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6ème édition Festival Sagesses Populaires : une nouvelle race de jeunes conteurs mauritaniens est née

L’Institut Français de Mauritanie (IFM) a abrité le samedi 27 janvier 2018, la 6ème édition du Festival des Sagesses Populaires organisée par l’Association des conteurs mauritaniens, sous la houlette de Siré Camara et la participation du conteur français Ali Mergache. Cette soirée émaillée de contes a permis de faire découvrir au public, qui était venu très nombreux, de jeunes talents. Six d’entre eux étaient sur le podium et ont participé au concours final du meilleur conteur.  Ce prix qui porte le nom de Ly Djibril Hameth, poète, écrivain, dramaturge, éducateur et fondateur des écoles Diamly qui a quitté ce monde en 2015, a été finalement remporté par Mlle MBarka Diagne de l’Ecole Diamly qui s’est fondu en larmes à l’annonce des résultats, tellement l’émotion était forte.

La lauréate MBarka Diagne (en rose) fondant en larme à l’annonce des résultats consolée par ses camarades et les membres du jury (Photo Aidara)

Auparavant, le public formé essentiellement des écoles finalistes, DIamly, Ansar, Moctar Kelly, Ba Souleye, Zahra, El Mina 2 et l’Association des jeunes dynamiques, avait suivi le mot d’ouverture de la soirée prononcée par le Directeur de l’IFM, Raphaël Malara, celui de Mme Liza représentant l’USAID et l’OIM puis le mot de bienvenu et de remerciement de Siré Camara.

Par la suite, il y eut alternance sur le podium entre la vieille génération de conteurs constituée par Siré Camara et Oumar Diallo et la relève constituée par les six finalistes de la soirée, Mohamed Atigh et MBarka Diagne de l’école Diamly, Fatimata Ly de l’école Ansar, Aissa Sokhna, Ibrahima Kébé de l’école Ba Souleye et Maïmouna Sow de l’école Moctar Kelly. D’autres finalistes des éditions précédentes étaient également là, à l’image de Aldiouma Sao, Nadia Fall, Marième Diallo.

Une jeune conteuse en pleine action -Photo Aidara

Les récits tirés des sagesses populaires d’ici et d’ailleurs ont captivé l’assistance et ont permis de saisir la sagacité des tous petits qui complétaient avec brio les relances des acteurs. Le merveilleux et le rire ont dominé la salle, captivée dans un imaginaire fantastique dans lequel le talent des conteurs  les avait plongés.  Le fameux «Caméléon », l’un des meilleurs Slameurs du pays a également joué à fond sa partition, en sortant de ses bottes secrètes des histoires croustillantes.

Une partie du public (Photo Aidara)

Mme Khadi Mint Cheikhna, compagnon de route du défunt Ly Djibril, présidente d’une association culturelle et présidente actuelle du mouvement PEN-Mauritanie a rendu un vibrant hommage au parrain de la soirée dont elle a loué les qualités et l’apport considérable dans la culture et la cohésion nationale. A ses côtés se tenait la fille de Ly Djibril, Mme Thilo.

La soirée s’est achevée en apothéose sous le récit musical de Ali Mergache et son voyage qui ne finira pas, un voyage dans le fantastique et dans le rêve…

Le jury était composé de deux hommes de culture, Athié et Sidi Mohamed.

Cheikh Aïdara

 

 


Le Groupe des Journalistes Mauritaniens pour le Développement (GJDM) : Communiqué de presse

Il a été créé le 22 janvier 2018 à Nouakchott, une structure dénommée Groupe de Journalistes Mauritaniens spécialisé dans les questions de Développement (GJMD). Ce groupe compte mener des actions d’information, de formation et d’enquêtes de terrain sur les problèmes de développement auxquels la Mauritanie est confrontée depuis quelques années.

Il sera notamment question d’une part, d’analyser les problèmes de conceptualisation et de mise en œuvre des politiques socioéconomiques, de redevabilité et d’appropriation des instruments d’aide internationale, et d’autre part, de suivre l’utilisation des fonds accordés par les bailleurs et les partenaires, leur efficacité, leur efficience et leurs retombées sur les conditions de vie des populations mauritaniennes.

L’objectif général poursuivi par le GJDM est de procéder d’abord à un récapitulatif des faits socioéconomiques sur les dernières années, le comportement des acteurs économiques étatiques et non étatiques, ainsi que leur responsabilité dans la conduite des affaires du pays. Ensuite, il s’agira de suivre les actions en cours, dans l’optique d’accompagner l’exécution des Objectifs de développement durable (ODD) à travers la mise en œuvre des actions inscrites dans la Stratégie de croissance accélérée et de prospérité partagée (SCAPP) qui va déterminer les politiques de développement de la Mauritanie de 2016 à 2030.

Le GJDM ne se veut ni le gendarme ni le juge de la société. Il est un observateur averti et imprégné des questions de développement à la prise en charge desquelles il contribuera à travers des reportages et des enquêtes en apportant des analyses chiffrées en partant d’informations recueillies auprès des fournisseurs de données et des témoignages des populations.

C’est dans ce cadre que le Syndicat des Journalistes de Mauritanie (SJM) qui parraine le GJDM compte sur la contribution de l’ensemble des acteurs pour soutenir et accompagner le groupe dans l’exécution de sa mission. L’échange de données relatives aux différents secteurs de développement sera nécessaire pour faciliter l’initiative lancée par le GJMD. Il constituera, certainement, un complément précieux dans le cadre du suivi-évaluation des actions menées en matière de politiques nationales de développement et dans l’apport des partenaires, des bailleurs et de la communauté internationale dans les efforts menés par le pays pour assurer le bien-être de sa population.

Le GJMD est composé des journalistes suivants :

Mohamed Ould Bneïjara (Expert en développement)

Mohamed Ould Sneiba (Afrimag)

Khalilou Diagana (Quotidien de Nouakchott-Deutsch Welle)

Kissima Diagana (Initiatives News-La Tribune-Reuters)

MBaye Oumar (Actu-Dev)

Coordination : Cheikh Aïdara (L’Authentique)

Contacts : Tel. (00222) 46 51 77 59 / 22 62 27 25
Email : ckadara@yahoo.fr / cheikhaidara262@gmail.com


3ème Forum sur le BTP et l’expérience des «Chantiers-Ecoles »

Promouvoir l’employabilité des jeunes, combattre le chômage, l’insécurité et la migration, figurent parmi les objectifs saillants du Fonds fiduciaire pour l’Afrique financé par l’Union Européenne. Le 3ème Forum sur le BTP organisé mardi 23 janvier 2018 à Nouakchott par le Bureau International du Travail (BIT) cadre avec ces objectifs. Il a été consacré aux modèles d’expérience formation-insertion type «Chantier-Ecole». Les Treize communications animées durant la journée ont tourné autour de cette problématique.

Table officielle (gauche à droite, SG Ministère de l’Emploi, Point focal BIT, Ministre Education, Ministre Emploi, Ministre Fonction Publique, Chef de Coopération UE, Représentant PNUD (Photo Aidara)

«Les différents programmes d’intervention de l’Union européenne en Mauritanie permettent une synergie entre divers partenaires publics et privés, afin de mettre en place rapidement des formations professionnelles concrètes, grâce à la méthodologie de chantier école débouchant sur des emplois durables…».  Ce passage du discours de SEM Giacomo Durazzo, Chef de la Délégation de l’Union Européenne en Mauritanie, lu au cours de la cérémonie officielle par M.Hans Christian Beaumond, Chef de la Coopération, vient rappeler que «la création d’emploi décent, en particulier pour les jeunes, est une priorité » aussi bien pour son institution que pour la Mauritanie. Le secteur Bâtiment-Travaux Publics (BTP) offre dans ce cadre, selon les différents intervenants, des opportunités d’emploi et d’auto-emploi pour les milliers de jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail. Le modèle chantier-école permet dans ce cadre de fournir une réponse efficiente aux besoins de formations pratiques et de qualifications professionnelles conformément aux besoins d’un marché en pleine expansion.

Les participants, dont plusieurs acteurs de l’emploi et des délégués venus du Sénégal, du Burundi et de la Tunisie notamment, ont ainsi suivi au cours de la journée du 23 janvier 2018 consacrée au 3ème Forum sur le BTP, treize communications sur les expériences mauritaniennes et régionales en matière de formation et de gestion territoriale.

Capitalisation du Projet «Chantiers-école de construction routière »

Une partie de l’assistance avec au premier plan Sidi Mohamed Ould Cheikh, Coordinateur du PECOBAT (Photo Aidara)

Il a été surtout question de l’utilisation des matériaux locaux (terre, paille, pierre, etc) et de la revalorisation des modèles ancestraux de construction qui fondent le modèle développé par le Projet PECOBAT (Amélioration de l’employabilité des jeunes et des capacités des PME par le développement du sous-secteur du BTP en matériaux locaux et de la formation professionnalisante dans les chantiers écoles construction). Ce projet, qui est le premier à être financé par le Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique créé en 2015, s’inspire du modèle des Chantier-école d’entretien routier qui viennent de s’achever. La capitalisation de ce projet innovant a profité à environ 400 jeunes dans les domaines de la topographie, de la conduite d’engins et de maçonnerie, entre autres. L’occasion pour M.Housseinou Kassougué, Coordinateur du Projet Chantier-Ecole du BIT Mauritanie, de rappeler le contexte dans lequel cette expérience a été conduite, citant la volonté du BIT d’accompagner la réforme du secteur des transports, le développement d’une offre de formation destinée aux jeunes déscolarisée ou de niveau post-primaire, la tendance vers une meilleure qualité de formation axée durablement dans le dispositif national en matière de formation technico-professionnelle dans le secteur du BTP.

L’expérience du PECOBAT

M.Sidi Mohamed Ould Cheikh, Coordinateur du projet PECOBAT-BIT Mauritanie a développé le concept éco-construction qui est au cœur de la philosophie de ce projet axé sur l’utilisation de matériaux locaux et la revalorisation des constructions de type ancestrale qui ont, selon lui, prouvé leur adaptabilité au milieu, citant parmi les techniques utilisées le pisé, la bauge, l’adobe, la brique de terre compressée, le torchis, la terre-paille pour les joints et les enduis. Ce projet créé par le BIT et financé par l’Union européenne sur le 11ème FED vise, dira-t-il en substance, à construire un type d’habitat respectant l’environnement. Il a mis en exergue les potentialités de formation offertes dans ce domaine, ainsi que ses retombées en matière d’employabilité des jeunes et de renforcement des compétences des entreprises. Le projet PECOBAT s’aligne surtout, dira-t-il en substance, sur les documents stratégiques de la Mauritanie en matière de travail décent et sur la Stratégie nationale de l’Emploi de 2012 ainsi que sur les objectifs de la Stratégie de croissance accélérée et de prospérité partagée (SCAPP) 2016-2030.

La formation et partout la formation

Frederico Barroeta (de dos) en compagnie du Ministre de l’Emploi au cours de sa visite dans les stands (Photo Aidara)

Plusieurs autres communications ont été présentées, comme l’expérience du Sénégal en matière de formation professionnelle dans le domaine du BTP, avec l’intervention de M.Cyril Oscar Badji, Coordinateur technique au Centre de formation de la nouvelle cité émergente de Djamniadio. Egalement, l’expérience des chantiers-écoles en HIMO au Burundi et les impacts socioéconomiques des programmes d’infrastructures et de renforcement des capacités,  présenté par M.Olivier Chanoine. La Valorisation des acquis d’expérience (VAE) qui permettent de certifier des compétences acquises sur le tas a également fait l’objet d’une présentation faite par M.MBaye Sarr, spécialiste formation professionnelle et secteur privé au Sénégal.
A son tour, M.Mohamed Benothaman, expert en développement économique local au sein du BIT-Tunisie a livré l’expérience de la Tunisie à travers le Projet AZD initié dans cinq gouvernorats et 33 sites sur la base du modèle participatif DEL.
Les participants ont même eu droit à des exposés techniques sur les outils de diagnostic de développement économique et social comme modèle de gestion des infrastructures en lien avec le territoire ainsi que l’analyse territoriale, avec l’appui d’images satellites, d’images-photos et d’inter-réactivité avec les acteurs locaux, pour déterminer les besoins immédiats des populations et leur projection dans l’avenir. Ces exercices ont été livrées par M.José Manuel Baldo Mengal, expert en diagnostic territorial et Mme.Simon Nancy de «Entreprise d’en Haut».

Les jeunes formés sont venus avec leur CV (Photo Aidara)

A rappeler que les travaux du 3ème Forum sur le BTP qui se sont déroulés dans les locaux de l’Institut Universitaire Professionnel (IUP) de Nouakchott, ont été ouverts par le Ministre de l’Emploi, de la Formation Professionnelle, des Technologies de l’Information et de la Communication, M.Seydina Ali Ould Mohamed Khouna, en présence de ses homologues de l’Education Nationale, M. Isselmou Ould Sidi El Moctar Ould Lehbib et de la Fonction Publique, Mme Coumba Bâ, mais aussi du Représentant résident du PNUD, SEM. Mario Samaja et du Point focal du BIT en Mauritanie, M.Frederico Barroeta. Après l’ouverture officielle, les ministres ont passé en revue quelques images-photos d’élèves en chantier puis se sont rendus sous la tente où plusieurs élèves issus des dernières promotions lui ont montré leur C.V. L’opportunité était en effet offerte à ces jeunes tous frais qualifiés de rencontrer les professionnels du BTP pour d’éventuelles embauches.

Cheikh Aïdara


La Mauritanie post-2019 recherche leader politique désespérément

Alors que la Mauritanie s’achemine vers des lendemains politiques incertains, alternance ou 3ème mandat présidentiel en 2019, une seule question taraude les partenaires internationaux et les Mauritaniens : quel leader politique pour succéder à Mohamed Abdel Aziz ?

Forte répression de la police contre les militants d’IRA (Photo IRA)

Le peuple mauritanien croupit dans la misère et la pauvreté, ne sachant à quel Saint se vouer, mené en bateau par un régime politique rompu dans la manipulation, la torpeur des acteurs de l’opposition laisse une large manœuvre aux hommes du système. Eux ne se privent plus, spoliant les biens de l’Etat, se partageant le gâteau national, les prébendes, les marchés de gré-à-gré, les postes administratifs et les postes électifs, contrôlant le patronat, muselant les syndicats vindicatifs et la presse indépendante. Vaincue, la rue mauritanienne est devenue un large cimetière de silence et de soumission, où seuls dansent et chantent les loups-garous jamais rassasiés. Jamais une pointe de pitié pour les affamés de la République. Pire, ils se sont enhardis au milieu de ce désert des vaincus. Le terrain de la contestation a été abandonné par une opposition laminée, vieillissante, aplatie, dont les dirigeants cherchent à éviter le contact dans l’implacable combat politique que mène le régime mène. Résultat, ceux au pouvoir demandent toujours plus : la poursuite de la politique de sape, le maintien ad aeternam de leur homme-providence…

Qui relèvera le défi politique

Aujourd’hui la situation est dramatique. La question principale, pour les Mauritaniens comme les partenaires internationaux, est de savoir ce qu’il adviendra de la Mauritanie post-2019. Sur quel président futur reposer l’avenir de ce pays, après Mohamed Abdel Aziz ? Le leader providentiel semble en ce moment introuvable.

Doit-on le dénicher dans le camp de la majorité présentielle actuelle ? Qui ? Un gradé à la retraite ou un civil assez conscient des enjeux nationaux et internationaux ? Des noms ont été brandis, comme Moulaye Mohamed Lagdaf, Ahmed Ould Baya, Ghazwani

Doit-on le chercher dans les rangs de l’opposition dite modérée, ou dans celui de l’opposition dite radicale ?

Selon des confidences, les partenaires de la Mauritanie sont très inquiets de ce manque de leadership politique actuel en Mauritanie pour la relève après 2019.

Ahmed Ould Daddah ne pourra plus se présenter aux élections pour limite d’âge et a toujours refusé d’annoncer sa retraite politique, ce qui aurait permis peut-être de faire émerger un leader, comme Ahmed Hamza, qui aurait bien pu redonner espoir et souffle au RFD, déserté par la plupart de ces militants.

Idem pour Messaoud Ould Boulkheïr, atteint par la limite d’âge politique, et qui s’est lui aussi toujours cramponné à la tête de l’APP, ne laissant aucune chance aux jeunes cadres de son parti d’émerger, à l’image d’Ahmed Ould Samba.

Mohamed Ould Maouloud de l’UFP aurait pu faire un bon candidat. Mais son parti manque d’audience et n’a jamais pu engranger des scores significatifs dans toutes les consultations électorales qui se sont passées, bien que son parti soit le creuset de cadres aux expériences politiques avérées.

Les Islamistes ? Après le départ du charismatique Jemil Mansour, aucun candidat potentiel de ce parti proche des frères musulmans n’a assez de punch, ni de passé politique pour convaincre les Mauritaniens, et les partenaires internationaux s’en méfient.

L’opposition possède-t-elle l’homme providentiel ?

Reste peut-être Birame Dah Abeid. Un candidat qui ferait bien l’affaire de la communauté internationale. Son combat est soutenu par la quasi majorité des organisations de défense des droits de l’homme aussi bien au niveau des Nations Unies qui lui avaient décerné son Prix des droits de l’Homme en 2013, qu’au niveau européen, où le Parlement Européen, à plusieurs reprises, lui a ouvert ses portes et ses podiums.  Seulement, il risque d’être handicapé sur le front intérieur. La frange maure, celle qui détient tous les leviers du pays, ne voudrait certainement pas d’un activiste qu’elle considère hostile à sa communauté. Et une grande frange des Harratines et de Négro-africains dont la cause fonde pourtant le combat du mouvement IRA qu’il préside, ne voterait pas pour lui, pour plusieurs considérations. D’abord, beaucoup de Harratines plombés encore par des siècles de complexe et de soumission préfèreraient se courber devant un maure que devant un Hartani comme eux. Et une large frange des Négro-africains, pour des raisons historiques, ne voudraient pas également être dirigés par un Hartani.

Conscient de cette absence de leadership dans les rangs de l’opposition qui risque de laisser libre-court à un candidat qui pourrait sortir des rangs de l’actuel pouvoir, qu’il soit le président sortant dans un hara-kiri constitutionnel pour un 3ème mandat ou un homme de paille auquel les moyens de l’Etat, aussi bien financiers qu’humains seront mis à disposition, Birame Dah Abeid tente depuis son retour en Mauritanie de susciter un large front unique oppositionnel. C’est dans ce cadre qu’il s’est entretenu avec tous les leaders politiques, du FNDU à l’opposition modérée. Il tente aussi de rallier une bonne frange de l’élite religieuse et sociale de la frange arabe pour corriger l’image de cette communauté à son égard.

En attendant que l’opposition mauritanienne sorte de sa longue léthargie, Birame poursuit en solitaire son défi face au régime de Mohamed Abdel Aziz. Son mouvement IRA occupe présentement seul le terrain de la contestation sociale et politique. Jamais, militants de parti politique ou de mouvement des droits de l’homme en Mauritanie ne se sont autant sacrifiés que ceux du mouvement IRA, où les hommes et les femmes versent tous les jours ou presque, le même prix du sang et de la liberté.

Le 3 janvier 2018, le mouvement avait organisé une marche pacifique. Celle-ci s’est terminée avec plusieurs blessés et des arrestations.

Le 15 janvier 2018, la marche pacifique organisée par IRA pour dénoncer l’arrestation de ces deux militants, Abdallahi Maatalla Saleck et Moussa Birame, ainsi que celle de plusieurs autres prisonniers politiques, a été fortement réprimée. Plusieurs militants ont succombé sous la sauvage exaction des forces de l’ordre. Beaucoup de blessés et plus d’une dizaine d’arrestation dont la propre fille de Birame Dah Abeid et son gendre. En effet, Aïcha Birame, la fille de Birame Dah Abeid et Abou Diop, son mari, font partie des militants d’IRA passés à tabac et incarcérés dans les commissariats de Nouakchott suite à la marche du lundi 18 janvier dernier. Abou Diop en est sorti avec un repos médical de sept jours et une blessure grave au niveau de l’urètre et des parties génitales. Tous les prisonniers ont été libérés après deux jours de garde-à-vue avec des menaces policières si jamais ils recommenceraient. Au cours d’une conférence de presse organisée par IRA, quelques militants libérés ont livré des témoignages poignants, indiquant leur volonté ferme à poursuivre leur combat pacifique contre le régime de Mohamed Abdel Aziz.

https://mondafrique.com/mauritanie-violente-repression-contre-militants-anti-esclavag

Le 3 janvier 2018, le mouvement avait organisé une autre marche pacifique. Plusieurs blessés et des arrestations.

https://www.chezvlane.com/Marche-pacifique-reprimee-Communique-IRA-Mauritani

Aujourd’hui la Mauritanie est à la croisée des chemins, avec un pouvoir qui compte poursuivre sa chevauchée solitaire, tuant l’idéal démocratique dont les Mauritaniens s’étaient réjoui en 2005, suite au coup d’Etat qui avait mis fin à vingt et une année de dictature implacable de Ould Taya. La période de grâce n’aura hélas duré que deux ans, avec la présidentielle de 2006 qui porta Sidi Ould Cheikh Abdallahi pendant deux ans au pouvoir, avant que la Mauritanie ne retombe sous la coupole des généraux après le coup d’Etat de 2008. Une deuxième ère de dictature s’ouvrait alors, mais cette fois avec un régime au radicalisme féodalo-nationalo-esclavagiste avéré, doublé d’une tendance très forte au rigorisme salafo-wahabite qui effraie tous les démocrates, notamment les défenseurs des droits de l’homme et les anti-esclavagistes.

 

Cheikh Aïdara