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Indépendance 2023 de la Mauritanie, « Le K » alias Seydina Diallo sort le single au vitriol « 93 23 » sur le Passif Humanitaire

Depuis la Belgique où il s’est installé depuis quelques mois, troquant le blazer du Rappeur au costume du fonctionnaire international, Seydina Ali Diallo dit « Le K » sort un nouveau single intitulé « 93 23 » où il dénonce le Passif Humanitaire, pour dire la tristesse des familles qui commémorent ce 28 novembre 2023, 63ème anniversaire de l’indépendance de la Mauritanie, en hommages au douloureux souvenir de cette triste nuit du 28 novembre 1990 durant laquelle 28 de leurs proches ont été pendus à Inal.

A l’occasion de la célébration du 63ème anniversaire de l’indépendance de la Mauritanie, le 28 novembre 2023, Seydina Ali Diallo dit « Le K », jeune rappeur et ex-chargé de communication au Bureau International du Travail en Mauritanie, sort un nouveau single dénommé « 93 23 ». Il y dénonce l’amnistie de 1993 (loi n° 93-23 du 24 juin 1993) qui absout tous les crimes de sang commis durant les années de braise pendant lesquels des centaines d’officiers, sous-officiers et soldats négro-mauritaniens, en majorité Halpulaar, ont été exécutés dans plusieurs camps militaires en Mauritanie. Les autorités de l’époque avaient évoqué une tentative de coup d’Etat qu’allait perpétrer cette communauté.

Des dizaines de fosses communes ont été découvertes plus tard dans plusieurs lieux, notamment à Azlat, Sori Malé, Wothié dans la Vallée.

L’apothéose de ce pogrom qui s’est étalé de 1989 à 1992 a été atteint, selon plusieurs témoignages de rescapés, le 28 novembre 1990 quand 28 soldats halpulaar furent pendus dans le camps militaire d’Inal, pour commémorer le 31ème anniversaire de l’indépendance de la Mauritanie.

Depuis cette date, le jour de cet anniversaire est devenu un jour de deuil et non de fête, pour les centaines d’orphelins et de veuves constitués en collectifs pour exiger le règlement définitif de ces douloureux évènements connus sous l’appellation « Passif Humanitaire ». Ils organisent à cette occasion, en général le 27 novembre de chaque année, des marches toujours matés par les forces de l’ordre.

Le nouveau single de Seydina Ali Diallo, « 93 23 » revient ainsi sur cette problématique. Un tube au vitriol qui fustige l’ordonnance de 1993 qui soustrait à la justice les auteurs des massacres des années 91-93, mais aussi dénonce toutes les exactions que les populations noires subissent, en termes de spoliation foncière et d’épuration ethnique.

Ainsi, avec ce nouveau single, Seydina Ali Diallo enrichit sa discographie déjà riche depuis le projet PHENIX qui avait marqué son comeback dans le monde du Rapp en Europe, en particulier dans la capitale belge Bruxelles. Les textes du rappeur sont durs et crus. Ils revendiquent et mettent à nu les injustices et inégalités dont sont victimes une grande partie de la communauté mauritanienne, en particulier les Halpulaar.

Le single est disponible sur youtube.

Cheikh Aïdara


14ème édition « Traversées Mauritanides », sur les chemins de traverses des rencontres littéraires 2023

Plus que quelques jours avant le grand rendez-vous du « Festival Traversées Mauritanides » dans sa 14ème édition. Prévu du 17 au 22 novembre 2023, ce rendez-vous annuel des amoureux des belles lettres se déclinera comme d’habitude entre conférences, tournées dans les écoles, tables-rondes, concours génies en herbe et one man show, le tout sous le lumineux thème « Fiction, chemins de traverses ».

Plusieurs grands auteurs de renommée sont attendus, avec de très belles têtes d’affiches, au cours du Festival littéraire « Traversées Mauritanides » qui aura lieu du 17 au 22 novembre 2023 à Nouakchott. Sont cités dans ce chapitre, le Sénégalais Mbougar Sarr, Prix Goncourt 2021 pour son roman « La plus secrète mémoire des hommes », mais aussi l’ancienne ministre et diplomate du Burkina Faso, Monique liboudo, Prix littéraire des droits de l’homme pour son roman « Carrefour des veuves ».

Parmi également les illustres invités, le Guinéen Mohamed Lemine Camara, éditeur, responsable à Harmattan Guinée et Directeur délégué des « 72 heures du livre de Conakry ». Sans oublier, Nicolas Fargues de la France, qui a publié depuis 2000, pas moins de 13 ouvrages aux éditions POL, dont « J’étais derrière toi » en 2006 et plus récemment « La péremption » en 2023.

Deux autres talentueux écrivains, sont aussi sur le banc des invités. Il s’agit de la Tunisiennes, Imèn Moussa, Docteure en littératures française et comparée, cofondatrice des Rencontres Sauvages de la Poésie, et membre de l’association Atlas pour la traduction au Collège International des Traducteurs Littéraires à Arles. Mais aussi, le germano-irakien, né à Bassora (Irak), Najem Wali, responsable de Writers in Prison, vice-président du centre PEN-Allemagne.

Côté écrivains mauritaniens, le festival verra la prestation de nos génies de l’écriture, les professeurs Idoumou Mohamed Lemine et Mohamed Ould Bouleiba, l’écrivain-poète Cheikh Nouh et notre amazone de la plume, Tarba Mint Amar, mais aussi l’écrivain mauritanien le plus primé, MBareck Beyrouk, Prix Amadou Kourouma (2016) et Prix Cheikh Hamidou Kane (2023).

Les auteurs seront le matin en compagnie des élèves au cours des visites programmées dans les écoles. Les après-midis seront consacrés aux conférences et tables-rondes qui auront lieu dans plusieurs endroits, Musée National, Institut Français de Mauritanie (IFM), Université de Nouakchott, Centre culturel marocain.

L’ouverture officielle du festival prévu le vendredi 17 novembre 2023 sera marquée par une conférence en arabe sous le thème « les lettres à l’horizon des rencontres entre civilisations ». Il sera animé par Mohamed Ould Bouleiba, professeur de littérature, Tarba Mint Amar en compagnie de deux éminents poètes, Sidi Mohamed Bamba (Prince des poètes, titre obtenu à Dubaï Emirats Arabes Unis) et Cheikh Nouh, avec la modération du brillant journaliste Cheikh Moadh Sidi Abdoullah.

Les autres conférences et tables-rondes porteront sur des thèmes variés, comme « la femme dans la consolidation de la cohésion sociale », « doit-on encore parler de régions en littératures, et quel choix pour l’édition », « Fiction, chemin de traverses, pour quels choix d’écritures ? », « Un monde entre guerres et crises d’identité, une invite à l’engagement », entre autres.

Plusieurs étincelles de lumière dans le programme, le « One man show » ou Libre parole à MBougar Sarr » à l’IFM mardi 21 novembre, la prestation de Slam de Diaw Fall, finaliste du Concours Eloquence Mauritanie et du Brésil en 2023, sans oublier le concours « Génies en herbe » qui mettra en compétition 8 établissements scolaires de Nouakchott, dimanche 19 novembre au Centre culturel marocain.

Cheikh Aïdara


5ème édition du festival Letritude 2023, entre productions artistiques et formations aux métiers

Lancé le 1er novembre 2023, en mémoire à Feu Ahmed Hamza, la 5ème édition du festival Letritude qui lui est dédié, bat son plein entre productions artistiques, dîners de galas et formations à divers métiers. Avec des moyens du bord, Mister X alias Cheikh Diagne, un féru des mots, a pu en une semaine prouver que la passion peut soulever des montagnes.

Comme la plupart des promoteurs culturels mauritaniens qui se battent seuls face au manque de ressources et de sponsors, Mister X alias Cheikh Diagne, a su faire du festival Letritude dont il est l’initiateur et le directeur, une réussite et un succès aussi bien sur le plan du contenu que de l’innovation.

Le festival qui est prévu pour une semaine, du 1er au 7 novembre 2023, a commencé par une conférence de presse animée le jeudi 2 novembre au siège de Vision Futuriste de la Communication et de la Production (VFC Prod), situé à l’Ilot L de Nouakchott. Au cours de cette soirée, Mister X et ses invités se sont exprimés sur le festival et ses contours.

Comment est né le Festival Letitrude

La conférence, pleine d’émotions, a été marquée par une longue introduction du directeur du festival, Mister X qui a démarré par une question : « pourquoi Letritude ». Il précise que c’est un mot artistique qu’il s’est inventé, directement inspiré par la Négritude de Léon-Gontran Damas, Aimé Césaire et Senghor.

Selon Mister X, slameur, rappeur, producteur et animateur, ce festival est une imagination personnelle dont l’objectif est d’enrichir l’art oratoire et d’en faire un pilier de la culture urbaine.

Il précise aussi que ce festival avec Zéro ouguiya de financement est pourtant milliardaire, non pas d’argent, mais de volontés individuelles, de matières grises gratuites et de mains solidaires. En l’absence de tout partenaire, de toute subvention et de tout sponsor.

Ces mains bénévoles qui font la Letritude

D’où ses remerciements à tous ces animateurs, comédiens, vidéocastes, artistes, bénévoles qui accompagnent le festival. Parmi les artistes invités cette année, Mister X a cité, Xuman tête d’affiche, mais aussi d’autres jeunes comme Khamanber, Brems, Eben, le groupe de reggae de Nouadhibou Baba Dieri, Moris Kano, Le Baron, Authentique, entre autres.

Il a surtout remercié les responsables des lieux dont les espaces devront servir aux activités du festival, notamment Sunu Keur, Estiv, Traversées Mauritanides, D’Art, VFC, Institut Français (IFM).

24 formations et 753 inscritits

A côté de la programmation artistique, Mister X et ses collaborateurs ont également monté 24 formations avec 753 jeunes inscrits, dont 475 filles. Ces formations portent sur l’infographie, l’informatique, la musique assistée par ordinateur, chauffeur conducteur (18 filles inscrites), coiffure make up, vidéographie, direction et montage de projets artistiques, programmation et production, restauration et art culinaire, technicien de son, lumière, éclairagiste et régis, D-J-Ing scénographie et animation, agent commercial et agent d’accueil.

Les intervenants

Intervenant par la suite, Daddy Def alias Fadel Camara, producteur, manager et formateur en montage de projets, a déclaré que cette 5ème Festival de Letritude est inédite et originale par son amplitude et la qualité de ses programmations artistiques ainsi que de ses formations aux métiers.

Simon de l’IFM, arrivé il y a juste deux mois en Mauritanie, a dit tout le bonheur de son institution à collaborer avec les artistes locaux.

Quant à Gako Amadou dit Amma, coach formateur, il a reconnu que le pays regorge de jeunes talents qui n’ont besoin que d’un accompagneme.

Le dernier intervenant, Oumar Sow, couturier de l’équipe nationale de football (Les Mourabitounes) et qui habillent la plupart des artistes mauritaniens, il a félicité Mister X et salué le succès du festival qu’il tient à accompagner. Oumar Sow va former au cours de l’évènement plusieurs jeunes dans la couture.

La conférence de presse a été marquée par un riche échange entre les organisateurs et le public, notamment sur la place de la culture, les droits d’auteurs, entre autres.

Cheikh AIdara


Lancement du projet PROMIS pour renforcer les institutions mauritaniennes de lutte contre le crime transnational

Nouakchott a abrité jeudi 2 novembre 2023, le lancement du projet PROMIS dont l’objectif est de renforcer les capacités de la Mauritanie dans le développement d’une réponse basée sur les droits humains contre la traite des personnes et le trafic des migrants. Ce projet financé par les Pays Bas est une initiative conjointe de l’Organisation des Nations Unies pour la lutte contre la drogue et le crime (ONUDC) et le Haut-commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme (HCDH).

Photo de famille – Crédit AIdara

Devant un parterre composé de membres du gouvernement, de représentants d’agences des Nations Unies présentes en Mauritanie, de magistrats et d’acteurs de la société civile, le Commissaire aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile, M. Cheikh Ahmedou Ould Sidi, a présidé jeudi 2 novembre 2023 à Nouakchott, au lancement du projet PROMIS, financé par les Pays Bas.

Un terrain déjà fertile à améliorer

Le Commissaire – Crédit Aidara

Dans son allocution, le Commissaire aux droits de l’homme a rappelé que les objectifs du projet PROMIS s’inscrivent dans la dynamique enclenchée par le gouvernement mauritanien depuis l’adoption de la loi du 20 mars 2020 portant lutte contre la traite des personnes. Laquelle dynamique n’est, selon lui, que le prolongement de la volonté exprimée par le président de la République, inscrite dans son programme politique et répétée dans tous ses discours, mettant l’accent sur son intransigeance à lutter contre toute forme de violation des droits humains.

Vue partielle de la salle, le magistrat Ould Cheina (extrême droite) et Représentant OIM (3ème à partir de la droite) – Crédit Aidara

Le Commissaire a égrené par la suite les différentes mesures juridiques et institutionnelles prises par le gouvernement au cours des quatre dernières années pour lutter contre la traite des personnes et le trafic des migrants. Parmi ces mesures, il a cité la loi 2021-017 relative à la lutte contre la traite de personnes et la protection des victimes, la loi 2021-018 relative à la lutte contre le trafic des migrants, la création d’un comité interministériel réunissant le Ministère de la Justice, le Commissariat aux droits de l’homme et le Parquet général, dont la mission est le suivi permanent des dossiers relatifs à l’esclavage et la traite des personnes pendants devant les juridictions. Il a résulté de ce suivi, selon lui, la création d’une base de données rigoureusement mise à jour de façon périodique.

M. Cheikh Ahmedou Ould Sidi a également cité la circulaire interministérielle n°2021-104 signée entre le Ministère de la Justice, le Ministère de l’Intérieur et la Défense, adressée aux membres du Parquet général et aux officiers de la police judiciaire, les invitant à prendre toute mesure appropriée pour l’application stricte des lois portant lutte contre la traite des personnes et l’esclavage.

Vue partielle de la salle, Représentant UNICEF (2ème à partir de la droite) suivi du président Agence contre la traite- Crédit Aidata

Citant les campagnes menées dans toutes les régions sur ces thématiques et la formation des acteurs de la société civile sur la documentation des cas avérés, avec un soutien d’environ 120 millions MRO, le Commissaire a aussi mentionné la création courant 2023 de l’Agence nationale de lutte contre la traite et le trafic illicite des personnes. Parmi les activités menées par cette agence, le Commissaire a cité le fonds d’aide judiciaire pour l’accès des victimes à la justice et le soutient des organisations de la société civile en tant que partie civile, soulignant qu’une partie de ces fonds ont été distribués à ces dernières hier (mercredi 1er novembre 2023 : ndlr).

L’apport technique des agences spécialisées des Nations Unies

Lila Piers – Crédit Aidara

Mme Lila Piers, Coordonnatrice résidente du Système des Nations Unies en Mauritanie, avait auparavant rappelé que ce projet régional est déjà mis en œuvre dans huit pas d’Afrique de l’Ouest et du Centre, et qu’il s’étend aujourd’hui à la Mauritanie.

Elle a souligné que les agences spécialisées des Nations Unies, OIM, UNICEF, HCDH et ONUDC, vont coordonner de manière efficace en fonction de leur mandat pour faire face aux enjeux et défis liés à la migration, au trafic illicite des migrants et à la traite des personnes.

G. à Dr. Lila, Cheikh Ahmedou, Nabil et Mehla – Crédit Aidara

C’est dans ce cadre, dira-t-elle en substance, que ses collègues ont travaillé conjointement avec le gouvernement mauritanien et d’autres partenaires pour renforcer les capacités nationales dans la lutte contre la traite des personnes et le trafic des migrants.

La Mauritanie, un maillon central dans la migration

Nabil Hajjar – Crédit Aidara

Pour sa part, le Consul honoraire des Pays Bas en Mauritanie, M. Nabil Hajjar, a indiqué que depuis 2016, l’exécution du projet PROMIS a débouché sur d’importants résultats à l’échelle sous-régionale. Il cite le Mali, le Niger et le Sénégal où il a été déployé pour la première fois, puis dans sa Phase 2, la Gambie et la Côte d’Ivoire, ensuite dans la Phase 3, le Burkina Faso, le Tchad et le Nigéria.

« Compte tenu de cette dynamique et de l’importance de la Mauritanie comme pays d’origine, de transit et de destination de la migration, il semble tout à fait logique de l’inscrire comme destinataire du projet PROMIS » a-t-il souligné. Et d’ajouter « la valeur ajoutée de ce projet est qu’il met à la fois l’accent une approche basée sur les droits humains et sur le renforcement des capacités nationales en matière de lutte contre la traite des personnes et le trafic des migrants ».

Robert Kotchani – Crédit Aidara

Par la suite, le Représentant régional du HCHD pour l’Afrique de l’Ouest, M. Robert Kotchani a procédé à la présentation du projet.

Vue partielle de la salle – crédit Aidara

Avaient assisté à la cérémonie, les représentants des agences spécialisées des Nations Unies, le président du Mécanisme national de lutte contre la torture, Bekaye Abdel Maleck, le président de l’Agence nationale de lutte contre la traite des personnes et le trafic des migrants, Cheikh Tourade Ould Abdel Maleck, la présidente de l’Observatoire national des droits de la femme et de la fille, Mme Mehla Talebna Ahmed, le président de la Commission nationale des droits de l’Homme, Ahmed Salem Bouhoubeiny, le président de la Cour spéciale de justice chargée des crimes d’esclavage de la Wilaya de Nouakchott-Sud, le magistrat Sidi Mohamed Cheine, entre autres.

Cheikh Aïdara