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L’UNFPA offre 5.000 kits d’accouchement au Ministère de la Santé pour lutter contre la mortalité maternelle

Les locaux du Ministère de la Santé, dans une aile située à l’ancien siège de Mauritel à Nouakchott, ont abrité mercredi 3 septembre 2020, une cérémonie de remise de 5.000 kits d’accouchement hygiéniques et individuels, don du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) au Ministère de la Santé pour lutter contre la mortalité maternelle, notamment les décès maternels évitables, dont les taux sont l’un des plus élevés de la sous-région.

De G. à Dr. Dr Diagana, Dr. Dieng (UNFPA), Dr Halima, Kaboré, une sage-femme et Abdel Kader (Crédit Aidara)

« Grâce aux ressources mobilisées par le Coordinateur Résident du Système des Nations Unies en Mauritanie, pour répondre aux besoins d’urgence humanitaire, nous avons pu, en accord avec le Ministère de la Santé, déterminer les trois régions les plus vulnérables pour les doter de 5.000 kits d’accouchement individuels qui fera en sorte que les femmes en venant accoucher repartent vivant elles et leur bébé« . C’est en ces termes que le Représentant Résident du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), SEM. Saidou Kaboré a ouvert son discours officiel lors de la remise d’un don de 5.000 kits d’accouchement au Ministère de la Santé, représenté à l’occasion par la Secrétaire générale, Dr. Bâ Halima et du Directeur générale de la Santé Publique par intérim, Dr. Moussa Salatou Diagana, en présence du Chargé de communication du département, Abdel Kader Ahmed.

Dans son allocution, Dr. Bâ Halima a déclaré que « cette remise symbolique est, à plus d’un titre, d’une importance capitale pour le Ministère de la Santé, parce qu’il s’agit de la réception d’un premier lot d’équipements dans le cadre d’un projet qui a d’autres composantes au profit des femmes vulnérables dans ce contexte sanitaire de Covid-19 ». C’est aussi pour elle, «parce qu’il s’agit surtout de la réception de kits d’accouchement hygiénique, individuel et à domicile, ou dans des maternités sous-équipées sans accoucheuses compétentes, des kits destinés à des femmes défavorisées vivant dans des conditions extrêmes et dans des situations d’urgence ». C’est dans ce cadre, selon elle, que le choix s’est porté sur les localités les plus éloignées au Hodh Echarghi, en Assaba et au Guidimagha.

Le contenu des caisses et des kits -Crédit Aidara

 «L’UNFPA en remettant ce lot d’équipements pour des accouchements sécurisés permet non seulement d’apporter une réponse aux urgences sanitaires mais participe aussi à la réalisation de l’engagement de son Excellence le Président de la République en faveur de l’amélioration de la santé maternelle et néonatale et contribue à l’atteinte de l’ODD 3.1 pour la réduction de la mortalité maternelle et l’ODD 3.2 pour la réduction de la mortalité néonatale et infantile » a-t-elle conclu.

Ce don est destiné à 25 centres et postes de santé situées dans les trois régions déjà citées, là où les femmes enceintes vivent dans les localités les plus éloignées et où l’offre de services d’accouchement n’est pas performante.

A raison de 200 kits par structure sanitaire, le don ainsi offert permettra, selon les responsables du Ministère de la Santé et de l’UNFPA,  de pallier à la faiblesse des fournitures de base pour les maternités, en réduisant de manière significative le risque d’infection et la vulnérabilité chez la mère et l’enfant pendant l’accouchement.  Ces kits contiennent tous les produits de base afin de garantir que la naissance se passe dans un environnement propre et sécurisé.

Chaque kit est en effet composé d’un sac pour le placenta, un savon, une Alèse en plastic, une lame de rasoir, un fil à cordon ombilical, un tissu de coton serviette et une paire de gants.

Cheikh Aïdara


Droit de réponse de Birame Dah Abeid : «Le Président de la République, Mohamed Cheikh Ghazwani n’a jamais évoqué la question du second mandat au cours de notre entretien»

Dans une note parvenue à L’Authentique, Birame Dah Abeid, président de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) et député à l’Assemblée Nationale apporte un démenti par rapport à l’article paru dans nos lignes lundi 31 août 2020 sous le titre : «Pas de second mandat pour Ghazwani » dans lequel le président de la République aurait déclaré n’avoir jamais été intéressé par la politique et qu’il organiserait des élections libres et transparentes avant de céder le pouvoir. Ci-dessous le contenu de son démenti.

J’ai été surpris lundi 31 août 2020 par un article paru dans L’Authentique, me prêtant des non-dits à propos de mon entretien avec le Président de la République, Mohamed Cheikh Ghazwani, dont l’aveu qu’il m’aurait fait sur ses intentions de ne pas se présenter pour un second mandat.

Cet article est un tissu de contre-vérité et d’affabulation, qui heurte d’abord le bon sens et la logique, dans la mesure où je suis la personne la moins indiquée pour recevoir un aveu d’une telle importance capitale. Comment le président Mohamed Cheikh Ghazwani, alors même qu’il vient d’entamer sa première année de magistrature, dans un climat marqué par un consensus général, celui de la classe politique et de l’opinion publique sur la conduite des affaires du pays, va-t-il brusquement, au détour d’une audience avec un opposant et sans aucune raison, aborder une question aussi cruciale que son second mandat. Ni les circonstances actuelles du pays, secouée par une crise multiforme ne le dictent, ni le bons sens qui voudrait que de telles décisions se discutent avec des cercles proches de l’entourage direct du président de la République.

Je soupçonne derrière cet article pernicieux, les mains cachées d’un puissant homme d’affaires bien connu chez nous pour sa propension à acheter les consciences, celles des gouvernants, des hommes politiques, des activistes de la société civile, des journalistes. Cet homme a des ambitions politiques énormes et ne rêve que d’être président de la République. C’est lui qui serait certainement à l’origine de cet article mensonger dans l’espoir de mélanger les cartes et ébranler les certitudes les mieux ancrées des soutiens de l’actuel Chef de l’Etat.

L’autre aspect qui montre le caractère mensonger de l’article en question est le fait qu’il déclare que j’avais commencé mon entretien avec le Chef de l’Etat par des critiques acerbes contre l’ancien président Mohamed Abdel Aziz, ignorant que je ne suis pas de ces lâches qui ne sortent leurs crocs que lorsque la victime de leur vengeance expiatoire n’en a plus pour se défendre. Mohamed Abdel Aziz, je l’ai combattu quand il était dans la plénitude de sa force et de son pouvoir et j’en ai récolté, dix années durant, moi, mes partisans et ma famille, brimades, tortures, emprisonnements, procès. Aujourd’hui qu’il est esseulé, dépouillé de toute force, exposé à la vindicte de ses amis et proches, je leur laisse le soin de mener un combat sans gloire. Et puis, Mohamed Cheikh Ghazwani n’est pas de ceux qui grondent ou intiment des ordres de se taire à ses interlocuteurs. Sa courtoisie et son sens élevé du respect aux autres, ne lui permettent pas ce genre de comportement.


Vaste campagne sur la Planification Familiale à Nouakchott et Kiffa : atteindre les populations les plus vulnérables

Le Ministère de la Santé, avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), lance une vaste campagne de sensibilisation et d’offres de services de planification familiale au profit des populations vulnérables de Nouakchott et de Kiffa. Plusieurs organisations de la société civile, telles que SOS Esclaves, Jeunesse A l’Heure d’El Mina, la Fédération mauritanienne des personnes handicapées, l’Association des Sages-femmes de Mauritanie, l’Association des Femmes Volontaires pour le Développement, sont impliquées dans cette opération qui s’étalera du 1er au 30 septembre 2020.

Le Représentant Résident (debout) s’adressant aux participants dont une bonne partie de son staff (Crédit Aidara)

Du 1er au 30 septembre 2020, les populations de Nouakchott et de Kiffa vont vivre au rythme des journées de planification familiale qui viseront en premier lieu les zones vulnérables d’Arafat, Riad, El Mina, Sebkha, Dar- Naïm, Teyarett, entre autres, mais aussi la ville de Kiffa et ses environs. L’objectif est de recruter quelques 7.200 nouvelles utilisatrices de la planification familiale.

Une réunion préparatoire a été organisée dans ce cadre, le lundi 31 août 2020, dans les locaux de l’UNFPA à Nouakchott au profit des organisations citées. Cette réunion visait à mettre les derniers réglages pour accompagner et appuyer le Ministère de la Santé dans cette campagne inédite et de grande envergure.

Vue d’ensemble de la salle (Crédit Aidara)

Les centres et postes de santé situées dans les Moughataas cibles sont déjà  prêts, avec personnel sage-femme qualifié mobilisé, produits et matériels contraceptifs en quantité suffisante.

L’objectif  de cette campagne selon le Représentant Résident de l’UNFPA en Mauritanie, SEM. Saidou Kaboré est d’accompagner les autorités sanitaires dans leur volonté d’étendre le niveau d’éveil par rapport à l’importance de la planification familiale dans la lutte contre la mortalité maternelle encore très élevée en Mauritanie, 582 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes, mais aussi de réduire les besoins non satisfaits qui sont de l’ordre de 33 %, par l’offre de services. «Beaucoup de couples cherchent des moyens de contraception mais ne savent ni où se rendre ni où obtenir le service» a-t-il ajouté.

A noter que la Mauritanie est fortement engagée au niveau international avec le FP 2020 et au niveau sous régional avec le Partenariat de Ouagadougou, afin d’atteindre les résultats contenus dans la Vision 2063 de l’Union Africaine pour la capture du dividende démographique afin d’accélérer la croissance économique.

La salle sous un autre angle (Crédit Aidara)

Cet engagement s’est déjà traduit au niveau de la Stratégie de Croissance Accélérée et de Prospérité Partagée (SCAPP) 2016-2023 et le Plan Budgétisé en faveur de l’espacement des naissances 2019-2023. Il est prévu dans ce plan de passer d’un taux de prévalence contraceptive de 19, 98 %  en 2018 à 27, 48 % en 2023.

Au cours de cette campagne qui alternera accueil sur site et visite à domicile, les femmes cibles recevront gratuitement conseils, offres de services, consultations et si nécessaire, orientation.

Il est attendu à la fin de cette opération coup de poing, l’assurance d’une meilleure information sur la PF en milieu communautaire, le recrutement de 7.200 femmes nouvelles utilisatrices, la formation de 400 prestataires sur l’auto-injection du Sayana-Press, l’implication de la société civile et l’accessibilité des produits contraceptifs à tous les niveaux.

Le point culminant de cette campagne sera la journée du 26 septembre 2020, Journée mondiale de la contraception, qui sera aussi célébrée en Mauritanie.

Cheikh Aïdara


Union des Forces du Progrès : un congrès sous le signe de la discorde

Le 4ème Congrès de l’Union des Forces du Progrès (UFP) s’est achevé dimanche 30 août 2020 après trois jours d’intenses travaux, sous fond de crise interne qui secoue depuis plus de deux années cette formation politique de gauche.

Placé sous le thème « Clarification et Renouveau », le 4ème Congrès de l’UFP tenu du vendredi 28 au dimanche 30 août 2020, par delà le renouvellement des instances du parti, a été consacré à des ateliers de travaux pour la révision des textes essentiels et le règlement intérieur. Mais l’axe le plus important de ce congrès a tourné autour du rapport morale du président Mohamed Ould Maouloud et relatif aux dissensions qui ont miné le parti, provoquant la suspension, voire l’exclusion de plusieurs éminents  membres comme le Secrétaire général, Mohamed Moustapha Beddredine, la député et vice-présidente Kadiata Malick Diallo et bien d’autres membres du Bureau Exécutif.

Mohamed Ould Maouloud : « la crise est derrière nous »

Evoquant la crise qui a sérieusement ébranlé l’UFP en 2018, Mohamed Ould Maouloud, président du parti a déclaré qu’elle «est maintenant derrière nous », ajoutant qu’il aurait voulu ne pas parler de ce qu’il a qualifié de «crise d’unité au niveau du sommet », mais qu’il doit en rendre compte aux congressistes.

Selon lui, cette crise est née suite au boycott des élections de 2013 et du refus de certains membres d’accepter la décision prise par la majorité. Ces derniers vont selon lui travailler à faire de cette divergence un moyen de sape de l’unité du parti qu’ils vont poursuivre pendant des années. Mieux, Ould Maouloud accuse les frondeurs d’être des partisans du «moindre engagement de lutte » et des opportunistes défaitistes qui auraient créé au sein du parti, «un cercle de décision secret pour contester les instances légales et leurs instructions». Pire, ils auraient même tenté de détruire le parti en appelant à la scission à la veille d’élections électorales et d’avoir au lendemain de la présidentielle soutenu le pouvoir dans sa controverse avec l’UFP et l’opposition sur l’appréciation des résultats. Ces déstabilisations, selon Ould Maouloud, auraient porté un énorme tort au parti.

Pour illustrer la bonne santé de l’UFP malgré les crises qu’il a traversées, Ould Maouloud indique que le nombre d’adhérents s’élève aujourd’hui à 23.713 répartis entre les Wilayas et la France avec l’augmentation du nombre d’adhérents à Nouakchott qui est passé de 7365 au lieu de 5.000 en 2012, l’implantation de 45 sections dans 45 départements sur 57, 93 comités et 726 cellules

Une mascarade de congrès

A la veille du 4ème congrès de l’UFP, les frondeurs du parti ont publié un communiqué sous le titre «l’UFP va organiser une mascarade de congrès». Ce communiqué a été signé par 120 militants et hauts cadres du parti dont deux vice-présidents, Kadiata Malick Diallo et Assane Soumaré, ainsi que le Secrétaire général, Mohamed Moustapha Ould Beddredine.

Selon eux, le congrès serait le «le couronnement du processus de destruction de l’œuvre d’un grand parti pour porter l’idéal d’une société de progrès, de démocratie, de justice sociale et d’égalité (…) Ce processus de destruction déclenché depuis 2011, et face à la résistance acharnée de bon nombre de militants, un congrès mascarade et d’exclusion va se tenir à partir du 28 août, sous la direction du Président du Parti et de son cercle proche, responsables de la perte de nos bastions électoraux et de bon nombre de nos bases ».

Les frondeurs accusent Mohamed Maouloud et les autres dirigeants de l’UPF d’avoir livré les bastions du parti, ses conquêtes électorales et ses bases populaires à l’adversaire par le boycott des élections législatives de 2013.

Le communiqué de souligner que «pour qu’il n’y’ait aucune fausse note dans la tenue de la mascarade, on a pris le soin de mettre hors circuit tous ceux qui constituaient une menace contre l’œuvre de destruction du Parti (…) Le Président du Parti préfère ainsi insulter ses compagnons de lutte de plus de 50 ans, pour occulter les causes des divergences profondes qu’il a avec eux. C’est en réalité une accusation presque explicite affirmant qu’ils sont tout simplement au service de l’ennemi»

Cheikh Aidara