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Séquelles de l’esclavage et esclavage moderne, l’ONG ALCD enchaîne les formations des journalistes et des avocats

Avec l’appui de l’ONG abolitionniste international « Free The Slaves », l’Association de Lutte Contre la Dépendance (ALCD) que préside Mme Toutou Mint Ahmed Jiddou, enchaîne la formation des journalistes et des avocats sur le traitement des questions liées à l’esclavage moderne et aux séquelles de l’esclavage traditionnel.

Journalistes formés par les ONG ALCD et « Free The Slaves » – Crédit Aïdara

L’Association de Lutte Contre la Dépendance (ALCD), en partenariat avec l’ONG internationale, « Free The Slaves », a organisé un atelier de formation sur la lutte contre les séquelles de l’esclavage et l’esclavage moderne au profit de 20 journalistes. Cette formation, qui a duré du 29 mars au 1er avril 2021 à l’hôtel Chinguetti de Nouakchott, constitue selon Mme Toutou Mint Ahmed Jiddou, présidente de l’ONG ALCD, « une grande opportunité pour les bénéficiaires en leur permettant de mieux couvrir les questions liées à la lutte contre les séquelles de l’esclavage et de l’esclavage moderne ».

Selon Toutou Mint Ahmed Jiddou, à l’ouverture de l’atelier, « la Mauritanie a enregistré depuis quelques temps des progrès significatifs dans le domaine de la promotion et de la protection des droits humains, en particulier dans le domaine de l’esclavage et de ses séquelles, ainsi que dans le domaine de la lutte contre la traite des personnes ».

L’appui de l’ONG internationale “Free The Slaves” a contribué à renforcer la capacité d’une organisation de premier plan de la société civile, en l’occurrence l’ALCD, ce qui lui a permis, dira en l’occurrence sa présidente, de fournir aux journalistes mauritaniens un contenu socialement inclusif pour la couverture de l’esclavage moderne.

Cette formation a aussi permis, selon Mme Toutou Mint Ahmed Jiddou, de « créer et diffuser un modèle de programme de développement des médias et de la société civile qui peut être reproduit dans d’autres pays ».

A noter que l’ALCD va débuter du 5 au 8 avril 2021 à Nouakchott, une formation à l’intention des avocats, qui sera suivie aussitôt par une autre formation au profit des journalistes exerçant au niveau de la Capitale économique, Nouadhibou.

A propos de « Free the Slaves », il s’agit d’une organisation non gouvernementale internationale et un groupe de pression, créé pour faire campagne contre la pratique moderne de l’ esclavage dans le monde.  Elle été créée comme organisation sœur d’ Anti-Slavery International  mais elle s’en est détachée depuis, devenant une entité distincte et indépendante. « Free the Slaves » qui vient de déposer ses valises en Mauritanie, avec comme partenaire stratégique l’ONG ALCD, opère en Inde, au Népal, au Ghanaen République démocratique du Congo, en Haïti, au Sénégal, en République dominicaine et au Brésil. Les pays sont ciblés en fonction de la prévalence de l’esclavage. L’organisation décerne des « Prix de la liberté » pour honorer les personnes et les organisations luttant pour mettre fin à l’esclavage.

A propos de l’Association de Lutte Contre la Dépendance (ALC), elle a été créée en 1999. L’association, présidée par Mme Toutou Mint Ahmed Jiddou, est active dans le domaine de la protection et des litiges familiaux, notamment les violences basées sur le genre (VBG), en particulier les violences domestiques et les mutilations génitales féminines (MGF). Implantée dans les 9 départements de Nouakchott, avec son célèbre « Centre Rihab » à Arafat créé en 2003, l’ALCD dispose aussi d’un deuxième centre à El Mina. L’ONG fait travailler quatorze salariés et de nombreux bénévoles répartis au niveau du territoire national. Elle mène plusieurs campagnes de sensibilisation et de mobilisation sociale.

Cheikh Aïdara


CAN 2022 : la Mauritanie arrache sa qualification à Bangui

L’équipe nationale de Mauritanie, les Mourabitounes, ont arraché leur qualification à la CAN 2022 Cameroun, à Bangui, en s’imposant 1-0, lors de la rencontre disputée mardi 30 mars 2021 contre la Centrafrique. L’unique but de la partie a été marquée par le Dijonais, Aboubacar Camara à la 45e + 4, sur une lumineuse passe de Ismaël Diakité.

Le but libérateur de Aboubacar Camara devant la Centrafrique, mardi 30 mars 2021 à Bangui, lors de la 6e et dernière journée qualificative à la CAN 2022, a été accueilli dans une joie indescriptible à Nouakchott où des milliers de supporters des Mourabitounes étaient scotchés depuis des heures devant leur téléviseur. Pendant plus de 45 minutes, l’inquiétude planait sur la capitale mauritanienne face aux velléités des Centrafricains, avant le coup de sifflet final libérateur. La délivrance qui s’est emparé de toute une nation était totale.

Premier supporter des Mourabitounes, le président Mohamed Cheikh Ghazouani a aussitôt posté sur son compte Twitter ses vives félicitations au peuple mauritanien, aux joueurs de l’équipe nationale et à l’encadrement technique et administratif.

Quelques vidéos postés depuis Bangui montraient la joie qui s’étaient emparés des joueurs, dans une atmosphère de lâchage exubérant dans les vestiaires, juste après la fin du match.

A Nouakchott et dans les grandes villes du pays, des dizaines de véhicules arborant les couleurs nationales prirent possession des nombreuses artères, au milieu de défilés monstres et de klaxons stridents.

Les Mourabitounes qualifiés pour la CAN 2022

Cette victoire est synonyme de qualification à la Coupe d’Afrique des Nations prévue en 2022 au Cameroun. C’est la deuxième de suite après Egypte 2019, et vient couronner deux années de préparation à cette échéance africaine à laquelle la Mauritanie compte s’abonner désormais.

Avec 9 points au compteur, la Mauritanie accompagne ainsi le Maroc (14 points) au sein de la Poule E, alors que le Burundi et la Centrafrique devront tenter leur chance lors des prochaines échéances. En effet, dans l’autre poule, le Maroc s’était imposé à Rabat par le même score, 1-0, devant le Burundi, dont les calculs étaient désormais vains après la victoire de la Mauritanie contre la Centrafrique.

L’arrivée des Mourabitounes prévue vers 23 h risque de faire des noctambules. Ce soir, Nouakchott ne dormira pas.

Cheikh Aïdara


Tournée du Commissaire aux droits de l’homme dans les régions de l’Est, faire connaître la nouvelle loi sur les associations

Le Commissaire aux Droits de l’Homme, à l’Action Humanitaire et aux Relations avec la Société Civile, M. Mohamed Hassena Ould Boukhreïss, a entamé depuis plusieurs semaines une campagne de diffusion et d’explication de la nouvelle loi sur les associations qui impose désormais le régime déclaratif à la place du régime de l’autorisation en vigueur depuis la loi de 1963. Dernière étape, les régions du Centre et de l’Est du pays.

M. Mohamed Hassena Ould Boukhreïss, Commissaire aux Droits de l’Homme, à l’Action Humanitaire et aux Relations avec la Société Civile, accompagné de directeurs centraux de son département, a achevé mardi 30 mars 2021, sa tournée nationale autour de la nouvelle loi sur les associations, par les régions du Centre (Brakna et Tagant) et les régions de l’Est (Assaba et les deux Hodhs). Pendant plusieurs semaines, il avait entamé sa tournée marathon des régions de la Vallée (Guidimagha, Gorgol, Trarza) aux régions du Nord (Inchiri, Adrar, Nouadhibou et Tiris-Zemmour).

A Aleg, puis à Kiffa, Aïoun et Timbédra, le Commissaire a présidé des réunions d’explication autour de la Loi 004-2021 relative aux associations, réseaux et fondations, ainsi que sur la protection des droits de l’homme, au profit des autorités administratives, judiciaires et sécuritaires.

Il a affirmé dans tous ses discours que cette nouvelle loi met fin au régime d’autorisation qu’elle remplace par le régime déclaratif, « ce qui est plus en harmonie avec les sociétés démocratiques qui consacrent le principe des libertés et des droits » a-t-il affirmé. Elle consacre aussi, selon lui, la professionnalisation du tissu associatif et le renforcement de son rôle, afin de booster le développement local et répondre aux exigences de transparence et d’efficacité, l’association étant considérée comme une entité autonome.

Il a ajouté que la loi 2021/004, qui remplace et abroge la loi 64.098 et ses textes modificatifs, donne une définition plus précise des associations. Elle leur impose d’être composées au moins de 5 personnes et de ne couvrir qu’un seul domaine d’intervention, comme elle éclaircit les motifs d’annulation ou de rejet.

Le Commissaire a déclaré que son département a pris des mesures pour l’encadrement et la professionnalisation du travail associatif, dont cette loi, avec l’évaluation du Forum des acteurs non gouvernementaux en tant que cadre global pour les organisations non gouvernementales, ainsi que l’activation du Fonds d’appui aux organisations professionnelles non gouvernementales.

Il a ajouté que son département travaille sur une stratégie nationale pour la promotion de la société civile et qu’il met à jour une base de données sur les organisations non gouvernementales, afin que des informations complètes soient disponibles en temps opportun via le portail électronique.

Partout, les autorités ont salué l’importance de ces rencontres qui leur ont permis de saisir, avec les exposés présentés par les experts du Commissariat, l’importance et la portée de cette loi, qui contribue selon eux à la promotion des droits de l’homme et du travail associatif, ainsi qu’à une meilleure compréhension de la nouvelle loi par les citoyens.

L’ouverture de tous les ateliers s’est déroulée en présence des Walis, Hakems, présidents de Conseils régionaux, maires, ainsi que les autorités militaires et sécuritaires des régions visitées.

A Timbedra, le Commissaire et son staff, ont pris part à l’accueil réservé au Président Mohamed Cheikh Ghazouani, qui a consacré une visite de travail dans le département, inaugurant à l’occasion, la foire organisée pour la promotion des produits de l’élevage.

Cheikh Aïdara


Projet d’autonomisation des Femmes au Sahel, une deuxième phase encore plus ambitieuse

Nouakchott abrite mardi 30 mars 2021, la réunion virtuelle du Comité Régional de Pilotage (CRP) du Projet Autonomisation des Femmes et Dividende Démographique au Sahel (SWEDD). Cette réunion regroupe 9 pays (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad). Objectif : dresser le bilan de la première phase du projet et les perspectives de la deuxième phase qui vient d’être lancée (2020-2024).

C’est le 28 juin 2020 que le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a octroyé un financement additionnel de 376 millions de dollars pour soutenir l’exécution de la Phase 2 du projet SWEDD pour la période 2020-2024. Ce qui porte à 680 millions de dollars l’appui de la Banque mondiale pour renforcer le capital humain et impulser le développement des pays africains grâce à l’autonomisation des femmes.

A la clé d’un tel engagement de la Banque mondiale, la réussite de la Phase 1 du Projet SWEDD (2015-2020) qui, de 6 pays au départ (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) est passé à 7 pays (Bénin), puis à 9 (Cameroun et Guinée). D’autres pays frappent à la porte comme le Sénégal.

Lancé en novembre 2015, avec le soutien financier de la Banque mondiale, l’appui technique du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) et l’Organisation Ouest-africaine pour la Santé (OOAS), le projet SWEDD, selon la fiche technique du projet « vise globalement à accélérer la transition démographique, et à réduire les inégalités de genre dans la région du Sahel ».

Ce projet intervient dans le domaine de la santé (Santé de la reproduction, maternelle, néonatale, infantile et nutritionnelle), avec l’amélioration de l’offre de services de santé de qualité. Il intervient aussi dans le domaine de l’éducation et de la scolarisation des filles, l’autonomisation des femmes et des filles, le changement de comportement social par l’abandon de pratiques socioculturelles néfastes (mariage des enfants, excision, violences contre les femmes et les filles, etc).

La réunion de Nouakchott, mardi 30 mars 2021, en mode virtuel, est une session ordinaire qui regroupe les ministres des 9 pays membres sous la présidence du Pr. Mariatou Koné, Ministre de la Solidarité, de la Cohésion Sociale et de la Lutte contre la Pauvreté de Côte d’Ivoire.

L’objectif de cette rencontre est de dresser le bilan de la mise en œuvre du projet SWEDD au cours de l’année 2020, d’examiner et adopter les plans de travail annuels des pays et des plans d’assistance technique.

La deuxième phase du projet SWEDD, met l’accent sur les jeunes filles vulnérables, la protection et la promotion des droits des femmes et des filles, l’accentuation des inégalités existantes entre les genres, l’autonomisation économique des femmes, la prise en compte des violences basées sur le genre et la promotion de la planification familiale à travers la distribution de contraception, à base communautaire, en ciblant particulièrement les adolescentes.

Avec la pandémie Covid-19, le SWEDD compte ainsi renforcer son partenariat avec l’UNFPA, la Banque mondiale, l’OOAS et l’Union africaine afin d’accroître l’autonomisation des jeunes filles, des adolescentes et des femmes pour la capture du dividende démographique. D’ici 2024, il s’agira notamment de contribuer davantage à réduire les vulnérabilités des jeunes filles et des femmes.

Cheikh Aïdara