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Enquête sur la protection sociale de l’OIT en Mauritanie, après validation, appel à l’appropriation des résultats

Après deux jours de présentation et de débats, les résultats de la première enquête sur la protection sociale de l’OIT en Mauritanie ont été validés au cours de la clôture de la rencontre, mercredi 31 mars 2021 à Nouakchott, par les différents acteurs concernés par la problématique. Parmi les recommandations, l’appel à un soutien du gouvernement mauritanien pour l’appropriation des résultats de l’enquête et l’adaptation de ses indicateurs au contexte national. Cette session a été organisée par le Ministère de la Fonction Publique avec l’appui du Bureau International du Travail (BIT). Compte-rendu.

Table officielle – Crédit Aidara

Pendant deux jours, les 30 et 31 mars 2021, les départements sectoriels de l’Etat mauritanien et les organismes publics concernés par la protection sociale, ont suivi plusieurs présentations sur l’Enquête de la sécurité sociale de l’OIT, première du genre en Mauritanie. Ils ont suivi également une formation sur les outils de l’enquête ainsi que le calcul des indicateurs de la protection sociale. Les acteurs impliqués dans cette réflexion sont la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), la caisse d’assurance maladie (CNAM), l’office national de la statistique (ONS), l’Office nationale de la médecine du travail (ONMT), l’Agence Taazour, ainsi que des agences spécialisées des Nations Unies, comme le PAM et l’UNICEF, des personnes ressources indépendantes et les syndicats des travailleurs.

Organisée par le Ministère de la Fonction Publique, du Travail et de la Modernisation de l’Administration, avec l’appui du BIT, cette session a été animée depuis Genève via visioconférence par deux experts, MM. Pascal Annycke et Zhiming Yu, spécialistes Protection Sociale, et à Nouakchott, par le consultant national, M. Moctar Laghlal, qui a mené l’enquête depuis 2019.

Projet pilote du Guidimagha sur la protection sociale

Après avoir décliné les objectifs de l’atelier, M. Cheikh Thiam du BIT Mauritanie, a introduit les objectifs de l’atelier avant de céder la parole à M. Marc Ninerola, Coordinateur du Projet Bridge en Mauritanie pour présenter le projet de modèle intégré de protection sociale au Guidimagha et le Fonds ODD (SDG Fund).

Vue’ partielle des participants – Crédit Aidara

Le SDG Fund est un fonds commun destiné à aider les pays à progresser vers les ODD et l’Agenda 2030. La Mauritanie fait partie des 36 pays déclarés éligibles à ce fonds qui s’articule autour de quatre axes. Il s’agit pour le premier axe de l’articulation des filets sociaux avec l’appui technique du BIT, de l’Unicef, du PAM et de la Banque Mondiale. Le deuxième axe concerne la promotion des services sociaux de base et il est piloté par l’Unicef. Le troisième axe est relatif à la mise en place d’un régime d’assurance sociale. Il est conduit par le BIT et l’Unicef. Le quatrième axe porte sur le dialogue technique et politique pour la mise en œuvre de la Stratégie nationale de la protection sociale (SNPS), sous l’égide du BIT, de l’Unicef et du PAM.

La mise en œuvre de ce projet a mis à jour un problème d’articulation et de coordination, qui serait en train d’être corrigé, selon les experts nationaux, à travers le dialogue entre les différents intervenants au niveau de la région du Guidimagha pour harmoniser les interventions. Selon les acteurs impliqués, le Comité de pilotage de la SNPS est bien indiqué pour jouer ce rôle de coordination.

Intervention sur l’Enquête sur la sécurité sociale et le Rapport mondial

Inspirée des « Principes de l’Enquête de l’OIT » et de l’Agenda 2030 de l’ODD 1 sur la pauvreté (cible 1.3), cette partie a été développée par Pascal Annycke, avec un focus sur l’état des lieux de la protection sociale en Mauritanie sur la base des résultats de l’enquête.

Vue d’ensemble des participants – Crédit Aidara

Ainsi, le rapport genre, montre selon lui, un grand déséquilibre au détriment des femmes. Ainsi, par rapport aux bénéficiaires des régimes de protection sociale, la CNSS gère 470.000 personnes, dont 241.000 hommes contre 229.000 femmes, alors que la Caisse des Fonctionnaires de l’Etat gère 28.000 personnes, dont 21.000 hommes et 7.000 femmes. Par contre, 90 % des bénéficiaires des services de Tekavoul de l’Agence Taazour, qui sont au nombre de 205.000, sont des femmes.

En matière de dépenses et de recettes des régimes de la protection sociale, tous sont excédentaires, sauf la Caisse des Fonctionnaires de l’Etat qui accuse un lourd déficit. Pour 254 Millions MRU de recettes, ses dépenses s’élèvent à 1 Milliard 530 Millions MRO. La CNSS, la CNAM, les programmes non contributifs comme Taazour, la Médecine du Travail et le Forfait obstétrical, affichent des excédents.

Dans les rapports mondiaux sur la protection sociale, la Mauritanie était absente à cause de la non disponibilité de données. Ce que cette enquête permettra de combler. Selon Pascal Annycke, le pays figurera dans le prochain rapport mondial grâce aux informations fournies selon les « principes de l’enquête de l’OIT » qui viennent d’être intégrés dans cette première enquête sur la protection sociale.

Etat des lieux de la protection sociale en Mauritanie

Le Consultant du BIT, Moctar Laghlal, qui a mené l’enquête entre le 1er septembre et le 30 novembre 2020, sur la base de données recueillies en 2019, a présenté le contexte de l’enquête et procédé à l’inventaire des régimes de protection sociale existants en Mauritanien ainsi que l’inventaire des prestations fournies. Le constat est qu’avant l’entame de son travail, il n’existait pas d’enquête quantitative, exhaustive et permanente sur la protection sociale en Mauritanie.  Il y avait des problèmes de suivi et d’évaluation des stratégies et des programmes de sécurité sociale. D’où des problèmes de suivi de l’avancement de la Mauritanie dans ses engagements de développement durable, notamment en ce qui concerne l’ODD 1.3 relatif à la protection sociale universelle.

Pascal Annick – Crédit Aïdara

Il a ensuite passé en revue les bénéficiaires des régimes de protection sociale, en l’occurrence, certaines catégories comme le forfait obstétrical, la médecine du travail, les programmes d’indigence, entre autres.

Il a par la suite présenté un tableau des prestations fournies par la CNSS, comme la pension vieillesse, la pension d’invalidité, l’allocation aux survivants, les indemnités d’accidents de travail, la pension maternité et les allocations familiales.

Mais l’inquiétude persiste au niveau de la caisse des fonctionnaires de l’Etat dont les dépenses suivent, selon les résultats de l’enquête, une tendance à la hausse avec un taux annuel de croissance de 9,14 % entre 2012 et 2019. Les cotisations ont connu des fluctuations faibles sans augmentation significative sur la même période. Quant au déficit, il a continué d’augmenter, passant de 310 millions MRU en 2012 à 780 millions MRU en 2019.

Ensuite, le consultant a passé en revue les prestations fournies par la CNAM, l’Office de la médecine du Travail et des programmes non contributifs, ainsi que les contributeurs des régimes de sécurité sociale.

Calcul des indicateurs de la protection sociale

Au cours de la deuxième journée des travaux, les participants ont suivi une formation sur le calcul des indicateurs, en visioconférence avec M. Ziming Yu et Pascal Annick. Tous les deux ont passé en revue les 7 indicateurs de base, plus l’indicateur agrégé. Il s’agit des indicateurs relatifs à la proportion des personnes âgées couvertes par une pension de retraite, les personnes gravement handicapées recevant des prestations sociales (elles représentent 3,1% de la population), les femmes bénéficiaires d’une indemnité d’accouchement, les personnes couvertes pour accidents de travail, les personnes vulnérables couvertes par des socles ou systèmes. L’indemnité de chômage étant inexistant en Mauritanie, il est prévu de l’exclure de la liste des indicateurs pour le pays. Enfin, l’indicateur agrégé qui concerne la proportion de personnes couvertes au moins par une branche de la protection sociale. Ces indicateurs sont ainsi calculés sur la base d’un numéraire représentant les bénéficiaires et un dénominateur relatif à des variables spécifiques à chaque indicateur.

El Moctar Laghlal au cours de son exposé – Crédit Aidara

La possibilité d’étendre ces indicateurs, qui de huit pourraient aller jusqu’au vingt-huit indicateurs des ODD a été évoquée. La possibilité serait ainsi, en ce qui concerne la Mauritanie, d’étendre les prestations en matière de protection sociale aux enfants et aux personnes âgées sans retraite, et pourquoi pas aux chômeurs à la recherche d’emploi.

Revenant sur les indicateurs en Mauritanie, Moctar Laghlal a indiqué que les personnes vulnérables couvertes par une prestation sociale représentent 4, 9% de la population, les personnes pauvres couvertes par une prestation, 14, 8%, les personnages bénéficiant d’une pension de retraite, 16, 2%. Le nombre de personnes actives qui cotisent pour une pension de retraite représente 10% et les personnes gravement handicapées percevant une indemnité sont 0,7%. Ici, ne sont pris en compte que ceux qui reçoivent une prestation en espèce. Les 2140 personnes handicapées prises en charge par le Ministère des Affaires Sociales à travers la CNAM ne sont pas comptabilisées, car dans le système de protection sociale, la prise en charge médicale est considérée comme une prestation en nature. Idem pour les femmes bénéficiant d’une indemnité d’accouchement (en espèce). Elles ne représentent que 0,2%, bien qu’il existe plus de 50.000 femmes prises en charge au forfait obstétrical (prestation en nature). Les allocations familiales représentent 5,1% par rapport au nombre d’enfants.

Photo de famille des participants – Crédit Aïdara

Ainsi, le nombre de personnes bénéficiant d’au moins une prestation dans une des branches de la protection sociale en Mauritanie est de 6,6%.

Les résultats par genre font apparaître une grande disparité entre homme et femme.

En termes de comparaison, le nombre de personnes bénéficiant au moins d’une prestation sociale dans une des branches de la protection sociale est de 45% au niveau mondial, 17,8% sur le plan africain et 6,6% en Mauritanie.

En matière d’allocations familiales (pour les enfants), il est de 34,9% dans le monde, 15,9% en Afrique et 5,1% en Mauritanie.

En matière de pension de retraite, 67,9% en profitent au niveau mondial, 26,9% en Afrique et 16,2% en Mauritanie.

A noter que l’ouverture de l’atelier a été marquée par un échange de discours entre le Secrétaire général par intérim du Ministère de la Fonction Publique et le Représentant du BIT, en présence du Secrétaire général du Ministère des Affaires Sociales et le Directeur général de la CNSS;

Cheikh Aïdara

REACTIONS

Taleb Khyar Cheikh Maelainine, Programme national des transferts sociaux Tekavoul (Délégation Générale Taazour)

« La protection sociale est une question prioritaire pour le gouvernement mauritanien, surtout en cette période. Nous savons qu’il y a déjà une stratégie nationale pour la protection sociale qui a été approuvée. Maintenant, il s’agit d’opérationnaliser cette stratégie et de la rendre plus efficace. Tout ce que nous suivons maintenant, au cours de cet atelier, comme mesures et action, s’inscrit dans le cadre de cette opérationnalisation de gestion de la stratégie. La couverture sanitaire, la réaction aux chocs, l’appui aux populations vulnérables, aux personnes handicapées…Dans tout cela, l’objectif du gouvernement est d’universaliser la protection sociale. Je pense que d’importants efforts ont été entrepris dernièrement, notamment dans l’extension de cette couverture sanitaire qui a touché tous les ménages en situation d’extrême pauvreté. C’est ce qui a porté le nombre d’assurés en Mauritanie à plus d’un million de personnes, en intégrant les 100.000 ménages les plus pauvres dans le système sanitaire et leur prise en charge par la CNAM, à travers un protocole d’accord signé entre le Ministère de la Santé, la CNAM et Taazour. »

Mamadou Hamady Bâ, Secrétaire exécutif chargé des Affaires économiques et Sociales (UTM)

« Nous pensons, au niveau de l’Union des travailleurs de Mauritanie (UTM), que le premier problème que nous avons aujourd’hui, c’est la révision en profondeur des textes qui régissent la sécurité sociale en Mauritanie. Il s’agit de textes hérités de la colonisation. On est encore régi dans ce domaine par la loi 67-039 du 3 février 1967, alors que nous sommes en 2021. Donc, la sécurité sociale n’a pas évolué ni dans les taux de prestation ni dans le nombre de contributeurs. Vous savez que nous sommes dans un pays dont le tissu économique est très faible et où les entreprises sont de type familial. La majeure partie des travailleurs sont dans le secteur informel et ils doivent être pris en compte dans le système de la sécurité sociale. Il faut aussi penser à formaliser ce secteur. En ce qui concerne les prestations, le filet de protection sociale n’a pas évolué depuis plus de quarante ans. Ce sont toujours les mêmes prestations et encore très faibles. Je vous donne l’exemple des prestations familiales qui de 1967 à 1982, étaient de 250 UM par enfant et par mois. A partir de 1982, l’Etat a augmenté 50 UM à cette allocation. Depuis cette date, elle est de 300 UM par mois, soit 900 UM par trimestre. Moi, père de famille, cette prestation ne m’est pas destinée, mais à mon enfant, pour ses frais de scolarité, ses soins, etc. Dites-moi, ce que 900 UM représentent aujourd’hui dans la scolarisation des enfants. Un dialogue social est impératif pour réviser ces textes de la sécurité sociale ».


Lutte contre l’apatridie en Mauritanie, Birame Dah Abed à l’assaut des centres d’état-civil

Le député et président de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), Birame Dah Abeid, enchaîne aujourd’hui, jeudi 1er avril 2021 au centre d’enrôlement biométrique de Toujounine, son énième assaut contre l’apatridie en Mauritanie, ce fléau qui fait des ravages chez des milliers de citoyens sans papiers, dont de nombreux enfants.

Birame Dah Abeid au centre d’état-civil de Teyarett – Crédit Aidara

Très attendu ce jeudi 1er avril 2021 à Toujounine, le député à l’Assemblée nationale et président du mouvement international IRA, Birame Dah Abeid, compte rendre une visite au centre d’état-civil de ce vaste département de Nouakchott-Est. Comme dans ses précédentes visites à El Mina et à Teyarett où il a été accueilli par des centaines de citoyens mauritaniens en bute contre l’obtention de papiers d’état-civil, le défenseur des droits de l’homme plusieurs fois primé sur le plan international, devrait s’enquérir des difficultés rencontrées par les centres d’état-civil, ainsi que les raisons de la non-délivrance des documents à plusieurs demandeurs.

A El Mina et à Teyarett, Birame Dah Abeid avait écouté les doléances des citoyens avant de s’entretenir avec les directeurs des centres.

Ces derniers se sont plaints non seulement des coupures incessantes d’électricité, mais aussi de la faible connexion à Internet, ce qui ralentit lourdement le travail des centres d’état-civil.

Birame écoute les explications du chef de centre – Crédit Aidara

Ajouté à ces difficultés d’ordre technique, les nombreuses conditions et procédures pour l’obtention des papiers d’état-civil. Parmi ces difficultés, selon l’un des employés du centre de Teyarett, l’absence d’actes de mariage de plusieurs citoyens, ce qui rend difficile l’enrôlement de leurs enfants. De nombreuses femmes divorcées ont perdu toute trace du père de leurs enfants, sans compter le refus de plusieurs d’entre eux, de transmettre leurs pièces à leur ex-épouse pour enrôler leurs enfants.

Beaucoup de citoyens se sont plaints du choix porté sur le recensement de 1992 comme condition sine qua none pour se faire enrôler. Or, d’après plusieurs personnes rencontrées, les enquêteurs de l’époque n’ont pas pris la peine de revenir dans beaucoup de ménages où des membres s’étaient absentés du domicile au moment de leurs passages. Résultat rocambolesque, dans une même famille, certains sont enrôlés et d’autres courent encore derrière leurs papiers, alors que leurs frères ou sœurs en disposent.

Ainsi, le nombre d’apatrides, notamment les enfants, ont atteint des seuils intolérables. Beaucoup d’enfants n’ont pas pu ainsi dépasser la 6ème année, faute de carte d’identité pour participer aux concours d’entrée en 1ère année du Collège, passer le brevet ou le baccalauréat.

Il y a quelques jours, les autorités mauritaniennes ont pris une décision salvatrice, en levant l’obligation de pièces d’état-civil aux concours scolaires nationaux.

 Cheikh Aïdara


Séquelles de l’esclavage et esclavage moderne, l’ONG ALCD enchaîne les formations des journalistes et des avocats

Avec l’appui de l’ONG abolitionniste international « Free The Slaves », l’Association de Lutte Contre la Dépendance (ALCD) que préside Mme Toutou Mint Ahmed Jiddou, enchaîne la formation des journalistes et des avocats sur le traitement des questions liées à l’esclavage moderne et aux séquelles de l’esclavage traditionnel.

Journalistes formés par les ONG ALCD et « Free The Slaves » – Crédit Aïdara

L’Association de Lutte Contre la Dépendance (ALCD), en partenariat avec l’ONG internationale, « Free The Slaves », a organisé un atelier de formation sur la lutte contre les séquelles de l’esclavage et l’esclavage moderne au profit de 20 journalistes. Cette formation, qui a duré du 29 mars au 1er avril 2021 à l’hôtel Chinguetti de Nouakchott, constitue selon Mme Toutou Mint Ahmed Jiddou, présidente de l’ONG ALCD, « une grande opportunité pour les bénéficiaires en leur permettant de mieux couvrir les questions liées à la lutte contre les séquelles de l’esclavage et de l’esclavage moderne ».

Selon Toutou Mint Ahmed Jiddou, à l’ouverture de l’atelier, « la Mauritanie a enregistré depuis quelques temps des progrès significatifs dans le domaine de la promotion et de la protection des droits humains, en particulier dans le domaine de l’esclavage et de ses séquelles, ainsi que dans le domaine de la lutte contre la traite des personnes ».

L’appui de l’ONG internationale “Free The Slaves” a contribué à renforcer la capacité d’une organisation de premier plan de la société civile, en l’occurrence l’ALCD, ce qui lui a permis, dira en l’occurrence sa présidente, de fournir aux journalistes mauritaniens un contenu socialement inclusif pour la couverture de l’esclavage moderne.

Cette formation a aussi permis, selon Mme Toutou Mint Ahmed Jiddou, de « créer et diffuser un modèle de programme de développement des médias et de la société civile qui peut être reproduit dans d’autres pays ».

A noter que l’ALCD va débuter du 5 au 8 avril 2021 à Nouakchott, une formation à l’intention des avocats, qui sera suivie aussitôt par une autre formation au profit des journalistes exerçant au niveau de la Capitale économique, Nouadhibou.

A propos de « Free the Slaves », il s’agit d’une organisation non gouvernementale internationale et un groupe de pression, créé pour faire campagne contre la pratique moderne de l’ esclavage dans le monde.  Elle été créée comme organisation sœur d’ Anti-Slavery International  mais elle s’en est détachée depuis, devenant une entité distincte et indépendante. « Free the Slaves » qui vient de déposer ses valises en Mauritanie, avec comme partenaire stratégique l’ONG ALCD, opère en Inde, au Népal, au Ghanaen République démocratique du Congo, en Haïti, au Sénégal, en République dominicaine et au Brésil. Les pays sont ciblés en fonction de la prévalence de l’esclavage. L’organisation décerne des « Prix de la liberté » pour honorer les personnes et les organisations luttant pour mettre fin à l’esclavage.

A propos de l’Association de Lutte Contre la Dépendance (ALC), elle a été créée en 1999. L’association, présidée par Mme Toutou Mint Ahmed Jiddou, est active dans le domaine de la protection et des litiges familiaux, notamment les violences basées sur le genre (VBG), en particulier les violences domestiques et les mutilations génitales féminines (MGF). Implantée dans les 9 départements de Nouakchott, avec son célèbre « Centre Rihab » à Arafat créé en 2003, l’ALCD dispose aussi d’un deuxième centre à El Mina. L’ONG fait travailler quatorze salariés et de nombreux bénévoles répartis au niveau du territoire national. Elle mène plusieurs campagnes de sensibilisation et de mobilisation sociale.

Cheikh Aïdara


CAN 2022 : la Mauritanie arrache sa qualification à Bangui

L’équipe nationale de Mauritanie, les Mourabitounes, ont arraché leur qualification à la CAN 2022 Cameroun, à Bangui, en s’imposant 1-0, lors de la rencontre disputée mardi 30 mars 2021 contre la Centrafrique. L’unique but de la partie a été marquée par le Dijonais, Aboubacar Camara à la 45e + 4, sur une lumineuse passe de Ismaël Diakité.

Le but libérateur de Aboubacar Camara devant la Centrafrique, mardi 30 mars 2021 à Bangui, lors de la 6e et dernière journée qualificative à la CAN 2022, a été accueilli dans une joie indescriptible à Nouakchott où des milliers de supporters des Mourabitounes étaient scotchés depuis des heures devant leur téléviseur. Pendant plus de 45 minutes, l’inquiétude planait sur la capitale mauritanienne face aux velléités des Centrafricains, avant le coup de sifflet final libérateur. La délivrance qui s’est emparé de toute une nation était totale.

Premier supporter des Mourabitounes, le président Mohamed Cheikh Ghazouani a aussitôt posté sur son compte Twitter ses vives félicitations au peuple mauritanien, aux joueurs de l’équipe nationale et à l’encadrement technique et administratif.

Quelques vidéos postés depuis Bangui montraient la joie qui s’étaient emparés des joueurs, dans une atmosphère de lâchage exubérant dans les vestiaires, juste après la fin du match.

A Nouakchott et dans les grandes villes du pays, des dizaines de véhicules arborant les couleurs nationales prirent possession des nombreuses artères, au milieu de défilés monstres et de klaxons stridents.

Les Mourabitounes qualifiés pour la CAN 2022

Cette victoire est synonyme de qualification à la Coupe d’Afrique des Nations prévue en 2022 au Cameroun. C’est la deuxième de suite après Egypte 2019, et vient couronner deux années de préparation à cette échéance africaine à laquelle la Mauritanie compte s’abonner désormais.

Avec 9 points au compteur, la Mauritanie accompagne ainsi le Maroc (14 points) au sein de la Poule E, alors que le Burundi et la Centrafrique devront tenter leur chance lors des prochaines échéances. En effet, dans l’autre poule, le Maroc s’était imposé à Rabat par le même score, 1-0, devant le Burundi, dont les calculs étaient désormais vains après la victoire de la Mauritanie contre la Centrafrique.

L’arrivée des Mourabitounes prévue vers 23 h risque de faire des noctambules. Ce soir, Nouakchott ne dormira pas.

Cheikh Aïdara