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Premier comité de pilotage du partenariat UE – HCR sur le projet « Renforcement de la résilience des populations déplacées par l’instabilité au Nord du Mali et soutien à la coexistence pacifique entre communautés » en Mauritanie.

Le vendredi 21 septembre, s’est déroulée la première réunion du comité de pilotage du projet «Renforcement de la résilience des populations déplacées par l’instabilité au Nord du Mali et soutien à la coexistence pacifique entre communautés» en Mauritanie.

De gauche à droite : Fadela Novak-Irons (HCR), Els Mortier (UE) et Mhamada Meimou (MIDEC)

Cette rencontre s’est tenue en présence de Monsieur M’hamada Meimou, Directeur Général de l’administration territoriale (MIDEC), Madame Els Mortier, Chef d’équipe « Gouvernance et Appui Institutionnel » de la Délégation de l’Union européenne en Mauritanie, Madame Fadela Novak-Irons, Représentante adjointe de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) en Mauritanie, des représentants des agences des Nations Unies, des ONGs partenaires et des (représentants) membres du gouvernement mauritanien.

Mis en oeuvre par le HCR et ses partenaires sur une période de trois ans, le projet «Renforcement de la résilience des populations déplacées par l’instabilité au Nord du Mali et soutien à la coexistence pacifique entre communautés» a débuté en juillet 2017. Ce projet régional financé dans le cadre du Fonds Fiduciaire d’Urgence de l’Union européenne pour l’Afrique (FFU) pour un total de 20 millions d’euros s’inscrit dans le cadre d’une réponse intégrée à la situation de la crise régionale du Mali.

« Dans le cadre spécifique de la Mauritanie, l’UE cherche, à travers ce projet, des solutions durables et une autonomisation des réfugiés dans une région sujette à des crises chroniques liées à l’insécurité et à la sècheresse » a affirmé Mme Mortier, dans son allocution de bienvenue.

D’un montant de 5 292 000 EUR, ce projet innovant vise à contribuer à la réduction des facteurs d’instabilité et de vulnérabilité de 57000 maliens accueillis dans le camp de Mbera ainsi que les communautés d’accueil de la région de Bassikounou. La création d’opportunités socio-économiques permettra le financement des activités génératrices de revenus: activités de maraîchage, formations professionnelles, bourses d’études et séances de sensibilisation entre les deux communautés. Le projet prévoit aussi la facilitation par le HCR de retours volontaires au Mali. A ce jour, malgré l’accord Tripartite conclu en juin 2016 entre la Mauritanie, le Mali et le HCR sur le rapatriement volontaire des réfugiés maliens, la situation ne permet pas leur retour volontaire.

Dans son discours M. M’hamada Meimou a insisté sur l’importance de continuer à apporter une réponse humanitaire avec l’aide de tous les acteurs humanitaires, en collaboration avec le gouvernement mauritanien. M. M’hamada Meimou a aussi rappelé l’importance du programme de résilience en faveur des communautés hôtes qui accueillent les réfugiés.

En conclusion il a été rappelé par Mme Novak-Irons que l’Union européenne est l’un des bailleurs de fonds les plus importants pour le HCR et le partenariat entre le HCR et l’UE est essentiel du fait qu’il préconise une approche différente intégrant réponses humanitaires et de développement.

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Le HCR coordonne la réponse humanitaire à la situation des réfugiés maliens afin d’assurer la protection, l’accès aux services de base tels que l’éducation, la santé, le logement, l’eau, l’assainissement et l’hygiène, ainsi que la fourniture de produits de première nécessité (CRIs) au camp de Mbera. L’organisation travaille à promouvoir l’autonomie et la coexistence pacifique dans le camp et ses environs.

Pour plus d’information veuillez contacter:

UNHCR Mauritanie:

Jose Manuel Caceres, Chargé de relations extérieures. Email: caceres@unhcr.org, Tél : +222 42 78 23 01

Viola E. Bruttomesso, Chargée d’information publique. Email: bruttome@unhcr.org, Tél.: +222 42 78 23 05


Oscar des vacances ou le talent caché des jeunes Mauritaniens

Qui disait que les jeunes Mauritaniens manquent de talent ? Il fallait juste leur offrir une plateforme d’expression, comme « Oscars des Vacances », une initiative du jeune promoteur,  Boubacar Amadou Sarr dit Boubs et l’ONG « Femmes Solidaires pour le Développement », que « Save The Children » appuie depuis deux ans dans le cadre du Projet AFIA financé par le Fonds Fiduciaire d’Urgence pour l’Afrique  de l’Union européenne. L’édition 2018, c’est une série de concours de danse, de théâtre et de Miss qui s’étalent du 22 juillet au 1er septembre, avec la participation de 9 groupes de jeunes issus de différents départements de Nouakchott.

Chaque mardi, depuis le 22 juillet 2018, « La Case » est devenue la Mecque des jeunes Nouakchottois. Dès 15 heures, un festival d’accoutrements envahit les alentours de cette mythique place connue pour ces cérémonies de mariage. Cette fois, c’est « Oscar des Vacances » qui fait battre des centaines de cœur juvénile. A l’affiche, concours de danse, de Miss et théâtre, mettant en rivalité neuf quartiers chauds de Nouakchott, 6ème, Basra, Neteg, PK, Arafat, Dar Beyda, Saada et Cité Plage. Chaque groupe est composé de 15 personnes, danseurs, comédiens et Miss. Du coup, les quartiers se mettent en branle.

La soirée du 7 août dernier fut particulièrement chaude. A 20 heures,  l’effervescence était à son comble, rappelant Nouakchott des années 60-70 quand les salles de cinéma attiraient les après-midi une jeunesse qui n’avait que l’embarras du choix pour se distraire. Tout a disparu aujourd’hui et les jeunes de Nouakchott n’ont plus de loisirs.

Les jeunes décompressent

Le jeune promoteur, Boubacar Amadou Sarr dit Boubs (Photo Aidara)

« J’ai créé Oscar des Vacances pour les jeunes désœuvrés de la capitale, surtout en ces périodes de vacances, à travers une plateforme de rencontres et d’éclosions de talents artistiques » lance Boubs, entre deux sonorités.  Affichant moins que ses 31 ans, Boubs avait les yeux pétillants de bonheur. « Tu vois tous ces gosses se bousculer pour un ticket d’entrée, avec plus de moyens, l’accès serait gratos » lance-t-il, la mine triste. Ces recettes servent selon lui à compenser le coût élevé de la logistique, malgré l’appui des partenaires et les économies tirées de sa modeste boutique « DJ Boubs Telecom » et de ses activités de producteurs d’évènements culturels. « Il faut prendre en charge tous ces groupes, leur accoutrement, leur déplacement… » justifie-t-il.

Avec sa salle archicomble et sa coupole en forme de Khaïma, « La Case » tremblait sous un flot de décibels. La plupart des jeunes portait des tee-shirts et des képis blanc avec l’effigie « Ensemble, protégeons les enfants en mobilité contre l’exploitation » du Projet AFIA. Le staff de l’ONG espagnole arborait le même accoutrement.

Du spectacle

Sketch sur les enfants confiés (Photo Aidara)

Des sketchs sous le thème « Enfant confié« , parmi d’autres développés par le Projet AFIA pour sensibiliser sur la protection des enfants migrants contre la traite et l’exploitation, furent joués avec plusieurs variantes. Chaque groupe apportait sa touche au drame vécu par ses enfants confiés. Ils sont placés, souvent dès le bas âge, chez des marabouts véreux, qui les battent et les envoient mendier. La plupart finissent par prendre les avenues de Nouakchott, ses marchés et ses lampadaires comme dortoirs. Beaucoup basculent dans la criminalité et atterrissent en prison.

Aux acteurs qui s’échinaient à apporter sur le plancher de « La Case » plus de dose comique et de mélodrame, sous l’œil attentif du jury, leurs supporters rivalisaient à qui crèvera l’applaudimètre.

L’apothéose fut atteinte au concours de danse. Le délire!

Le groupe Basra de danse (Photo Aidara)

Quelques vieux briscards, des parents accompagnateurs, durent retrouver sans doute la chaleur enfumée des salles de cinéma et les sifflets stridents des spectateurs. La même ambiance faisait vaciller les structures solides de « La Case« . La beauté des chorégraphies, l’explosion de couleurs des tuniques arborés par les danseurs, la vivacité des gestes, n’eurent d’égal que l’effervescence qui enflammait la salle. Chaque fin de spectacle était ponctuée par des salves d’applaudissements et des sifflets admiratifs. On entendit même le son d’un Vuvuzela. Puis, le clou de la soirée, un défilé de grâce, celui des Miss, toutes habillées en mariée maure. Et les spectacles de danses reprirent de plus belle, pour la grande joie des enfants.

Le jury et juste derrière, le public (Photo Aidara)
Photo de famile des Miss en compétition (Photo Aidara)

Témoignages

Mme Habi Seck MBodj, Cheffe du Projet AFIA à « Save The Children » (Photo Aidara)

Mme Habi Seck MBodj, Cheffe du Projet AFIA à « Save The Children », ONG internationale présente en Mauritanie depuis 2006 : « Oscar des Vacances, c’est un canal de communication pour transmettre des messages et sensibiliser les jeunes, leurs familles et leurs communautés, sur les dangers qui guettent les enfants en mobilité. Il est supporté par le Projet AFIA sur financement de l’Union européenne. Ce projet œuvre à l’actualisation de la Stratégie nationale de protection de l’enfance (SNPE) en prenant en compte le renforcement du système de protection des enfants en mobilité. Le projet renforce aussi les capacités de la société civile exerçant dans le domaine de l’enfance. Il équipe les centres d’accueil et d’hébergement des enfants, avec un partenariat poussé avec le Ministères des Affaires Sociales et le Ministère des Affaires Islamiques pour le recrutement de points focaux régionaux et l’élaboration d’un guide de sensibilisation avec justification par le Coran« .

Francesco Cecon, Responsable « Protection de l’Enfance » à « Save The Children » : « Oscar des Vacances est une plateforme qui nous permet de toucher plus d’enfants et de jeunes, mais aussi les familles et les communautés pour véhiculer nos messages sur la protection de l’enfance contre la mobilité, l’exploitation et la maltraitance, à travers notamment les sketchs ».

Papis (15 ans) : « mes parents voulaient m’amener en vacances à Boghé pour m’envoyer chez un marabout, et j’ai pleuré car j’allais de nouveau prendre la gamelle et  je ne voulais pas rater Oscar des Vacances« .

Mouna (17 ans) danseuse : « Avant Oscar des Vacances, on ne savait que faire de nos journées. Aujourd’hui, on est en répétition tous les après-midi pour préparer le spectacle du mardi suivant. Du coup, le quartier s’anime et les jeunes ne parlent plus d’immigration »

Amadou (36 ans) père d’un jeune comédien  « mon fils fait du théâtre, une passion qu’il s’est découvert grâce à Oscar des Vacances. Avant, il traînait pendant les vacances avec les jeunes de la rue, et cela m’inquiétait« .

Cheikh Aidara


Anticiper sur la Mauritanie Post-gaz 2021

La représentation de la société British Petrolum (BP) en Mauritanie a organisé jeudi 20 septembre dernier, à l’intention de deux groupes de journalistes, une séance d’explication sur les différentes étapes de la chaîne de valeur des produits d’hydrocarbures, de l’exploration jusqu’à la vente aux détails, en passant par l’extraction, le transport et le stockage, mais aussi sur les opportunités socioéconomiques que la Mauritanie pourra tirer de l’ère post-gaz.

Les conclusions tirées de cet univers encore inconnu, permettent de tirer quelques leçons :

  • Le Projet Hmeymine/Tortue, avec ses 5 blocs côté Mauritanie et ses 2 blocs côté Sénégal, voit l’émergence de la toute première et importante zone gazière en Afrique de l’Ouest sur le Bassin Mauritanie-Sénégal-Gambie-Bissau-Conakry (MSGBC), avec la technologie de dernière pointe utilisée pour extraire le gaz à plus de 700 mètres de profondeur et des réserves estimées à 425 milliards de mètre-cube.
  • Le Projet est allé vite, entre la phase découverte en 2015 et la Phase 2018 où l’on en est déjà à la « Final Investissement Decision (FID) » ou la Décision Finale d’Investissement qui va précéder l’exploitation prévue en 2021 pour une trentaine d’années. A ce stade, la Mauritanie devra préparer ses 10% de participation directe obligatoire au projet, ce qui équivaudrait déjà à un décaissement qui risque d’être hors de portée du budget national, sauf s’il faut sacrifier des investissements publics dans plusieurs secteurs ou contracter des emprunts sur le marché international.
  • Contrairement à des hypothèses déjà développées, le gaz mauritanien sera vendu sous forme de Gaz Liquide Naturel (GNL), par un processus de refroidissement du gaz à Moins 160° Celsius, ce qui réduira 600 fois le volume du gaz à l’état brut. Le GNL sera transporté par des méthaniers vers les marchés internationaux. Ainsi, l’option par transport oléoduc, même vers le point le plus proche d’Europe (l’Espagne) semble être exclue pour des raisons géopolitiques et géographiques.
  • L’exploitation commune du gaz entre la Mauritanie et le Sénégal constituera un élément de stabilité et condamnera les deux pays à veiller ensemble sur les intérêts tirés de cette manne gazière en taisant toutes dissensions.
  • Enfin, les opportunités socioéconomiques que la Mauritanie pourra tirer du Post-gaz sont réelles.

Ce qui permet d’affirmer sans risque de se tromper que tous les enjeux auxquels font face aujourd’hui les Mauritaniens ont certainement un lien, entre autres, avec les perspectives d’une nation productrice de gaz à l’horizon 2021.Qui sait, peut-être même que les enjeux des élections générales que nous venons de vivre découleraient de ces mêmes perspectives. Mais contrairement aux idées reçues, la production de cette richesse ne sera pas synonyme de résorption de tous les problèmes de chômage que le pays connaît depuis quelques années. Certes, la Mauritanie doit se préparer à la gestion de cette manne gazière par la formation d’une main d’œuvre hautement qualifiée dans le domaine, notamment des ingénieurs, des techniciens supérieurs, des ouvriers…Mais sans exagération, car les postes dans l’industrie du gaz sont très limités et les ressources humaines sont peu absorbables par les sociétés travaillant dans le domaine. Peut-être que tout au long de l’exploitation du produit et de la découverte d’autres puits, une véritable industrie du gaz dans ses différents démembrements s’installera dans le pays, y compris peut-être dans le domaine du raffinage ou de l’exploitation d’autres dérivés du gaz. Par contre, les revenus tirés de la production seront assez importants pour relever le budget de l’Etat, améliorer le niveau de vie des populations, celui des soins de santé et de l’enseignement, mais aussi celui des infrastructures. A condition qu’une bonne politique de gouvernance accompagne le processus, sinon comme dans beaucoup de pays, les revenus tirés du gaz serviraient dans le même sillage que le fer, le poisson ou l’or mauritanien, à enrichir une minorité au milieu d’une misère généralisée.
Les sociétés locales (BTP, bureaux d’études, etc) qui voudraient se greffer à ce processus gazier devront dès à présent rechercher une certification de haut niveau pour prétendre travailler avec les compagnies présentes, en l’occurrence BP ou Total.

Cheikh Aidara


Délégation de l’Union européenne : Déclaration locale sur les élections en Mauritanie.

La Délégation de l’Union européenne en Mauritanie et les Ambassades résidentes des Etats membres félicitent le peuple et le gouvernement mauritaniens ainsi que tous les acteurs concernés qui se sont engagés avec détermination en faveur de la démocratie et du pluralisme lors des deux tours des élections législatives, régionales et municipales les 1 et 15 septembre dernier. Le déroulement pacifique et la participation de toutes les forces politiques à ces élections ont constitué une étape importante dans le processus démocratique en Mauritanie.

La Commission électorale nationale indépendante (CENI), malgré les insuffisances qu’elle a constatées, a réalisé son travail dans un contexte rendu compliqué par l’organisation de trois scrutins simultanés et par des conditions géographiques et météorologiques difficiles.

L’Union européenne considère la Mauritanie comme un partenaire stratégique important. Elle accompagne depuis des décennies le pays dans son développement, cherchant à appuyer la croissance économique, la bonne gouvernance et l’état de droit. L’Union européenne continuera à œuvrer pour renforcer davantage ses liens avec la Mauritanie.

Pour plus de renseignements veuillez contacter la Délégation de l’Union européenne en Mauritanie

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