aidara

Bâ Khalidou Bocar, un jeune loup dans la tanière des caciques de Boghé

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Bâ Khalidou Bocar est un acteur politique du département de Boghé. Il a commencé son apprentissage politique depuis 1992 sous la houlette de son oncle Ba Bocar Baba Harane qui fût le premier député du département de Boghé avant d’intégrer le pôle politique de feu Ba Silèye, Colonel Dia Mamadou, Wane Sada, Abdallahi Sarr, Ngaide Hamat, Lamine Macina…

Ba Khalidou Bocar – Crédit Aidara

A partir de l’année 2000, il va en émigration en France où il travaille et poursuit ses études supérieures. Il rentre au bercail après le mouvement rectificatif de 2009 puis fonde, en 2014 avec ses amis ressortissants du département de Boghé un mouvement dénommé « Agir pour la République » pour appuyer et vulgariser la politique du pouvoir et en même temps se positionner comme structure d’appui au parti au pouvoir.

« Agir pour la République » avait aussi un autre objectif qui était de lutter contre les discriminations faites aux personnes à cause de leur appartenance tribale ou ethnique.

Pour le cursus scolaire, BÄ Khalidou a obtenu son baccalauréat en 1990, au Lycée Arabe, puis décroche une Maîtrise en Sociologie, à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar

En France, il passe un DUT en qualité hygiène et sécurité environnementale à l’Université Paris 12

A son retour au pays, il dirige une représentation du Groupe Bolloré, un groupe qui connaîtra en 2016 des déboires en Mauritanie sous le règne du président Mohamed Abdel Aziz. Bâ Khalidou va créer par la suite sa propre société de logistique et de gardiennage. Il a fait travailler plusieurs jeunes ressortissants de Boghé et ailleurs.

Aujourd’hui, Bâ Khalidou Bocar brigue la députation au niveau de Boghé sous les couleurs du Parti de l’Unité et du Développement (PUD) de la mouvance présidentielle. Il n’aura pas la tâche facile face aux caciques du pouvoir, surtout les thuriféraires du parti INSAV au pouvoir.

Il devra se frotter à des candidats rompus aux manœuvres politiques, à l’image de Thiam Mama Lam, actuel ministre Secrétaire Général du Gouvernement et candidat du parti INSAV, Dia Bocar du parti islamiste Tawassoul, Dia Amadou Tijane du parti HIWAR, Amadou Sall de l’Union des Forces du Progrès (UPF) en perte de vitesse dans la Vallée alors que Boghé lui était acquis dans les premières années de l’exercice démocratique en Mauritanie.

D’autres candidats non moins sérieux se dressent devant son chemin, tels que Bâ Amadou du parti Alliance pour la Justice et la Démocratie (AJD) et NGaïdé Hamat du parti SAWAB, l’une des icônes du terroir.

Seulement, selon les premières estimations de terrain, la jeunesse de Boghé serait en majorité avec lui, ce qui en fait un adversaire solide durant les législatives de mai 2023.

Cheikh Aîdara


Don de l’UNFPA au Ministère de la Santé, des équipements qui sauvent la vie des femmes au profit de trois régions du pays

Des équipements pour sauver la vie des femmes d’une valeur d’environ 30 Millions d’ouguiyas ! C’est le don que le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) a offert au Ministère de la Santé, lors d’une cérémonie présidée par le Ministre de la Santé en présence du Représentant Résident de l’UNFPA, jeudi 6 avril 2023, dans les locaux de la Centrale d’Achat des Médicaments et Consommables (CAMEC) de Nouakchott.

Le Représentant de l’UNFPA remet au Ministre de la Santé (en costume noir) un échantillon du don de son institution – Crédit Aidara

Le Ministre de la Santé, Mokhtar Ould Dahi, a réceptionné jeudi 6 avril 2023 un important don de l’UNFPA composé de lots d’équipements à haut impact pour la survie des femmes dans les trois régions les plus vulnérables en matière d’assistance humanitaire, à savoir le Hodh Charghi, le Guidimagha et le Gorgol. La cérémonie qui a eu lieu à la Centrale d’Achat des Médicaments et Consommables (CAMEC) s’est déroulée en présence du Représentant Résident de l’UNFPA en Mauritanie, Cheikh Fall et les staffs des deux institutions.

Acheminer le matériel de toute urgence

Le Ministre de la Santé donne des instructions pour l’acheminement des équipements – Crédit Aidara

Devant les échantillons disposés devant l’empilement des caisses représentant la totalité des dons destinés aux structures de santé des régions ciblées, le Ministre de la santé, Mokhtar Ould Dahi a remercié l’UNFPA pour ces précieux lots d’équipements, essentiels selon lui, pour la survie des femmes enceintes en Mauritanie.

Il a par la suite donné des instructions fermes pour l’acheminement en toute urgence de ces matériels aux structures de santé bénéficiaires et faire ainsi de la place dans le magasin de la CAMEC où ces dons sont déposés.

Un partenariat de plus de 40 ans

« Comme vous le savez, le partenariat entre le Gouvernement de la Mauritanie et l’UNFPA remonte à plus 40 ans et s’est concrétisé par une coopération solide ayant permis des résultats importants, dont entre autres, la réduction du ratio de mortalité maternelle qui est passé de 582 à 424 pour 100 000 naissances vivantes, soit un gain de 158 points en près de 7 ans » a déclaré Cheikh Fall, lors de la réception.

Le Ministre de la Santé suit les explications de Dr. Boutou, chargé du Programme SR à l’UNFPA – Crédit Aidara

C’est dans le cadre de ce partenariat visant à réduire le fort taux de mortalité maternel enregistré par la Mauritanie, dira-t-il en substance, que l’UNFPA vient d’offrir au département de la Santé, des équipements destinés exclusivement à sauver la vie des femmes dans les conditions difficiles et en situation humanitaire.

Il s’agit notamment de kits d’accouchement sécurisé (équipements, médicaments et consommables), destinés à couvrir une population de 40.000 personnes pour trois mois, et de kits de chirurgie obstétricale et des complications obstétricales sévères (médicaments et équipements et consommables), destinés à réaliser 6000 accouchements pour une année.

Selon Cheikh Fall, « cette contribution va bénéficier principalement à trois régions de la Mauritanie, à savoir, le Hodh Charghi, le Guidimagha et le Gorgol, qui sont sujettes à des inondations récurrentes, et participer ainsi aux efforts entrepris par les autorités sanitaires en vue de donner des soins de qualité aux populations les plus vulnérables ».

Les zones les plus exposées en priorité

Vatimetou Mint Moulaye (extrême droite) exposant le programme de distribution devant le Ministre et la directrice de CAMEC (2ème à partir de la gauche) – Crédit Aidara

Selon Vatimetou Mint Moulaye, Coordinatrice du Programme National de la Santé de la Reproduction (PNSR), ces équipements seront acheminés dans deux semaines vers toutes les structures de santé situées dans les trois régions cibles, du niveau communautaire jusqu’au niveau hospitalier, en passant par les postes et les centres de santé.

« Il s’agit des zones du pays les plus vulnérables et les plus exposés aux risques de décès maternels et qui sont considérés comme étant prioritaires en matière de santé de la reproduction » a-t-elle affirmé.

Un échantillon du don offert par l’UNFPA – Crédit Aidara

Il faut noter que ledon que l’UNFPA vient de remettre au Ministère de la Santé est composé de kits destinés aux accouchements, aux accouchements assistés et à l’urgence obstétricale, des médicaments qui sauvent des vies, et du matériel de chirurgie.

Selon l’Enquête Démographique et de Santé (EDS), en 2020, le taux d’accouchements assistés est de 70%, contre 48,5% en 2000, tandis que les accouchements à domicile atteignent 29,3%. Ces taux cachent une grande disparité entre les zones rurales et urbaines et seuls trois établissements de santé du pays sont de type SONU Base et douze de SONU complets (ERB 2019).


Cheikh Aïdara


Visite du Directeur Général de l’AFD en Mauritanie, plusieurs contrats de financement ont été signés

Une délégation conduite par M. Rémy Rioux, directeur général de l’Agence française de développement (AFD), accompagné d’Alain Joyandet, Sénateur de la Haute-Saône, administrateur de l’AFD et ancien secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie, s’est rendue en Mauritanie du 30 au 31 mars 2023. C’était en compagnie de l’ambassadeur de France en Mauritanie, M. Alexandre Garcia.

Le Directeur général de l’AFD (au milieu) en compagnie du Ministre des Affaires Economiques (à droite) et de l’Ambassade de France-Crédit Ambassade de France (autorisé)

Partenaire de la Mauritanie depuis près de 45 ans, le groupe AFD accompagne le pays pour répondre aux priorités du gouvernement en matière de cohésion sociale, d’accès aux services essentiels et de croissance partagée.

L’action du groupe AFD en Mauritanie s’inscrit également dans le cadre de l’Alliance Sahel qui fédère l’action des acteurs institutionnels de la coopération internationale intervenant au Sahel. L’Approche Territoriale Intégrée (ATI) dans le Hodh Ech Chargui permet de renforcer le rôle des autorités déconcentrées et décentralisées.

Signature de la Convention dans le cadre du PROPARCO Crédit Ambassade de France (autorisé)

Le groupe AFD, à travers sa filiale PROPARCO dédiée au secteur privé, a conclu à l’occasion de cette visite un accord avec la Banque Populaire de Mauritanie (BPM). Ce partenariat permettra de soutenir la croissance de la banque mauritanienne, en renforçant son programme de Trade Finance qui jouit déjà d’une réputation solide chez de nombreuses banques partenaires de l’institution. En garantissant à hauteur de 15 Million de dollars US les instruments de Trade Finance émis par BPM pendant une durée de 2 ans, PROPARCO permet à la banque d’accroître cette activité et favorise ainsi l’importation de biens essentiels à l’économie du pays, notamment des denrées alimentaires agricoles et des équipements médicaux et industriels.

Visite du Centre national de Transfusion sanguine (CNTS) appuyé par Expertise France à travers le projet Temeyouz

Le Directeur général de l’AFD en visite au CNTSCrédit Ambassade de France (autorisé)

En Mauritanie, la couverture des besoins en sang est estimée à 50%, alors même que les hémorragies pré et post-partum représentent 24% des causes de mortalité maternelle. Les rapports annuels du Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS) font ressortir un taux assez faible de donneurs de sang parmi la population. Pour parvenir à mieux répondre aux besoins en sang, le CNTS doit se doter de moyens efficaces pour susciter le don de sang au sein de la population : augmenter et améliorer les infrastructures et les ressources humaines qualifiées, se doter d’une législation et d’instruments réglementaires quant à la sécurité et la qualité des produits sanguins, harmoniser les méthodes de collecte des données notamment au niveau régional et plus généralement financer dans la durée la transfusion sanguine puisque l’octroi de sang est gratuit pour les patients.

Le CNTS est l’un des deux établissements publics appuyés dans le cadre du projet Temeyouz. L’appui technique fourni par Expertise France, filiale du groupe AFD, se focalise essentiellement sur la construction à venir du CNTS et l’équipement du Centre Régional de Kiffa de Transfusion Sanguine, l’organisation de formations pour le personnel du CNTS, auprès du Centre National de Transfusion Sanguine et Hémovigilance (CNTSH) du Maroc et de l’Etablissement Français du Sang (EFS) ; le renforcement de la démarche qualité par la mise à disposition d’un expert technique international et la production d’études sur le cadre règlementaire et institutionnel de la transfusion sanguine, sur les déterminants du don du sang ou encore sur le prix des produits sanguins. 

Dialogue autour de l’hydraulique, secteur historique du groupe AFD en Mauritanie

Le secteur de l’eau et de l’assainissement est l’un des principaux secteurs d’intervention de l’AFD en Mauritanie. L’engagement de l’AFD dans ce secteur se traduit par un portefeuille significatif de projets d’envergure. Après les projets Aftout Ech Chargui, aux côtés de la BID et du FADES, et 5 wilayas, signés en 2012, ayant permis de mobiliser les eaux du barrage de Foum Gleita pour fournir un accès à de l’eau potable à 605 000 personnes dans 200 localités, ce sont aujourd’hui trois projets qui sont en cours d’exécution pour un montant global d’environ 40 millions d’euros (1,4 Milliards d’Ouguiyas). Il s’agit du projet G5 2 Hodhs signé en 2019 – 12 Millions d’euros de l’AFD et 1,2 Million d’euros du gouvernement mauritanien (accès à l’eau et assainissement) ; du Projet PIVRE signé en 2021 – 13 Millions d’euros de l’AFD et 1,56 Million d’euros du gouvernement mauritanien (barrages et mini-réseaux) et du Projet 2HAT signé en 2022 – 14 Millions d’euros de l’AFD et 2 Millions d’euros du gouvernement mauritanien (accès à l’eau et assainissement).

Soutien à l’initiative Grande Muraille Verte

Lors de la visite à la Grande Muraille Verte de Nouakchott Crédit Ambassade de France (autorisé)

Dans le cadre du One Planet Summit de 2021 et de l’Accélérateur de la Grande Muraille Verte, l’AFD a lancé l’initiative « Climate Resilience for Rural Africa » visant à renforcer la résilience des territoires ruraux, à promouvoir l’agroécologie et à gérer durablement les ressources naturelles dans les régions du Sahel, du Golfe de Guinée et de la Corne de l’Afrique.

L’AFD a été sollicitée par le ministère de l’Environnement et du Développement Durable mauritanien afin d’appuyer la mise en œuvre d’un financement visant à contribuer à la lutte contre le changement climatique et l’amélioration de la gestion des ressources naturelles en Mauritanie, dans les régions du Brakna, de l’Assaba, du Hodh El Gharbi et du Hodh Ech Chargui. 

A l’occasion de son déplacement, le directeur général du groupe AFD a signé une convention de financement d’un montant de 8 Millions d’euros contribuant à cette initiative d’envergure. Ce financement permettra de mettre en place des actions concrètes de restauration des écosystèmes fragiles, de gestion des ressources naturelles et de développement des filières agropastorales. 

Participation à la première édition du Forum national pour la promotion de l’entrepreneuriat féminin en Mauritanie

Au Forum National de l’Entreprenariat Féminin avec le Directeur général de l’AFD entouré du Ministre de l’Emploi et de l’Ambaxssadeur de France Crédit Ambassade de France (autorisé)

La situation de l’emploi des jeunes en Mauritanie constitue l’une des préoccupations majeures des pouvoirs publics et de leurs partenaires au développement. En effet, 60% de la population mauritanienne a moins de 25 ans et 42% d’entre eux sont sans emploi. Les femmes font face à des contraintes plus fortes pour entreprendre et avoir une autonomie économique : contraintes familiales, contraintes de temps, distance, inégal accès au crédit et aux accompagnements d’entreprise. C’est à l’ensemble de ces questions et enjeux que se propose de répondre le Forum pour la promotion de l’entrepreneuriat féminin qui a été ouvert le 28 mars.

Ce Forum s’inscrit dans l’appui de l’AFD au dispositif « Mon Projet Mon Avenir (MPMA) » dont l’ambition est de mobiliser les acteurs de l’écosystème de l’entrepreneuriat féminin pour une meilleure prise en charge des besoins et contraintes qui empêchent les femmes d’entreprendre. Durant trois jours, jusqu’au 30 mars, ce forum a réuni des décideurs politiques, les femmes entrepreneures à travers leurs organisations, le patronat, la Caisse de Dépôt et Développement (CDD), les acteurs de la microfinance, la Fédération des banques, les chambres consulaires ainsi que les partenaires techniques et financiers.

La France, à travers l’AFD, contribue au dispositif national d’appui à l’entrepreneuriat « Mon projet Mon avenir » à hauteur de 9 millions d’euros. Ce dispositif vise la création de plus de 5 000 entreprises, chacune créatrice de 3 emplois à minima, soit près de 15 000 emplois crées en 5 ans. À travers un fonds de prêt logé à la Caisse des Dépôts et de Développement (CDD) et à l’IMF PROCAPEC (fédération de coopératives de crédits), les entreprises sélectionnées par appel à candidatures devront bénéficier d’un crédit pour créer ou développer leur entreprise ainsi que l’accompagnement technique nécessaire pour que le projet soit une réussite, créé la richesse et les emplois escomptés.

Chez l’artiste plastistitienne Amy SowCrédit Ambassade de France (autorisé)

Un montant additionnel d’environ 9 millions d’euros (autour de 330 millions de MRU-nouvelles ouguiyas) sera également mobilisé par l’Union européenne pour accompagner ce dispositif. L’Equipe Europe, composée de l’Union européenne et des agences bilatérales européennes telles que l’AFD, accompagne le secteur privé en Mauritanie depuis plusieurs années à travers notamment les programmes IPAS, SAFIRE, RIMFIL, PACAO, PROMOPECHE, lesquels ont inclus des composantes de financement et d’accompagnement à l’entrepreneuriat et la consolidation des entreprises. L’autonomie financière des femmes a été ciblée en particulier.

A noter que pendant son séjour en Mauritanie, le Directeur Général de l’AFD a eu des entretiens avec le président de la République et le Premier Ministre. Il a rencontré également plusieurs membres du gouvernement et de hauts responsables de l’Etat, dont le Ministre des Affaires Economiques et ses homologues de l’Emploi, de l’Hydraulique et de l’Environnement, ainsi que le Directeur Général de la Grande Muraille Verte et le staff de l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte. Il a aussi rencontré la Directrice du CNTS et son équipe, le Directeur de la CDD, la Directrice de l’Agence pour la Promotion de l’Investissement en Mauritanie (APIM).

Le Directeur Général de l’AFD a aussi visité au Stade Olympique de Nouakchott, les stands de micro-entrepreneurs lors du forum de l’entreprenariat féminin du Programme national « Mon Projet Mon Avenir » auquel l’AFD a contribué via une subvention de 9 millions d’euros.

Il a également rendu visite à l’Alliance Sahel et à l’espace culturel de l’artiste mauritanienne Amy Sow, « Art Gallé », situé à la Cité Plage à Nouakchott.


Les membres du syndicat des agriculteurs initiés sur les questions d’état-civil, le foncier et l’assurance maladie

En marge du 2ème Congrès du Syndicat des Agriculteurs de Mauritanie (SAM) qui regroupe les paysans issus des classes victimes des séquelles de l’esclavage, des explications ont été fournies par les experts du Bureau International du Travail (BIT), de la Banque Mondiale et de Save The Children, les principaux partenaires du SAM, sur les questions liées à l’état-civil, au foncier et à l’assurance maladie. C’était au cours d’un atelier organisé le 31 mars et le 1er avril 2023 à Nouakchott.

Table officielle à l’ouverture de l’atelier – Crédit Aidara

Le 2ème congrès du Syndicat des Agriculteurs de Mauritanie (SAM) s’est achevé le 31 mars et le 1er avril 2023 par un atelier de sensibilisation des membres sur l’accès à la propriété foncière, à l’état-civil et à aux soins de santé par le biais de la Caisse Nationale de Solidarité en santé (CNASS), un régime d’assurance maladie volontaire, initié par les pouvoirs publics il y’a environ six mois et dont la direction a été confiée à l’ancienne ministre de l’Enseignement Supérieur, Amal Mint Cheikh Abdallahi.

Vue partielle des participants

L’ouverture de l’atelier a été marquée par un échange de discours entre le Secrétaire général du SAM, le représentant du Point Focal du BIT, celui du FAO, de la CNASS et de Save The Children.

Dawa Moustahdi – Crédit Aidara

Après avoir remercié les partenaires internationaux qui soutiennent sa structure dans l’amélioration des conditions de vie et de travail de ses camarades, le Secrétaire général du SAM, qui a été reconduit dans ses fonctions lors du congrès, M. Dawa Ould Moustahdi, a exhorté les membres à plus d’engagement et d’abnégation.

Promouvoir une définition appliquée de l’Emploi Rural Décent (ERD)

Dans son allocution, Mark Ninerola, Coordinateur du Projet BRIDGE du BIT, a mis en exergue la complexité et la sensibilité pour la plupart des professions rurales de bénéficier des avantages du travail décent, notamment les petits producteurs et les travailleurs rurales indépendants, qui ne sont pas couverts par la législation nationale.

Mark Ninerola-Crédit Aidara

Il considère d’une part, que l’application du travail décent est complexe et ambitieuse pour être appliquée dans le contexte rural et que d’autre part, des structures comme le SAM, sont conscientes de la place centrale qu’occupe la qualité des emplois dans le développement rural durable.

En d’autres termes, Mark Ninerola estime que « l’absence de définition concertée de l’emploi décent en milieu rural risque de conduire à des objectifs peu ambitieux et difficiles à mesurer ainsi qu’à un faible niveau de responsabilité ».

Vue partielle des participants – Crédit Aidara

Mark Ninerola a mis l’accent sur les six dimensions prioritaires de l’emploi décent, citant la Convention 141 de 1975 sur les organisations des travailleurs ruraux. Selon lui, le SAM doit engager un plaidoyer pour étendre la législation du travail à l’agriculture et aux professions rurales informelles, et en second lieu, introduire des solutions innovantes pour promouvoir le travail décent dans la pratique aux bénéfices de ses affiliés.

Travailler avec les partenaires

Diallo Mamadou – Crédit Aidara

Diallo Mamadou de la FAO s’est étendu sur des éléments de connaissance sur son organisation et ses relations étroites avec le monde rural et la paysannerie en particulier. Il déclare que la FAO travaille avec le SAM sur les questions liées au foncier, à la protection sociale et à l’état-civil.

L’objectif de la FAO dans ce cadre consiste, selon lui, à promouvoir le travail décent dans le monde rural, avec l’aide de tous les partenaires.

Assurer une garantie médicale aux paysans

 Abordant la question liée à la couverture médicale volontaire, principal objectif de la CNASS dont il assure la coordination technique, Malal Diop, a mis en exergue l’engagement de sa structure à œuvrer avec les autres partenaires et les groupements organisés comme le SAM, selon des modalités précises pour étendre l’accès universel aux soins.

Malal Diop – Crédit Aidara

Malal Diop a mis en exergue le sous-financement de la santé dans le budget de l’Etat (6 à 7%), la faible qualité et l’iniquité dans l’accès aux soins. Selon lui, la CNASS est venue réparer un dysfonctionnement, car 53% des dépenses totales en santé sont supportées par les ménages au moment où 70% d’entre eux ont peu accès à la santé à cause des barrières financières.

Pendant que seuls 12% de la population travaillant dans le secteur formel (public et privé) et 18% des indigents bénéficient de la couverture médicale universelle, 70% des travailleurs du secteur informel sont exclus de ce système. C’est dans ce cadre qu’intervient la CNASS pour protéger la population du secteur informel contre le risque maladie à travers un régime social d’assurance maladie volontaire et contributif.

Vue de la salle – Crédit Aidara

A travers ce modèle, les ménages versent une cotisation annuelle de 250 MRU (minimum de 6 personnes) et l’Etat verse le reste, 450 MRU, soit un total de 700 MRU par personne et par an.

Pour le moment, la CNASS n’est présente qu’à Nouakchott et au Brakna, avec un projet d’extension progressive vers les autres villes et localités du pays.

L’avenir de la Mauritanie dépend de sa réforme foncière

Selon Manuel Mane, Consultant indépendant auprès de la Banque Mondiale, engagé dans la nouvelle réforme foncière en cours, « l’avenir de la Mauritanie dépend de sa réforme foncière ».

Manuel Mané – Crédit Aidara

Il a évoqué le travail en cours avec le Ministère des Finances, notamment la Direction des Domaines, sur une méthodologie basée sur les relations avec les autorités locales et à travers la législation foncière mauritanienne pour faciliter l’accès aux terres de culture en milieu rural.

Le travail consiste dans sa phase pilote, dans la clarification et la sécurisation foncière, pour résoudre l’un des problèmes les plus récurrent auxquels font face les petits producteurs agricoles, c’est-à-dire l’accès à la propriété foncière.

L’accès à l’état-civil, un cauchemar pour les familles pauvres

« L’obtention des actes d’état-civil est l’une des questions les plus difficiles auxquelles sont confrontés les enfants en Mauritanie, surtout à l’intérieur du pays, en raison d’un certain nombre de facteurs… ». C’est le constat fait par Aïssata Bâ, chargée de protection auprès de Save The Children, lors de la rencontre. Selon elle, un consultant a été recruté pour assurer l’objectif fixé d’enrôler plus de 450 enfants dans les différentes zones d’intervention de son organisation.

Aïssata Bâ – Crédit AIdara

La mission du consultant s’est déroulée entre le 10 janvier et le 21 mars 2023 et a englobé toutes les régions du pays, avec comme objectif d’examiner sur le terrain les obstacles qui empêchent les enfants d’obtenir leurs papiers d’état-civil. Il s’agit surtout de la méconnaissance de l’importance des documents, le manque de moyens pour l’accès aux tribunaux et centres d’état-civil, la complexité des procédures, entre autres.

Cheikh Aïdara