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Scrutins de 2018 ou lecture croisée sur une reconfiguration de la scène politique mauritanienne

Alors que les électeurs reprennent le chemin des urnes, ce 15 septembre 2018,  pour le 2ème tour des scrutins législatifs, municipaux et régionaux, voici un survol exhaustif et une analyse circonspecte du 1er tour qui a eu lieu il y a deux semaines.

Le quintuple scrutin des 1er et 15 septembre 2018, liste nationale, liste régionale, liste des femmes, municipales et régionales, débouchera sans nul doute sur une inédite recomposition de la scène politique mauritanienne. Si l’UPR assure sa mainmise sur le pays, Tawassoul confirme qu’il est aujourd’hui le principal parti de l’opposition, renversant ainsi l’ordre des préséances longtemps détenus par le RFD d’Ahmed Daddah et l’UFP de Mohamed Maouloud. D’autre part, les scrutins de 2018 marquent le déclin d’anciens partis comme l’APP, El Wiam, le Front Populaire, le RDU, tout en marquant la fin du vote communautariste avec les revers subis par les formations négro-africaines qui comptaient beaucoup sur le vote en leur faveur des populations de la Vallée ou de certains quartiers en milieu urbain à forte présence de noirs, comme Sebkha et El Mina à Nouakchott.

L’UPR s’affirme comme parti-Etat
Si Mohamed Abdel Aziz, parce qu’empêché par la Constitution, n’est pas officiellement président du parti Union Pour la République (UPR), il en est le véritable patron. Celui qui y fait et défait des carrières,  n’hésitant pas à faire le ménage aux détours d’une refondation dont il avait confié les rênes  à son alter ego, le colonel à la retraite Mohamed Ould Baya. Aussi, le président Ould Abdel Aziz n’a pas hésité à prendre son bâton de pèlerin et à endosser sa tunique de Chef d’Etat pour battre campagne en faveur d’un UPR affaibli par le mauvais choix de ses hommes dans des élections décisives, celles du 1e septembre 2018, où le parti jouait sa survie face à une opposition qui avait décidé de troquer sa sempiternelle position de boycottiste pour une participation active.

Au finish, l‘UPR a arraché aux termes du 1er tour des élections législatives, 67 sièges de députés sur les 157 que comptera la future Assemblée nationale. Il fait mieux qu’en 2013 où il avait obtenu seulement 57 sièges au 1er tour, puis 19 sièges au second tour, totalisant 75 députés sur 147. En 2013, l’UPR avait cependant réussi à faire entrer 5 femmes au Parlement sur la liste des femmes, contre 4 seulement en 2018. Il est en ballotage au second tour où 22 sièges restent à pourvoir. C’est surtout à Nouadhibou, Nouakchott et à Zouerate où la compétition sera la plus féroce.
L’UPR a aussi emporté, lors du 1er tour, quatre conseils régionaux sur les 13 du pays et 108 communes sur les 219.

La percée de Tawassoul, la chute du RFD et de l’UFP
Reconnu en 2007, les Islamistes de Tawassoul n’ont participé qu’à deux scrutins, les législatives-municipales de 2013 et les scrutins de 2018. Lors des élections de 2006 et 2007, la mouvance islamiste avait soutenu le parti Hatem de Saleh Ould Hanana qui avait réussi à obtenir 2 députés plus 2 autres en coalition avec APP de Messaoud Ould Boulkheïr. Idem pour la présidentielle de 2007, où Saleh Ould Hanena alors candidat avait réussi, avec les Islamistes, à se placer en 12ème position sur 20 candidats avec un score de 7,65% des suffrages.

Passant outre le mot d’ordre de boycott lancé en 2013 par la Coordination de l’opposition démocratique (COD) dont il était membre, Tawassoul, en l’absence des partis leaders de l’opposition, participe aux élections de 2013. Il arrache une victoire historique qui en fera la deuxième force politique en Mauritanie après l’UPR, parvenant à cueillir 16 députés à l’Assemblée Nationale, 14 communes, plus de 500 conseillers et le contrôle de 3 grandes communes à Nouakchott.

Cette position leader sur l’échiquier politique national, Tawassoul vient de le confirmer en 2018 où les Islamistes se sont enfin confrontés aux chefs de file de l’opposition radicale, tous ceux qui lui avaient déblayé le terrain en 2013. En effet, le RFD (Rassemblement des forces démocratiques) d’Ahmed Daddah, l‘UFP (Union des forces du progrès) de Mohamed Maouloud, longtemps premières force de l’opposition depuis 1991, se sont placé loin de Tawassoul. Alors que les Islamistes faisaient entrer dès le 1er tour, 3 femmes au Parlement, le RFD et l’UFP n’ont pu en faire entrer qu’une seule chacun. Au total, ces deux partis pourraient aligner 5 à 6 députés tout au plus lors de ces législatifs de 2018. Mais par contre, il est peu probable qu’ils puissent diriger une commune dans le pays.

C’est triste de constater, pour le RFD et l’UFP, le ravage causé par plus d’une décennie de boycott et d’absence sur la scène politique, qui a fini par faire effriter leur électorat. En 2006, dernier scrutin auquel ces deux partis avaient participé, le RFD avait 16 députés, l’UFP 9 députés et les islamistes dissous au sein du parti HATEM seulement 5 députés. Le RFD contrôlait plusieurs mairies à Nouakchott, notamment Tevragh-Zeina, Teyarett, Le Ksar, avec un raz-de-marée au Trarza, Ouad Naga, Rosso, R’Kiz, Boutilimit, mais aussi dans le Brakna, comme à MBagne, Dar-el-Barka, et plusieurs zones de la Vallée. L’UFP contrôlait aussi plusieurs communes de la région, comme Boghé, Aéré Mbar, sans compter Sebkha à Nouakchott et Tijikja au Tagant.

La déconvenue des partis négro-africains


Les scrutins du 1er septembre 2018 ont surtout été marqués par la déconfiture des partis dirigés par des Négro-africains. L’AJD/MR (Alliance pour la justice et la démocratie-mouvement pour la rénovation) d’Ibrahima Moctar Sarr qui avait réussi en 2013 à obtenir 4 députés à l’Assemblée Nationale, risque de ne pas obtenir l’entrée de son président à l’Assemblée Nationale. Extraordinaire est en effet l’importante perte qu‘AJD/MR a enregistré. En 2013, le parti de Sarr totalisait sur la Liste Nationale Mixte, 15.577 voix, soit 2.61%  des suffrages exprimés, contre 7.102 voix en 2018, soit la perte de plus de la moitié de son électorat. Sur la Liste des Femmes, AJD/MR fait partie des 66 partis politiques qui ont enregistré moins de 1% des suffrages, alors qu’en 2013, il avait engrangé plus de 1% des voix pour lui permettre de faire entrer une femme au Parlement. C’est surtout à Boghé, mais aussi à Zoueratl’AJD/MR semble conserver une partie importante de sa force, étant l’un des protagonistes essentiels, avec APP et Tawassoul à tenir aujourd’hui la dragée haute au parti au pouvoir et son puissant candidat, l’ancien colonel Cheikh Ould Baya. A Nouakchott, le parti a même reculé dans son fief de Sebkha, se contentant des seconds rôles entre les deux candidats en lice.

Le MPR (Mouvement pour la refondation) de Kane Hamidou Baba, ne se porte guère mieux, car sans député à l’issue du scrutin de 2018 ni maire. Le PLEJ (parti pour la liberté, l’égalité et la justice) de Bâ Mamadou Alassane est dans la même situation, absent du prochain Parlement et n’ayant même pas pu s’imposer chez lui à Maghama au Gorgol. En 2016, une partie de son staff politique avait décidé même de le destituer, l’accusant d’avoir « choisi la dictature pour instaurer le désordre et le chaos au sein du parti » (https://www.cridem.org/C_Info.php?article=680835)

Ayant flirté un temps avec la majorité, il se décidera plus tard à basculer dans le camp de l’opposition dite radicale, rappelant à qui veut l’entendre qu’il est le Dialogue personnifié, en référence à son sobriquet de « Bâ Dialogue » hérité du temps où il était ministre de l’Education Nationale sous le règne de Me Moctar Ould Daddah, lors de la 1ère République.

Le parti Arc-en-ciel que dirige Alassane Hamady Soma Bâ dit Balas, vidé des trois quart de son directoire à la veille des scrutins de 2018 pour avoir fait la place belle à la famille restreinte du président du parti sur les têtes de liste, a recueilli moins de 1% des voix; donc sans député et probablement le moindre conseiller.

Tous ces partis négro-africains ont compté sur les voix de la Vallée, peuplée par une écrasante majorité de populations négro-africaines (Wolofs, Halpulars, Soninkés), ils ont découvert à leurs dépens que le vote communautaire n’est pas une donne politique en Mauritanie.

La forte avancée des partis de la majorité
Dernier refuge des transfuges de l’UPR, tous ces mécontents et ces mal placés sur les listes du parti-état, les partis de la majorité ont connu des percées extraordinaires, à l’image de l’UDP, El Karama; AND, Sursaut. Ces partis ont surtout percé dans les régions du Fleuve, empiétant avec un grand succès sur les plates-bandes de l’opposition, et le fief désigné des partis négro-africains.


Ainsi, après l’UPR, c’est l’UDP de la ministre Naha Mint Mouknass qui pointe, souvent devant Tawassoul, comme principale force politique dans la Vallée et dans d’autres régions du pays. En effet, sur la Liste Nationale des Femmes et sur la Liste Nationale Mixte, le parti UDP pointe en 3ème position en termes de voix, après l’UPR et Tawassoul. Elle est suivie de Karama qui pointe à la 4ème place, puis vient l’AND de Ould Moine, devant l’UFP et le RFD qui viennent en 5ème et 6ème position.
Paradoxalement, la Vallée a basculé avec armes et bagages dans le giron de l’UPR et de ses satellites, alors que ses populations négro-africaines étaient censées servir de fer lance à l’opposition dite radicale et aux partis d’obédience négro-africaine qui les ont toujours dépeints comme les parias de la Nation et les supposées victimes de politiques racistes et discriminatoires. A Bababé, Boghé, MBagne, ou encore  à Sélibaby, Ghabou, Ould Yengé, Mbout, Kaédi, Maghama, Mounguel, les populations ont massivement voté pour l’UPR; l’UDP; Karama et Sursaut.

Pourtant en 2013, les partis de la majorité ne faisaient que ramasser les miettes laissées par l’UPR, Tawassoul, APP et El Wiam. En 2006, l’UDP boxait dans la catégorie des poids plumes. Mais en une décennie, le parti de Naha Mint Mouknass est parvenu à s’asseoir un électorat fort et puissant. Quant au parti Karama, sa percée soudaine sur la scène politique reste énigmatique, car en 2013, ce parti avait obtenu certes 6 députés, mais il est parvenu aujourd’hui à damner le pion à bien de partis plus endurcis comme le RFD et l’UFP;

SAWAB, l’inattendu outsider

Birame lors de son déferrement du commissariat de Riadh (Photo IRA)


S’il y a un parti politique qui a créé la surprise au cours des scrutins du 1er septembre 2018, c’est bien le parti Sawab. L’extraordinaire ascension de ce parti d’obédience Baassiste, qui n’a jamais obtenu le moindre élu depuis sa création en 2004, est due essentiellement à son mariage avec l’aile politique du mouvement IRA et son alliance avec le leader antiesclavagiste Birame Dah Abeid. Malgré son incarcération à la veille du scrutin où il était tête de liste sur la Liste Nationale Mixte, le lauréat du Prix des Nations 2013 pour les Droits de l’Homme, restera le candidat le plus emblématique de ces consultations. Grâce à leur maîtrise de l’action sur le terrain, leur discipline et leur fougue, les militants d’IRA porteront le combat haut et fort. Grâce à eux; le parti Sawab compte désormais 3 députés à l’Assemblée Nationale, y compris un candidat qui a fait sa campagne à partir d’une cellule de prison, en plus de Coumba Dado Kane militante infatigable de la cause antiesclavagiste et du président du parti Adessalam Horma. Cela, sans compter les dizaines de conseillers municipaux et régionaux que le parti est parvenu à engranger. Selon un observateur averti de la scène politique, « la coalition Sawab/RAG, a presque obtenu le score de 8% cueilli par Birame Dah Abeid et IRA aux présidentielles de 2014 et le 1% traditionnel de l’électorat de Sawab »

Parmi les partis qui ont enregistré une importante perte de vitesse, le parti El Wiam de BoIdiel Ould Houmeïd et El Vadila de Outhmane Ebou El Maali. Si le parti El Wiam reste incontournable dans la région de Keur Macène, notamment à NDiago, il a perdu beaucoup de terrain sur l’échiquier politique national. En 2013; El Wiam comptait 10 députés à l’Assemblée Nationale et contrôlait l’importante commune de Rosso. Aujourd’hui, le parti peine à arracher un seul député; à moins qu’il ne remporte le duel qui devra l’opposer au second tour au candidat de l’UPR à Keur Macène. Idem pour El Vadila qui avait en 2013, trois députés, et qui se retrouve avec zéro député dans la prochaine Assemblée Nationale, tandis que son fief de Maghta-Lahjar est en train de lui être arraché par le parti au pouvoir. Autre parti en très grand recul, Hatem de Salah Ould Hanena, qui avait 3 députés en 2013 et la commune d’Aïoun. Mais les années de boycott au sein de l’opposition lui a fait perdre l’essentiel de son électorat de base. Aujourd’hui, faute d’avoir pu obtenir le moindre siège au parlement, il lutte pour récupérer Aïoun.

Alors que les épreuves décisives se préparent pour le second tour du 15 septembre 2018, la Mauritanie s’apprête à vivre sous une scène politique entièrement remodelée, avec en perspective de spectaculaires rebondissements politiques qui préfigureront l’image du pays après 2019.

Cheikh Aîdara


Rapport de HumanRights Watch sur les violences sexuelles en Mauritanie

Cet article est une reprise de celui publié par mon confrère Bakary Guèye sur son blog : https://bakary.mondoblog.org

L’ONG américaine de défense des droits de l’homme, HumanRights Watch a convoqué une conférence de presse mercredi à Nouakchott, au siège du FONADH (Forum des Organisations Nationales des Droits Humains). A l’ordre du jour, la publication d’un rapport sur les violences sexuelles en Mauritanie, rapport intitulé : « Ils m’ont dit de garder le silence »: Obstacles rencontrés par les survivantes d’agressions sexuelles pour obtenir justice et réparations en Mauritanie ».

Marche lors de l’Affaire d’une femme violée puis tuée à Nouakchott en 2012 (Crédit : haratineblogpost)

Ce rapport, a été présenté aux journalistes par une équipe de l’ONG américaine comprenant, Sarah Leah Whitson, Directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à HumanRights Watch, Eric Goldstein, Directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à HumanRights Watch, Candy Ofime, Titulaire d’une bourse Sandler, division Moyen-Orient et Afrique du Nord à HumanRights Watch et Hanan Salah, Chercheuse sur la Libye, division Moyen-Orient et Afrique du Nord à HumanRights Watch.

D’emblée, Mr Eric Goldstein, a remercié le FONADH pour avoir accueilli dans ses locaux cette rencontre et les autorités mauritaniennes pour leur collaboration et leur disponibilité. Il a par la suite présenté succinctement l’ONG dont le siège est à New York et qui couvre 90 pays à travers le monde. Human Rights Watch est affirme-t-il une organisation indépendante qui ne reçoit pas de fonds gouvernementaux et qui est financé par des mécènes et des fondations. L’ONG s’occupe d’une large panoplie d’activités liées à la défense des droits humains (défense des droits des palestiniens, des détenus de Guatanamo, etc).

Et pour revenir au rapport sur les violences sexuelles envers les femmes en Mauritanie, ce rapport met en exergue la situation précaire et intenable de ces victimes le plus souvent incomprises et mises au banc de la société.

Il souligne les affres d’une stigmatisation accentuée par une inadéquation des textes juridiques qui font que ces victimes sont systématiquement présentées comme des boucs émissaires par la police et par les autorités judiciaires. Et leur situation déjà si précaire est aggravée par l’absence d’une assistance judiciaire appropriée et d’une prise en charge médicale, psychologique voire sociale.

C’est ainsi que pour Sarah Leah Whitson, Directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à HumanRights Watch : « Les femmes et les filles mauritaniennes ne devraient pas courir le risque d’être emprisonnées, ou davantage stigmatisées, du seul fait qu’elles dénoncent des abus sexuels. » et Sarah d’ajouter : « Pour lutter contre les violences sexuelles, la Mauritanie devrait exiger que les forces de l’ordre et le système de santé publique cessent de traiter les victimes comme des suspectes, les soutiennent lors de leurs démarches judiciaires et de leur rétablissement, et traduisent les agresseurs en justice. »

Le rapport soulève un certain nombre de problèmes qui constituent une épée de Damoclès suspendue sur les têtes des victimes qui sont le plus souvent accusées de « Zina »(adultère) ; elles font face aussi au fait que la question est taboue mais aussi à une stigmatisation prégnante. Par ailleurs il n’y a pas d’espaces aménagées pour accueillir ces victimes ; et sur le plan médical, les procédures sont très chères et en Mauritanie, il n’existe qu’un seul médecin pratiquant la médecine légale.

Le rapport invite le gouvernement mauritanien à promulguer le projet de loi sur le genre, un projet de loi qui devrait pénalise le viol et prohiber le harcèlement. Aujourd’hui même si le viol est pénalisé dans le code pénal, il laisse une grande marge aux juges. De ce fait, l’application du texte sur la violence liée au genre constituerait de l’aveu des responsables de Human Rights Watch une avancée significative car ce texte prévoit la mise en place de chambres  criminelles spéciales pour juger les affaires de violences sexuelles.

Il y a lieu de noter enfin que pour confectionner ce rapport, Human Rights Watch a interrogé 33 filles et femmes victimes de viol mais aussi des membres d’ONG, des avocats et de hauts responsables du gouvernement mauritanien.

Bakary Guèye

Rapport de HumanRights Watch sur les violences sexuelles en Mauritanie



Un nouvel Album de Coumba Gawlo

Le nouvel album  de Coumba Gawlo est un voyage de sensations au cœur des spécificités culturelles du pays. C’est un retour aux sources musicales dans lequel l’artiste instruite de ses pérégrinations  chante la richesse du patrimoine national et vante le brassage ethnique et culturel.

 

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En mettant en valeur les chansons traditionnelles des différentes ethnies, dans les langues d’origine, l’artiste partage une richesse méconnue et sillonne, avec sa voix, les contrées du pays dans un style unique, fait d’originalité et pureté, dans une orchestration mêlant les instruments modernes aux sonorités traditionnelles.

Le sens de cet album inédit appelant au brassage des cultures et des peuples comporte 14 titres inedits et traverse le Sénégal, de la Casamance au Sine Saloum en passant par la région orientale, le Boundou et le Fouta avant d’atterir à Tambacounda, puis Kedougou et enfin Kolda.

QUELQUES EXTRAITS DE L’ALBUM

https://youtu.be/TSs9kw-S-0c

https://youtu.be/jJrYLu1UO24

https://youtu.be/mwjexT8-A9k

https://youtu.be/UyQnd0kRXYc


Allaitement maternel : « Grâce à l’allaitement maternel exclusif, mes enfants n’ont jamais eu des problèmes de santé »

La Semaine internationale de l’allaitement maternel, célébrée cette année sous le thème « Bébé au sein Bébé sain »a été lancée en Mauritanie, le 16 août 2018, au niveau du Centre Hospitalier « Mère et Enfant »,sous le haut Patronage de la Première Dame, Mme Marième Mint Ahmed dite Tekber.

Mme Naha Mint Mouknass recevant des mains du Représentant de l’UNICEF une distinction (Photo AMI)

La cérémonie de lancement a été présidée par Madame Naha Mint Mouknass, Ministre des affaires sociales de l’Enfance et de la famille au nom de Monsieur le professeur Kane Boubacar ,Ministre de la santé ,en présence  de Monsieur  Hervé Péries, Représentant de l’UNICEF en Mauritanie, du Représentant de l’OMS , du Secrétaire général du Ministère de la santé, du Wali de Nouakchott  El Gharbya, de la Présidente de la Communauté Urbaine de Nouakchott ,du  Maire de la commune du Ksar, ainsi que plusieurs autres cadres et hauts responsables d’ONG et d’organismes nationaux et internationaux.

Les bienfaits de l’allaitement maternel

La Mauritanie a adopté depuis 2008, une Stratégie nationale pour la survie et le développement de l’enfant qui met l’accent sur l’allaitement exclusif dans les six premiers mois, à travers un changement de comportement de la mère, mais aussi celui de sa famille et sa communauté pour l’adoption de pratiques familiales essentielles pour sa survie. En effet les taux des mortalités infantile : 29 pour 1.000 et maternelle 582 décès maternels pour 100,000 naissances vivantes (MICS 2015) demeurent encore très élevés en Mauritanie, malgré les progrès enregistrés ces dernières années.

Parmi ces avancées, les taux importants d’allaitement exclusif au sein pendant les six premiersmois qui se situaient entre 2008-2012 à 45,9 % (source UNICEF), mais qui ont enregistré une légère baisse, 41,4 %, suite à l’enquête MICS 2015. L’allaitement continu à 2 ans pour les enfants de 20-23 mois est de 39,6 %, selon la même enquête.

C’est dans le cadre de la célébration de cette semaine internationale de l’allaitement maternel, que l’Association des Sages-femmes de Mauritanie a initié des journées d’éducation-sensibilisation dans trois Moughataas de Nouakchott, à savoir : Sebkha, Dar Naim et Toujounine.

Durant les séances, plusieurs Sages-femmes animatrices ont expliqué à leur auditoire l’intérêt de l’allaitement maternel exclusif au coursdes 6 premiers mois de vie du nourrisson, tout en insistant sur le bon positionnement du bébé et la bonne prise du sein. Et que les premières tétées sont plus bénéfiques pour le nouveau-né que tout autre aliment car le colostrum (qui est le premier lait) est excrément riche en vitamines A et protège contre les maladies. Selon elles, l’absence d’allaitement maternel dès les premiers instants de la vie a des conséquences dramatiques en termes de mortalité néonatale. Elles ont affirmé que le lait maternel réduit le risque de maladies chroniques de l’enfant. De même, ont-elles souligné, « laplupart des épisodes diarrhéiques et des infections respiratoires pourraient être évités grâce à l’allaitement maternel exclusif« .

Témoignages de femmes bénéficiaires de séances éducatives

« Grâce à l’allaitement exclusif que j’ai toujours pratiqué, mes enfants n’ont jamais eu des problèmes de santé » affirme Fatimetou Mint Mohamed, mère de trois enfants dont un nourrisson. Même son de cloche de la part de Khadija Mint Moustapha, la trentaine, qui affirme avoir toujours pratiqué elle-aussi l’allaitement au sein exclusif. Cependant, les animatrices ont dû répondre à plusieurs questions délicates.  Une jeune mère affirme avoir eu recours au lait artificiel, car son enfant ne parvenait pas à dormir la nuit.

Fatimetou Mint Mohamed et son bébé (Crédit Aidara)

« Depuis que j’ai commencé à le téter au biberon, il dort tranquillement » a-t-elle avancé. Recours auquel les sages-femmes l’ont dissuadé. Elles lui ont expliqué que cela serait peut-être dû au fait qu’elle ne prend pas la bonne position pour allaiter son bébé ou son impatience à le laisser téter le temps qu’il faut. « Le sein maternel n’est pas commeun robinet où il suffit juste de tourner un poignet pour voir l’eau se déverser. Il faut de la patience, positionner correctement le bébé et le laisser téter aussi longtemps ; c’est ce qui va stimuler les glandes et provoquer la production du lait » a souligné l’une des Sages-femmes animatrices. Une autre femme affirme avoir mal au sein, à cause de l’allaitement. Les animatrices lui ont expliquer que cela est dû à une mauvaise pratique de l’allaitement ; il faut que le mamelon et les deux tiers de la partie noire du sein soient saisis par le bébé, sinon, cela peut faire mal« . D’autres se sont plaints des effets négatifs ou du manque d’effet de certaines pilules de contraception. Des préoccupations auxquelles les animatrices ont apporté des réponses claires et satisfaisantes.

Les animatrices ont aussi développé les avantages de l’allaitement maternel aussi bien pour le nouveau-né, la mère, l’enfant et la famille. Elles ont cité à titre d’exemple parmi les avantages pour le nouveau-né, le développement harmonieux, la protection contre certaines maladies et la diminution des risques de mortalité infantile.Pour la mère aussi, la mise au sein immédiate permet, selon les sages-femmes, de réduire le risque d’hémorragie de la délivrance qui est l’une des premières causes des décès maternels. L’allaitement exclusif durant les six premiers mois est aussi un moyen d’espacement des naissances, ont-elles ajoutées.

Cheikh Aïdara

Séance à Toujounine (Crédit-Aidara)
Séance à Da-Naim