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#Nous voulons une Mauritanie laïque : le hashtag qui enflamme la toile !

Après l’affaire Ould M’Kheïtir, ce jeune ingénieur mauritanien accusé d’apostat et condamné à mort, voilà une autre pomme de discorde qui divise encore plus les Mauritaniens : le hashtag #Nous voulons une Mauritanie_laïque. 

Islam oul Laïcité (Crédit photo : flickr)

A l’extrémisme religieux, alimenté selon l’activiste Mekfoulla Mint Brahim par les revenants d’Afghanistan, d’Irak et de Syrie, se dressent désormais les tenants d’une Mauritanie laïque, débarrassée de toute charge autocratique. Une polémique qui met aujourd’hui le feu aux poudres dans les réseaux sociaux locaux.

Décidément, la crise sociale et politique en Mauritanie s’inscrit désormais dans l’escalade. Les Mauritaniens semblent aujourd’hui au carrefour d’un destin dont le basculement s’avère tragique. D’un côté, les progressistes à la recherche d’un point d’ancrage pour un Etat débarrassé de tout relent autocratique. Une réaction à la vague envahissante d’un Islam de plus en plus extrémiste et intolérant en Mauritanie, selon certaines thèses.

Plusieurs activistes voient en effet d’un mauvais œil la montée de l’intégrisme religieux, y entrevoyant un programme politique dont les tenants comptent se servir de la rue et de sa naïveté pour implante en Mauritanie un Etat autocratique, inspiré par les thèses des mouvements extrémistes comme Daech et le Front Nousra. «Une idéologie destructrice qui a fait ses preuves en Afghanistan, en Irak et en Syrie, et que des Mauritaniens  fraîchement débarqués de ces zones de tension cherchent à importer chez nous », a récemment déclaré l’activiste des droits de l’Homme, Mekfoulla Mint Brahim, lors d’un débat à la chaîne Al Watanya TV.

Les partisans de la laïcité
Mekfoula Mint Brahim, apostasiée et excommuniée par les mouvements extrémistes, s’en veut particulièrement aux chaines de télévision mauritaniennes qui sont devenues, selon elle, des tribunes exclusives ou se relayent charlatans et tenants de l’extrémisme religieux, ceux qui d’après elle, se sont mués en détaillants de la grâce divine, distribuant ici-bas des places aux Paradis et en Enfer. Mais aussi, tous ceux qui font l’apologie de l’intolérance religieuse pour un public mauritanien en majorité peu averti, et dont la dévotion est à la mesure de son absence de discernement. Le tout, malgré les scandales récents qui, selon elle, ont révélé l’identité réelle des soi-disant «Défenseurs du Prophète», qui se sont avérés être de simples manipulateurs de foules incrédules.

«Ce hashtag, # Nous voulons une Mauritanie_ laïque doit être, selon Mekfoula Mint Brahim, le cri de ralliement de tous ceux qui s’opposent aux trafiquants religieux, ceux qui veulent utiliser la religion à des fins personnelles, partisanes ou mercantiles ». Et de conclure, «en tant que citoyens, nous appelons à l’émergence d’un Etat mauritanien civil. Nous voulons une Mauritanie laïque».
Hanevi Ould Dahah, journaliste, directeur du site «taqadoumi.net» et dissident en exil au Sénégal, s’est lancé dans l’explication pédagogique de ce qu’on entend par laïcité, un terme que le commun des Mauritaniens confond avec l’athéisme. «La laïcité défend le sacré contre toute manipulation de la part des trafiquants du religieux qui l’utilise souvent pour justifier les injustices des tenants du pouvoir » entame-t-il. Selon lui, «la religion est sacrée, contrairement à la politique. Mélanger religion et politique, c’est nuire à l’une comme à l’autre, surtout pour la religion quand elle devient source de manipulation et de business. Perte aussi pour la politique, lorsqu’elle n’est plus capable d’offrir un cadre d’épanouissement et d’innovation, ou qu’elle ne peut plus accompagner l’évolution du monde moderne».

Des positions médianes
Pour l’ancien directeur de la Presse écrite, le journaliste Cheikh Bekaye, «peut-être que nous ne divergerons pas beaucoup avec les tenants du hashtag #Nous voulons une Mauritanie laïque, s’ils apportaient une clarification sur ce qu’ils appellent laïcité».
Pour cet autre journaliste, Mohamed Lemine Mahmoudi «ils s’expriment comme s’ils s’imaginaient en costume cravate avec des yeux blonds et nous parlent de laïcité. Que la Mauritanie existe d’abord comme Etat et après, on discutera de ce qu’elle devra être ».
Ce point de vue rejoint celui d’un autre activiste, Ould Sidya Abdallahi lorsqu’il déclare que cette polémique autour du caractère laïc ou religieux de l’Etat mauritanien le fait marrer. «Où est l’Etat ? Construisez d’abord un Etat, ensuite débattez de ce qu’il doit être »a-t-il ironisé.
Un autre, Hamza Filaly de renchérir, «nous nous soignons, nous jeunons, nous nous marions, nous résidons et nous prenons en exemple le mode de vie de pays laïcs dans lequel nous nous établissons, en Europe et en Amérique dont nous cherchons absolument à acquérir les nationalités, et nous ne voulons pas transposer leur laïcité chez nous ?»

Les tenants de l’Etat autocratique
Pour l’ancien Conseiller à la Présidence de la République, Mohamed Ishaq Al Kunty, citant le président Mohamed Ould Abdel Aziz : «la Mauritanie est une République Islamique et ne sera jamais un Etat laïc». Ces propos, le Chef de l’Etat mauritanien les avait tenus lorsqu’il avait accueilli aux portes du palais présidentiel, emmitouflé d’un turban salafiste, les foules venues en masse après la publication des écrits jugés blasphématoires du jeune Mohamed Ould MKheïtir.
Lui emboîtant le pas, certains soutiennent que les Mauritaniens doivent conserver la nature islamique du pays, d’autant plus que tous les Mauritaniens sont musulmans de rite malékite. Que le débat sur la laïcité ne se pose que dans des pays multireligieux où l’Etat est obligé à la neutralité entre ces citoyens lorsqu’ils sont de diverses confessions religieuses. Les tenants de cette thèse considèrent que le hashtag en vogue ne sert qu’à diviser les Mauritaniens sans compter qu’il viole les dispositions de la Constitution qui reconnaît la nature islamique de la République.
Pour le célèbre journaliste, Mohamed Mahmoud Abou Al Maali, spécialiste des questions terroristes et directeur du Groupe MAPECI qui édite les deux journaux papiers «Nouakchott-Info» et «Akhbar Nouakchott» ainsi que «Radio Nouakchott », «nous avons besoin plus d’un nouveau pacte social que d’une laïcité à réinventer».  Après avoir rappelé la genèse de la laïcité en Europe et le besoin ressenti à l’époque de contrer le pouvoir de l’église, il explique que nous n’avons pas besoin d’une pièce de rechange, alors que nous pratiquons tous, en tant que Mauritanien, la même religion et le même rite, Malékite. Nous devons, dira-t-il en substance, inventer un nouveau pacte social qui nous permettra de vivre en harmonie. Selon lui, «notre problème essentiel est dans la cohabitation et dans la stratification sociale, mais surtout l’application des principes de justice et d’équité ».
Un autre activiste de la toile a contre-attaqué par le hashtag #Mauritanie_Islamique. Il s’agit de Mohamed Néma Oumar, un autre journaliste, directeur de publication du site «Al hourriya». Selon lui, «on ne négocie pas l’identité de notre peuple ni ses racines. L’Islam est devenu depuis l’indépendance de notre pays, un mot accolé à la République. Que les mécontents aillent  boire la mer».
Pour Absel Kader Ould Ahmedou, «notre Constitution stipule que la Mauritanie est une République Islamique. Ce qui est en totale conformité avec l’identité de son peuple musulman. Ce n’est pas un Etat laïc, dans le sens négatif du terme qui prône la séparation entre le religieux et l’exercice du pouvoir politique».


«The Challenge Initiative » pour l’accélération de la PF : le Sénégal expose son expérience

Dakar, Mbour, puis Dakar. Tel est le circuit qu’offre «The Challenge Initiative », la plateforme d’accélération de la planification familiale qui réunira du 14 au 16 février 2017, ministres et responsables communaux de neuf pays de l’Afrique de l’Ouest, Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Togo, en plus de la Centrafrique et du Congo.

L’objectif du projet « The Challenge Initiative » qui vient d’être lancé à Dakar, est d’appuyer « les efforts des pays dans la mise en œuvre des interventions à haut impact de la planification familiale, afin de contribuer au développement économique et socio-culturel et à la lutte contre la mortalité maternelle et infanto-juvénile  » comme l’indique un communiqué de presse diffusé à cet effet.

Le 14 février déjà, les participants qui comptent également dans leurs rangs des bailleurs de fonds et des professionnels des médias devraient visiter des sites dans les villes de Dakar et de Mbour pour «montrer les stratégies de promotion de la planification familiale qui ont permis au Sénégal d’enregistrer des résultats importants dans l’utilisation de la contraception moderne pendant ces trois dernières année » selon les mêmes sources. La visite se terminera par une série de restitutions à l’hôtel Rhino Resort and Spa à Saly, à Mbour, après des entretiens que la délégation aura avec des femmes, des jeunes et des homme bénéficiaires des services de la planification familiale.

Les deux jours suivants seront consacrés à un atelier de réflexion  et une conférence de presse qui se dérouleront à l’Hôtel Terrou Bi de Dakar. L’endroit abritera le 16 février 2017 la cérémonie de lancement de «The Challenge Initiative ».

Plusieurs acteurs clés de la planification animeront cette cérémonie de lancement, en l’occurrence Mme Thérèse Diouf Ba, Directrice de la Plateforme d’accélération de la planification en Afrique de l’Ouest francophone, M.Pape Gaye, Directeur général de IntraHealth International, Mme Perri Shutton, Représentant de la Fondation Bill et Melinda Gates, de Mme Kojo Lokko de l’Institut Bill et Melinda Gates, de Mme Mainassara Illiassou, Ministre de la Santé du Niger et M.Dakpa Legre, Président de l’Association des Régions et Districts de la Côte d’Ivoire.

Cheikh Aidara

Pourquoi une «Plateforme d’accélération de la planification familiale en Afrique de l’Ouest » 

L’objectif de cette plateforme est d’élaborer et de mettre en œuvre des projets de planification familiale durables dans une région subsaharienne où l’urbanisme gagne du terrain. Si le rythme actuel d’urbanisation à l’échelle mondiale se poursuit, d’ici 2030, six personnes sur dix habiteront en ville, selon les études. Conséquences, multiplication des bidonvilles, pauvreté et absence d’accès aux services sociaux de base. Ils sont 72%, les Subsaharienne qui s’entassent dans les bidonvilles, avec des taux de mortalité maternelle parmi les plus élevés au monde. Les experts estiment qu’environ 67% des décès maternels et 77% des décès des nouveaux-nés dans cette région auraient pu être évités en fournissant aux femmes qui le désirent des services de planification familiale de qualité et accessibles, des possibilités d’instruction, d’emploi, d’épanouissement social. Les femmes pourront ainsi contribuer aux activités économiques, ce qui représente un facteur important de croissance économique pour les pays de l’Afrique de l’Ouest.

Selon Pape Gaye, PDG de IntraHealth, «la planification familiale a un impact qui touche à tous les objectifs de développement durable ». Pour chaque dollar investi dans la planification familiale, on pourra récupérer cent cinquante dollars en retour, a-t-il soutenu, extrapolant sur les retombées de la planification familiale sur la santé, la productivité, l’environnement et la société à tous les niveaux.

Le consortium mis en place au Sénégal par IntraHealth, «L’Initiative Sénégalaise de Santé Urbaine ISSU » aurait permis, selon lui, de mettre fin aux ruptures des produits contraceptifs à travers l’Informed Push Model (IPM) et d’accroître significativement le nombre de femmes ayant accès à la contraception moderne dans les villes d’intervention, en moyenne 18% d’augmentation du taux de prévalence chez les populations les plus démunies. Ainsi, la Plateforme d’accélération de la planification familiale en Afrique de l’Ouest ne serait que la mise à échelle de cette expérience.

«The Initiative Challenge » est financé pour trois ans, 2017-2020, par la Fondation Bill et Melinda Gates. Il existe trois autres plateformes similaires en Afrique de l’Est, en Inde et au Nigéria.

IntraHealth International assure la coordination de la Plateforme en Afrique francophone. Elle apporte une assistance technique aux villes qui le demandent dans l’élaboration et la mise en œuvre de projets de planification familiale durable. Les villes demandeuses participent au financement de leurs projets et intègrent ainsi un «Paquet Porteur » qui est un package d’interventions à haut impact prouvé. L’objectif est d’aider les pays à atteindre les objectifs du Partenariat de Ouagadougou à travers la fourniture de services et de produits PF volontaires, de qualité, disponibles, accessibles et abordables. A rappeler que le Partenariat de Ouagadougou cherche à atteindre au moins 2, 2 millions d’utilisatrices additionnelles de méthodes de planification familiale dans les neuf pays concernés d’ici 2020.

Cheikh Aidara


Coupe arabe des clubs 2017 : FC Tevragh-Zeina reçoit El Merrikh Omdurman du Soudan

Les champions de Mauritanie, FC Tevragh-Zeina, recevront le 25 février prochain l’équipe championne du Soudan, le mythique club d’El Merrikh Oumdurman, crée en 1927.

El Merrikh

Les poulains de Moussa Khaïry sont en regroupement fermé depuis quelques jours tandis que l’organisation se met peu à peu en place, en collaboration avec les autorités chargées du football, notamment la Fédération et la ligue nationale. C’est ainsi que les principales commissions ont été mises en place, la commission Accueil, Organisation, Médias, etc. Pour sa troisième participation à une compétition internationale, le staff de FC Tevragh-Zeine est assez rôdé pour ce genre de rencontre de haut niveau.

Le FC Tevragh-Zeina reste confiant en ses potentialités pour espérer dépasser l’obstacle soudanais et se qualifier pour le prochain tour. La rencontre de Nouakchott du 25 février reste ainsi décisive. Il faut dire que l’équipe survole depuis trois années le championnat national de 1ère division, réalisant deux années consécutives le triplé Championnat-Coupe Nationale et Super Coupe.

Le club de Tevragh-Zeine fait ainsi partie des équipes mauritaniennes les mieux structurées, exerçant un semi-professionnalisme qui en fait une véritable équipe d’élite sur laquelle les sportifs mauritaniens accordent tout leur espoir pour un parcours honorables dans les compétitions internationales. Il ne faut surtout pas mésestimer l’adversaire, plusieurs fois champions du Soudan grâce à un palmarès cumulé depuis plus d’un siècle ainsi qu’un capital d’expériences inestimable.

Même si Merrikh a beaucoup souffert de la scission du Soudan, perdant beaucoup de ses joueurs désormais citoyens du Soudan du Sud, le club continue de peser sur l’échiquier arabe et africain.
L’entraîneur de  Sétif, Alain Geiger, dont l’équipe devait croiser Merrikh pour les quart de finale de la Champions League africaine disait de l’équipe soudanaise «au prochain tour, nous allons jouer une équipe forte, à savoir Merrikh du Soudan, qui a une grande expérience continentale ».

La Coupe arabe des clubs a été suspendue depuis quatre années. La dernière édition jouée en 2013 a été remportée par l’USM d’Alger. Les phases finales se disputeront en Egypte du 21 juillet au 5 août 2017. Le vainqueur percevra une prime pouvant atteindre les 10 millions de riyals saoudiens (2,4 millions d’euros). Vingt-deux clubs arabes au total, dont 10 issus d’Afrique, prendront part aux éliminatoires régionales.


Les Chefs d’Etat africains s’engagent pour la vaccination

A l’occasion du 28e Sommet de l’Union africaine qui vient de se dérouler à Addis-Abeba, des chefs d’État africains ont adopté la Déclaration d’Addis-Abeba sur la vaccination, dans laquelle ils prennent l’engagement historique d’offrir à chaque enfant un avenir en bonne santé.

 

La vaccination constitue l’un des moyens les plus efficaces de réduire la mortalité infantile, mais si l’accès aux vaccins s’est considérablement amélioré sur le continent, les progrès marquent aujourd’hui le pas. Aujourd’hui encore, un enfant africain sur cinq n’a pas accès aux vaccins qui pourraient lui sauver la vie.

Ainsi, en Mauritanie, si le taux de vaccination est passé de 64% en 2010 à 73% en 2015, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Par cette Déclaration, les pays s’engagent à augmenter les financements alloués aux vaccins, à renforcer les chaînes d’approvisionnement ainsi que les systèmes de distribution, et à faire de l’accès universel à la vaccination la clé de voûte des efforts entrepris dans les domaines de la santé et du développement.

A cette occasion, Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’Organisation mondiale de la santé pour l’Afrique, a rédigé un article d’opinion dans lequel elle salue l’engagement historique pris par les dirigeants du continent, tout en exhortant les gouvernements à poursuivre sur cette lancée en mettant les moyens financiers, politiques et techniques nécessaires au service de l’accès universel à la vaccination.

Nous vous présentons ci-après la note rédigée par Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique  et la déclaration d’engagement des Chefs d’Etat de l’Union africaine.

 

Engagement historique des chefs d’État africains pour une meilleure couverture vaccinale en Afrique

Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’Organisation mondiale de la santé pour l’Afrique

31 janvier 2017, Addis-Abeba (Éthiopie) – Ce jour, les chefs d’État africains ont adopté la Déclaration d’Addis-Abeba sur la vaccination, encore appelée « Déclaration ministérielle sur l’accès universel à la vaccination ». Il s’agit d’un engagement historique et opportun visant à faire en sorte que chaque personne en Afrique, qui qu’elle soit et d’où qu’elle vienne, tire pleinement profit des avantages liés à la vaccination. Cette déclaration a été adoptée à l’occasion du 28e Sommet de l’Union africaine qui s’est tenu à Addis-Abeba, en Éthiopie.

Si l’Afrique a enregistré d’énormes progrès en matière d’accès à la vaccination au cours des 15 dernières années, ces avancées ont commencé à stagner et le continent africain reste aujourd’hui à la traîne en ce qui concerne la réalisation des cibles mondiales de vaccination. À titre d’exemple, un enfant sur cinq en Afrique n’a toujours pas accès aux vaccins salvateurs de base. Par conséquent, les maladies évitables par la vaccination continuent de causer de nombreux décès. La rougeole à elle seule cause chaque année près de 61 000 décès évitables en Afrique.

« Nous savons que l’accès de tous à la vaccination en Afrique est un objectif que nous pouvons atteindre », a déclaré la présidente sortante de la Commission de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma.  « La Déclaration d’Addis-Abeba sur la vaccination est un engagement sans précédent ; avec le soutien politique au plus haut niveau des États, nous sommes plus que jamais près de faire en sorte que tous nos enfants bénéficient de chances égales pour une vie saine et productive », a-t-elle ajouté.

La Déclaration d’Addis-Abeba sur la vaccination invite les États à investir davantage sur le plan politique et financier dans leurs programmes de vaccination. Cette Déclaration contient 10 engagements, à savoir : l’augmentation des fonds destinés à la vaccination, le renforcement des chaînes d’approvisionnement et des systèmes de prestation, tout en faisant de l’accès aux vaccins un élément fondamental des efforts consentis en matière de santé et de développement. Voir l’intégralité de la Déclaration ci-dessous.

D’après le Dr Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, « La vaccination compte parmi les mesures les plus efficaces disponibles au service de la santé publique. En donnant à chaque enfant un début de vie sain, nos communautés prospèrent et nos économies connaissent une croissance plus forte. Un tel soutien de la part des chefs d’État est une avancée significative dans nos efforts pour la réalisation d’un accès universel à la vaccination et, partant, pour l’amélioration de la santé infantile et pour l’impulsion donnée au développement durable partout en Afrique. »

Moins de 15 pays africains financent plus de 50 % de leurs programmes nationaux de vaccination. Alors que l’Afrique tend vers l’éradication de la poliomyélite, on s’attend à une baisse des fonds essentiels alloués à la vaccination à travers le programme d’éradication de cette maladie. En outre, dans les années à venir, les pays qui aspirent au statut de pays à revenu intermédiaire cesseront de bénéficier du soutien de l’Alliance du vaccin (Gavi) en matière de vaccination. Par conséquent, les États doivent redoubler d’efforts pour faire de la couverture vaccinale nationale une priorité.

« Notre travail ne sera pas achevé tant qu’un seul enfant africain n’aura pas accès à la vaccination », a déclaré le Dr Ala Alwan, Directeur du Bureau régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale. « Par un savant dosage entre volonté politique, ressources financières et prouesses techniques, l’Afrique peut, et endiguera certainement la vague de maladies évitables par la vaccination », a-t-il précisé.

Grâce à un leadership fort et un investissement accru, l’amélioration de l’accès à la vaccination est à portée de main. Par exemple, en 2010, l’Éthiopie a construit 16 000 nouveaux centres de santé, acheté des réfrigérateurs solaires sans batterie pour la conservation des vaccins et bâti un réseau d’agents de santé et de volontaires communautaires pour accroître l’accès à la vaccination dans tout le pays. Depuis que ces investissements ont été réalisés, l’Éthiopie a fait des progrès remarquables et le taux de couverture vaccinale y est passé de 61 % en 2010 à 86 % en 2015.

« La vaccination est l’un des meilleurs moyens pour un État d’investir pour son avenir », a affirmé S.E., le Professeur Yifru Berhan Mitke, ministre éthiopien de la Santé. « Nous devons faire davantage pour protéger tous nos enfants des maladies évitables, non seulement parce que c’est ce qu’il est bon de faire, mais aussi parce que cela est important du point de vue économique. Lorsque nos enfants sont en bonne santé, nos familles, nos communautés et nos pays sont prospères. »

La Déclaration d’Addis-Abeba sur la vaccination a été rédigée et signée par les ministres de la Santé, ainsi que d’autres ministres concernés lors de la Conférence ministérielle sur la vaccination en Afrique (MCIA) qui s’est tenue en février 2016 à Addis-Abeba. La MCIA était la première rencontre jamais organisée au niveau ministériel consacrée à l’accès des enfants de tout le continent à des vaccins salvateurs. Pour orienter la mise en œuvre de la Déclaration d’Addis-Abeba, une feuille de route est en cours d’élaboration en étroite collaboration avec les Bureaux régionaux de l’OMS pour l’Afrique et pour la Méditerranée orientale, la Commission de l’Union africaine et les partenaires en matière de vaccination.

« En adoptant cet engagement historique qui permettra à un plus grand nombre d’enfants africains d’accéder à des vaccins salvateurs où qu’ils se trouvent, les dirigeants africains font preuve d’un sens élevé de leadership », a déclaré le Dr Ngozi Okonjo-Iweala, présidente du conseil de Gavi. « Il ne nous reste plus qu’à traduire cet engagement dans les faits sous la forme de financements durables en faveur de la vaccination. L’Alliance, quant à elle, est prête à soutenir la couverture vaccinale afin qu’ensemble, nous puissions créer un avenir meilleur pour nos communautés à travers le continent », a-t-elle conclu.

Déclaration sur « L’ACCÈS UNIVERSEL À LA VACCINATION COMME FONDEMENT DE LA SANTÉ ET DU DÉVELOPPEMENT EN AFRIQUE »

Chefs d’Etats africains

Nous, ministres africains de la Santé, des Finances, de l’Éducation, des Affaires sociales et de l’Administration locale de toute l’Afrique, qui assistions à la Conférence ministérielle africaine sur la vaccination, qui s’est tenue du 24 au 25 janvier à Addis-Abeba en Éthiopie, et qui a été organisée par l’Organisation mondiale de la Santé en collaboration avec la Commission de l’Union africaine, nous sommes engagés à continuer à investir dans des programmes de vaccination et à promouvoir un avenir sain pour toutes les populations du continent africain.

Reconnaissant les progrès immenses qui contribuent à améliorer la santé des Africains, notamment :

  • une baisse de 50 % des taux de mortalité infantile et un nombre toujours croissant d’enfants scolarisés;
  • un accès étendu à des vaccins qui n’étaient pas accessibles aux enfants et aux adultes africains il y a une décennie à peine;
  • des taux de couverture vaccinale plus élevés à travers le continent au cours de chacune des périodes de cinq ans situées entre 1999 et 2014;
  • la réalisation remarquable du continent africain, qui a réussi à interrompre la transmission du poliovirus sauvage pendant plus d’une année, à quasiment éliminer les épidémies de méningite à méningocoque A, et à réduire de manière considérable la charge de morbidité et de mortalité imputable à la rougeole;

Ayant à l’esprit la cible récemment ratifiée de l’objectif de développement durable relatif à une couverture sanitaire universelle, qui préconise un accès à la vaccination pour tous (New York, septembre 2015);

Reconnaissant qu’une croissance inclusive et reposant sur une assise large en Afrique va de pair avec une population en bonne santé et que des programmes de vaccination solides sont la pierre angulaire de systèmes robustes permettant de réaliser la couverture sanitaire universelle, qui est indispensable  pour aider les dirigeants nationaux à atteindre leurs objectifs économiques et de développement;

Réaffirmant l’impératif économique et les avantages de réduire la charge des maladies évitables par la vaccination et les décès qui s’ensuivent, ce qui aura pour effet d’améliorer la santé en général, de doter les générations futures des moyens d’action nécessaires et de permettre à tout un chacun de réaliser son plein potentiel;

Rappelant la Déclaration des Chefs d’État sur l’éradication de la poliomyélite en Afrique : « Notre legs historique aux générations futures » (Assembly/AU/17(XXV), Johannesburg, juin 2015); la résolution WHA68.6 de l’Assemblée mondiale de la Santé concernant le Plan d’action mondial pour les vaccins (Genève, mai 2015); l’adhésion des ministres africains de la Santé à la couverture sanitaire universelle en Afrique (Luanda, avril 2014); la Déclaration Regard sur 2020 : l’Afrique vaccine (Abuja, mai 2014) approuvée par les Chefs d’État africains; ainsi que la résolution de l’Assemblée mondiale de la Santé par laquelle tous les 194 États Membres se sont engagés à appliquer la vision et les stratégies du Plan d’action mondial pour les vaccins (PAMV) (Genève, mai 2012); et l’adoption par les Chefs d’État africains du Plan de fabrication de produits pharmaceutiques pour l’Afrique en 2012, comme cadre pour que les populations africaines aient accès à des produits et technologies médicaux essentiels, de qualité, sûrs et efficaces;

Reconnaissant qu’en dépit des progrès accomplis, l’accès universel à la vaccination d’ici 2020, tel que préconisé par le PAMV, demeure largement loin du compte en Afrique, comme l’indique le rapport sur le PAMV de 2014; mais qu’avec de la détermination nous pouvons encore atteindre la cible de couverture d’au moins  90 % fixée par le PAMV dans nos pays, et d’au moins 80 % dans chaque district, pour tous les vaccins disponibles à l’échelle nationale;

Admettant que pour assurer la pérennité des progrès réalisés en matière d’introduction de vaccins et de couverture vaccinale – et exploiter au maximum les chances de sauver la vie d’enfants et d’adultes – les crédits budgétaires nationaux actuellement alloués aux programmes de vaccination dans le contexte du financement des systèmes de santé nationaux devront être encore augmentés;

Nous engageons par la présente, collectivement et individuellement à :

  • maintenir l’accès universel à la vaccination au premier plan de nos efforts visant à réduire la mortalité, la morbidité et l’invalidité infantiles, et ce faisant, à aider nos pays à atteindre leurs objectifs à long terme en matière de santé, d’économie et de développement;
  • accroître et poursuivre nos investissements nationaux et les allocations de crédits, y compris au moyen de mécanismes de financement novateurs, pour assumer le coût des vaccins traditionnels, répondre aux besoins de financement de nos nouveaux vaccins, et fournir un appui financier à la mise en œuvre opérationnelle des activités de vaccination menées dans le cadre des programmes élargis de vaccination (PEV);
  • trouver des solutions aux obstacles persistants rencontrés par nos systèmes de vaccination et de prestation des soins de santé, en particulier dans les collectivités les plus pauvres, les plus vulnérables et les plus marginalisées, y compris le renforcement de la collecte, du compte rendu et de l’utilisation des données à tous les niveaux ainsi qu’à l’établissement de chaînes d’approvisionnement efficaces et efficientes et de systèmes d’achats intégrés;
  • accroître l’efficacité et l’efficience de nos systèmes de vaccination, ainsi que changer les approches selon les besoins, de nos systèmes de délivrance de la vaccination, en tant que partie intégrante de systèmes de soins de santé primaires solides et durables;
  • réaliser et maintenir une surveillance de haute qualité pour les maladies cibles évitables par la vaccination;
  • suivre les progrès de la réalisation des objectifs des plans mondiaux et régionaux de vaccination;
  • faire en sorte que les plans de transmission des acquis relatifs à la poliomyélite soient mis en place d’ici la fin de 2016, ce qui permettra aux  futurs programmes de santé de bénéficier des connaissances et des compétences acquises par le programme d’éradication de la poliomyélite dans le cadre de l’initiative pour l’éradication de la poliomyélite;
  • développer un secteur de recherche africain pour améliorer la mise en œuvre et l’utilisation des services de vaccination;
  • susciter une vaste volonté politique, en œuvrant avec les communautés, les organisations de la société civile, les chefs religieux et traditionnels, les associations de professionnels de la santé et les parlementaires, en faveur du droit de chaque enfant et de chaque communauté de bénéficier d’un accès universel à des vaccins vitaux, et par extension, des meilleures chances de vivre en santé;
  • promouvoir la capacité régionale de développement et de production de vaccins et investir dans ce domaine conformément au Plan de fabrication de produits pharmaceutiques pour l’Afrique de l’Union africaine, y compris le renforcement des autorités nationales de réglementation.

Nous demandons instamment :

  • aux États Membres et aux partenaires, y compris les banques africaines de développement et les communautés économiques régionales africaines, de soutenir la mise en œuvre de la présente déclaration, d’accroître leurs efforts de mobilisation de ressources et de réaliser de nouveaux investissements pour renforcer les programmes nationaux de vaccination de sorte qu’ils puissent atteindre les objectifs du PAMV, ainsi que les systèmes de soins de santé en général dans les États Membres;
  • aux États Membres et aux partenaires de négocier avec les fabricants de vaccins pour faciliter l’accès aux vaccins disponibles à des prix abordables, rendre les prix plus transparents ainsi qu’établir des bases de données de prix conformément à la résolution WHA68.6;
  • à l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination de considérer les réfugiés et les populations déplacées à l’intérieur des pays comme pouvant bénéficier de l’appui de l’Alliance en matière de vaccins et de coûts opérationnels;
  • à l’Organisation mondiale de la Santé et à la Commission de l’Union africaine de soutenir les États Membres dans le partage des expériences, le renforcement des capacités et la mise en place de mécanismes permettant de suivre les progrès réalisés en vue de l’ecution de ces engagements.

Nous remercions Son Excellence, M. Hailemariam Desalegn, Premier Ministre de la République fédérale d’Éthiopie et hôte de la présente Conférence ministérielle africaine sur la vaccination, d’avoir accepté de plaider en faveur de la présente déclaration, et lui demandons de la présenter aux Chefs d’État africains lors du 26ème Sommet de l’Union africaine, qui se tiendra en juin 2016.