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La FFRIM sur la sellette de la justice internationale : à l’affaire de la Concorde, succèdent le dossier de la Garde et la colère des acteurs du football national

Les instances du football mondial, la FIFA et la CAF notamment, se rendent compte de jour en jour que le titre de «bon élève de la classe », jusque-là attribué à la Fédération mauritanienne de football (FFRIM) n’est qu’un faux vernis.

La veille de la finale, le 17 juin 2017, le président de la FFRIM menace le FC Tevragh-Zeina de représailles s’il ne dispute pas la finale
De gauche à droite : Pape Amghar, Baliou Diagana, Ahmed Yahya, Mohamed MBeirick et Massa Diarra (Crédit photo ; FFRIM)

Les plaintes se succèdent jour après jour, devant les juridictions spécialisées de la FIFA et de la CAF en une cadence inquiétante de la part de clubs mauritaniens pour fustiger la mauvaise gestion du football mauritanien. La finale non jouée de la Coupe du Président de la République pour l’édition 2016-2017, une première dans les annales du football national, constitue en cela la goutte qui a fait déborder le vase. Immixtion dans le fonctionnement des clubs et confiscation d’associations, jalonnent ainsi le fonctionnement d’une fédération rompue dans la violation de ses propres textes et règlements.

Affaire de la Concorde

L’affaire la plus rocambolesque est celle de la Concorde. Voilà un club qui a été confisqué d’une manière illégale par le Président de la FFRIM avec la complicité de trois ex-membres du club pour masquer le détournement de 75.000 Euros issus du transfert de deux joueurs obtenu aux termes d’un contrat signé avec Levante UD, un club de 2ème division espagnole.

Ce scandale avait été largement commenté à son temps, en 2016, par la presse sportive nationale. Pour suivre la chronologie des faits, voir le lien : https://cridem.org/C_Info.php?article=695776.

A rappeler que le Président de la FFRIM serait directement impliqué dans cette affaire, dans la mesure où c’est lui qui avait exigé du club espagnol le transfert de l’argent dans les comptes de la fédération et non dans celui de la Concorde comme il était stipulé dans le contrat. Pour contraindre les Espagnols à se plier, il avait brandi une menace, celle de ne pas délivrer les CIT (Certificats internationaux de transferts) des deux joueurs, Aly Abeid et Hacen El Id, tout en déclarant que les dirigeants légitimes de la Concorde, en l’occurrence le président Dr.Bâ, n’étaient plus responsables du club. Cette dernière affirmation est paradoxalement rétroactive, car elle a été annoncée le 9 novembre2016, bien avant que le Dr.Bâ ne soit convoquée le 18 novembre 2016 puis sanctionnée le 29 novembre.

Dans la foulée, la fédération va imposer un comité de normalisation en choisissant arbitrairement 6 membres dirigeants du club. Quatre parmi ses membres démissionneront en mettant en exergue l’illégalité de ce comité. Ce qui n’empêchera pas la fédération de maintenir le comité opérationnel avec les deux membres restant, en violation de la règle la plus élémentaire en matière démocratique, la loi de la majorité. Ce sont d’ailleurs ces deux membres auxquels s’ajoutera un troisième qui aideront la fédération à faire main basse sur les  75.000 Euros de Levante UD sur la base de documents falsifiés. C’est suite d’ailleurs à cette affaire de la Concorde, que le club espagnol Levante UD, qui s’apprêtait à recruter Teguedi, Tangi et Dellahi, s’est désisté. Depuis lors,  il n’a plus essayé d’enrôler des joueurs mauritaniens.

Traînée par la Concorde devant la Chambre civile du Tribunal de Nouakchott pour cette affaire de 75.000 Euros du transfert de ces joueurs, la FFRIM a été sommée le 28 février 2017 de restituer cet argent plus les frais de justice y afférents. Mais la Concorde a fait Appel et a réclamé des dommages et intérêts.  Le verdict est attendu ces jours-ci. Mais Dr.Bâ ne compte pas s’arrêter là. Il promet de porter l’affaire au Pénal pour attaquer les trois membres qui avaient émis de fausses factures à l’origine du transfert des 75.000 Euros.

La Concorde n’est cependant pas le seul club que le président de la FFRIM a arraché à ses dirigeants. Il y a également l’affaire du club AJR de Moustapha Camara, qui s’est vu spolié de son équipe qu’il avait bâti avec beaucoup d’efforts.

Affaire de la Garde

L’affaire de la Garde n’a plus besoin d’être détaillée, tellement elle avait occupé et occupe toujours le devant de l’actualité sportive nationale. Voire le lien :

https://aidara.mondoblog.org/2017/06/10/affaire-garde-nationale-fc-nouadhibou-succession-dactes-delictuels/

Le dossier est aujourd’hui pendant devant le Tribunal Arbitral Sportif (TAS) qui va l’examiner en présence des avocats des deux parties, celui de la FFRIM et celui de la Garde nationale.

Contrairement aux rumeurs qui avaient évoqué la clôture du dossier pour vice de procédures, l’affaire sera bel et bien traitée par les autorités sportives internationales. Avec un dossier en béton aussi solide, l’avocat de la Garde ne manquera pas de démontrer toute l’arrogance d’une fédération qui fait fi non seulement des lois nationales en matière d’état-civil, mais aussi des textes qui régissent son fonctionnement.

Pour le secret de l’instruction, rien ne peut encore être dévoilé dans cette affaire mais l’avenir nous fixera sur le déroulé de cette plainte dont le verdict pourrait bouleverser la donne sportive au niveau national. Sans compter que la Garde se réserve le droit d’activer elle aussi l’aspect pénal de l’affaire, car il y a eu falsification de documents administratifs et de licence de football.

La grogne au sein des acteurs

Plusieurs clubs de football de 1ère et de 2ème division sont tellement écœurés par la gestion partisane de la FFRIM, que beaucoup pensent jeter l’éponge. En effet, beaucoup de dirigeants se demandent «pourquoi s’investir dans le football, si les jeux sont pipés et si les textes ne sont pas respectés».

Ainsi, le Championnat national pour la saison 2017-2018 pourrait réserver bien des surprises.
En effet, l’équipe de Tevragh-Zeina qui avait boycotté la finale de la Coupe nationale cette année pour s’insurger contre la gestion illégale de la réserve portée par la Garde contre le FC Nouadhibou, mais aussi les équipes de Toujounine, de l’Armée nationale, reléguée en seconde division et qui se sentent frustrées par le parti pris du président de la FFRIM pour son équipe, le FC Nouadhibou, tout aussi reléguable en seconde division, sont remontées contre l’instance dirigeante du football national. Il en va de même pour d’autres clubs comme la Police, ou encore certaines ligues nationales. Que dire alors des 14 clubs de seconde division injustement écartés de toute décision au sein de la Fédération, après le coup d’état contre le Statut de la FFRIM perpétré par le nouveau président pour verrouiller les textes et se maintenir ad aeternam à la tête de la fédération.

Les succès de l’équipe national ne sont pas imputables au Président de la FFRIM

Comme si on lui avait délivré un chèque en blanc eu égard aux performances du football mauritanien, le président de la FFRIM se croit tout permis. Ainsi, à chaque fois que des critiques légitimes lui sont faites sur la base de sa gestion personnelle du football national, ses supporters mais aussi certains naïfs de bonne foi, lui cherchent des circonstances atténuantes en brandissant les bons résultats des équipes nationales. C’est le lieu d’observer que d’abord, sans club, il n’y a pas d’équipes nationales, mais aussi que sans la volonté politique, de telles performances n’auraient pas été réalisées. S’il y a des mérites à distribuer par rapport aux avancées constatées dans le football mauritanien, il faudrait rendre hommage aux dirigeants des clubs de football. Sans les efforts consentis par ces dirigeants, en termes financiers, matériels et techniques avec beaucoup d’investissements propres, les équipes nationales n’auraient pas eu de bons joueurs pour afficher de bons résultats.

D’autre part, si les succès d’un président de fédération, parce que ses équipes nationales et ses clubs gagnent au niveau international, devaient le mettre au-dessus des lois et de la justice, le président de la Fédération espagnole de football, Angel Maria Villar ne serait pas aujourd’hui en prison pour malversations. Avec lui, les équipes et les clubs espagnols ont tout raflé, coupes du monde, coupes UEFA, Ligua, etc.  Mais qu’ont gagné les équipes et clubs mauritaniens, malgré les milliards dépensés, depuis que Ould Yahya dirige la FFRIM ?

Cheikh Aïdara


17ème AG de la FFRIM : des innovations et des réformes

La 17ème Assemblée générale de la Fédération mauritanienne de football (FFRIM) s’est réunie samedi 17 juin 2017 au siège de la fédération, en présence de représentants du ministère des Sports et des acteurs concernés.

Le président de la FFRIM montrant la maquette du futur Stade Cheikha Boidya (Crédit photo : FFRIM)

Après les échanges d’allocution, entre le président de la fédération, Ahmed Ould Yahya et le Directeur de la Haute Compétition au Ministère des Sports, Baliou Diagana, l’Assemblée a adopté plusieurs réformes, pour la saison 2017-2018. Ces réformes lui ont été soumises par un groupe de travail constitué de la fédération, du Directeur technique national et des représentants de la Ligue nationale de football.

Ainsi, la 1ère Division est rebaptisée  «Super D 1» et la 2ème Division, «Super D 2» avec un Championnat régional qui va devenir une sorte de troisième division. En plus, une nouvelle compétition sera créée et concernera les moins de 20 ans. Elle regroupera les équipes réserves de la Super D 1.

«Augmenter la compétitivité des championnats, le nombre de matchs qui passera de 400 à 1.500 par saison » seraient les objectifs de cette réforme, selon le président de la FFRIM qui dit ne pas ignorer les dépenses supplémentaires que ces aménagements vont coûter aux clubs. «Mais nous sommes obligé de continuer à développer le football » a-t-il souligné.

Parmi également les projets à venir, la réhabilitation du stade Cheikha Boidya pour une capacité de 8.000 spectateurs, la construction d’un hôtel et d’une mosquée dans l’enceinte de la fédération, ainsi que l’ouverture en novembre prochain d’une Académie nationale.

La rencontre a connu vers la fin, un échange houleux qui fera sortir le président de la fédération de ses gongs. L’affaire de la réserve portée par la Garde Nationale contre le FC Nouadhibou a refait surface, portée par le président de la Garde Nationale. Déjà, un front hostile à l’actuel président s’est ouvert et paradoxalement,  elle vient des institutions des forces armées et de sécurité, Armée, Police et Garde.

Cheikh Aidara


Revue à mi-parcours de portefeuilles : des ministres à la Banque Mondiale

Dans un retournement de situation inédit, le Ministre chargé du Budget et le Secrétaire général du Ministère des Finances se sont rendus vendredi 16 juin 2017 au siège de la Banque Mondiale pour la revue à mi-parcours du portefeuille des projets financés par cette institution de Brettons Woods, oubliant qu’ils ont affaire à un organisme d’appui et non à leur tutelle. En sus de n’avoir pas osé froisser les pontes de la Banque Mondiale en les conviant sur un terrain sous souveraineté mauritanienne, le gouvernement mauritanien n’a pas jugé utile de convier les ministres responsables des secteurs soumis à la revue à mi-parcours, encore moins la société civile et la presse.

Réunion au siège de la Banque Mondiale à Nouakchott pour la revue à mi-parcours des projets financés en Mauritanie (Crédit : AMI)

Ce qui ne ressort pas de cette réunion de révision à mi-parcours du portefeuille des projets financés en Mauritanie par la Banque Mondiale, selon plusieurs avis, c’est la participation citoyenne dans le suivi des politiques alors même que les départements sectoriels concernés en ont été exclu. Comment dans ces conditions, la Banque Mondiale compte-t-elle mener à terme ses nobles objectifs pour la Mauritanie, à savoir, l’avènement d’une gouvernance efficace, responsable et ouverte pour mettre fin à l’extrême pauvreté et promouvoir une prospérité partagée., si son action n’est pas portée par des institutions solides et fortes.

Selon certains observateurs, la revue à mi-parcours qui vient d’avoir lieu est symptomatique des relations entre la Mauritanie et la Banque Mondiale, et qui se traduit toujours par le déplacement des ministres vers son siège, comme si ces ministres ne représentent pas un gouvernement et que la Banque Mondiale n’est pas un simple partenaire. Ce qui pousse ces observateurs à déclarer que «la tenue de la revue à mi-parcours des programmes doit se faire dans la dignité, avec la participation de tous les secteurs concernés et de la société civile». Ce sont là, soulignent-ils, l’unique gage pour le développement du pays et sa prospérité. Les financements de la Banque Mondiale n’auront leur impact, selon cette réflexion, que s’ils apportent un changement qualificatif dans la vie des populations et s’ils sont orientés vers des projets rentables à fort impact sur la croissance économique, l’emploi, les exportations et la réduction de la pauvreté. Ainsi, pour certains mauritaniens, «la gouvernance locale constitue le levier principal de réussite des projets mais malheureusement, elle demeure le maillon faible du portefeuille national auprès de la Banque Mondiale » donnant l’exemple du Programme National Intégré pour la Décentralisation, le Développement Local et l’Emploi des jeunes (PNIDDLE) comme «l’exemple parfait de projets imposés et non souhaités».

Certains analystes sont persuadés qu’il est nécessaire que les projets financés par la Banque Mondiale soient mieux coordonnés avec l’Aide au développement pour simplifier les procédures et  arriver à  une meilleure intégration tout en évitant les doublons. «Ce renforcement devrait se faire en harmonie avec les projets et programmes nationaux portés et appuyés par les autres coopérations » fait-on constater.

A noter que la revue à mi-parcours du portefeuille de la Mauritanie auprès de la Banque Mondiale qui a eu lieu vendredi dernier s’est penchée sur 19 projets répartis entre plusieurs départements ministériels, Santé, Education, Environnement, Energie, Pêches, Bonne Gouvernance, Décentralisation, Agriculture, Elevage et Secteurs sociaux. Le coût global du financement de ces projets a atteint la bagatelle de 319 millions de dollars pour la période allant jusqu’en 2020, dont 32 % déjà décaissés.

Le gouvernement était représenté par le Ministre Chargé du Budget, Mohamed Ould Kembou et le Secrétaire général du Ministère des Finances,  Mohamed Ould Ahmed Aida. Ould Kembou soulignera dans son allocution à cette occasion, l’importance du partenariat entre la Mauritanie et le Groupe de la Banque Mondiale, ainsi que le rôle majeur que ce dernier joue dans le développement du pays. Lui répondant, le Représentant résident de la Banque Mondiale, Laurent Msellati a rappelé l’intérêt de cette réunion au cours de laquelle, dira-t-il en substance, un diagnostic commun des problèmes sera établi ainsi que la faisabilité des projets, mais aussi leur exécution dûment constatée par les experts superviseurs de la présente revue.  Plusieurs directeurs centraux de divers ministères avaient pris part à la rencontre.

Cheikh Aïdara


Coupe nationale de football : la finale n’a pas eu lieu

Sans beaucoup de surprise, la finale de la Coupe Nationale de football édition 2016-2017 n’a pas eu lieu. Le FC Tevragh-Zeina a boycotté la cérémonie pour protester contre la violation des textes réglementaires et le triste sort qui a été réservé à l’évocation portée par l’équipe de la Garde Nationale contre le FC Nouadhibou. Un scandale qui secoue le milieu footballistique et qui devrait susciter normalement une enquête de la FIFA et de la CAF.

La veille de la finale, le 17 juin 2017, le président de la FFRIM menace le FC Tevragh-Zeina de représailles s’il ne dispute pas la finale. De gauche à droite : Pape Amghar, Baliou Diagana, Ahmed Yahya, Mohamed MBeirick et Massa Diarra (Crédit photo ; FFRIM)

Coup de tonnerre dans le ciel du stade Cheikha Ould Boidya du Ksar ! La finale prévue dans la soirée du dimanche 18 juin 2017 n’a finalement pas eu lieu. Sur le terrain, seuls les joueurs du FC Nouadhibou caracolaient tandis que leur adversaire du jour, le FC Tevragh-Zeina, était dramatiquement absent. Quelques éléments de l’équipe déambulaient dans les couloirs du stade. Sur les gradins à demi dégarnis de la tribune officielle, le ministre des Sports et le Wali de Nouakchott-Ouest, en compagnie du président de la Fédération mauritanienne de football (FFRIM) Ahmed Ould Yahya et quelques-uns de ses collaborateurs. Le boycott de l’équipe de FC Tevragh-Zeine était désormais consommé. Ni la maire Fatimetou Mint Abdel Maleck, présidente d’honneur du club encore moins  son président Moussa Ould Khaiy, n’avaient répondu présents.

Le cafouillis était ainsi visible parmi les membres de la fédé présents, à l’image d’Ahmed Yahya qui allait de l’oreille de Pape Amghar, le président de la Ligue nationale de football, à celle de son Secrétaire général, Ould MBeirick. La moitié du maigre public qui avait fait le déplacement désertera d’ailleurs les lieux, peu avant que le Secrétaire général de la fédération ne constate les faits.

Coup de sifflet de l’arbitre Ould Mgheïvri, puis un but symbolique marqué sans enthousiasme, suivi d’un Ola désuet des joueurs du FC Nouadhibou sacrés vainqueurs de la Coupe nationale de football.

A la place de la finale qui n’aura finalement pas lieu, un match de gala, entre le FC Nouadhibou et l’ASAC Concorde, qui reçut le trophée de champion de la Mauritanie des mains du Ministre des Sports, suivi par celui attribué au vainqueur de la Coupe nationale perdue sur tapis vert par le FC Tevragh-Zeine. Aux vacarmes enthousiastes des supporters du FC Nouadhibou répondaient les sifflets et les huées de l’autre partie du public.

Mais pourquoi le FC Tevragh-Zeina a-t-il boycotté la finale de la Coupe nationale de football ? Cette question, l’organisation faîtière du football mondial et sa pendante africaine devraient bien se la poser. Pour peu que la FIFA ou la CAF mette à part leurs amitiés avec le président de la FFRIM pour sauvegarder l’image de leurs institutions, une enquête devrait être ouverte suite à ce scandale pour démêler les écheveaux d’une crise qui perdure depuis le 17 mai dernier, suite à la réserve portée par l’équipe de la Garde Nationale contre le FC Nouadhibou et bottée en touche par le bureau fédéral de la FFRIM.

Pour l’honneur du football mauritanien

Du courage, le FC Tevragh-Zeina en a eu pour booster le baromètre de la colère du milieu footballistique à son summum. En refusant de disputer cette finale face à une équipe disqualifiée par les textes de la FFRIM, le FC Tevragh-Zeine refuse tout simplement de cautionner une forfaiture en remettant un chèque en blanc à une fédération qui dépasse de plus en plus toutes les lignes rouges. La colère est d’autant plus grande que le football mauritanien risquera de pâtir des conséquences prévisibles de ce boycott.

En décidant de sécher la finale, le FC Tevragh-Zeine mesure bien les risques immédiats qu’il court, relégation, suspension, amendes… La maire de Tevragh-Zeine en est bien consciente elle qui se sent complètement découragée par la situation de non-droit qui prévaut aujourd’hui au sein du football mauritanien. «A quoi bon investir de l’argent, perdre son temps et son énergie si aucune règle n’est respectée et si, par un coup de tête, on peut t’arracher indûment tes droits ! A quoi bon continuer alors ? Autant, investir dans la pétanque ou dans tout autre sport qui n’est pas le football » s’est-elle rebiffée.

Cette réaction de la maire était intervenue au cours d’une réunion tenue le 17 juin dernier, juste après l’Assemblée générale de la Fédération. Autour de la table, pas moins de sept présidents de clubs, celui de  la Garde Nationale, de la Police, de Tijikja et d’Aïoun, le nouveau promu à la 1ère Division en plus du président du FC Tevragh-Zeine, ainsi que les présidents de Toujounine et de l’Armée Nationale, tous les deux relégués cette saison en seconde division.

Un pacte de solidarité a été tissé cette nuit, pour soutenir Tevragh-Zeina contre toute répression qui sera jugée illégale, car pour l’ensemble des signataires de ce pacte, ce qui est en jeu, c’est l’avenir du football mauritanien et la transparence du jeu, dans le fair-play et le respect des acteurs. Ce qui ne semble pas être le cas aujourd’hui.

Rien ne va au sein du pouvoir

Mais la grande question qui se pose est de savoir d’où le président de la Fédération Mauritanienne de Football (FFRIM) tient-il tout ce poids au point de tenir tête à trois généraux parmi les plus influents du pays et à une élue du parti-Etat. En effet, Ahmed Ould Yahya défie aujourd’hui le Général Ould Meguett de la Police, le Général Misgharou de la Garde et le Général Ould Ghazwani de l’Armée nationale, sans compter la Maire de Tevragh-Zeina. Des institutions fortes,  dont les équipes ne sont pas sorties indemnes de la gestion chaotique et unilatérale de la FFRIM durant cette saison 2016-2017. Cette grande question, l’opinion publique nationale se la pose encore avec incrédulité, car les généraux cités sont des proches du président de la République, Mohamed Abdel Aziz.
Cela voudrait-il dire finalement, que l’ex-colonel Cheikh Ould Baya, le soutien indéfectible du Président de la FFRIM est plus fort et plus entendu par le président Mohamed Abdel Aziz que tous les généraux en activité réunis ? Selon un ancien arbitre international, «quelque chose cloche indubitablement au sein de l’appareil de l’Etat, car cette situation dépasse tout entendement». Fin connaisseur des rouages du football mondial et africain, il semble dubitatif quant à une réaction éventuelle de la FIFA ou de la CAF dans cette affaire au vu des amitiés qui les lient au président Ahmed Ould Yahya. Ces deux institutions semblent tout aussi gangréner par les passe-droits que leurs affiliés.

Aujourd’hui, la famille du football mauritanien est profondément divisée. La gestion illégale du dossier de la Garde Nationale semble être la goutte qui a fait déborder le vase. En sus d’avoir frauduleusement délivré une licence trafiquée,  en dehors des procédures normales à un joueur étranger, avec un numéro national imaginaire en violation des textes sur l’état-civil mauritanien, le bureau fédéral s’est arrogé le rôle de première et dernière instance de jugement, en mettant en berne les compétences de la Commission spécialisée. Le tout pour les beaux yeux du FC Nouadhibou, le club intouchable du président de la Fédération de football. Un diktat que certains clubs refusent désormais d’entériner.

Cheikh Aïdara

 

Suite au forfait du FC Tevragh-Zeine : la FFRIM fait des mises au point

Suite au forfait enregistré par le FC Tevragh-Zeïna, en finale de la Coupe de SEM le Président de la République, prévue ce dimanche 18 juin 2017 au Stade Cheikha Ould Boïdiya, devant l’opposer au FC Nouadhibou, la Fédération Mauritanienne de Football tient à apporter quelques éclaircissements au public sportif :

v  La finale ayant été programmée officiellement, toutes les parties concernées ont été saisies du programme global, conformément à la réglementation en vigueur à la Fédération Mauritanienne de Football en matière d’organisation des compétitions nationales.

v  La Fédération Mauritanienne de Football n’a reçu aucune correspondance officielle, voire privée, du FC Tevragh-Zeïna au sujet d’un éventuel forfait. Ce qui a été pour le moins surprenant, car loin de répondre aux règles de déontologie et de convenance de la part d’un grand club censé être un exemple de professionnalisme et d’organisation.

v  Cet agissement confirme une volonté délibérée de sabotage de la part du club, car, ses représentants ont assisté à la réunion technique habituelle d’avant-match organisée dans la matinée. Et, ils n’ont à aucun moment, évoqué de manière implicite ou explicite, la probabilité de forfait.

v  Conformément à la réglementation internationale en vigueur en la matière, l’arbitre international FIFA, Monsieur Lemghaivry Ali, désigné pour officier la rencontre, a constaté le forfait qui confère au FC Nouadhibou le droit de remporter la Coupe du Président de la République édition 2017 devant le forfait de l’équipe adverse.

v  La Fédération Mauritanienne de Football tient à affirmer que les commissions compétentes de la FFRIM statueront sur le cas et prendront les mesures qui s’imposent, en parfaite conformité avec la réglementation sportive. La Fédération Mauritanienne de Football confirme également l’obligation pour tous de se plier à la volonté des règlements et des dispositions du cahier des charges, approuvés et signés par tous les clubs mauritaniens au début de chaque saison sportive.

Face à cet agissement, qui vise en toute apparence à entraver la dynamique actuelle que connait notre football – unanimement appréciée aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur – et à nuire à sa renommée en cette conjoncture particulière, la Fédération Mauritanienne de Football rassure l’opinion sportive nationale que de tels agissements n’affecteront en rien l’élan continu et les efforts déployés pour promouvoir notre football.

v  La marche de notre football vers des lendemains meilleurs est inexorable, et ce ne sont pas des obstacles du genre, qui entraveront cette marche. Car, nous estimons, que ni l’ordre des priorités, et encore moins le timing, ne laissent le temps à la Fédération Mauritanienne de Football de s’occuper des détails, alors qu’une adhésion massive autour de l’équipe nationale est plus que jamais requise, pour occuper l’honorable place qui nous revient dans le concert des grandes nations du football du continent, au moment où notre équipe nationale franchit le premier palier vers ce noble objectif.

Par conséquent, nous assumerons notre entière responsabilité devant Allah, et devant l’opinion sportive nationale, pour continuer cette œuvre à laquelle nous croyons fermement, afin de traduire dans les faits l’ambition, du reste légitime, qui anime notre public sportif de voir son football réaliser de grandes performances. Rien, et alors rien, n’ébranlera notre ferme  volonté et notre farouche détermination d’atteindre cet objectif.