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Tournoi de COTIF Espagne : Vincent Rotureau limogé après la contreperformance des U-20

COTIF

La Mauritanie sort du tournoi amical de COTIF pour les moins de 20 ans. Après 4 défaites en 4 matchs, 8 buts encaissés, 2 buts marqués et ZERO point au compteur, les Mourabitounes juniors ont réalisé leur plus mauvaise performance dans cette compétition organisée chaque année en Espagne. Après le dernier match disputé samedi 30 juillet dernier contre la modeste équipe de Bahreïn et qui s’est soldé par une défaite, 1-2, l’entraîneur des Mourabitounes juniors, le Français Vincent Rotureau, a été limogé par la Fédération mauritanienne de football.
Une sanction qui serait venue pour amortir le choc des critiques qui ont inondé la toile et dont les vagues pourraient emporter d’autres membres du staff technique.
En effet, beaucoup ont reproché à l’entraîneur français son manque de clairvoyance après la première défaite contre le Vénézuela (0-2). Une chaude dispute l’aurait même opposé à son adjoint mauritanien Moustapha Sall qui avait suggéré le changement de classement, car beaucoup de joueurs, comme El Hacen El Id, Dellahy ou encore Ali Abeid, avaient montré leurs limites. Mais Vincent Rotureau persiste et signe en alignant, défaite après défaites, d’abord devant l’Espagne (0-3), puis les Etats-Unis (0-1) et enfin Bahreïn (1-2) les mêmes joueurs et le même classement.
Avec un gardien de but aussi nul que Ould MBareck,  à l’origine de la plupart des buts encaissés par l’équipe, une défense poreuse et une attaque maladroite et inefficace devant les buts, les adversaires des U-20 de la Mauritanie avaient tôt perçu dans cette équipe le maillon faible du groupe. A part deux ou trois individualités, notamment le jeune Teguedi qui fut le meilleur Mourabitoune, tout le reste de l’équipe est passé complètement à côté de la plaque.
Cette grande performance du jeune Téguedi n’a d’ailleurs pas échappé à l’équipe Levante D qui a décidé de le recruter aux termes de cette première phase du tournoi.
Les Mauritaniens sortent ainsi penaud d’un tournoi où ils ont fait de la simple figuration, servant de punching-ball aux autres équipes du groupe.
Pour la FFRIM, c’est une véritable douche froide et une gifle qui vient s’ajouter à l’échec des équipes nationales mauritaniennes dans les tournois régionaux et continentaux qu’ils ont disputé cette saison, malgré les dépenses colossales qu’ils ont coûté à la collectivité.
Un seul match, devant l’Afrique du Sud, comptant pour la CAN-2017 où la Mauritanie est d’ores et déjà éliminée, meuble l’agenda de la FFRIM. D’où les questions qui se posent déjà quant au sort qui sera réservé à Corentin Martins, après cette échéance, car c’est un entraîneur désœuvré pour plusieurs mois que la Mauritanie continuera à payer.

Cheikh Aidara


Sommet arabe de Nouakchott : après la fête, l’heure des comptes

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Avec un actif assez peu consistant sur le plan politique et diplomatique, et un passif assez lourd, l’après-Sommet arabe de Nouakchott continue de traîner sa gueule de bois. A l’heure des comptes, toutes les fourmis et les abeilles ouvrières qui avaient travaillé dur pour la réussite de la fête attendent toujours leurs récompenses.

Sitôt les rideaux du Sommet de la Ligue Arabe à Nouakchott tombés, des dizaines de chauffeurs ont pris d’assaut les grilles de la Présidence de la République pour réclamer leurs dus. Dans le registre des services non payés, ils semblent partager le sort des dizaines de journalistes et de techniciens des médias publics, El Mouritaniya, Radio Mauritanie et Agence mauritanienne d’informations, qui n’ont reçu le moindre khoums à la fin d’un évènement pour lequel ils ont pourtant été mobilisés pendant plusieurs jours et plusieurs nuits. Ils ont tous ainsi sacrifié sommeil et repos, loin du cocon familial, pour assurer la réussite de la 27ème session de la Ligue Arabe de Nouakchott.

«On nous ballote d’un responsable à l’autre, chacun refuse la patate chaude des indemnités et à ce jour, nous ne savons à quel Saint nous adresser » avoue un journaliste qui a été consigné pendant quelques jours à l’aéroport pour retransmettre en direct l’arrivée des délégations.

Alors que des sources parlent de nouveaux décomptes qui tendraient à revoir à la baisse toutes les factures initialement prévues, le sort de plus de deux milles chameliers mobilisés par le ministère de la Culture et de l’Artisanat pour la bagatelle de 180 Millions UM semble d’ores et déjà scellé. L’Etat ne leur versera la moindre ouguiya. En sus de la colère homérique du chef de l’Etat, Mohamed Abdel Aziz, qui l’aurait savonné, selon quelques confidences, face à cette dépense de prestige jugée inutile, le ministre Mohamed Lemine Ould Cheikh devra se débrouiller avec sa commande.

Il paraît, selon plusieurs sources de presse, que certains émirs et chefs d’Etat, comme l’émir du Koweït et le président Idriss Déby du Tchad, ont été très généreux avec le personnel qui a été mis à leur service. Ainsi, si certains parmi ce personnel ont eu la malchance de servir des hôtes qui se sont contentés de mots gentils à leur égard, d’autres ont eu des fortunes différentes.
Le personnel qui était affecté auprès de l’émir du Koweït (agents du protocole, sécurité, garçons, chauffeurs…) aurait reçu par exemple entre 5.000 et 1.000 dollars chacun. Certains prétendent que le double en euros a été offert par le président Déby. Les moins fortunés du personnel affecté auprès des délégations auraient perçus entre 300 et 500 dollars U.S. Mais les moins chanceux n’auraient reçu que des «Incha’llah, à la prochaine fois » stériles.

Bien que ces dons et ces largesses sont d’un usage très courant dans les sommets de ce genre, nos officiers auraient administré aux délégations arabes une bonne leçon de droiture et d’éthique militaire, en refusant tout simplement de prendre les montants qui leur étaient offerts ?

Par delà ces exceptions qui font honneur à nos forces armées et de sécurité, certains se sont demandé si cette rétraction des autorités à verser au personnel mobilisé les primes qui leur ont été promus n’est pas due aux largesses qui lui ont été accordées par les délégations hôtes ? Ainsi, il court la rumeur selon laquelle les chauffeurs mis à la disposition des délégations devaient percevoir la somme de 50.000 UM par jour.

Les autres prestataires attendent encore leur facture. Il s’agit de certains fournisseurs, de quelques hôteliers ainsi que de certains propriétaires de villas et des restaurateurs.
Selon plusieurs observateurs, l’échec plus ou moins consommé du Sommet de Nouakchott, marqué par l’absence de quatorze chefs d’Etat arabes, dont des poids lourds comme l’Arabie Saoudite, l’Egypte, ou encore la Palestine, ajouté au caractère péremptoire et non inédit de la «Déclaration de Nouakchott », auraient pesé lourdement sur l’humeur du président Mohamed Abdel Aziz. Les autorités auraient considéré que le sommet arabe qu’ils ont organisé ne méritait pas en fin de compte, toutes les dépenses faramineuses qui étaient prévues. La déception semble avoir pris le pas sur l’enthousiasme qui avait précédé la tenue du Sommet.

Beaucoup devront ainsi payer la facture salée de cette désillusion, aussi bien le personnel de terrain que certains ministres dont l’excès de zèle pourrait bien se retourner contre eux.


Sommet arabe de Nouakchott : Après les lumières de la fête, l’obscure réalité nationale

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Après avoir plané quelques jours sur le toit du monde arabe, l’atterrissage sur le sol de l’amère réalité s’annonce rude pour les Mauritaniens. Il y a en effet ce blocage politique qui tarde à se résorber, ces procès en cascade qui s’annoncent contre des détenus d’opinion et des Trésoriers généraux, cette  crise latente aux frontières Nord et Sud du pays, la gestion diplomatique d’un après sommet aux retombées encore incertaines.

Nouakchott a vécu pendant plusieurs jours sous la fièvre du Sommet arabe, tenu le 25 juillet dernier. Pendant cet évènement, le souci de réussir cette rencontre inédite, première du genre depuis l’accession de la Mauritanie à la Ligue Arabe en 1974, avait tu toutes les dissensions. Jamais en effet, circonstance n’a fait l’objet d’une trêve aussi totale. Les revendications sociales et politiques se sont tues. Ni les militants d’IRA, encore moins ceux du Mouvement du 25 février, dont plusieurs de leurs camarades étaient pourtant détenus n’ont organisé de manifestations. Les partis politiques de l’opposition ont également rengainé leur hostilité au pouvoir. Tous ont souhaité la bienvenue aux hôtes de la Mauritanie, enterrant la hache de guerre jusqu’au départ de tous les invités.
Aujourd’hui que l’immense tente du Palais des Congrès qui avait servi aux travaux de la 27ème session du Sommet Arabe, a été pliée, sans qu’un mariage collectif n’y soit organisé selon le vœu de plusieurs centaines de jeunes filles célibataires, l’amère réalité de la situation rattrape les Mauritaniens.
En effet, la  crise politique reste toujours insidieuse. Les démarches entamées pour la tenue d’un dialogue politique inclusif sont encore au point mort. Les frères ennemis de la scène politique nationale, le pouvoir et son opposition radicale, reprendront certainement leur manœuvre et leur tactique d’usure pour une recomposition future des rapports de force. Aux derniers développements de cet imbroglio politique, la promesse des autorités d’organiser au plus vite le dialogue tant attendu avec les forces disponibles. Il était question d’accords secrets avec certains partis membres de l’opposition pure et dure regroupés au sein du FNDU (Forum national pour la démocratie et l’unité).
Ce projet, selon des sources proches du pouvoir, reste sur l’agenda prioritaire des autorités en place.
Mais en sus de la dimension politique des crises multiformes qui secouent le pays, certains observateurs évoquent également la grogne sociale née des démêlés des autorités avec certaines entreprises étrangères dont Tasiast. Aux dernières nouvelles, un deal aurait été trouvé avec l’entreprise minière qui exploite un gisement d’or au Nord de Nouakchott. Une Mauritanisation des postes sur deux ans de 80% des postes jadis occupés par des expatriés aurait été convenue.
Il y a surtout ce procès de 13 membres du bureau exécutif d’IRA, prévu le 3 août prochain, qui s’annonce chaud, car l’organisation antiesclavagistes semble avoir lancé un appel à ses troupes. L’arrivée prévue ce jour, lundi 1er août 2016 du président et du vice-président du mouvement, Birame Dah Abeid et Brahim Bilal Ramadan de retour d’une tournée d’un mois aux Etats-Unis d’Amérique, pourrait bien donner un avant-goût de cette mobilisation populaire. Un collectif de 40 avocats se serait d’ores et déjà constitué pour la défense des prévenus.
Il y a également ce procès des militants du M25 (Mouvement du 25 février) arrêté à la suite de l’incarcération d’un de leur camarade, un jeune journaliste condamné à 3 ans de prison pour avoir jeté sa chaussure sur le ministre porte-parole du gouvernement au cours d’un point de presse hebdomadaire.
Il y a surtout ce procès en préparation à Zouerate qui concerne plus d’une dizaine de Trésoriers régionaux accusés de détournements de deniers publics et de fautes de gestion. Regroupés d’abord à la prison civile de Nouakchott, ils ont été par la suite transférés à plus de mille kilomètres au Nord de la capitale, à Bir Moghreïn. Leurs familles organisent de temps en temps des manifestations pour protester contre cet éloignement qui les prive des droits de visite.
A côté de ses dossiers internes qu’il est amené à gérer ces jours-ci et dans les mois qui s’annoncent, le pouvoir mauritanien devra faire face également à la crise diplomatique persistante avec le Royaume du Maroc. L’organisation du dernier sommet arabe à Nouakchott, marqué par l’absence du Roi Mohamed VI qui s’était fait représenter par son ministre des Affaires étrangères, aurait davantage creusé les dissensions entre les deux pays. Sur ce point, la presse marocaine ne cesse de se donner à cœur joie d’évoquer la victoire du Royaume sur la Mauritanie, cette dernière s’étant précipité selon elle à capter la patate chaude d’un sommet arabe que le Maroc avait refusé d’abriter, conscient de son échec prévisible.
A côté de la crise diplomatique avec son puissant voisin du Nord qui s’exacerbe de jour en jour, la Mauritanie devra probablement aussi régler son petit différend avec le Sénégal au Sud. Des milliers de têtes de camelins auraient été refoulés par les Sénégalais, violant ainsi, selon la partie mauritanienne, les accords liant les deux pays relatifs au droit de pâturage de ses troupeaux sur son sol.
La Mauritanie devra surtout rattraper quelques ratés diplomatiques consécutifs à l’absence de deux grands invités dont la présence était très attendue au Sommet arabe de Nouakchott. Il s’agit du Roi Selman d’Arabie Saoudite qui avait pourtant soutenu et appuyé financièrement mais aussi diplomatiquement la tenue du sommet. Alors qu’il était en vacances à Rabat, à deux heures de vol de Nouakchott, il annonça son désistement. C’est aussi le cas du Général Abdel Fetah Sissi, président d’Egypte, qui non seulement a décommandé à la dernière heure sa venue pourtant très programmée en Mauritanie, mais dont la presse a inventé un attentat qui devait le viser durant sa présence à Nouakchott.
L’image du pays s’est ainsi retrouvée sérieusement malmenée par la presse égyptienne, mais aussi par plusieurs stations de télévision à travers le monde arabe. En cause, non pas l’organisation du sommet, qui a été unanimement appréciée, mais surtout sur son timing, eu égard à la situation désastreuse du monde arabe, marqué par les divisions fratricides, les conflits confessionnels et l’éloignement de la question palestinienne du centre des préoccupations.


27ème session de la Ligue Arabe à Nouakchott : Gros préparatifs et Petit Sommet

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Le 27ème Sommet ordinaire de la Ligue Arabe s’est finalement tenu en une journée au lieu de deux, le 25 juillet 2016. La Mauritanie a su relever le défi de l’organisation et de la sécurité, même si sur le plan de la représentativité et des résolutions finales, les avis sont partagés. Entre le satisfecit des uns et les remontrances des autres, Nouakchott peut s’enorgueillir, après 43 ans de présence au sein de la Ligue, d’avoir été l’espace de quelques jours, la capitale du monde arabe.

Les travaux du 27ème sommet ordinaire de la Ligue Arabe ont finalement été bouclés en une journée, le 25 juillet 2016, alors qu’ils étaient prévus pour deux jours. Selon certains observateurs, ce raccourci de dernière heure, ainsi que la faible représentativité qui a marqué le sommet de Nouakchott, sonnent le glas d’une Ligue Arabe dont les rêves ultimes semblent avoir été enterrés dans cette immense khaïma blanche dressée dans l’enceinte du Palais de Congrès pour la circonstance.
D’où le peu d’intérêt qui a été accordé à la résolution finale dite «Déclaration de Nouakchott » qui, hormis la condamnation des interventions iraniennes dans les affaires intérieures des Arabes, n’est qu’un remake des vieilles résolutions que la Ligue à l’habitude de reconduire à chaque session sans espoir.

Le défi de l’organisation
Quelques 90 milliards d’UM auraient été consacrés à l’organisation du sommet de Nouakchott, avec une forte contribution de certains pays arabes comme le Qatar, l’Arabie Saoudite, ou encore les Emirats Arabes Unis.
Plus d’un milliers d’invités, entre journalistes étrangers, délégués et responsables des pays invités, ont débarqué ainsi dans une ville de Nouakchott complètement rénovée dans sa partie nord. Si les organisateurs chargés de la logistique peuvent tirer un certain satisfecit sur le plan du logement, du transport et du couvert des hôtes, des critiques acerbes ont été adressés à la commission chargée de la communication. En effet, des centaines de journalistes de la presse indépendante mauritanienne ainsi que plusieurs correspondants étrangers ont été empêchés de couvrir l’ouverture officielle du sommet. Ils ont dû se rabattre dans la salle  des médias pour suivre les travaux à la télévision mauritanienne qui avait fait les siennes ce jour-là comme par hasard. Entre coupures incessantes du son et de l’image, les journalistes confinés à suivre les débats indirectement ont eu du mal à faire leur travail. Cela sans compter des poussées de zèle qui se sont traduites par le retrait d’accréditation à des médias locaux, en plus du clientélisme qui a caractérisé l’octroi des badges. Le hic, ce sont ces conférences de presse téléguidés où la commission faisait le choix de ses intervenants. Même les débats à la télévision nationale et à la radio étaient soumis à un minutieux tri du «gendarme de la commission de communication ». Une situation de fait qui, selon plusieurs observateurs, ne manquera pas de porter une tâche d’huile sur l’image que la Mauritanie voulait se faire à l’extérieur en profitant de la présence d’un nombre aussi important d’éminces grises de la presse internationale.

Réussite en deçà de Nouakchott, échec au-delà…
«Le Sommet de Nouakchott est une réussite ! » C’est la phrase que tout véritable patriote devra scander. Malheur à celui qui s’y dérobe. Il sera déclaré illico presto ennemi de la Nation.

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C’est ce terrible terrorisme intellectuel que certains veulent imposer à la postérité, sans parcimonie, sans mais…Certes, si le sommet peut-être qualifié de réussi parce que des délégations arabes sont venues à Nouakchott, ont été logées confortablement dans le peu d’hôtels dont on dispose et dans des villas de luxe loués à prix d’or, si elles ont bien été accueillies, ont mangé à leur faim, bu à satiété et ont été gratifiées du folklore local…certains observateurs concèdent que dans ce cadre, le sommet de Nouakchott peut-être qualifié dans une certaine mesure de réussite. Mais,  selon le baromètre d’autres analystes, le sommet arabe de Nouakchott a été un cuisant échec.

Les partisans d’un sommet réussi
Selon Mohamed Vall Ould Bellal, ancien diplomate et opposant invétéré du régime, le sommet de Nouakchott a eu le mérite d’avoir corrigé l’image stéréotypée que les Arabes avaient de la Mauritanie, tout en démontrant sa capacité à souder les rangs des Arabes. «Il s’agit d’un acquis dont tous les Mauritaniens rêvaient depuis des décennies » a-t-il précisé. D’après lui, la Mauritanie a surtout su prouver au monde qu’elle pouvait organiser des sommets, soulignant que la «Déclaration de Nouakchott » a évité les divergences et a abouti à un consensus autour des points qui ne fâchent pas. Ce serait justement parce que la déclaration finale ne répondait pas à leurs ambitions, que plusieurs chefs d’Etat auraient choisi, selon Ould Bellal, de s’absenter du sommet de Nouakchott.

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Pour le journaliste Ely Abdallahi, «il y a eu unanimité autour de la majorité des points soulevés au cours de la rencontre » et que «par-delà l’aspect doctrinal, ce qui importe le plus pour les Mauritaniens, c’est que tout, vraiment tout, s’est finalement bien passé ». Pour avoir couvert plusieurs sommets arabes, Ely Abdallah considère que «dans l’ensemble, cette rencontre de Nouakchott n’a rien à envier à celles qui l’ont précédée. «Pour un coup d’essai, souligne-t-il, le sommet de Nouakchott est un coup de maître ».

«Le Sommet est un échec »
Cependant, il y a un autre son de cloche. Pour Noura Mint Deye, la Noria du RFD, principal parti de l’opposition, «le sommet de Nouakchott est un échec», citant les ratés de la télé nationale dans la retransmission en direct de l’évènement et l’exclusion des journalistes, «sans compter l’abrègement du sommet et ses résolutions qui ne répondent pas aux aspirations des peuples arabes ».

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Pour Lô Gourmo Abdoul, cadre du parti UFP, autre parti de l’opposition, «notre seul exploit est de nous être porté candidat après la défection marocaine » mais que «tout candidat pouvait être reçu ». Selon lui, «ce sommet ne laissera aucune trace dans l’histoire diplomatique arabe, puisqu’aucun vrai sujet qui touche réellement au monde arabe n’a été abordé sur le fond, vu le temps consacré aux dispositions (moins d’une journée) sur les deux jours initialement prévus, et vu le niveau de la participation ». Il considère que «le monde arabe n’est pas sorti plus uni et plus apte à faire face aux défis communs » et qu’il «ne pouvait en être autrement, puisque les principaux protagonistes du théâtre géopolitique arabe étaient purement et simplement absents, y compris le Général Sissi et le Roi d’Arabie Saoudite, amis du régime (celui de Mohamed Abdel Aziz) et poids lourds du monde arabe ». Or, selon Lô Gourmo, « c’était là le vrai enjeu d’image ou de prestige de ce sommet pour Mohamed Abdel Aziz et c’est sur ce point précis que notre ministre des Affaires étrangères, aurait dû se montrer moins dithyrambique et même plus silencieux, lui qui a comparé la tenue de ce sommet arabe en Mauritanie au jour de l’indépendance nationale ».
Pour une partie de la presse internationale, «quatorze chefs d’Etat absents, et aucun poids lourd du monde arabe présent au sommet de Nouakchott, ont désaffecté une rencontre qui laissait peu d’espoir à des résultats concrets ». Maroc, Arabie Saoudite, Jordanie, Egypte, et même Palestine étaient inscrits aux abonnés absents lors de cette 27ème session de la Ligue Arabe.
Finalement, les seules délégations au niveau le plus élevé qui ont répondu présentes à Nouakchott étaient l’Emir du Koweït et celui du Qatar qui a juste assisté à l’ouverture du sommet sans prendre la parole, avant de quitter au bout d’une heure de temps, les chefs d’Etat du Soudan, du Comores, de Djibouti et du Tchad, dont le président a été invité en sa qualité de président en exercice de l’Union Africaine. Ainsi, de ce point de vue, l’échec de la rencontre de Nouakchott serait dû au temps inopportun qui a été choisi pour la tenue d’un tel sommet où les Arabes sont profondément divisés, mais aussi pour ne pas froisser le Maroc.
Même son de cloche pour RFI qui titre sur «un sommet arabe en demi-teinte»  qui s’est «résumé à un après-midi de débats sans décisions importantes ».  Désillusion ainsi pour la Mauritanie qui «avait voulu faire de ce sommet son grand retour sur la scène arabe ».