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Stratégie de Croissance Accélérée et de Prospérité Partagée (SCAPP), le Rapport du 2ème Plan d’action sous la loupe des acteurs

Nouakchott a abrité mardi 7 juin 2022 le démarrage des Assises nationales de concertation sur le rapport du 2ème Plan d’Action de la SCAPP 2021-2025. Pendant deux jours, les participants doivent examiner et valider les documents établis par un consortium de consultants nationaux et étrangers afin de définir les axes directeurs du développement économique et social de la Mauritanie dans les cinq prochaines années.

M. Lemrabott Ould Benahi (4ème à partir de la droite), à ses côtés (3ème position) le Ministre de l’Education Nationale – Crédit Aidara

Après un processus qui a démarré il y a un peu plus d’un mois, le Rapport du 2ème Plan d’Action de la SCAPP 2021-2025 est l’objet d’un atelier de deux jours qui a démarré mardi 7 juin 2022 à Nouakchott.

Des recommandations très attendues

Ouvrant les travaux, le Ministre du Commerce, de l’Industrie et du Tourisme, Ministre des Affaires Economiques et de la Promotion des Secteurs Productifs par intérim, M. Lemrabott Ould Benahi, a souligné que ce second rapport intervient dans un contexte marqué par la pandémie Covid-19 pour lequel le gouvernement avait mis en place un plan national multisectoriel de riposte en 2020, suivi par le Programme Elargi du Président de la République (ProPEP) en vue de relancer l’économie.

Vue partielle de la salle – Crédit Aidara

« L’élaboration du second plan d’action de la SCAPP a suivi le schéma de gouvernance en faisant intervenir les Comités de Développement Sectoriels et en impliquant l’ensemble des parties prenantes » a-t-il fait remarquer. Il a rappelé dans ce cadre les trois leviers autour desquels s’est construit la SCAPP et qui ont été développés durant la présentation détaillée de la stratégie.

« Je suis persuadé que l’importante participation des différents acteurs concernés et le haut niveau de représentativité, tout comme la qualité des communications qui seront présentées et des discussions que vous mènerez en travaux de groupes, permettront de formuler des recommandations et propositions utiles pour enrichir le contenu de ce rapport » a-t-il conclu.

Un cadre onusien aligné sur les priorités du gouvernement

Pour sa part, le Représentant Résident du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), par intérim Représentant du Système des Nations Unies en Mauritanie, M. Cheikh Fall, a déclaré que cet exercice auquel sont conviés les participants revêt une importance particulière dans la mesure où il vise à poser les bases sur lesquelles s’établira le développement de la Mauritanie pour les cinq prochaines années. « Rapprochant un peu plus le pays du rendez-vous de 2030, à une Mauritanie où la croissance économique forte, inclusive et durable, permettra de satisfaire les besoins essentiels de tous les citoyens et réduire la pauvreté absolue, une Mauritanie où l’action publique est efficace et repose sur un bon cadre de gouvernance. En d’autres termes, une Mauritanie où personne ne serait laissé pour compte. Cette Mauritanie que nous voulons tant en 2030 » a-t-il déclaré.

M. Cheikh Fall (en boubou et bonnet) lors de son allocution, à sa gauche le SG du Ministère des Affaires Economiques, à sa droite le Ministre de l’Education Nationale et le Ministre du Commerce – Crédit Aidara

Il a ajouté plus loin que l’exercice se déroule au même moment où le Système des Nations Unies entame le processus d’élaboration du cadre de partenariat et d’appui au gouvernement mauritanien. « Notre prochain Cadre de Coopération pour le Développement Durable, successeur du Cadre de Partenariat pour le Développement Durable (CPDD) en cours de mise en œuvre s’achèvera par un alignement sur les priorités du gouvernement et les objectifs et interventions stratégiques clés définis dans ce Plan d’Action soumis à votre appréciation durant ces deux jours de travaux » a-t-il rappelé.

Brève présentation de la SCAPP

Le Directeur de la SCAPP, Sidi Mohamed Zenvour, a procédé à une brève présentation de la stratégie, rappelant que le présent rapport soumis à l’examen et à la validation des acteurs est le fruit d’une réflexion menée par un consortium de consultants, le bureau international MAZARS et le bureau mauritanien DEGSTA dirigé par M. Sidna Ould NDah et comprenant plus d’une dizaine d’experts nationaux.

Le directeur de la SCAPP (1er rang à l’extrême droite) – Crédit Aidara

Rappelant le contexte, il a évoqué l’élaboration de la SCAPP 2016-2030, copie locale des ODD, rappelant que le document se décline en trois axes régis par une loi d’orientation.

Il a souligné que le 2ème plan national de la stratégie a accusé du retard dans son lancement à cause de la pandémie Covid-19, précisant qu’il se décline en trois leviers : promotion d’une croissance forte et durable, développement du capital humain et accès aux services sociaux et enfin, renforcement de la gouvernance. Chaque levier comprend trois chantiers avec 189 projets structurants.

D’une manière globale, la SCAPP selon Ould Zenvour s’inscrit dans le cadre des engagements internationaux de la Mauritanie, entre autres, l’Agenda 2030 des ODD, l’Agenda 2063 de l’Union Africaine, les calendriers spécifiques avec les partenaires et le ProPEP, avec une dimension transversale genre et environnementale.

Il a rappelé que le processus pour ce deuxième plan quinquennal a débuté en mai 2021 et a été lancé en octobre de la même année lors d’un atelier de démarrage auquel la plupart des participants des présentes assises avait pris part. Selon lui, la mise en œuvre est rigoureusement suivie par des organes de supervision et de contrôle, notamment les comités techniques au niveau national et régional, le comité technique de coordination avec ses subdivisions, les comités élargis avec les partenaires et le comité interministériel de pilotage présidé par le Premier ministre.

Cadrage macroéconomique

Sidi Mohamed Zenvour a expliqué que le cadrage macroéconomique repose sur trois scénarios selon que l’impact est important, moyen ou faible, avec des ambitions réalistes qui tablent sur une évolution de la croissance de 2% par an vers une croissance de 7% durant la période 2021-2025.

Table de la plénière. De Dr. à G. Thiam Samba, Isselmou Taleb, Ould Jiyid, Moussa Fall, Mohamed Nani et Mohamed Saleck Heyine – Crédit Aidara

Le scénario 1 impact important correspond à un PIB supérieur à 46 milliards MRU, soit 12 milliards MRU par an, le scénario 2 impact moyen à 38 milliards MRU avec un apport de 9 milliards par an, et le scénario 3 faible impact avec un PIB de 14 milliards MRU et un apport de 3,4 milliards par an.

Le Directeur de la SCAPP a par la suite abordé les trois leviers de la stratégie et les neuf chapitres qui les composent, avec un diagnostic de la situation correspondant à chaque niveau, avec ses enjeux et ses projets structurants.

Financements et risques

Cette partie a été présentée par le représentant du bureau international MAZAR qui a souligné l’étape cruciale de la mise en œuvre des stratégies et l’importance à prendre en compte les risques inhérents au caractère changeant et fluctuant des environnements, au niveau national et international.

Parlant des financements, il a souligné que le levier 1 de la SCAPP comporte 97 projets, avec 17 interventions et un budget estimatif de 53 millions MRU ; le levier 2 avec 58 projets et un budget estimé à 17,5 millions MRU ; le levier 3 avec 35 projets et un budget de 8 millions MRU.

Une partie du staff de l’UNFPA – De G. à Dr. Brahim Vall, Bocar Mbaye et Dr. Dieng – Crédit Aidara

La cartographie des risques selon l’expert de MAZAR a permis de dégager six typologies de risques, la mobilisation des ressources dans les délais et la maîtrise des délais, la maîtrise des coûts face aux crises, comme celle de l’Ukraine, l’obtention des résultats escomptés, la mobilisation des acteurs et les facteurs exogènes liés aux changements climatiques, les changements de l’environnement des affaires, les crises sanitaires, entre autres.

Selon lui, face à ces aléas, trois mesures sont à prendre au niveau de la gouvernance de la planification, l’adhésion des parties prenantes et la mise en place d’un dispositif de veille.

Travaux de groupe

Une forte présence féminine – Crédit Aidara

Les participants se sont scindés par la suite en trois groupes de travail. Groupe secteurs productifs et développement économique présidé par l’ancien ministre Thiam Samba. Groupe Santé, Education et Protection Sociale présidé par l’ancien ministre Isselmou Ould Taleb. Groupe Gouvernance, Sécurité, Décentralisation et Contrôle Citoyen présidé par l’ancien ministre Mohamed Ould Nani.

Cette première plénière a été présidée par Moussa Fall, économiste et consultant international.

A noter que les assises ont vu la présence du Ministre de l’Education Nationale, le Ministre de l’Elevage, la Ministre de l’Environnement, le Secrétaire général du Ministère des Affaires Economiques, le Wali de Nouakchott Ouest et le Hakem, en plus des élus, des experts nationaux et internationaux, des partenaires techniques et financiers, ainsi que la société civile.

Cheikh Aïdara


La Mauritanie signe deux accords de financement avec la BID à Sharm El Sheikh

En marge de la 47ème réunion annuelle de la Banque Islamique de Développement (BID) tenue à Sharm El Sheikh (Egypte) du 1er au 4 juin 2022, la Mauritanie, par le biais du Ministre des Finances, M. Isselmou Ould Mohamed MBadi, a bénéficié de deux accords de financement dans le domaine de la santé et des produits pétroliers en faveur de la SOMELEC.

M. Isselmou Ould Mohamed MBadi et Dr. El Jasser échangent les documents de la convention sur la santé – Crédit Aidara

Le premier accord de 16 millions de dollars U.S porte sur la santé de la mère et du nouveau-né. L’objectif de l’accord, signé le 4 juin 2022, est d’appuyer l’Etat mauritanien à réaliser les objectifs de son Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) 2021-2025, notamment dans son volet relatif à la santé de la reproduction, en particulier la santé de la mère et du nouveau-né.

D’une manière plus générale, cet accord devra permettre au Ministère de la Santé de garantir l’accès des femmes, des enfants, des nouveau-nés et des adolescents à des soins de santé complets, durables et axés sur l’individu.

Signature de la convention dans le domaine de la santé entre le ministre des Finances et le président de la BID – Crédit Aidara

L’accord s’articule autour des points comprenant l’amélioration des opportunités d’accès à des services de soins de santé reproductifs, pour les mères et les nouveau-nés dans 5 Wilayas du pays, en plus de l’Hôpital Mère et Enfant de Nouakchott, considéré comme centre de référence dans ce domaine. L’accord comprend aussi un volet relatif au renforcement des capacités du personnel de santé et au renforcement institutionnel dans le cadre du programme de coopération technique et de transfert des compétences.

Le deuxième accord est un financement Mourabaha d’un montant de 50 millions de dollars U.S signé entre le ministre des Finances et la Société Internationale Islamique de Financement du Commerce (SIIFC) qui fait partie du Groupe de la BID. Cet accord devra permettre à la Somelec d’assurer ses approvisionnements en produits pétroliers nécessaires pour le fonctionnement de ses centrales électriques.

Signature de la convention avec le directeur général de la SIIFC – Crédit Aidara

La signature des accords signés avec la Mauritanie fait partie d’un lot de 13 financements qui ont profité à plusieurs autres pays membres, comme le Burkina Faso et le Niger.

La cérémonie des accords de financement est intervenue en marge de la conférence de presse de clôture animée par le Président du Groupe de la BID, Dr. Muhammad Souleiman Al Jasser et la Ministre égyptienne du Plan et du Développement, présidente du Conseil des Gouverneurs de la BID, Dr. Halla Al Saed.

Cheikh Aïdara
Sharm El Sheikh


Réunion de la BID à Sharm El Sheikh, le Premier ministre égyptien parle d’un secteur privé à booster pour l’atteinte des ODD

Le Capitole et sa salle de 10.000 places, logé au Centre International des Conférences de Sharm El Sheikh (Egypte) a abrité, jeudi 2 juin 2022, l’ouverture officielle de la 47ème réunion annuelle du Groupe de la Banque Islamique de Développement (BID). Le Premier ministre Egyptien, Dr. Mustapha Medbouli et les principaux intervenants ont proposé des solutions de sortie de crise pour les pays membres, malgré un contexte mondial fortement marqué par la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine. La relance du secteur privé pour l’atteinte des ODD est la voie tracée par l’Egypte.

Au premier plan, Le PM Medbouly (au centre), à sa gauche Dr. Hella et à sa droite Dr. Al Jasser-Crédit Aidara

Prenant la parole au cours de l’ouverture officielle de la 47ème réunion annuelle de la BID le 2 juin 2022 à Sharm El Sheikh, le Chef du gouvernement égyptien, Dr. Mustapha Medbouli, a transmis à l’assistance les salutations du président Abdel Fetah Sissi. Il a adressé ses remerciements au Groupe de la BID pour les efforts inlassables en faveur de ses 57 pays membres, ainsi que les expertises qu’elle n’a cessé de mettre à leur disposition tout au long des quatre décennies passées. Il a aussi remercié la BID d’avoir choisi la ville de Sharm El Sheikh pour sa rencontre qui intervient, selon lui, dans un contexte mondial difficile qui requiert une nouvelle vision capable de s’adapter à ces circonstances.

Atteindre les ODD en développant le secteur privé

Le Premier ministre égyptien a décrit une situation mondiale compliquée et inextricable avec la pandémie Covid-19 et les crises géopolitiques qui ont bouleversé les équilibres aussi bien sur le plan économique et social, affectant plus durement les pays les plus fragiles et les populations les plus démunies. « Le monde commençait à peine à se remettre des impacts de la covid-19 qu’éclate la guerre entre la Russie et l’Ukraine, rendant l’avenir encoure plus incertain » a-t-il déclaré…

Le Premier ministre d’Egypte – Crédit Aidara

Selon lui, cette situation affecte les plans de développement au niveau mondial, en particulier les pays membres de la BID déjà confrontés à des problèmes économiques, sociaux, environnementaux et de développement durable. Il a exhorté les pays membres de la BID à absorber toutes ces transformations structurelles et à s’y adapter. D’où, selon lui, la nécessité de booster le secteur privé et les initiatives individuelles, tout en préconisant des solutions durables face aux effets des changements climatiques, ainsi que leurs impacts sur l’agriculture et la sécurité alimentaire. Il a préconisé dans ce cadre le développement du capital humain, l’investissement dans le savoir et le renforcement des échanges commerciaux entre les Etats.

Malgré les défis, la BID affiche une bonne santé

Auparavant, le Président du Groupe de la BID, Dr. Muhammad Soulaiman Al Jasser avait pris la parole pour remercier les autorités égyptiennes pour la bonne organisation de cette rencontre annuelle et souhaiter la bienvenue aux délégations et aux institutions régionales et internationales qui ont fait le déplacement. Il a évoqué au passage le total des fonds injectés par la BID en Egypte, soit 18 milliards de dollars U.S, dans divers projets de développement. Il a aussi parlé du Centre régional de la BID qui vient d’être inauguré au Caire en marge du présent sommet de Sharm El Sheikh, saluant la solidité de l’économie égyptienne malgré un contexte mondial marqué par la hausse des prix. Il a souligné au passage l’accroissement de la dette que la guerre en Ukraine vient exacerber au niveau des Etats membres, mais aussi la chute des recettes du tourisme, le renchérissement des prix énergétiques, la fragilité accrue des systèmes de santé mis à nu par la pandémie Covid-19.

Le président Dr. Al Jasser dans le film documentaire (à gauche) projeté lors de la cérémonie- Crédit Aidara

Brossant le bilan du Groupe de la BID au cours de la période 2020-2021, il a cité l’accroissement du capital de 8, 8 milliards de dollars U.S et celui du Fonds Islamique de Développement de 1,6 milliards de dollars, sans compter les autres filiales. Abordant les projets financés par le groupe, il a souligné que ces projets ont profité à 121 millions de personnes dans les domaines de l’éducation, de la santé et de l’assainissement. Selon lui, le capital du groupe a connu un accroissement de plus de 38% en 2022, avec un bénéfice de 150 millions de dollars.

Selon lui, le Plan stratégique du groupe 2021-2025 basé sur les priorités prévoit un fort investissement sur les infrastructures numériques, avec un nouveau programme pour faire face à l’insécurité alimentaire avec une enveloppe de 1,7 millions de dollars.

17 milliards de dollars pour 367 projets en Egypte

Avant lui, Dr. Hella Helmy El Saed, Ministre égyptienne du Plan et du Développement Economique, présidente du Conseil des Gouverneurs du groupe de la BID, avait mis l’accent sur la nécessité d’unir les efforts de l’ensemble des pays membres. Après un succinct rappel de l’histoire du groupe de la BID, née selon elle d’une idée en 1975, elle a exhorté les pays à investir encore davantage dans le capital humain.

Dr. Hella Saed, ministre du Plan d’Egypte – Crédit Aïdara

Elle a souligné que la pandémie Covid-19 et la guerre en Ukraine ont provoqué une forte augmentation de la pauvreté, affectant les capacités de l’économie mondiale tout en provoquant une rupture dans les chaînes d’approvisionnement. Selon elle, il faut renforcer le partenariat entre les gouvernements et la société civile, tout en boostant la coopération régionale et internationale. Les défis restent énormes pour les Etats membres de la BID, d’après Dr. Hella, notamment dans le domaine de l’agriculture, de l’eau, de la santé, de l’assainissement et de l’éducation.

Parlant de l’Egypte, elle a souligné que le gouvernement a injecté 17 milliards de dollars dans 367 projets qui sont intervenus dans le domaine du renforcement du capital humain, de l’éducation et de la santé, saluant au passage les perspectives qu’offre l’ouverture du Centre régional de la BID au Caire.

La coopération BID-OCI

A son tour, M. Hissein Brahim Taha, ancien Ministre des Affaires Etrangères du Tchad et Secrétaire Général de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) depuis novembre 2021, a rappelé que cette 47ème réunion annuelle du Groupe de la BID coïncide avec la 37ème réunion du Conseil supérieur des Gouverneurs. Il a lui-aussi évoqué le choc engendré par la pandémie Covid-19 et ses répercussions économiques, notamment son impact sur les moyens d’existence des populations. Il a rappelé les multiples interventions de l’OCI pour intensifier la coopération entre les Etats membres à travers le levier de la solidarité islamique. Dans ce cadre, dira-t-il en substance, l’OCI a contribué à hauteur de 2,3 milliards de dollars pour amortir les chocs sociaux engendrés par la pandémie et la guerre en Ukraine.

Vue partielle de l’assistance – Crédit Aidara

Selon lui, la hausse du prix du carburant et des denrées alimentaires a surtout affecté les populations vulnérables, soulignant qu’une stratégie de relance économique s’impose. Pour le Secrétaire général de l’OCI, l’action des Etats membres doit s’orienter vers les catégories sociales les plus fragiles comme les femmes et les jeunes, et elle doit cibler les Etats les moins avancés. Pour M. Hissein Brahim Taha, les pays membres de l’OCI qui en ont la possibilité doivent renforcer leur capacité à fabriquer des vaccins.

Selon lui, les Etats doivent créer des programmes spécifiques dédiés à l’agriculture et participer à la mobilisation des ressources au profit du Fonds Islamique de Développement afin qu’il puisse davantage multiplier les projets de réduction de la pauvreté et améliorer les services sociaux. Il s’est réjoui de la coopération entre le Groupe de la BID et l’OCI, mais aussi avec d’autres organisations arabes et islamiques. Il a cité dans ce cadre plusieurs projets financés conjointement avec ces organismes au profit des pays membres.

Il a évoqué à ce titre les accords de Djeddah de 2017, dans le domaine de l’agriculture et de la sécurité alimentaire, entre l’Organisation Islamique pour la Sécurité Alimentaire (OISA), l’institution spécialisée de l’OCI basée à Astana (capitale du Kazakhstan) et l’Organisation Arabe pour le Développement Agricole (OADA). Il a enfin parlé de deux grands programmes régionaux que l’OCI compte lancer en Afrique et en Asie centrale, pour promouvoir la croissance économique et booster le développement social dans ces deux régions.

5.000 participants

Une grande mobilisation et des salles bondées de participants venus des quatre coins du monde – Crédit Aidara

Cette rencontre a regroupé 5.000 participants, comprenant des ministres chefs de délégation des pays membres, des gouverneurs de banques centrales, des ambassadeurs, des représentants du secteur privé et de la société civile, des bailleurs de fonds et des investisseurs, en plus de centaines d’experts qui ont animé plus d’une dizaine de sessions parallèles.

La délégation mauritanienne, presqu’invisible au cours des assises, était représentée par le Ministre des Finances et le Gouverneur de la Banque Centrale, ainsi qu’un nombre très réduit de cadres. Le secteur privé et la société civile mauritanienne étaient les grands absents de la réunion de la BID à Sharm El Sheikh. Était aussi présent à la rencontre, le Mauritanien, M. Sidi Ould Tah, Directeur Général de la Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique (BADEA), dont le mandat s’achève en 2024, après trois mandats successifs depuis 2015.

Cheikh Aïdara
Sharm El Sheikh


Assemblée annuelle de la Banque Islamique de Développement, le président du groupe lance le portail en ligne dédié à l’autonomisation économique

Prévue du 1er au 4 juin 2022 à Sharm El Sheikh en Egypte, au Centre International des Conférences, l’Assemblée annuelle du groupe de la Banque Islamique de Développement (BID) s’ouvre aujourd’hui, jeudi 2 juin 2022. Au préalable, plusieurs sessions dont certaines à huis-clos et d’autres ouvertes au public ont démarré la veille. Le Président du groupe, SE. Dr. Muhammad Soulaiman Al Jasser a lancé à l’occasion le portail en ligne de l’autonomisation économique

SE. Dr. Muhammad Soulaiman Al Jasser Président du groupe de la BID – Crédit Aidara

Le Président du Groupe de la BID, SE. Dr. Muhammad Soulaiman Al Jasser, qui a pris fonction le 9 août 2021, a assisté mercredi 1er juin 2022, à la dernière session préparatoire de l’Assemblée annuelle de l’institution financière internationale qu’il dirige. Il était accompagné de plusieurs personnalités, dont Dr. Amer Bakvic, Directeur général du Global Pratice and Partnerships.

Dans la courte allocution qu’il a prononcé à l’occasion, il a annoncé le lancement du portail en ligne dédié à l’initiative « Autonomisation économique », un outil innovant que la BID met en œuvre depuis une vingtaine d’années. Selon lui, cette plateforme est partagée avec les partenaires dans ses aspects relatifs à l’atténuation de la pauvreté à travers l’outil Fin Tech par rapport au développement économique des 57 pays membres. M. Al Jasser a précisé que la BID ambitionne de développer un écosystème capable de promouvoir les meilleures pratiques pour générer et jouer un rôle dans la mobilisation des ressources. « Dans cette entreprise, soyons ensemble pour construire un meilleur avenir et partager des connaissances afin d’asseoir les meilleures pratiques » a-t-il souligné.

Promouvoir la croissance économique inclusive post-Covid-19

La séance à laquelle avait pris part le Président du Groupe de la BID était modérée par Dr. Mathew Gamaer, avec comme panélistes, Dr. Nada Messaoud, conseillère du Ministre de la Planification et du Développement d’Egypte, Dr. Abdel Hakim Waer de la FAO, Dr. Sabrina Akkire, Dr. Houssein Abou Bakr et Dr. Khemass El Ghazza du Fonds Islamique de Solidarité, filiale de la BID.  

Les panélistes – Crédit Aidara

Dr. Nada a parlé des grandes disparités qui existent entre les communautés en Egypte, mais aussi des initiatives sous forme de PME qui se développent et qui tendent à assurer une certaine justice sociale. Selon elle, les PME constituent un secteur actif et pourvoyeur d’emplois, répartis sur l’ensemble du pays, en zone rurale comme en zone urbaine. Un secteur dynamique investi, selon elle, par des femmes et des hommes désireux de briser le cercle vicieux de la pauvreté et que le gouvernement égyptien a appuyé à hauteur de 1 milliard 250 millions de livres égyptiens. Les autorités ont adopté, selon elle, une nouvelle loi incitative pour les PME, avec des facilité d’accès aux terrains, facilités douanières et fiscales, prêts concessionnels, assouplissement juridique pour un secteur resté en grande partie informelle. Elle a précisé que cette initiative est prise en charge à hauteur de 20% par l’Etat et 20% par l’entremise de divers intermédiaires.

Ainsi, d’après Dr. Nada Messaoud, la politique de l’Etat égyptien dans ce domaine s’articule autour de trois axes : un climat favorable à la solution des problèmes rencontrés par le secteur des PME, des projets d’organisation de ces structures à travers des séminaires de renforcement des capacités, l’amélioration des lieux de production, la promotion des start-up, véritables porteurs d’emplois. L’Egypte occupe selon elle, la 2ème place au niveau de la zone MENA (Moyen Orient Afrique du Nord) en termes de développement des PME. Elle a insisté cependant sur le renforcement de la législation et une campagne soutenue de changement de comportement pour rehausser le niveau des expériences.

Il a été beaucoup question au cours de cette session des retombées de la crise Covid-19 et la guerre en Ukraine sur la crise économique mondiale et les dysfonctionnements entre l’offre et la demande sur les marchés mondiaux. Ce qui s’est traduit, en Egypte, par la hausse de l’inflation et la destruction des chaînes d’approvisionnement des PME, qui représentent 90% des entreprises, avec des pertes de 15% des emplois (1, 7 millions de personnes), la chute des salaires et la fermeture de 9% des entreprises parmi les 75% qui ont souffert de la situation.

Le Président Dr. Al Jasser et Dr. Amer Bakvic (au milieu) – Crédit Aidara.

La crise des engrais et des intrants agricoles

Selon Dr. Abdel Hakim Waer, la crise alimentaire qui sévit aujourd’hui du fait de la pandémie et de la guerre russo-ukrainienne est exacerbée par les risques qui pèsent sur la production actuelle du fait des pénuries en engrais et intrants agricoles, la Russie détenant 50% de la production mondiale de ces deux produits. Selon lui, il faut anticiper sur ce qui se passe, en appuyant les zones rurales qui sont les principales productrices et sur lesquelles se concentre l’essentielle des interventions de la FAO. Selon lui, 60% de la production agricole dans les pays en développement proviennent du monde rurale, or la crise des intrants et des engrais a déstabilisé la paysannerie/

Pour Dr. Sabrina, la pauvreté est multidimensionnelle et est frappée par les crises multiformes de ces dernières années, Covid-19 et guerre en Ukraine. Cela affecte selon elle, l’approvisionnement des populations en eau potable, influe sur la scolarité des enfants et accentue la pauvreté monétaire. Une étude réalisée par le PNUD montre, selon elle, que 5,9 millions de personnes dans les pays en développement (dont 3,5 millions de pauvres) vivent dans les zones rurales et qu’elles sont confrontées à des problèmes de production alimentaire. Pendant la pandémie, ajoute-t-elle, beaucoup d’activités ont été affectées et les gouvernements ont connu de graves récessions, d’où le besoin d’une plus grande implication du secteur privé et du système financier et un plus grand esprit d’innovation au niveau des PME.

L’autonomisation économique

Vue partielle des participants – Crédit Aidara

Dr. Hussein Abou Bakr a lui déploré la rupture de la chaîne d’approvisionnement, soulignant que 80% de la production à la consommation proviennent de la Russie et de l’Ukraine. Selon lui, il faut utiliser la technologie pour lier les industries aux usagers. Il a souligné que la crise mondiale actuelle devra aider les pays en développement à se fortifier et à garder espoir sur les possibilités qu’offrent les technologies numériques dans la prise des meilleures décisions.

De son côté, Dr. Khemass El Ghaza a souligné que le mandat de son institution, le Fonds Islamique de Solidarité pour le développement, vise à réduire la pauvreté dans les pays membres. Il a mis en exergue une étude réalisée par le PNUD qui parle de 100 millions de personnes réduites en 2020 par la pandémie Covid-19 à la pauvreté. L’une des solutions à ce problème a été selon lui, l’initiative de l’Autonomisation économique, un programme propre à la BID qui constitue l’une des actions les plus importantes prises dans ce domaine. De 2,2 millions de dollars, la BID est passée à 4,4 milliards d’engagements financiers en faveur des pays membres, plus que les fonds disponibles, a-t-il ajouté en substance.

Photo de groupe panélistes plus quelques membres du staff de la BID – Crédit Aidara

Cela a nécessité selon lui beaucoup d’actions dans la mobilisation des ressources pour faire face à la crise. Il ajoute par ailleurs que l’autonomisation économique initiée par la BID n’est pas un concept nouveau et qu’il s’agit d’une initiative pionnière que la banque a prise il y a plus d’une vingtaine d’années dans beaucoup de projets qu’elle a financés, précisant que c’est le meilleur outil pour lutter contre la pauvreté.

Cheikh Aïdara
Sharm El Sheikh