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Éducation nationale : Subvention au secteur privé

L’Institut Pédagogique National (IPN) a été le théâtre, mardi 2 février 2021, de la remise d’une subvention de 1,5 Milliard anciennes ouguiyas allouée par le Ministère de l’Education Nationale aux acteurs de l’enseignement privé. Cet appui vient atténuer les effets économiques de la pandémie Covid-19 sur le secteur.

Une partie de l’assistance (Crédit Aidara)

Dans le cadre du Programme Prioritaire Elargi (PPI) du président de la République, le ministre de l’Education Nationale, Melainine Ould Eyih, a procédé ce mardi 2 février 2021 à l’IPN, à la remise d’un chèque d’un montant de 1,5 milliards d’anciennes ouguiyas. Ce montant, remis en présence de ses collègues de l’Enseignement Supérieur et de l’Economie, représente la première tranche d’une subvention allouée aux opérateurs de l’enseignement privé pour les aider à faire face aux effets de la pandémie de la COVID 19.

Dans son allocution, le ministre de l’Education a rappelé l’importance du secteur privé dans l’éducation et sa complémentarité avec le secteur public. Cela, en plus du rôle social et économique qu’il joue à travers les opportunités d’emplois qu’il offre à des milliers de Mauritaniens. Le ministre a aussi supervisé la remise aux responsables du secteur privé des manuels scolaires destinés à la première année du secondaire. Est compris dans le lot, des supports numériques contenant tous les programmes scolaires de toutes les disciplines depuis la première année du fondamental jusqu’à la terminale.

De son côté, le représentant du secteur privé, Mohamed Cissé, a exprimé en son nom et au nom de ses collègues de l’institution scolaire privée, toute sa satisfaction pour cette action qui va leur permettre de subvenir à certaines de leurs charges dans un contexte précarisé par la pandémie du COVID.

Le représentant des investisseurs du secteur privé de l’éducation nationale a demandé le versement rapide de la deuxième tranche de cette subvention, afin de permettre aux responsables des établissements privés de pouvoir continuer leurs activités.


Le Premier Ministre devant les députés, la moitié vide du verre

Le Premier ministre, Mohamed Ould Bilal a présenté vendredi 29 janvier 2021 la déclaration de politique générale du gouvernement devant l’Assemblée Nationale. Un programme ambitieux pour l’année en cours, mais qui n’a pas convaincu tous les députés. De la majorité à l’opposition, les griefs ont été nombreux sur les défis que le gouvernement n’a pas pu relever au cours de l’année 2020. Sur tous les plans.

C’est une routine qui revient au mois de janvier de chaque année. Le Premier ministre, Mohamed Ould Bilal, a égrené pendant plus de deux heure d’horloges, le vendredi 29 janvier dernier, comme une litanie, les réalisations de son gouvernement pendant l’année 2020 et les perspectives pour l’année 2021.

Des chiffres, des certitudes martelées avec force, des promesses de vie meilleure pour les Mauritaniens. Un récital qui dure depuis que la Mauritanie est indépendante et que chaque gouvernement lègue à son héritier, alors que la désolation sonne à tous les compartiments de la vie politique, sociale, économique et culturelle du pays.

Les griefs contre le gouvernement

Sur le plan diplomatique, les Mauritaniens de l’extérieur doivent compter sans leurs ambassades et consulats, implantés dans les pays amis et frères et qui semblent rouler pour des raisons qui sont loin de leurs préoccupations. La double nationalité que la diaspora n’a cessé de réclamer depuis des lustres n’est pas encore dans l’agenda des gouvernants. Aucune facilité non plus pour leur état-civil et celui de leur famille. Pas de facilité aussi pour bénéficier d’une assurance sociale pour la retraite, ni pour l’installation définitive au pays pour ceux qui le souhaiteraient. Pas d’aide non plus pour les Mauritaniens en difficulté à l’étranger.

L’indécision des autorités mauritaniennes dans le conflit du Sahara, entre le Polisario et le Maroc, notamment durant la crise du passage de Guerguerat, a été fortement critiquée comme point faible de la diplomatie mauritanienne.

L’éducation nationale continue d’être un facteur d’inquiétude. L’école républicaine, que les Mauritaniens appellent encore de tous leurs vœux, reste inaccessible. L’enseignement continue d’être un facteur de division entre riches et pauvres, un obstacle contre l’unité nationale et la cohésion sociale. Les protestations ont redoublé. Celles des étudiants de plus de 25 ans contre le refus de leur accorder un banc à l’université. Celles des enseignants qui se plaignent de salaire de misère et des conditions de travail difficiles, tout comme l’insuffisance dans les infrastructures et les ouvrages scolaires.

En matière de gouvernance, la transparence reste un vœu pieux, selon plusieurs députés. La présence au plus haut niveau de l’Etat de personnes visées dans le dossier de l’enquête parlementaire est pour eux la preuve tangible que le gouvernement protège les prédateurs des biens publics. Certains députés ont dénoncé la persistance des pratiques néfastes des précédents pouvoirs, tels que les passations opaques des marchés publics, les nominations à caractère tribal et népotiste, l’absence de justice, la non application par les départements publics des décisions judiciaires, le non-respect de la hiérarchie des lois (une circulaire pouvant défaire une loi par exemple).

C’est surtout dans le domaine des libertés publiques que le gouvernement de Mohamed Ould Bilal a été le plus critiqué. Le comportement des forces de l’ordre dans leurs rapports avec les manifestants pacifiques, depuis l’arrivée au pouvoir de Ghazouani, est considéré comme le plus féroce jamais enregistré en Mauritanie. Le passage à tabac des manifestants sur la place publique, est devenu monnaie courante. Les étudiants, les habitants de Tivirit, les créanciers de Cheikh Ridda, les enseignants prestataires, le personnel de santé indépendant, entre autres, en ont été les victimes les plus emblématiques.

La période Ould Ghazouani a été marquée par le nombre important de protestations. Du jamais vu dans l’histoire du pays. Selon le ministre de l’Intérieur, pas moins de 30 manifestations ont lieu par jour dans le pays. Les autorités estiment que c’est le signe de la démocratie, sauf que la répression policière a dépassé l’entendement, d’après les observateurs. Pour l’opinion publique mauritanienne, les images de manifestants matraqués, trainés sur le bitume, sont insoutenables. Il y a deux jours, un policier a giflé un étudiant lors d’une manifestation

Sur le plan économique, l’autosuffisance alimentaire demeure un sujet de préoccupation pour les Mauritaniens, effrayés par la hausse vertigineuse des prix des denrées de première nécessité et la baisse du niveau de vie. Les contreperformances du Ministère du Développement Rural ont été pointées du doigt, surtout face à la faiblesse de la production agricole du pays et l’ampleur des injustices infligées aux petits paysans. L’expropriation des terres de culture au profit des hommes d’affaires, des notables et des chefferies dans la Vallée, est dénoncée par plusieurs députés qui y voient une source de tension sociale.

Le pillage des richesses naturelles, notamment les produits halieutiques, est revenu dans plusieurs interventions des députés, qui ont réclamé l’élaboration d’une nouvelle stratégie de pêche avant qu’il ne soit trop tard. Ils pointent du doigt les sociétés chinoises, turques et certains armateurs nationaux qui utilisent la surpêche, la pêche des juvéniles et l’utilisation de techniques de capture interdites dans tous les pays soucieux de la préservation de leurs ressources. Le Gouverneur de Nouadhibou a adressé aux autorités une lettre dans ce sens où il tire la sonnette d’alarme.

Sur le plan des droits de l’homme, les dossiers épineux restent encore non résolus, selon plusieurs députés qui dénoncent la persistance des pratiques esclavagistes, le non-règlement du Passif humanitaire, celui des déportation et tueries de 1989-1991.

Ils dénoncent aussi la répression brutale et barbare des manifestations pacifiques garanties par la Constitution, ainsi que les mauvaises conditions des prisons en Mauritanie.

Les insuffisances du système de santé, notamment la faible qualité des soins de santé, l’insuffisance des structures et de personnels qualifiés, ont été soulevées au cours du passage du Premier ministre.

Des acquis ont été réalisés

Les députés ont cependant salué les avancées réalisées par le gouvernement au cours de l’année 2020. C’est le cas de l’apaisement de la situation politique avec les couloirs de concertation que le président Mohamed Cheikh Ghazouani a ouvert avec les leaders de l’opposition. Ces derniers continuent cependant de réclamer un dialogue politique qui leur est refusé durant les dix années de son prédécesseur. Une réunion de concertation dans ce sens a eu lieu au domicile de Messaoud Boulkheir, président du parti Alliance Populaire Progressiste (APP).

C’est le cas aussi de l’adoption de la loi sur les associations qui a été largement approuvée par tous les acteurs sociaux. En effet, l’adoption du régime déclaratif a été jugée plus conforme à la Constitution et aux traités internationaux ratifiés par la Mauritanie que les dispositions de la loi de 1964 qui a imposé pendant plus de quatre décennies le régime de l’autorisation qui permettait d’exclure aux faciès les associations non désirées par les tenants du pouvoir.

C’est surtout les performances dans la gestion de la pandémie Covid-19 qui ont été les plus marquantes. La Mauritanie est en effet parmi les pays qui ont été les moins affectés par le virus. Le gouvernement s’est aussi distingué dans les mesures d’accompagnement pour atténuer les effets de la pandémie sur le plan social.

Il en est ainsi dans les dispositions prises à l’encontre des retraités dont les pensions ont été doublées et ramenées par mois et non plus par trimestre. Il en va également du recul de l’âge de la retraite à 63 ans et non 60 ans.

Les distributions de cash à l’intention de plus de 200.000 ménages les plus vulnérables à travers le pays, les virements mensuels à l’intention des couches les plus affectées, notamment les enfants multi handicapés, la prise en charge électricité-eau pour cause de Covid à plusieurs centaines de milliers de familles pauvres…Autant d’actions sur le plan social qui ont été bien magnifiées par les élus du peuple.

Les efforts réalisés, et qui sont en cours, dans la lutte contre le chômage des jeunes, avec la création de 20.000 emplois, à travers des insertions directes ou des projets financés sur fonds publics en 2020, ont été largement salués.

Ainsi, les  déployés dans la lutte contre la pandémie Covid-19 ont fait l’objet d’un quasi plébiscite de la part des députés de l’Assemblée Nationale qui ont salué les efforts dans le maintien de la crise sanitaire dans un état tolérable malgré les pics enregistrés sous la deuxième vague du virus.

Cheikh Aïdara


Présidence de la CAF et les casseroles du candidat sénégalais, Augustin Senghor

Les hostilités contre le candidat mauritanien à la présidence de la CAF, Ahmed Ould Yahya, sont venues, avec une grande surprise, de là où personne ne le soupçonnait. De son grand voisin, le Sénégal, dont la presse locale a curieusement braqué ses armes contre lui. Mais au contraire du candidat sénégalais, Augustin Senghor, qui vient d’être rattrapé par un scandale révélé par le site Kewoulo.info, Ahmed Ould Yahya brigue la présidence de l’instance faîtière africaine sans aucune casserole.

Ce coup de vitriol contre le candidat sénégalais, envers lequel nous nous sommes abstenus jusque-là de toute méchanceté à son égard pour éviter de compromettre ses chances dans la course vers la présidence de la CAF, nous aurions pu bien nous en passer, si nos confrères de l’autre-rive s’étaient abstenus d’attiser les rivalités.

Aussi, face à l’exhaustivité de l’enquête menée par Kewoulo.info au sujet du scandale dont le héros tout désigné est le président de la Fédération sénégalaise de football, Augustin Senghor, candidat à la présidence de la Confédération africaine de football, nous nous contenterons de vous livrer le contenu entier de l’article qui l’incrimine, et qui a été repris par le site dakaractu.com.

Voici le lien de l’article : https://www.dakaractu.com/SCANDALE-Augustin-Senghor-et-la-Federation-de-football-dans-les-filets-d-une-nebuleuse_a121798.html?fbclid=IwAR2IZkEm4uaIKZCzWyN0jfrehiUEnr8B32AA8qYtx3unmYMeW6lJJAfM1RY

Après lecture de cet article fort édifiant sur la gestion de la fédération sénégalaise de football, vous pouvez alors juger si Augustin Senghor mérite de conduire les destinées d’une CAF, à peine sortie du scandale de son ex-président, le Malgache Ahmad Ahmad, épinglé pour ses indélicatesses.

Cheikh Aïdara


« Libertés publiques, Hausse des prix, Dialogue social », le point de vue de Birame Dah Abeid

Le député Birame Dah Abeid, leader de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA), a animé, mardi 19 janvier 2021 à Nouakchott, une conférence de presse au cours de laquelle il est revenu sur plusieurs questions de l’actualité. Il s’agit notamment, de la situation des libertés publiques en Mauritanie, la hausse vertigineuse des prix des denrées de première nécessité et le dialogue sociale en vue.

Birame (en costume) entouré de ses collaborateurs – Crédit Aidara

Birame Dah Abeid, député et président du mouvement IRA, a fait le tour des questions qui préoccupent aujourd’hui l’opinion publique nationale. Il s’agit de la persistante entrave aux libertés publiques, dont celle de manifester (article 10 de la Constitution de la Mauritanie), la hausse vertigineuse des prix des denrées de première nécessité et le dialogue en vue entre les acteurs sociaux. Toutes ces questions ont été abordées au cours d’une conférence de presse qu’il a animée mardi 19 janvier 2021 à Nouakchott.

Loi sur les associations, un actif fort du président Ghazouani

Déclinée en deux points, la situation des libertés publiques en Mauritanie semble particulièrement interpeller Birame Dah Abeid. Il s’est félicité du climat d’ouverture initié par le président Mohamed Cheikh Ghazouani, et ses prédispositions à régler les crises multiformes. L’ancien candidat à la présidentielle de 2019 s’est également félicité de l’adoption par l’Assemblée Nationale, le 11 janvier dernier, de la loi sur les associations (le texte adopté doit être promulgué par le Président de la République et publié au journal officiel avant d’être rendu public). Celle-ci remplace et abroge la loi de 1964, dite aussi loi des autorisations préalables, jugée dictatoriale, antidémocratique et contraire à l’esprit des droits de l’homme.

Le député El Id Mohameden du Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD), parti d’opposition, partage le même satisfecit.

https://essahraa.net/fr/html/01152021-1624

« Cette nouvelle loi, basée sur le régime déclaratif est plus conforme à la Constitution et aux principes d’un Etat de droit, car il consacre la liberté d’association et de regroupement » a-t-il précisé. Une transition qui permettra au député d’expliquer son absence des prétoires de l’Assemblée Nationale. Cette loi est, selon lui, le fruit de longues discussions avec Ghazouani. « Pourquoi se mettre en opposition avec le gouvernement et aller à la confrontation dans les allées du Parlement, s’il existe une alternative. C’est-à-dire,. une voie plus pacifique et plus efficace pour obtenir des concessions en faveur des Mauritaniens, en passant par l’oreille attentive du premier décideur du pays » s’est-il défendu.

Il a aussi évoqué les dernières manifestations qui ont secoué Nouakchott ces derniers mois. La plupart ont été durement réprimées par les forces de l’ordre. Il a vivement condamné ces répressions, fustigeant au passage des « fonctionnaires qui n’ont pas encore compris que les réflexes des régimes d’exception sont révolus ». D’après Birame, ces images ternissent les efforts déployés par les autorités actuelles dans leur élan d’apaisement et d’ouverture de la scène politique et sociale.

Il a également reconnu une part de responsabilité de certains manifestants qui ne se seraient pas conformé, selon lui, aux règles de base d’une manifestation pacifique. Et de donner l’exemple du mouvement IRA. Ces membres, a-t-il dit, sont les plus réprimés dans l’histoire de la Mauritanie. Leurs actions ont été également les plus soutenues par la communauté internationale, car conformes aux principes universels des manifestations pacifiques.

Des citoyens livrés au diktat des hommes d’affaires

A entendre Birame Dah Abeid, la Mauritanie serait devenue une jungle où les plus faibles sont laissés à la merci des plus forts. Sans aucun arbitrage de l’Etat et dans l’impunité des gros commerçants. Tous les prix ont doublé, selon Birame, qui note au passage que les ménages mauritaniens n’ont plus le pouvoir d’assurer les repas quotidiens. Une situation exacerbée par un taux de chômage considéré comme l’un des plus élevés au monde.

https://cridem.org/C_Info.php?article=744903

A cela se serait ajoutée l’omnipotence des employeurs, face à la démission de l’administration du travail. A en croire le président du mouvement IRA, les travailleurs mauritaniens sont livrés aux humeurs de leurs patrons. Même les décisions judiciaires en faveur des travailleurs n’ont aucune force d’exécution, selon lui. Il affirme ainsi avoir intercédé plusieurs fois auprès de certains employeurs pour obtenir tout ou une partie de leurs droits. Cette situation a abouti, dit-il en substance, à la décadence des syndicats, brisant ainsi la chaîne de protection du monde productif.

C’est dans ce cadre qu’il a interpellé l’Etat, le président Ghazouani en tête, pour remédier au plus vite à la dérégulation du commerce des produits alimentaires et à la déplorable situation du secteur de l’emploi et du travail. « Pas étonnant dès lors d’assister à l’explosion du cercle de plus en plus élargi des populations démunies et défavorisées. Ce sont elles pourtant qui travaillaient hier dans l’agriculture, l’élevage, la construction de puits, le développement des oasis. Ils se sont trouvés, du jour au lendemain, embarqués dans la galère à cause des injustices sociales » a-t-il déclaré.

Assez de dialogue politique, place au dialogue social

Birame affirme être totalement en phase avec l’intention du président Ghazouani d’engager un dialogue social. Celui-ci touche directement le quotidien des Mauritaniens, d’après lui. . Il souligne que les dialogues politiques successifs qui ont eu lieu en Mauritanie n’ont jamais touché le fond des problèmes auxquels sont confrontés les citoyens. Ils ont été plutôt, dira-t-il en substance, des occasions de marchandages à des profits personnels et des opportunités pour tirer des dividendes politiques individuels.

Des questions comme les conditions de vie des ménages, le chômage, la situation des travailleurs, le partage équitable des richesses, l’unité nationale et la cohésion sociale, l’éducation, la santé, le monde rural, sont plus pertinentes, selon lui. Il reconnaît que certaines questions, comme celles relatives à la Commission électorale nationale indépendante (CENI), au Conseil constitutionnel, au découpage électoral, méritent cependant d’être posées.

Cheikh Aïdara

ENCADRE 1

Les habitants de Hseye Ghabra face au diktat du maire de Néma

Les représentants de Hseye Ghabra. Pr. Khattri (porte-parole) à l’extrême droite – Crédit Aidara

Au cours de la conférence de presse de Birame Dah Abeid, le sort des habitants de Hseye Ghabra, une localité habitée par 18 familles relevant du département de Walata au Hodh Oriental, a été évoqué.

Khattri Ould Ahmed, professeur de Mathématiques et porte-parole des habitants  explique. Selon lui, le maire de Néma, Sidi Mohamed Ould Ahmed Jidou dit Jawda, auquel rien ne les lie administrativement, les empêche de finaliser leur puits. Un ouvrage vital pour subvenir aux besoins en eau potable de la localité.

Fort de son statut de chef traditionnel et d’aristocrate, le maire de Néma jouit, selon lui, de l’appui de l’administration locale, du Wali (gouverneur) au Hakem (préfet), en passant par les chefs de corps et les directeurs des secteurs déconcentrés de l’Etat. La punition qu’il inflige aux habitants de Hseye Ghabra, est d’ordre purement politique, d’après Khattri. En réalité, poursuit-il en substance, l’hostilité du maire s’est manifestée le jour où les habitants de la localité ont décidé de ne plus voter pour lui et de changer de camp politique.

Depuis, ils sont obligés de parcourir des kilomètres par jour pour s’abreuver. A l’en croire, ils ont tapé à toutes les portes et leur dernier recours, c’est le député Birame Dah Abeid. Ce dernier s’est engagé d’après lui, à transmettre leurs doléances et à les accompagner dans leurs démarches auprès des décideurs au niveau central pour réparer l’injustice dont ils sont victimes.

ENCADRE 2

Les partis d’opposition rassemblent leurs forces

Près d’une vingtaine de partis politiques de l’opposition se sont réunis lundi 18 janvier 2021 au domicile de Messaoud Ould Boulkheïr, président de l’Alliance populaire progressiste (APP), figure emblématique de la lutte contre l’esclavage et actuel président du Conseil économique et social.

Messaoud Ould Boulkheïr serait d’ailleurs tombé en disgrâce auprès d’une certaine opinion qui lui reproche ses connivences avec le pouvoir, notamment avec l’ex-président Mohamed Abdel Aziz. Ses détracteurs lui en veulent d’avoir délaissé l’opposition et son combat durant ces dix dernières années en contrepartie de prébendes politiques.

Revenant sur cette rencontre, le vice-président du parti Radical pour une Action Globale (RAG), bras politique du mouvement IRA, Oumar Ould Yali, a donné plus de détail, lors de la conférence de Birame. Il a déclaré que l’opposition s’était réunie après plusieurs mois de léthargie pour rassembler de nouveau ses forces et jeter un regard sur les derniers développements de la scène nationale.

Les échanges qui ont duré selon lui neuf heures d’horloge, de 11heures à 20 heures, ont abouti à la rédaction d’une synthèse. Celle-ci devra être discutée en interne par chaque parti. Une deuxième réunion est prévue pour collecter les recommandations et observations formulées par chaque parti. Le document final consensuel qui en sera tiré, sera transmis, selon lui, au pouvoir en place comme force de proposition.