aidara

Un journaliste porte plainte contre le président de la FFRIM, «une personnalité qu’on ne peut convoquer » selon le commissaire

Le journaliste sportif Mohammed Hamema a porté plainte contre le président de la Fédération mauritanienne de football (FFRIM), Ahmed Ould Yahya et son proche collaborateur Cheikhany Ould Mouloud, Directeur des équipes, pour coups, blessures volontaires et maltraitances verbales . L’incident a eu lieu juste après la qualification des Mourabitounes à la CAN le 18 novembre 2018 aux termes de la rencontre contre le Botswana au Stade Cheikha Boidiya. Le journaliste Mohamed Hamema s’était rendu avec d’autres de ses confrères à l’hôtel Mauricenter de Nouakchott où la liesse battait son plein, pour recueillir les premières impressions suite à l’exploit.

Mohamed Hamema

«Dès que Cheikhany m’a vu, il m’a interpellé ; Ah, c’est toi ! Puis, il m’a poussé hors de la salle où se trouvaient l’équipe, les dirigeants et les journalistes. Je suis rentré par une autre porte, et là, le président de la FFRIM m’a asséné un coup de poing à la figure » a-t-il soutenu. Plusieurs témoins auraient assisté à l’agression, selon lui.

Le 22 novembre 2018, Mohamed Hamema porte plainte à la police. Le Procureur de la République l’orienta vers la Police judiciaire le 30 novembre. Seul Cheikhany Ould Mouloud sera convoqué. Il aurait reconnu les faits, soulignant qu’il ne pensait pas qu’un tel incident méritait une plainte, selon la déclaration de Mohamed Hamema. D’après ses propos, le commissaire de la police judiciaire a déclaré ne pas pouvoir convoquer Ahmed Yahya, parce que c’est une grande personnalité. Mohamed Hamema affirme qu’il ne lâchera pas prise et qu’il continuera à poursuivre sa plainte jusqu’à ce que justice lui soit rendue.

Mohamed Hamame est connu dans le milieu du journalisme sportif pour ses critiques envers la gestion financière et administrative de la FFRIM.

Cheikh Aïdara


L’édition 2019 des «Traversées Mauritanides » démarre dans les écoles avec un clin d’œil sur les Prix littéraires, en attendant de croquer du Tahar Ben Jelloun

Le Festival «Traversées Mauritanides», crinières au vent, chevauche sa  9ème édition avec un plateau littéraire digne des Rois, et comme plat de résistance le grand écrivain marocain, Tahar Ben Jelloun, Prix Goncourt 1987. Prévu du 19 au 27 janvier2019, le festival offre cette année des plumes de renommée, la Belge Geneviève Damas «Prix des Cinq Continents » 2012, le Tunisien Yamen Manai «Prix des Cinq Continents » 2017 et le Togolais Kangni Alem «Prix Tchikaya U’Tamsi du Concours Théâtral Interafricain »1990, sans compter notre compatriote MBarek Beyrouk, «Prix Kourouma » 2016. Parmi également les invités étrangers, la Marocaine Mai-Do Hamisultane-Lahlou et le Malien résident à Nouakchott Intagrist El Ansari. Ces écrivains, hôtes de la Mauritanie, seront accompagnés au cours de cette édition par des écrivains mauritaniens, Dr.Mamadou Kalidou Bâ, Harouna Rachid Ly, Marième Derwich, Dr.Idoumou Mohamed Lemine, le Géographe N’diawar Kane.

De gauche à droite : Kangni Alem, Geneviève Damas, MBarek Beyrou, Kissima Diagana (Crédit Aidara)

A n’en pas douter, le Festival «Traversées Mauritanides» lancé en 2009 par l’écrivain-poète Moussa Diallo dit Bios fait désormais partie des évènements culturels phares en Mauritanie et s’impose comme une manifestation littéraire d’envergure africaine et internationale.

L’édition de cette année a débuté ce samedi 19 janvier par une rencontre entre les élèves de l’école privée Diamly encadrés par leurs enseignants et les écrivains, Geneviève Damas, Mamadou Kalidou Bâ, Kangni Alem et Marième Derwich.

L’après-midi a été consacrée à une table-ronde à l’Institut Français de Mauritanie (IFM) sous la modération de Kissima Diagana. Elle a été animée par Kangni Alem, Geneviève Damas et Mbarek Ould Beyrouk sous le thème «Lire, ce prix. La lecture mène-t-elle à l’écriture et à l’excellence ?». Une rencontre qui a donné lieu à un échange plein d’interrogations, d’anecdotes et de reprises croustillantes.  «Le Prix littéraire est-il une fin ? L’écrivain écrit-il pour un public ? Quelles relations entre l’écrivain et les médias ? » Autant de questions dont les réponses sont restées inépuisées.

Geneviève Damas a donné un aperçu de l’expérience belge, où l’écrivain tente de redonner espoir à une jeunesse issue de l’immigration et qui porte mal son appartenance à un pays dont elle est citoyenne de droit, mais où elle se sent exclue.

Kangni Alem estime pour sa part que le prix interafricain en théâtre qu’il avait obtenu à 22 ans lui avait ouvert les portes de l’Ecole des Beaux-Arts de Bordeaux puis l’université. Il considère cependant que les prix littéraires, même s’ils flattent l’égo, ne sont pas une fin en soi pour l’écrivain. Elle le stimule, mais ne font pas des auteurs les porte-étendards d’une quelconque cause.

Pour MBareck Ould Beyrouk, le prix littéraire, c’est comme une médaille. «Le prix, ce n’est pas une consécration. Je n’ai jamais été grisé par les prix» a-t-il affirmé.

Certains intervenants se sont même demandé si «le prix, ne tue pas l’auteur», malgré que ce genre de consécration entraîne souvent des jalousies, et la foudre des critiques.  Parfois, la catastrophe d’une mauvaise réécriture sous de fausses interprétations dues en général à la faible formation littéraire de certains journalistes, entraîne des relations houleuses entre écrivains et médias.

Une belle entame du festival qui démarre ainsi en chapeaux de roue avec un programme alléchant, ponctué de tables-rondes, de conférences, dont celles qui seront animées par Tahar Ben  Jelloun le jeudi 24 janvier à 10 heures à l’Ecole Normale Supérieure et l’après-midi  à l’IFM , le vendredi 25 janvier à l’Alliance Franco-Mauritanien, le samedi 26 janvier en Arabe à 10 heures à la Bibliothèque Nationale et l’après-midi au Musée National, et enfin la clôture, le dimanche 27 janvier au Centre Culturel Marocain.

Cheikh Aïdara

 


« Mémoires d’un enseignant » : de la grandeur à la décrépitude d’un métier

J’ai dévoré avec une grande passion les 230 pages du livre de mon ami et confrère Sneïba El Kory, « Mémoires d’un enseignant », publié par les Editions 15/21 de Nouakchott et préfacé par Ian Mansour de Grange, avec qui il partage la rédaction du journal « Le Calame » depuis près de trois décennies.

Ce livre est un véritable récit de vie pour qui voudrait connaître la Mauritanie des profondeurs, le vécu quotidien de ses habitants et les subtilités des alliances tribales. C’est surtout le rôle attribué aujourd’hui à l’enseignant, pièce maîtresse dans les écoles de brousse et manant dans les grandes villes, la dégradation sociale d’un métier devenu refuge des sans débouchés, et le contraste avec le statut hautement privilégié des anciens maîtres d’école, que l’auteur nous présente.

L’ouvrage de Sneiba Kory est construit d’une manière pyramidale, dans la logique de l’approche journalistique, cassant avec la forme linéaire et historiographique du roman littéraire. Il plonge le lecteur directement dans le vif du sujet, l’expérience de l’auteur en tant qu’enseignant, sa longue pérégrination dans les recoins du Chargh et les confins reculés du Trarza, avant de sombrer dans l’anonymat de Nouakchott qui lui fera perdre petit à petit l’envie d’enseigner. Puis, le récit s’achève sur son enfance, ses études avortées de juriste, ses rêves brisés d’embrasser une carrière d’officier de police, puis de garde nationale. Une sorte de quadrature du cercle dans laquelle Sneiba nous enferme, terminant sa biographie là où il l’avait commencé. Le film débute puis s’achève en effet, avec l’image de Sneiba, présentant un dossier tout frais, qu’il venait de récupérer à l’Etat-major de la Garde après son éviction à la visite médicale, aux services de l’Ecole nationale des instituteurs de Nouakchott qui venait d’ouvrir un concours de recrutement d’enseignants.

Tout au long du récit palpitant qui tient le lecteur en haleine, on découvre au fil des pages, la personnalité désinvolte de l’auteur, un tantinet fier et révolté jusqu’à la moelle. Il n’hésitera pas ainsi, alors qu’il se rendait à bord d’un bus de la STPN vers son premier lieu d’affectation au Hodh Charghi, en compagnie d’autres enseignants, à descendre à Aleg, sa ville natale pour rendre visite une dernière fois à sa famille. Devant le refus du convoyeur, vieux fonctionnaire du Ministère de l’Education nationale, il lui remit sa démission séance tenante. En témoignera aussi, tout au long du livre, ses nombreux déboires avec les directeurs et les inspecteurs de l’enseignement primaire sous les ordres de qui il avait servi. Des coups de tête et d’entêtement où il sortit souvent victorieux. Il en sera ainsi, au gré d’affectations punitives ou sous-commandées par des entités tribales ou de puissantes chefferies.

Tête brûlée, Sneïna aura des déboires partout où sa vie d’instituteur l’avait conduit. De Oualata, sa première affectation qu’il quittera au bout de deux ans, il nous conte ses journées de désœuvré entre cours en classe, chasse à l’outarde et jeux de société (belottes, jeux de scrabble) avec les rares fonctionnaires du bled, le postier Hachem, le Hakem féru de belotte, Baro l’assistant d’élevage, Bounass Bekaye le chiche riche éleveur incapable de s’acheter un morceau de savon. Puis, l’école de Vir El Kitane, dans le département d’Amourj, où il sera affecté grâce à une permutation avec un collègue. Une adwaba récluse dans la précarité et l’ignorance, où il fallait à ses talents d’enseignant jouer le rôle de Cheikh pour diriger un rituel mortuaire. A Agoueinit, le rebelle Sneiba refusera même d’aller saluer le Hakem, qui au cours d’une mission, était descendu au domicile du maire. Ce fut ensuite Bassiknou et l’école de l’Edebaye Mansour à Fassala Néré, fief des Oulad Daoud. Ce hameau était aux yeux de Sneiba «un bon poste de travail », assez opulent où il était pris totalement en charge.

Malgré sa verve, Sneïba sera cependant obligé d’abdiquer devant les fraudeurs au cours des élections de 1992 même s’il se rattrapera en 1997. Ses pérégrinations d’instituteur le conduiront dans d’autres contrées au Trarza, à l’école d’Archane, campement à mi-chemin entre R’Kiz et Boutilimit. Un intermède entre deux coups de tête contre les directeurs régionaux et les inspecteurs, avant d’atterrir à MBamardji près de Tékane. De toutes ces expériences, Sneiba tire des conclusions amères face au drame des écoles de village, surtout les adwabas où la pauvreté oblige parfois les parents à extraire leurs enfants des cours pour des travaux domestiques rémunérateurs. Les classes sont souvent multigrades, avec des élèves aux âges et au niveau disparate, entassés dans une même salle décatie et face à un seul instituteur. Le tout, dans un environnement malsain, entre la gloutonnerie de certains inspecteurs, l’arnaque des chefs de tribus et de quelques responsables administratifs. Souvent, l’encadrement scolaire se crêpe le chignon pour détourner les vivres destinés aux cantines scolaires, entre deux missions d’inspection et quelques précieuses bêtes immolées en leur honneur par des familles qui souvent se privent de la bonne chair à cause de l’extrême dénuement.

Ce récit passionnant, entre coup de vitriol, humour sarcastique et anecdotes croustillantes, met ainsi en exergue la difficile vie des instituteurs de village, souvent soumis à des conditions extrêmes d’exercice de la fonction et de commodités. Les mauvaises conditions didactiques et pédagogiques dans les écoles de brousse en ont découragé beaucoup. Ainsi, les classes en période scolaires sont souvent transformées en étables en périodes hivernales. Il arrive aussi que l’enseignant soit adopté par le village et devient un membre entier de la collectivité. Celui qui de retour de vacances a droit à être informé des nouvelles qu’il a ratées, la mort d’un tel, le mariage de Vlane, le séjour du fils prodige commerçant dans une lointaine ville africaine, l’arrivée d’un nouveau-né chez les Untel…

Après près d’une décennie de brousse, voilà Sneïba de retour à Nouakchott où il découvre avec stupeur le commerce florissant des affectations. Pour servir dans la capitale, on peut casquer jusqu’à 300.000 MRO de bakchich, pour un métier au salaire aussi misérable, un peu plus de 16.000 MRO mensuel à l’époque (aujourd’hui, le salaire de l’enseignant dépasse 100.000 MRO). Mais à Nouakchott, où Sneîba n’eut nullement besoin d’un tel sacrifice, changement de décor. A l’élève dépenaillé, peureux et poli de la brousse qu’il avait l’habitude de côtoyer, il tombe sur l’élève Junk, coiffure indienne, pantalon tombant, et un zest d’insolence. A Nouakchott, Sneïba découvre que l’enseignant perd son âme et le goût du métier. Par mesure disciplinaire, il sera affecté à l’école du Wharf pendant deux ans, puis Neteg. Il y apprend comment la Capitale tentaculaire persécute les instituteurs et les jette au bas-fond de l’infâmie. Ce qui le poussera naturellement dans les bras du journalisme naissant, d’abord à «Al Mourabit», mais aussi dans les arcanes du Tieb-Tieb.

Absences répétées, suspensions fréquentes, Sneiba s’éloignait peu à peu de sa vocation d’enseignant. Face aux passe-droits dont jouissaient sans mérite certains collègues aux bras longs et aux bourses gonflées, le rebelle en lui, n’eût contre ses éclats de révoltés que suspension, menaces de radiation, puis affectation à Aleg, sa ville natale. Mais le journalisme s’était repu de son sang. Il intègre dans les années 90, la rédaction du journal «Le Calame», un terreau d’enseignants passionnés d’écriture et mus par la même hargne de changer le monde. Sneîba raconte sa vie de peshmerguisme et la rançon des grands cadres du Brakna à l’époque où être journaliste valait son pesant d’or et d’estime, mais surtout de crainte. A Nouakchott, Sneïba fait aussi l’expérience des écoles privées naissantes, avec un poste de Directeur administratif à l’école Chemsdine. Une expérience qui tournera court, car ici, l’enseignant doit se courber devant l’arrogance des enfants de riches. Sneiba sera débarqué au bout de deux ans sous la pression de parents qui ne supportaient pas que leurs progénitures choyées soient ramonées par un «Hartani Mabloug».

Retour à la case départ, l’école publique, où Sneïba ne se priva pas des promotions de complaisance. Le voilà Surveillant général à Bababé après trois années de désertion. C’était sous la transition où le département de l’éducation, comme la plupart des secteurs, baignèrent dans la gabegie, avec des instituteurs déserteurs installés depuis belle lurette à l’étranger, qui non seulement continuaient à toucher leurs salaires et leurs indemnités de manière indue, mais se voyaient aussi promus à des postes de responsabilité.

Grand absentéiste devant l’Eternel, Sneïba trouvait toujours des astuces quand un nouveau directeur tentait de réduire ses champs d’escapade. Il ira même jusqu’à s’inventer un poste de Chargé de Com. Inexistant alors dans l’organigramme du ministère.

Ainsi, l’excellent instituteur qui avait changé la vie de milliers d’élèves et de parents réfractaires à l’enseignement, pendant ses premières années dans les écoles de brousse, avait été dévoyé par Nouakchott. Le laxisme qu’il y avait découvert, les recrutements au rabais, la dévalorisation du métier, l’irresponsabilité de ceux qui sont sensés conduire la politique scolaire du pays, l’absence de toute considération pour les enseignants méritants, la promotion des nul, des médiocres et des absentéistes, les magouilles, la gabegie et la corruption, l’avaient dégoûté du métier d’enseignant.

Cheikh Aïdara

Hakem : préfet

Hartani Mabloug : un affranchi gonflé

Tieb-Tieb : débrouillardise
Peshmerguisme : de peshmergas : journaliste raquetteur


Un an plus tard, que sont devenus les jeunes formés par le PECOBAT à Kaédi ?

Plus d’une année est passée, depuis que le projet PECOBAT, financé par le Fonds fiduciaire d’urgence de l’Union européenne et mis en œuvre par le Bureau international du travail (BIT) les a présélectionnés et formés durant sept mois, dont trois mois de formation théorique et quatre mois de stage. Eux, ce sont plus d’une soixantaine de jeunes, garçons et filles, qui ont été initiés en maçonnerie-terre et en énergies renouvelables à Kaédi, capitale du Gorgol, à partir de décembre 2017.

La plupart de ces jeunes se sont dits satisfaits de cette formation qui les a dotés d’un métier de vie, même s’ils sont maintenant confrontés aux dures réalités du marché du travail mauritanien, surtout en dehors des grands centres urbains. Beaucoup sont partis chercher des opportunités à Nouakchott, tandis que d’autres espèrent se tailler un avenir sans quitter leur région malgré les difficultés. Selon leurs différentes déclarations, les métiers qu’ils ont acquis, que cela soit en maçonnerie ou en énergies renouvelables, leur ouvriront des opportunités sur le marché de l’emploi, dans le secteur des BTP où la demande en ouvriers qualifiés est de plus en plus forte. J’en ai rencontré quatre, deux filles à Kaédi et deux jeunes hommes à Nouakchott.

Savia Mint Abdallahi crédit : aidara

Savia Mint Abdallahi, 26 ans, divorcée et mère de deux enfants, formée en énergies renouvelables :

« Après ma formation par le PECOBAT ici à Kaédi, j’ai bénéficié d’un stage d’un mois à la Somelec1. Cette expérience a été la plus importante de ma vie. Désormais, je dispose d’un métier qui me permettra, avec un petit capital, de me mettre à mon propre compte. J’en ai parlé à des promotionnaires et on réfléchit déjà sur un projet, à travers un Groupement d’Intérêt économique (GIE), que nous voulons créer. Bien que je n’aie pas encore trouvé une embauche, je ne regrette pas d’avoir bénéficié de la formation offerte par le PECOBAT. Je sais qu’il y a beaucoup d’entreprises locales qui travaillent dans le bâtiment. Beaucoup ont été formées par le PECOBAT. Donc, il existe de réelles perspectives, surtout dans le domaine des énergies renouvelables, un secteur où la demande en ouvriers qualifiés va s’accroître les années à venir. Surtout, avec l’engouement, pour les matériaux traditionnels et le développement croissant de l’électrification domestique. Avec la chaleur qui sévit dans la région du Gorgol, je sais que les demandes en énergies renouvelables vont s’accroître, ne serait-ce que pour l’installation de ventilateurs électriques et de clims. »

Ahmed Vall Ould Tourad, 34 ans, marié et père d’un enfant, formé en énergies renouvelables :

« Je suis venu à Nouakchott parce que je considère que les opportunités de travail sont plus importantes dans la capitale. J’ai déposé des dossiers auprès de plusieurs entreprises du bâtiment. J’ai des promesses d’embauche. En attendant, je fais le taximan pour faire vivre ma famille, avant de trouver du travail dans le BTP. Les énergies renouvelables constituent un domaine pas encore bien développé, mais c’est un métier d’avenir, car il s’agit d’un domaine en développement, même si c’est encore d’une manière timide. L’essentiel sur le marché du travail, c’est de disposer d’un métier et d’un diplôme professionnel. Je réfléchis d’ailleurs sur un projet personnel, car je pense qu’avec un capital de départ, je pourrais ouvrir ma propre petite entreprise d’installation en énergies renouvelables. Et c’est ce que le taxi pourra m’offrir. Je ne considère nullement avoir perdu du temps, en suivant la formation du PECOBAT à Kaédi. Au contraire, cette formation a été un grand plus dans ma vie et je compte en faire une profession dans l’avenir. »

Koudy Abdoul Diallo crédit : aidara

Koudy Abdoul Diallo, 23 ans, divorcée, mère de deux enfants, maçonnerie-terre :

« Après ma formation en maçonnerie-terre, j’ai été parmi ceux qui ont été retenus pour construire l’école de Dar-Salam, dans les environs de Kaédi. Cette expérience m’a permis de mettre en pratique les connaissances théoriques qui nous ont été dispensées pendant trois mois. J’ai surtout prouvé que la maçonnerie n’est pas simplement une affaire d’hommes et que les femmes peuvent bien s’en sortir, parfois mieux que les hommes. C’est le lieu ici de remercier l’UE et le BIT, à travers le PECOBAT, pour cette formation qui était inconnue parmi les branches enseignées au Centre de formation de Kaédi. J’ai eu la chance d’avoir été recrutée récemment avec quinze autres stagiaires formés pour travailler dans un nouveau chantier du PECOBAT à MBagne, dans la région du Brakna, cette fois comme maçon professionnelle. Ma satisfaction est d’autant plus grande que je dispose désormais d’un métier, qui me permettra de trouver un boulot sur le marché du travail, d’autant qu’il existe beaucoup d’entreprises du BTP dans les régions environnantes. Le seul problème, c’est que les entreprises doivent lever leur appréhension par rapport au recrutement des femmes dans un secteur jusque-là réservé aux hommes. C’est l’un des aspects positifs de la vision qu’a eu le PECOBAT, en ouvrant des métiers comme la maçonnerie aux femmes. »

Alassane Kébé, 23 ans, célibataire, énergies renouvelables :

« Je suis venu à Nouakchott pour poursuivre des études supérieures après ma réussite au baccalauréat. J’ai exercé un peu dans le domaine de l’énergie renouvelable avec un grand-frère que j’ai aidé dans quelques installations. Je compte profiter des vacances, si possible, pour exercer de nouveau ce métier. Pour le moment, je suis concentré sur mes études. Je suis cependant conscient que je dispose d’un métier qui pourra me servir, qui sait, après la fin de mes études. C’est pourquoi, je ne compte nullement perdre les compétences que cette formation en énergies renouvelables m’a permis d’acquérir. Je profiterais de chaque vacance, pour m’exercer dans l’installation de matériaux fonctionnant avec les énergies renouvelables. C’est un secteur en pleine expansion et la demande sur le marché est d’année en année plus importante. Je pense que cette filière a encore besoin de davantage de formation pour les jeunes Mauritaniens. Elle offre des débouchés certains, car le marché local en a besoin aujourd’hui et en aura encore plus besoin dans un avenir proche. »

Cheikh Aidara

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