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Sélibaby créé son Comité de défense du droit de l’Enfant

Aux termes de deux jours d’atelier sur le travail des enfants dans la Wilaya du Guidimagha, les 16 et 17 juillet 2018, sous l’égide des autorités régionales avec l’appui du Bureau International du Travail (BIT), un Comité régional  de 20 membres pour la mise en œuvre du Plan d’Action Nationale pour l’Elimination du travail des enfants en Mauritanie (PANETE-RIM) a été créé.

Pendant deux jours, et avec l’appui technique du BIT,  les acteurs étatiques du Guidimagha, société civile et patronat, ont planché sur les problèmes des enfants dans la région, à la lumière du Plan d’Action Nationale pour l’Elimination du travail des enfants en Mauritanie (PANETE-RIM). Cet atelier organisé par le Ministère de la Fonction Publique et les débats qu’il a suscités, ont poussé les autorités locales à mettre en place par Arrêté en date du 17 juillet 2018, un Comité régional inclusif, dont la mission sera de renforcer le dispositif législatif, réglementaire et institutionnel pour une meilleure connaissance et application des textes juridiques en matière de lutte contre le travail des enfants, informer les acteurs à travers la sensibilisation, la communication et la mobilisation sociale et communautaire autour des actions engagées contre le travail des enfants et ses pires formes, renforcer le cadre partenarial de collaboration et de coordination au niveau régional, pour favoriser une implication effective de tous les intervenants dans le domaine de la protection et de la promotion des droits de l’enfant en général, et de la lutte contre le travail des enfants en particulier.

Le Comité sera chargé également de renforcer les actions au niveau régional contre l’exploitation des enfants victimes de travail et de ses pires formes, d’appuyer la réalisation d’activités génératrices de revenus (AGR) au profit des familles et des parents d’enfants victimes ou à risque.

Le Comité est composé de vingt membres présidés par le Wali, assisté par un vice-président, son conseiller chargé des Affaires sociales. Il s’agit de représentants des syndicats, du patronat, des directions régionales des Finances, des Affaires sociales, de la Jeunesse et Sport, de la Culture, de la Santé, de la Décentralisation, des Affaires islamiques, du Travail, de l’Association des maires, deux coopératives et de quatre ONG, dont ADIG.

Ce comité qui se réunit une fois par mois, sauf exception, devra élaborer un Plan d’action annuel de travail, faciliter le partenariat local, veiller à la coordination des actions, organiser des ateliers de formation, assurer le suivi de l’exécution du plan d’action et appuyer à la mobilisation des ressources.

Selon les chiffres avancés par le BIT, environ 200 millions de personnes sont touchées chaque année par des catastrophes et plus de 1 milliard d’individus dans le monde vivent dans des pays touchés par les conflits, dont un tiers sont des enfants. Ce sont ainsi des millions d’enfants qui sont astreints au travail.

En Mauritanie, 37 % environ des enfants sont concernés par des formes de travail, selon l’enquête MICS, avec des prévalences fortes dans les régions orientales du pays, notamment dans les deux  Hodhs et en Assaba, en particulier dans les zones rurales. Le PANETE-RIM 2015-2020, a été conçu dans ce cadre pour contribuer à l’élimination du travail des enfants sous toutes ses formes, malgré les problèmes financiers qui bloquent encore la mise en œuvre de cette initiative. En mettant en place un Comité chargé du suivi de l’application de ce plan d’action, le Guidimagha se distingue ainsi comme pionnière dans la lutte contre le travail des enfants en Mauritanie.

La persistance du travail des enfants en Mauritanie poussera ainsi M.Federico Barroeta, Point focal du BIT en Mauritanie, lors de la célébration de la Journée mondiale contre le travail des enfants le 12 juin 2017 à Nouakchott, à recommander la nécessaire mise en œuvre des textes nationaux et des conventions ratifiés par la Mauritanie, l’implication des acteurs déconcentrés de l’Etat, notamment les Inspections du travail, et l’amélioration des conditions économiques des familles, ainsi que la mise à disposition des ressources pour la mise en œuvre des plans et politiques nationales, notamment au niveau du Ministère de la Fonction Publique.

Cheikh Aïdara

 


De Nouakchott, Coumba Gawlo plaide pour le développement du Sahel

En tournée en Mauritanie dans le cadre de la 12ème édition de l’African Tour 2018, la Diva de la chanson sénégalaise et ambassadrice de bonne volonté des Nations Unies, Coumba Gawlo, était face à la presse à Nouakchott, le mercredi 18 juillet 2018. Au menu, un plaidoyer argumenté sur l’autonomisation des femmes et le dividende démographique au Sahel, des thèmes qui ponctueront, jusqu’au 21 juillet prochain, ses activités en terre mauritanienne.

Coumba Gawlo, entourée de Mouna (à gauche) et Seydou Nourou (Photo Aidara)

Dans le cadre de l’African Tour 2018 et un séjour de quatre jours en Mauritanie, du 18 au 21 juillet 2018 avec l’ensemble de son équipe, Coumba Gawlo, artiste et ambassadrice de bonne volonté des Nations Unies, a animé mercredi dernier à Nouakchott, une conférence de presse à laquelle a pris part près d’une trentaine de médias mauritaniens et étrangers, presse écrite et audiovisuel. La rencontre, ponctuée d’anecdotes et de boutades, dans une atmosphère de franches cordialités, a été marquée par l’intervention de Coumba qui a expliqué à son public le contenu du programme de sa tournée, soulignant que l’objectif est de lancer un plaidoyer en faveur de l’autonomisation des femmes et le dividende démographique, deux thèmes majeurs qui constituent le combat que mènent les six pays membres du projet SWEDD au Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso, Côte d’Ivoire et Tchad).

Elle a plaidé notamment pour l’espacement des naissances, l’indépendance économique de la femme, la scolarisation des filles, le retard de l’âge nuptial pour lutter contre le mariage des enfants, tout en indiquant le combat inlassable qu’elle mène depuis des années pour combattre d’autres pratiques traditionnelles néfastes, comme les mutilations génitales féminines, mais aussi les violences basées sur le genre.

Le Représentant de l’UNFPA (2ème à partir de la droite) Photo Aidara

Comme support de sa lutte, sa voix et son image, mais aussi son sens de leadership qui l’a poussée à fédérer d’autres artistes du continent dans ce combat pour la dignité et les droits des femmes, mais aussi des enfants.

Après cette introduction, Coumba Gawlo a répondu aux questions de la presse qui ont porté, entre autres, sur le taux élevé de la fécondité en Afrique, sur son expérience de terrain face aux réticences de communautés africaines réfractaires aux changements supposés exportés d’Occident, mais aussi face aux gardiens du temple de la tradition qui refusent de délaisser ce qu’ils considèrent être l’héritage des ancêtres, comme l’excision des filles et l’honneur d’avoir des familles nombreuses…Autant de pesanteurs qui l’ont amené à évoquer des victoires arrachées ici et là, au gré de ses combats, notamment au Niger et dans les profondeurs du Sénégal.

Vue partielle des journalistes au premier plan (Photo Aidara)

Coumba Gawlo était entourée, durant sa rencontre avec la presse, de deux artistes mauritaniens, Syedou Nourou et Mouna Mint Dendenni, mais aussi la jeune ambassadrice de bonne volonté de l’Unicef,  Khoudia (15 ans).

Avaient assisté à la rencontre plusieurs parmi ses partenaires, notamment le Représentant de l’UNFPA en Mauritanie, SEM.Saidou Kaboré et ses collaborateurs, des représentants d’autres agences des Nations Unies qui l’accompagnent dans cette tournée, OIM, UNICEF, Haut-Commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme, OMS et ONUSIDA, ainsi que des entreprises locales, Tasiast, Mauritel et Soboma.

Au programme de la tournée mauritanienne de Coumba Gawlo, un forum sur le thème du projet SWWEDD, un dîner-gala et un concert populaire au stade de Sebkha.

Cheikh Aïdara


Coumba Gawlo Seck à la rencontre du mouvement associatif féminin mauritanien

La grande diva de la musique sénégalaise, ambassadrice de bonne volonté des Nations Unies et actrice engagée pour la cause des femmes et des enfants en Afrique, Coumba Gawlo Seck, a reçu mardi 17 juillet 2018 à l’hôtel Azalaï de Nouakchott, une vingtaine d’associations féminines de la société civile mauritanienne,  notamment le Réseau nationale des associations des jeunes et l’Association des sportives et des sœurs unies, ainsi que d’autres organisations actives dans les questions du genre.

Coumba entourée des activistes féminins mauritaniens (Photo : Groupe Coumba)

La rencontre a eu lieu en présence d’un représentant du Ministère des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille, ainsi que des structures d’encadrement et de défense des droits des femmes

Cette rencontre qui s’inscrit dans le cadre de la préparation du Forum prévu le jeudi 19 juillet prochain sur l’Autonomisation des femmes et le Dividende démographique au Sahel, a été l’occasion pour Coumba Gawlo Seck d’échanger avec les jeunes filles et les femmes des associations de la société civile mauritanienne sur ce thème qui promeut le droit des femmes, leur insertion socioprofessionnelle, la scolarisation des filles, la lutte contre les pratiques traditionnelles néfastes, le mariage des enfants et les violences basées sur le genre, en particulier.

Cheikh Aidara


Irait-on vers une rupture définitive entre les 2 Ahmed ?

Tout porterait à croire que l’on s’achemine, à grand pas, vers une rupture définitive entre Ahmed OULD DADDAH et Ahmed OULD HAMZA. Les faits seraient là pour le confirmer et la plupart des analyses le laisseraient déjà entrevoir. Mais, pourquoi un tel scénario et comment y serait-on arrivé ?

Ahmed Hamza (à gauche) Ahmed Daddah (à droite)

Certes, entre Ahmed OULD DADDAH et Ahmed OULD HAMZA (deux poids lourds du RFD), prévaut, depuis, un certain temps, une mésentente latente.  Une mésentente qui aurait éclaté au grand jour, au cours des dernières réunions du directoire du RFD. En effet, toutes ces réunions auraient été, à chaque fois, marquées par un clash entre les deux hommes, suivi du retrait, à grand fracas, d’Ahmed OULD HAMZA de la réunion. Scénario qui se répéta avec acuité lors de la dernière réunion du directoire du RFD consacrée, notamment, à la décision définitive  de ce parti quant à sa participation aux prochaines échéances électorales du 1er septembre 2018. Au cours de cette rencontre, une vive altercation verbale aurait opposé Ahmed OULD DADDAH et Ahmed OULD HAMZA. Ce dernier, emporté, tapa du poing sur la table, avant de se retirer. Cette mésentente aurait atteint son apogée avec le boycott par OULD HAMZA de la conférence de presse organisée, le surlendemain, par le RFD pour confirmer sa participation aux élections de septembre 2018.

Un boycott que certains analystes politiques n’hésiteraient pas à mettre en rapport avec la situation de grande confusion qui régnerait au niveau du parti RFD qui aurait pu, selon ces analystes, profiter de ces scrutins de septembre prochain  pour confirmer son statut de premier parti de l’Opposition dans le pays. En effet, ces analystes spéculaient déjà sur un scénario idéal où Ahmed OULD DADDAH serait tête de liste nationale pour les législatives, Ahmed OULD HAMZA (en raison de sa longue et riche expérience à la tête de la CUN de Nouakchott et en raison, également, de sa grande popularité, en particulier, chez les jeunes et les femmes, au niveau de la capitale politique du pays) serait tête de liste régionale du RFD à Nouakchott. Quant à  la tête de liste du RFD pour la députation à Nouakchott, elle pourrait  revenir soit à OULD LEMATT (1er vice-président du parti), soit à Me ID (président du Manifeste Haratines). Mais à la grande surprise, OULD HAMZA, approché par certains cadres et militants du RFD, aurait refusé tout poste électif pour le compte de ce parti, lors des élections de septembre prochain. L’intéressé se réserverait-il alors pour plus important que ces élections, peut-être la présidentielle de 2019  ou ceci serait le prélude à son retrait définitif du parti RFD?

A rappeler que ce n’est pas la première fois qu’un clash éclate entre les deux hommes. Déjà en 2016, Ahmed Hamza avait claqué la porte du RFD. Voir l’article de L’Authentique publié en son temps : https://cridem.org/C_Info.php?article=681453

Sur un autre plan, plusieurs observateurs n’hésiteraient pas à s’interroger, aujourd’hui, sur la succession d’OULD DADDAH à la présidence du RFD et sur l’avenir de ce dernier. L’acuité de cette interrogation résulterait du fait que l’intéressé qui a déjà atteint la limite d’âge pour se présenter au scrutin présidentiel, n’aurait pas encore évoqué le choix de son futur dauphin. A cela s’ajouterait le grand risque que court le parti RFD de perdre, aux scrutins de septembre 2018, son statut de premier parti d’Opposition en Mauritanie ?  Un grand risque qui se faufilerait déjà à l’horizon, si l’on en jugeait par plusieurs manifestations dont, notamment, l’annonce assez tardive de la participation du RFD à ces scrutins, l’insuffisance de préparation du parti à ces derniers, son incapacité à présenter des candidatures au niveau de toutes les régions du pays  et son refus à coordonner ses activités politiques avec le FNDU, préférant faire cavalier tout seul. A ces facteurs s’ajourait, enfin, le manque d’attractivité de cette formation politique qui, jusqu’à présent, n’a pu attirer les nombreux mécontents de l’UPR qui auraient, de façon surprenante, préféré s’orienter, soit vers l’UDP (parti bien implanté dans la vallée et qui voit sa base se renforcer dans des villes où il était peu présent), soit vers le parti TAWASSOUL. Manque d’attractivité qui serait accentué par le différend entre OULD DADDAH et OULD HAMZA.

Quoiqu’il en soit, plus d’aucun penseraient que la rupture entre les deux Ahmed serait déjà consommée, s’interrogeant, en même temps, sur les raisons réelles des clashs  et altercations entre les deux hommes et ci-dessus mentionnés. Situation que rien ne justifierait, à première vue, si l’on se rappelle qu’Ahmed OULD HAMZA a toujours voué un grand respect pour Ahmed OULD DADDAH et s’est toujours comporté en fidèle membre et cadre du RFD. La seule explication que l’on pourrait, cependant, donner à  cet état de fait serait consécutive à une différence de tempérament chez les intéressés. Ainsi, au franc-parler habituel d’OULD HAMZA (celui-ci, disant haut ce qu’il pense et ne se laissant pas faire, romprait avec la docilité du 1er vice-président du RFD, OULD LEMATT, culture et nature de ce dernier obligent), s’opposerait le grand dirigisme et profond autoritarisme d’OULD DADDAH. Pour celui-ci, le RFD serait lui et lui serait le RFD. Où serait donc l’alternance, tant attendue, au sein de ce parti, à l’instar des formations politiques qui n’arrivent pas à se mettre au diapason de la bonne démocratie ?

Cheikh Aïdara