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3ème édition des « Hivers Littéraires de Traversées Mauritanides », la Maison des Jeunes de Sélibaby refuse du monde

C’est à Sélibaby, capitale du Guidimagha, que l’Association Traversées Mauritanides a déposé ses valises pour sa 3ème édition de ses « Hivers Littéraires ». Ecrivains, journalistes, poètes et universitaires ont communié avec un public assoiffé de connaissances et des belles lettres. La Maison des Jeunes de Sélibaby a ainsi refusé du monde, ce vendredi 3 décembre 2021, à l’entame d’une série de conférences qui seront couronnées dimanche 5 décembre par un concours « Génies en Herbe » à l’intention des élèves.

@crédit Aïdara

« Crise de l’école, quelles pistes pour l’excellence ». Ce thème, d’actualité, a marqué la première rencontre entre le public de Sélibaby et les membres de l’association Traversées Mauritanides qui ont fait le déplacement depuis Nouakchott. Originaires de Sélibaby où ils ont fait leur parcours scolaire, Bios Diallo, écrivain journaliste, conseiller au Ministère de la Culture et président de « Traversées Mauritanides », Mamadou Kalidou Bâ, professeur de littérature à l’Université de Nouakchott, ou encore Cheikh Nouh, journaliste et poète, avec plus de sept ans de carrière d’enseignant dans la région, ont tenu à partager leurs expériences et dire aux élèves qui avaient rempli la salle de la Maison des Jeunes, qu’eux aussi, ils peuvent réussir dans leurs études.

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Plusieurs enseignants, professeurs et gens de lettres du Guidimagha ont également assisté, ce vendredi 3 décembre 2021, au lancement des « Hivers Littéraires » de Traversées Mauritanides qui seront marqués par une série de conférences, de visites d’établissements scolaires, avec comme clou, le concours « Génies en Herbe » prévu dimanche 5 décembre, organisé par le Club Planète Jeunes de Tékane et son président Mamadou Tall.

« Crise de l’école, quelles pistes pour l’excellence »

@crédit Aïdara

Le premier thème abordé à l’entame des journées littéraires de Traversées Mauritanides au Guidimagha a porté sur l’éducation et la crise de l’école mauritanienne, objet de concertations régionales et nationales courant octobre et novembre 2021.

« L’école mauritanienne souffre d’une triple crise » a souligné le Pr. Mamadou Kalidou Bâ, lors de son intervention. Il y a d’abord, selon lui, la crise institutionnelle à tous les échelons, avec une injustice dans l’accès aux responsabilités, des nominations sur des critères complaisants et des parachutages népotistes, faisant ressortir à la base, une mauvaise gestion des ressources humaines au niveau central. Il a également évoqué l’absolu nécessité de séparer l’enseignement public de l’enseignement privé, ce dernier squattant le personnel enseignant dans le public, d’où des taux élevés d’absentéisme dans ce secteur. L’autre défi, selon Pr. Bâ, c’est la crise morale et déontologique. Il a évoqué l’enseignant d’hier, celui des années 60, 70 jusque dans les années 80, qui était imbu de ses valeurs et de son sacerdoce, et qui était presque l’idéal auquel se confondaient les élèves. Enfin, il a mis en exergue l’impérieuse nécessité aujourd’hui de redorer le blason de l’enseignant par la revalorisation de ses conditions matérielles et financières.

Pour sa part, Cheikh Nouh, voit dans la politisation du système éducatif, notamment à partir de la réforme de 1999 et la guerre des langues, l’une des causes de la crise actuelle de l’école mauritanienne. Selon lui, « le problème de l’école, ce n’est pas un problème d’identité culturelle à travers la guerre entre l’Arabe et le Français, mais un problème de contenu et de stratégie ». Il a mentionné au passage, le nombre pléthorique dans les classes et la situation matérielle financière des enseignants. Enfin, il s’est réjoui de la progression dans la scolarisation des filles, car selon lui, « les femmes représentent plus de la moitié de la société, les mettre à l’écart dans le combat pour les connaissances, c’est compromettre le développement du pays ».

Ousseynou Traoré, économiste et agent de développement, a évoqué l’absence de planification scolaire face à l’explosion démographique et l’urbanisation sauvage. Cela se manifeste selon lui, par un grand déficit en termes d’infrastructures scolaires. Il a aussi regretté le fait que le département de l’éducation ait raté la révolution numérique, dans le contenu de ses programmes. Il a enfin dénoncé la démarche nonchalante du législateur et son laxisme face aux nombreuses lois fruits de la crise actuelle, ainsi que l’ingérence du politique dans l’éducation. Il n’a pas épargné dans ses critiques, la démission des parents d’élèves face à leurs responsabilités éducatives en tant que compléments du système d’enseignement. Enfin, M. Traoré a rappelé le succès enregistré par l’expérience pilote de l’Institut des Langues Nationales qui avait démontré dans les années 70-80 que l’enfant qui apprend à lire, écrire et calculer dans sa langue maternelle a plus de chance de réussir, même en français et en arabe, qu’un enfant qui débute sa scolarité par des langues qui lui sont étrangères.

Enfin, le professeur Yacoub Fofana, Directeur du Lycée de Sélibaby, qui a eu à enseigner le Pr. Mamadou Kalidou Bâ et Bios Diallo, a brièvement restitué sa participation aux journées de concertation sur la réforme du système éducatif, aussi bien les journées de concertation régionales au niveau du Guidimagha que les concertations qui ont eu lieu au niveau national à Nouakchott, au cours des mois d’octobre et novembre 2021.

L’une des causes de la crise de l’école mauritanienne serait, selon lui, le nombre élevé de réformes, soulignant qu’entre 1959 et 1999, la Mauritanie a connu 5 réformes du système éducatif, là où la France par exemple, n’a connu entre 1945 à nos jours que 3 réformes. Il a mis le doigt sur l’instabilité du cadre institutionnel et l’implication de la politique dans les stratégies éducatives, mais aussi l’absence de formation continue des enseignants et la mauvaise conception de la carte scolaire. De 70 villages dans les années 70-80, le nombre de villages au Guidimagha est passé, selon lui, à 500 localités, chaque regroupement de deux ou trois familles, voulant avoir sa propre école et ses enseignants, ce qu’elles obtiennent souvent selon lui, par le truchement du clientélisme politique.

Résultat d’une telle démarche, souligne-t-il en substance, une pléthore d’écoles et peu d’enseignants de qualité. Il a déclaré que toutes les réformes passées du système éducatif ont été conçues entre quatre murs, et que c’est la première fois que des consultations ont été organisées pour prendre en compte l’avis de tous les acteurs. Il a enfin évoqué la situation précaire de l’enseignant, l’absence de vocation, mais aussi l’expérience de l’Institut des langues nationales, qu’il faut selon lui, reprendre et mettre à l’échelle.

Visites dans les écoles

Vendredi matin, les membres de Traversées Mauritanides ont visité des établissements scolaires, une école privée et les collèges 1 et 2 de Sélibaby. Visite de classes, rencontre publique sur la cour de récréation, ont permis des échanges entre les membres de la délégation, le personnel enseignant et les élèves.

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Partout, le message fut le même. « Des enfants de Sélibaby qui ont réussi leur cursus scolaire sur les mêmes bancs que vous, qui ont accédé à l’enseignement supérieur et qui ont accompli leur potentiel, viennent vous dire que vous aussi vous pouvez réaliser vos ambitions, en vous armant du savoir et de l’abnégation. L’école est le meilleur tremplin pour ça, alors on vous exhorte à étudier et à vous y cramponner ». Bios Diallo et Mamadou Kalidou Bâ, qui ont usé leur culotte sur les bancs de l’école primaire de Sélibaby, sur les bancs de son collège et de son lycée, sont venus ainsi transmettre ces messages d’encouragement à des centaines de jeunes, garçons et filles, qui buvaient littéralement chacun de leur parole. Enfin, ils ont invité leurs jeunes publics à venir suivre l’après-midi la conférence sur la crise de l’école et à se préparer pour le concours de culture générale le dimanche 5 décembre 2021.

@crédit Aïdara

Cheikh Nouh, qui a enseigné pendant sept ans au Guidimagha, est intervenu en Arabe, pour parler de son expérience et apporter une diversité linguistique dans le contenu des messages transmis par ses collègues.

Un lancement au Musée National à Nouakchott

Il faut rappeler que les « Hivers Littéraires de Traversées Mauritanides » ont été officiellement lancés le 1er décembre 2021 au Musée National de Nouakchott sous le thème « la diaspora : une réussite à construire ». Cette table-ronde a été animée par l’écrivain camerounais, Paul Dakayeko, le pneumologue Dr. Boubou Camara, le journaliste Hacen Lebatt et Moussa Tall de l’Organisation Internationale de la Migration (OIM).

@crédit Aïdara

Chacun des intervenants a évoqué son expérience à l’étranger et expliquer pourquoi, il a décidé à un moment de sa carrière de revenir chez lui, pour participer à l’effort de développement. Tous ont cependant déploré l’absence de structure d’accueil et d’accompagnement des Mauritaniens de retour dans leur terroir, que ce soit des cadres souhaitant revenir et s’investir ou, des Mauritaniens souhaitant investir dans leur pays.

Pour le moment, seul l’OIM développe une politique de retour des migrants, notamment des retours temporaires, comme Dr. Boubou Camara, qui exerce en France, mais qui a décidé de venir soutenir les équipes de santé en Mauritanie pour faire face à la pandémie Covid-19.

@crédit Aïdara

Il faut noter que ces dernières années, l’état mauritanien a pris conscience de l’importance de sa diaspora, d’où la révision en cours de la Stratégie nationale de la migration avec la collaboration de l’OIM et du Ministère de l’Intérieur pour prendre en compte cette dimension, mais surtout la mobilisation stratégique de la diaspora que les experts du Ministère des affaires étrangères et ceux de l’OIM sont en train de peaufiner, en plus des orientations nouvelles de l’Agence pour la promotion de l’investissement pour encourager les Mauritaniens de l’étranger à investir dans leur pays.

Cheikh Aïdara


Marché à bétail de Boghé, éleveurs et courtiers ont pris possession des lieux

Depuis une année, le nouveau marché à bétail de Boghé, construit par le Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel pour la Mauritanie (PRAPS-MR) accueille éleveurs et courtiers venus des quatre coins du département. Finies les réticences d’avant. Aujourd’hui, tous apprécient le confort des infrastructures et la commodité des lieux.

Nouveau marché à bétail Boghe
Haut lieu de marchandage dans un espace convivial – Crédit Aïdara

« Nous attendons juste d’être fixés sur les directives pour qu’on débute réellement la gestion du marché, gestion qui, d’ailleurs, a commencé depuis près d’une année, mais il manque seulement quelques détails à régler pour foncer à plein régime.» a déclaré M. Abdourrahim Ibrahima Sall, président du Comité de gestion du marché à bétail.

Homme
A. Ibrahima Sall

 « Il y a un peu plus d’un an, lorsque le nouveau marché venait juste d’être terminé, la plupart des éleveurs et courtiers avaient un seul mot d’ordre à la bouche, qui était de ne « Jamais ! » déménager vers les nouveaux lieux. Mais avec les efforts de sensibilisation des autorités administratives et communales à leur endroit, ils avaient fini par admettre et réaliser l’importance réelle de cette nouvelle infrastructure. » a-t-il ajouté

Un nouveau marché équipé incomparable avec l’ancien

Aujourd’hui, c’est avec un grand sourire que les récalcitrants d’hier reconnaissent avoir été en tort. « L’habitude par rapport à notre ancien espace de vente nous avait fait croire qu’on ne pourra pas trouver meilleur endroit, bien qu’on y était exposé aux intempéries sans aucun autre refuge que des abris de fortune, avec l’insécurité en plus » reconnaît Sow Elimane, courtier à Boghé.

Bergers entourés de bétail
Le prix élevé du bétail rend les négoces encore timides

« Il n’y a rien de comparable entre l’ancien marché et celui-ci construit par le Projet régional d’appui au pastoralisme ( PRAPS). Avant, nous étions sur un terrain appartenant à un particulier, ouvert aux quatre vents, sans aucune infrastructure. Nos animaux étaient souvent exposés au vol et personne n’osait y laisser traîner un cabri. Nous partions avec notre bétail le soir pour les ramener le lendemain à cause de l’insécurité » débite M. Abdourrahim Sall.

Reprenant son souffle, il déclare, la voix grave, « ici, nos bêtes sont en sécurité. L’endroit est clôturé par des murs en dur surmonté de barbelés. Il y a un gardien. Nous avons des enclos, une salle de prière et une grande véranda pour le repos, des toilettes, de l’eau courante et de l’électricité. Qu’est-ce-que vous voulez de plus ?» s’interroge-t-il, en jetant un regard circulaire sur ses deux adjoints et quelques curieux qui suivent les échanges, comme pour les prendre à témoin. Tous acquiescent de la tête.

Rentrées substantielles pour la commune

Nejib

Nejib Ould Imijine est le percepteur de la commune chargé de collecter la taxe sur le bétail. Selon lui, les rentrées sont encore modestes, soulignant que par jour ce sont environ 40 à 50 caprins, et entre 10 et 15 vaches environ, qui rentrent et sortent du marché. « Les activités sont actuellement au ralenti ; c’est surtout durant les grands évènements, comme les fêtes religieuses, où le marché connaît réellement son pic » reconnaît-il.

En attendant que les procédures de gestion soient établies, il évoque quelques failles dans le contrôle des flux de bétails qui entrent ou sortent. Pour le moment, il trouve que les retombées du marché sur la commune et les acteurs sont appréciables. Pas beaucoup de charges financières sur les éleveurs et courtiers de nature à entraver leurs activités d’une part, et d’autre part, quelques rentrées subsidiaires qui permettent à la commune d’assurer la gestion des lieux.

« Nous prélevons 10 MRU par jour et par mouton, et 20 MRU pour les vaches, ce qui fait environ des recettes journalières qui varient entre 2000 à 400 MRU par jour pour la commune » estime-t-il.

Une activité économique encore au ralenti

Femme assise par terre dans son officine
Vatimetou dans son officine

Le ralentissement des activités est partout patent en cette journée d’octobre où nous visitons le marché, avec une pluviométrie qui n’a pas été clémente cette année, se plaignent plusieurs éleveurs interrogés. C’est le cas de Mohamed Ould Salem, courtier. « Notre travail consiste à acheter et revendre des moutons. Les prix ont beaucoup baissé. Un mouton se vend aujourd’hui entre 2.600 et 4.000 MRU. Avant, durant les mois passés, ça allait jusqu’à 5.000 à 6.000 MRU » témoigne-t-il.

« Il nous arrive de partager à trois ou quatre l’achat d’un mouton pour ensuite partager les bénéfices après la vente, pour vous dire notre état de vulnérabilité » poursuit-il. Lui et ses deux amis qui l’accompagnent trouvent que le nouveau marché de Boghé est de loin plus rentable et plus fréquentable que « la calamité que nous avions auparavant » lance Mohamed Ould Salem dans un sourire narquois.

Amady Hamadou Sow de Thialgou est du même avis, même s’il reconnaît qu’il n’y a pas encore assez d’acheteurs qui se bousculent au marché à bétail ces temps-ci.

C’est la même complainte de la part de Vatimetou Mint Imijine, vendeuse de thé. Plateau de verres et grosse théière entre les mains, elle se plaint de ses faibles entrées.

« L’activité économique est lente ici, et parfois je rentre à la maison sans la dépense de la journée » gémi-t-elle. « Mais Alhamdoulilah, le nouveau marché est là, et nous y disposons de toutes les commodités. Regarde le grand hangar dans lequel j’officie ! Avant, je n’avais rien à me couvrir du soleil et du vent » lance-t-elle dans un soupir.

La mairie de Boghé impose son autorité aux acteurs du marché à bétail

Le 2ème adjoint au maire de Boghé, à son bureau
Le 2ème adjoint au maire de Boghé, « imposer l’autorité »

« Nous entretenons d’excellentes relations avec les acteurs du nouveau marché à bétail » se félicite M. Mahmoud Ahmed Dia, deuxième adjoint au maire de Boghé, dans un excellent arabe. Pour ce qui est des problèmes connexes, il y en aura toujours, reconnaît-il en substance.

Par rapport, par exemple, aux plaintes liées aux inondations qui rendent le marché inaccessible pendant l’hivernage, il déclare que cette situation n’est pas propre au marché, et que même les locaux de la municipalité et tout le quartier situé dans la partie Boghé Less, souffrent des mêmes problèmes d’accessibilité pendant la période des pluies.

« Nous parvenons cependant toujours à résoudre ce problème en pompant l’eau » souligne-t-il. Il a évoqué par ailleurs le retard pris dans le début d’une vraie gestion du marché. Ce qui est dû selon lui, à des procédures administratives en cours de finalisation liées aux directives à suivre par le bureau du Comité de gestion. « N’empêche, ajoute-t-il, la gestion est bien assurée depuis l’ouverture du marché ».

Pour imposer son autorité, le maire adjoint a déclaré que la commune a sorti une circulaire dont copie a été remise au Hakem (préfet en arabe) et aux forces de l’ordre, la gendarmerie et la police notamment, interdisant toute opération de vente ou d’achat de bétail en dehors du nouveau marché, au niveau du département de Boghé. Les contrevenants, selon lui, s’exposent à de lourdes amendes.

Marché de Boghé, une infrastructure moderne pour l'élevage
Des infrastructures modernes pour les acteurs de l’élevage (le marché à sa finition)

Il a enfin remercié le PRAPS pour cette infrastructure d’envergure qui permet, selon lui, d’organiser plus rationnellement la vente du bétail sur pied, pour le grand bien des acteurs du secteur, pour la commune et pour les services déconcentrés de l’Etat, comme les services vétérinaires, entre autres.

Il faut noter que le nouveau marché à bétail de Boghé, comme les 18 autres infrastructure de ce type construites par le PRAPS avec l’appui de la Banque Mondiale, dans plusieurs villes et localités en Mauritanie, a coûté 6 millions MRU (60 millions anciennes ouguiyas).

Il comprend une grande salle de prière, des toilettes, un grand hangar pour le repos des visiteurs du marché, une aire d’embarquement et de débarquement des animaux, plus quatre enclos, le tout sur une surface clôturée de 2 hectares, non loin de l’axe routier.

Cheikh Aïdara


Financement de 451 coopératives au niveau national, TAAZOUR lance le processus à partir de Kiffa

Le Délégué Général TAAZOUR à la Solidarité Nationale et à la Lutte Contre l’Exclusion, M. Mohamed Mahmoud Ould Bouasriya, a présidé mercredi 23 novembre 2021 à Kiffa, au lancement du volet financement des activités génératrices de revenus (AGR), piloté par l’un de ses programmes, AlBarka. Au total, 451 coopératives seront financées sur le plan national, à hauteur de 2 milliards d’ouguiyas anciennes (MRO) environ, dont 33 coopératives au niveau de la Wilaya de l’Assaba.

Table officielle (à droite le Délégué Général TAAZOUR et à sa gauche le Wali de l’Assaba) – Crédit Aïdara

« Pour réaliser les objectifs pour lesquels elle a été créée, notamment l’accès des pauvres et des populations les plus démunies aux services essentiels, ainsi que leur intégration dans le circuit économique et la consolidation des filets sociaux, la Délégation Générale TAAZOUR a mis en place un ambitieux plan aux objectifs mesurés au profit de la solidarité nationale et de la lutte contre l’exclusion et la marginalisation dans les prochaines années et sur l’ensemble du territoire national ». C’est par ces mots, que le Coordinateur du Programme AlBarka, M. Mohamed Ahid Ould Isselmou, a ouvert au nom du Délégué Général de TAAZOUR, M. Mohamed Mahmoud Ould Bouasriya, les travaux d’un atelier de formation au profit de plus d’une vingtaine de coopératives de l’Assaba, en partenariat avec l’ONG ADIG.

Vue globale de la table officielle – Crédit Aïdara

Cette cérémonie, organisée à Kiffa mercredi 23 novembre 2021 et présidée par le Délégué Général, en présence des autorités administratives et sécuritaires ainsi que les élus de l’Assaba, marque le lancement par TAAZOUR du volet financement des AGR destinés à 451 coopératives sur le plan national pour une enveloppe de près de 2 Milliards MRO.

Appuyer et former les coopératives productives

Mohamed Ahid Ould Isselmou a par la suite évoqué les divers projets lancés par TAAZOUR dans les Wilayas, notamment ceux initiés par le programme AlBarka au profit des populations les plus pauvres. Il a cité dans ce cadre le projet des barrages terrestres lancé en 2021 au niveau de 221 localités, en plus du lancement d’une plateforme numérique qui permettra le financement des AGR et l’octroi de crédits TAAZOUR. Il a aussi mentionné la mise à exécution, il y a quelques jours, du projet TAAZOUR des barrages pour l’année 2021, et l’exécution de 12 gros ouvrages selon les normes requises.

Mohamed Ahid Isselmou

« Aujourd’hui, nous assistons au lancement du programme national d’appui aux coopératives productives dans le domaine de l’agriculture et de la pêche continentale, ce qui va permettre après un diagnostic des coopératives bénéficiaires, la formation des membres de ces coopératives sur les outils de production et de gestion, qui sera suivie d’un financement des activités ciblées, en plus d’un coaching et d’un accompagnement » a déclaré Mohamed Ahid Ould Isselmou. Il a déclaré que ce programme modèle, premier du genre dans l’histoire du pays, va appuyer 451 coopératives productives sur le plan national, dont 33 en Assaba. « L’impact de ce programme sera sans nul doute positif sur les conditions de vie des populations et des bénéficiaires, sans compter son apport dans le renforcement de la sécurité alimentaire sur le plan national » a-t-il indiqué.

En conclusion, le Coordinateur du programme AlBarka a souligné que le « lancement du programme AGR de TAAZOUR au niveau de la ville de Kiffa marque le signal de sa phase d’exécution dans les autres Wilayas ».

La cérémonie de lancement est intervenue à la fin d’une formation dispensée par l’ONG ADIG au profit de plus d’une vingtaine de coopératives à majorité femmes, venue de plusieurs localités et communes de l’Assaba. A noter que les participants ont suivi une formation en gestion et commercialisation, sous la houlette d’experts recrutés par ADIG à cette occasion. A la fin de cette formation, ces coopératives devraient percevoir des financements pour lancer leurs activités dans le domaine de l’agriculture, des boutiques communautaires et de la pêche continentale.

Pour l’inclusion des populations les plus pauvres

La création de TAAZOUR concrétise l’un des engagements phares du Président de la République, Mohamed Cheikh Ghazouani, car il s’est engagé à « encadrer et à diversifier les mécanismes d’expression de la solidarité nationale et à regrouper l’ensemble des programmes sociaux de l’Etat destinés aux couches défavorisées en une Agence d’inclusion sociale rattachée à la Présidence de la République ».

Les coopératives bénéficiaires de la formation et financement de TAAZOUR – Crédit Aïdara

Avec une enveloppe de 20 milliards MRU, la mission principale de TAAZOUR consiste à promouvoir un développement intégré dans la sphère des populations pauvres et vulnérables, permettant l’inclusion socioéconomique des dites populations et l’amélioration de leurs conditions de vie. Tourné autour de 5 axes, le plan stratégique de TAAZOUR vise à faciliter l’accès aux services de base, développer la promotion et l’inclusion économique, améliorer le cadre de vie, renforcer l’efficacité des filets sociaux et l’amélioration du pouvoir d’achat, et enfin, assurer la sécurité alimentaire et la défense du pouvoir d’achat.

Formation des coopératives, lancement en présence du Président de l’ONG ADIG – Crédit Aïdara

A chacun de ces cinq axes correspond un programme, comme le programme TEKAVOUL des transferts sociaux réguliers qui couvre 200.00 ménages, l’assurance maladie dont bénéficie 100.000 familles, le programme EMEL pour la vente de produits alimentaires à des prix subventionnés, le programme DARI pour l’habitat social au profit des plus démunis. Il y a surtout l’ambitieux programme CHEÏLA en faveur de la modernisation des communes et Adouabas les plus pauvres. Il vise à offrir des services intégrés d’éducation, de santé, de logement, d’aménagement hydroagricoles, de semi-mécanisation de l’agriculture, d’énergie, de financement de la micro entreprise et de la formation professionnelle pour amener ces zones à se distinguer par la prospérité plutôt que la précarité.

Groupe de travail constitué lors de la formation – Crédit Aïdara

C’est dans ce cadre que le programme AlBarka a pour mission de stimuler une dynamique de développement économique dans les zones de forte pauvreté, créer des activités génératrices de revenus et au-delà, des emplois décents et durables, et puis, permettre aux membres des ménages pauvres et vulnérables d’intégrer des filières économiquement porteuses.

Cheikh Aïdara
Groupe des Journalistes Mauritaniens pour le Développement

TEMOIGNAGES

Halima Abdoulaye Dia, coopérative El Felah (Guerrou)

« J’ai beaucoup appris durant la formation, notamment comment gérer une entreprise ainsi que les circuits commerciaux. Nous sommes une cinquantaine de femmes au sein de la coopérative et nous envisageons de lancer une boutique communautaire pour la vente de produits en détail. Nous remercions vivement l’Agence TAAZOUR pour ce financement et nous remercions aussi l’ONG ADIG qui nous a accompagnées dans cette formation ».

Mohamed Zeine Ould Kabba, coopérative “Kaaba Cherive”, localité de Bourke, commune de Sani (Kankossa)

« Je commencerai d’abord par remercier vivement Bneijara et son organisation pour les facilités de transport, pour l’accueil et pour l’excellent cadre de travail qui nous a été offert. Nous remercions aussi le président Ghazouani pour tout l’intérêt qu’il nous accorde. Nous étions depuis longtemps abandonnés et exclus. Merci pour avoir pensé à nous les pauvres. Par rapport à la question, oui, nous avons été formés sur des techniques rudimentaires de gestion, assez pour nous permettre quand même de bien savoir ce que nous allons faire des financements qu’on nous a promis. Merci surtout à TAAZOUR et au programme AlBarka ». 


Les femmes de Kiffa battent le macadam pour dire « Non à la violence faite aux femmes ! »

Les femmes de Kiffa (Mauritanie) ont organisé une marche vers la Maison des Jeunes scandant des slogans disant non à toute forme de violence basée sur le genre (VBG). C’était à l’occasion de la Journée Internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, célébrée le 25 novembre 2021.

Le Maire de la commune (boubou blanc) et quelques leaders des femmes en tête
Le Maire de la commune (boubou blanc) et quelques leaders des femmes en tête

A l’instar de la communauté internationale, la Mauritanie a célébré la Journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes, le 25 novembre 2021. A Kiffa, capitale de la Wilaya de l’Assaba, au sud du pays, les femmes de la Plateforme pour la promotion des droits des femmes, en collaboration avec le Réseau des femmes parlementaires mauritaniennes section Assaba, ont organisé une marche très animée, scandant des slogans disant non à toutes les formes de violence faites aux femmes et aux filles. Cette marche s’est ébranlée de la société de téléphonie mauritano-marocaine, Moov Mauritel, vers la Maison des Jeunes, sous l’encadrement des femmes leaders de la Wilaya, avec en tête la Directrice régionale des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille, ainsi que de plusieurs présidentes d’organisations de la société civile et de quelques hautes personnalités, dont le maire de la commune.

Autour d'une table, plusieurs représentants liés à la marche pour lutter contre les violences faites aux femmes
De G.à Dr. Direteur Jeunesse, Présidente Plateforme, commandant, Dircab, Maire, Directrice Régionale Affaires Sociales, Point focal réseau des femmes parlementaires

Ouvrant la cérémonie commémorative de la journée, le Directeur de Cabinet du Wali de l’Assaba, Ahmed Bezeid Ould Ahmed Yacoub, a rappelé l’intérêt que les autorités nationales accordent à la promotion féminine et à l’insertion des femmes dans la dynamique de développement politique, économique et sociale. « Je rappelle que l’Etat n’a ménagé aucun effort pour combattre toute pratique nuisible faite à la femme, y compris la violence à son égard. J’invite mes sœurs, actrices de la société civile, à multiplier la sensibilisation contre la pandémie de Covid-19. Enfin, je vous félicite à l’occasion de la célébration de la journée internationale contre les violences basées sur le genre (VBG) » a-t-il déclaré.

Auparavant, la Directrice régionale des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille, Mounina Mint Chah, avait remercié les autorités administratives et communales locales, notamment le Maire de la commune de Kiffa, pour les appuis qu’elles n’ont cessé d’apporter à la cause des femmes.

Les participantes (au devant les femmes leaders)
Les participantes (au devant les femmes leaders)

Le Maire de Kiffa, Jemal Ould Ahmed Taleb, avait exprimé au nom du conseil municipal et du réseau des maires de l’Assaba qu’il préside, tout l’honneur qu’il ressent de participer à la célébration de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. « Je salue l’activisme et l’engagement des femmes de l’Assaba, toujours aux premiers fronts dans le développement économique et social de la région. Pour moi, les organisations de la société civile féminine de la Wilaya de l’Assaba sont des partenaires incontournables sur qui la commune a toujours compté » a souligné le maire.

A son tour, Sy Fatimata, point focal Assaba du Réseau des femmes parlementaires mauritaniennes, a mis en exergue l’importance que le chef de l’Etat et le gouvernement, ainsi que les partenaires au développement, accordent aux femmes et aux filles, notamment les adolescentes qui bénéficient d’une attention toute particulière que cela soit dans le domaine de l’éducation, de la santé ou de l’autonomisation.

Vue partielle de la salle où se déroulait les échanges dans la lutte contre les violences faites aux femmes
Vue partielle de la salle

Avaient assisté à la cérémonie, la présidente de la section Assaba de la Plateforme pour la promotion des droits des femmes, le Commandant de l’Ecole de formation des sous-officiers d’active et le Directeur régional de la jeunesse.

A noter qu’en marge de la cérémonie officielle, plusieurs femmes activistes n’ont pas caché leurs déceptions face à la non adoption jusqu’à nos jours, et cela malgré trois tentatives, de la Loi contre les violences faites aux femmes et aux filles.

Cheikh Aïdara

TEMOIGNAGES
Seydi Camara, présidente des Femmes Volontaires de Développement de l’Assaba, membre de la Plateforme pour la promotion des droits des femmes

Seydi Camara

« Cette année, nous avons célébré cette journée internationale en partenariat avec les femmes parlementaires et les organisations de la société civile, pour amplifier nos voix et dire « Non à la violence faite aux femmes et aux filles ». Nous luttons pour l’égalité entre les hommes et les femmes et sommes engagées également à faire le plaidoyer pour l’adoption de la loi contre les violences faites aux femmes et aux filles, la seule qui permettra de les protéger contre les violences multiformes dont elles sont les victimes. Chaque région ayant sa spécificité, l’Assaba n’est pas comme la plupart des autres Wilayas, toutes les ethnies y sont représentées, ce qui veut dire qu’on y trouve toutes les formes de violences à l’égard des femmes, dont les deux plus répandues, la violence sexuelle et la violence conjugale ».