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La Mauritanie post-2019 recherche leader politique désespérément

Alors que la Mauritanie s’achemine vers des lendemains politiques incertains, alternance ou 3ème mandat présidentiel en 2019, une seule question taraude les partenaires internationaux et les Mauritaniens : quel leader politique pour succéder à Mohamed Abdel Aziz ?

Forte répression de la police contre les militants d’IRA (Photo IRA)

Le peuple mauritanien croupit dans la misère et la pauvreté, ne sachant à quel Saint se vouer, mené en bateau par un régime politique rompu dans la manipulation, la torpeur des acteurs de l’opposition laisse une large manœuvre aux hommes du système. Eux ne se privent plus, spoliant les biens de l’Etat, se partageant le gâteau national, les prébendes, les marchés de gré-à-gré, les postes administratifs et les postes électifs, contrôlant le patronat, muselant les syndicats vindicatifs et la presse indépendante. Vaincue, la rue mauritanienne est devenue un large cimetière de silence et de soumission, où seuls dansent et chantent les loups-garous jamais rassasiés. Jamais une pointe de pitié pour les affamés de la République. Pire, ils se sont enhardis au milieu de ce désert des vaincus. Le terrain de la contestation a été abandonné par une opposition laminée, vieillissante, aplatie, dont les dirigeants cherchent à éviter le contact dans l’implacable combat politique que mène le régime mène. Résultat, ceux au pouvoir demandent toujours plus : la poursuite de la politique de sape, le maintien ad aeternam de leur homme-providence…

Qui relèvera le défi politique

Aujourd’hui la situation est dramatique. La question principale, pour les Mauritaniens comme les partenaires internationaux, est de savoir ce qu’il adviendra de la Mauritanie post-2019. Sur quel président futur reposer l’avenir de ce pays, après Mohamed Abdel Aziz ? Le leader providentiel semble en ce moment introuvable.

Doit-on le dénicher dans le camp de la majorité présentielle actuelle ? Qui ? Un gradé à la retraite ou un civil assez conscient des enjeux nationaux et internationaux ? Des noms ont été brandis, comme Moulaye Mohamed Lagdaf, Ahmed Ould Baya, Ghazwani

Doit-on le chercher dans les rangs de l’opposition dite modérée, ou dans celui de l’opposition dite radicale ?

Selon des confidences, les partenaires de la Mauritanie sont très inquiets de ce manque de leadership politique actuel en Mauritanie pour la relève après 2019.

Ahmed Ould Daddah ne pourra plus se présenter aux élections pour limite d’âge et a toujours refusé d’annoncer sa retraite politique, ce qui aurait permis peut-être de faire émerger un leader, comme Ahmed Hamza, qui aurait bien pu redonner espoir et souffle au RFD, déserté par la plupart de ces militants.

Idem pour Messaoud Ould Boulkheïr, atteint par la limite d’âge politique, et qui s’est lui aussi toujours cramponné à la tête de l’APP, ne laissant aucune chance aux jeunes cadres de son parti d’émerger, à l’image d’Ahmed Ould Samba.

Mohamed Ould Maouloud de l’UFP aurait pu faire un bon candidat. Mais son parti manque d’audience et n’a jamais pu engranger des scores significatifs dans toutes les consultations électorales qui se sont passées, bien que son parti soit le creuset de cadres aux expériences politiques avérées.

Les Islamistes ? Après le départ du charismatique Jemil Mansour, aucun candidat potentiel de ce parti proche des frères musulmans n’a assez de punch, ni de passé politique pour convaincre les Mauritaniens, et les partenaires internationaux s’en méfient.

L’opposition possède-t-elle l’homme providentiel ?

Reste peut-être Birame Dah Abeid. Un candidat qui ferait bien l’affaire de la communauté internationale. Son combat est soutenu par la quasi majorité des organisations de défense des droits de l’homme aussi bien au niveau des Nations Unies qui lui avaient décerné son Prix des droits de l’Homme en 2013, qu’au niveau européen, où le Parlement Européen, à plusieurs reprises, lui a ouvert ses portes et ses podiums.  Seulement, il risque d’être handicapé sur le front intérieur. La frange maure, celle qui détient tous les leviers du pays, ne voudrait certainement pas d’un activiste qu’elle considère hostile à sa communauté. Et une grande frange des Harratines et de Négro-africains dont la cause fonde pourtant le combat du mouvement IRA qu’il préside, ne voterait pas pour lui, pour plusieurs considérations. D’abord, beaucoup de Harratines plombés encore par des siècles de complexe et de soumission préfèreraient se courber devant un maure que devant un Hartani comme eux. Et une large frange des Négro-africains, pour des raisons historiques, ne voudraient pas également être dirigés par un Hartani.

Conscient de cette absence de leadership dans les rangs de l’opposition qui risque de laisser libre-court à un candidat qui pourrait sortir des rangs de l’actuel pouvoir, qu’il soit le président sortant dans un hara-kiri constitutionnel pour un 3ème mandat ou un homme de paille auquel les moyens de l’Etat, aussi bien financiers qu’humains seront mis à disposition, Birame Dah Abeid tente depuis son retour en Mauritanie de susciter un large front unique oppositionnel. C’est dans ce cadre qu’il s’est entretenu avec tous les leaders politiques, du FNDU à l’opposition modérée. Il tente aussi de rallier une bonne frange de l’élite religieuse et sociale de la frange arabe pour corriger l’image de cette communauté à son égard.

En attendant que l’opposition mauritanienne sorte de sa longue léthargie, Birame poursuit en solitaire son défi face au régime de Mohamed Abdel Aziz. Son mouvement IRA occupe présentement seul le terrain de la contestation sociale et politique. Jamais, militants de parti politique ou de mouvement des droits de l’homme en Mauritanie ne se sont autant sacrifiés que ceux du mouvement IRA, où les hommes et les femmes versent tous les jours ou presque, le même prix du sang et de la liberté.

Le 3 janvier 2018, le mouvement avait organisé une marche pacifique. Celle-ci s’est terminée avec plusieurs blessés et des arrestations.

Le 15 janvier 2018, la marche pacifique organisée par IRA pour dénoncer l’arrestation de ces deux militants, Abdallahi Maatalla Saleck et Moussa Birame, ainsi que celle de plusieurs autres prisonniers politiques, a été fortement réprimée. Plusieurs militants ont succombé sous la sauvage exaction des forces de l’ordre. Beaucoup de blessés et plus d’une dizaine d’arrestation dont la propre fille de Birame Dah Abeid et son gendre. En effet, Aïcha Birame, la fille de Birame Dah Abeid et Abou Diop, son mari, font partie des militants d’IRA passés à tabac et incarcérés dans les commissariats de Nouakchott suite à la marche du lundi 18 janvier dernier. Abou Diop en est sorti avec un repos médical de sept jours et une blessure grave au niveau de l’urètre et des parties génitales. Tous les prisonniers ont été libérés après deux jours de garde-à-vue avec des menaces policières si jamais ils recommenceraient. Au cours d’une conférence de presse organisée par IRA, quelques militants libérés ont livré des témoignages poignants, indiquant leur volonté ferme à poursuivre leur combat pacifique contre le régime de Mohamed Abdel Aziz.

https://mondafrique.com/mauritanie-violente-repression-contre-militants-anti-esclavag

Le 3 janvier 2018, le mouvement avait organisé une autre marche pacifique. Plusieurs blessés et des arrestations.

https://www.chezvlane.com/Marche-pacifique-reprimee-Communique-IRA-Mauritani

Aujourd’hui la Mauritanie est à la croisée des chemins, avec un pouvoir qui compte poursuivre sa chevauchée solitaire, tuant l’idéal démocratique dont les Mauritaniens s’étaient réjoui en 2005, suite au coup d’Etat qui avait mis fin à vingt et une année de dictature implacable de Ould Taya. La période de grâce n’aura hélas duré que deux ans, avec la présidentielle de 2006 qui porta Sidi Ould Cheikh Abdallahi pendant deux ans au pouvoir, avant que la Mauritanie ne retombe sous la coupole des généraux après le coup d’Etat de 2008. Une deuxième ère de dictature s’ouvrait alors, mais cette fois avec un régime au radicalisme féodalo-nationalo-esclavagiste avéré, doublé d’une tendance très forte au rigorisme salafo-wahabite qui effraie tous les démocrates, notamment les défenseurs des droits de l’homme et les anti-esclavagistes.

 

Cheikh Aïdara

 


Documentaire reportage sur l’esclavage par ascendance en Mauritanie

Cette vidéo est le résultat d’un reportage sur l’esclavage et ses séquelles.

Elle a été tournée fin octobre début novembre 2017 à R’Kiz et à Keur Macène au Trarza dans le cadre du Projet « Liberté, Droits et Justice : combattre l’esclavage par ascendance en Mauritanie«  exécuté par SOS Esclaves, sur financement du Département d’Etat des Etats-Unis.

 

 


Secret d’Etat : voilà le coût faramineux des nouveaux billets…

A ce jouraucun opposant radical ou non, de l’intérieur de l’assemblée ou de l’extérieur, aucun économiste mauritanien ou étranger, aucun consultant, personne n’a pu poser la question aux autorités compétentes pour les obliger à répondre à cette question élémentaire dans une démocratie : combien va nous coûter le changement de tous les billets en circulation ou juste de savoir combien y a-t-il de billets en circulation pour pouvoir contrôler leur destruction comme il faut…

L’état mauritanien n’imprime pas ses billets, il faut les acheter à l’étranger donc il y a forcément des factures et même si elles sont perdues, il suffit de demander aux entreprises qui ont conçu les billets. La question se pose plus que jamais car les billets en polymère sont les plus chers du marché ! Même les nations occidentales d’une autre force que la nôtre y vont  à petit feu, voir le lien qui suit à propos du Canada.  La Mauritanie, elle, a décidé du jour au lendemain de changer tous les billets : c’est une folie économique qui doit être motivée par une raison d’état encore inavouable ou quelques vils intérêts personnels vu les sommes faramineuses en jeu.

Secret d'Etat : voilà le coût faramineux des nouveaux billets...

La première question est de savoir pourquoi  l’état mauritanien ne veut plus travailler avec la société allemande qui n’a pas démérité ? Va-t-on nous expliquer tout d’un coup que la qualité allemande n’est plus au rendez-vous ? Ou que les allemands ont préféré perdre un marché faramineux à cause de tarifs pas compétitifs ? Qui peut le croire ? On note que bien des gens du pouvoir ont quelques liens de longue date avec le Canada, ne serait-ce que pour y avoir fait leurs études, le Premier ministre actuel en est, lui qui a passé 5 ans à l’école polytechnique de Montreal ( 1974- 1979 ), ce qui lui donne droit à la nationalité canadienne. Que sont devenus les amis polytechniciens ?

https://fr.ami.mr/Membre-Gouvernement-20

Certaines mauvaises langues parlent plutôt d’un refus des allemands de jouer le jeu des commissions à verser en douce pour avoir le marché vu qu’il s’agit d’une véritable fortune en euros ou en dollars.

Nous n’en saurons rien.

N’ayant aucun document, rapport, thèse récente d’un docteur en économie, aucun article d’un consultant compétent indépendant, ni même l’avis d’un Ahmed Ould Daddah ancien gouverneur de la Banque Centrale, pour avoir une estimation du nombre de billets en circulation en Mauritanie et surtout le prix de cette aventure nouvelle à base de nouvelle monnaie, il a fallu réfléchir autrement à partir d’information sûre et se livrer à un petit calcul.

Nous savons que la société qui a eu le marché c’est une société canadienne,  Canadian Bank Note (CBN)  qui fournit depuis 100 ans la banque centrale canadienne. Là, un article nous apprend que ces billets en polymère sont excellents mais coûtent une fortune. Les canadiens y sont allés petit  à petit. L’article nous permet de savoir le prix d’un billet en polymère sachant que la société canadienne ne saurait faire payer la Mauritanie moins cher que la banque centrale canadienne.

Ainsi «  La banque centrale ( canadienne ) a réservé 166 millions de dollars pour 675 millions de billets en polymère en 2013  » donc le prix d’un billet en polymère a été facturé 0,25 dollars soit au taux de la BCM actuel : 86 ouguiyas anciens le billet ! Rien que ça, cela donne le vertige en imaginant le coût de tous les billets en circulation en Mauritanie !

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/629844/banque-canada-billets-polymere-hausse-cout-exploitation

Il ne faut pas s’étonner que les banques en Mauritanie refusent de changer plus de 200 ou 300.000 anciens, le reste devient virtuel dans un compte à ouvrir dans une banque. L’état mauritanien n’a pas les moyens de payer une telle note qui s’étalera peut-être sur plusieurs siècles sauf si le gaz arrive, si on en croit les chiffres qui circulent venant de retraités de la BCM qui parlent d’environ 500 milliards de billets en circulation !

A ce tarif, tenez-vous bien, ça fera 100 milliards 263 millions d’euros ! Le budget de l’état est d’un peu plus 1 milliard d’euros. Même si ces chiffres sont revus à la baisse, cela reste complément dingue comme aventure tout d’un coup, tout changer.

Le bilan c’est que le mauritanien n’a plus le droit de garder son argent où ça lui plaît sous son matelas ou dans un coffre chez lui, il doit le rendre virtuel dans une banque car l’état n’a pas les moyens de changer tous les billets. C’est incroyable comme philosophie. Au-delà d’une certaine somme votre argent ne vous appartient plus. Soit vous le rendez virtuel dans une banque soit vous gardez du papier sans valeur.

On imagine que tous ces commerçants qui tiennent des milliards ont eu le temps de chercher une solution : même le CFA est devenu un refuge pour envoyer son argent ailleurs sauf que les stocks de devises sont limités en Mauritanie. C’est donc la panique : on achète à tout-va des terrains, des maisons, du bétail etc.

 Secret d'Etat : voilà le coût faramineux des nouveaux billets...
Conclusion : un billet de banque nouveau en polymère est facturé par cette société canadienne au minimum à 86 ouguiyas car elle n’irait pas faire un meilleur prix qu’à la banque centrale de son pays sachant que là-bas il n’y a rien à cacher en la matière : le citoyen voit ce qu’on fait de son argent.

Quant au nombre de billets, il est de toute façon faramineux pour un pays et à ce tarif c’est un coût colossal même par tranche ;  payé par qui ? dans quel compte sera écrite cette ligne quand nos technocrates vont  » jargonner » pour promener Aziz ?

On apprend que la dette du pays, selon un rapport de la banque mondiale aurait atteint  98% du PIB et on s’amuse à acheter un avion neuf autour de 112 millions de dollars, 2 fois le budget du ministère de la santé, 2 fois celui de l’intérieur, pendant que l’Algérie et le Japon se flattent de nous donner du riz pour la sécurité alimentaire, pendant qu’on gratte partout au PAM jusqu’à la FAO.

Plus dangereux que tout, il y a les délinquants civils en col blanc, les fameux technocrates qui s’amusent à berner les dirigeants ou en étant aux services de quelques tours de passe-passe qui tôt ou tard seront découverts à la lumière de la misère qui les entoure et du gouffre qu’ils construisent dans la vie du citoyen.

De toute façon, ce citoyen est fantôme, la majorité est trop pauvre pour entrer dans les chiffres de l’économie officielle dont se gargarisent le pouvoir et les experts internationaux le temps d’un petit saut à Nouakchott, un peuple domestiqué, divisé par des politiques criminelles pour mieux régner jusqu’à diviser les maures, un peuple avec pourtant une formidable capacité de résilience, un peuple capable de tout encaisser, tout endurer et qui n’aspire qu’à la paix, au progrès, un peuple livré à l’ignorance, ou à la divagation d’une élite incapable de penser et de vivre sans s’accrocher à des idéologies extérieures à la culture tranquille du terroir et qui à la source ne sont déjà que désastre, un peuple livré aux fanatiques qui prennent leurs ordres à l’étranger.

Après 10 ans jour et nuit à commenter l’actualité, en mettant en lumière des insuffisances quand on les voit, en faisant des propositions au prix du rêve que quelqu’un les prendrait au vol, c’est le cas de le dire, pour un peu de progrès dans ce pays, je n’ose croire qu’en fait il ne s’agirait que d’un petit campement qui profite à quelques-uns n’ayant pas le temps de penser à autre chose que s’en mettre plein les poches car au fond on ne risque jamais rien de sérieux quand on est du sérail.

Quel gâchis venant d’un régime militaire civilisé tout puissant sur 4 millions de misérables avec une opposition de hâbleurs. On peut être un roi mais en ayant un royaume qui brille et non un roitelet qui flambe à la tête d’un campement qui croule sous la dette et la folie des grandeurs.

Nous verrons ce qui se prépare pour 2019. Un sursaut ou la suite des divagations… Si rien ne change, il faudra se taire et aller sauver sa peau comme tout le monde car la politique est une affaire sérieuse où les mots ne peuvent pas éternellement agacer les balles sans être le fer de lance de l’action.

VLANE

Source : https://www.chezvlane.com/Secret-d-Etat-voila-le-cout-faramineux-des-nouveaux-billets_a5743.html


CHAN 2018 : la Mauritanie sombre devant le Maroc (4-0)

En ouverture officielle du Total CHAN 2018 Maroc, ce samedi 13 janvier 2018, les Mourabitounes n’ont tenu que 65 minutes devant le pays organisateur. Ils ont sombré comme d’habitude dans les vingt-cinq dernières minutes de la rencontre, 4 buts à 0, dans un Stade Mohamed V de Casablanca archi-comble. Le coach, Corentin Martins, porte l’entière responsabilité de cette lourde défaite, lui qui a voulu coûte que coûte obtenir un match nul, en oubliant que la meilleure défense est l’attaque.

Hafidi perfore la défense inoffensive des Mourabitounes

Les Mauritaniens y ont cru jusqu’à la 65ème minute. Battre le Maroc devant son public. Cela aurait été un miracle face au pays organisateur du CHAN 2018, un match devant le public marocain et devant son Prince héritier ! Le Maroc possède un championnat et un palmarès très largement supérieur. Cela aurait en effet créé un grand séisme dans le monde du football africain, tout en offrant un précieux viatique pour le reste de la compétition. Hélas,  Corentin Martins a tué cet espoir en adoptant une tactique défensive qui n’est plus une recette dans le métier. Résultat, les Mourabitounes ont résisté, avec beaucoup de baraka, pendant 65 minutes, avant de sombrer, sans armes ni bagages, dans les vingt-cinq dernières minutes du match, encaissant coup sur coup quatre buts. Ayoub El Kaâbi à la 66ème minute, El Haddad 70ème, El Kaâbi à la 80ème puis enfin, le jeune prodige du WAC, Achraf Bencharki à la 92ème.

Finalement, le coach marocain, Jemal Selami – qui prédisait un match difficile face à la Mauritanie lors de la conférence de presse d’avant-match- doit être le premier à être surpris par la facilité avec laquelle ses joueurs se sont défaits des Mourabitounes. En quelques petites minutes. Les Mauritaniens ont en effet succombé à la malédiction du dernier quart, que Corentin Martins, en quatre ans de coaching à la tête de la sélection, n’est parvenu à vaincre que très rarement.

Une équipe fantôme

Bessam, Ely Cheikh Voulany, Palaye, Wade, Baghayoko et consorts n’ont été que l’ombre d’eux-mêmes. Pendant 90 minutes, les Mourabitounes n’ont nullement inquiété ni la défense ni le gardien de but marocain. Un seul tir cadré pendant toute la durée de la rencontre. Un axe défensif poreux que l’attaque marocaine a perforé à plusieurs reprises, s’offrant plusieurs occasions nettes de scorer. En réalité, l’équipe de Mauritanie était absente, effacée, inefficace, pratiquant un jeu amateur, avec des joueurs qui ont manqué d’engagement, de poigne, d’opportunisme et de hargne. Ils n’ont offert en définitive aucune joie ni à leurs supporters venus des confins du Royaume et de la Mauritanie, ni au public marocain venu découvrir un tigre que lui agitait sans cesse sa presse locale et qui se révéla être un tigre en papier.

Bessam, beaucoup d’espoir pesait sur ses épaules

Ainsi, à force de reculer dans leur moitié de terrain, avec une défense passoire, des ailes fragiles, un axe central fébrile et sans inspiration, un milieu effacé et une attaque fantomatique, les Mourabitounes ont pris la raclée à l’ouverture de la compétition du CHAN. Si Corentin Martins maintien cette tactique à la hussarde, les Mourabitounes sortiront de la compétition par la petite porte dès le premier tour.

Mais rien n’est encore perdu pour l’équipe à condition que le coach libère cette énergie extraordinaire des Mourabitounes, qui ne manquent ni de ressource ni de technique pour inscrire des buts.

La défaite des Mourabitounes devant le Maroc se réduit finalement à une grossière erreur de coaching. La sélection mauritanienne a été entravée, tenue par la bride, par des consignes techniques qui n’étaient pas les bonnes face à une équipe aussi offensive que le Maroc.

Résultat, pendant 90 minutes, les hommes du Roi se sont promenés sur leur propre moitié de terrain, avec toute la sérénité qui leur a permis de préparer tranquillement les offensives qui ont nourri la verve débordante de leur attaque.

Heureusement que les Mourabitounes s’en sont tirés à si bon compte. Si les Marocains avaient concrétisé toutes les occasions nettes qu’ils ont ratées, le score aurait pu être bien plus lourd.

Tirer les leçons

A Corentin Martins de tirer les leçons de cette cuisante défaite et d’offrir, au moins (à défaut d’une qualification), le vrai visage des Mourabitounes, celui qui a émerveillé les amateurs du ballon rond lors de leur première participation au CHAN 2014 en Afrique du Sud. Montrer enfin que la Mauritanie a bien progressé et que sa fédération a réellement apporté une touche nouvelle, qui mérite tous les éloges dont elle est l’objet.

Corentin Martins coach des Mourabitounes

Certes, le public mauritanien qui a suivi la rencontre à la télévision a été profondément déçu. Il  reste cependant toujours soudé derrière son équipe avec l’espoir que le staff technique arrivera à rectifier le tir face au Soudan et à la Guinée (respectivement le 17 et le 21 janvier prochain à Casablanca puis à Marrakech). Sinon, les jolis costumes avec laquelle la délégation s’est pavanée lors de son périple au Maroc, pourront ressortir sans se froisser de leur valise, dans les huit jours à venir pour le voyage retour à Nouakchott.

Cheikh Aidara