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Eliminatoires CAN U-20, la Mauritanie et le Nigéria dos à dos (1-1)

En éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations des moins de 20 ans (CAN U-20), dernier tour avant les phases finales prévues au Niger en 2019, les Mourabitounes juniors ont été contraints au nul (1 but partout) par des Super Eagles qui ont prié sur la pelouse du stade Cheikha Boidiya après ce nul concédé en déplacement.

Coupe d’envoi du match Mauritanie Nigéria (Photo Aidara)

Au cours de la conférence de presse d’après match, le coach nigérian, Manu Garba a déclaré qu’il savait que la rencontre allait être dure. « On savait que la Mauritanie, qui est parvenue à passer les deux caps précédents pour se retrouver à cette ultime troisième phase des éliminatoires ne pouvait être une équipe faible« . Selon lui, toutes les équipes ont progressé et il n’y a plus de petite équipe.

Pour Baye Bâ, le coach des U-20 Mauritaniens, « nous sommes encore en apprentissage, et ce soir, nous avons joué d’égal à égal avec une équipe du Nigéria dont le Palmarès est très connu« . Selon lui, les joueurs ont joué avec fierté, dignité et ont bien défendu les couleurs nationales face à une équipe qui est favorite pour la conquête du titre continental chez les juniors.

Conférence après match. De G. à Dr. : Sow Brahim Deyna (chargé de com. de la fédération), Baye Ba coach des Mourabitounes, Manu Garba coach des Nigérians et Toldo pour la traduction (Photo Aidara)

Ce qui est sûr, c’est que les spectateurs qui ont pris d’assaut dès les premières heures le splendide stade Cheikha Boidiya drapé de ses tribunes toutes neuves, ont assisté à un match palpitant et plein de suspens. Les Mourabitounes juniors ont tardé à entrer dans le match, se faisant dominer par une équipe du Nigéria qui a multiplié les contre-attaques, obtenant successivement deux corners, dont le dernier, décroché dès la 10ème minute sera fatidique pour les compagnons de Hacen Teguedi. En effet, c’est sur ce dernier corner, botté de la droite vers la gauche, que l’attaquant nigérian,  Abubakar Ibrahim, prolongera d’une jolie déviation de la tête, la balle au fond des filets de la cage gardée par Fall Amadou.

Mais la joie des Nigérians, et de leurs nombreux supporters résidant en Mauritanie, sera de courte durée, car trois minutes plus tard, à la 13ème minute, sur une action similaire, un corner joué de la droite vers la gauche des camps situés côté Direction de la Police, que le N° 9 des Mourabitounes, Mohamed Mohmed Salem, parviendra à prolonger la balle, après un cafouillage sur la ligne de but et au milieu de plusieurs jambes nigérianes. Le match s’emballera avec des contres de part et d’autres, et autant d’occasions manquées de corser le score pour les deux équipes, avec des Nigérians qui tentaient cependant de grignoter sur le chrono, pour conserver le nul. En effet, les protégés de Baye Bâ ont été, à plusieurs reprises, sur le point de marquer des buts, mais les finitions étaient toujours au-dessus des attentes.

Le public était venu nombreux (Aidara)

Pourtant, les deux coach ont mis tous leurs jokers en jeu, en deuxième période, avec les entrées côté nigérian de Nazifi Yahaya (N°7) à la place de Akila Jesse Jidima (N°9), dès la 46ème minute, puis au fil du match, Gata Adeshina à la place du buteur Akila, puis vers la fin du temps règlementaire, l’entrée de Aniekeme Okon à la place de Effiom Maxwell MichaeL.

Côté mauritanien, la sortie de Kamara et l’entrée de MBareck Oumar, puis celle de Mohamed El Abd Nouh à la place de Teguedi Hacen, un défenseur contre un milieu de terrain, puis celle de Jiyid Mohamed à la place du buteur Mohamed Mohamed Salem.

Malgré ces changements tactiques au cours du jeu et vers la fin, le score en restera là. Au coup de sifflet final, les Nigérians se sont prosternés sur la pelouse, heureux  de s’en être tiré à si bon compte. La qualification se jouera dans une semaine à Abuja.

Il faut juste se rappeler que les Mauritaniens se sont défaits des Marocains et des Guinéens dans les deux précédentes phases éliminatoires, alors que les Nigérians se sont défaits dans le tour précédent des Bissau Guinéens lors du match retour chez eux à Abuja (1-0) après le nul concédé à l’Aller à Bissau (2-2)

Cheikh Aïdara


La Ligne régionale de Hand-Ball de l’Assaba élit ses dirigeants

L’Assaba a installé vendredi 13 juillet 2018 les membres du Bureau Exécutif de sa ligue régionale de handball sous la supervision de deux hauts cadres de la fédération nationale.

Le premier vice-président de la Fédération nationale de Hand-Ball, M.Amadou Sarr et son Directeur technique, M.Mohamed Vall Bababa ont supervisé vendredi 13 juillet 2018 à Kiffa, l’élection de la Ligue régionale au niveau de la Wilaya de l’Assaba.

Dans le mot qu’il a prononcé à l’occasion, le premier Vice-président de la Fédération mauritanienne de handball a indiqué que son institution poursuit son programme d’installation des ligues régionales dans toute l’étendue du territoire national pour promouvoir la pratique du handball chez les jeunes, dans un programme plus vaste du Ministère des Sports qui tend à développer la pratique de ce sport collectif.

Pour sa part, le Directeur technique de la Fédération nationale de Handball, M.Mohamed Vall Babana a souligné que ce sport est déjà très implanté à Nouakchott et dans certaines grandes villes. Il a évoqué dans ce cadre la volonté politique clairement affichée de promouvoir la pratique sportive dans le pays, notamment l’intérêt qu’y attache le président de la République Mohamed Abdel Aziz, et les efforts inlassables déployés par le Ministère des Sports pour concrétiser cette volonté, mais surtout les actions de terrain menées par la Fédération nationale de handball pour relever le niveau de sa pratique sur toute l’étendue du pays. « Les jeunes de Kiffa profiteront largement de cette opportunité, par une formation de six jours  qui portera sur des communications orales et sur des exercices pratiques, pour qu’ils s’imprègnent des règles de base et des règlements de la pratique du handball » a-t-il indiqué. Il a ajouté que la fédération nationale affectera à la ligue régionale un entraîneur qu’elle mettra à sa disposition d’une manière fixe. Il a enfin invité la jeunesse de Kiffa à profiter de cette occasion pour faire éclore ses talents.

Au final, le bureau exécutif de la Ligue régionale de handball de l’Assaba a été élu, et ci-après les membres désignés :

  • Président : Sidi Mokhtar Mohamed Salem
  • Vice-Président : Houceine Mboirick
  • Secrétaire général : Youssouf Abdalaye Sy
  • Secrétaire général adjoint : Amadou Diarra
  • Trésorier : Amadou Tahardine Sarr
  • Adjoint Trésorier : Zouleikha Wane

Cheikh Aîdara et Ahmed Baba Ahmed Baba

 


Processus électoral, le Ministre de l’Intérieur démontre qu’il est le patron et non la CENI

Les masques sont vite tombés.  Les élections municipales, législatives et régionales prévues en septembre prochain seront contrôlés du début jusqu’à la fin par le Ministère de l’Intérieur.

Elections en Maurianie (photo d’archives RFI)

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) qui était sensée contrôler l’organisation et le suivi des élections municipales, législatives et régionales de septembre 2018 ne sera qu’un simple décor pour la consommation extérieure et un leurre jeté aux acteurs politiques. Le vrai patron de ce processus électoral est le Ministère de l’Intérieur. La démonstration vient d’en être faite : le Ministre a refusé d’entériner la décision prise par la CENI, pour répondre à une demande des partis politiques, de reporter de quatre jours le délai des dépôts de candidatures.

Ce premier scandale vient s’ajouter à la restriction des délais d’enregistrement sur les listes électorales. Initialement prévues pour deux mois, ils se sont finalement réduits à un seul. Autre élément troublant du micmac électoral qui se dessine et dans lequel tous les acteurs se sont jetés tête baissée, la nature non consensuelle de la composition de la CENI et la suppression unilatérale de l’ancienne liste électorale, remplacée par une nouvelle liste aux contours encore flous. Les résultats publiés suite à la dernière implantation du parti-Etat, l’UPR, affichent une liste présumée d’adhérents dépassant le million de personnes. C’est probablement elle qui servira à la confection de la liste électorale pour les prochaines élections, s’ils ne se greffent sur la nouvelle liste qui ne provoque guère d’engouement.

En effet, les déboires prévisibles de l’UPR, face aux nombreuses défections qui saignent ses rangs, à cause des mauvais choix portés sur des candidats souvent parachutés et rejetés par les bases du parti, pourraient être compensés par la machine de la fraude qui s’est déjà installée en aval, notamment cette mainmise déclarée du Ministère de l’Intérieur sur l’ensemble du processus électoral à venir. Cela pourrait peut-être expliquer la désinvolture avec laquelle l’UPR a choisi ses candidats, qu’ils plaisent ou pas à leur électorat de base ou à leurs cadres. Il est étonnant en effet de voir un parti s’engager dans des élections aussi cruciales et faire aussi peu cas de l’avis de ses adhérents. La seule raison envisageable à ce dédain, c’est que le parti se base sur des cartes occultes, en l’occurrence le soutien de l’administration territoriale qui aura sans doute le contrôle des élections. Dans ces conditions d’absence totale de transparence, doublée du refus déjà déclaré de la présence du moindre observateur international, les partis politiques risquent au finish d’être les dindons de la farce d’élections réglées d’avance au profit d’un système qui n’est pas prêt de lâcher le morceau ou de garantir une quelconque alternance politique au pouvoir.

Cheikh Aïdara


La Mauritanie célèbre la Journée mondiale de la Population sous le thème de la planification familiale

« La planification familiale est un droit humain ». C’est sous ce thème que la Mauritanie et le système des Nations Unies, notamment le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), ont célébré le 11 juillet 2018 la Journée mondiale de la Population, à l’heure où une nouvelle Politique nationale de la population est en cours d’élaboration pour répondre aux objectifs de la Stratégie de la croissance accélérée et de la prospérité partagée (SCAPP) qui définit la vision de la Mauritanie à l’horizon 2030.

Le Représentant de l’UNFPA et le SG du Ministère des Finnances, 2ème et 3ème à partir de la droite (Photo Aidara)

Nouakchott a abrité mercredi 11 juillet 2018 la cérémonie commémorative de la Journée mondiale de la Population, célébrée cette année sous le thème « la planification familiale est un droit humain« , et par laquelle l’Etat mauritanien, avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), fait de la dimension démographique un levier incontournable pour la capture de son dividende démographique.

Bientôt une révision de la Politique nationale de population

Vue d’ensemble des participants (Photo Aidara)

Cette cérémonie a été émaillée par plusieurs communications, dont trois en étroite relation avec les questions de population. La première a été présentée par le Directeur des stratégies politiques au Ministère de l’Economie et des Finances, M.Mohamed Taghra qui a rappelé la vision générale de la SCAPP et ses objectifs, en lien avec la Politique nationale de population en cours de révision, après celle de 2005 et de 2012. Il s’agit selon lui de tirer profit de la fenêtre d’opportunités qui s’est ouverte depuis 1988 pour la capture du dividende démographique, et dont la réalisation passera nécessairement selon lui par l’amélioration de la qualité de l’éducation, notamment celle des filles, l’autonomisation des femmes et des jeunes, l’amélioration et la disponibilité des services de santé, faisant ressortir le taux très élevé de la mortalité maternelle et infanto-juvénile, ainsi que du taux synthétique de fécondité. D’où, dira-t-il en substance, l’intérêt à intensifier les campagnes de sensibilisation en faveur de l’espacement des naissances, pour réduire de 25 à 30% le taux de mortalité maternelle. Il a indiqué dans ce cadre la création attendue d’un Observatoire du dividende démographique qui va assurer la veille sur les variables à prendre en compte.

La deuxième communication sur la « Planification familiale ou espacement de naissance en Mauritanie, avancées et perspectives » par M.Sidi Mohaled Abdel Aziz, Coordinateur du Programme national de la santé de la reproduction (PNSR), qui a fait ressortir les chiffres effrayants du taux de mortalité maternelle (582 pour 100.000 naissances vivantes), de la mortalité néonatale (29 pour 1.000) et de la mortalité infantile (52 pour 1.000). Selon lui, la prévalence contraceptive reste encore faible en Mauritanie, 17,8%, alors que les besoins non satisfaits en planification familiale sont de 33,6%, et l’indice synthétique de 5,1 enfants par femme.

Il a plaidé dans ce cadre pour le rétablissement de la ligne budgétaire allouée à la planification familiale, interrompue depuis 2015, ce qui prive selon lui la Mauritanie des financements extérieurs. Le Ministre des Finances aurait cependant promis, selon lui, de rétablir cette ligne budgétaire qui s’élevait avant sa suppression à 3 milliards UM. M.Sidi Mohamed Abdel Aziz a indiqué par ailleurs que malgré cette situation, la Mauritanie reste le seul pays de la région à offrir gratuitement les produits contraceptifs, soulignant que 60% des services de santé dans le pays offre une telle prestation, regrettant toutefois que les pilules représentent 50% des demandes au détriment des méthodes de longue durée, plus efficaces, mais qui intéressent moins de 10% des utilisatrices. Il s’est cependant félicité des efforts fournis par l’Etat, à travers des interventions ciblées et périodiques dans le domaine de la santé de la reproduction, l’institution de journées spéciales de planification familiale, l’adoption d’une loi sur la santé de la reproduction, les nombreuses formations du personnel médical, notamment les sages-femmes et les prestataires, et tout récemment la formation avec Track20 pour la coordination et le suivi. Il a également annoncé la mise en œuvre d’un Plan d’action 2019-2023 pour le repositionnement de la planification familiale, avec l’implication des hommes, des jeunes et des adolescents.

Le DD et cette insaisissable fenêtre à capter

Autre plan de la salle (Aidara)

La troisième communication, « Profil démographique de la Mauritanie et la contribution du SWEDD dans la capture du dividende démographique (DD) » a permis au Coordinateur du Projet SWEDD, M.Mélaïnine Ould Eyih, d’indiquer le déséquilibre entre le nombre de consommateurs et le nombre de producteurs actifs, avec une consommation de la population improductive (les moins de 29 ans), dépassant 26,7% du PIB. Il a également mis en exergue les disparités genre en termes de consommation et de part dans le Revenu national, entre les femmes et les hommes, mais aussi des disparités spatiales entre ruraux et citadins. Le SWEDD a contribué selon lui à encourager la scolarité des filles, avec le soutien apporté à 49.000 filles en classe d’examen (Brevet et Baccalauréat) en termes de cours de rattrapage, et les 2.600 bourses octroyées ainsi que les bus de transport mis à la disposition des élèves, mais aussi les 270 espaces sûrs en faveur de 6.500 femmes et jeunes filles.
Plusieurs autres communications ont été présentées, dont celle du Ministère des Affaires Islamiques qui trouve que l’ensemble des questions relatives à la santé de la reproduction, dont la planification familiale, trouve sa justification dans l’islam.

A noter que la cérémonie officielle de cette journée a été marquée par le discours du Secrétaire général du Ministère de l’Economie et des Finances, M.Mohamed Salem Ould Soueilem, qui a rappelé l’intérêt accordé par l’Etat mauritanien aux questions de population, citant la priorité qui lui est accordée dans la SCAPP et les efforts déployés depuis plus d’une décennie pour assurer le bien-être des citoyens ainsi que leur égal accès aux services sociaux de base, notamment l’éducation et la santé.

Auparavant, le Représentant de l’UNFPA en Mauritanie, M.Saidou Kaboré avait rappelé l’état alarmant des indicateurs démographiques (mortalité maternelle et infanto-juvénile), ainsi que les besoins non satisfaits en PF (+ de 33%), saluant au passage la volonté forte des pouvoirs publics mauritaniens de renverser la tendance, avant de livrer l’intégralité du message de la Directrice Exécutive de l’UNFPA, Mme Natalia Kanem, à l’occasion de la journée.

Cheikh Aïdara