aidara

Mauritanie : Mise en place d’un système de surveillance mère-enfant

Le Ministère de la santé mauritanien fait de la santé de la mère et de l’enfant une de ses priorités dans les années à venir, d’où une hausse de 16 % du budget alloué au département pour son programme en 2018.

Consultation en DIUPP à Nouadhibou (Photo Aidara)

Face aux taux élevés de mortalité maternelle et infanto-juvénile, l’Etat mauritanien s’est doté d’un Système de Surveillance des Décès Maternels, Périnataux et de la Riposte (SDMPR) dont les grandes lignes ont été largement étayées lors d’un atelier organisé  le 22 octobre 2017.

En effet, en dépit de quelques progrès réalisés, la Mauritanie à l’instar de la plupart des pays de la sous-région ouest-africaine n’a pas atteint les cibles des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) à l’épilogue du compte à rebours le 31 décembre 2015, aussi bien en matière de réduction de la mortalité maternelle (encore à 582 décès pour 100.000 naissances vivantes, selon le RGPH 2013), de mortalité néonatale (29 pour 1000 selon l’enquête MICS 2015) et dans le domaine de la mortalité infanto-juvénile (34 pour 1000-MICS 2015).

C’est dans ce contexte que la Mauritanie a souscrit aux Objectifs de Développement Durable (ODD) et s’est dotée d’une Stratégie de Croissance Accélérée et de Prospérité Partagée (SCAPP) pour la période 2016-2030 qui va guider les orientations de développement du pays dans les quinze prochaines années.

Le Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) a été ainsi révisé pour soutenir la SCAPP et a été dédié à l’accélération de la réduction de la morbidité et de la mortalité maternelle, néonatale, infanto-juvénile, de l’adolescent et du jeune.

La mise en place d’un système national de surveillance des décès maternels, dans lequel les sages-femmes jouent un rôle central, constitue une occasion de mobiliser tout le partenariat local, national et international pour identifier, notifier et faire des revues sur le décès de chaque femme et de chaque nouveau-né, afin de proposer des mesures coercitives pour leur prévention.

C’est le lieu ici de relever les progrès réalisés par la Mauritanie dans le cadre de la redevabilité, notamment par  l’institutionnalisation de la surveillance par le Ministère de la Santé à travers un arrêté et la mise en œuvre d’une période pilote qui a démontré que des structures au niveau national ont pu améliorer leurs services en appliquant les recommandations. Deuxièmement, la mise en place de comités de surveillance des décès maternels dans certaines régions du pays.

Deux importants documents sont attendus dans ce cadre, un Plan d’action budgétisé de la SDMPR et les Directives de sa mise en œuvre. Il s’agira par la suite d’engager un plaidoyer solide pour la mobilisation des ressources financières nécessaires à la réussite de la stratégie.

Cheikh Aidara


U-17 : Match nul en amical entre la Mauritanie et l’Algérie

Les U-17 de la Mauritanie ont concédé le nul face aux Algériens lors du match amical qui a opposé les deux formations, vendredi 29 décembre 2017 sur la pelouse du Centre technique national Sidi Moussa à Alger.

Les U-17 de la Mauritanie (Photo Koora)

Les Algériens auraient pu remporter la manche s’ils n’avaient pas raté un pénalty concédé dans le cours de jour, rapport le site algérois «Dzfoot». Les deux équipes croiseront de nouveau le fer le 2 janvier 2018, d’après les mêmes sources.

U-17 de l’Algérie (Photo Dzfoot)

Par ailleurs, le site Koora souligne que cette rencontre entre dans le cadre de la préparation des deux équipes en vue des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations pour les moins de 17 ans (CAN U-17) prévues courant 2018.

Les U-17 mauritaniens se trouvent depuis quatre jours en Algérie pour préparer ces échéances sous la houlette du coach Sid’Ahmed Teguedi. Cette préparation en Algérie fait suite à celle tenue en Tunisie.

Il faut dire que les U-17 Mauritaniens ont eu un parcours en dents de scie dans les compétitions africaines, et cela depuis 2012. Ainsi, en 2016, les U-17 ont été éliminés au premier tour de la CAN par le Maroc, Aller 1 à 0 pour la Mauritanie et Retour 2 à 0 pour le Maroc. Avant cela, les U-17 avaient perdu en 2014 devant le Qatar (3-1), devant Djibouti  (4-3). En 2012, les U-17 perdront devant le Mali (5-1) alors qu’ils avaient remporté le match aller par 2 à 1.

Cheikh Aïdara


«Va-t-on laisser les justes, comme Ould Ghadde, combattre tout seul ? »

«Nous sommes face à un pouvoir familial et clanique, qui fait ce qu’il veut de l’argent public et de la loi fondamentale du pays ». C’est en ces termes que Birame Dah Abeid, président du mouvement antiesclavagiste IRA, a entamé la conférence de presse qu’il a animée en marge d’une visite qu’il a accordée  vendredi 29 décembre 2017, à la famille du sénateur Mohamed Ould Ghadde, embastillé depuis plus de cinq mois, en dépit de son immunité parlementaire.

Birame (turban noir) à côté du frère du Sénateur à sa gauche et sa droite, Mohamed Hamdi (Photo Aidara)

La famille du Sénateur Mohamed Ould Ghadde, arrêté depuis plusieurs mois et incarcéré à la prison centrale, a reçu vendredi 29 décembre 2017, la visite de Birame Dah Abeid, président de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), accompagné de ses principaux collaborateurs, Dah ould Boushab, Mohamed Hamdi et Khattri Ould Rahel, entre autres.

Se solidariser avec la famille de Ould Ghadde

Cette visite du leader abolitionniste entre dans le cadre de la solidarité que le mouvement IRA n’aurait eu cesse d’exprimer à l’endroit du sénateur et de sa famille. «Je suis là aujourd’hui pour desserrer l’étau autour du sénateur Ould Ghadde qui a choisi de sacrifier sa liberté pour que le peuple mauritanien puisse retrouver sa dignité, ses constances nationales et ses deniers publiés spoliés par un pouvoir qui confond le bien privé et le bien public » a déclaré Birame Dah Abeid, président d’IRA. Selon lui, le président Mohamed Abdel Aziz a fait de la Mauritanie sa propriété privée, jouant avec la Constitution selon ses humeurs et puisant dans les deniers publics dont il s’est accaparé lui, sa famille et son clan restreint.  «Ce n’est qu’en soutenant Ould Ghadde dans son courageux combat que nous pouvons mettre fin à ce diktat » a-t-il poursuivi.

Birame Dah Abeid a regretté par ailleurs que la classe politique et les élus aient démissionné face au laminage que leur fait subir le pouvoir de Mohamed Abdel Aziz. «Ce pouvoir veut dompter tous les Mauritaniens, châtiant tous ceux qui osent s’opposer à lui » a déclaré Birame qui cite les officiers supérieurs de l’armée mis au pas, les hommes d’affaires réduits en instrument docile, les chefs de partis et les médias muselés et pressurés face au rétrécissement du champ des libertés.

Le président du mouvement IRA a lancé un appel pour un sursaut national et un réveil de conscience du peuple mauritanien pour bouter Mohamed Abdel Aziz hors du pouvoir en 2019. «La seule alternative pour Aziz est de sortir par la grande porte et se contenter du privilège d’ancien président, ce qui pourrait le prémunir de poursuite avec en prime une couronne auréolée pour avoir facilité l’alternance pacifique au pouvoir dans le pays». Dans le cas contraire, dira Birame, il risque d’entraîner la Mauritanie dans une spirale d’incertitude dont lui seul et ses soutiens seront comptables devant le tribunal de l’histoire.

Gagner le défi de la résistance contre le pouvoir

Selon Birame, ce mal du pouvoir absolu ronge non seulement la Mauritanie mais beaucoup d’autres pays africains, créant les conditions du sous-développement, de la pauvreté et de l’arriération, terreau sur lequel progressent l’intolérance, le terrorisme et les crimes de toutes sortes.

La garde prétorienne de Birame (Photo Aidara)

Il a évoqué les actions que son mouvement a initié sur le plan international pour serrer l’étau autour du pouvoir mauritanien, citant la dernière session de la Commission parlementaire paritaire ACP-UE qui s’est tenue du 18 au 20 novembre passé à Haïti et qui prévoit d’envoyer en juin 2018 une délégation ad-hoc pour enquêter sur les nombreuses violations des droits de l’homme dans ce pays. «La Mauritanie se dirige vers une condamnation internationale, aussi bien au niveau de l’ONU, de l’Union Africaine que de l’Union du Maghreb Arabe » a-t-il précisé. Quant au niveau national, le mouvement IRA préparerait une suite d’actions en faveur des défenseurs des droits humains et des hommes d’affaires emprisonnés, notamment le sénateur Ould Ghadde, les deux militants séquestrés à Bir-Moghreïn, Moussa Birame et Abdallahi Maatala Saleck, en particulier.

Sid’Ahmed Ould Ghadde, a de son côté déploré les conditions dans lesquelles son frère est incarcéré, à la prison civile de Nouakchott, notamment son arrestation illégale malgré son immunité parlementaire, les fers dans lesquels il a été amené lors de sa première audience, les refus systématiques de visite ou les visites écourtées, ainsi que le refus de lui faire parvenir le repas familial.

La conférence de presse s’est déroulée en présence de Moussa Samba Sy, directeur de publication du «Quotidien de Nouakchott » et Ahmed Ould Cheikh, directeur de publication du journal «Le Calame » tous les deux assignés à Nouakchott sans possibilité de voyage, pour leur implication présumée dans le dossier controversé du sénateur Ould Ghadde, accusé de crimes transfrontaliers, entre autres chefs d’inculpation. Plusieurs autres sénateurs actuellement en liberté provisoire ainsi que deux syndicalistes sont aussi enrôlés dans cette ténébreuse affaire, à relent de règlement de compte contre des opposants.

Cheikh Aïdara


Capacités des sages-femmes mauritaniennes renforcées en santé maternelle et infantile

L’Association des sages-femmes de Mauritanie organise depuis le 10 décembre jusqu’au 30 décembre 2017, des activités dans le cadre du renforcement des capacités des prestataires en santé de la reproduction dans les trois Wilayas de Nouakchott, en plus du Gorgol, du Brakna et du Guidimagha.

séance de cours théoriques à la mauritanienne-femmes assises à même le sol- (Photo : ASFM)

Ces activités entrent dans le cadre d’un plan d’action élaboré en partenariat avec le Programme national de la santé de la reproduction (PNSR) avec l’appui financier du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA). Elles visent essentiellement à renforcer les compétences des prestataires dans le domaine de la santé de la mère et de l’enfant, notamment les consultations pré et post-natales, les accouchements assistés, l’espacement des naissances – aussi dite Planification familiale – avec des méthodes de longue durée.

Obtenir des prestataires bien formés

Ces activités initiées par l’Association des sages-femmes de Mauritanie (ASFM) se sont déclinées notamment en cours théoriques et en séances pratiques, avec des démonstrations et un encadrement technique immédiat sur le terrain. Des supports électroniques sur clé, proposant des références en rapport avec les cours ainsi que des guides mémoires ont été distribués aux participantes, ainsi que des affiches et autres supports physiques .

Séance pratique (Photo : ASFM)

Les séances se sont déroulées dans les établissements sanitaires, c’est-à-dire les hôpitaux, les centres et les postes de santé avec toutes les sages-femmes exerçant dans ces structures. Ces dernières ont été regroupées pour les cours théoriques et suivies pour l’encadrement technique et les démonstrations sur site sur l’ensemble des prestations citées plus haut, en plus de l’échographie, du bilan de santé et des examens médicaux nécessaires. Les sages-femmes ont également bénéficié de renforcement de capacité sur la prise en charge de certaines urgences obstétricales et néonatales qu’elles peuvent rencontrer au cours de leur exercice.

Cet atelier initié par les sages-femmes de Mauritanie entre dans le cadre plus global de la politique de santé du pays, notamment dans le domaine de la santé, de la reproduction et de la planification familiale. L’Etat mauritanien a toujours affirmé sa volonté à réaliser les Objectifs de développement durable (ODD) pour la période 2016-2030 et à consolider ses engagements dans le cadre du Partenariat de Ouagadougou et les objectifs de l’Initiative PF2020, notamment au cours de la rencontre de Londres de juillet 2017, visant à recruter plus de 2 millions d’utilisatrices nouvelles de la PF d’ici 2020.

 

Cheikh Aïdara