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Le Changement Social de Comportement (CSC), outil incontournable dans tout programme d’espacement des naissances

Pendant cinq jours, du 23 au 27 janvier 2023, une trentaine de participants intervenant dans le domaine de la planification familiale ont suivi une formation en renforcement de capacité dans le domaine du Changement Social de Comportement (CSC). Cette session, qui se poursuivra en mars-avril 2023 est organisée par la Direction de la Santé de la Mère, du Nouveau-né et de l’Adolescent du Ministère de la Santé, avec le concours technique de Breakthrought Action qui est un accord de coopération de cinq ans financé par l’Agence des Etats Unis pour le Développement International (USAID).

Photo de famille – Crédit Aidara

L’objectif de l’atelier portait sur le renforcement de capacités des acteurs intervenant dans l’écosystème de création de la demande en santé reproductive et planification familiale (SR/PF) à travers une introduction aux concepts généraux de CSC, des normes sociales et de genre.

Au cours de la formation, les participants venus du Ministère de la Santé et de plusieurs ONG actives dans le domaine, comme AMPF, AMSME, EMEM, AGD, Stop Sida, ont suivi des cours intensifs et interactifs. Cette formation a été dispensée par deux experts de l’USAID, Dr. Mohamed Sangharé et Antonia Morzenti.

Vue partielle de la salle -Crédit Aidara

Le CSC, c’est quoi ?

Le CSC est un processus systématique et intentionnel qui vise à comprendre et à faciliter le changement des comportements, des normes sociales et des facteurs environnementaux qui les déterminent. Il vise à intégrer des méthodes et des outils de diverses disciplines pour améliorer et obtenir de meilleurs résultats en matière de santé. Le CSC intègre aussi la recherche, la science et l’économie du comportement.

Il repose sur des techniques tendant à aboutir à un Plan stratégique qui passe par plusieurs processus et suivant deux modèles en vigueur, le Processus P, et plus récemment le Flow Chat ou Diagramme de processus de CSC.

Mme Antonia – Crédit Aidara

Avant le CSC, il y a eu d’abord la méthode IEC (Information-Education-Communication) jusque dans les années 80, ensuite le CCC (communication pour le changement de comportement) des années 90, puis le CSCC (communication sociale pour le changement de comportement) dans les années 2000. Le CSC est la dernière méthode adoptée pour changer les normes sociales, car il est apparu que ces changements ne peuvent pas être opérés uniquement par la communication et qu’il y a d’autres outils en plus qui peuvent accélérer le changement.

Il passe par l’implication de l’ensemble des acteurs du changement, les communautés concernées et l’ensemble des parties prenantes qui ont une influence directe ou indirecte dans les normes sociales et de genre.

Le CSC étudie les normes sociales de comportement et de genre qui reposent sur trois éléments essentiels ; ce que la majorité fait ; ce que nous devons faire pour répondre à ce que le groupe attend de nous, et enfin, la peur de la sanction sociale (exclusion du groupe, bannissement, blâme…) ou l’attrait de la reconnaissance.

Il cherche ensuite à connaître les personnes « qui influencent dans la communauté » : leaders religieux et coutumiers, les mères, les grands-mères, les belles-mères, les réseaux sociaux…

Pourquoi le CSC ?

Parce que les normes sociales gouvernent les comportements des individus qui composent la communauté et les uniformisent. Ainsi, les normes sociales font mauvais ménage avec les nouveautés. Ainsi, le canal de communication utilisé pour changer les normes sociales peut soit, être rejeté et le message qu’il véhicule avec, ou il est accepté et pousse la communauté à la réflexion entre le nouveau message et les valeurs du groupe.

Comment faire pour changer une norme sociale ? En agissant sur les attentes, par le dialogue à instaurer avec les communautés pour montrer les conséquences néfastes de la norme sociale jugée dangereuse, en travaillant aussi avec les personnes influentes ciblées.

Mise en pratique du CSC

Tout programme de santé publique a ainsi impérativement besoin d’un plan stratégique CSC, qui n’est absolument pas une roue de secours, dont on peut se débarrasser face à toute restriction budgétaire, mais il est le volant de tout programme de santé qui cherche à atteindre ses objectifs.

Ainsi, 1 dollar US investi dans le CSC, permet d’économiser 2,30 à 6,10 dollars, selon une étude menée en Guinée.

En Mauritanie, le budget réservé au CSC pour la création de la demande en services sanitaires est de 10% contre 70% dans les offres et achats de produits. Il a été cependant prouvé que le CSC est essentiel dans tout plan d’action en matière de santé publique. Sans lui, les objectifs ne peuvent pas être atteints. Mais il ne suffit pas d’investir dans le CSC, il s’agit de le faire bien, puis vérifier que ça marche.

Dr. Sangharé – Crédit Aidara

Pourquoi le CSC est important pour la SR/PF

Le CSC est important pour tout système de santé, notamment dans le domaine de la santé de la reproduction (SR), la planification familiale (PF) et l’espacement des naissances.

Il permet de détecter les obstacles sociaux qui pourraient entraver la mise en œuvre des politiques de santé et les éradiquer grâce à un processus de changement de comportement qui aboutira à l’acception de la norme de santé nouvelle.

Il permettrait par exemple de résoudre les problèmes d’espacement des naissances en Mauritanie en investiguant sur les causes du taux élevé de besoins non satisfaits (31%), ou encore de mieux comprendre l’inadéquation entre l’intervalle génésique qui est de 33 mois en Mauritanie (EDSM 2019-2021) et la faible prévalence contraceptive (14%).

Pourquoi le ministère de la Santé s’intéresse au CSC

La Mauritanie, à l’instar des 9 pays du Partenariat de Ouagadougou (Bénin, Burkina-Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Togo) bénéficie du renforcement de capacités au titre de l’assistance technique fourni par Breaktrough Action de l’USAID, en collaboration avec l’Unité de coordination du Partenariat de Ouagadougou.

C’est dans ce cadre qu’une mission exploratoire a été menée en septembre 2022 en Mauritanie pour rencontrer les principales parties prenantes dans le domaine de la planification familiale afin de comprendre l’écosystème du pays et établir un plan d’assistance technique répondant aux besoins spécifiques du pays.

La Direction de la Santé de la Mère, du Nouveau-né et de l’Adolescent du Ministère de la Santé, est la plus intéressée par cet atelier de renforcement en CSC où elle a envoyé près d’une dizaine de ses cadres impliqués dans la santé reproductive et la planification familiale. Il faut dire que la Mauritanie continue d’avoir des problèmes à améliorer ses indicateurs dans ces deux secteurs, avec 424 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes, un taux encore très élevé par rapport à la moyenne de 230 en Afrique. Idem, pour le taux de prévalence contraceptive, l’un des plus bas en Afrique Subsaharienne, 14%, contre 28% la moyenne en Afrique.

Il a été constaté que les faibles performances dans les domaines de la SR/PF, pourraient résulter des normes sociales et de genre en vigueur dans toutes les communautés et qui sont réfractaires aux politiques de santé. D’où l’urgence pour le Ministère de la Santé de développer une stratégie CSC pour renverser les tendances.

La suite en mars-avril 2023

La deuxième partie de la formation en CSS ciblant les mêmes participants aura lieu en mars-avril 2023. Il s’agira de renforcer la compréhension des concepts généraux, des principes et de l’importance à utiliser le CSC dans les interventions. De mieux comprendre les éléments clés du processus P et du diagramme des processus CSC ou Flow Chat.

A la fin,chaque organisation participante donnera à titre provisoire un domaine d’intervention prioritaire. Ce qui va permettre à la fois de mieux faire le design du contenu de la deuxième phase de ce processus de renforcement des capacités et de guider les discussions sur un mécanisme d’accompagnement et de coaching de la part de Breakthrough ACTION.

Cheikh Aïdara


Les enfants mauritaniens plaident pour le financement en faveur de leur protection et remettent à la Ministre de l’Action Sociale un Mémorandum

Teitou Mint Lobatt et Salimata Diallo, 13 ans toutes les deux, ont porté la voix des enfants mauritaniens et les enfants migrants vivant dans le pays. Face aux autorités nationales et à leurs partenaires internationaux, elles ont plaidé pour le financement de la Stratégie Nationale de Protection de l’Enfant 2020-2025. C’était lors d’une cérémonie organisée samedi 4 février 2023 pendant laquelle ils ont remis à la Ministre de l’Action Sociale un Mémorandum et une pétition portant 10.000 signatures.

De G. à Dr. Le Maire, le Préfet, le Wali, la Ministre, Ambassadrice US, Cheffe de mission Save The Children et le Représentant de World Vision – Crédit Aidara

Plusieurs dizaines d’enfants, tee-shirt et casquette blanc, étaient le point de mire d’une cérémonie organisée samedi 4 février 2023 à Nouakchott et à laquelle avait pris part un parterre d’invités de marque.

« Vos doléances sont entendues et nous ferons tout pour les satisfaire »

La petite Teïtou remet le Mémorandum et le Registre à la Ministre du MASEF – Crédit Aidara

Après avoir entendu la doléance des enfants, la Ministre de l’Action Sociale, de l’Enfance de la Famille (MASEF), Mme Savia N’Tahah, a soutenu que le gouvernement place le droit des enfants mauritaniens à la tête de ses priorités, ainsi que leur droit à la protection et ceux des enfants migrants vivant sur son territoire. Elle a précisé que son département renouvelle ses engagements en ce sens et qu’elle va œuvrer avec ses partenaires pour consolider la SNPE 2020-2025.

Les enfants sont venus en force porter le plaidoyer – Crédit Aidara

Mme Savia Mint N’Thah a rappelé que les trois années du mandat du président Ghazouani ont connu des efforts considérables pour le bien-être et le respect des droits des enfants, notamment dans le domaine de l’éducation et des infrastructures scolaires, mais aussi dans le domaine de la santé. Elle a cité dans ce cadre le Plan national de l’éducation, l’insertion des enfants, le taux au préscolaire qui a connu une hausse de 20%. Elle a cité aussi l’augmentation du nombre de familles avec enfants polyhandicapés bénéficiaires du cash-transfert annuel, qui est passé de 110 à 1.000.

« Nous avons entendu vos doléances et nous ferons tout pour les satisfaire » a-t-elle conclu.

Les enfants exercent leur droit le plus fondamental

Mme Savia N’Thaha entourée du Wali et de l’ambassadrice US – Crédit Aidara

La Cheffe de Mission de Save The Children à Nouakchott, Mme Siw Dörte Diallo, devait brosser un bref historique ayant ponctué le processus d’adoption de la Stratégie Nationale de Protection de l’Enfant (SNPE) 2020-2025.

Elle a rappelé que la nouvelle SNPE est le fruit d’un processus entamé en 2016, vers la fin du projet AFIA financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Save The Children. Finalement, ce n’est qu’en 2020 que la SNPE a été finalisée et validée par le MASEF.

Les observateurs notent cependant que les financements n’ont pas suivi l’adoption de la SNPE.

D’où le plaidoyer porté par les enfants suivant le principe qui veut que « tout ce qui est destiné aux enfants doit être mené par les enfants ». De là, l’initiative financée par l’ambassade des Etats-Unis et ayant conduit au processus de plaidoyer mené dans six régions du pays par les enfants et le parlement des enfants qui ont sillonnée le Trarza, le Brakna, le Gorgol, Nouadhibou et les trois Wilayas de Nouakchott, pour cueillir des signatures. Dix mille ont été récoltées au cours de la tournée.

Mme Diallo a conclu en soulignant qu’aujourd’hui, « les enfants exercent l’un de leur plus fondamental droit, celui de la participation dans tout ce qui les concerne ».

200.000 dollars U.S pour porter le plaidoyer

Vue partielle des invités – Crédit Aïdara

L’ambassadrice des Etats-Unis en Mauritanie, SEMme. Cynthia Kiersht, a salué l’environnement politique et social en Mauritanie qui, selon elle, s’aligne sur les conventions et traitements relatifs aux droits des enfants. Elle a mis en exergue l’importance de renforcer la protection des enfants, soulignant que l’ambassade a financé l’atelier organisé ce jour, à hauteur de 200.000 dollars U.S, ainsi que le processus de plaidoyer au cours duquel un Mémorandum a été présenté à la ministre des Affaires Sociales ainsi qu’un registre portant 10.000 signatures en faveur de la SNPE 2020-2025.

Les enfants interpellent la ministre et les partenaires

Salimata – Crédit Aidara
Teïtou – Crédit Aidara

Dans deux discours en Arabe et en Français, les enfants Teïtou Mint Lobatt et Salimata Diallo, ont plaidé pour le financement de la SNPE 2020-2025. Ils ont demandé aussi une éducation sans discrimination, l’accès aux soins de santé de qualité, la protection contre le mariage précoce, le droit à l’état-civil, le respect des droits des enfants vivant avec un handicap, la protection contre la traite et l’exploitation et la lutte contre le travail des enfants à bas âge.

Bref, les enfants ont demandé aux adultes le respect de tous leurs droits, en commençant par les associer dans toutes les décisions qui les concernent et de leur permettre de développer leurs potentiels.

Par la suite, les enfants ont remis à la ministre des Affaires Sociales le Mémorandum portant plaidoyer pour le financement de la SNPE ainsi que le registre portant 10.000 signatures.

Avaient assisté à la cérémonie le Wali de Nouakchott-Ouest, le Hakem et le Maire du Ksar, ainsi que le représentant de World Vision, M. Alex Whitney.

Cheikh Aïdara


Financer la Stratégie Nationale de Protection de l’Enfant, un plaidoyer porté par les enfants pour les enfants

C’est le samedi 4 février 2023 que les enfants vont remettre à la Ministre de l’Action Sociale, de l’Enfance et de la Famille (MASEF) des registres portant 10.000 signatures, résultat d’une pétition récoltée au niveau de six Wilayas du pays ainsi qu’un Mémorandum plaidoyer pour le financement de la Stratégie Nationale de Protection de l’Enfant 2020-2025.

Conférence de presse – Cheikh Aidara

Les enfants mauritaniens, membres du Parlement des Enfants, vont remettre à la Ministre de l’Action Sociale, de l’Enfance et de la Famille (MASEF), Mme Savia Mint N’Tahah, un Mémorandum portant plaidoyer pour le financement de la Stratégie Nationale de Protection de l’Enfant (SNPE) 2020-2025. Ce mémorandum est sous-tendu par un registre portant 10.000 signatures récoltées au niveau des Wilayas du Gorgol, du Trarza, du Brakna et des trois Wilayas de Nouakchott.

Un Mémorandum et une Pétition

La cérémonie officielle de remise du Mémorandum et de la Pétition est prévue samedi 4 février 2023 à l’hôtel Azalaï, en présence de l’Ambassadrice des Etats-Unis en Mauritanie, S.E.Mme Cynthia Kiersht, de la Cheffe de Mission de Save The Children, Mme Siw Dörte Diallo, de plusieurs partenaires nationaux et internationaux comme l’UNICEF, l’Union européenne et World Vision, entre autres.

En prélude à la cérémonie officielle

Conférence de presse – Crédit Aidara

Au cours d’une conférence de presse animée mercredi 1er février 2023 par le Chargé de Communication de Save The Children, Bâ Tijane et du Directeur de l’Enfance auprès du MASEF, Mohamed Ould Sid’Ahmed, le programme de la journée du 4 février a été déclinée et comprend, outre la cérémonie officielle, des activités ludiques au Stade Olympique de Nouakchott l’après-midi.

Les origines

Il faut dire que la nouvelle SNPE est le fruit d’un long travail qui a débuté en 2016, avec le projet AFIA financé par l’Union européenne et mis en œuvre par l’UNICEF. La convention de réactualisation de la SNPE aurait même débuté bien avant, en 1999.

En 2017, plusieurs projets ont été initiés visant à promouvoir les droits des enfants et leur bien-être, comme la protection de enfants en mobilité, la table régionale de protection de l’enfant pilotée au niveau des Wilayas par les autorités administratives, ainsi que les systèmes communaux de protection des enfants.

Ainsi, la SNPE serait un véritable guide de conduite pour la protection des enfants vivant sur l’ensemble du territoire et vise aussi bien les enfants mauritaniens que les enfants migrants.

C’est en 2020, que la SNPE a été finalisée et validée par le MASEF. Depuis lors, les financements attendus n’ont pas suivi pour la mise en œuvre de la stratégie afin de lancer la phase opérationnelle prévue pour 5 ans.

Après le Rwanda, la Mauritanie pourrait être pionnière

Trois années se sont déjà écoulées, sans financement de la stratégie. La cérémonie prévue le samedi 4 février est une démarché lancée par le MASEF et Save The Children, sur financement de l’ambassade des USA en Mauritanie. Elle part du principe que « tout ce qui est destiné aux enfants doit être fait par les enfants ».

C’est ainsi que plusieurs enfants des six wilayas citées ont été formés sur leurs droits. Leur participation a été requise pour porter le plaidoyer sur la base que « ce que les enfants veulent et demandent en bonnes choses, les adultes doivent l’exécuter ».

La Mauritanie, en acceptant de financer la SNPE, serait le deuxième pays en Afrique après le Rwanda, où la démarche participative de enfants pourrait porter ses fruits. Partout ailleurs, la démarche a échoué, selon Bâ Tijane.

La Mauritanie aura beaucoup à gagner à adopter la démarche, selon les cadres de Save The Children, car ce serait une porte d’entrée pour obtenir auprès des partenaires un financement pour sa SNPE, surtout si la demande vient des enfants eux-mêmes.

Cheikh Aïdara


Conférence de presse « Coalition de l’Alternance » : Birame et Ould Horma consolident leur alliance avec l’apport de la CVE, Mithaq, AFCD et AJD/MR

Alors qu’elle devait annoncer d’importantes informations sur la « Coalition de l’Alternance », la conférence de presse organisée par le parti SAWAB, IRA/RAG et d’autres partis et mouvements le jeudi 12 janvier 2023, s’est finalement transformée en diatribes contre le pouvoir de Ghazouani et les velléités de son Ministre de l’Intérieur de rétrécir les libertés publiques.

De G. à Dr. Ould Horma, Birame et Hendeya – Crédit Aidara

Prévue à 11 heures le jeudi 12 janvier 2023 à l’hôtel Azalaï de Nouakchott, la conférence de presse organisée par la « Coalition de l’Alternance » ne s’est tenue en fin de compte qu’aux environs de 16 heures.

La police interrompt la conférence

Selon les organisateurs, notamment les dirigeants du parti SAWAB, les formalités administratives avaient été bouclées la veille et le préfet du Ksar avait accordé son autorisation pour la tenue de leur conférence de presse. Le matin, la police se pointe et déclare que l’autorisation de tenir la conférence de presse est annulée, déclarent-t-ils en substance.

Plus tard, le Wali de Nouakchott-Sud leur dira que des informations lui sont parvenues que seuls les militants d’IRA et du parti RAG sont présents à la conférence. Après moult explications, avec forts arguments juridiques à l’appui, l’autorisation est enfin accordée.

Ce retard de près de 5 heures de temps n’a cependant pas démobilisé les militants nombreux mais aussi les journalistes venus couvrir l’évènement.

A l’entame de la conférence, Birame Dah Abeid, président du mouvement IRA, a fustigé l’attitude des autorités, notamment la hargne du Ministre de l’Intérieur, qui selon lui, partage avec l’ancien président, sa propension à fouler aux pieds les lois de la République.

Le ministre de l’Intérieur foule les lois aux pieds

Selon Birame, le Ministre de l’Intérieur devrait préserver les maigres acquis du président Ghazouani qui se résument selon lui à la liberté qu’il accorde à ses opposants de mener leurs activités sans entraves.

Il s’est dit déterminer à mener l’alternance politique dont rêvent les Mauritaniens pris en otages depuis plus de quatre décennies par une oligarchie qui change de tête sans changer de corps, un corps malsain, gangréné par la corruption, le pillage des ressources nationales, la gabegie et la mauvaise gouvernance, le tribalisme, le népotisme et le racisme, a-t-il énuméré en substance.

Pour Birame, l’objectif de toute opposition dans un Etat démocratique, est de créer l’alternance politique et non de vivre de subsides ou d’avantages aux dépens de ses affiliés. Pour lui, son objectif est clair et sans détours, « accéder à la Présidence de la République ». Il est revenu sur les élections présidentielles de 2019, affirmant avec force qu’il y avait un second tour, entre lui et le président actuel.

L’alliance Sawab et IRA/RAG reste imperturbable

A son tour, le président du parti SAWAB, Abdessalam Ould Horma, qui est revenu sur l’incident relatif aux perturbations de la conférence due à l’illégale décision des autorités administratives selon lui, il a réaffirmé le partenariat solide qui le lie au mouvement IRA et au parti RAG. Selon lui, l’administration mauritanienne ayant refusé au président Birame et à ses partisans de disposer de leur propre cadre politique, elle ne peut nullement s’opposer à ce qu’ils candidatent à travers le parti Sawab.

Abdessalam Ould Horma est revenu sur la présidentielle de 2019 pour confirmer les propos de Birame. Selon lui, « les chiffres avancés n’étaient pas les vrais, car il y avait selon nos décomptes, un second tour entre Birame et Ghazouani ». Et d’asséner « la suite, vous la connaissez ».

Grande alliance en perspective

Dans la trame de son intervention, Birame a déclaré que l’objet réel de la rencontre, à savoir l’annonce du lancement de la « Coalition de l’Alternance » est ajournée jusqu’à nouvel ordre. Il a cependant évoqué dans la nouvelle alliance, le parti AJD/MR d’Ibrahima Moctar Sarr, l’AFCD du professeur Atoumane, le Midhaq des Haratines de Ould Hendeya et la CVE de Bâ Mamadou Alassane, et d’autres mouvements encore. Il a dit son souhait de voir toute l’opposition réunie dans un seul bloc pour vaincre le parti au pouvoir, citant l’UFP, le RFD, l’UNAD, entre autres.

Cheikh Aidara