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Eliminer la Pauvreté d’ici 2030 : les décisions politiques plombent les ambitions économiques

La Mauritanie est un pays atypique dans le monde, n’appartenant ni totalement à l’Afrique de l’Ouest ni totalement à l’Afrique du Nord, avec une très grande étendue de terre peu peuplée, vivant d’une économie de rente, avec un climat désertique difficile et où deux groupes ethniques se sentent exclus du pouvoir.

Nouakchott; la capitale sortie des sables

La définition est de Philip English, Lead economist de la Banque Mondiale ou Country Manager qui couvre le Sénégal, le Cap-Vert, la Guinée Bissau, la Mauritanie et la Gambie. C’était son mot introductif lors d’une rencontre avec une partie de la société civile mauritanienne en octobre 2015.

Une croissance Pro Pauvre

Face à l’ambition du gouvernement mauritanien d’éradiquer la pauvreté à l’horizon 2030, il semble optimiste, notant que la pauvreté a diminué depuis 1990, et plus particulièrement entre 2008 et 2014. Mais le paradoxe, selon lui, c’est que cette baisse de la pauvreté est réelle dans le milieu rural alors que le milieu urbain se paupérise, notamment dans les grandes villes comme Nouakchott, Nouadhibou, Zouerate, Rosso. Au niveau national, il note que la croissance paraît Pro Pauvre entre 2008 et 2014, avec l’augmentation de la consommation chez les pauvre et l’inverse chez les riches. D’où la question centrale qui se pose : comment expliquer cette évolution de la pauvreté ?

Une explication, serait qu’en milieu rural, le facteur solidarité jour un rôle d’’équilibre ainsi que l’apport permanent de la diaspora, sans compter le succès enregistré dans la promotion de la production agricole irriguée, le progrès dans le secteur de l’élevage et l’augmentation du prix du bétail, le transfert d’argent de plus en plus facile des villes vers la campagne. L’impact du programme EMEL dans l’amélioration du bien-être en milieu rural a été considéré de très insignifiant sinon nul. Dans les grandes villes, la migration vers Nouakchott et les grandes villes du Nord se serait fait au détriment de la capacité de ces centres urbains à créer des emplois pour les nouveaux venus. Ainsi, la pauvreté non monétaire aurait considérablement baissé, de l’ordre de 50%, selon les résultats de la dernière Enquête sur les conditions de vie des ménages (EPCV).

Les chiffres biaisés de l’éducation

Dans le domaine de l’éducation, les chiffres bruts dans le primaire cacheraient cependant une grande disparité par rapport au taux net de scolarisation. Si le taux de scolarisation brute dans le primaire prend en considération l’ensemble des enfants présents dans le fondamental sans considération d’âge (avec des 14 et des 15 ans), l’analyse du taux de scolarisation des enfants qui devaient normalement se trouver dans le primaire ferait ressortir un grand problème d’accès à l’éducation en Mauritanie, car ce taux serait inférieur à 40%, ce qui serait loin des chiffres avancés. Il existerait aussi de grandes difficultés encore pour l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, tout comme la parité genre reste encore un objectif non réalisé. En attesterait, ce chiffre de 0,644 affecté à la Mauritanie alors que la moyenne en Afrique Subsaharienne est de 0, 578. Ce serait aussi le cas dans l’accès des femmes au marché du travail dans la mesure où seule 26, 8% de Mauritaniennes ont accès à l’emploi.

Croissance concentrée

La croissance économique serait robuste en Mauritanie depuis 2000, avec un taux annuel de 4,5% ; elle est cependant très concentrée, tirée par l’export, les minéraux et la pêche ; elle est volatile, car elle a baissé à 3,1% en 2015 et pourrait remonter à 3,7% en 2017. La gestion macroéconomique est qualifiée de prudente par la Banque Mondiale, avec une augmentation des recettes fiscale, mais un surendettement trop élevé qui représenterait près de 80% du PIB. Les industries extractives représentaient 24% du PIB en 2013, à la fin de la période euphorique 2010-2013 où le prix du fer avait atteint des sommets historiques, marqués notamment par l’expansion de la SNIM. Une situation qui se serait beaucoup dégradée depuis la fin de la période de grâce.

Secteur primaire sauveur

La pêche ne serait pas non plus en bon embonpoint avec une flotte nationale vieillissante et en déclin qui représente à peine 37% du total des navires opérant dans les eaux, avec une valeur ajoutée limitée, seulement 10% de la production étant débarquée.

L’agriculture et l’élevage restent les deux principaux employeurs en Mauritanie, l’élevage représentant à lui seul 70% du PIB. Mais ces deux piliers de l’économie nationale seraient négligés, avec seulement 0,5% du territoire cultivable et seulement 20% des zones irriguées exploitées.

Climat des affaires faible

Le climat des affaires en Mauritanie est jugée très faible, avec une absence de dynamisme entrepreneurial et une position de 176ème dans le dernier rapport de Doing Business. Par contre, le secteur des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) serait en pleine expansion avec la libéralisation en cours. Le marché du travail serait en crise, avec seulement 39% de jeunes en âge de travail qui sont actifs, un taux qui a chuté à 35,6% en 2014. Le secteur informel serait le principal pourvoyeur d’emplois, 96%. Les salaires auraient cependant beaucoup augmenté.

Bonne gouvernance insuffisante

Dans le domaine de la Bonne Gouvernance, l’indice aurait chuté entre 2003 et 2013 se situant dans une moyenne beaucoup plus faible par rapport à l’Afrique Subsaharienne. En termes de protection sociale, seules 16% des subventions seraient affectées aux 40% des pauvres.

L’économie mauritanienne serait affaiblie par son manque de diversité, mines, fer, pêche, avec un risque environnemental lié aux changements climatiques et l’exclusion des pauvres. A cela s’ajouteraient un taux d’employabilité très faible, de mauvais rendements dans le domaine de l’éducation, une faible participation des femmes qui représentent plus de la moitié de la population et un manque de cohésion sociale.

Cheikh Aidara


4ème journée Championnat D1 : La Police cartonne et Teyssir Atar plonge à Nouadhibou

La 4ème journée du championnat national de Première Division de football s’est poursuivie dimanche 22 octobre à Nouakchott et à Nouadhibou.

Image de la rencontre FC Nouadhibou contre Teyssir d’Atar (Photo sur la page de Pape Amghar)

Ksarois et Nouakchott Kings se neutralisent

Deux matchs se sont déroulés sur la pelouse du Stade Cheikha Boydiya de la Capitale, Nouakchott Kings-ASC Ksar et AS Police-Deuz.

En première heure et sous une chaleur infernale, les Ksarois et les Nouakchottois de Kings se sont neutralisés sur le score de 1 but partout. Ce sont les protégés de Mohamed Salem Harouna dit Sneïdry qui ont les premiers ouvert le score sur pénalty.  Ils parviendront à maintenir cet écart jusqu’à la mi-temps.

En seconde période, Pape Seck a remis de l’ordre sans son écurie. Les deux équipes se maitriseront avec des offensives et des contre-offensives souvent maladroites enrayées par les défenses. Vers la 80ème, sur un tir-centre lumineux et trompeur, Mohamed Ahmed Aida, qui était rentré en seconde période égalisera pour Nouakchott Kings. La balle a ricoché sur le poteau gauche du gardien de but du Ksar, avant de rebondir sur l’autre poteau puis mourir dans les filets. Le score en restera là, sans beaucoup de spectacle jusqu’au sifflet final de l’arbitre de la rencontre.

La Police cartonne
Sur trois défaites d’affilée, la Police a engrangé ses trois premiers points en corrigeant sévèrement Deuz sur 4 buts à 2. En effet les Oranges ont très tôt trouvé les chemins des buts dès la 8ème minute grâce à un travail individuel de Cheikh Sidi Mohamed sur le flanc gauche. Trois minutes plus tard, sur un tir repoussé par le gardien de Deuz et mal repoussé par la défense, Sow Aly Demba doubla la mise.

Mais les protégés de l’entraîneur de Deuz, Doudou Ly  ne tarderont pas à réagir en réduisant le score à la 15ème minute par l’entremise de leur attaquant de pointe, Souleymane Sambeit.

Mais l’euphorie des coéquipiers de l’excellent  pivot de Deuz, Sidi Moulaye ne sera que de courte dure. Peu avant la pause, la Police signait son triplet par l’entremise de Djedjé Ange Michel.

Auparavant, l’équipe de Deuz était amputée de son gardien de but qui avait écopé d’un carton rouge pour une sortie dangereuse sur un attaquant de la Police. Mené au score et réduit à 10, l’équipe de Deux a été sauvée du naufrage.

En seconde période, la Police allait signer son quadruplé par le biais de Sy Abou qui avait travaillé le défenseur latéral, driblé le goal et envoyé le ballon dans la cage vide.

Les Policiers rateront d’ailleurs plusieurs occasion nettes de corser la facture, n’eût été la maladresse des attaquants à qui il a toujours manqué la dernière touche décisive. Alors que le public commençait à quitter les gradins et que le match semblait consommé, le jeune prodige de Deuz, Sidi Moulaye qui a créé du fil à retordre à la défense de la Police parviendra par un mouvement technique de haute facture suivi d’un tir bien cadré au ras du poteau droit, à inscrire le deuxième but de son équipe. Le score en restera là.

A Nouadhibou, le FC Nouadhibou était parvenu à emporter les trois points du match face aux jeunes promus de la D 1, Teyssir d’Atar, grâce à un doublé sur pénalty signé Ablaye Guèye.

A l’issue de cette quatrième journée, la Kédia de Zouerate et FC Nouadhibou prennent la tête du classement avec chacun 10 points, suivis de l’ASAC Concorde (7 points), ex-aequo avec la Garde, ASC Tijikja et Kaédi.

FC Teyssir d’Atar pointe à la 7ème place avec 6 points, suivi de Nouakchott Kings (5 points) et de Tevragh-Zeina (4 points), respectivement  8ème et 9ème. Ferment la marche, AS Snim, AJ Riadh, AS Police, ACS Ksar et FC Deuz.

Cheikh Aïdara  


L’appel de Bamako pour lutter contre l’esclavage toujours présent au Sahel

Plusieurs organisations de la société civile du Mali (Temedt, Infa-plus et Ikewane), ainsi que du Niger (Timidria) et de la Mauritanie (IRA), ont lancé à Bamako un appel réclamant la fin de toutes les formes d’exploitation, d’asservissement et d’esclavage dans le Sahel. C’était en marge d’un colloque tenu du 16 au 18 octobre 2017 à l’Université Badalabougou dans la capitale malienne. Cette réunion a eu lieu en présence d’experts et d’universitaires venus de plusieurs régions du monde, dont le président de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), Birame Dah Abeid, qui a fait le point sur la situation en Mauritanie.

Birame Dah Abeid au premier rang en costume sombre (Photo IRA)

Cet appel s’adresse aux gouvernements et aux acteurs de la société civile au Sahel, mais aussi aux organisations internationales et africaines, telles que la CEDEAO, l’Union Africaine, ou encore l’Union européenne et l’ONU.

Les participants évoquent le Sahel et mettent en avant une réalité : le Sahel est une des dernières régions du monde à connaître l’esclavage et ses pratiques assimilées, basées sur une fausse interprétation de l’Islam, enchaînant ainsi des millions d’individus dans les mailles de la servitude, sur la base des mêmes instruments idéologico-religieux que ceux qui sont utilisés par les mouvements terroristes. Force est de reconnaître qu’aujourd’hui encore l’esclavage est une réalité dans les pays du Sahel.

Les ONG des droits humains ainsi réunis ont appelé à la libération de deux activistes du mouvement IRA, Moussa Bilal Biram et Abdallah Maatalla Saleck, détenus depuis près de deux ans à Bir-Moghreïn. Elles ont aussi invité le gouvernement mauritanien à lever l’interdit sur les activités d’IRA.

Ils ont également invité le gouvernement du Niger à accélérer l’application de la loi 2003 qui criminalise l’esclavage, prônant ainsi la mise en place d’un « G5 Sahel » contre l’esclavage.

Au cours de la rencontre de Bamako, la maladresse du gouvernement mauritanien s’est de nouveau étalée au grand jour : un professeur d’histoire de l’Université de Nouakchott, que certains activistes d’IRA qualifient de «nègre de service » avait été sollicité, via l’ambassade de Mauritanie à Bamako, pour porter la contradiction à Birame Dah Abeid. Mal lui en a pris car face à ses dénis du fait esclavagiste en Mauritanie, des universitaires présents au colloque lui ont brandi sous le nez le rapport des différents Rapporteurs des Nations Unies sur les formes contemporaines d’esclavage. Le dernier en date (celui de  Philip Aston écrit après sa venue en Mauritanie) mentionne la persistance de l’esclavage en Mauritanie. Hué par le public, il est sorti de la salle et n’est plus revenu, selon les témoins.

Aujourd’hui, Birame Dah Abeid semble concentrer ses efforts sur le plan international, il avait auparavant suscité la polémique, après la réunion de la société civile sénégalaise à Dakar, qu’il avait finalement séché, alors que le ciel des relations entre la Mauritanie et le Sénégal menaçait de s’assombrir de nouveau…

Cheikh Aidara


Faux médicaments en Mauritanie, des milliards de bénéfices contre des milliers de vie

La Mauritanie risque d’être épinglée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) comme pays exportateur de faux médicaments. Une menace qui a poussé les autorités sanitaires à diligenter une enquête nationale dont le rapport reste encore confidentiel. Selon des fuites parues dans la presse, 60.000 à 100.000 tonnes de faux médicaments circuleraient sur le marché, malgré l’adoption d’une loi de 2010 jugée coercitive et la mise en place de mesures institutionnelles de contrôle. Au passage, ce sont des milliards d’ouguiyas qui seraient générés par ce trafic de la mort avec la complicité des pouvoirs publics.

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CC Pixabay

 

Les faux médicaments en Mauritanie ne sont pas un problème nouveau. Depuis la privatisation en 1981 du secteur des pharmacies, un trafic illicite de faux médicaments s’est développé, animé par des armées de commerçants véreux et souvent quelques officiers de l’armée. Ce juteux trafic n’a cessé d’attirer du monde, vu les énormes bénéfices qu’il génère, même si c’est au détriment de centaines de vies. Beaucoup n’hésitent pas à lier ce trafic au nombre élevé de cancers recensés en Mauritanie. Aujourd’hui, le nombre de malades mauritaniens du cancer dans les hôpitaux du Maroc, du Sénégal et de la Tunisie, pour ne citer que ceux-là, serait parmi les plus élevés dans la sous-région.

L’alerte a été donnée tout dernièrement, avec la menace brandie par l’OMS de classer la Mauritanie parmi les pays exportateurs de faux médicaments. D’où l’enquête précipitamment diligentée par le ministère de la Santé, qui s’est toujours vanté de la qualité des contrôles sur la qualité des médicaments vendus dans le pays. Le rapport encore confidentiel de l’enquête, selon des fuites obtenues par la presse, parle de 60.000 à 100.000 tonnes de faux médicaments qui seraient en stock ou en circulation. Une affaire grave sous-tendue par des réseaux fortement implantés qui bénéficieraient d’une totale impunité.

Des mesures inefficaces

Malgré la révision de la loi de 2008 qui ouvrait l’activité à tout Mauritanien et l’adoption en 2010 d’une nouvelle loi qui restreignait la vente des médicaments avec des sanctions sévères à la clé, le trafic n’a jamais cessé de s’étendre, de se diversifier et de prendre de l’ampleur. La Mauritanie commençait à traîner la vilaine réputation de plaque tournante des faux médicaments en Afrique de l’Ouest, menaçant dangereusement d’inonder les pays voisins. L’image des autorités politiques en prenait un sacré coup, elles qui étaient de plus en plus accusées de laxisme dans leur gestion de la forfaiture.

En quelques années, quelques 29 grossistes de médicaments et 700 pharmacies étaient décomptés pour une population de 3 million d’habitants. Au Sénégal, et avec 14 millions d’habitants, on ne compte qu’environ 6 grossistes, 5 en Côte d’Ivoire (19 millions d’habitants), 6 au Mali (14 millions). Dans les pays européens avec 50 millions d’habitants, on ne dénombre guère plus de 5 à 10 grossistes.

L’arsenal juridique et institutionnel mis en place semble avoir été conçu juste pour la décoration, avec un Laboratoire national de contrôle de la qualité des médicaments impuissant face aux lobbies des commerçants souvent couverts par des personnages clés de l’Etat, ainsi que la démission de la Direction des Pharmacies et des Laboratoires et la Direction des Douanes. Le reste de la chaîne semble tout aussi gangrenée, en l’occurrence la Centrale d’Achat des Médicaments Essentiels et Consommables (CAMEC) ainsi que les autres officines agrées.

Les causes du mal et ses racines

Sont mis en cause l’absence de contrôle aux frontières, la persistance de lacunes dans la législation, la faiblesse des services de contrôle sanitaire, la porosité des points de passage aux frontières et l’impunité qui couvre les trafiquants.

Les faux médicaments proviennent essentiellement de Chine, de l’Inde et des Emirats Arabes Unis. Mais la Mauritanie n’est pas le seul pays touché par ce mal. Tout le continent africain a été transformé en un énorme dépotoir de faux médicaments, mais la Mauritanie semble prendre la tête du lot. Les pharmacies à ciel ouvert y ont pignon sur rue. Ce sont de véritables réseaux qui se sont créés et développés tels une gangrène, en partant des gros importateurs, en passant par les grossistes, les détaillants et les ambulants. Pratiquement tous les médicaments semblent être touchés par le phénomène, des antalgiques aux antipaludéens, en passant par les dermocorticoïdes, les sildenafil (viagra), etc.

Des milliards d’ouguiyas de chiffres d’affaires sont en jeu et aucune ligne de la loi de 2010 n’est respectée, malgré les protestations des professionnels de la santé et des médicaments qui voient les ravages que ce trafic de la mort causent sur les patients mauritaniens. Beaucoup mettent en cause la complicité du ministère de la Santé et ses démembrements. « L’Etat mauritanien néglige la santé des Mauritaniens », déplorent certains d’entre eux. Ils vont plus loin et accusent les autorités de parrainer un trafic qui se déroule sous leurs yeux.

Moins chers, plus nocifs

Au lieu de vendre des médicaments homologués et prescrits par les médecins, certains pharmaciens proposent en général leur équivalent, moins cher, donc un faux. «J’ai toujours exigé de mes patients qu’ils achètent le médicament prescrit et non l’équivalent », indique le Dr Abdallahi, un chirurgien, qui a découvert que très souvent, les pharmaciens ne donnent pas le vrai médicament prescrit mais proposent aux malades un traitement moins cher, donc un faux médicament qui n’a aucun principe actif.

Les pauvres sont les principales victimes. Résultat, les malades mauritaniens ne guérissent jamais et risquent même d’attraper des maladies plus graves, dont le cancer.

Qu’il est loin le temps où les acteurs félicitaient le gouvernement mauritanien pour les mesures prises pour lutter contre les faux médicaments. C’était en 2008, à la création du laboratoire contrôle-qualité. Quelle euphorie avait aussi accompagné la fermeture en 2015 de trois grands distributeurs, accusés de vente de faux médicaments, en l’occurrence, Amal Pharma de Mohamed Ould Ebnou, député influent de l’UPR (parti au pouvoir), Origine Pharma et El Mina-Pharma de Dahah Ould Isselmou et de Maouloud Ould Mah. Un simple coup d’épée dans l’eau. Un répit. Le commerce de la mort a depuis lors repris son silencieux et sombre cours.

Cheikh Aidara