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CAN U 20 : la Mauritanie éliminée de la compétition par l’Ouganda… la Tunisie et le Ghana

« Trop, c’est trop ! Après nos rêves brisés face à l’Ouganda, pour une place en quart de finale, on comptait beaucoup sur la Tunisie, le Burkina Faso, le Maroc et le Ghana. On a été finalement trahi par le Ghana et la Tunisie. Ces deux équipes favorites se sont laissées battre par la Centrafrique et la Gambie. Rien que pour priver les Mauritaniens d’une joie à prendre part à un quart de finale sur lequel le coach Njoya comptait beaucoup pour fixer ses objectifs et nous faire miroiter une place dans le dernier carré d’As ! ».

Sylli Sangharé l’un des expatriés Mauritaniens qui a brillé

Ces réminiscences du supporters lambda des Mourabitounes expliquent bien l’état d’esprit d’une partie du public. Et pour cause, les juniors mauritaniens se sont fait éliminer dès le premier tour de la CAN U 20, que la Mauritanie organise depuis le 14 février dernier.

En effet, après la défaite contre l’Ouganda (1-2) lors de la 3ème et dernière journée qualificative le 20 février sur la pelouse du stade olympique de Nouakchott, les Mauritaniens avaient pris leur calculette pour jauger les chances des Mourabitounes juniors à une qualification aux quart de finale. Mathématiquement, les Burkinabé allaient battre la Namibie, la Tunisie, prendre le dessus sur la Centrafrique, le Maroc disposer la Tanzanie et le Ghana, étriller les Gambiens. De ce fait, avec 3 points, la Mauritanie était à coup sûr en quart de finale…

Sauf que le football n’est pas une discipline scientifique et que rien n’est gagné avant les 90 minutes d’un match. A ce stade de la compétition, surtout à un doigt de la qualification ou d’une élimination, la motivation de gagner était très forte chez toutes les équipes.

C’est ainsi que Centrafricains et Gambiens sont allés puiser dans leur dernière énergie pour arracher une qualification amplement méritée, déjouant ainsi tous les pronostics. Pour le plus grand dam des Mauritaniens qui ignorent peut-être qu’on « ne joue pas pour le voisin ». Pour les Ghanéens, c’est sûr, ils auraient bien aimé rendre la monnaie de sa pièce aux Mauritaniens, surtout après le sauvetage express d’un de leurs joueurs et la compassion exprimée par les autorités. Hélas, le match n’était pas entre leurs mains.

Moralité de l’histoire, il faut apprendre à pêcher avec sa propre canne. Mieux encore, selon un adage bien de chez nous, « au moment de la bouffe, personne ne prête ses molaires ». Mieux vaut arracher sa victoire avec ses propres moyens que de compter sur les autres pour faire le boulot à ta place.

Bravo en tout cas aux U 20 Mauritaniens qui ont montré de belles choses. Hélas, la chance n’était pas de leur côté. Bon courage pour les qualifiés et que les meilleurs gagnent.

Programme des quarts de finale de la 22ème édition de la CAN U 20 :

Jeudi 25 février au Stade Olympique de Nouakchott :

16 h: Cameroun – Ghana

Stade Cheikha Boidiya

19 h: Burkina Faso – Ouganda

Vendredi 26 février au Stade Municipal de Nouadhibou

16 h : Maroc – Tunisie

Stade Olympique

19 h : Centrafrique – Gambie ;

Cheikh Aïdara


CAN U 20 : la Mauritanie perd sur le fil face à l’Ouganda (1-2) et compte sur une 3ème meilleure place

Le derby de la Poule A, que d’aucuns avaient qualifié de finale pour une place en quart de finale, s’est soldé par la victoire de l’Ouganda face à la Mauritanie (2-1). Cela s’est passé samedi 20 février 2021 sur la pelouse du Stade Olympique de Nouakchott pour le compte de la 3ème et dernière journée de la phase des poules de la Coupe d’Afrique des Nations de Moins de 20 ans (CAN U20). La Mauritanie compte sur l’une des deux places réservées aux deux meilleurs 3ème pour se hisser en quart de finale.

Un derby très relevé

Ce sont pourtant les Juniors Mauritanien qui ont ouvert le score sur pénalty à la 40ème minute, vite transformé par Silly Sangharé, auteur déjà d’un but contre le Mozambique.

Après une première mi-temps dominée par la Mauritanie, les Ougandais reviendront à la 60ème minute au cœur du match, grâce à l’égalisation signée Steven Seerwadda. Les deux équipes se dirigeaient vers le partage des points, n’eût été un pénalty sifflé par l’arbitre à la faveur de l’Ouganda sur une touche de main d’un joueur mauritanien à la suite d’un corner. Le but de la victoire viendra des pieds de Derrick Kakooza qui ne laissa aucune chance au gardien des juniors mauritaniens à la 89ème minute.

La rencontre qui s’est déroulée samedi 20 février 2021 sur la pelouse du Stade Olympique de Nouakchott, était considérée par le public mauritanien, match de la survie. D’où l’énorme déception après la rencontre, certains sont même allés vite en besognes en demandant la tête du staff technique, en l’occurrence le coach Njoya et son adjoint Mody MBodj.

La Mauritanie qui n’a plu son destin en main pour la poursuite de la compétition, devra attendre les rencontres de la Poule B et de la Poule C, programmées dimanche et lundi prochain. Les Mourabitounes comptent ainsi sur l’une des deux meilleures places de 3ème pour accéder aux quart de finale.

Dans l’autre rencontre jouée samedi 20 février à la même heure au Stade Cheikha Boidiya de Nouakchott, le Cameroun déjà qualifié au bout des deux rencontres jouées contre la Mauritanie (1-0) et contre l’Ouganda (1-0), a disposé du Mozambique, sur le score de 4-1. Un match sans enjeu, pour le Cameroun mais qui était pour le Mozambique, déjà éliminé après deux défaites contre l’Ouganda et la Mauritanie (0-2), un match pour l’honneur. C’est paradoxalement, la seule équipe qui a pu marquer un but contre le Cameroun. Une mince satisfaction, mais déjà un exploit.

Alors que la Centrafrique et la Namibie devront jouer leur va-tout dimanche 21 février respectivement contre la Tunisie et le Burkina Faso, à Nouadhibou, Marocains et Ghanéens devront assurer respectivement devant la Tanzanie et la Gambie.

A noter que tous les matchs se joueront à la même heure, à 19 heures.

Cheikh Aïdara


CAN U-20, la Mauritanie face au défi Ougandais

L’équipe mauritanienne des U-20 fait face à un challenge face à l’Ouganda. Cela se passe ce samedi 20 février 2021 pour un billet vers les quart de finale.

Après sa défaite face au Cameroun (0-1) le 14 février dernier à l’entame de la Coupe d’Afrique des Nations des Moins de 20 ans (CAN U-20) qu’elle organise pour la première fois de son histoire, la Mauritanie a comblé son retard en battant le Mozambique (2-0) lors de de sa deuxième sortie le 17 février sur la pelouse du Stade Olympique de Nouakchott. Une précieuse victoire qui la remet au même niveau que l’Ouganda qui compte une victoire contre le Mozambique (2-0) et une défaite face au Cameroun (0-1).

A parfaite égalité de point et de goal-average (4 points +1), Ougandais et Mauritanien joueront leur va-tout dans une confrontation à relent de derby pour le compte du Groupe A. Le Cameroun déjà qualifié avec deux victoires (6 points) affrontera le Mozambique dans une parfaite tranquillité d’esprit dans un match sans véritable enjeu, le Mozambique étant d’emblée éliminée de la compétition jouera juste pour l’honneur.

L’ambiance est cependant à la confiance dans la rue mauritanienne, même si les supporters des Mourabitounes juniors retiennent leur souffle en prélude au choc qui devra opposer leurs poulains à une redoutable équipe d’Ouganda qui détient elle-aussi ses armes et la même hargne à dépasser ce premier cap des éliminatoires.

Dans les autres parties, rien de décisif entre les différentes équipes. Dans le groupe B, Burkinabé et Tunisiens qui comptent chacune 4 points, devront se départager dans une poule où ils ont dominé la Centrafrique et la Namibie qui comptent chacun 1 point. La troisième journée sera décisive pour déterminer qui des Tunisiens ou des Burkinabés prendra la tête de cette poule, à moins d’un miracle. En effet, Namibiens et Centrafricains conservent encore des cartes. Ils pourraient en cas de victoire face aux deux leaders lors de la prochaine journée remettre les pendules à l’heure.

Même scénario à Nouadhibou pour le compte de la Poule C où les dés ne sont pas encore fixés. Marocains et Ghanéens (4 points chacun) se sont quittés vendredi 19 février sur un nul. Ils occupent provisoirement les deux premières places au détriment de la Gambie et de la Tanzanie qui comptent chacun 1 point. Là également, un renversement de situation pourrait déjouer tous les pronostics.

Cheikh Aïdara


Violences basées sur le genre (VBG), armer les assistantes sociales pour une meilleure prise en charge des survivantes

Du 15 au 17 février 2021, six assistantes sociales venues du Trarza et du Guidimagha, mais aussi des participants venus d’autres horizons, ont suivi une formation sur la prise en charge psychosociale des survivantes des violences basées sur le genre (VBG). Cet atelier de trois jours a été organisé par le Ministère des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille (MASEF), avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA).
Vue de la salle de formation – Crédit Aidara

De l’accueil au suivi, en passant par l’écoute, l’aide psychosociale, l’orientation et le référencement … La mission dévolue à l’assistante sociale est un maillon central dans la prise en charge des cas de violences basées sur le genre (VBG). Il existe quatre principes directeurs pour la prise en charge des survivantes de VBG : sécurité, confidentialité, respect et non-discrimination. Muriel Kobena, experte internationale et formatrice en prise en aide des victimes des VBG et Brahim Khlil, psychologue, ont centré leur formation sur ces quatre principes. Cette formation a profité à six assistantes sociales venues du Trarza et du Guidimagha, à une personne ressource de haut niveau du MASEF, à deux agents de Medicos Del Mundo et à deux personnes ressources de l’UNFPA. Cet atelier a été organisé par le MASEF avec l’appui de l’UNFPA et s’est déroulé du 15 au 17 février 2021 à Nouakchott.

La place centrale de l’assistante sociale

La méthodologie de formation axée sur l’apprentissage des adultes (andragogie) a été caractérisée par l’interactivité, la diversité des jeux de rôle et des jeux récréatifs en rapport avec les différentes situations de terrain. Elle a permis aux participants de mieux comprendre leur mission à chacune des étapes de la prise en charge psychosociale des survivantes des VBG.

Ces étapes sont l’accueil, l’écoute active, l’aide psychosociale, l’orientation, le référencement et le suivi. L’occasion de mettre une fois de plus en exergue le rôle central de l’assistance sociale dans le système social de prise en charge des survivantes de VBG.

Les participants ont ainsi bien retenu la définition conventionnelle de la violence basée sur le genre. Les VBG se définissent comme « tout acte préjudiciable émis contre le gré de quelqu’un en se fondant sur les différences établies par la société entre les hommes et les femmes. » Ainsi, tous les actes causant un préjudice en infligeant des souffrances physiques, psychologiques ou sexuelles, la menace de tels actes, les contraintes et autres privations de liberté, sont concernés, que ce soit dans la sphère publique ou dans la sphère privée.

L’accent a été mis sur le fait que les VBG concernent tout être humain, femmes ou hommes, garçons ou filles. Aux violences physiques, psychologiques et sexuelles, s’ajoutent les violences économiques et socioéconomiques.

vue partielle de participants avec Brahim Khlil – Crédit Aidara

Plus globalement, les participants ont appris que les VBG peuvent être classées en deux grandes catégories : les violences domestiques, et les pratiques traditionnelles néfastes (mutilations génitales féminines, mariage précoce, lévirat sororat…)

Quelles conséquences ont ces violences basées sur le genre ?

Les effets que peuvent avoir ces VBG sont multiples, comme les grossesses non désirées, les fausses couches, les avortements, les blessures, les handicaps, les IST/VIH, la mortalité maternelle et infantile, la stérilité. À ces conséquences physiques, s’ajoutent les conséquences psychologiques, comme l’isolement, l’abandon de toute activité, la perte d’estime de soi, les troubles du sommeil, les pensées suicidaires, les tentatives de suicide, la toxicomanie, l’alcoolisme, les émotions incontrôlées, l’anxiété, l’agressivité…Les conséquences sociales se révèlent encore plus destructrices, telles que la stigmatisation, la marginalisation, la détérioration des relations au sein du couple, de la famille, de la société, l’abandon, le rejet, la discrimination, les mauvais traitements, surtout à l’égard des enfants issus de viols…

Les principes directeurs de l’assistance de victimes de VBG, que toute assistante sociale doit avoir comme leitmotiv, ont été bien ancrés dans l’esprit des participants, à travers le gestuel et les mots. Les notions de respect, de confidentialité, de sécurité et de non-discrimination, ont été assimilées en tant que principes essentiels dans la mission dévolue aux assistantes sociales dans la prise en charge psychosociale des survivantes de VGB. Mais l’Alpha et l’Oméga de la prise en charge repose, comme l’a souligné Mme Muriel Kobena, sur le consentement éclairé de la survivante, sans lequel aucune étape de la prise en charge ne peut être envisagée.

Des exercices à chaque étape

Le gestuel associé au mot – crédit Aidara

Chaque étape de la formation a été ponctuée par des exercices pratiques, souvent récréatives, qui ont permis aux participants de lier l’utile à l’agréable. Souvent, ce sont les « Triplés », trois battement de main sonores effectués par tous les participants, debout, qui viennent égayer les séances, pour encourager des réponses justes apportées aux questions pertinentes ou à des pièges de jeu savamment pensés par la formatrice et son assistant, Dr. Brahim Khlil, qui s’est chargé également de la traduction dans les deux sens français-arabe.

Parmi ces jeux, celui du « Leader » pour tester le sens de l’observation chez les participants, le jeu de la « répétition crescendo » pour tester le sens de mémorisation et de l’écoute, l’exercice de la « bouteille » et celle de la « boule chaude » pour jauger de la rapidité dans les réponses à des questions posées.

La planification des cas de VBG

En fin de formation, les participants ont appris à remplir le tableau de gestion des cas qui se décline en deux principales colonnes : étapes et outils. Tableau de gestion qui sera utile lors de la tournée de la clinique mobile envisagée dans plusieurs régions et auxquels seront associés les assistantes sociales et les sages-femmes pour l’offre de services santé sexuelle reproductive et prise en charge des VBG.

Mme Muriel Kobena déroule sa formation – Crédit Aidara

Ainsi, une feuille de consentement et une fiche de plan de sécurité doivent être remplies dès l’accueil introductif des survivantes.

Deuxième étape, le formulaire d’admission avec l’évaluation des besoins exprimés par les survivantes.

Troisième étape, l’élaboration et la mise en œuvre du plan d’action de prise en charge avec l’assentiment des survivantes et la mise au point de la fiche du plan d’action et de la fiche de référencement et de contre-référencement.

Enfin, la fiche de suivi et la fiche de clôture du dossier des survivantes.

L’assistante sociale : une aide consultative

Sachant que l’assistante sociale doit respecter toutes les décisions de la survivante, y compris celle de s’exprimer ou non, d’ester en justice ou non, d’être référée ou non, son rôle doit se limiter aux seuls conseils sans pouvoir de décision à la place de la patiente, a insisté en substance, la formatrice.

Par rapport à l’aspect confidentialité, les participants ont appris à élaborer des codes pour les survivantes dont les noms complets ne doivent pas figurer sur les documents relatifs à leur situation.

Auparavant, les participants à l’atelier avaient pris connaissance, dès le premier jour, de l’ampleur des VBG en Mauritanie. Ils ont aussi appris à faire la différence entre genre et sexe, à faire le lien entre pouvoir, statut et abus de pouvoir. Pour illustrer l’introduction sur les VBG, les esprits des participants ont été bien fixés à travers l’arbre de la VBG qui traduit les différentes étapes, les composantes et les conséquences.

Clôture de l’atelier

De Dr. à G. Directrice adjointe Famille (MASEF), Représentant UNFPA et les deux formateurs -Crédit Aidara

La cérémonie de clôture a été présidée par Mme Aïchetou Mint Sidi, Directrice adjointe à la Direction de la Famille, de la Promotion Féminine et du Genre du MASEF, en présence du Représentant Résident de l’UNFPA, SEM. Saidou Kaboré. Dans son mot de clôture, Aïchetou Mint Sidi a remercié les partenaires pour leur appui, en l’occurrence l’UNFPA et Medicos Del Mundo. Selon elle, « les résultats de la formation sont palpables au bout de ces trois jours d’atelier, et cela se voit dans l’engagement des participants et leur compréhension accrue des questions liées au VBG ainsi que les techniques de prise en charge des survivantes ».

Auparavant, SEM. Saidou Kaboré avait mis en exergue le rôle central des assistantes sociales dans la prise en charge des survivantes de VBG et la difficulté de leur mission, soulignant que « le plus difficile, vous l’avez fait, dans ce sens que lorsqu’on parle de violences basées sur le genre (VBG), le plus difficile c’est l’aspect psychologique. C’est pourquoi on dit que la maladie c’est 20% médical et 80% psychologique ». Il a évoqué la recrudescence des VBG partout dans les pays du Sahel, à cause de la pandémie Covid-19, ajoutant à l’intention des participants, « au niveau de l’UNFPA et du MASEF, nous serons toujours à vos côtés ».

Des certificats ont été distribués aux participants à la fin de la formation.

Cheikh Aïdara