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UA : selon le commissaire Paix et Sécurité il faut « une force de réponse rapide en Afrique »

 

L’ambassadeur Smail Chergui et Leslie Richer, Directrice Information Communication UA (crédit photo : Cheikh Aidara)

Somalie, Nord Mali, Libye, Soudan du Sud, Centrafrique… Partout en Afrique, les foyers de tension se multiplient et s’incrustent. Le Commissaire Paix et Sécurité de l’Union Africaine, Smail Chergui, est revenu sur toutes ces questions.

Le Commissaire Paix et Sécurité de l’Union Africaine, l’Algérien Smail Chergui, a animé le 31 janvier une conférence de presse sur la stratégie africaine en matière de lutte contre le terrorisme et l’instabilité politique en Afrique, évoquant la situation en Somalie, au Soudan du Sud et en Libye, ainsi que la situation des forces de maintien de paix et la coopération internationale.

Forces africaines communes

Selon Smail Ghergui, la lutte contre le terrorisme sur le continent est une des priorités de l’Union Africaine. Il a rappelé la décision prise lors du Sommet de Kigali en 2016 relative à la création d’un fonds dont les contours ont été l’objet d’une réunion au cours du présent Sommet d’Addis-Abeba. Un document fixant les règles et les mécanismes de fonctionnement de ce fonds aurait été ficelé et devrait être débattu lors de la prochaine réunion des ministres de l’Union africaine. Ces efforts s’inscrivent, d’après le Commissaire, dans le prolongement du processus de Djibouti et celui de Nouakchott.

L’ambassadeur Smail Chergui a également évoqué la mise en place d’une force africaine de réponse rapide qui a été adoptée lors du présent sommet, ce qui va permettre selon lui à cette nouvelle organisation de lancer ses opérations. «La Commission Paix et Sécurité est fortement impliquée dans le renforcement de capacité des pays membres et la première mission de la force en question sera  justement de s’atteler à cette tâche» a-t-il précisé. Les Chefs d’Etat-major des Etats membres de l’Union Africaine devront ainsi être conviés rapidement autour de ces questions.

Le plateau des journalistes  (crédit photo : Aidara)

Combattre les «Chebabs »

S’agissant de la Somalie, l’ambassadeur Smail Chergui a souligné que la mission de l’Union Africaine dans ce pays a permis de sécuriser le processus électoral en cours et qu’il devrait déboucher bientôt sur l’élection du président de la République. Il s’agira aussi, dans ce cadre, de récupérer les régions encore contrôlées par les «Shebab» puis de procéder à la formation des forces armées et de sécurité de la Somalie. «La mission africaine dans ce pays doit être renforcée» a martelé Smail Chergui. Pour ce qui est de la solde des troupes africaines d’intervention, un accord aurait été conclu dans ce cadre avec les Nations-Unis, a-t-il expliqué, apportant un démenti sur les rumeurs liées au retrait des troupes burundaises et éthiopiennes des contingents africains en Somalie.

Boko-Haram

Le Commissaire Smail Chergui a aussi évoqué les forces mises en place autour du Lac Tchad pour combattre Boko-Haram, soulignant que ces forces ont permis d’affaiblir cette organisation terroriste qui ne contrôlerait plus aucune région et qui aurait même été chassé des forêts qui leur servaient de retraite. Il a salué au passage les soldats camerounais, tchadiens, nigérians et béninois pour leur contribution à cette force rapide d’intervention qu’ils ont mis en place à partir de leurs efforts et de leurs ressources propres.

La Paix difficile au Mali

S’agissant du Nord Mali, l’ambassadeur Chergui a souligné que le dernier attentat de Gao visait à saborder les derniers accords de paix dont la première étape consistait à fédérer les ex-rebelles touarègues et des éléments de l’armée malienne au sein d’une même force pour lutter contre le terrorisme dans le pays. «D’une manière globale, selon le Commissaire, la Minusma doit disposer d’un mandat plus solide, d’où la proposition faite par l’Union Africaine de disposer d’une force au sein de la Minusma» a-t-il indiqué.

La réconciliation libyenne

En ce qui concerna la question libyenne, l’ambassadeur Smail Chergui a déclaré que l’Etat Islamique a été vaincu dans ses principaux bastions (notamment à Syrte) et qu’il s’est replié vers le Sud, affectant dangereusement le Sahel. Il a souligné que la conférence des chefs d’Etat africains réunis à Addis-Abeba au dernier jour du 28ème sommet a renouvelé sa détermination à soutenir la mission de la Commission Paix et Sécurité dans ses démarches concernant le règlement de la question libyenne.

«Les populations souffrent car elles vivent une grave crise d’approvisionnement énergie ainsi que de problèmes de couverture sanitaire» a déploré le Commissaire Chergui. Il a rappelé la dernière réunion des Chefs d’Etat africains le 27 janvier dernier à Brazzaville et les décisions qui viennent d’être prises à ce propos. Il s’agit notamment de l’appel lancé aux parties prenantes (gouvernement et Chambre des représentants) pour la recherche d’une solution concertée. Il a été également proposé, selon lui, la révision de la constitution libyenne et la mise en place d’un gouvernement inclusif sur la base de concertations acceptées. Il fut aussi question de la situation humanitaire en Libye, avec la présence de milliers de réfugiés et de déplacés internes.

A la recherche d’une paix au Soudan Sud

Pour ce qui est du Soudan du Sud, l’ambassadeur Smail Chergui a déclaré que la crise dans ce pays continue d’être source de préoccupation. Il a souligné que la démarche de son département dans ce cadre consiste à relancer le processus de paix et de réconciliation entre les différents acteurs. Il a mentionné à ce sujet les actions entreprises par Alpha Konaré, l’Envoyé Spécial de l’Union Africaine au Soudan du Sud. «D’ailleurs, M.Konaré s’apprête à se rendre à Juba pour la relance des pourparlers» a-t-il conclu.

Cheikh Aïdara
Addis-Abeba


Réformes de l’Union Africaine : Les Chefs d’Etat pas encore prêts pour ce saut

Crédit photo ; Financial Afrik

Problèmes d’égo, de perte de privilèges ou batailles politiques de clans ? Quoi qu’il en soit, le projet de réformes structurelles présenté par le président Kagamé du Rwanda n’est pas passé. Les Chefs d’Etat africains, réunis en huis clos cet après-midi du 29 janvier 2017, ont décidé de reporter au prochain Sommet les débats sur ce document préparé par dix économistes de renom à qui le président Kagamé avait confié la  tâche. Cette décision intervient à la veille du Sommet des Chefs d’Etat qui devra s’ouvrir demain dans l’immense salle du Mandela Hall d’Addis-Abeba.

Les partisans de la réforme structurelle de l’Union Africaine devront être déçus. Le projet, préparé par une solide équipe de dix experts, dont le Bissau Guinéen Carlos Lopes, ancien des Nations Unies et Secrétaire exécutif de la Commission économique africaine, le Rwandais Donald Kaberuka, ancien président de la BAD, ou encore la Cap-Verdienne Cristina Duarté, ancienne ministre, est passé à la trappe. C’était lors d’une rencontre à huis clos des Chefs d’Etat de l’Union Africaine, le dimanche 29 janvier 2017, à la veille du Sommet qui devra les réunir dans les deux prochains jours pour débattre d’autres dossiers non moins chauds, telle l’adhésion du Maroc, l’élection du président de la Commission africaine ou la crise libyenne.

C’est surtout un grand camouflet pour le Rwandais Paul Kagamé qui avait sollicité un task force assez relevé pour faire passer un ambitieux document qui devait chambarder complètement la vieille peau de caïman qu’est l’UA, restée malgré un changement de dénomination, réfractaire aux changements. Dans les coulisses du Mandela Hall, certains observateurs rencontrés expliquent ce report des débats sur les réformes de l’Union africaine comme l’expression d’ego.

Autre argument, celui qui soutient que la réforme envisagée risque de toucher plusieurs commissions importantes au sein de l’Union Africaine et de faire perdre à certains ténors de l’antique boîte des avantages et des privilèges certains. Mais la plupart s’accordent à dire que les chefs d’Etat africains ne sont pas tout simplement encore prêts pour des changements en profondeur de leur organisation.

Quoi qu’il en soit, l’Algérie semble le pays qui a le plus regretté ce camouflet des Chefs d’Etat par rapport à un document que son ministre des Affaires Etrangères, Abdelmalek Sellal avait défendu avec énergie.

Intervenant avant la décision des Chefs d’Etat réunis en huis clos, Abdelmalek Sellal qui représente le Chef de l’Etat algérien, Abdelaziz Bouteflika, avait en effet indiqué que «le processus de réforme de l’Union Africaine s’impose en tant que nécessité ».

Il répond, selon lui, à des impératifs d’intégration et de développement de l’Afrique, ainsi qu’aux mutations globales en cours dans le monde. Il a mis en exergue l’importance que l’Algérie, et son président Bouteflika attachent à ce projet de réformes.

Les partisans de la réforme s’étaient basés sur la renommée des membres du comité qui étaient chargés des propositions de réformes, notamment le Rwandais Donald Kaberuka qui avait réussi à faire adopter sa proposition d’appliquer une taxe de 0,2% sur les importations pour financer l’Union Africaine.

Cheikh Aïdara
Addis-Abeba


Les politiques de développement au Sahel : la Mauritanie marque des points

 

Le Directeur régional de l’UNFPA face à la presse  (Addis-Abeba- Crédit : Cheikh Aidara)

« Dans les 6 pays où le Projet d’autonomisation des femmes et du dividende démographique au Sahel (SWEDD) est en train d’être expérimenté, la Mauritanie sort du lot« . L’appréciation est du Directeur Régional du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Mabingué Ngom. Cette appréciation, il l’a répété à deux reprises, lors d’une conférence avec des journalistes à l’hôtel Radisson Blue d’Addis-Abeba, il a également affirmé qu’il fallait «tirer pleinement profit du dividende démographique en investissant sur les jeunes ». Le thème de l’autonomisation des femmes et du dividende démographique est un thème phare du 28ème Sommet des Chefs d’État de l’Union Africaine qui se tient actuellement à Addis-Abeba, capitale de l’Ethiopie.

La solution pour l’avenir : un bon profil démographique

La Mauritanie est le premier pays du Sahel à avoir élaboré son profil démographique, c’est-à-dire la cartographique statistique de sa population sur la base de différentes caractéristiques socio-démographique (sexe, âge, revenu et scolarité), grâce à la mise en place d’une bonne cellule de coordination, autour du Coordinateur national, Mohamed Mélaïnine Ould Eyih,

Le constat du Directeur Régional de l’UNFPA se base sur les efforts importants consentis par la Mauritanie dans le domaine de la santé (notamment la santé de la reproduction et le planning familial), mais aussi dans le domaine de l’éducation, avec la création d’écoles d’excellence et de plusieurs instituts supérieurs d’enseignement technique (mines, développement rural, etc). Ces progrès offrent à la Mauritanie des opportunités réelles pour profiter de son dividende démographique.

Le lien évident entre démographie et développement

Cependant le chômage reste, selon Mabingué Ngom, un problème récurrent, non seulement en Mauritanie mais aussi dans toute la région africaine . Selon les projections, la population mondiale sera de 10 milliards et la moitié vivra dans 9 pays dont 5 en Afrique, le Nigéria, l’Ethiopie, l’Ouganda, la Tanzanie et la RD Congo. Le problème du chômage des jeunes africains qui représentent déjà plus de 50% de la population serait due à une forte fertilité, qui fait arriver chaque année des millions de jeunes devant les salles de classe, devant les universités et sur le marché de l’emploi. Seul un contrôle des naissances, l’amélioration des services de santé et de l’éducation de qualité, ainsi que des formations en adéquation avec la demande du marché de l’emploi permettront selon les experts, de freiner le cycle infernal de la surpopulation face à des ressources africaines limitées. D’où ce concept de « dividende démographique »  qui n’est rien d’autre que l’accélération de la croissance économique qui ne peut résulter que d’une baisse rapide de la fécondité d’un pays et de l’évolution ultérieure de la structure par âge de la population.

Pour comprendre comment cela fonctionne, ramené à la dimension d’une famille, il suffit de faire la comparaison entre deux chefs de famille percevant le même revenu. L’un a deux enfants en charge et l’autre dix enfants, le compte est vite fait ! C’est tout le secret de la réussite enregistrée aujourd’hui par des pays comme le Cap-Vert ou l’Ile Maurice, qui sont cités comme des exemples de bon développement, alors qu’il y a vingt ans, ils étaient au même niveau de développement que le reste des autres pays africains qui pataugent encore dans la pauvreté endémique, le retard économique et politique…

Cheikh Aïdara
Addis-Abeba


Présidence de la Commission africaine : une course serrée et des noms sortent du lot

Siège de l’Union Africaine à Addis-Abeba (Photo google)

Les tractations vont bon train dans les coulisses du siège de l’Union Africaine à Addis-Abeba, à quelques heures d’une élection décisive : celle du prochain président de la Commission de l’Union Africaine.

Cinq grandes pointures de la scène africaine sont sur la sellette. Il s’agit de Pelonomi Venson Moitoi du Botswana, Moussa Faki Mahamat du Tchad, Agapito Mba Mokuy de la Guinée équatoriale, Amina Mohammed du Kenya et Abdoulaye Bathily du Sénégal. Les pronostics vont bon train ainsi que les spéculations, mais personne ne sait encore celui ou celle qui va succéder à la Sud’Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, dont le mandat a expiré depuis six mois.

Lors du 27ème sommet de l’Union Africaine qui avait eu lieu à Kigali (Rwanda) aucun des trois candidats à sa succession n’avait pu obtenir les deux tiers des votes nécessaires en trois tours de scrutin. L’élection fut ainsi reportée jusqu’au présent sommet, le 28ème qui se tient depuis le22 janvier dernier à Addis-Abeba (Ethiopie). Parmi les trois malheureux candidats de 2016, seule l’Ougandaise, Speciosa Wandira-Kazibwe  a désisté, alors que ses deux concurrents de l’époque, la Bostwanaise, Pelonomi Venson-Moitoi et l’Equato-guinéen Agapiton Mba Mokuy rempilent.

Mais selon les premiers sondages, le Sénégalais Bathily, la Kenyane Amina et la Bostwanaise risquent de sortir du lot au premier tour.

Si certains raisonnent en termes de régions, pour spéculer sur les candidats qui ont plus de chance de s’en sortir en fonction du nombre de pays de leur zone respective, d’autres pensent que les intérêts géopolitiques de chaque Etat membre pèsera lourd sur la balance. Ainsi, ni la stature encore moins les compétences des uns et des autres, ni la lourdeur des back-ground encore moins la longueur des diplômes ou la solidité des expériences ne seront décisives. Les intérêts et seuls les intérêts que chaque Etat pourra tirer de cette élection vaudront monnaie de change et devise forte. Encore faudrait-il à ce titre que chaque représentant  s’en tienne aux consignes de vote de son pays. Cela aurait été possible si le scrutin se faisait à main levée. Mais, la nature secrète du vote fera que les consignes données par tel pays ou tel autre à son représentant n’aura aucun poids. Seuls les porteurs de carton négocieront leur bulletin en fonction de leur penchant ou de la force de persuasion des candidats-courtisans.

Si l’on en tient aux raisonnements des  tenants du vote régional, le Sénégalais Bathily et la Kenyane Amina devraient largement l’emporter, avec 16 pays d’Afrique de l’Ouest qui soutiendraient le premier et 15 pays d’Afrique de l’Est pour la seconde. Les autres candidats, notamment les deux d’Afrique Centrale, le Tchadien Mahamat et l’Equato-Guinéen Agapito devront se partager la voix des huit pays qui composent leur ensemble, alors que la Botswanaise Pelonomi aura elle seule les huit pays d’Afrique Australe.
Mais selon de nombreux diplomates rencontrés dans les coulisses, ce raisonnement ne sera nullement déterminant.

Cheikh Aidara

 

Biographie des 5 candidats à la Présidence de la Commission de l’Union Africaine

Abdoulaye Bathily

Abdoulaye Bathily (photo google)

Historien, universitaire et homme politique sénégalais, Abdoulaye Bathily a été plusieurs fois ministre, sous Abdou Diouf ensuite sous Macky Sall. Pendant 29 ans, chef de file de la Ligue démocratique/Mouvement pour le parti du travail (LD/MPT), ce soninké originaire de la Vallée, département de Bakel est né en 1947. Il en sera le député en 2001.
Professeur d’histoire moderne et contemporaine à l’Université de Dakar, ce sortant de Birmingham sera d’abord ministre de l’Environnement dans le gouvernement de Habib Thiam, puis ministre de l’Energie et des Mines sous Moustapha Niass en 2000 avant de prendre la tête de l’Assemblée nationale sénégalaise. Il sera en 2007, le candidat malheureux de ces élections avec moins de 3% des voix et fut nommé par Macky Sall en 2012 comme ministre d’Etat à la Présidence de la République.
En juillet 2013, il cède son fauteuil à la direction du LD/MPT  à Mamadou NDoye.
En campagne au Mali en décembre 2016 pour sa candidature à la présidence de la Commission de l’Union Africaine, cet habitué des couloirs des Nations Unis, médiateur dans la crise au Burundi et envoyé spécial du Secrétaire Général de l’ONU pour l’Afrique centrale, trouve que sa candidature est en droite ligne de son engagement «pour l’Afrique, pour les peuples africains, leur libération, leur autonomie » soulignant que le faire en sorte que l’Afrique devienne un acteur majeur de la vie internationale, est un combat d’une vie.

Amina Mohamed Jibril

Amina Mohamed Jibril (photo google)

Depuis 2013 ministre des Affaires étrangères du Kenya, Amina Mohamed Jibri est la première femme à occuper un tel poste dans son pays. Née en octobre 1963 de parents Somaliens, elle est diplômée en maîtrise en droit de l’Université d’Etat Taras-Chevtchenko de Kiev en Ukraine. Elle épinglera dans son back-ground un Master en droit de l’Université Strathmore, puis en 1993 un autre Master en Relations internationales de l’Université d’Oxford.
Amina Mohamed suivra une carrière professionnelle riche, directrice juridique, puis conseillère au Ministère des Affaires étrangères du Kenya, puis à la mission diplomatique de son pays auprès de l’Office des Nations Unies à Genève. En 1997, elle est conseillère juridique de la mission diplomatique du Kenya auprès du Conseil de sécurité des Nations Unies. Elle occupera plusieurs postes de haute responsabilité dans son  pays avant d’être nommée par Banki-Moon, encore Secrétaire générale des Nations Unies, au poste de directrice exécutive adjointe du Programme des Nations Unies pour l’Environnement. Elle part en tout cas en compétition pour le siège de présidente de la Commission de l’Union Africaine forte du soutien d’un Chef d’Etat d’Afrique de l’Ouest, Faure Gnassingmé du Togo, qui le lui a signifié lors de sa visite à Nairobi en octobre 2016.

Agapito Mba Mokuy

Agapito Mba Mokuy (Photo google)

C’est le plus jeune parmi les candidats. Né le 10 mars 1965 au Nord-Est de la Guinée Equatoriale, Agapito Mba Mokuy est membre du PDGE (parti démocratique de la Guinée Equatoriale). Ancien fonctionnaire de l’UNESCO, ministre des Affaires étrangères de son pays depuis 2012, il est titulaire d’un Master en business administration obtenu à l’Université de Bangkik (Thaïlande), d’une licence en économie agricole de l’Université de Louisiane (USA) et d’un certificat double compétence en Management et communication de l’Institut de San Diego en Californie (USA). Il parle couramment l’espagnol, le français, l’anglais et le portugais.
Agapito est un cadre du système des Nations Unies, consultant au PNUD sur les questions économiques en 1991, puis près de 20 ans à l’UNESCO.
Membre du Bureau politique du PDGE depuis 2010,il a été nommé la même année par le Chef de l’Etat Equato-Guinéen comme son conseiller aux Affaires africaines. Il a joué un grand rôle lors de la présidence de l’Union Africaine assurée par son pays de 2011 à 2012. Nommé à la tête de la diplomatie de son pays, il a été reconduit dans l’équipe gouvernementale en 2015 et a présidé à ce titre tous les sommets de grande envergure que la Guinée-Equatoriale abrite depuis sa nomination.

Moussa Faki Mahamat

Moussa Faki Mahamat (Photo google)

Premier ministre du Tchad de 2003 à 2005, Moussa Faki Mahamat est membre du MPS (Mouvement patriotique du Salut) présidé par Idriss Déby Itno. Né en 1959, l’Afrique le découvre lors d’un débat qui avait opposé en 2016, les candidats à la succession de Nkosazana Dlamini Zuma, présidente de la Commission de l’Union Africaine. Sa déclaration selon laquelle «l’Union africaine a besoin d’un leadership affirmé… » et qu’il faut «se recentrer sur l’essentiel», soulignant que «depuis 2002, nous avons adopté aux alentours de 1 800 décisions et résolutions et moins de 15% ont été réellement mises en œuvre » a fait mouche.
Ce franc-parler d’un candidat au plus haut poste diplomatique au sein de l’Union Africaine a forcément attiré l’attention, d’autant que le langage de bois est le trait dominant dans les allées d’Addis-Abeba. Pourtant, Moussa Faki Mahamat n’en est pas moins un diplomate chevronné, un fin négociateur doublé d’un homme politique, selon ceux qui le connaissent.
Avec trente ans d’expériences dans les affaires de l’Etat tchadien, Moussa Faki a été plusieurs fois ministre, directeur de cabinet du président Déby, chef de gouvernement. Depuis 2008, ministre des Affaires étrangères, il a suivi tous les dossiers stratégiques de Jean Ping à Nkosazana au niveau de la Commission de l’Union Africaine.
En briguant la présidence de la Commission, Moussa Faky compte mettre toute cette expérience, notamment dans les questions de paix et de sécurité, au service du continent.
Le Tchadien est titulaire d’un Doctorat en Droit Public de l’Université Paris XIII, après un DESS en Droit Public obtenu à l’Université Marien NGouabi de Brazzaville (Congo) en 1986. Beaucoup le donne comme partant, même si ses chances dans les coulisses d’Addis-Abeba restent faibles, selon certains spécialistes interrogés.

Pelonomi Venson Moitoi

Pelonomi Venson Moitoi (Photo google)

Née en 1951, Pelonomi Venson Moitoi est journaliste et femme politique du Botswana, Secrétaire général adjointe du Parti démocratique de 1999 à 2004, députée puis ministre de 2000 à 2010.
Cette diplômée de l’Université du Michigan (USA), a débuté sa carrière politique à l’Assemblée nationale du Botswana en 1999. Entre 2001 et 2002, elle est nommée ministre des Travaux Publics, des Transports et des Communications, puis ministre du Commerce, de l’Industrie, de la Faune et du Tourisme de 2002 à 2002, ensuite ministre de la Communication, de la Science et de la Technologie en 2004, poste qu’elle quittera puis reprendra en 2009 avant d’aller à l’Education Nationale.
En 2013, elle est pressentie à la tête du parti BDP, ce qui dénote de l’importance qu’elle a prise sur l’échiquier politique national. En 2014, elle prend la tête de la diplomatie botswanaise.
Candidate à la présidence de la Commission de l’Union Africaine en 2016, elle rempile encore, espérant profiter du 28ème Sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine pour prendre la succession de la Sud’Africaine Nkosazana.