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CHAN 2018 : la Mauritanie se qualifie sur le fil du rasoir

Les Mourabitounes (équipe nationale de Mauritanie) sont passés in extremis au bord de l’élimination. En se faisant surprendre chez eux, ce dimanche 23 juillet 2017 à Zouerate, devant des centaines de supporters par le Libéria (1 à 0), les protégés de l’entraîneur français Corentin Martins ont failli payer cher l’euphorie d’une qualification supposée acquise depuis Monrovia où ils s’étaient imposés 2 à 0.

Les Mourabitounes lors de leur dernière séance d’entraînement sur le stade de Zouerate avant le match contre le Libéria (Crédit photo : FFRIM)

Les Libériens étaient venus à Zouerate (ville située à 700 Km au Nord de Nouakchott) déterminés à arracher une qualification presque perdue. Les Mourabitounes surfaient quant à eux sur un nuage d’une qualification déjà empochée. Les nombreuses occasions ratées par Beyguili et Bessam dans les premières minutes du jeu, conforteront les coéquipiers de Bakayoko, capitaine de l’équipe, dans leur euphorie. Mais le but encaissé dans les dernières minutes de la première mi-temps, sur une envolée de l’attaquant libérien, Christopher Jachso viendra leur rappeler que les poulains de l’entraîneur libérien James Debbah, n’étaient pas venus pour s’amuser. Ils étaient venus pour gagner.

La seconde mi-temps sera marquée par des échanges et des duels où la rudesse de la défense libérienne laissera des commentaires épiques sur les ondes de Radio Mauritanie, la seule station qui retransmettait le match en direct.

Devant les yeux des officiels venus assister à la rencontre, le ministre de la Jeunesse et des Sports, le Wali et le Maire central de Zouerate, le président de la Fédération mauritanienne de football et les nombreux supporters venus de Zouerate mais aussi de Nouakchott, Nouadhibou et plusieurs autres régions du pays, l’équipe des Mourabitounes a montré un autre visage que celui miroité à Monrovia.

Obligés de préserver leurs cages contre un second but libérien fatidique, les coéquipiers de Bakary Ndiaye, le sociétaire de Tevragh-Zeina dont le contrat avec l’équipe marocaine Al Hassani est d’ailleurs suspendu pour la cause, souffriront le martyr pendant les 45 dernières minutes. Certains parlent même d’un pénalty que les Libériens auraient obtenu et que l’arbitre malien n’aurait pas accordé. La tension dans le stade municipal de Zouerate était tendue et c’est dans une grande délivrance que le sifflet final de l’arbitre sonnera pour libérer tout un peuple. Quel supplice les Mourabitounes ont-ils infligé à toute une Nation !

Battus 1 à 0 chez eux, les Mauritaniens devront rapidement retrouver leurs esprits et leurs jambes pour se préparer au pire : une rencontre à domicile dans une vingtaine de jours, contre les Aigles du Mali. Et ça, c’est une autre paire d’histoire !

Cheikh Aïdara


La Mauritanie et le CHAN 2018 : l’obstacle libérien et le signe indien malien

Le chemin est encore semé d’embûches devant les Mourabitounes pour une seconde qualification historique au CHAN 2018 prévu en Ethiopie. Vainqueur au match aller contre le Libéria par 2 buts à 0, les Mauritaniens devront rester prudents lors du match retour prévu ce dimanche 23 juillet à Zouérate contre un adversaire qui va jouer son va-tout. Passé le cap libérien, les Mourabitounes devront ensuite vaincre le signe indien malien, leur bête noire qui les a déjà éliminés dix fois au cours des dernières années contre 6 nuls et seulement 4 défaites.

Arrivée de l’équipe nationale à Zouerate (Crédit photo : site alakhbar)

C’est ce dimanche 23 juillet 2017 que les Mourabitounes devront assurer leur ticket pour le deuxième tour des éliminatoires du CHAN 2018 réservé aux joueurs locaux. Auteurs d’un superbe match  à l’Aller au Libéria, où ils ont emporté les trois points de la rencontre après une belle victoire de 2 buts à 0, les protégés du français Corentin Martins devront jouer la prudence.

Evoluant chez eux et devant leurs supporters, l’équipe nationale devra s’attendre à une équipe du Libéria venu chercher la qualification à tout prix, n’ayant rien à perdre.

L’option de l’entraîneur libérien James Debbah est claire. Il va lancer ses attaques contre les cages mauritanien,es, en sollicitant ses meilleurs chasseurs, notamment Seku Conneh et William Jebor. Ce qui suppose, revers de la médaille, le risque d’alourdir l’addition, car l’attaque mauritanienne, sous la férule de Bessam, Beguili, mais aussi le milieu offensif, avec Dellahi, auteur du premier but à l’aller, pourraient se régaler. Un match très tactique est ainsi attendu à Zouérate où des centaines de supporters mais aussi des journalistes se sont rendus, donnant un air de fête à la cité minière.
Déjà, les pronostics prévoient une victoire des Mourabitounes par 1 à 0.
Les deux équipes ont bouclé leur dernier entraînement sur la pelouse toute neuve de Zouerate. A leur arrivée, les Mourabitounes ont eu droit à un accueil populaire.

Vaincre le signe indien malien

En cas de victoire, les Mourabitounes devront s’apprêter à affronter une redoutable équipe du Mali, vice-championne lors du dernier CHAN et qui vient de prendre une bonne option en battant samedi 22 juillet dernier la Gambie par 4 à 0 après un nul au match  Aller à Banjul. En effet, l’équipe nationale avait été éliminée justement au CHAN 2016 par le même Mali (1-1 Aller à Nouakchott et 2-1 au Retour au Mali). La Mauritanie était d’ailleurs sortie ces dernières années par le Mali au niveau de toutes les catégories.

Cheikh Aïdara

 


La FFRIM sur la sellette de la justice internationale : à l’affaire de la Concorde, succèdent le dossier de la Garde et la colère des acteurs du football national

Les instances du football mondial, la FIFA et la CAF notamment, se rendent compte de jour en jour que le titre de «bon élève de la classe », jusque-là attribué à la Fédération mauritanienne de football (FFRIM) n’est qu’un faux vernis.

Direction légitime de la Concorde (crédit : page facebook Concorde)

Les plaintes se succèdent jour après jour, devant les juridictions spécialisées de la FIFA et de la CAF en une cadence inquiétante de la part de clubs mauritaniens pour fustiger la mauvaise gestion du football mauritanien. La finale non jouée de la Coupe du Président de la République pour l’édition 2016-2017, une première dans les annales du football national, constitue en cela la goutte qui a fait déborder le vase. Immixtion dans le fonctionnement des clubs et confiscation d’associations, jalonnent ainsi le fonctionnement d’une fédération rompue dans la violation de ses propres textes et règlements.

Affaire de la Concorde

L’affaire la plus rocambolesque est celle de la Concorde. Voilà un club qui a été confisqué d’une manière illégale par le Président de la FFRIM avec la complicité de trois ex-membres du club pour masquer le détournement de 75.000 Euros issus du transfert de deux joueurs obtenu aux termes d’un contrat signé avec Levante UD, un club de 2ème division espagnole.

Ce scandale avait été largement commenté à son temps, en 2016, par la presse sportive nationale. Pour suivre la chronologie des faits, voir le lien : https://cridem.org/C_Info.php?article=695776.

A rappeler que le Président de la FFRIM serait directement impliqué dans cette affaire, dans la mesure où c’est lui qui avait exigé du club espagnol le transfert de l’argent dans les comptes de la fédération et non dans celui de la Concorde comme il était stipulé dans le contrat. Pour contraindre les Espagnols à se plier, il avait brandi une menace, celle de ne pas délivrer les CIT (Certificats internationaux de transferts) des deux joueurs, Aly Abeid et Hacen El Id, tout en déclarant que les dirigeants légitimes de la Concorde, en l’occurrence le président Dr.Bâ, n’étaient plus responsables du club. Cette dernière affirmation est paradoxalement rétroactive, car elle a été annoncée le 9 novembre2016, bien avant que le Dr.Bâ ne soit convoquée le 18 novembre 2016 puis sanctionnée le 29 novembre.

Dans la foulée, la fédération va imposer un comité de normalisation en choisissant arbitrairement 6 membres dirigeants du club. Quatre parmi ses membres démissionneront en mettant en exergue l’illégalité de ce comité. Ce qui n’empêchera pas la fédération de maintenir le comité opérationnel avec les deux membres restant, en violation de la règle la plus élémentaire en matière démocratique, la loi de la majorité. Ce sont d’ailleurs ces deux membres auxquels s’ajoutera un troisième qui aideront la fédération à faire main basse sur les  75.000 Euros de Levante UD sur la base de documents falsifiés. C’est suite d’ailleurs à cette affaire de la Concorde, que le club espagnol Levante UD, qui s’apprêtait à recruter Teguedi, Tangi et Dellahi, s’est désisté. Depuis lors,  il n’a plus essayé d’enrôler des joueurs mauritaniens.

Traînée par la Concorde devant la Chambre civile du Tribunal de Nouakchott pour cette affaire de 75.000 Euros du transfert de ces joueurs, la FFRIM a été sommée le 28 février 2017 de restituer cet argent plus les frais de justice y afférents. Mais la Concorde a fait Appel et a réclamé des dommages et intérêts.  Le verdict est attendu ces jours-ci. Mais Dr.Bâ ne compte pas s’arrêter là. Il promet de porter l’affaire au Pénal pour attaquer les trois membres qui avaient émis de fausses factures à l’origine du transfert des 75.000 Euros.

La Concorde n’est cependant pas le seul club que le président de la FFRIM a arraché à ses dirigeants. Il y a également l’affaire du club AJR de Moustapha Camara, qui s’est vu spolié de son équipe qu’il avait bâti avec beaucoup d’efforts.

Affaire de la Garde

L’affaire de la Garde n’a plus besoin d’être détaillée, tellement elle avait occupé et occupe toujours le devant de l’actualité sportive nationale. Voire le lien :

https://aidara.mondoblog.org/2017/06/10/affaire-garde-nationale-fc-nouadhibou-succession-dactes-delictuels/

Le dossier est aujourd’hui pendant devant le Tribunal Arbitral Sportif (TAS) qui va l’examiner en présence des avocats des deux parties, celui de la FFRIM et celui de la Garde nationale.

Contrairement aux rumeurs qui avaient évoqué la clôture du dossier pour vice de procédures, l’affaire sera bel et bien traitée par les autorités sportives internationales. Avec un dossier en béton aussi solide, l’avocat de la Garde ne manquera pas de démontrer toute l’arrogance d’une fédération qui fait fi non seulement des lois nationales en matière d’état-civil, mais aussi des textes qui régissent son fonctionnement.

Pour le secret de l’instruction, rien ne peut encore être dévoilé dans cette affaire mais l’avenir nous fixera sur le déroulé de cette plainte dont le verdict pourrait bouleverser la donne sportive au niveau national. Sans compter que la Garde se réserve le droit d’activer elle aussi l’aspect pénal de l’affaire, car il y a eu falsification de documents administratifs et de licence de football.

La grogne au sein des acteurs

Plusieurs clubs de football de 1ère et de 2ème division sont tellement écœurés par la gestion partisane de la FFRIM, que beaucoup pensent jeter l’éponge. En effet, beaucoup de dirigeants se demandent «pourquoi s’investir dans le football, si les jeux sont pipés et si les textes ne sont pas respectés».

Ainsi, le Championnat national pour la saison 2017-2018 pourrait réserver bien des surprises.
En effet, l’équipe de Tevragh-Zeina qui avait boycotté la finale de la Coupe nationale cette année pour s’insurger contre la gestion illégale de la réserve portée par la Garde contre le FC Nouadhibou, mais aussi les équipes de Toujounine, de l’Armée nationale, reléguée en seconde division et qui se sentent frustrées par le parti pris du président de la FFRIM pour son équipe, le FC Nouadhibou, tout aussi reléguable en seconde division, sont remontées contre l’instance dirigeante du football national. Il en va de même pour d’autres clubs comme la Police, ou encore certaines ligues nationales. Que dire alors des 14 clubs de seconde division injustement écartés de toute décision au sein de la Fédération, après le coup d’état contre le Statut de la FFRIM perpétré par le nouveau président pour verrouiller les textes et se maintenir ad aeternam à la tête de la fédération.

Les succès de l’équipe national ne sont pas imputables au Président de la FFRIM

Comme si on lui avait délivré un chèque en blanc eu égard aux performances du football mauritanien, le président de la FFRIM se croit tout permis. Ainsi, à chaque fois que des critiques légitimes lui sont faites sur la base de sa gestion personnelle du football national, ses supporters mais aussi certains naïfs de bonne foi, lui cherchent des circonstances atténuantes en brandissant les bons résultats des équipes nationales. C’est le lieu d’observer que d’abord, sans club, il n’y a pas d’équipes nationales, mais aussi que sans la volonté politique, de telles performances n’auraient pas été réalisées. S’il y a des mérites à distribuer par rapport aux avancées constatées dans le football mauritanien, il faudrait rendre hommage aux dirigeants des clubs de football. Sans les efforts consentis par ces dirigeants, en termes financiers, matériels et techniques avec beaucoup d’investissements propres, les équipes nationales n’auraient pas eu de bons joueurs pour afficher de bons résultats.

D’autre part, si les succès d’un président de fédération, parce que ses équipes nationales et ses clubs gagnent au niveau international, devaient le mettre au-dessus des lois et de la justice, le président de la Fédération espagnole de football, Angel Maria Villar ne serait pas aujourd’hui en prison pour malversations. Avec lui, les équipes et les clubs espagnols ont tout raflé, coupes du monde, coupes UEFA, Ligua, etc.  Mais qu’ont gagné les équipes et clubs mauritaniens, malgré les milliards dépensés, depuis que Ould Yahya dirige la FFRIM ?

Cheikh Aïdara

 


La Mauritanie s’ouvre à un contraceptif injectable

Le Sayana Press est ce nouveau contraceptif tout-en-un injectable, désormais disponible à bas coût pour offrir plus d’option de contraception aux femmes démunies dans les pays les plus défavorisés au monde, dont la Mauritanie. L’annonce en a été faite par la Fondation Bill and Melinda Gates, Pfizer et le Children’s Investment Fund Foundation (CIFF) depuis le 8 mai 2017.

Après le DIUPP (dispositif intra-utérin post-parten), voilà que la Mauritanie s’ouvre au Sayana Press, à l’image de 8 autres pays francophones, Mali, Niger, Sénégal, Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée et Togo. Il s’agit d’un nouveau contraceptif également connu sous le nom de «acetate de médroxyprogestérone » désormais disponible au prix garanti de 0, 85 dollars U.S la dose au lieu de 1 dollar précédemment. Cette réduction annoncée le 8 mai 2017 est le fruit d’un travail collaboratif de 3 organisations, Pfizer, Fondation Bill and Melinda Gates et CIFF afin d’offrir plus d’option aux femmes vivant dans les pays les plus défavorisés.

Cette réduction constitue surtout un développement notable pour les programmes et plans de planification familiale (PF) dans les 9 pays francophones cités et réunis au sein du Partenariat de Ouagadougou. Il s’agit d’un groupe de bailleurs de fonds clés qui œuvre depuis 2011 au repositionnement de la PF pour réduire la mortalité maternelle et infantile, afin de permettre la capture du dividende démographique nécessaire pour l’émergence économique.

Le Sayana Press a été déjà expérimenté dans une phase pilote au Burkina Faso, au Niger et au Sénégal. Ce qui a rendu les contraceptifs injectables plus disponibles au niveau communautaire, permettant ainsi à plus de femmes d’être servies dans leurs villages.

« Les femmes devraient recevoir des services de PF de qualité, où qu’elles vivent et devraient avoir accès à une gamme variée de méthodes contraceptives, afin de choisir celles qui leur conviennent le mieux » selon Fatimata Sy, Directrice de l’Unité de Coordination du Partenariat de Ouagadougou.

Faite en accord avec les ministères de la Santé des pays ciblés, l’introduction du Sayana Press a démontré une forte demande pour la méthode, notamment chez les jeunes femmes âgées de 20 à 24 ans, comme au Niger où 34% des doses demandées provenaient de cette tranche d’âge.

« L’annonce de Pfizer de réduire le coût du Sayana Press est une bonne chose. Nous aurons plus de disponibilité, parce que les ressources vont nous permettre d’avoir une plus grande quantité que nous mettrons à la disposition de la population. Ceci va nous amener à rendre disponible ces produits dans l’ensemble des structures habilitées à l’administrer » a déclaré D.Hassane Atamo, Chef de division service planification familiale au Niger.

Pour Mr Alain Kaboré, Chargé de programme Sayana Press à UNFPA Burkina Faso, « la baisse du coût de Sayana Press, entrainera naturellement la baisse du coût global d’implémentation du programme, et permettra aux pays qui ont des ressources limitées de pouvoir en acquérir davantage et profiter pleinement du potentiel qu’offre cette méthode innovante ».

Fatimata Sy exhorte les gouvernements, les partenaires tels que Pfizer et les bailleurs de fonds à continuer de travailler ensemble pour permettre une rapide disponibilité de Sayana Press à travers les pays du Partenariat de Ouagadougou et son intégration dans le panier des méthodes offertes aux femmes. Ceci est crucial selon elle pour atteindre les objectifs de la phase d’accélération et pour le bien-être général des familles dans la sous-région.

Cheikh Aïdara