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Centre hospitalier de Kiffa : «Un joyau à préserver»

Ce qui était au départ qu’une simple extension de l’hôpital régional de Kiffa, a fini par devenir un véritable centre hospitalier flambant neuf, bâti à l’extrême Est de Kiffa, renvoyant dans les annales de l’histoire, l’ancienne structure aujourd’hui presqu’à l’abandon. Son directeur, Dr.El Vak Ahmed Barka, nous en parle dans cet entretien. Plusieurs fois Directeur régional, directeur d’hôpital, médecin-chef, le Dr.El Vak est pour certains observateurs, l’un des meilleurs gestionnaires hospitaliers du pays. Au crépuscule de sa carrière, il fait partie de ses soldats de l’ombre, proche des populations et loin des rampes.

Comment est née le nouveau centre hospitalier de Kiffa ?
Le Centre hospitalier de Kiffa a été inauguré le 5 août 2016 par le Premier ministre, M.Yahya Ould Hademine. Au départ, l’idée était juste de procéder à une simple extension de l’ancien hôpital régional. C’est pourquoi je crois qu’il ne faut jamais désespérer et les bons dossiers finissent toujours par réussir. Il faut dire que la naissance de cet hôpital relève d’une réelle volonté politique, notamment celle du président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz. Il avait souscrit à l’idée de doter Kiffa, d’une véritable structure interrégionale capable de désengorger les hôpitaux de Nouakchott en retenant tous les patients en provenance de l’Est de la Mauritanie. Il a été construit en deux années avec l’appui de la coopération chinoise ;
Cet hôpital dispose pratiquement de tous les services, 13 spécialités médicales pour le moment, gynécologie, urologie, chirurgie générale, traumatologie, cardiologie, pédiatrie, entre autres. Seuls nous manquent quatre ou cinq spécialités, dont la neurologie et la psychiatrie.

Comment fonctionne le service des urgences ?

Le service des urgences fonctionne 24 heures sur 24. Il dispose d’un bloc opératoire d’urgence, d’un laboratoire, d’un service de pharmacie, de la radiologie, et de tous les services d’urgence requis.

Pas d’insuffisance au niveau de la ressource humaine ?

Il ne nous manque que des techniciens supérieurs en radiologie et laboratoire notamment. Mais sur le plan médical, on ne souffre d’aucune insuffisance. Nous avons assez de médecins, de sages-femmes, d’infirmiers et de spécialistes pour couvrir tous les besoins d’un centre hospitalier classique.

N’y a-t-il pas de problème d’ambulance ?

Les ambulances, nous n’en avons réellement plus besoin, car le taux d’évacuation vers Nouakchott a beaucoup diminué. Les malades en provenance des Hodhs sont désormais orientés vers le centre hospitalier de Kiffa, notamment ceux en provenance des villes comme Tintane, Tamchakett, Koubenni, etc. Il y a surtout le service de réanimation qui a beaucoup freiné les évacuations.
Et sur le plan des équipements médicaux ?

Le centre hospitalier de Kiffa dispose de tout le matériel nécessaire pour le fonctionnement d’un véritable complexe médical, à part quelque matériel d’ORL ou quelque matériel de chirurgie.

La maintenance est-elle assurée d’une manière suivie ?

Nous avons lié contrat avec quatre sociétés privées pour l’entretien des locaux, le nettoyage et la propreté de l’hôpital. Pour ce qui est de la maintenance des équipements, ces derniers sont garantis encore pendant une année par la partie chinoise.

Comment l’hôpital assure-t-il son financement ?

Le Centre hospitalier est financé à 60% par le budget de l’Etat et à 40% par les recettes propres. L’Etat prend en charge le salaire des fonctionnaires, alors que des contrats ont été passés entre le Ministère de la Santé et quelques médecins étrangers, en l’occurrence cinq médecins syriens. Les huit médecins chinois qui travaillent au sein de l’hôpital sont quant à eux payés par leur Etat. L’hôpital ne paye directement que le personnel subalterne (planton, secrétaires, etc). ou deux techniciens.

Quel est l’impact de l’hôpital de Kiffa sur les populations ?

L’impact du nouveau centre hospitalier de Kiffa est qu’il a beaucoup aidé dans la rétention des malades des régions orientales qui étaient systématiquement évacués vers Nouakchott. Il a aussi beaucoup contribué à la baisse de la mortalité hospitalière, car beaucoup de patients mouraient en cours de route avant d’arriver à Nouakchott à cause du long trajet à parcourir. Il a ainsi beaucoup participé à l’amélioration des taux de guérison. Auparavant, la durée moyenne des hospitalisations était de 4 jours, aujourd’hui il est de 2,5 jours. Ce qui est une grande performance, car cet indicateur montre que les malades guérissent beaucoup plus vite.

Et sur le plan de la mortalité maternelle ?

Très faible, presque rare. Les femmes ne meurent pratiquement plus en milieu hospitalier mais en dehors des structures de santé, pendant leur transport, par exemple ou leur accouchement à domicile. La réanimation a beaucoup contribué à lutter contre la mortalité maternelle qui était causée en grande partie par les crises d’éclampsie. Certes, nous continuons à connaître des insuffisances en matière de banque de sang, mais nous ne manquons jamais de sang lors des opérations, soit en faisant recours aux proches des malades ou très souvent, grâce aux élèves de l’école militaire que je tiens particulièrement ici à remercier pour leur apport indéfectible en matière de don de sang.


Festival des Villes Anciennes : Ouadane sous le sceau du communautarisme

De l’avis de plusieurs observateurs, le Festival des Villes Anciennes dans sa 6ème édition qui vient de s’achever à Ouadane, s’est drapé d’un dangereux vernis communautariste. Maures du Sahara, du Mali et de Mauritanie dans une réelle et exclusive communion.

Sans que le pouvoir ne s’en rende peut-être pas compte, certains dans l’entourage des hautes autorités tirent de plus en plus insidieusement sur la ficelle communautariste. La preuve, la 6ème édition du Festival de Ouadane, qui a eu lieu du 12 au 16 décembre 2016, fut une véritable communion entre les Maures du Sahara Occidental, ceux du Mali et de Mauritanie. Selon certaines confidences, l’accent a été mis sur l’aspect communautaire en ce qui concerne les artistes qui devaient représenter les pays invités. Au lieu de convier des Touarègues ou des troupes bambaras du Mali, l’exigence porta sur des Maures de Tombouctou. Certains se sont aussi demandés pourquoi ne pas avoir invité des troupes folkloriques du Sénégal, même au sein de la communauté maure, avant que l’on se rende compte que cette dernière est quasiment composée de harratines. D’où ce raisonnement presque raciste ou raciale que d’aucuns ne manqueront de relever avec indignation, mais la donne communautariste semble hélas, dans cette Mauritanie de la dernière décennie, être érigée en mode de gouvernance politique.
Sinon, comment expliquer la reconnaissance officielle d’un parti politique aussi communautariste, raciste et raciale, que celui de Daoud Ould Ahmed Aïcha qui ne se cache pas d’avoir crée «un parti pour les Maures » pour contrer selon lui les discours extrémiste des Flams et de l’IRA, qui eux butent sur un systématique refus de reconnaissance.
Cette velléité de plus en plus forte de la communauté maure à s’affirmer comme composante majeure de la population mauritanienne et à laquelle doivent s’assimiler toutes les autres composantes du pays ou disparaître, trouve ainsi toute sa quintessence dans le propos de Mohamed Ould Abdel Aziz, le Président de la République, selon lequel «les Maures forment la majorité en Mauritanie ». Voir sa dernière interview avec le journal français «Le Monde».
Ainsi, si en France, le repli identitaire autour du «Français pure souche » fait le lie du radicalisme politique, en Mauritanie, l’identité maure menacée par le «péril noir » avec la jonction tant redoutée entre «Harratines et Négro-mauritaniens» qui se dessine de plus en plus, fait germer un sentiment de peur. D’où l’option de rassembler la grande fratrie éparpillée, du Sahara algérien au Sahara marocain jusqu’aux confins de l’Azawad (Trab el bidhane), approche prônée par un certain Ould Breidelil, mais aussi à réinventer «une résistance maure contre l’envahisseur français» comme socle unificateur de la communauté autour d’un vécu commun.
Vu sous cet angle, l’on comprend tout le machiavélisme qui se cache derrière l’enrôlement biométrique, qui ne sert pas seulement à viabiliser les pièces d’état-civil en réalité, mais à procéder à des purges raciales dans les rangs des négro-mauritaniens et surtout des harratines, accusés de se «reproduire dans tous les coins de rue». Dixit, le discours de Mohamed Ould Abdel Aziz à Néma.
Ainsi, d’un festival culturel qui était sensé ressouder les liens intercommunautaires, les chauvins aujourd’hui au pouvoir cherchent à en faire le symbole de la suprématie d’une communauté au détriment de toutes les autres. D’où, l’anachronisme d’un pays supposé multiethnique, où la quasi-totalité des hiérarchies militaires et civils est à une seule dominance ethnique.
D’où ces images en apparence inoffensives de civils armés qui fleurissent le plus normalement du monde sur les réseaux sociaux, ou encore ces menaces d’assassinat proférées  sur la place publique en toute impunité, alors qu’émanant des autres communautés, de telles attitudes auraient débouché sur des arrestations, des répressions et des procès tous azimuts.
Sinon encore une fois, pourquoi ni le Président de la République, ni son Premier ministre, n’ont daigné honorer de leur présence la plus grande manifestation de la communauté Soninké, celle qui a regroupé tous les Soninkés du monde ici à Nouakchott ? Pourquoi, les manifestations culturelles chapeautées par des membres des autres communautés sont systématiquement séchées par le ministre de tutelle et le moins gradé de son département, alors qu’ils se bousculent au portillon du moindre évènement organisé par la plus obscure association dirigée par quelqu’un de leur fratrie ?
Nonobstant les accusations qui ne manqueront pas de pleuvoir sur ce constat de notre amère et désolante réalité et que d’aucuns pourraient traiter de raciste ou d’hostile à la Nation, bref tout ce terrorisme intellectuel mis en branle dès que l’on touche la plaie qui ronge le pays, nous appellerons un chat un chat.
La Mauritanie est hélas tombée aujourd’hui entre des mains chauvines, celles qui ont toujours tripatouillé dans la fange anti-noire et anti-harratine et qui disposent maintenant de l’arsenal politique, prêtes à dégainer pour faire prévaloir sa funeste idéologie.


Birame Dah Abeid, président de l’IRA : «Je rentrerais bientôt en Mauritanie »

Lors de sa dernière conférence tenue le 17 décembre dernier à Paris, le président de l’initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), Birame Dah Abeid a annoncé son retour imminent en Mauritanie, après plusieurs mois d’absence et de tournées à l’étranger. Un retour à risque selon certains observateurs.

Absent du pays depuis le mois de juin 2016, Birame Dah Abeid a annoncé son retour dans quelques semaines en Mauritanie. C’était au cours d’une conférence de presse animée à Paris samedi 17 décembre 2016 en présence des militants de l’IRA-France, d’organisations de défense des droits de l’homme et de plusieurs hautes personnalités.
Au cours de son intervention, le président de l’IRA a fait le bilan de sa tournée en Afrique, en Europe et aux Etats-Unis. Selon lui, la diplomatie active de son organisation lui a permis de marquer des points importants sur le plan international, infligeant au régime mauritanien des défaites cuisantes.
«Chaque fois que nous engrangeons des points au niveau international, le pouvoir mauritanien panique et procède à des arrestations dans les rangs de notre mouvement ». La dernière défaite sanglante infligée au gouvernement mauritanien selon lui, est cette tentative de démanteler IRA en arrêtant, torturant et condamnant lourdement les membres de son bureau exécutif avant de faire machine arrière sous le coup de boutoir de la pression internationale.
«Cette stratégie des coups d’éclats nous a permis de marquer partout des points » dira Birame qui a prôné l’union de tous les démocrates mauritaniens pour déboulonner le système en place.
«Seule l’union de toutes les forces progressistes permettra de changer la donne » ajoutera-t-il. Selon lui, IRA qui est une organisation non violente, est contre la vengeance des vainqueurs, trouvant que toute bataille peut mener à la victoire ou à l’échec. «Donnons aux thuriféraires du pouvoir qui ont tué, déporté et pillé, une porte de sortie, une sorte de paix des braves » a-t-il lancé, mentionnant l’exemple irréfléchie de l’opposition gambienne qui aux lendemains de sa victoire électorale avait commencé à menacer de représailles un pouvoir encore en place.
Pour Ahmed Baba, professeur à l’Université de Clairmont-Ferrand et membre du bureau exécutif d’IRA, «le mouvement s’est distingué par son apport qualificatif à la lutte pour les droits de l’homme en Mauritanie ». Selon lui, l’organisation ne fait qu’exiger l’application de lois que le législateur mauritanien avait votées sans penser qu’il y aura des Mauritaniens déterminés à en suivre la stricte application. Un exercice périlleux qui a valu et continue de valoir selon lui aux militants d’IRA des emprisonnements, des arrestations et des jugements tous azimuts.
Mais selon plusieurs observateurs, le retour annoncé de Birame Dah Abeid en Mauritanie est à risque. Bien que n’ayant commis aucun délit, certains craignent qu’ils ne fassent l’objet d’une interpellation par la police politique. Un risque que le président de l’IRA semble assumer entièrement.


Les Oscars de toutes les complaisances : à FC Nouadhibou, ce qu’elle ne mérite pas !

Je n’ai pas l’habitude de tirer sur la Fédération Mauritanienne de Football et surtout sur son Président Ahmed Ould Yahya à qui je voue un immense respect pour tout ce qu’il a fait et continue de faire pour le football mauritanien. Mais franchement, il y a des dérapages et des injustices qu’on ne peut passer sous silence.

Or, les Awards 2016 qui viennent de se dérouler sont un paquet d’enfantillages ridicules et d’injustice flagrante.

En effet, le Président de la FFRIM ne parvient pas à s’ôter de la tête qu’il n’est plus dirigeant du FC Nouadhibou, mais qu’il est devenu le patron de tout le foot mauritanien et par là doit se tenir à égale distance de tous les clubs. Ce qui n’a pas été le cas.

Les Awards 2016 qui viennent de se dérouler à grands frais, avec des invitations lancées à d’anciennes gloires africaines et mondiales du ballon rond, a ravi à César, au FC Tevragh-Zeina, ce qui lui appartient. Et la fête s’est transformée en un plébiscite pour un FC Nouadhibou qui n’a rien gagné au cours de la saison 2015-2016.

Non seulement, le trophée de la meilleure équipe n’a pas été attribué, pour coincer le FC Tevragh-Zeina qui a tout raflé en 2015 (Championnat, Coupe Nationale et Super Coupe), mais les plus méritants ont été coiffés sur le poteau par d’autres qui le sont moins.

A titre d’exemple, Mohamed Salahdine, le portier de Tevragh-Zeina qui a joué toute la saison 2015 et a tout raflé avec son équipe a été coiffé au poteau pour le trophée du meilleur gardien par un Souleymane Diallo qui a passé plus de la moitié de la saison passée aux Etats-Unis, et son équipe le Ksar a fini 7ème au classement.

Deuxième exemple, le cas de Pallaye, qui n’a rejoint le FC Nouadhibou qu’en 2016 et qui reçoit le Trophée du meilleur joueur local au nom du FC Nouadhibou, alors que cette performance, il l’avait réalisé pour le compte du FC Tevragh-Zeine. Ce que son honnêteté lui a d’ailleurs soufflé, lui qui a recadré les choses, en soulignant que le Trophée lui est remis en tant que joueur de Tevragh-Zeina et non de FC Nouadhibou.

Plus ridicule, le Trophée du Meilleur buteur, qui a été attribué à Hamoudi du FC Nouadhibou, devancé jusqu’à la 11ème journée par le jeune Ronny, avec 13 réalisations contre 5. Pour cela, On lui a offert l’occasion de marquer 9 buts en une seule rencontre. Ce qui fut le comble du ridicule.

Autre injustice, le trophée du meilleur axe central de la défense a été attribué à Mangane de FC Nouadhibou alors qu’il ne figure même pas dans l’équipe nationale ou locale. Il prend une récompense qui revenait donc de droit à Oumar Ly de Tevragh-Zeina.

Tout cela n’est pas sérieux, et il est temps de revenir aux fondamentaux de la justice, de l’équité et de la probité. On peut se venger d’un concurrent qui ne te laisse rien gagner, sur le terrain de la vérité, mais de là à chercher des revanches virtuelles par Awards interposés, ce n’est pas honnête.

Cheikh Aidara