, nous avons ainsi visité tous les sites de massacres dans lesquels le Procureur impliquait notre client, y compris les tristement célèbres collines de Bisesero où Ignace Bagilishema affirmait n’être jamais allé pendant le génocide.

Ce transport fût déterminant pour constater que plusieurs témoins de l’accusation ne pouvaient pas, de la position où ils affirmaient s’être tenus, et dont ils avaient témoigné auprès du Procureur, avoir vu quoi que ce soit impliquant Ignace Bagilishema. Le procureur lui-même dût en convenir…

A l’inverse, de nombreux témoins Tutsis témoignèrent devant le Tribunal, qu’Ignace Bagilishema leur avait sauvé la vie,  qu’il s’était notamment opposé au péril de sa vie, à une horde de tueurs (« les abakigas ») déferlant sur la commune de Mabanza. Un Pasteur témoignait avoir reconnu certains de ses catéchumènes dans cette horde. Les ayant interpelé « mais que faites vous donc ? » il s’entendait répondre, « Pasteur on va tuer les Tutsis et ensuite on demandera pardon à Dieu… ».

Plusieurs témoins Tutsis présentaient ainsi au Tribunal, par notre intermédiaire, de fausses cartes d’identité établies pour eux par Ignace Bagilishema et mentionnant comme identité « Hutu ». C’était à cette époque « un laisser passer » pour avoir la vie sauve.

Voyant ainsi son accusation s’effondrer, le Procureur avait cru devoir menacer Ignace Bagilishema de le poursuivre pour faux…

Par Jugement en date du 7 Juin 2001 Ignace Bagilishema était acquitté de toutes les accusations (Génocide, crimes contre l’humanité) portées contre lui. Le Tribunal indiquait dans son Jugement que non seulement le Procureur n’avait pas rapporté la preuve de la culpabilité d’Ignace Bagilishema, mais qu’au contraire, beaucoup de preuves attestaient que celui-ci avait sauvé de nombreuses vies et évité beaucoup de massacres malgré les faibles moyens dont il disposait.

Et plusieurs Tutsis, encouragés par cette décision, insistaient encore auprès de nous lors de nouvelles enquêtes au Rwanda pendant la procédure d’appel initiée par le Procureur, pour témoigner qu’il leur avait sauvé la vie.

Un an plus tard, le 3 Juillet 2002 les cinq Juges internationaux de la Chambre d’Appel, présidée par le Juge français Claude Jorda, confirmaient à l’unanimité le Jugement.

Comme nous l’avions plaidé lors de l’audience finale, en faisant référence au film « La liste de Schindler », « Qui sauve une vie, sauve l’humanité ». Ignace Bagilishema fût de ceux-là.

Oui, des Hutus, certains, membres de l’Administration rwandaise comme Ignace Bagilishema, d’autres, anonymes, ont utilisé leur fonction ou leur position pour sauver des Tutsis au péril de leur vie pendant le génocide.

L’acquittement d’Ignace Bagilishema par le TPIR fût une délivrance pour tous ces Hutus jusque là stigmatisés : enfin il était déclaré par la Justice Internationale que l’on pouvait être Hutu sans avoir été automatiquement un génocidaire.

Merci Jean Hatzfeld de l’avoir rappelé.

François Roux Avocat Honoraire au Barreau de Montpellier

Ancien Chef du Bureau de la Défense au Tribunal Spécial pour le Liban (2009-2018).

Dernier ouvrage paru « Justice Internationale la parole est à la défense ».

Indigène éditions 2016. Version arabe, anglaise et française chez Arab Scientific Publishers.Inc 2017.

Tribune publiée dans « Midi Libre » le 3 avril 2021


Forfait obstétrical en Mauritanie : une affluence massive au centre de santé de Sélibaby

Quatre millions huit cent quatre-vingt-deux milles nouvelles ouguiyas (4.882.000 MRU) ! C’est le montant mobilisé par l’UNFPA au profit du gouvernement mauritanien, à travers l’association mauritanienne pour la promotion de la famille (AMPF). Il répond à la vulnérabilité en matière de mortalité maternelle et néonatale dans les régions du Hodh El Charghi, de l’Assaba et du Guidimagha. Face à la gratuité du forfait obstétrical, le centre de santé de Sélibaby ne désemplit plus.

Une patiente se fait rembourser ses 400 MRU – Crédit Aidara

Aïssata Niang est le point focal du forfait obstétrical au centre de Santé de Sélibaby. Ce matin du 7 avril 2021, elle est débordée. Elle ne sait où tourner de la tête, sous la pression de dizaines de femmes venues des villages les plus reculés du Guidimagha. « Les remboursements des frais expliquent en partie cette affluence. Celles qui avaient versé 400 MRU, doivent se faire rembourser, car le forfait est désormais gratuit », explique-t-elle. Entre la caissière principale et elle, la valse des forfaitaires ne cesse de donner le tournis.

Le forfait obstétrical pour freiner la mortalité maternelle et néonatale
Aïssata Niang, Point Focal forfait obstétrical Sélibaby – Crédit Aidara

Aïssata Niang est prise entre deux feux. Elle jette ici et là un regard furtif. « Toi, tu as payé en février 2021. Va faire une photocopie du reçu, tu passes me voir ensuite pour le signer et tu pars à la caisse pour te faire rembourser tes 400 MRU », lance-t-elle en Pulaar à une jeune dame, qui a pris du temps pour comprendre ce que veut dire « photocopie ». Elle vient d’un village Peulh près de MBeydiya. Aïssata est submergée.

Koura Demba Diawo, 22 ans

Elle a le sourire un peu dérobé, derrière des lèvres noircies par le tatouage. « Je suis très contente, surtout que je ne m’y attendais pas. Je ne m’attendais pas à me faire rembourser 400 MRU, au moment où je me demandais quoi faire pour ramener ce soir un peu de lait en poudre au village ». Venue de MBeydiya, à plusieurs kilomètres au Sud de Sélibaby, elle a brusquement le rire fou, lorsqu’on lui demande pourquoi elle ne connaît pas « photocopie ». « C’est la première fois que j’entends ce mot, je ne pensais pas qu’on pouvait faire une photo, sauf à une personne », réplique-t-elle au milieu de l’hilarité générale.

Des dizaines de femmes, de toutes les communautés, emplissent la salle d’attente ouverte aux quatre vents. Elles caquettent, discutent entre elles, assaillent Aïssata et la caissière, carnets entre les mains.

Mamya Mint Kaber, 26 ans

Mamya vient de Adabaye Ghouwiya, à vol d’oiseaux de Sélibaby. Elle fait partie du lot de femmes qui avait déjà bénéficié de la gratuité du forfait. Enceinte de six mois, elle est venue pour sa troisième consultation. « Je suis très contente avec ce système de forfait. Nous nous soignons gratuitement, même les « telveza » (échographies), les accouchements et les consultations. Avant, on n’avait pas de quoi payer ces services et on accouchait à domicile, avec les risques que nous connaissons. Maintenant que les grossesses sont prises en charge par l’Etat, les femmes du village viennent dans les structures de santé », confie-t-elle.

Pour Mamya, la pandémie du Covid-19 n’a eu aucun effet sur leurs conditions de vie, ni sur leur santé maternelle. Sauf au début de la pandémie, en 2020. « Nous avions eu quelques difficultés l’année dernière, lorsqu’on avait limité la circulation très tôt l’après-midi, à 16 heures, puis à 18 heures. Cela avait perturbé le travail de nos hommes et limité nos déplacements, même pour venir au centre de santé », précise-t-elle.

Vue partielle des patientes au centre de santé de Sélibaby – Crédit Aidara

Le forfait est un système d’assurance basé sur le partage du risque obstétrical, entre la patiente enceinte qui décide d’adhérer, paye une cotisation (400 MRU), et l’Etat qui verse 500 MRU. Ces frais couvrent l’ensemble des soins futurs liés à la grossesse (consultations pré et post-natales, deux échographies, les examens médicaux, l’évacuation, l’accouchement et la césarienne, en cas de besoin). L’objectif est de réduire la mortalité maternelle et néonatale, qui est en Mauritanie respectivement de 586 pour 100.000 et 29 pour 1.000 naissances vivantes. Le ratio de mortalité maternelle et le taux de mortalité néonatale sont parmi les plus élevés de la sous-région. Aujourd’hui, les femmes enceintes du Guidimagha ne payent plus la moindre ouguiya pour leurs frais de grossesses et d’accouchement.

La télémédecine pour booster l’offre de santé au Guidimagha

Dr. Taleb Salem, directeur de l’hôpital régional de Sélibaby, apprécie l’unité de télémédecine dont sa structure vient d’être dotée. « Il s’agit d’un grand apport pour le système de santé au niveau de la région du Guidimagha. Nous n’aurons plus désormais besoin d’évacuer les malades à Nouakchott par manque de certaines spécialités. Avec la télémédecine, nous pouvons prendre contact avec n’importe quel spécialiste à Nouakchott. Il nous oriente par rapport à certaines pathologies nécessitant, avant, des évacuations coûteuses et périlleuses », explique-t-il.

Dr. Taleb Salem devant l’écran de l’appareil de télémédecine – Crédit Aidara

Dans le cadre du soutien des Nations Unies au plan de réponse du gouvernement mauritanien contre la Covid-19, notamment l’accroissement de la deuxième vague, le PNUD et l’UNFPA ont appuyé le Ministère de la Santé, le Ministère des affaires économiques, le Ministère des Finances et la cour des comptes à travers un dispositif complet d’équipements en télémédecine et matériels de vidéoconférence (66 équipements de vidéoconférence, 61 écrans téléviseur, 71 ordinateurs de bureau, 4 ordinateurs portables, 61 onduleurs, 100 tablettes, 1 imprimante multifonctionnelle et 1 vidéo projecteur + écran de projection). Cet appui permettra de renforcer les capacités opérationnelles du Gouvernement et de faciliter les formations, réunions et consultations à distance.

Cheikh Aïdara


Femmes du Guidimagha : « à quand le retour de la clinique mobile de la Santé ? »

Partout, dans les localités enclavées et sinistrées de la Wilaya du Guidimagha, des centaines de femmes en âge de procréer ou en état de grossesse réclament la clinique mobile de santé.  Il s’agit de celle organisée par le Ministère de la Santé et le Ministère des Affaires Sociales, avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) entre le 16 et le 27 mars 2021. Dans le département de Sélibaby, la clinique offre des services en santé sexuelle reproductive et en prise en charge des violences basées sur le genre (VBG).

Séance d’information avec les bénéficiaires – Crédit Aidara

De Jedida à Tiénél Djoubaye, en passant par Wendou Goubé, Sounatou, Hamdalaye, Ehel Sidi MBareck, Ehel Yarba, Ehel Djatou, Samba Kandji, Saidou Ehel Sidi, Néma Maawiya, Taboutala, Niéléba Peul, Hassi Sidi, la question est la même : « à quand le retour de la clinique mobile de santé ? »

Les femmes de Jedida, un échantillon représentatif

A Jedida, localité située à douze kilomètres sur la route Sélibaby-Gouraye, les souvenirs sont encore vifs. Tous se rappellent du passage de la clinique mobile courant mars 2021. Au cours de ce convoi composé de trois assistantes sociales et d’une sage-femme, beaucoup de consultations pré et post-natales ont été délivrées, des dizaines de médicaments offerts aux femmes souffrants d’infections sexuellement transmissibles (IST), d’anémie, d’hypertension, et beaucoup d’autres ont bénéficié de sensibilisation ou de prise en charge contre les violences basées sur le genre (VBG).

Les femmes bénéficiaires – Crédit Aidara

Bilel Bara Thiam, assistante sociale à la Direction régionale du Ministère des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille (MASEF) du Guidimagha, a déclaré que la mission de la clinique mobile a connu un grand succès. « Ce fut une véritable aubaine pour des femmes qui, pour des raisons d’éloignement, mais surtout de manque de moyens, ne pouvaient accéder aux soins de santé sexuelle reproductive ou à des séances de sensibilisation sur les VBG » a-t-elle expliqué.  

Bilel Bara Thiam – Crédit Aidara

La clinique mobile aurait permis à des femmes enceintes de recevoir, pour certaines, leur première consultation prénatale et de se voir orienter vers les services de santé à Sélibaby pour y poursuivre le reste de leur parcours de grossesse. Le forfait obstétrical qui est spécialement conçu pour les familles démunies comme elles leur ont été également expliqué, avec orientation vers les services qui en ont la charge à Sélibaby.

Dans le domaine des violences basées sur le genre, ce sont surtout les mariages des enfants qui restent, selon Bilel, la principale préoccupation. Une partie des filles sont mariées par les parents à 11, 12 et 13 ans, ce qui met ainsi fin à leur cursus scolaire. Mais ce sont surtout des violences domestiques, « des violences physiques en particulier » précise Bilel Bara Thiam. « Ces violences sont cachées, mais on le sent sur le visage des femmes que nous avons consulté et nous avons recueilli des aveux » a-t-elle témoigné. Beaucoup d’entre elles auraient bénéficié de prise en charge médicale et psychosociale.

Témoignages de bénéficiaires

Les femmes de Jedida, et des autres localités, ont beaucoup apprécié le passage de la clinique mobile. La demande est aujourd’hui très forte. Le retour de la clinique mobile est devenue une revendication générale de la part des femmes du Guidimagha dont la plupart jugent l’accès aux soins de santé reproductive difficile.

Chaba Mint Ahmed Vall Crédit Aidara

« Je souffrais d’anémie et grâce à la clinique mobile, j’ai reçu des médicaments et des conseils qui commencent à m’aider à surmonter ce problème; j’ai reçu également un kit de dignité, témoigne Chaba Mint Ahmed Vall, 22 ans et mère de trois enfants. «Je demande le retour rapide de la clinique mobile, c’est une demande pressante de la part des femmes du village», a-t-elle rajouté.

Cheikha Mint MownakCrédit Aidara

De son côté, Cheikha Mint Mownak, 27 ans, mère de cinq enfants et qui attend le sixième témoigne: « Je me suis mariée à l’âge de 14 ans, comme beaucoup de femmes dans ce village où les filles se marient jeunes. Avec l’arrivée de la clinique, les sages-femmes m’ont pesée et elles m’ont donnée deux types de médicaments, l’un contre l’anémie et l’autre contre la migraine. J’ai aussi reçu un kit d’accouchement. La clinique mobile est une excellente idée, surtout pour nous les femmes qui ont peu de culture de santé et de violences basées sur le genre. Nous avons plus que besoin de ce genre de services de santé qui viennent chez les pauvres, car c’est le manque de moyens qui pousse beaucoup de femmes à accoucher à domicile sans jamais suivre le moindre traitement ou visite dans une structure de santé ».

A noter que le village de Jedida dispose d’un agent de relais en santé communautaire qui dispense ses services à domicile tant que la situation reste dans la normale. En cas de complications, les femmes sont évacuées à Sélibaby. « Pendant l’hivernage et ses inondations presque saisonnières, l’accès devient difficile, surtout impossible par moment » affirme l’adjoint du chef de village.

Mme Gueytana Mint Mohamed – Crédit Aidara

Le succès de la clinique mobile

Ayant ciblé 33 localités au Trarza et au Guidimagha, la clinique mobile qui a sillonné ces deux régions entre le 15 et le 27 mars 2021 a permis la distribution de plus de 300 kits d’accouchements et plus de 900 kits de dignité, d’effectuer plus de 350 consultations prénatales et 68 consultations postnatales, d’offrir des méthodes contraceptives à 254 femmes.

Elle a aussi permis de traiter 457 cas d’IST, d’identifier 106 cas de VBG tous pris en charge, de sensibiliser 26 hommes, 568 filles et 706 femmes sur les VBG, éducation des filles, mariages précoces, hygiène, planification familiale, santé maternelle, HIV/Sida et prévention contre Covid-19. La clinique a aussi aidé à la redirection vers les hôpitaux régionaux de Rosso et de Sélibaby de 29 cas pour complications de grossesses, hémorragies, VBG, anémies.

La clinique a surtout permis de renforcer la coordination entre les services du Ministère de la Santé et ceux du MASEF avec la santé sexuelle et reproductive comme porte d’entrée, et comme thèmes d’action, l’éducation des filles contre les mariages précoces et les abandons scolaires qui leur sont liés, ainsi que l’implication plus accentuée des assistantes sociales.

Cheikh Aïdara


Des avocats et des journalistes sensibilisés à l’esclavage moderne

Du 5 au 8 avril 2021, une quinzaine d’avocats du Barreau mauritanien ont suivi à Nouakchott, un séminaire de formation et de renforcement de capacités sur la lutte contre les pratiques de l’esclavage moderne en Mauritanie, notamment la traite des personnes et le travail non décent. Cet atelier de quatre jours entre dans le cadre d’une série de formations qui a ciblé déjà une vingtaine de journalistes.

Formation des avocats par les ONG ALCD et Free The Slaves – Crédit Aîdara

Organisé par l’association de Lutte Contre la Dépendance (ALCD) avec l’appui de l’ONG internationale antiesclavagiste « Free The Slaves », l’ouverture de l’atelier de formation des avocats a été marqué par le mot prononcé à l’occasion par Mme Toutou Mint Ahmed Jiddou, présidente de l’ONG ALCD. Elle a remercié les participants pour leur assiduité et l’intérêt accordé à cette formation qui va, selon elle, permettre de renforcer le front intérieur de la lutte contre la traite des personnes, et toutes les formes d’esclavage moderne, en associant les professionnels du droit.

Mme Toutou Mint Ahmed Jiddou a remercié l’ONG Free The Slaves pour la confiance qu’elle a placée dans son organisation, l’ALCD, en la choisissant comme partenaire de ses actions en Mauritanie.

Auparavant, M. Bukeni, directeur exécutif de l’ONG Free The Slaves avait adressé un mot de remerciement aux participants, jugeant à sa juste valeur les sacrifices qu’ils ont consentis tout au long de cette formation, afin de se ranger sur le front de la lutte contre des pratiques néfastes dans le domaine des droits humains en Mauritanie. Il a aussi félicité la présidente de l’ONG ALCD et les membres de l’organisation pour leur professionnalisme.

M. Haimouda Ould Ramadhan, juriste et ancien ministre de la Justice, consultant, a ainsi décortiqué au cours des séances de formation, les textes juridiques en vigueur en Mauritanie et les conventions internationales ratifiées par la Mauritanie relatives à la lutte contre l’esclavage moderne et ses séquelles. A la lumière de la loi 2020-017 sur la prévention et la répression de la traite des personnes, récemment adoptée par la Mauritanie, ainsi que la loi 031-2015 incriminant l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes, entre autres.

Les participants ont déclaré à la fin des travaux leur satisfaction d’avoir suivi une formation assez pointue et détaillée. Elle va leur permettre de mieux suivre les dossiers relatifs aux cas liés à l’exploitation au travail et les risques de travail non décent, principales caractéristiques de l’esclavage moderne. Ils ont remercié les initiateurs de la formation, les ONG ALCD et Free The Slaves.

Cheikh Aïdara